ii-^'\ W^<--hî '^ft i^t^, ^ ^)^^:., 2t. ANNALES SCIENCES NATURELLES. TROIiïIKinE NERIE. ZOOLOGIF. f AHtS. ^ lUPRIMERlE DP. BOUTICOCNE RT UAIlTINF.Tt 7 f .\NN\LES DES SCIENCES NATURELLES I"0MPI1E\A1VT I.\ ZOOI.OGIK , LA ROTAMOUE, l'aNATOAIIE et L\ PlIYS10I.0f;iE COMPVnÉES DES DEi;x nÈfiNES . ET I.'llISTOIIlE DES CORPS OIU; VMSÉS FOSSIt.ES : RFnir.v:r«ï Il II r. I.A ZOOLOGIE PAR .V. ÎMlIilVE EimARDS , ET POIM I.A BOTAMOr E P4R YIM. %n. RROIVGIVIART f.t J. «ECAIK^VE. èroisicmc Jncric. ZOOLOGIE. TOME SIVIÈMK. PARIS. VICTOR MASSON. IDtuniF ItFS Sdf.IKTl'S SWWTES PItkS LE MIMST^.RR DE l'iNSTRIITTION PCBLIQLC, l'I.ACl; Dr. l'iXOt.E-DE-MÉDEClNE, 1. 18iG ^y ANNALES DES SCÏEI\CES I\ATUREILES. PARTIE ZOOLOGIQUE. KECHERCHES SUR l'embryogénie des MOLLLSQIES GASTÉROPODES. Par M C VOGT ( Préseatées a l'Académie îles Science? le î mars 18 46.) Les Gastéropodes paraissent oll'rir dans leur développement em- bryonnaire plusieurs types assez nettement tranchés. C'est ainsi que les énormes roues ciliées des embryons des Nudibranches, le sac \ itellaire contractile des Limaces , et plusieurs autres faits analogues, pouront peut-être fournir des caractères zoologiques d'une haute valeur lorsque l'on ftera en mesure d'embrasser d'un coup d'œil les modifications principales que présentent les diiïé- rents types de développement. J'ai eu l'occasion d'observer en détail r(;iiil)iyogénic de l'Acléon \ert [Jrteoii. virklis); je me j)roposc d(^ l'exposer dans ce Mémoire , qui sera suivi de plusieurs autres, dans lesquels je m'occuperai de l'embrsogénie de quel- (]ues autres espèces, si toutefois je trouve l'occasion de com- pléter des observations commencées, mais encore partielles. J'ai cherché à résumer, dan? une introduction historique, les 6 vou'i. — sLii i.'ii.MiiinoGiiMi; travaux qui ont été publiés jusqu'ici sur l'embryogénie des Mol- lusques gastéropodes. On verra que les résultats obtenus sont encore trop peu nombreux et trop isolés pour qu'on puisse en tirer des conclusions générales. J'ai indiqué ce qu'il y a d'essen- tiel dans les travaux des auteurs qui ont traité de ce sujet, et je crois n'avoir négligé aucun des secours que pouvaient me fournir les ouvrages sur l'embryogénie. Je dois toutefois avertir que tout; les faits que yexposerai dans ce Mémoire ont été observés sur la nature sans aucune prévention. Tous les dessins ont été faits par moi-même à l'aide de la chambre claire. Je porte donc seul la res- ponsabilité et de l'exactitude des faits que j'énonce, et des dessins qui représentent mes observations. Deux de mes amis, MM. Ilerwcgli et Koss, qui se trouvaient avec moi à Saint-Malo , ont bien voulu me seconder dans mes re- cherches et vérifier, jour par jour, les résultats que j'avais obte- nus, ainsi que l'exactitude de mes croquis. Enlin , ayant apporté des embryons et des larves vivantes à Paris, j'ai pu les faire voir à un grand nombre de naturalistes, parmi lesquels je ne citerai que M.M. Milne Edwards , Valenciennes , Quatrefages , qui ont revu avec moi quelques points de l'organisation de ces larves. j. iMHODLcrioN nisrur.Ku li. I^es premières recherches sur le développement des Gastéro- podes remontent à l'année 1815 (1). L'auteur, M. Stiebel. décrit avec beaucoup de soin le mode d'accouplement, la ])onte, les œufs du Lymnœus stagnalis. il trouve le vilellus composé d'une quan- tité de petits globules qui se désagrègent par la macération. Le troisième jour, se montre un point noir sur le côté du globe vitel- laire ; c'est sur ce point, qui sert de centre au mouvement de rota- tion , que M. Stiebel a porté toute son attention. Les organes se forment par turgescence et confusion des vésicules primitives qui composent le vitcUus ; ces vésicules deviennent plus grandes pcn- (I) Sliebet , f'eberdie Enlivickluug der Teirlihoi'inchneclie (Surledé\eIop[)enient du Kyninée des étangs). — Deutsches Archiv faer die l'hti-iitilogic , von MecUel , l M. fahiiTiv, p. j,j7, I8lt). Annonce, l. I, cahier 3, |i. iiS, IKIj. DES MOLLUSQUES T. ASIEHOPODES. / daiil le cours du développement. En grandi.ssaiil , elles se rem- plissent de petites vésicules , qui , à leur tour, croissent et se développent. On distingue , au septième jour, une saillie arrondie qui deviendra la tète. Les premiers rudiments des intestins ap- paraissent au treizième jour des deux côtés de la tête comme deux cordons en forme de rosaires. Les rosaires se transforment plus tard en tubes. Le cœur se voit au quinzième jour ; ce n'est ([u'au vingtième qu'il a la forme d'une vésicule allongée. La co- quille paraît au vingt-cinquième jour. \L Garus (1) n'a ajouté que très peu de faits au mémoire de M. Stiebel. Jaû aussi reconnaît la structure cellulaire du vitel- lus , qui persiste bien plus longtemps, selon lui, dans la partie postérieure de l'animal c[ue dans la tète. Il voit le cœur déjà au huitième jour; dilTérence (]ui tient évidennnent aux circon- stances particulièi'êsdans lesqueJles les deux observateurs avaient placé leurs œufs. Les figures de M. Garus donnent une idée très nette du développement successif des organes extérieurs , tandis qu'elles sont fort incomplètes au sujet des viscères , sur lesquels M. Carus avoue n'avoir pas fait d'observations dans les premiers quinze jours. M. Grant(!2) est le premier qui ait observé avec détail les em- bryons de plusieurs Gastéropodes marins. 11 décrit les œufs du Buccin onde, indique le fractionnement du vitellus, la formation de l'enveloppe externe plus transparente , et celle d'une cavité buccale, dont l'entrée est garnie de cils vibratiles qui sont placés sur les bords de deux projections en forme d'entonnoir ; les roues ciliées se voient longtemps avant les pulsations du cœur, et fonc- tionnent encore après l'éclosion du jeune Buccin. (1) Carus, Von deii aeussercn Letensbediiigungeii dei- iieiss uiid kallblutlgen Thiere (Sur les conditions eitérieures de la vie des anjmaui à sang blanc et froid ) Mémoire couronné par l'Afadérnie de Copenliague. Leipsick, iS24. {Lymtiœus stagnatis.) (2) li.-E. Granl, On llic fxislciice and uses i>f ciiiœ in Ihe young of Ihe gasteropodous Moilusva , and on Ihe cause of Ihe spiral turn of ùnU-alve shells (Sur l'existence et les usages des cils dans les embryons des Mollusques gastéropodes , et sur la cause de l'en- roulement en spirale des coquilles univaltes). — Edinburgh Journal of science , con- ducted by David Brewsler, vol. VU, p. 121, 1827. [Bw-cmum undalum. Purpura la- pillus, Trochus, Ncrila , Doris, Eolis.) 8 VOiiT. — SUR L EMBRYOGÉME M. Grani a vu les mêmes roues ciliées dans les Purpura lapil- lus , TrochuH , i\erita , etc. , où les cils sont très longs. Les jeunes de Doris , Eolis , etc., nagent très rapidement à l'aide de leurs roues. On a droit de s'étonner que M. Grant , après des observa- tions si bien suivies sur les parties ciliées, qu'il trouve identiques dans tous les Gastéropodes , ne soit pas arrivé à reconnaître la présence d'une coquille dans les Bolides et les Dorides. Cette découverte était réservée à M. Sars. On ne trouve, dans le mémoire de M. Lund (1) , que quelques observations fort incomplètes sur des embryons nageant au moyen de cils vibratiles ; les embryons étaient enfermés dans une coque trouvée par lui sur les côtes du Brésil. M. Lund regarde les cils comme formant une liuuppc . sans doute parce que ses moyens de grossissement étaient trop faibles pour lui permettre de distin- guer des roues symétriques. M. de (Juatrefages (2) esi le premier ([ui ait prononcé le mot de constitution cellulaire de la masse embryonnaire ; il prétend que le système nerveux se forme le premier, prenant sans doute les vésicules auditives pour les ganglions nerveux: il a vu l'aug- mentation des cellules . el croit avoir démontré . [lar ses obser- vations , que l'intestin se forme par écai'tement de cellules , et le foie par la réunion de deux moitii's. Le fractionnement du \itellus. déjà iii(li(|ué par M. Ouatre- fages, a échappé entièrement k M Dmnortier (;')). qui n'en di'crit qu'une seule phase, supposant (|u'il a\ ait atïaire à un n-ui infécond. Aussi les observations de M. Duniortier sur les premiers jours du développement paraissent-elles peu exactes. Il reconnaît toutefois l'existence d'un gâteau embryoïniaire . pourvu d'un hile , dans lequel il décrit deux vésicul(>s liaii>|)arL'iite>, qui sortent ])his tard Jl) Lund, Hecliert-lies sur les (MI\l'Iiip|h'n iIiimi^ des Mollusques jîaslénipudes pei-Ii- iiibranchcs, avec des ubservaliuiis physidloyiiiues sur les embryons (|ui y sont eoiitenus {Annales des Sciences ttalureile.s , 2" série, l. I , p. 81 , 1831). (2) A. de Oualrelages, Méniuirc sur l'enibryogénie des Planorbes et des Lymiices {Annales ios Sciences ualurellcs, i' svrii; , t. il, p. Ii]7, 18341. (3) Mémoire sur les évolutions de l'embryon dans le« Mollusques gaslérupodes , par B.-E. Dumorlier {Xouceaux Mrmoues de l'Académie royale des sciences el helles-lettres de Hnt.relles, l. X. 183"). Lu à la séance du '^ mai 1833. (I.ywtitrits oi'n(i.<.' DES MOLLUSQIJUS GASTÉROPODES. 9 du hile pour se perdre. 11 décrit ces vésicules comme des goutte- lettes qui, au sortir du hile, s'étendent dans l'albumen au moment où l'embryon commence ses rotations. Le départ de ces gouttelettes forme une fissure qui se remplit d'une cicatrice, laquelle plus tard est relevée en crête et formée de tissu cellulaire. Ce tissu formera le foie. Il s'agglomère dans le centre de l'embryon ; la crête de la cicatrice a disparu. Dans l'embryon , formé de deux parties distinctes, M. Dumorlier reconnaît des cellules secondaires enve- loppées dans des cellules primaires : il distingue une partie géla- tineuse ( podo-céphalique) devant former la tête et le pied ; plus tard , la coquille et la fente de la masse cellulaire , décrite par M. de Quatrefages. Il distingue en outre , à cette époque , un es- pace jaunâtre ; il ne sait si c'est la glande sécrétoire de l'ovi- ducte ou l'estomac. M. Dumortier décrit ensuite la transformation de la fissure cellulaire en canal intestinal ; l'apparition des yeux , du cœur, du collier, du conlournement en spirale , et eniin l'é- closion. L'œuvre de M. Dumortier a , selon nous . le grand mérite d'une observation scrupuleuse , mais malheureusement combinée avec une tendance à expliquer l'embryogénie des Mollusques par celle de la Grenouille. Cette préoccupation conduit l'auteur à des opinions souvent assez bizarres , ce qui n'empêche pas qu'il ne soit le premier qui ait formulé d'une manière nette et précise la constitution cellulaire de l'embryon , qu'il reconnaît être sem- blable à celle de l'embryon végétal. Les observations de M. l^aurent ( l) portent surtout sur des em- bryons déjà très avancés de Limaces et d'Hélices. M. Laurent dé- crit une vésicule antérieure contractile , située au-dessus de la (I) Laurenl, Fiiiis puur servir a Thistuire du déveluppciiieiit lies aiiiiii-iui. Ucuxietiip arUcle : De la vésicule ombilicale et de la rame caudale des euibrjuns des Mulliisqucs gauétofodei {Annales franro'sos et étrangères d'analomie, l. 1, p. 2B3). — Id. Obser- valioiis sur ledcveluppemeiitdesœursde la Limace i;risc cl rie la Limace rouîcU'umples- rendus, 1. I, p. 22.S , Di'j'.i}. — W. Troisième arlicle : Expose des rcsuUais oblenus dans des recherches sur les œufs el le développement des Limaces et autres Mullusques (Ann. fianç.. l. Il, p 133, 1838). — M Suile des observations sur le dciclop- pement des Limaces cl antres Mollusques (;.islcropodes (Comptes-rendus, t. IV. p. '_'94. IH37). — Id. Uecherches sur la zoosénie iAnii. fniiir., i. II. p. 2i'l), 10 vociT. — SI 11 l'embrïouéme tète , qu'il envisage comme la vésicule ombilicale , et une autre vésicule contractile située à l'extrémité de la queue, appelée par lui rame caudale. Ces deux vésicules rentrent dans le corps et dispa- raissent à mesure que les intestins se forment. La vésicule ombi- licale communique, d'après M. Laurent, immédiatement avec l'intestin. Le sang est poussé alternativement par les contractions de ces vésicules de l'une dans l'autre en passant par le corps. M. Laurent insiste beaucoup sur un filament qui se trouve dans l'œuf, et qui serait formé, selon lui, par le liquide épais et rempli de zoospermes qui est sécrété autour de l'œuf. ! M. Pouchetfl) prétend que le vitellus des Lyninées se com- pose, au moment de la ponte, de six cellules accolées, fait certai- nement inexact , puisque l'observation se rap|)orte seulement à un moment précaire du fractionnement , dont M. Pouchet décrit plusieurs phases consécutives. M. Pouchet a vu en outre la vési- cule transparente décrite par M. Dumortier, et les oreilles situées derrière les yeux et contenant plusieurs otolithes. M. Sars (2) , après avoir annoncé simplement quelques uns des faits nouveaux qu'il venait d'observer, a publié plus tard en détail ses observations sur le développement des Nudibranches (3). Il a observé l'accouplement et la ponte des œufs dans le Trilonia Ascanii. Ces njufs sont d'un rouge clair ou jaune, et forment un cordon tordu de 10 à 18 pouces de longueur entouré d'une gaîne gélatineuse. Chaque œuf contient plusieurs vitellus, de 5 à 11. La vésicule de Purkinje , que M. Sars a vue dans les œufs avant leur sortie de l'ovaire, se montre encore le premier jour après la (1) Poudiel, Noie sur la structure du vitellus des Lymnées [Annales françaises el étrangères d'analomie, t. Il, p. 253, 1838). — Id. Noie sur le développement de l'embryon des Lymnées (Comptes rendus, de l'Académie des sciences, t. VU, p. 86, 1838. lieproduildans \ei Annaks des Sciences naturelles , 2' série, t. X,p. (U, 1838). (2) M. Sars , Zur Entivicktungsgeschiclitc der Mollusken und Zoophyten ( Sur le dé- veloppement des Mollusques cl des Zoophyles). — Archices de Wiegmann , 3' année . vol. 1, p. 402, 1837. {Tritonia Ascanii, .'Kolidia bodoensis , Doris muricata.) (3) M. Sars . Beitrag :ur Entwicklungsgeschichle der MoUushai und Zoophyten (Mé- moire sur le développement des Mollusques et des Zoophyles). — Archives de Wieg- mann, ()" année, vol. I, p. IDH, 1840. (Trilonia Ascatiii , .Kolidia bodoensis , Doris muricata, Apltisia rjullalii). DliS .MOI.l.LSQLliS (iASl liuOlMJDKS. 1 1 poiUc. M. Sars décrit et ligure toutes les phases du, fractioiine- ment , la première l'oniiation de renibryon , qu'il compare à un sabot de cheval , et les mouvements rotatoires , qui commen- cent le dix -septième jour après la ponte. Poursuivant jour par jour le développement de l'embryon , M. Sais décrit successive- uicnt les organes rotat(nres, la coquille c(ui entoure rombryou, le pied avec son opercule . l'intestin , le foie et le manteau ; il dit n'avoir pu voir le cœur, faute de grossissements suffisants. "NI. Sars rectifie une erreiu' dans laquelle il était tombé en décri- vant un animal nouveau sous le nom de Girrhopteron , qu'il envi- sage maintenanl comme un embryon de Gastéropode nouvel- lement éclos. M. Sars n'a pu garder les embryons en vie que (juclques jours après l'éclosion. M. Sars annonce avoir vu le même développen^ent dans une espèce d'Eolide, V.Eolidia bodoensis ; il a vu des vitellus mul- tiples dans le Scillwa pelnyica, yfplysia yullala; tandis que V.Eo- lidia pulcliclla et le Dorix rnuricala ont des vitellus uniques dans chaque coque. M. Sars décrit en peu de mots le développe- ment de l'Kolide, de la Doride et de l'Aplysie, dont il constate les ressemblances. Les recherches de M. Sars se signalent par une grande exac- titude, par une concision précieuse et par des ligures, sinon très bonnes, au moins très caractéristiques. Malheureusement ce savant s'en est tenu aux formes que présente l'embryon , les grossisse- ments dont il pouvait disposer n'étant malheureusement pas assez considérables pour les détails que demande l'embryologie. Mais M. Sars a fait ce que dans sa position un homme pouvait faire, et s'il a laissé encore à ses successeurs ([uclque chose k dire . c'est grâce à l'infériorité des moyens d'observation dont il pouvait disposer. Dans ses recherches additionnelles (T. faites avec un meilleur micr(jscope sur les larves de Trilonia Ascunii, M. Sars insiste (H M. Sars, ïusaelze zu der von mir ijegebeneti Oarslellmig der Hnlirkkelung der \udibraiichicn ( Adililions à la dcsiTipUon du dévcloppeinenl des Niiriibranrlics , que j'ni duniii^c auparavant ).- Mrt7i/ic\ d'hiih)iic nnluriiUe de W'ierjmaiin cl Krkhsuii , I r aiiiicc, I" caliier, p. i , ISi.i. 12 W061T. — SUR l'embryogémk d'abord sur la dill'érence des ciriiies rotatoires et des cils vibra- tiles. 11 a vu les cellules globulaires, les bulbilles sur lesquels les cirrhes sont implantés ; il a observé la bouche sous la loime d'une ouverture arrondie entourée d'un bourrelet annulaire. Il décrit les brides qui retiennent le manteau comme des cordons en rosaires. Il trouve deux moitiés du t'oie, de forme arrondie: il a vu le tourbillon des substances alimentaires dans l'estomac, sans pouvoir apercevoir les cils qui on sont la cause. M. .Sars décrit également le grand muscle suspenseur de la coquille , ainsi que l'anus et la petite vésicule à côté de ce dernier. Il a vainement cherché le cœur ; mais il est le premier qui ait reconnu la véritable nature des organes auditifs. Il a vu les yeux comme deux points noirs situés dans la nuque. ]^es recherches de M. Van Beneden sur l'embryologie des Aply- sies(l) n'ajoutent que peu de chose aux descriptions de M. Sars. M. Van Beneden décrit le fractionnement du vitellus , et il insiste sur l'apparition d'une et quelquefois de deux vésicules blanches. (|ui sortent du vitellus pour se perdre dans l'albumen. M. Van Beneden insiste sur la nature coi'née de la coquille de la larve ; il décrit l'opercule, ainsi que les cirrhes rotatoires, qu'il regarde comme les organes transitoires de la respiration. Les oi'ganes auditifs sont regardés par cet auteur comme des ganglions ner- veux. M. Van Beneden ne décrit point les intestins , et ses figures ne donnent aucun détail à ce sujet. Les recherches de MM. Van Beneden et Windischmanu (2) sur les. œufs de la Limace grise contiennent une description détaillée de r(r'uf et des études continues sur le développement de l'em- bryon. Les auteurs distinguent trois pi'i-iocles : la iiremière s'étend jusqu'à, la formation du blastoderme; la seconde, jusqu'à l'appari- tion du cœur; et la troisième jusr[a'à la rentrée du sac vilellin.On trouve mentionnée , avant le fractionnement du vitellus, qui est décrit avec soin , l'apparition de deux vésicules transparentes par- (1) \ un Ueiicden, HiM'hcrrlies sur le ile\oiuppeiiifnl 'les Aplysii'S ( HiiUi-lin de l A'u- démie de Bruxelles, t. VU, n" II, p. 239, I8J0). {Avhisia depilansA (2) P.-J. Van Beneden el \-'.h. Wimlisehmann , neeherchc< sur l'embryogénie des Limaces [Archives de Millier, 1811, |i. Uii , faites en IS38). {Umax grisens.) DRS Mor.r,rso[i:s r.ASTi';ROPoni;s. 13 taiil, du vitcllus pour se disperser dans l'albumen. Le vitellus devient plus clair à l'endroit où les vésicules sont sorties. Le corps de la limace se tbrme par l'épaississemeiit d'une couche qui s'est organisée autour du vitellus. Celui-ci est com- posé de cellules et commence son mouvement de rotation. Deux tubercules naissent .sur le blastodemm : Tmie se Iransforme en bouclier, l'autre devient le pied et la partie ])ostérieure du corps. Cette partie \a former la résirulp cainlnlp (rame caudale de M. I^aurent 1. qui a des contractions r(''gulirres alternant a\pc le sac \itellaire Les cils nu moyen rlesqucls fenibryon tourne sont surtout développés autour de la vésicule caudale et a.\\K tentacules. fiCs auteurs mentionnent une vésicule placée en arrière de l'é- chancrure du pied . sur la ligne médiane , et (|ui . pour eux , est le premier rudiment du système nerveux. Nous croyons que cette prétendue vésicule claire n'est autre clio.se que l'entonnoir buccal. Le sac vitellaire communique librement avec le canal intestinal. Le cœur est d'abord spliérique ; il se sépare par un étrangle- ment médian en une oreillette et un ventricule. Le tube intestinal se forme de suite tout entier, se replie et dessine ses différentes parties. La vésicule caudale se HHrit et diminue à mesure (|ue le sac vitellaire rentre dans le corps. L'oreille n'a été aperçue par les auteurs que fort tard, après la prétendue formation du ganglion médian. 11 nous paraît que cette observation est peu en harmonie avec celles ((ue l'on a faites sur les autres genres de Mollusques. Le Mémoire est accompagné de deux planches. M. Rathke (1) a recueilli surtout des observations sur les ï)re- miers temps du développement du Lymnée des étangs , des Pla- norbes et des Hélices, l^es détails qu'il donne concernent surtout le premier de ces animaux. Il; n. li.iihkp. Ilemnitiiiigeii libi^r die KiilsUhunq einlqer iviiMIoien Tliiere {Re- niarquessur le ilpvploppenipiil de quelques aiiini.iui sans verlèbres). — A'olisen von Fro- liep, n' 517 iri" Il du vol. XXIV. nov 1S4J, p. 161; Ifi VOCiT. — SUR I.'RMnRVOGÉXIE Les œufs du Lymnée sont composés d'abord do petits cor- puscules moléculaires jaunâtres, et d'une petite quantité do liquide Tx fractionnement commence pliie du T'-r(iiji tfstivr ISII, y M-iiiv Zo.l T, VI JnillH laiû. ■. i 18 VOGT. — SUR l/jiMIÎIiVOGÉMK H. I':iiiliryc);;('ni(,' de l'ArlOdii vert : Arfrtm riri/h's). I. Accoiipienienl. — l'onto. — Cunstilulion de rd'iif. IjC petit Mollusque dont nous parlons dans ce Mémoire est assez commun sur les côtes de Saint-Malo. Il se trouve dans les petites mares que la mer, en se retirant, laisse dan.s les creux des rochei's, et se tient ordinairement à la faci' intérieure des pierres qui sont couvertes d'Algues vertes. Les Crabes paraissent être ses ennemis naturels , et toutes les fois que nous rencon- trions des Crabes dans des mares où nous étions habitué à trouver des Actéons, nous pouvions (Mre sûr d"avnnce que nos recherches seraient infructueuses. Ayant établi chez nous de petites mares artificielles dans des vases en verre, nous avons vu, dès les premiers jours de notre séjour à Saint-Servan, que les Actéons pondaient chaque nuit des cordons d'œufs, dont nous trouvions ensuite les spirales accolées aux parois des vases. Plusieurs fois nous avons trouvé des Ac- téons qui pondaient encore, de sorte que le cordon d'oeufs n'était pas sorti entièrement de l'ouverture de l'organe fenielle; mais ja- mais nous n'avions pu les surprendre en copulation, et nous déses- périons déjà d'avoir des renseignements précis sur cet acte, lorsque, le 19 septembre, M. Herwegh, mon ami, me fit appeler pour me rendre témoin de l'accouplement de deux Actéons. Les deux ani- maux nageaient à la surface du verre, dans lequel M. Herwegh tenait emprisoiniés une vingtaine d' Actéons. Leurs corps étaient entortillés en spirale et considérablement allongés; l'extrémité postérieure du corps était attachée à un fil gélatineux, au moyen duquel les animaux se maintenaient à la surface même de l'eau. Les parties antérieures des deux corps étaient accolées l'une contre l'autre, de manière que les côtés droits se juxtaposaient dans toute leur longueur, et que la tète de l'un touchait le point d'attaché du manteau de l'autre. Les deux animaux restèrent longtemps encore dans cette position , dans laquelle M. Herwegh les avait observés depuis une heure à peu près, puis ils se séparèrent. Nous vîmes alors que derrière le tentacule droit de chacun d'eux sortait DHS «Ol.LLSQI i:s GASTÉROPODES. '19 le pénis sous forme d'un cône allongé assez épais , ayant à peu près en longueur la moitié de plus que le tentacule. La verge était d'une couleur blanchâtre, assez raide, son extrémité un peu courbée en arrière, et terminée par un nœud globuleux un peu épaissi. I/orilice femelle était largement béant, et nous pûmes nous assurer que chaque Actéon avait introduit son pénis dans la vulve de l'autre, de sorte qu'il y avait là fécondation mutuelle, comme c'est, du reste, le cas de tous les Gastéropodes herma- phrodites. Je ne saurais indiquer au juste combien de temps dure l'accou- plement, M. Herwegh ayant déjà trouvé les c.iimaux accouplés dès le matin. Notre observation a duré une heure ; il est donc plus que probable que l'acte de l'accouplement dure plusieurs heures, surtout si l'on considère que , pour faire nos observations aussi complètement que possible, nous fûmes dans le cas de déranger les animaux à plusieurs reprises. La ponte des œufs a lieu pendant la journée qui suit l'accou- plement. L' Actéon, à cet elVet, recherche un endroit convenable (c'était ordinairement, dans nos vases, la paroi verticale, à 1 cen- timètre à peu près de la surface de l'eau), et, en appliquant l'ou- verture de sa vulve contre l'objet sur lecjuel il veut déposer ses œufs, il colle l'extrémité du cordon des œufs contre le corps. Se repliantensuite en demi-cercle, le petit Mollusque rampe en décri- vant une spirale, et, continuant d'appliquer la vulve contre le corps étranger, il finit par déposer un cordon blanchâtre, gélatineux, assez transparent, ayant une épaisseur d'un millimètre au plus, tt une longueur d'un centimètre, et quelquefois même davan- tage. Le cordon forme une spirale plus ou moins complète. Nous avons figuré une des spirales les plus grandes que nous ayons eues sous la main (fig. 1). On en rencontre souvent qui ne sont qu'à moitié achevées, d'autres même oii un obstacle quel- conque a obligé le Mollusque de retourner sur ses pas, et de former deux spirales incomplètes. On remarque déjà, à l'œil nu, dans l'intérieur du cordon géla- tineux , de petits granules d'une dimension extrêmement petite , qui se trouvent juste à la limite de notre perception visuelle. Ces 20 VO«T. — SUn l.'lîMBliYOnÉ.MK petits globules se distinguent surtout lorsque l'on observe le por- tion sur un fond noir. Ils sont alors entièrement Ijlancs. Ivxainini' vu détail, sous le niicroseopc. le cordon des irnl's pré- sente les parties suivantes (lig. 2) : 1° VnG couche externe gélatineuse, iiui d'abord est gluante et paraît d'inie densité ('gale, mais (jui se durcit hienliM en restant dans l'eau , de manière que sa périphérie devient plus dense. Cette substance gélatineuse donne au cordon sa forme: elle en- toure les (l'ufs qui y sont conlenus de toutes parts. 2" Les œufs qui se trouvent dans l'intérieur du cordon sont composés de plusieurs parties (ju'il importe de connaître parfai- tement, avant de se livrer à des recherches ultérieures. Chaque œuf (fig. 3) est composé de deux parties bien dislinctes : d'une coque gélatineuse (a), dont la partie externe est durcie, de manière à former une membrane, ei d'tni globo vilellaire (6) qui occupe le centre de la coque. La co(iue a, en g(''néral , une forme plus ou moins ovalaire. Son plus grand diamètre est , en mo\emie, ,181S. Son petit dia- mètre, .lô;^,'). Le diamètre du globe vilellaiiv . qui est par- faitement spliériquc, est do n""",()80S. Nous a\ons dit que la coque est l'oi'm(''e par une membrane très fine : son exisiencecst facile à prouver, en observant le déve- loppement de l'o'uf. Il est vrai ([ue jamais, dans aucune phase du développement, on n'observe deux lignes concentriques et paral- lèles indiquant l'épaisseurde cette mem'branecoquillière. Les mi- crographes qui ne veulent admettre l'existence de membranes que là cil une double ligne leur en indique réi)aisseur pourraient se fon- der sur l'absence de ce caractère, pour prétendre que le globe vi- tellaire des Actéons est entouré seulement d'une masse gélatineuse, sarcodique, qui ne présente pas de délimitation fixe à sa périphé- rie. Maisil est aiséde prouver que cette manière d'envisager la sub- stance coquillière des Actéons est erronée , et que l'absence d'une double ligne de démarcation n'exclut en aucune façon l'existence d'une membrane. Nos preuves sont les suivantes : En compri- mant légèrement un o'uf d'Actéon , on voit le globe vitellaire se déplacer, tournoyer à l'inléi-ieur dr la celluli'. s'appliquer contre DES MOM,iiSf)i:i;s (;asti:iioi'Odi;s. 21 sa paroi , suivre sa périphéiie à riiilérieur, sans jamais sor- tir de la limite tracée par celle-ci. En continuant la com- pression, on voit la membrane se rompre tout d'un coup, et le liquide gélatineux contenu dans son intérieur se précipiter au dehors. Le globe vitellaire suit ce mouvement lorsque l'ouver- tme est assez grande. La coque, vide et affaissée, se laisse faci- lement apercevoir sous le microscope, présentant des plis, comme un sachet vide. Les trul's , pressés les uns contre les autres , ne se confondent jamais en une seule masse. Les extrémités des cordons sont toujours occupées |iar une certaine quantité de co- ques vides, qui ne montrei]t point de globe vitellaire dans leur inté- rieur, et qui, malgré cet état , restent parfaitement indépendants. Kulln ( et ceci est peut-être la preuve la plus forte de l'existence d'une membrane), lors([uo l'embrNon est parvenu à cet état de développement où il tournoie et nage dans l'intérieur de la coque, on le voit ramper le long des parois, les heurter avec les cirrhes rotatoires dont il est pourvu et qui se recourbent en touchant l'enveloppe, parcourir dans tous les sens l'espace étroit de cette coque, jusqu'à ce qu'enfin celle-ci crève et donne à l'embryon la liberté. Les preuves que nous venons de développer brièvement nous paraissent démontrer l'existence d'une membrane coquil- licre. et nous nous en servirons plus tard pour réfuter certaine? objections que l'on a voulu fonder sur rabseucc d'une double ligne de contour, signe non équivoque d'une membrane ayant une certaine épaisseur. L'intérieur de la coque est rempli d'un liquide visqueux , dont la consistance diminue à mesure que l'embryon se développe. Le li(|uidese mêle assez facilement avec l'eau, dans laquelle il forme d'abord des traînées, comme le sirop dans de l'eau sucrée. Le globe vitellaire (6) cpii nage dans l'intérieur de ce liquide est libre lie toutes parts, d'une forme parfaitement sphériquc, et com- posi' d'une substance gélatineuse, (|ui est parsemée de nombreux gi'anules très petits, opaques et doués du mouvement brownien. Nous n'avons pas pu nous convaincre de l'existence d'une véritable inemhraiK; vitellaii-e: nous sommes persuadé, au contraire, qu'i'lle 22 \««r. — suu i.'ejibuyogémk n'existe pas dans les it-uls pondus de l'Actéon , et que la forme sphérique et invariable de ces œufs est toujours due à l'ag- glomération de la masse visqueuse et granuleuse qui compose le vitellus , et non pas à une enveloppe particulière , que nous a\''ons vainement cherchée. Traité sous le compresseur, le globe vitellaire se comporte exactement comme une masse de suif semi- fluide ; on l'aplatit, et, en l'écrasant, on le voit former des taches étendues, graisseuses , sans forme particulière, dans lesquelles on distingue des granules. Nous croyons que ce sont ces derniers surtout qui donnent au vitellus cet aspect graisseux , et que l'on peut délinir très bien la substance vitellaire comme une masse visqueuse, contenant des granules graisseux en abondance, ou comme une éniulsion très dense et très consistante. L'opacité de ce globe sous le microscope , sa couleur blanchâtre et laiteuse à la lumière réiléchie, s'expliquent facilement de cette manière. En examinant attentivement le globe vitellaire, on aperçoit, sur un point quelconf[ue de sa masse, un espace ])lus clair, dont la forme paraît plus ou moins arrondie. Cet espace clair (c, fig. 3) n'est pas disliiicicmcnt liniilé ; il est placé tantôt au milieu du globe vitellaire. tantôt plus près de son bord ; très souvent môme l'opa- cité de la masse vitellaire est telle, que l'on chercherait en vain à s'assurer de l'e.xistence de cet espace claii'. Il faut, pour découvrir la véritable natiu'e de cet espace, soumettre le globe vitel- laire k mic pression lente et graduelle. En écrasant petit h petit ce globe, on réussit toujours à reconnaître une vésicule limpide, parfaiteiiieni transparente, sphérique, qui est située dans l'intérieur de la niasse vitellaire , et que l'on dégage quel- quefois compléten)ent de la gangue environnante. 11 est facile de s'assurer alors que la vésicule est formée par une membrane ex- trêmement fine , ne présentant qu'une simple ligne de contour, et remplie d'un liquide très limpide. Nous n'avons pu reconnaître dans riiitérieur de cette vésicule aucune autre formation nucléo- laire , (|uoique nous l'ayons cherchée avec la plus grande atten- tion , et en employant les grossissements les plus forts qui fussent en notre pouvoir. f'-etle vésicnjt' transparente, qui est lo;j:ép da)is l'intérieur de la DES MOLLliSOlES GASTÉnOPODES. 23 masse vitellaire, se Irouve invariablement dan:? luus les œufs dès le moment même de la ponte. Nous avons examiné, en effet , les œufs d'un cordon qui était encore caché à moitié dans l'intérieur des organes femelles de l'Actéon, et ces œufs présen- taient , comme tous les autres , la vésicule transparente dans l'iîi- térieur. Le cordon dont nous parlons était couvert à l'extérieur de Spermatozoïdes qui se mouvaient très rapidement. Nous avons trouvé que le diamètre de ces vésicules transparentes était de 0°"°,012. L'œuf de l'Actéon est donc composé . au moment de la ponte, des parties suivantes : d'une membrane coquillière renfermant un liquide gélatineux, dans lequel nage le globe vitellaire, qui contient dans son intérieur une vésicule limpide et transparente. 4. Fraclionnement du vitellus. Le travail embryogénique commence, dans l'œuf de notre Mol- lusque, immédiatement après la ponte. Il ne s'.écoule pas ici une période plus ou moins longue d'inertie, pendant laquelle l'œuf d'autres animaux se prépare à parcourir les phases de son déve- loppement ; quelquesheures suiïisentpourprésenteràl'observateur des changements considérables , qui se suivent avec une assez grande rapidité. Deux à quatre heures après la ponte, nous avons trouvé les œufs de tout le cordon dans la première phase du fractionnement (fig. 4 et 5). La grande majorité des sphères vitellaires était divisée en deux globes parfaitement arrondis, indépendants l'un de l'autre et ne se touchant que par un seul point de leur périphérie. D'autres reufs étaient encore moins avancés. Les deux sphères secondaires étaient bien formées, comme dans le cas précédent, mais elles étaient aplaties l'une contre l'autre, de manière h présenter une largo surface de contact. Les sphères sccondaii'es dans lesquelles le vitellus s'était ainsi fractionné prés( niaient absolument tous les caractères du globe vilellairc primitif, sauf le volume. La masse granulée et visqueuse qui composail les globes était la même; on remarquait à l'intérieur de chaque globe cette vésicule i-onde et transparente, qui se trahissait aussi dans le globe vitellaire pri- '2li voGT. -- srii i.');.Miiino(;iiMF. mitif par un espace clair; une membrane particulière d'enveloppe manquait également. Comment cette division du vitellus s'était- elle opérée? Gomment ces deux sphères, si exactement semblables, étaient-elles nées de la sphère vitellaire primitive? Pendant longtem])S nous avons craint que l'observation directe ne nous permît pas de résoudre cette question de l'origine du fractionnement , si souvent débattue dans ces derniers temps. D'abord nous avons rarement eu k notre disposition des cordons d'œufs à celte phase du fractionnement, qui passe très vite, et quand nous avions le bonheur d'en rencontrer un, nous voyions tous les oputs , dans l'état décrit , .séparés en deux sphères rjuj se touchaient par une partie plus ou moins grande de leur circonférence. Dans la plupart des cas, les deux sphères étaient parfaitement égales ; quelquefois elles étaient un peu iné- gales, et les diamètres, que nous avons déterminés à l'aide du mi- cromètre, variaient de 0""",060 à 0""",050/|. Ce n'est c|ue vers la fin de nos obsers allons que nous avons rencontré mie fois un cordon dans lequel les vitellus commençaient seulement à se diviser (fig. I\). Ils avaient la forme d'un sablierou, si l'on aime mieux, d'une mandoline ; l'endroit de la di\ ision ulté- rieure était mar(|ué par un étranglement médian (pii |)artagcait la sphère vitellaire en deux moitiés non encore séparées, et intime- ment liées ensemble. Le tout avait l'air d'une boulette de pain que l'on aurait serrée un peu fortement entre les doigts. Ce qu'il y avait de remarquable dans ces œufs qui allaient se diviser, c'é- taient les rapports entre les vésicules transparentes internes et les sphères' qui connnençaient à se dessiner. Nous avons déjà fait remarquer que la forme de tous ces vitellus approchait de celle d'une mandoline, en ce c|ue run(; des parties était plus volu- mineuse (|ue l'autre. On pouvait, d'après cela , soupçonner que la partii' (|ui était plus petite était en voie de formation, tandis que la moitié plus volumineuse représentait le globe vitellaire pri- mitif. Nous trouvâmes, en elïet, dans celui-ci une vésicule centrale transparente (/■), tandis que l'autre moitié ne i-irésentait aucune trace d'une pareille vésicule. Nous avons d'abord constaté ce résultat par Ions les moyens en notre [louvoir. et ensuite nous avons cher- I ni.s MoLi.i-sorKs (,.vsrÉiioi'ODi;s. 25 ché à isoler la vésicule (jui se lrou\ ail dans la sphère la plus grande du vitelliis eii biscuil. L'opération ayuil réussi, non sans peine , nous avons ac(|uis la certitude c[ue la vésicule n'était nullement changée; elle avait encore la forme circulaire, et l'on n'aperce- \ ait dans son intérieur aucune modification , aucune formation nouvelle de vésicules secondaires ou de noyaux multiples. Cette observation nous apprend que, dans les œufs d'Actéon au moins, le fractionnement de la masse vitcllairc précède la forma- tion et la multiplication des vésicules transparentes. I.a tendance à se fractioinier était manifeste dans les œufs r|ue nous a\ons dé- crits, etcpii avaient le vitellus eu forme de biscuit: or, cette ten- dance ne déjiendait point de l'existence d'une seconde vésicule transparente située au centre de la nouv elle siihère qui devait se former. Je n'ai pas pu constater un étranglement de la vésicule primiti\e, semblable à celui que montrait le vitellus et qui aurait ))récédé celui de la masse vitellaire; il n'y avait pas non plus, dans rintérieur de la vésicule transparente, de génération de jeunes cellules destinée à se délivrer successivement à mesure que le fractionnement s'accomplit, ,1'accordequ'uneseule observa- lion ne suHit pas pour trancher toutes les questions relatives à la cause et à la propagation du fractionnement, d'autant plus que cette observation ne foui-nit aucun renseignement sur la manière dont les vésicules augmentent en nombre ; mais cette observation prouve du moins que, dans l'Actéon , la tendance au fractionne- ment réside dans la masse vitellaire même, et ne dépend i)oint fie la foiiiiafion el de la mulliplication des vésicules transparentes. Le fractiomiementen deux sphères est un état très passager du globe vitellaire. Le passage au fractionnement en quatre sphères (fig. 2 et 6) ne dure que deux heures en tout, après ([uoi le vitellus se montre divisé en quatre sphères parfaiteiTient égales, juxtaposi^es en forme do croix, et douées chacune d'une vésicule transparente. Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps à cette phase du fractionne-ment qui a été observée sur les omis d'une multitude d'animaux et qui ne présente ici rien de particulier. \ous dirons seulement que les quatre sphères nous ont offert des diamètres variant entre (t ,0'|Sn et ,()r)5'2 . et que les vésicules trans- 56 VOGT. SCK l'embryogénie parentes de leur intcrieiir avaient un diamètre moyen de 0'"°',012. C'est le fractionnement en huit parties (fig. 7 et 8) qui nous a montré dans l'Actéon les particularités les plus curieuses, lesquelles n'ont pas encore été observées, à ce que nous sachions, sur d'autres animaux. L'on ne voit pas ici , comme dans l'œuf des Batraciens . chacune des quatre sphères se scinder en deux autres sphères par- faitement égales , de manière à former huit sphères égales entre elles; le procédé de même que le résultat sont essentiellement différents. Les quatre sphères du vitellus fractionné sont réunies, comme nous le disions plus haut , en forme de croix , de manière à constituer une espèce de gâteau aplati. Sur l'une des faces de ce gâteau s'élèvent petit àpetit quatre mamelons circulaires (e, fig. 8), isoMs les uns des autres, placés également en croix, se touchant tous au centre , et occupant une position déterminée vis-à-vis des quatre sphères anciennes. Les mamelons alternent avec les sphères, de manière à se placer dans leurs intervalles, à peu près comme les pétales d'une corolle alternent avec les folioles du calice. Les mamelons que nous venons de signaler sont bien plus petits que les quatre sphères primitives; leur diamètre égale à peine la moitié de celui des sphères. Nous avons trouvé les rapports sui- vants : les diamètres des grandes sphères varient de 0""",()4l à 0"'"',0/|8 , tandis (pie les mamelons mesurent de 0""",()216 h 0""",0"240. Les derniers ne diflcrent du reste des sphères que par mic transparence bien plus grande ; ils paraissent presque uni- f|iiement formés de masse visqueuse, et les granules qui composent la masse des sphères y sont en petite quantité. Chacun de ces mamelons ou sphères secondaires possède une vésicule transpa- rente et circulaire, comme les grandes sphères, et se comporte du reste d'une manière absolument semblable. Comment ces quatre petites sphères se forment-elles? Je ne saurais répondre à cette question d'iuie manière tout-à-fait satis- faisante. Je lésai vues grandir petit à petit, jusqu'à ce (ju'elles eus- sent atteint les limites de leur croissance, sans pouvoir constater de quelle manière se faisait ce développement. Les quatre grandes 'Sphères ne diMiinuaii''nl pas sensiblement pendant cette formation DES MOLLUSQUES GASTÉKOPODES. 27 des petites sphères; du moins les mesures microinétriques n'ont- elles donné qu'une bien petite diflerence avant et après la forma- tion des petites sphères. Ce n'est pas non plus qu'une partie de la sphère se sépare pour se constituer isolément ; je n'ai vu aucun phénomène qui puisse faire croire ([ue la formation des petites sphères fût le résultat d'une scission partielle des grandes sphères; scission qui, au lieu de les partager en deux moitiés égales, n'en aurait S(''paré qu'un petit fragment du bord. La transparence bien plus prononcée des petites sphères me semble au contraire prou- ver que c'est par une espèce d'exsudation que se forment les pe- tites sphères, et que la matière visqueuse du vitellus abandonne partiellement les grandes pour former des sphères particulières, qui jouent un rôle particulier dans les phases subséquentes de l'embryogénie. Le mode pai-ticulier de fractionnement que nous venons de rapporter indi(|ue une dilTérence profonde entre les parties consti- tuantes du vitellus. A partir de ce moment, nous distinguons dans les phases suivantes du développement deux éléments distincts, constitués, les uns par les grandes sphères granuleuses, opaques, les autres par les petites sphères transparentes. La différence de grandeur, qui dans le premier moment était si tranchée , s'efface bientôt , mais les caractères physiques que nous venons de men- tionner persistent pendant un temps très long et d'une manière très reconnaissable. Nous serons donc forcé d'appliquer des noms propres aux deux éléments que nous venons de distinguer, et, eu égard à la position que ceux-ci prennent par la suite, nous ap- pelons les grandes sphères opa{[ues, les sphères coiilrnles (r/): Ips petites sphères transparentes, les sphères périphériques (e). Le fractionnement se continue dès ce moment dans les sphères centrales, comme dans les sphères périphériques, absolument de la même manière. Celui des sphères centrales est d'abord plus actif; en se scindant chaeime en deux parties égales, les sphères (|iii en résultent ont à peu près le même diamètre que les sphères périphériques, de maniore que la différence de grandeur entre ces deux éléments s'efface d'abord. A|)rès avoir atteint ce résultat, le fractionnement marche dans les deux éléments d'un pas égal ; 2S TOGT. — siK l'embhvoi;éme les sphères ne dillèreul plus que par leur degré de transparence ; mais la masse des sphères centrales n'en est pas moins beaucoup plus considérable que celle des sphères périphériques: aussi voit- on dans les œufs dont le vitellus est composé de douze, vingt ou vingt-quatre sphères, les sphères centrales occuper à peu près les trois quarts de la masse vitellaire , qui , à cette époque , a une forme presque sphérique dans son ensemble. Le principal progrès qui se réalise dans la constitution même des sphères consiste dans la formation d'une enveloppe autour de chacune d'elles. Nous avons fait remarquer plus haut que le globe \itellaire primitif, ainsi que les splièrcs qui en résul- tent, sont entièrement privées d'enveloppes particulières, et se comportent partout comme des amas arrondis d'une matière \ isqueusc. -Mais, dès que la dilTérence entre les sphères centrales cl périphériques devient ser.sible, les indices des enveloppes par- ticulières commencent aussi à se montrer ; elles sont môme très visi- bles dans les vitellus arrivés à un fractionnement de vingt-quatre sphères. Non seulement on peut observer les enveloppes en aplatissant le vitellus par la compression , mais on peut encore se convaincre de leur existence en tuant les œufs et en facilitant par ce procédé l'absorption de l'eau dans l'intérieur des sphères. Dans les œufs traités de celte manière (lig. 10), le vitellus se désagrège , de manière à remplir toute la cavité de la coque ; les sphères se gonllenl par l'absoi'ption de l'eau, et on les voit alors composées d'une membrane externe très Une. ne présentant qu'un simple contour, dans l'intérieur de laquelle se trouve la vésicule transparente. Autour de ce noyau transparent sont amassées les granulations du contenu de la masse opaque qui formait les sphères. Nous nous trouvons donc, dès le moment de la formation des enveloppes, en présence de véritables cellules très bien caracté- risées, ayant un noyau transparent, vésiculaire (la vésicule trans- parente), un contenu plus ou moins granuleux dans les deux espèces de sphères, et une enveloppe cellulaire parfaitement re- coniiaissable, ([ui se gonfle par l'endosmose de l'eau. I,c grou- pemeiil des iiii)li''cules et des granules aulnur du noyau ((ue nmis I DIS MOI.I,( SOIKS GASTÉROPODES. 99 venons de mentionner est un fait très connu dans les élémenls d'autres tissus cclkilaires: aussi ne nous y arrêterons-nous pas. Le mode de formation des cellules que les observations précé- dentes nous dévoilent , est celui que j'ai signale d'abord dans mon Mémoire sur l'embryogénie du Crapaud accoucheur, et qui a été confirmé par la grande majorité des observateurs qui se sont occupés après moi des premières phases du dévelojjpement. Que le noyau transparent qui se voit dans les sphères vitellaires pri- mitives de presque tous les animaux soit, ou ne soit pas, le princi- pal muteurdu groupement des moléculesen si)hère, que ce soit ou non un centre d'attraction pour la formation de la cellule, toujnui-s est-il que cette formation de membranes cellulaires à distance est fort différente de la formule indiquée par MM. Schleiden et Schwann, et dont quelques auteurs voudraient encore soutenir l'u- niversalité. Lamembrane cellulaire se forme, d'après MM. Schleiden et Schwann, en contact immédiat avec le noyau; elle grandit petit à petit en se dilatant et se sépare du noyau; la cavité cellulaire se remplit par endosmose, et ne peut se remplir autrement, puisque la membrane cellulaire forme toujours une vésicule parfailemeiit close. Tout le contenu de la cellule s'y trouve donc par endosmose, et. s'il y a un contenu granuleux, les granules doivent nécessaire- ment avoir été précipités dans l'intérieur de la cellule , après que le conteim eut traversé la membrane cellulaire à l'étal liquide. Au contraire , dans le mode de formation cellulaire que nous voyons se produire ici, le contenu granuleux existe primiti- vement ; il est englobé par la membrane cellulaire avec le noyau ; il ne s'est pas produit dans la cellule, puisqu'il a existé avant cette dernière ; la membrane cellulaire n'est que la couche externe con- densée de la substance granuleuse. Les observations que nous venons de rapporter prouvent, ce nous semble , jusqu'à l'évidence , que la formule proposée par .MM. Schwaïui et Schleiden n'est en aucune façon applicable à la transformation des sphères vitellaires en cellules. Mais cette trans- formation même, telle que nous l'avons obsei'vée , nous conduit de nouveau iil'exami'n d'unie (piestion (|uobi(-n des micrngraphesse sont déjà posée, et de la soluliim de la(juelle dépend, ce nie 30 voGT. — suu l'embrvogé.me .semble , la cause d'un grand nombre de méprises et de dis- cussions. Nous avons dit que c'est au moment de la dilTéreiiciation des sphères viteliaii'es en sphères centrales et périphériques que les indices de membranes enveloppantes commencent à se mon- trer. Nous avons déjà examiné plus haut quel sens il faut attacher à ce mot « membrane " ; mais nous croyons devoir revenir sur cette question. Dans quel cas peut-on dire qu'il y a membrane ; dans quel cas ne le peut-on pas? Bien des confusions sont venues , sans doute , de ce que nombre de micrographes ont abordé ces questions avec des idées empruntées à l'analomie des ani- maux supérieurs et de l'homme. Les membranes, dans ces ani- maux, sont formées d'éléments distincts, de fibres, de trames , de cellules en |)avé ; elles sont organisées et peuvent être déta- chées et isolées avec facilité. Or, en appli(|uant ce sens restreint du mot membrane aux éléments microscupiques, on se croyait en droit d'exiger que la membrane fût organisée et préfenlàt une double ligne de contour comme expression de son épaisseur; on n'admettait l'existence de membranes que là où l'on pouvait décomposer une certaine couche organisée dans des éléments divers. Cette restriction ne saurait être admise lorsqu'il s'agit d'ani- maux inférieurs et d'embryons. Pour ipte l'on puisse envisager une couche de matière organicjue comme une membrane, il faut qu'elle soit organisée ; mais quel est le signe non équivoque de l'orga- nisation? La membrane cellulaire dans les plantes est entièrement liomogène . sans structure reconnaissable, et pourtant personne encore ne s'est avisé de la nier. Dès ([ue l'organisation d'une mem- brane ne peut se trahir autrement que par des signes de com- position , on court risque de retomber dans l'erreur signalée à l'instant, et d'exclure une foule de membranes qui pourtant sont réellement des membranes. Nous voyons d'un autre côté, dans les embryons et les ani- maux inférieurs , des substances organisées gélatineuses et vis- queuses présenter une certaine cohérence , qui leur permet d'af- fecter des formes définies, surtout globulaires, et qui ne sont UliS .MOM.LSQUIiS GASTÉROl'ODES. 51 certaineiiienL pas limitées par des membranes. A-t-on pour cela raison de dire qu'il n'existe pas de membranes là où les formes extérieures peuvent se détériorer par difflucnce? Nous ne le pensons pas. Nous observons au contraire des transitions nombreuses ; nous voyons la couche externe d'un f;lobule de sphère vitellaire se con- solider peu à peu, et après un certain temps nous remarc(uons, là où nous ne pouvions d'abord rien découvrii', une couche assez so- lide, résistante, qui crève sous la pression , en laissant échapper son contenu, et qui reste ensuite comme un sachet vide. Chacun dira ici qu'il y a membrane; mais où trouver la limite, puisque cette membrane s'est durcie, consolidée petit à petit? Si nous remontons un peu en arrière, nous verrons cette membrane pré- sentant moins de résistance, crever encore sous la pression , se dissoudre sous l'action de l'eau, et oIVrir néanmoins une difl'érence notable avec le contenu interne. Nous ne restreignons donc pas le sens du mot membrane à la dé- termination d'une organisation qui , dans une l'ouïe de cas, ne se laisse pas démontrer physiquement , quoique ses fonctions l'indi- quent sullisannnentl comme dans la membrane des celhilesdes plan- tes). Nous croyons qu'il faut appeler membranechaque couche de substanceorganisée, qui, par sa densité et sa cohérence, se montre (liiïérente du contenu qu'elle enveloppe. La diflluence d'une pa- reille couche ne peut jamais, a notre avis, être invoqué'e comme une preuve contre sa nature membraneuse. Bien de nos mem- branes diflluent et se dissolvent dans l'acide acétique ; est-ce une raison pour nier leur nature de membrane ? Et si l'eau exerce sur des membranes bien plus délicates une action analogue, est-ce (,,ie raison pour exclure ces dernières? Les doubles contours que certains micrographes exigent pour admettre l'existence d'une véritable membrane ne sont visibles que sur des membranes d'une certaine épaisseur, d'où il résul- terait que l'idée de membrane devrait être très restreinte, puisque toutes les membranes qui n'ont pas cette épaisseur ne sont visi- bles que sous la forme de simples lignes. Des grossissements plus considérables dédoubleraient sans doute ces traits simples, tout comme une lunette plus puissante dédouble une étoile qui semble e a Vi'- 3*2 VOlil'. — Slli l.'l-.MliliYOfJÉ.MK simple à une lunette );lus l'ailMe. Mais une auti'e (linicult(' vient encore se présenter pour le micro,i2,rnphe. On sait que les eellules, les vésicules et tous ces éléments de tissu, dont les uicnihrancs sont indiquées par un simple trait, ont une l'orme jilus on moins splii'riqne, que ce sont des boules creuses remplies d'ini liquide, dont le pouvoir réfringent doit être à |ieu près le même que celui de l'enveloppe. Croil-on que ces circonstances soient de natur rendre plus facile la perception du double trait indiquant paisseur de la membrane? (,)ue l'on examine p.u- comparaison un bocai de verre cylindrique d"imc épaisseur très appréciable au toucher, et l'on se convaincra que s'il est très difficile de saisir sur le bocal \ ide . ii l'o'il nu . le double li'ait (|ui in(li(|ni' Tépais- senr du verre, cela devient lont-à-fait imi)ossibie lorsqui; le bocal est rempli d'eau. C'est ainsi qu'il est impossible de disliiifi-uer ini double trait sur ces globes remplis de li((nide. ddol |e< cordon- niers se servent le soir pour leur travail. Que l'on fasse l'application de ces faits aux observations uji- croscopiques, et l'on se convaincra que la perception d'un double trait indifiuant l'épaisseur d'une membrane on d'une enveloppe. doit être l'exception et non pas la règle. ■i. Pieiiiierc fiiniiiUiim do l'emlirvon. La masse vilellaire . (|uoi(|ue divisée en deux i-li''menls très dis- tincts et formée de véritables cellules, ne montre encore aucune forme qui puisse être rapportée à celle d'un embryon. Le fraction- nement des cellules, la diminution progressive du diamètre des éléments constituants, combinée avec leur augmentation numé- rique, continuent, maintenant que les cellules sont entourées de membranes , comme auparavant dans les sphères vitellaires. La masse fractionnée dans son en.semble a la l'oi'me d'un gâteau aplati, mais bombé au milieu. On remarque que les cellules péri- phériques prennent peu à peu une pri'ponili'r.ince très marquée; elles n'orcupaieni dans un leuf de vingt-quatre sphères que le quart de la masse entière , de manière qu'elles élaient presque entourées de sphères centrales (fig. 9) : dans un œuf de quarante- nns Mor.r.iisoLiEs (i\sTiîrini'oni!P. 33 luiit sphères (fig. U-^-), les rapporis sont complètement renversés. ■ J>es cellules péripliéri(|ucs l'ornient ici une espèce de disque arrondi et aplati, sur le cenlic duquel sont posées lescellules centrales, qui y constituent un mamelon saillant. Je crois avoir remarqué qu'au milieu de ce mamelon se trouve un espace allongé [(/;. formé par l'écartement des ccllull^s, qui se niar(|ue comme un vide, au travers duquel on voit les contours (les cellules qui composent le disque. Cet espace vide, allongé, cette fente m'aurait peut-être échappé, si je n'avais pas eu en même temps des cordons d'œufs plus avan- cés (fig. 12 et 13), dans lesquels cette l'ormation était bien mieux marquée , circonstance qui me rendait attentif aux moindres dé- tails , dont je ne pouvais apprécier l'importance que par la con- naissance des phases postérieures du développement (l,. La prépondérance considérable qu'acquièrent les cellules ])éri- phériques n'est point due à une marche plus rapide de leur frac- tionnement. J^es cellules périphériques ont absolument la même grandeur (lue celles du centre ; ces deux éléments marchent donc de paii' dans le travail , qui les partage en cellules toujours plus petites. Ce qui paraît être la cause principale de celte augmenta- tion des cellules i)ériphériques , c'est la transformation successive des cellules centrales. On remarque,. en eflet. que le contenu des cellules, des cen- trales aussi bien que des périphériques, gagne de plus en plus en transparence h. mesure que les cellules approchent du terme du frac- tionnement. Les granules qui remplissaient les cellules centrales, sont peu à peu dissous; cette dissolution s'opère de la périphérie vers le centre, de l'enveloppe vers le noyau , comme c'est oi'dinai- (I) La furnialion de reue fVnle, lioiil iioii^ nous oroupirotis plus lard sous le nom de fente niameloiinaire, est peut-Olre occasionnée par le départ (rune vésicule transpa- rente , analogue à celle que MM. nnniorlier, Poiiciiet , Van lîoneden , Xordinaun , ont observée sfir les embryons dont ils se sont occupés. Je n'ai pas vu le fait dont il s'ajiit dans les ceufs d'Aciéon ; mais, dans des œufs de Limace, j'ai vu celte vésicule se déta- chant petit .i petit du vitellus , et allant se perdre dans le li(|uioint de départ de cette dernière , et quel côté de l'embryon correspond à la place où s'étaient formées, dans le vitellus fractionné, les quatre petites sphères transparentes qui ont donné lieu à la couche périphérifjuc. En elfet, l'enfoncement en entonnoir que DES MOI.LlSQLiES GASTKROPODIiS. ?>[) nous avons remarqué à l;i face antérieure de la partie ci'plialitjue marque la ligne de réunion de la couche périphérique ; c'est par conséquent le point diamétralement opposé à cet enfoncement qui doit être le point de dcfjart de la couche. Ce point est facile <à trouver ; il est situé en arrière des roues , à peu près sur la ligne de jonction entre la partie céphalique et la partie ventrale, et même un peu en arrière de cette dernière sur la partie abdominale même. Ces rapports sont très importants à constater du moment qu'on veut arriver à la détermination de la fente , que nous avons appe- lée plus haut mamelonnaire , et que des observateurs superficiels pourraient confondre avec la ligne primitive que l'on remarque sur l'embryon ébauché des vertébrés. Or , la ligne primitive des embryons vertébrés est une formation superficielle, n'af- fectant que la couche périphérique, le feuillet séreux de ces embryons ; c'est l'axe d'où rayonne l'extension de la couche péri- phérique de l'embryon, la ligne centrale du développement em- bryonnique. La fente mamelonnaire, au contraire, n'alTecte point la partie périphérique , mais seulement la masse centrale de l'em- bryon de l'Actéon; elle est opposée au centre de développement de la couche périphérique et correspond à la ligne de jonction des extrémités de cette couche. Il n'y a donc pas la moindre analogie entre ces deux formations. Un autre point important à constater, selon nous , c'est l'homo- généité de toutes les parties qui constituent l'ébauche de l'em- bryon. Des diHails de forme se laissent déjà reconnaître, alors que l'on n'aperçoit encore aucune différence entre les éléments (jiii constituent ces organes. La couche périphérique est partout la même ; prise sur la partie céphalique ou centrale , elle montre partout la même composition. 11 en est de même de la masse centrale, qui forme un noyau également constitué, dans lequel on n'observe aucune trace de formation ultérieure. Ce fait nous |)araît capital , et on n'en a peut-être pas assez fait ressortir toute l'importance. La masse dont doivent se former les diffé- rents organes, est là, accumulée, mais à l'état brut, et ce n'est (|up ]iai- la différenciation successive de celte masse que 40 lOtiT. — SI li l.'lvMliRVOfijiME iiaitroiit les organes. Il n'y a donc ici ni développement centri- pète, ni développement centrifuge; il y a ébauche brute et plus tard travail intérieur pour le t;roupement des éléments , qui d'a- bord étaient accumulés sans ordre apparent. J/embryon est main- tenant composé en entier de cellules exactement semblables les unes aux autres : seulement, celles de la masse intérieure sont plus opaques parce qu'elles contiennent une plus grande quantité de granules ; ces cellules opaques forment , dans l'intérieur de l'embryon , un seul amas distribué également dans la partie cé- ph.ilique et dans la partie centrale. C'est de cet amas que naîtront les différents organes dont nous suivrons le développement, les intestins tout aussi bien que les organes des sens et le système nerveux central. On a voulu faire , dans ces derniers temps , une distinction ca- pitale entre les éléments vitellaires, qui servent à construire l'em- bryon. On a prétendu cju'il fallait distinguer deux espèces de vitellus là où l'on voyait des éléments différents ; que le vitellus générateur fnuinissait les bases de l'embryon, et (]ue le vitellus nutritif servait par transformation indirecte à la nutrilion de l'em- bryon. 11 y a également dans la masse vitellaire de l'Actéon, depuis une époc|ue très reculée de son développement, deux élé- ments très différents. Or, malgré cette diversité, les deux éléments concourent également à la formation de l'embryon , et la distinc- tion que l'on avait établie n'est nullement applicable à l'animal dont nous nous occupons. C'est ici le cas de protester contre ces prétendues généralisations qui, loin de faciliter le progrès de l'embryologie, ne font, au contraire, qu'en entraver la marche. Les éléments d'embryologie comparée que nous possédons aujour- d'hui sont tellement insuffisants, qu'il me parait impossible d'en déduire des lois générales , à moins de se croire doué d'une intui- tion prophétique. On se moquerait à bon droit de celui qui voudrait déduire des lois générales d'anatomie comparée d'ime douzaine d'anatomies, (|uel(iuefois même très incomplètes; et l'on oublie (lue nos matériaux en embryologie comparée s'élèvent à peine à une douzaine de monographies, dont les auteurs eux-mêmes ont toujours été les premiers à recoimaître l'insutlisance. DIÎS MOLLISQIES (iASTKKOl'OUKS. il 4. Développement de I embryon dans l'œuf. Dans les pages précédentes, nous avons suivi l'embryon jusqu'à l'ébauclie de ses organes principaux , qui , à la vérité , seraient diflicik-s à reconnaître si les observations ultérieures ne démon- traient leur nature. :\ous avons vu l'embryon composé d'une pai'tie céplialique , portant deux roues ciliées et un pied, et d'une partie ventrale, dont l'intérieur est encore homogène. La première modification porte sur la dilïérenciation de la niasse centrale , tant dans la partie céplialic[ue que dans la partie ven- trale. Le pied s'allonge un peu plus et devient proéminent sous la forme d'une verrue arrondie et saillante. La masse centrale , opaque dans son intérieur, se groupe en plusieurs agglomérations arrondies, qui se rangent des deux côtés de la ligne médiane, de manière à laisser cette dernière plus transparente que le reste. En tournant l'cnibrvou de manière à le voir uu par la face dorsale entre les deux roues (lig. 18), ou par la dépression en entonnoir de la face antérieure (lig. 19), on aperçoit ces agglo- mérations arrondies des deux côtés de la ligne médiane, en même temps que l'on voit encore au fond un espace clair li-ès réduit, qui est le reste de la fente mamelonnaire. Ce reste de la fente mamelon- nairc est entoure lui-même d'une agglomération arrondie, qui démontre jusqu'à l'évidence que le groupement de la masse cen- trale sur les deux côtés de la ligne médiane n'est point une con- tinuation de la fente mamelonnaire. Ce groupement de la masse centrale se propage rapidement du pied vers le reste de la partie céplialique et dans la partie \ en- trale. On remarque dans l'intérieur du pied tixiis paires de boules plus opa([ues, situées l'une à la suite de l'autre.', dont la dernière est la plus considérable (fig. 18, "20). La niasse centrale de la partie venti'ale [1) cunniience aussi ksc dilférencier à mesure que les trois paires de boules du pied se circonscrivent davantage. On voit apparaître, au milieu de la partie ventrale , une fente qui se dessine toujours plus nettement et qui linit par diviser cette masse en deux moitiés latérales, qui d'abord sont encore adhérentes |)ar leur partie antérieure (fig. 20, Il2 votiT. — Sun l'embryogé.me 21). L'étranglement qui sépare la partie céphalique de la partie ventrale de l'embryon est beaucoup plus marqué, surtout par suite du prolongement du pied (/), qui est séparé de la partie ventrale par un profond étranglement. La dépression en entonnoir, qui se trouve à la face antérieure de la partie céphalique, est aussi plus accusée , de manière que les roues sont bien plus séparées du pied. Les roues ne forment plus deux lignes droites de cils, s'étendant sur les deux côtés de la face dorsale de la partie céphalique; pen- dant que les cils s'allongeaient, les rangées se sont courbées en forme de croissant dont la convexité est tournée en dehors; de sorte qu'en regardant l'embryon verticalement sur la dépression en entonnoir, on voil les deux roues former deux arcs latéraux, qui se joignent presque sur le dos , et entre lesquels s'avance, sur la face antérieure, le pied encore arrondi (fig. 2 i). Les cils ont augmenté de longueur ; ils sont en mouvement continuel , et le résultat de ce mouvement est la rotation non interrompue de l'em- bryon, dont nous parlerons tout-à-l'heure. La masse centrale de la partie céphalique s'est ditïérenciée aussi de manière à former plusieurs agglomérations mal définies, dont une, médiane, entoure le reste de la fente mamelonnaire(fig. 1S et 2] , fi). Ces agglomérations se sont aussi groupées des deux côtés de la ligne médiane, de sorte que l'un a beau tourner l'em- bryon dans tous les sens , toujours la ligne médiane se montre ])lus claire et plus transparente que le reste du corps. Outre ces agglomérations do la substance centrale, qui ne forment que les ébauches brutes des organes , et auxquelles on ne saurait ]i;is encore assigner de non) . on voit apparaître à cette époque le premier oi-gane bien défini et bien cii'consrrit . — l'nr- ijfme auditif (I; . En observant attentiv(;ment la troisième paire d'aggloméra- tions, qui se montre dans l'intérieur du pied, là oii ce dernier se confond avec le reste de la masse céphalique , on voit au centre de cette agglomération nn petit rorpsarrondi, brillant, ayantdes con- tours très nettement accusés (tig. 20). Ce petit corps, qui, à travers la masse embryonnaii-e , fait l'effet d'une petite vésicule très trans- parente , est d'une soliditi' bien plus grande que tout le reste de DES MOLLUSQUES GASTÉROPODES. ÛS la masse embryonnaire , et en écrasant un embryon sous le com- presseur, il est facile de se convaincre que c'est réellement un otolithe, un globule solide, formé de chaux carbonatée, qui s'est déposé au centre de l'agglomération qu'il occupait. Une goutte d'acide acétique fait dissoudre ce petit coi'ps avec ell'ervescence ; en l'écrasant par une pression très forte , on peut le faire sauter en plusieurs segments. Cet otolithe est d'abord immobile, et je tiens à constater qu'il n'est pas déposé dan.f une vésicule, mais bien au contraire dans une agglomération solide de masse embryonnaire, qui ne se creuse et ne se transforme en vésicule qu'après le dépôt préalable de l'otolithe. C'est un point sur lequel je ne conserve aucun doute. J'ai pu très bien suivre l'accumulation successive de la masse centrale au point où doit se former l'oreille, et , par la com- paraison réitérée d'embryons à ditïérents degrés de développement , me convaincre (juc cette agglomération est réellement d'abord solide et ne se creuse (ju'ajjrès le dépôt de l'otolithe. Celui-ci. pour le dire en passant , est unique pendant toute la vie du mollusque ; il s'agrandit, mais il reste toujours globulaire. Ce n'est que dans des cas anormaux, que l'on voit dans les embryons d'Actéons deux otolithes dans une seule vésicule auditive. Les différents organes extérieurs, tels que les roues et le pied, sont déjà assez distincts au moment de l'apparition des otolithes. La couche périphérique entoure tous les organes avec une épais- seur égale ; la masse interne a commencé à se ballonner en diffé- rents groupes, indiquant les grandes masses que vont former les intestins. Le premier organe qui va se former après l'apparition des otolithes, c'est la coquille, dont l'accroissement rapide la rend bientôt capable do servir de retraite à l'embryon. L'embryon est donc déjà à cette épo([ue un être assez compliqué, et pour eu rendre la description plus intelligible, nous croyons devoir ana- lyser séparément les différents organes, nous réservant de don- ner, dans la description des ligures, l'histoire du dévelopijcinent avec les daffs de l'apparition des organes. lik VOUT. — SUR L'EMIiRVOGÉiME a) Les organes rolaloires (/i) Nous avons vu qu'à leur première apparition, les roues sont formées de deux rangées latérales de cils placées sur la face dorsale de la partie céplialique. Petit à petit ces rangées com- mencent à se courber en croissant, entourant ainsi un espace presque circulaire , (jui se creuse toujours davantage à mesure que les rangées de cils se courbent et s'élèvent au-dessus du plan général de la partie céplialique. Les roues s'individualisent ainsi à mesure que leurs cils s'agrandissent: elles se séparent toujours davantage de la partie céplialique, comme organes distincts, et for- ment à la lin deux bourrelets épais, semi-circulaires, qui sont placés sur des prolongements membramnix, et ([ui jouissent, comme ces derniers, d'une grande contractilité. Les roues forment alors, dans l'état de leur plus grande expansion , deux entonnoirs incomplets , interrompus vis-à-vis de la ligne médiane , et dont le bord externe est formé par un bourrelet courbé en arc. La courbure de ces bourrelets du bord se voit surtout bien lorsqu'on i-egarde les roues \ erticalement sur leurs entonnoirs (fig. 27). Les bourrelets commencent en arrière, tout près de la ligne médiane ; leurs extrémités antérieures, après avoir formé un demi- cercle, se recoui'beut en dedans, laissant ainsi enlrc elles un espace médian assez étroit. Cet espace médian forme la continua- tion d'une rangée de cils placés sur la ligne médiane du pied , et (jui descendent directement dans l'ouverture buccale. Celle-ci est située à l'exlrémilé des deux branches recourbées des bourrelets. L'expansion membraneuse qui forme les entonnoirs des roues, et dont les bords épaissis sont précisément les bourrelets , s'aper- çoit à peine dans cette position de l'embryon (fig. 27), tandis qu'elle est très visible lorsque l'on observe l'embryon de profil (Tig. 2>'2, 60, 41 , 43). On voit alors que, dans l'état de la plus grande expansion , le bourrelet forme une équerre double ; qu'é- tant fixé sur la face antérieure de la racine du pied , au-dessus de l'oreille, il nionle en haut, formant un arc, et redescend pouf se fixer par son aiilro extrémité sur la face dorsale de l'embryon , DF.S MOI.MSOl'KS GASTÉROPOnrS. 45 au-de?sus du boiuTelet circulaire du manteau, dont nous parle- rons plus tard. On pourrait croire!, au premier coup d'ieil, que le bord interne du bourrelet est libre, et que, dans l'état d'expansion , il form<^ ainsi une anse; mais en observant plus attentivement, en s'aper- çoit qu'une membrane assez transparente est étendue entre la face antérieure de la tète d'un côté , et le bord interne du bourrelet de l'autre. Dans cette membrane, on découvre des stries longitudi- nales, véritables faisceaux de fibres destinées à retirer les roues. Les roues ne se ressemblent presque plus lorsqu'elles sont complètement retirées. Toute la membrane formant l'entonnoir est tellement affaissée et rentrée en elle-même , que l'on ne peut l'apercevoir que ça et \h , dans des endroits où le bourrelet ne s'est pas entièrement rabattu sur la face antérieure de la tête. Le bourrelet lui-même est couché à plat sur cette face , et plissé de manière à imiter assez bien les plis que font les articulations des doigts lorsqu'on ferme la main pour faire le poing. Le creux profond qui existait au milieu de l'arc que formait le bourrelet a disparu ; il n'est plus indiqué que par les plis que je viens de mentionner, et dont la direction est constante. Les extré- mités recourbées des bourrelets ont glissé en même temps en arrière, de façon à toucher ]iresf[ue l'extrémité postérieure, en cachant ainsi l'ouverture buccale. Vu de profil, le bourrelet se présente comme brisé dans son milieu, et cette apparence est quelquefois tellement forte, que l'on croirait le bourrelet composé de deux moitiés , une antérieure et une postérieure (fig. 25 , 35). Mais cette apparence, causée uniciuement par le pli que prend le bourrelet en se contractant, disparaît bientôt lorsque In roue se dilate. Les contractions et e.xpansions successives des roues, soit en- tières, soit partielles, se font avec la plus gi'ande rajjîdité. Les roues sont placées , chez l'embryon qui se retire tout-à-fait dans sa coquille, dans la partie bombée de cette dernière, entassées sur la nuc|ue, re])liées en deux , et les cin-hcs dont elles sont mu- nies sont pelotonnés en un faisceau (fig. 35). Lorsque l'ani- mal veut faire sortir sa tétp de la coquille , il allonge d'abord les 46 VOCT. — SIJR l'embryogéml' cirrhes hors de l'ouverture, comme pour tâtonner (fig. 29j ; cet allongement est même fort considérable, et lorsqu'il se croit en sécurité, il abaisse le pied qui, par son opercule, fermait l'ouverture de la coquille , et dont les mouvements rappellent tout-à-fait ceux du marchepied d'une voiture : la partie cépha- lique se lève, les roues se gonflent, s'étendent hors de l'ouverture de la coquille, et exercent le mouvement méthodique de leurs cir- rhes, par lequel l'embryon et la larve se meuvent dans la coquille ou librement dans l'eau. Nous venons de décrire le développement de la forme des roues jusqu'au moment oh l'embryon quitte son enveloppe , on plutôt jusqu'au dernier moment oîi nous avons pu observer les larves; car nous devons le dire dès ù présent, la forme des roues ne nous a pas paru éprouver de changement pendant l'étal de larve. On me demandera maintenant quelle est la structure de ces organes transitoires, dont il ne reste, dans l'animal adulte, au- cune trace , et dont je n'ai malheureusement pu observer le dé- périssement successif. Cette structure , qui se développe pas à pas avec la forme, estasse?, simple et facile à constater. l.e voile membraneux qui porte le bourrelet et les cirrhes se montre manifestement llbreux , surtout dans les. moments d'ex- pansion complète. On voit alors des libres droites , peu accusées, mais soudées avec la substance envii-onnanlc , se porter de la base vers le bourrelet , évidennnent pour contracter ce dernier, et le ramener sur la face antérieure de la partie céphalique de l'embryon (fig. 37, 41, /|3). Le bourrelet lui-même est d'une structure beaucoup plus compliquée. On y remarque d'abord les cirrhes, qui , sur chaque roue, diminuent de longueur des deux côtés, vers le centre, de manière que les cirrhes antérieurs et postérieurs sont bien plus longs que ceux qui sont placés au milieu de la roue. Les cirrhes eux-mêmes peuvent atteindre, à l'époque de leur plus grand développement et lorsqu'ils sont tout-à-fait étendus, jusqu'à la longueur de l'embryon. Ils sont très flexibles, très minces et trans- parents. Le hasard seul a pu me fournir des renseignements sur la ma- DES MOLLUSQUES GASTÉROPODES. /|7 nière dont les ciniies sont implantés dans le bourrelet. On com- prend qu'une dissection soit impossible sur un être qui n'a pas même le dixième d'un millimètre de long; l'écrasement par le compresseur ne sert pas non |)lus à grand' chose, |>uisque l'clïort que l'on doit l'aire avec cet instrument , pour rompre la coquille, est si considérable, que tous les tissus sont écrasés et réduits en une pâte homogène, qui ne montre plus aucune trace de structure. Mais en laissant les embryons qui se trouvent sur le porte-objet pendant plusieurs heures dans la même goutte d'eau , ils finissent par mourir en s'asphyxiant, et déjà, avant la mort définitive, tous les tissus commencent à se désagréger. Les roues sont les pre- miers organes qui se décomposent en se délitant, et qui fournis- sent ainsi les moyens d'étudier leur siructure intime. On voit alors dans les roues, arrivées à l'état le plus a\ ancé de leur déve- loppement, deux ou trois cirrhes réunis implantés sur une es- pèce de bulbille transparent , ai-roiidi , dans l'intérieur du- quel on remarque un noyau très distinct , vésiculeux, entouré d'un bord noirâtre fortement accusé. Les cirrhes qui sont im- plantés sur ces bulbilles n'ont pas perdu leur mouvement par l'effet de la désagrégation , et c'est un singulier spectacle que celui de voir nager au milieu du liquide ces bulbilles avec leur cirrhes, qui se contractent et se plient avec la même énergie que s'ils dépendaient encore de l'animal. On ne peut donner une idée plus exacte de cei bulbilles qu'en les comparant à des ognons de fleurs de jacinthes ou de narcisses, dont les feuilles ont déjà atteint une certaine longueur, mais ne sont encore qu'au nombre de deux ou troisf l). (ï) M. Nonlmanii a ohservé des fyits aiinlogiies sur les embryons du Tergipes Ed- wardsii. l'es (jarlirulcs \ilellaires se délathent de lies burine beure dans les ernbrvoiis de cel animal, el, en emiiinuanl a se développer, ees agglonieralions vilellaires Unissent par fonsiltuer des hulbilles à cirrlies nombreun. qui même, d'-ipres M. N'ordmann, se Miulliplieni par fissuralion. Je n'ai pas vu le développement imlépendant de partirules vilellaires dclachees , lel que le décril M. Nordmann ; peut éire aussi rel auteur voyant des cellules désagrégées, qui naturellement ilevaient se trouver toujours au fn^me degré fie pcrferlion que les cellules encore adhérentes à l'embryon , a-t-il élé cunUuilà croire que ces particules désagrégées se développaient isolément. Quoi qu'il en soit, M. Nordmann regarde celte formation de bulbilles à cirrhes, se mouvant isolé- /|R vowr. — sin i.'embrvogéme Le bourrelel tout, entier, dont nous avons décrit la l'orme et l'é- tendue, est ainsi composé de bulliilles juxtaposés et soudés ensem- ble. Les noyaux desbulbilles se distinguent même sans désagré- gation , au milieu de ce tissu, comme une série de petits points" clairs , arrondis el entourés d'un cercle assez accusé. Les con- tours des bulbilles, au contraire, ne sont pas visibles; ils parais- sent tous confondus en une seule masse. 11 est, d'ailleurs, assez dillicile d'observer les roues pendant que l'embryon est en pleine vie, les mouvements de ces parties étant tellement rapides, que l'on peut à peine les lixer attentivement pendant quelques moments. Les mouvements qu'exercent les cirrlies sont assez curieux à étudier, et il faut choisir pour cette élude le moment où Tembryon commence on achève ses mouvements, qui se font alors d'une ma- nière lente el saisissable. Il serait impossible fie déterminer le genre de mouvement des cirrhes pendant cfu'ils sont en pleine activité. La rapidité de lein- action, l'ordre rigoureusement mathé- matique que suivent leurs inllexions, présentent alors l'image d'une roue qui tourne autour de son axe, et dont il est tout aussi diffi- cile d'analyser les diiïé'i-ents éléments que de compter les tours d'une roue d'une voiture en marche rapide. Cette rapidité de mouvement augmente petit à petit , du moment où l'animal sori les roues hors de la coquille, et c'est ce moment, ou bien le re- trait, qu'il faut choisir pour l'observation. On voit alors les cirrhes s'agiter comme des laiùèces. et s'infléchir au premier tiers de leur longueur, à partir de leur point d'implantation. Comme ils sont placés au bord interne du bourrelet . les cirrhes s'infléchissent en dehors en frappant sur la face externe de la roue étendue , puis, après avoir ainsi iVappi'' , ils se redressent subitement pour s'inflé- chir de nouveau. Le cirrhe ([ui se trouve le plus i-n arrière com- ment et à la ni.inièrp d'un animal . ctnnfne une preuve de In génération spoiit.inëe ; et ces bulbilles à rirrhe qu'il apitelle des anlmiiux parasites , snnt pour lui le Cosmella hydrackiioidus. C'est contre cette conclusion qiic je crois devoir protester. Je crois que nies observations sur l',\ctèon expliquent d'iine manière très satisfaisante tes observa- lions, d'ailleurs parraiteinent exactes . de M. Nnrdtnann. Les figures qn'd iloniie de son Cosmella ressemblent toul-à-fait aux bulbilles désagrégés tels que je les ai vus et montrés a plusieurs personnes; parmi lesquelles je citerai un des jeunes naturalistes de Paris, .M. F.in. Bandcinenl. i)i;s Moi.i.i SOI i;s c vsTi';iuiponi:s. ^)9 mence ce inouveiiifiil , (|ui î^r proijaj^u a\pc rapidité sur tou(e la série de r.irrhes. Cliaciin d'eux s'infléchit à son tour ])our fra|)per, et c'est la succession régulière et l'apide de ces inllexions cjui pro- duit l'image d'une roue ou d'une rangée de" perles coulant autour de la roue d'arrière en avant. Le ninu\einenl détermine un cou- rant cpii suit le bord externe de la inue poin- rencontrer celui de l'autre côté , dans la ligne médiane. I^a succession régulière des mouvements que nous venons de décrire est surtout frappante , lorsque l'embryon agite sescirrhes en restant à la même place, ce c|u'il fait souveiii après (|u'il est sorti de l'auf. Les mouvements des cirrhes ne sont pas aussi réguliers lorsque l'animal nage, qu'il soit encore enfermé dans la coque de l'u-uf, ou qu'il soit libre dans l'élément qui l'entoure. Les cliangements fréquents de position pendant la natation impliquent nécessaire- ment aussi des variations dans les mouvements des cirrlies et dans la succession de leurs inllexions. Ces dernières même ne sont plus lout-à-fait verticales sur l'axe de la roue; elles deviennent plus ou moins obliques, suivant la marche que l'animal veut suivrt:. \ous avons décrit dans les lignes précédentes les bulbilles qui, avec leurs cirrhes , composent le bourrelet des roues , lorsque celle.s-ci sont arrivées au plus haut degré de développement. On nous demandera comment les bulbilles et les cirrhes se développent. Nos observations sont encore incomplètes à cet égard. Nous avons vu que, dans les embryons où les roues commençaient à peine à fonctionner, ces dernières étaient composées de cellules absolument identiques avec les cellules embryonnaires qui se montrent dans toute la couche périphérique, et qu'il s'était développé , sur un des côtés de ces cellules, plusieurs appendices flagelliformes, qui se mouvaient à la manière des cils vibratiles. Peu à peu. ces appen- dices s'allongeaient, tandis que les cellules restaient à peu près les mêmes, ou se rapetissaient encore, de manière qu'un bulbillebien formé avait à peine la grandeur d'une cellule embryonnaire. Nous n'avons pu découvrir comment s'opère la première naissance des cirrhes, et les l'apports intimes de ces lanièi'cs si allong-'es avec leurs bulbilles nous sont également restés cachés. Lerjrrhe e-;! bien 3'iélie 7.i»n.. T VI ,'JiiilliM 'S'.O j l 50 VOGT. — SUR L'EMBRyOGlîINIE plus gros à la base que vers son extrémité, et il parait que sa sur- face externe se continue immédiatement avec celle du bulbille. Le mouvement rotatoire des embryons n'e.4 l'effet que des cirrhes des roues. 11 n'y a, au commencement, ((ue les roues qui possèdent des cils vibrants ; tout le reste du cori)s en est dépourvu. Les rotations sont continues pendant les premiers jours qui succè- dent à l'apparition des roues ; mais on aurait tort de croire qu'elles le sont toujours dans la même direction , et autour du même axe. Sur une douzaine d'embryons placés sous le champ du micros- cope, il n'y en a pas deux c|ui tournent exactement dans la même direction, et, en conlinuant l'observation pendant quelque temps, on s'aperçoit facilement que les embryons suspendent de temps en temps leur rotation pendant un instant , pour la continuer ensuite dans un autre sens. Petit à petit cette intluence de la vo- lonté, qui, à la vérité, est bien restreinte dans les premiers mo- ments de l'apparition des roues, s'accroît toujours davantage, et finit par prendre entièrement le dessus. L'embryon d'abord ne peut que changer la direction de sa rotation : mais on dirait qu'une force invincible le presse de la recommencer de suite, lors- qu'il s'arrête un instant. Peu à peu , ces arrêt? deviennent plus prolongés, les changements de direction plus fréquents, et, à la lin , l'embryon se promène à son gré dans la prison étroite de sa coquille, s'arrête à volonté, se meut dans telle direction qu'il veut; en un mot, il est complètement maître de ses mouvements. 11 n'est pas sans intérêt de remarquer que cet empire de la volonté sur les cirrhes se développe à mesure que les cirrhes eux- mêmes s'allongent. Lorsqu'ils sont encore, relativement aux cel- lules, dans les mêmes rapporis que les cils vibratilos proprement dits, et lorsqu'ils ont tout au plus la longueur du diamètre de la cellule dont ils dépendent, les cirrhes se meuvent involontaire- ment et continuellement, connue les cils vibratiles; ce n'est que lorsqu'ils ont dépassé cette limite de longueur qu'ils commencent à être soumis à la volonté. C'est ce caractère qui nous a engagé à les appeler cirrhes plutôt que cils, désirant réserver ce dernier nom au^- cils vibratiles involontaires, qui, comme nous le verrons, se trouvent aussi à la surface externe des embryons des Actéons. DliS .MOLI.LSQL'i:S GASTÉROPODES. J51 /') La coquille (m). La découverte d'une coquille chez les embryons des Nudibran- ches est de la plus haute importance pour la zoologie pliiloso- |)hique. Nous la devons à M. Sars , et elle l'ut bientôt éten- due à l;i. plupart des genres appartenant à cette famille des Gastéropodes. .]'ai jiu suivre le développement de ce tégument durci depuis le premier moment de son apparition ; mais je n'ai pas eu le bonheur de conserver mes larves en vie jusqu'à l'épo- que où elles doivent quitter la coquille , phase dont je n'ai pu saisir que les indices précurseurs. Tous les autres observateurs qui se sont occupés de l'étude des embryons des Nudibranches ont eu le même sort; les larves mouraient avant de quitter la co- quille, et ce ne sera peut-être qu'un lieureux hasard qui mettra sur la voie, pour faire trouver une méthode qui permette de con- server les larves en vie, et de suivre ainsi le complément du dé- veloppement embryonnaire (1). Les premières traces de la coquille [m] apparaissent quelques heures seulement plus fard que les otolithes, et avant que le sac de l'organe auditif soit formé. Peut-être même que la coquille et les otolithes paraissent en même temps, ce qui est d'autant plus vraisemblable que la coquille , lorsque je l'ai vue pour la pre- mière fois, avait déjà acquis une certaine grandeur. Elle ressem- blait alors (flg. 22) à un godet , qui enveloppait de très près le fond de la partie ventrale, de manière à faire corps a\ ec la couche périphérique. Sa transparence était telle, que l'on ne pouvait la voir sur l'embryon , qui tournait librement dans l'œuf; ce n'est qu'en le soumettant à des compressions réitérées et ménagées avec circonspection que l'on parvenait à détacher la coquille et à (I) MM. I.o\én et Nurdiiiann util obser\é des états intermédiaires entre ranimai aduUe et la larve encore enfermée dans sa eoquille. Les iiidividns qui ont servi à ces observations ont été recueillis en pleine mer sur des Fucus, sur lesquels les observa- teurs cités ont eu la patience de chercher, la loupe a la main , ces petits êtres a peine grands d'un dixième de millimètre. J'avoue que je n'a\ais pas songé à un pareil moyen de me procurer des larves de Nudibranches, et que nu'nie. maintenant que je le connais, je doute fort que je l'emploierai. 52 VOtiT. — SllU I,'KMIiRTOGliMK saisir ainiri ses contours. Elle emprisonnait alors à moitié la partie ventrale de l'embryon, et montrait une grande élasticité en cédant longtemps à l'efiet du compresseur avant de se rompre. Quelques heures après seulement, les contours de la coquille se montraient déjà jusque vers la partie céphialique, de sorte que tout le ventre était compris dans le godet de la coquille (fig. 23), et le lende- main (fig. 25), on voyait une partie avancée par-dessus la portion céphalique , de sorte que tout Tembryon pouvait se retirer dans sa cavité interne. Le développement ultérieur de la coc|uille porte surtout sur l'a- grandissement et l'allongement de sa bouche , ou de cette partie en forme de capuchon dans laquelle la tète de l'embryon peut se retirer. Arrivée au terme de son développement, la coquille de l'em- bryon des Actéons présente la forme d'une coquille nautiloïde , dont l'enroulement n'est pas très avancé , et qui montre en même temps une certaine tendance à ne pas s'enrouler dans le même plan. La coquille ne fait en tout qu'un tour de spire , de sorte qu'il n'y a ni columelle, ni tours embrassants. La partie postérieure est en forme de sac arrondi, un peu aplati latérale- ment; la partie antérieure est tronquée perpendiculairement. La bouche de la coquille (fig. 31, 34) présente une ogive très basse , mais assez large , formant presque un plein cintre , tandis que la base de l'ogise est presque horizontale. On re- marque pourtant que , sin- le côté droit de la coquille , l'ogive se continue insensiblement eu formant un arc convexe avec la base , tandis que , sur le côté gauche, ces deux lignes se rencon- trent en formant un angle, qui donnerait lieu à une élévation turriculée de la columelle, si la coquille faisait plusieurs tours de spire, ce qui indique aussi une certaine tendance à s'éloigner de l'enroulement nautiloïde , pour se rapprocher d'un enroulement héliciforme. La coquille des embryons n'est pas du tout calcaire, mais pa- raît plutôt une production cornée de la couche superficielle. Les acidesn'attaquent pas cette coquille, dont l'aspect, de même que la cassure, semble indiquer une production cornée. En compri- mant l'embryon plusieurs l'ois avec ménagemeni . on parvient i)i;s Mui.i.i syui.s (.Asiiiiioi'oDbs. 53 souvent à faire ûclaler la cocjuille, et à la séparer ainsi par frag- ments du corps, auquel elle n'adhère (\ue faiblement , vers les derniei's temps delà vie embryonnaire. Traités par l'acide acétique, ces fragments ne dégagent pointde bulles de gaz acide carbonique. La coquille peut être considérée, surtout pendant toute la durée de la vie intra-ovaire de l'embryon, comme un épi- derme qui s'est consolidé de manière à présenter une carapace complète. Elle ne se forme pas par adjonction successive de cou- ches nouvelles, comme la coquille d'un Gastéropode adulte; on n'y voit pas de stries d'accroissement : elle est en contact immé- diat et intime avec la couche dermique superficielle de l'embryon. On voit, en elTet, que toute la surface interne est tapissée par une couche mince et membi-aneuse, (|ui se détache insensiblement du corps de l'embryon i;ii formant un sac dont la paroi externe est a])pli(|uée contre la coquille. Ce n'est que dans la nuque, derrière les roues, près de l'endroit où devront se former les yeux , dans la larve presque adulte , qu2 cette couche membraneuse qui ta- pisse la coquille devient plus épaisse et se confond avec la masse du cor|)s. C'est aussi en cet endroit , à peu près au même niveau que la base de l'ogive (|ui forme la bouche de la coquille , que cette dernière est le plus fortement attachée. C'est encore sur cette ligne que l'accroissement de la coquille s'arrête le plus long- temps, pour se porter ensuite au-delà de la tète, où elle est libre de toute adhérence avec la peau, et où elle forme une chambre ouverte, dans laquelle peut se retirer la partie céphalique de l'animal. Cette parti(! avancée de la coquille, ce capuchon, qui n'est point tapissé par la peau à son intérieur, peut se comparer à la partie libre de toute autre partie épidermique, de l'ongle, par exemple, et nous sommes convaincu que l'accroissement de la coquille a lieu comme celui de l'ongle. La cof|uille pr('seiite donc, lorsque l'embiyjn est arrivé au moment de 1 éclosion, la disposition suivante : elle se compose de deux parties, l'une tapissée à l'intérieur par la peau , et présentant k forme d'un bonnet phrygien ; la seconde , qui est un capu- chon avancé, libre, servant de retraite à la partie céphaii(|ue, et pouvant se fermer par le relèvement du pied et de son opercule. 5ft \ntiT. — SUR i.'embryogémi; c) Le pied (i). Nous avons quitté le développement du pied au moment où cet organe commençait à se dessiner vis-à-vis des roues sous la forme d'une proéminence large, arrondie, dont le plan su[)érieurse con- tinuait avec le fond de l'espace circonscrit entre les deux roues, tandis que le plan inférieur de cette éminence était séparé, par un étranglement profond, de lapartie ventrale de l'embryon (fig. 20 et '21). A la base de cette éminence, entre elle et la partie cé- phalique, se trouvaient les otolithcs entourés de boules opaques, qui vont se changer en sachets auditifs, l'ne dinv-rencialion avait déjà commencé dans la masse même du pied. La couche péri- phéHque transparente était séparée de plusieurs agglomérations opaques qui se voyaient dans l'intérieur de cet organe , vers sa face inférieure. Le pied (?) grandit Irf's rapidement, surtout clans la direction longitudinale. Il se rétrécit vers sa base, avec lacpielle il adhère au corps, en s'allongeant considérablement, de sorte que bientôt on voit, au lieu d'une masse semi-circulaire, un organe plat, allongé, étiré au milieu, présentant un angle émoussé, et S(''paré nettement et distinctement du reste du corps. Les mouvements de cette plac|ue sont rapides, mais simples; ils se bornent à des abaissements et des relèvements. Les contours extérieurs du pied correspondent à ceux que présente l'ouverture de la coquille , de sorte ([n'en relevant le pied, l'embryon peut fermer presque h'er- méllquement la bouche de la coquille : aussi voit-on, à chaque ébranlement du porte- objet, les embryons relever brusquement leurs pieds en se retirant dans la coquille , et les abaisser de nou- veau, lorsqu'ils croient le danger passé. Pour sortir de même que pour s'abaisser , le pied glisse sur la base horizontale de l'ogive , comfllc Une planche que l'on fait glisser en l'avançant hors d'une fenêtre; et , lorsque l'embryon est parfaitement développé et qu'il sR dispose à nager à l'aide de ses roues, le pied occupe une posi- tioti horizontale ou s'applique même en arrière, sur la surface bombée de la partie postérieure de la coquille. Le pied n'a pas cette flexibilité que l'on remarque dans d'au- DES MOLI.liSQliES GASTÉROPODES. 55 très parties de l'embryon. Il ne peut se contracter dans tous les sens , comme les roues ; ses formes sont arrêtées par le dévelop- pement d'une lame cornée, transparente, rigide , qui recouvre toute sa face postérieure , et forme ainsi un ojirrcule (n) , très largement développé. Cet opercule a absolument la forme du pied : c'est donc une lame triangulaire, dont les deux côtés cour- bes se réunissent en avant en une pointe très énioussée. L'o- percule est extrêmement mince et transparent ; il échappe pres- que à l'observation , lorsqu'on regarde l'embryon, de manière à voir le pied en face, soit d'en haut, soit d'en bas (fig. 31) ; mais il se distingue très nettement lorsqu'on place l'embryon de profil (fig. 25). On le voitalorssous forme d'une ligne fortement accusée, qui s'avance au-delà du pied, comme la pointe d'une fine aiguille. En observant le pied de face avec attention , on |)eut souvent saisir une ligne légèrement accentuée, comme une oinbre à peine accusée , qui'entoure le pied , ce qui donne la certitude que l'oper- cule déborde le pied de tous les côtés. C'est à l'opercule que le pied doit sa rigidité; le tout se comporte comme un sachet con- tractile, qu'on aurait cloué sur une planche solide, capable de se mouvoir seulement dans un sens, suivant une seule ligne de di- rection. L'opercule a juste la dimension du capuchon de la coquille dans sa partie reculée, de sorte que l'animal, en fermant la co- quille entièrement, se retire encore d'une certaine quantité dans la chambre avancée de la coquille. Si le plan inférieur du pied est ainsi protégé par une plaque rigide , quoicpie mince et d'une nature cornée , comme la coquille, il n'en est pas de même de la face supérieure du pied. Nous avons déjà dit ([u'on remarquait ici, dès le commencement, une sépa- ration très marquée entre la couche périphérique et la masse cen- trale opaque ; cette différenciation augmente encore à mesure qu'un épithéliiim de cils vibratilesse développe à la surface supé- rieure du pied, et spécialement sur la ligne médiane de cette sur- face (fig. 25). Les cils vibratiles qui composent cette ligne médiane s'étendent sur toute la longueur du pied jusqu'en arrière, vers l'en- tonnoir de la bouche , d'où ils se continuent directement avec l'épi- thélium vibratilequi garnit toute l'étendue du canal intestinal. Ces 56 \0«T. — SI i; 1,'liMBinOUÉ.ME cils sont couits et indépendants de la volonté ; ils sont en mouve- ment continuel , et même quand l'animal est retiré dans sa co- quille, et que les roues sont complètement tranquilles, on aperçoit toujours le tourbillon causé par le mouvement de cette ligne de cils vibratiles. Je ne m'étenderai pas davantage sur la nature de ces cils et des éléments qui composent l'épithélium vibratile , le seul qui se voie sur toute la surface du corps de l'embryon. Le courant pro- duit par ces cils s'avance de dehors en dedans vers l'ouverture de la bouche, et nous avons souvent vu de petites particules entraî- nées de cette manière. Les cils vibratiles sont, comme nous verrons plus tard , les principaux organes de préhension que possède la larve ; les roues, soumises à l'influence de la volonté, sont plutôt des organes de locomotion , tandis que le couvant continuel pro- duit ])ar les cils vibratiles entraîne les Infusoires qui servent de nourriture h la larve. Les cils, dont nous venons de décrire la position , ne servent , au contraire , nullement à la locomotion ; la natation de l'embryon est en pleine activité avant qu'ils se soient développés à la surface du pied. C'est cette profonde différence dans la fonction ainsi que dans la structure qui nous a porté à dis- tinguer les cirrhes placés sur les roues et les cils vibratiles, qui, dans les embryons d'Actéons, ne sont développés qu'à la surface du pied, et là seulement sur la ligne médiane. La coLichc supcriirielle du pied, sur la(iuelle reposent ces cils, jouit d'une grande contractilité, et, connne le plan opposé du pied est fixé solidement sur l'opeicule, cette contractilité se trahit par des gontlemenls et des rétrécissements très considéi'ables. Les agglomérations opaques de l'intérieur du pied sont comme fixées sur l'opercule; mais il se forme entre elles et la couche membra- neuse supérieure un espace très considérable. c(ui paraît rempli seu- lement de tluide. Ces gonflements successifs du pied se voient sur- tout bien lorsqu'on examine l'embryon de protil. Le pied se montre alors très aplati , pointu en avant el aminci graduellement vers son extrémité (lig. 32) ; la couche su|)('rieure du pied repose im- médiatement sur les agglomérations o|iaques. Peu à peu, on \ oit ces deux parlics se séparer ("lig. 'ii') et laisseï' entre elles un DKS »IOI.I,LS(,>t KS (.ASriiliOPODKN. 57 espace (raiisparent qui occupe le milieu du pied (iig. 26, 25) ; à la lin le |jied est telleiin'iit goiillé, qu'il paraît comme tronqué en avant , et (|u"il reprend presque la l'orme arrondie et épaisse qu'il avait au début de sa formation (fig. 30). Le mécanisme de ces gonflements paraît être une espèce d'é- rection causée par l'injection du liquide qui remplit la cavité ventrale et qui baigne tous les organes intérieurs. L'opacité de la partie moyenne du corps m'a empêché de reconnaître de quelle manière la cavité du pied communique avec la cavité ventrale de l'embryon, si toutefois une pareille communication existe; mais le fait du gonflement par injection de liquide ne souffre aucun doute pour celui qui a vu comment, petit à petit, cet espace trans- parent du pied s'agrandit, et comment, par une seule contraction énergique de la couche supérieure, celle-ci s'afTaisse sur la base du pied, en faisant disparaître l'espace transjiarent. Je ne jioarrais pas dire (|uc ces gontlements du pied fussent dans des rapports évidents avec les contractions et expansions assez considérables dont les intestins sont le siège; il m'a semblé (jneltiuelois (pie le gonflement du pied correspondait à une expansion de l'intestin; mais d'autres fois aussi, ces deux phénomènes m'ont paru par- faitement indépendants l'un de l'autre. Des observations ultérieures démontreront peut-être une certaine analogie entre ces contrac- lionsot érections alternatives du pied, avec le mode de circulation dans les embryons de Limace, et les contractions alternantes des vésicules placées aux extrémités du corps de ces embryons. Le développement de la structure intime du pied confirme ainsi d'une manière très nette ce principe de la difléi'enciation succes- sive , qui semble présider à toutes les formations embryogéni- (|ues, à toutes les phases de développement de l'animal en voie de formation. Le pied, d'abord, n'est formé que de deux couches parfaitement distinctes , mais soudées enseml)le : de la couche périphérique, ayant une épaisseur assez notable, et de la masse centrale , qui , d'abord homogène , s'est déjà divisée en plu- sieurs agglomérations, [.es agglomérations, (jui d'abord étaient seulemenl au n(juil)ri' de deux pair(3S dans le pied prnpi-(>nient dit (puisque dans la troisième paire , (|ue nous avons menliomiée , se 58 vociT. — SLR l'embryogénie développent les otolithes), ces agglomérations augmentent petit à petit en nombre, probablement en se scindant successivement les unes après les autres. On volt, en avant de l'oreille, trois (fig. 29) ou même quatre paires de ces agglomérations (fig. 31), qui sont rangées le long des bords du pied , de manière à se cor- respondre. Ces agglomérations, du reste, ne changent pas d'as- pect pendant toute la durée de l'état embryonnaire, et nous dirons d'avance que leurs phases pendant la vie à l'état de larve nous sont restées en grande partie inexplicables. Quoi qu'il en soit, cette augmentation des agglomérations suffit pour démontrer qu'il y a aussi différenciation dans la masse centrale du pied. C'est ce que la couche périphérique démontre encore plus net- tement. Elle consiste d'abord en une seule couche parfaitement ho- mogène , composée de cellules telles que nous les avons décrites. Cette couche se scinde, sur toute la circonférence, en deux couches trèsdistinctes, dont il est facile de saisir les contours. La plus supèf- ficielle, la couche épidermique, se transforme à la face inférieure du pied en im opercule corné, h la face supérieure en un épithéliuni vibratile. Au-dessous de cette couche épidermique se trouve utie seconde couche , formée d'abord de cellules dont on distingue facilement les noyaux, comme de petites vésicules arrondies, très transparentes et nettement bordi'espar une ligne très accusée. Les noyaux persistent pendant loiit le temps que l'embryon passe dans l'œuf ; ils sont cachés dans une couche que l'on voit surtout dans les états de gonliements moyens (fig. 20 ). mais qui se confond presque avec les agglomérations opaques, lorsque le pied est affaissé. Le gonflement, arrivé à son maximum, n'est pas non plus favorable à l'examen de cette couche . puisqu'alors elle est telle- ment étirée, que l'on a de la peine à voir le contour qui la borde. Cette couche interne ou dermique et la couche épidermique ont ensemble h peine l'épaisseur de la couche périphériijue primitive; preuve évidente qu'en se développant, celle-ci s'est scindée en deux parties qui sont devenues deux couches dorénavant distinctes l'une de l'autre. DES MOLLUSQUKS HASTÉROPODES. 5^ (/) La peau et le manleau. Nous avons déjà, dans tin paragraphe précédent , fait ob.a cavité , ainsi formée , occupe toute l'étendue de la partie 60 voer. — slu l'eiibuyogé.me ventrulejiisqu'aubourreletdu manteau (o), par lequeU'embryon est fixé à la coquille. Elle est remplie par un liquide incolore , trans- parent, dans lequel on voit flotter les intestins, qui peuvent ainsi occuper des positions diverses , se développer et se contracter à leur gré. On reconnaît surtout l'existence de cette cavité dans la partie dorsale de l'embryon, lorscju'on l'examine de profil (fig. 25, 30, 32). On voit alors le bourrelet du manteau se prolonger obli- quement en arrière , depuis la base de l'ouverture de la coquille, et s'appliquer partout contre la paroi interne de celte dernière ; au-dessous de ce bourrelet on aperçoit la cavité qui suit le contour de la coquille. Quelquefois les intestins sont tellement contractés, qu'ils ne touchent nulle part à la périphérie (lig. 30); mais le plus souvent le foie et la partie ventrale de l'estomac occupent la par- lie enroulée de la coquille, de manière à la remplir entièrement; dans ce cas, c'est seulement entre la partie dorsale des intestins et la coquille (|ue se trouve la cavité ( fig. 2ô, 26, 30 ) , tandis ((ue lorsque l'embryon est retiré dans sa coquille et que les intestins sont fortement distendus, on en remarque à peine quelques traces (lig. 29) (1). J.c bourrelet du manteau (o) se remarque surloutbien lorsqu'on (!) CeUe fortnatjuii précoce ifune cavilé générale remplie de liquide ne doit pas nous surprendre , depuis que nous savons qu'elle joue un rôle si important dans le système circulatoire des Mollusques adultes. Ici , dans les embryons, où tout l'appareil mécanique de la circulation manque encore entièrement, les \aisseaui sont remplacés par de grandes lacunes qui s'étendent entre les viscères et la peau , et dans lesquelles les ondulations du fluide nourricier dépendent des contractions variées des parties en- ^ironnantes, La circul.-ition est ilonc uniquement lacunaire dans les etnbryons encore privés de cœur, et il est plus que probable qu'il y a une certaine opposition entre la cavilé ventrale d'un côté et celle du pied de l'autre, et que le fluide nourricier est chassé de l'une de ces cavités dans l'autre par des contractions irrégulièrement alter- nantes, t^eci nous conduit a envisager autrement que l'ont fait nos prédécesseurs l'usage des organes natatoires, que l'on a désignés comme organes transitoires de res- piratn>n. Si le caractère essetiliel d'un organe respiratoire est de mettre en rapport , à travers une membrane, le fluirle nourricier et l'élément ambiant , il est évident qu'on doit refuser aux roues la fonction respiratrice . qui paraît plulfjl dévolue à la face su- périeure du pied , où le liquide ciuilenu dans la cavité est enfermé simplement dans un sac membraneux . autour duquel est proiluit un courant continuel par l'agitation des cils vibratiles qui en recouvrent la surface (^elte hypothèse expliquerait à la fois les gonflements alteriiniif.> ilu pied , et la conununication de sa cavité avec le réservoir gé- néral , autour duquel hi coquille empêche toute fonction respiratrice. DES MOr.MSOl ES (ÎASTÉROrODES. 61 place l'enibryon de manière à rexaminer par sa fa'"e dorsale (fig. 28). Oii voit alors une accumnlalion épaisse de substance se dessiner sur la nuque, sous la forme d'un bourrelet légèrement courbé. Ce bourrelet est étroitement appliqué contre la coquille; il présente de petites rentrées sur ses bords et des plis peu profonds, dont l'aspect rappelle un peu celui d'un gros intestin. Vu de profil, le bourrelet s'étend presque en ligne horizontale, en arrière, de- puis la base de l'ogive que forme la bouche de la coquille. Il résulte par conséquent de là que le bourrelet est partout en con- tact avec la face interne de la co([uille , à laquelle il adhère de toutes parts, et que cet organe ne doit être, en réalité, qu'un diaphragme assez épais, contractile, servant à fermer l'ouverture de la coquille , en séparant la chambre antérieure du capuchon . qui abrite la tête, de la chambre postérieure, dans la([uelle sont logés les intestins. Cette manière de voir est encore confirmée par l'observation dos mouvements que fait l'embryon en se cachant ou en sortant de la coquille. Le diaphragme s'abaisse avec lui lorsqu'il rentre dans la coquille, de sorte qu'on l'aperçoit en avant des roues comme une espèce de capuchon, et que la partie postérieure des roues, la base du pied, les oreilles, sont cachées derrière le bourrelet, par lequel le diaphragme est attaché à la coquille. Ces mêmes organes se voient, au contraire, en avant du bourrelet , lorsque l'embrvon sort sa tête hors de la coquille. Il en résulte par conséquent que les rapports de ce diaphragme et de son bourrelet sont absolument les mêmes que ceux que l'on observe dans le manteau des Hélices et Lymnées ordinaires. Ici aussi le manteau est attaché à la co- ((uille par un bord épaissi, et se réfléchissant sur le corps, il forme un repli qui sert de capuchon , lorsque l'animal se retire dans la coquille. En observant les mouvements de l'embryon , il est facile de constater que le bourrelet dont nous parlons est réellement le bord réfléchi et épaissi de cette couche membraneuse qui tapisse l'intérieur de la coquille, et que c'est surtout parce rebord que la coquille est attachée à l'embrvon. Mais , outre ce bourrelet des- tiné à fixer le corps en euliei-. (jii lroii\f encore, dans la paitie 6g VOGT. — SUR l'embryogénie postérieure du corps, là où la cavité générale atteintson maximum de développement, des brides contratiles (v) en forme de fils, qui retiennent les intestins dans leur position, et qui, sans doute, peu- vent servir à retirer les intestins étales approcher de la coquille, lorsque l'embryon veut se retirer. Ces brides sont ordinairement au nombre de trois, toutes placées dans la partie postérieure de l'embryon. Elles vont direclement de la coquille vers la partie du corps qui se trouve vis-à-vis du point de leur insertion ; mais elles paraissent changer de place, suivani la position qu'occupent les intestins, dont la mobilité est l'orl grande. Ces brides (lig. 25) se présentent sous l'orme de bandes étroites très pâles , qui , par un épatement cuniciue, tiennent à la l'ace interne de la peau, et pré- sentent quelquefois , dans leur longueur, un ou deux renllements fusiformes et aplatis, dont je ne saurais indiquer la fonction. On observe surtout ces renflements, lorsqu'on jjlace l'embryon de manière à le voir par le dos(rig. 28), tandis que, vu de |)rolil, on aperçoit les brides seulement, sous foiine de llls minces d'é- gale épaisseur. On peut conclure de là que les brides sont des bandeaux aplatis et épatés en certains endroits, qui tiennent , par une base élargie , à la face interne de la peau , et vont se fixer à la masse intestinale. J'ai cherché à me rendre compte de la structure intime de la peau, dont je viens de décrire l'arrangement et les rapports avec la coquille et le corps. Connaissant la structure si compliquée de la peau des Actéons adultes avec ses nombreux dépôts de pig- ment et de glandes de dilférentes formes , etc. , je m'attendais à trouver quelque chose d'analogue dans les embryons. A cet égard, je dois l'avouer, mes prévisions ont été complètement trompées; je n'ai jamais pu voir dans la peau qu'une substance homogène , assez ferme et élastique, dans laquelle étaient répandus quelques rares petits corps globuleux, qui rappelaient les noyaux des an- ciennes cellules embryonnaires dont la couche périphérique était composée. J'ai fait remarquer plus haut que la coquille paraît aussi sans structure appréciable, qu'elle saute en éclats par la com- pression, mais qu'il est impossible d'y découvrir des éléments ulté- rieurs de composition. 11 en est de même de la couche qui tapisse la DES MOLLUSQUES GASTÉROPODES. GS coquille; je n'ai pu réussir à y découvrir autre chose que ce que j'ai indiqué. Je dois donc croire que les cellules de la couche pé- riphérique, tout en se scindant pour former d'un côté la peau, d'un autre côté la coquille, ont dû se fondre ensemble pour pro- duire un tissu homogène, qui, à la périphérie, s'est durci en co- quille, tandis qu'à l'intérieur il est l'esté gélatineux et contractile. e) Les intestins. Les organes de digestion et d'assimilation sont les derniers qui se dessinent nettement et distinctement dans les embryons des Actéons. L'extrême contractilité de ces organes , leur disposition entortillée, les changements qu'ils subissent pendant la vie em- bryonnaire, sont autant de difficultés que l'on ne peut vaincre que par des observations répétées et par des dessins multipliés, qui, en représentant les organes dans leurs difl'érentes positions, en font reconnaître à la fin la véritable structiu'e. Je puis dire qu'aucun point de l'organisation des embryons ne m'a coûté autant de temps et autant de travail ; ce n'est qu'après avoir eu recours à des essais plastiques , par lesquels je cherchais à reproduire ce que je voyais, que j'ai pu comprendre ce que j'avais sous les yeux. Cette étude était d'autant plus diflicile que l'anatomie des Actéons adultes ne pouvait fournir aucun éclaircissement sur ce point , tant sont grandes les différences qui distinguent ces deux phases de la vie. Nous avons suivi la masse qui se trouve accumalée au centre de la partie ventrale de l'embryon jusqu'au moment où elle se scinde en deux agglomérations principales, (jui occupent les deux côtés. Ces agglomérations paraissent d'abord d'égale gran- deur (fig. 20 et 21), mais bientôt on s'aperçoit que celle du côté droit l'emporte considérablement sur celle du côté gauche, qui est beaucoup plus petite et qui s'arrondit bien mieux que celle du côté opposé. Nous traiterons successivement de ces deux agglo- mérations, et, empiétant ici sur les résultats d'une observation ultérieure , nous dirons que l'agglomération du côté gauche est le foie , tandis que celle du côté droit se transforme en inleslin. Le foie (/)) se dessine de bonne heure sous la forme d'un globe presque parfait, arrondi de tous côtés, qui remplit la dernière extré- 6/i vwtiT. — SUR i.'embryogé.mk mité de la coquille et touche en avant à la basf du pied. Dans quel- que sens que l'on tourne l'embryon, on voit presque toujours le foie sous la forme d'un corps rond, à peu près circulaire, sur lequel on remarque seulement une petite dépression du côté gauche et en dedans, au point où il s'applique contre l'estomac. C.ette excava- tion donne au foie la forme d'une soucoupe très légèrement évasée et très épaisse, ou d'une balle aplatie, forme qu'il garde pendant toute la vie embryonnaire et même dans l'état de larve. Ce qu'il y a de plus curieux à suivre, c'est le développement du tissu dont est composé le foie, et la formation de la cavité interne qui sin-vient pendant la vie larvaire. Le foie est d'abord opaque et composé d'une accumulation de ces cellules à contenu granulé, que nous avons décrites plus haut, et qui forment la masse centrale de l'embryon. Mais, immédiate- ment après s'être constitué en organe indépendant, un travail considérable s'établit dans cet organe , qui devient de plus en plus transparent. De petits grossissements font alors déjà recon- naître le foie par le contraste de sa transparence relativement aux accumulations opaques , ((ui se voient encore surtout dans la partie moyenne de l'embryon. Examiné sous de forts grossis- sements, le foie se montre alors composé d'une certaine quan- tité de cellules indépendantes et d'une grandeur colossale com- parativement aux éléments distincts qui se trouvent dans les autres organes. On voit ces cellules entassées les unes sur les autres avec une certaine régulai'ité ; elles sont tellement grandes que sept ou huit occupent toute la circonférence du foie ; dans quelque posi- tion que l'on tourne l'embryon , l'on ne voit que ces six à huit cellules qui en entourent une autre occupant le centre (fig. 25,26, 29, 31). Il est évident cependant que l'organe n'est pas composé seulement d'une dizaine de cellules occupant la périphérie et en- . tourant une cellule centrale; ou voit, au contraire, les contours des cellules placées dans l'épaisseur du foie .se dessiner comme des lignes légèrement ombrées au travers des cellules périphéri- ques. Cette fausse apparence d'une cellule centrale entourée d'une certaine quantité de cellules |)éripliériques résulte uniquement de leur ari-angemcni régulier. DES MOr.l.lSQLES GASTÉItOPODES. 65 Les grandes cellules ne sont pas les seuls éléments qui consti- tuent ie foie à cette é])oque. On voit, dispersées entre elles en assez grande quantité , de petites gouttelettes d'huile qui agrandissent petit à petit, et se laissent facilement reconnaître à leurs pro- priétés physiques. En croissant , ces gouttes d'huile ou de graisse liquide deviennent plus semblables aux cellules , mais elles sont toujours bien plus petites que ces dernières , et leurs contours beaucoup plus nettement accusés. Ce qu'il importe de constater, c'est que ces gouttes de graisse liquide ne se trouvent pas dans l'intérieur des cellules, mais sont librement dispersées dans les interstices. La structure du foie ne change pas notablement pendant la vie embryonnaire. Les grandes cellules transparentes qui le compo- sent augmentent m nombre tout en diminuant de volume. J'a- voue que je n'ai pu saisir le mode de développement dont ce changement est- le résultat ; ce que je puis dire , c'est que je n'ai jamais vu de jeunes cellules emboîtées dans les anciennes d'où je conclus que ce mode de génération n'existe pas dans les cellules qui composent ie foie. Je penche à croire que les cel- lules se soudent, ([u'il s'en forme de nouvelles qui sont plus pe- tites, mais je ne saurais l'affirmer positivement, tandis que la négation d'une génération endogène des' cellules par emboîte- ment me paraît hors de doute pour le foie. Celui-ci reste solide pendant toute la vie embryonnaire , et l'on n'y remarque aucune trace d'une cavité, qui se forme plus tard, lorsque l'embryon a quitté la coque de l'œuf pour vivre à l'état de larve. L'observation du développement dcVinlestin (s) offre des diffi- cultés toutes particulières, d'une part à cause de la grande épaisseur du corps qui empêche de suivre l'œsophage, et de l'autre à cause des circonvolutions de l'intestin qui embrouillent l'observateur. La première phase du développement de l'intestin est une ac- cumulation de substance opaque, mal définie dans ses contours, occupant surtout le côté droit de l'embryon, et qui ne montre au- cune trace de ca\ité interne. Ce sont quekiucs agglomérations formées par les cellules granulées de la masse centrale, (jui con- tinent en avant avec les accumulations entassées dans la partie 3' série. ZooL T. VI. (Août 1840.) o 66 \OGT. — SDR l'uMBRYOGÉNIE antérieure du corps et autour de la bouche (fig. 23). Ces agglo- mérations sont d'abord tout-à-1'ait solides , sans cavité inté- rieure ; celle-ci ne se forme qu'à mesure que les contoui-s exté- rieurs de ces masses se dessinent mieux. Quelque temps après cette séparation de la masse centrale , on voit , derrière le foie et sur son côté droit , un organe en forme de poire (r), dont les parois paraissent d'abord assez opaques, mais s'éclaircissent bientôt et finissent par montrer un organe creux semblable à une cornue ou à une bouteille, dont le fond est tourné vers le foie , tandis que le goulot avance dans l'espace vide qui se trouve sur la partie dorsale de l'embryon. L'organe en bouteille est l'estomac; le goulot qui en part se développe en intestin. Nous suivrons chacune de ces parties dans son développement particulier. L'estoinc^c (r) , aussitôt qu'il se montre comme organe dis- tinct, est pyriforme. La partie renflée et arrondie est tournée vers la portion enroulée de la coquille, et s'avance dans l'enfon- cement que présente le foie sur sa face droite, de manière qu'en voyant l'embryon de face ( fig. 31 ) ou de profil du côté gauche (fig. 25, 26, 29, 30, 33), on ne peut découvrir la partie élargie de l'estomac qu'à travers le foiç transparent, tandis que l'embryon, couché sur le côte gauche et présentant la face droite, laisse très bien voir les contours de cet organe. Les parois de ce- lui-ci sont d'abord assez épaisses et opaques, de manière qu'il est bien difficile de se rendre compte de l'étendue de sa cavité inté- rieure (fig. 25) ; mais petit à petit ces parois deviennent plus transparentes, moins épaisses, la cavité intérieure s'étend da- vantage, et l'on voit alors que cette cavité correspond exacte- ment dans ses contours à la forme de l'eslomac lui-même. y estomac se continue en arrière dans un intestin (s), dont les parois présentent les modifications mêmes que nous venons de dé- crire. C'est d'abord un cylindre solide , qu'il estdiflicile de bien analyser à cause de son opacité , mais qui devient creux comme l'estomac et finit par se transformer en un tube à parois trans- parentes assez épaisses , dont la cavité est la continuation directe de la cavité stomacale. Le trajet de ce tube intestinal change un DES MOLLOSOLES GASTÉROPODES. 67 peu pendant la durée du développement. Le tube est d'abord très OQurt; puis, après avoir i'ormé le goulot de la bouteille stomacale, il se replie sur lui-même pour monter obliquement en avant et en haut, où il se perd dans la masse épaisse qui forme le bourrelet du manteau. Dans ce moment , le canal intestinal avec l'estomac, re- présente (fig. 25) assez exactement la forme d'une cornue recour- bée, dont la base touche le foie , tandis que le col est fixé à la partie moyenne du corps. (]ette position est celle qu'occupe l'intestin , lorsque les viscères sont en expansion et que la tête est sortie de la coquille; mais, au moment où l'embryon se retire, l'intestin glisse en arrière dans le fond de la coquille, se redresse, s'applique le long de la courbe dorsale de la coquille , et remplit l'espace trans- parent qui, d'abord, avait été abandonné par lui. On comprendra très bien le mécanisme de ces mouvements , en comparant entre elles les ligures 25, 2G et 31, dans lesquelles l'intestin occupe les différentes positions correspondant à l'expansion , au retrait et à la rentrée complète. L'intestin gagne en longueur h mesure que l'embryon se déve- loppe ; la simple flexion en cornue se transforme , petit à petit , en deux véritables replis en zigzag, par lesquels l'intestin se porte vers l'anus. Après s'être dirigé pendant quelque temps en haut, suivant la courbe de la coquille, l'intestin se replie alors tout d'un coup , en revenant sur son trajet , et en se recourbant ensuite de nouveau pour monter vers l'ouverture anale. Toute cette partie recouibée de l'intestin s'applique si exactement contre l'autre et contre l'estomac , que très souvent l'une couvre l'aulre, de sorte qu'en voyant l'embryon de profil , on pourrait croire que l'estomac se termine ))ar une anse ou un cul-de-sac (fig. 29, 30 ). C'est en observant l'embryon dans des positions un yieu obliques ou de face que l'on peut reconnaître la véritable dis])Osition des parties. Je n'ai pu voir l'anus ((/) que vers la lin de la vie embryonnaire ; je suis persuadé qu'il se forme peu de temps avant l'éclosion ; et je crois pouvoir atïirmer en toute sûreté qu'il se montre , en tout cas, plus tard que l'intestin. Connaissant la position de l'anus, par mes recherches sur des larves plus âgées, je l'ai cherché dans des embryons très jeunes dont l'intestin avait encore toute son opa- 68 VOGT. — SUR i.'kmiîryogénie cité, mais inutilement; et ce n'est que vers l'époque de i'éclo- sion que je l'ai vu sur le côté droit, derrière l'oreille, de telle sorte qu'une ligne qui continuerait le plan de l'opercule, en ar- rière, passerait par le milieu de cet orifice, qui se trouverait situé sur le bourrelet du manteau, par lequel l'embryon est retenu dans la coquille (fig. 31). L'orifice anal, une fois qu'il existe, n'est pas difficile à trouver; l'embryon le tient souvent ouvert et béant. 11 est alors creupé en entonnoir; ses bords noirs et bien accusés, la transparence de son fond, à travers lequel on voit, surtout dans certaines positions, la cavité générale de l'abdomen, font remarquer de suite son orifice, que rnn chercherait en vain lorsqu'il est contracté. La partie postérieure de l'intestin , lorsque l'embryon est près d'éclore , se compose donc d'un estomac se terminant en un intes- tin recourbé , lequel s'ouvre dans un anus situé sur le côté droit du corps , dans le bourrelet réfléchi du manteau , par lequel la coquille est fixée au corps. La partie antérieure de l'intestin, l'œsophage (x) et la bouche (<\ sont plus difficiles à étudier, surtout à cause de l'opacité des par- lies du corps que l'œsophage doit traverser. Le bourrelet du man- teau , avec les accumulations de substance animale qui s'y ratta- chent, dérobe le plus souvent l'œsophage à la vue. On l'aper- çoit pourtant quelquefois, dans certaines positions ((ig. 30), sous la forme d'un tube droit, en entonnoir, qui . depuis la bouche , descend directement dans l'axe longitudinal de l'embryon pour s'ouvrir dans l'estomac. Cette ouverture ne se trouve point dans le fond de l'estomac, vis-à-vis de l'ouverture intestinale; elle est au contraire assez rapprochée de cette dernière , sur la face anté- rieure de l'estomac, juste au milieu de sa longueur. La plus grande partie de l'estomac est donc un véritable cul- de-sac qui s'avance vers le foie, et dans lequel les aliments sont soumis à la digestion. La bouche de l'embryon (.r) est cachée profondément entre les deux branches recourbées des organes rotaloires, à l'extrémité postérieure du courant vibratilc qui longe la ligne médiane du pied. Elle occupe exactement la place qui était occupée, dans DF.S AIOl.I.rSQl F.S OASTÉKOrODIiS. 09 le principe, par la funto mamcioniiaire. Je dois a\oucr qu'il me reste des incertitudes sur les transformations que subit cette fente, pour devenir à la fin une véritable bouche presque cir- culaire et en entonnoir. Nous avons vu que cette fente était le résultat d'un plissement, d'une compression exercée sur la masse centrale par la masse périphérique qui l'entoure, et il nous a paru qu'elle occupait en haut, entre les organes rotatoires, une place vide, mais qui avait été envahie par les cellules périphé- riques. Celte place n'aurait-elle pas été couverte par la couche cel- lulaire périphérique , de sorte que la bouche aurait existé en premier lieu sous la forme d'une fente mamelonnaire? ou bien cette place s'est-ellc couverte d'abord , et la bouche s' est-elle percée ensuite , lorsque l'intestin était en voie de formation? 11 me serait dilTicilc d'apporter des preuves tirées de l'observation directe en faveur de l'une ou de l'autre de ces opinions ; je crois pourtant que la dernière est plus exacte , et voici pourquoi. En observant attentivement l'embryon lorsqu'il est à peine formé (fig. 21 , 24), on voit très bien que l'aspect triangulaire ou rhomboïdal que pré- sente la fente mamelonnaire vue d'en haut ne résulte que de l'ar- rangement des agglomérations intérieures, qui sont séparées sur la ligne médiane. Vue de profil ou par le dos, cette fente produit simplement l'effet d'un espace plus clair, d'où se seraient reti- rées les agglomérations internes , et les contours de la fente , de quelque manière qu'on les regarde, présentent toujours quel- que chose d'indécis, de lavé , exactement comme si on les voyait à travers une certaine épaisseur de substance superposée. La couche superficielle paraît donc étendue par-dessus la fente. Aussi voit-on, en plaçant l'embryon de profil, la couche périphé- rique se montrer, sans aucune solution de continuité , à l'endroit où devrait s'ouvrir la fonte en dehors (fig. 22) ; elle passe outre en s'infléchissant sculemi'iit un peu, mais sans présenter une forte dépression. J'ai étéencore confirmé dans ma manière de voir par l'étude des cnihrxons d'une petite espèce de Doris , qui présente beaucoup d'analogie avec le développement des Actéons, quoique avec cer- taines modifications, ((ui feront peut-être le sujet d'un second 70 VOtiT. SLlll L'KMliUYOOÉ.ME Mémoire. La tente mamelonnaire , dans ces embryons de Doris, est très peu prononcée , et je ne l'aurais pas reconnue si je n'avais été prévenu préalablement par l'observation de l'Actéon ; la bouche, au contraire , est bien plus marquée dans les embryons de Doris , et ne se montre qu'au moment où l'intestin se dessine aussi dans tous ses détails. Ces observations me paraissent décisives; je crois donc pouvoir établir que la bouche se forme entre les roues à peu près à la même époque où les cavités de l'intestin se for- ment par écartement des cellules qui le constituent. Le développement des tissus dont l'intestin est formé est ttès analogue à celui que nous avons observé dans les autres parties embryonnaires. Aussi longtemps qu'il constitue des masses so- lides, opaques, l'intestin est aussi formé de cellules d'une seule espèce , grenues, et ressemblant en tout à celles des autres masses centrales. Mais, à, mesure que les cavités internes se forment, les tissus changent d'aspect; ils deviennent transparents, et se scindent en deux couches parfaitement distinctes, un épithéliilm vibratile interne et une couche épaisse externe , qui , sans doute, représente à la fois les membranes muqueuse et musculaire. L'épithélium vibratile qui couvre toutes les surfaces de l'in- testin, depuis la bouche jusqu'à l'anus, est un de ceux qui sont continuellement en activité, et non soumis à la volonté de l'ani- mal. C'est un magnifique spectacle que de voir les petites parti- cules et plus tard les aliments tournoyer dans l'estomac ^ sous l'influence d'un mouvement continuel de petits cils fins, qui pro- duisent l'effet d'un courant coulant constamment dans la même direction. Ce courant va dans l'œsophage de dehors en dedans, de la bouche à l'estomac : arrivés dans l'estomac , les aliments tournent dans un cercle, par l'effet du courant, longeant d'abord la paroi supérieure, du rùté du foici puis en revenant vers le pylore et le cardia par la face inférieure. L'intestin présente -, par la direc- tion du courant vibratile dans son canal , une chance d'erreur très grave pour l'observateur. Le courant va à l'inverse de la marche des aliinents, de dehors en dedans, de l'anbs vers l'es- tomac , de sorte qu'en voyant ce courant et en n'observant pas attentivement l'anus et la disposition de l'œsophage, on court le DES MOLLUSQUES GASTIÎnoi'OnEy. 71 risque de prendre l'intestin pour l'œsophage. Cette méprise a été, en effet, commise par M. Allman dans son Mémoire cité plus haut, et moi-même j'y étais tombé pendant un certain temps, jusqu'à ce que la marche des aliments dans l'intestin des larves écloses, et la vue de l'œsophage, m'apprirent à connaître la véri- table disposition de l'intestin. Les parois intestinales ne montrent plus d'éléments distincts une fois ([ue la couche vibratile est parfaitement développée. On n'y voit qu'une substance transparente, parsemée de petits grains transparents , qui paraissent être les noyaux des cellules fondues ensemble , et que je n'ai plus réussi à désagréger. Ces grains ou noyaux deviennent de plus en plus rares pendant la vie embryon- naire. L'embryon qui approche de l'éclosion possède donc une bouche circulaire en entonnoir, un œsophage court , donnant dans un estomac spacieux , et un intestin replié, conduisant vers l'anus, situé à droite. Toute la surface interne est tapissée de cils vibrati- les, qui, dans l'intestin, déterniinentun courant opposé à la marche progressive des aliments. L'intestin n'a aucun appendice , aucun diverticule ; le foie , étant un corps solide , ne communique pas avec sa cavité. f] Les organes des sens. _\ous avons indiqué, dans les pages précédentes, l'apparition de l'otolithe au milieu d'une agglomération opaque et homogène, qui s'était formée de chaque côté dans la base du pied. L'otolithe (/,) grandit d'abord considérablement , rhais en conservant toujours les mêmes contours nets et accusés, la même fortne globulaire et la même transparence de son centre qui permet de le distinguer même avec des grossissements très faibles. L'aggloillératioh qui l'entoure s'éclaircit petit à petit , et fuiit par formel' une vésicule parfaitement sphérique, transparente; dans laquelle l'otolithe commence à osciller. On l-emarque en même temps, au centre de l'otolithe, iin)îoiiil clair, d'une teinte faiblement jaunâtre, comme si le centie de cette sphère calcaire était liquéfié. 1,'otolillii', avec son point jaunâtre au cehtre et la vésicule tt-ans- 72 VO«T. — SUU L'ii.MliKYOGli.MIÎ parente qui Tentoure, conserve la même forme et les mêmes proportions pendant toute la vie de l'embryon et de la larve , tout en s'agrandissant à mesure que l'embryon se développe. Il m'a paru seulement que, vers la fin de la période larvaire , la vésicule grandissait plus rapidement que l'otolithe, de sorte que l'espace entre ces deux parties devenait toujours plus considérable. J.'organe auditif (je le nomme ainsi d'après M. de Siebold et tous les autres observateurs modernes , sans prétendre me porter garant de cette détermination), l'organe auditif montre toujours une forme parfaitement sphi'rique , parfaitement isolée. Dans quelque position que l'on regarde l'embryon . on n'y découvre ja- mais ni tige, ni nerf, ni (|uoi que ce soit qui iniisse indiquer une liai- son avec un autre organe, le système nerveux l'cntral, par exemple, dont on n'aperçoit pas non plus de trace. J'ai souvent dirigé mes investigations sur ce jjoint, parce que j'espérais pouvoir saisir le système nerveux , en suivant le nerf auditif , si toutefois ce nerf existait ; mais jamais je n'ai pu apercevoir la moindre trace d'un nerf qui allât se coller quelque part sur la vésicule auditive. Quant aux yeux , tous les embryons en étaient constamment dépourvus, et je crois pouvoir affirmer que réellement ils n'existent pas. J'ai pu suivre leur développement sur des embryons de Tro- l'hiis ))i'rilni(lciis; j'étais donc parfailement renseigné sur la posi- tion (|u'ils occupent dans les embryons des Gastéropodes et sin' la manière dont ils se présentent chez ces embryons. ■>. La larve. L'embryon parxeuu au degré de développement que nous ve- nons tic signaler est déjà presque trop grand pour le petit es- pace qui lui reste encore dans l'œuf. Ses mouvements sont gê- nés dans tous les sens ; il ne peut étendre ses cirrhes sans toucher partout à la coque. Des efl'orts nuiltipliés font enfin rompre cette dernière , et l'embryon , délivré de sa prison , s'élance pour nager librement dans l'eau et pour se nourrir au sein de cet élément. Nous appelons cet état l'état de larve de l'Acléon. Nous n'avons malheureusement pas pu suivre toutes les transformations qui doivent nécessairement survenir pendant la vie de larve que mène DliS lIOl.l.lSQLliS GASTliuOl'OUES. 73 Je jeune Aetéon , car malgré tous les soins (]ue nous avons pris, nos embryons sont morts avant de s'être détachés do leur coquille. 11 parait que c'est là un des moments critiques dans la vie de ces embryons ; car tous les observateurs qui nous ont précédé ont eu à déplorer les mêmes pertes. Il nous reste maintenant à indi- quer d'une manière succincte les transformations successives que nous avons observées dans les dilTérents organes pendant la vie de larve. Les roues [h) restent à peu i)rès dans le même état que nous leur avons connu dans les embryons. Le bourrelet qui porte les cirrlics se détache davantage encore de la l'ace antérieure de la tète, et la membrane (|ui s'étend entre lui et la surface du front devient plus large , ce (jui donne plus d'ampleiu' à la roue lorsciu'uHe est étendue. Le pied()') reste aussi à peu près dans les mêmes conditions. Le nombre des accumulations opaques qui s'étendent de deux côtés sur ses bords devient plus considérable encore qu'il n'était aupa- ravant , et l'on remarque très bien que ces agglomérations se di- visent successivement en plusieurs parties plus petites. 11 en est poiu-l:iiit deux, siluéesà peu près vers le milieu du bord du pied, qui conservent une grandeur assez considérable et des contours très nettement accuses, de sorte que, vus avec de petits grossisse- ments , ces deux oi'gancs sont presque aussi saillants , aussi visi- bles que les vésicules auditives elles-mêmes , au-devant desquelles ils sont placés. Ces deux organes, situés l'un vis-à-vis de l'autre, ont la forme d'une poire dont la pointe est tournée contre le bord du pied. Quel([uei'ois même il m'a semblé que cette pointe avan-, çait en dehors du bord latéral du pied comme un petit onglet ou comme inie pointe cornée ; dans d'autres cas, cette disposition ne m'a pas paru aussi manifeste, de sorte que je ne suis pas bien sûr de n'a\oir pas été le jouet d'une illusion d'opticiue. Je ne saurais indiquer ce que deviennent les accumulations de substances opa- ques et grenues que l'on observe dans le pied , et surtout de celles (]ui se distinguent si nettement par la forme de leurs contours et la manière dont ces derniers sont accusés. Je présume ([ue toutes ces agglomérations vont former plus tard les dillérents organes 74 tOGT. SUll L'KMBRïOCiK.MK qui, dans l'animal adulte, sont répandus dans l'appendice foliacé, que l'on a nommé le manteau de l'Actéon , organes qui appartien- nent surtout à l'appareil génital. Au reste, cela serait, que l'on ne comprendrait pas encore ce que deviennent les deux organes pyriformes que je viens de mentionner. Je ne dois pas oublier non plus une autre particularité que j'ai observée dans le pied de quelques embryons , savoir , des points verts qui se développent dans l'intérieurdu pied (fig. ,58, 39 et/iO). J'ai vu sur l'un des côtés une des agglomérations, tout en s'éclair- cissant et devenant plus transparente, prendre une couleur verte, et bientôt après l'agglomération qui se trouvait vis-à-vis se colorer de la même teinte. Comme ce phénomène se présentait chez les pre- miers embryons que je soumettais à l'observation, et chez tous les embryons d'un même cordon sans exception, je croyais déjà avoir découvert les premiers rudiments des cœcums verts qui parcou- rent tout le corps de l'Actéon. Mais la coloration se borna aux deux agglomérations dans lesquelles elle s'était montrée d'abord ; elle ne se propagea pas dans les autres qui étaient situées à côté, et tout le phénomène resta stationnaire pendant toute la durée de la vie de larve. Ce qui m' étonna encore davantage , ce fut de voir qu'il n'y avait que les larves provenant d'un seul cordon qui mon- trassent cette particularité, dont les autres étaient dépourvues entièrement. Les rapports du manteau (o) et de la co(jiville('m) changent con- sidérablement pendant les premiers temps de l'époque dont nous nous occupons ici. On se rappelle ([u'au moment de l'éclosion lapeau adhérait complètement et de tous les côtés à la coquille, et qu'il y avait surtout un bord replié, (|up nous avons appelé le bourrelet du manteau, qui s'attachait fortement à la coquille en formant une espèce de diaphragme entre la partie céphalique et la cavité ab- dominale. Ces rapports restent encore les mêmes pendant les pre- miers temps de l'état larvaire. On remarque seulement que le bour- relet devient de plus en pUis indépendant, et que sa ]iartie dorsale surtout s'allonge considérablement en formant une espèce de toit dont le bord est appliqué contre la coquille. Vu de profil (fig. 37, 39 et 40), l'eihbryon présente alors daiis la région nucale un pro- DES MOLLUSQUES GASTÉROPODES. 75 loiigement considérable ayant la forme d'un tentacule assez gros et épais , dont la pointe s'applique contre la coquille. En tournant l'embryon de manière à le voir du dos , on peut se convaincre facilement que cette apparence d'un tentacule dorsal vient juste- ment de ce que l'on voit le diaphragme de profil ou en section. On voit très bien, lorsque l'embryon sort la tète hors de la coquille , que ce diaphragme est étendu , tandis qu'il se replie sur lui-même sous forme d'un S, lorsque l'animal se retire, laissant ainsi un espace dans lequel vient se loger l'anse repliée de l'intestin. Bientôt se manifeste aussi une autre formation particulière sur le pourtour externe du bourrelet. Un pigment noir ((/) commence à se déposer tout le long du bourrelet, en formant un cercle plus ou moins complet et continu. Ce pigment est composé de petits grains noirs, déposés probablement dans des cellules particulières , mais dont je n'ai cependant pas pu démontrer l'existence. Toutefois la présence de ce pigment m'a fait faire bien des recherches in- fructueuses. En le voyant accumulé ainsi dans la partie nucale sur un prolongement qui , de profil , se présentait presque comme un omniatophore , en observant en même temps que ce pigment était quelquefois déposé autour de petites vésicules très transpa- rentes et très accusées { probablement les noyaux des cellules pig- mentaires) , sachant d'ailleurs que l'époque de l'apparition des yeux approchait , je croyais pouvoir suivre ici la formation des yeux de l'Actéon. Mon espoir fut déçu ; au lieu de se resserrer sur des points distincts, je voyais le pigment s'étendre toujours da- vantage , et former une zone continue tout le long du bourrelet , dans laquelle je ne distinguais plus aucune partie saillante. Mes larves sont mortes dans cet état de développement , sans avoir d'yeux , et en ne possédant que les deux vésicules auditives , qui n'avaient pas changé d'aspect pendant toute la durée de l'état larvaire. Le développement du pigment fut bientôt suivi d'un autre |>hé- nomène encore plus remarquable, savoir, la séparation de la coquille d'avec le manteau. Mes embryons sont tous morts peu de temps après que cette séparation se l'ut opérée. La coquille entou- rait alors les larves comme une large gaîne avec laquelle les larves 76 VOfcT. — SUR l/lîMlîRYOGÉNIE n'adhéraient plus sur aucun point. Le manteau formait une seconde enveloppe beaucoup plus étroite autour des intestins (fig. 41 et 43). La cavité abdominale, qui était si spacieuse lorsque le manteau adhérait encore à la coquille, se trouva réduite à un très petit volume ; les brides qui allaient du manteau aux intestins étaient raccourcies de manière à être presque méconnaissables. Les larves n'étaient plus retenues que par l'ouverture étroite de la coquille, qui les sei'rait un peu autour de la partie moyenne du corps ; mais je m'attendais à chaque moment à les voir quitter leurs coquilles pour devenir de véi'itablcs Mollusques nus. Cette joie ne m'élait pas réservée, car toutes mes larves moururent avant d'avoir pu se séparer de Iciu's coquilles. J'aurais pu croire qu'elles m'avaient laissé les coquilles vides en grimpant plus loin et en s' attachant aux parois du verre et des plantes marines que j'avais dans ma petite mare artificielle ; mais je devais bientôt reconnaître que toutes les coquilles avaient des otolithes dans leur cavités, preuve certaine que les animaux étaient morls et détruits par la décom- position. La forme de ^intestin (s) ne présente pas beaucoup de modifi- ralions pendant la vie de la larve. Mais un point important à noter e.-t celui du creusement du foie (;>), dont la cavité interne s'ouvre dans le fond de l'estomac. Nous avons quitté le foie sous la forme d'un organe solide composé de cellules assez petites et agglomé- rées, parmi lesquelles étaient répandues des gouttelettes d'huile ou de graisse li(|uide. Le foie présentait alors une légère excava- tion contre laquelle ('tait appliqué le fond du cul-de-sac stomacal. Le tissu du foie devient de plus en plus grenu et opaque pendant la vie de la larve. On distingue bien encore dans l'origine de pe- tites cellules arrondies, d'un diamètre fort peu considérable, mais elles disparaissent bientôt pour faire place à une substance uni- formément grenue , dans laquelle je n'ai pu distinguer des élé- ments bien distincts. Pendant (]ue celte transformation s'opé- rait, il se formait dans l'intérieur du foie une cavité d'abord peu considérable . mais qui augmenta de plus en plus de manière (|ue bientôt le foin pn:senta la forme d'une soucoupe très profonde et assez ('paisse f|ui avait l'air d'être |)osée sur le fond de l'estomac DES MOLIXSQLES GASTÉUOPODES. 77 comme une cloche circulaire. Cette cavité est en commuuicatiou directe avec celle de l'estomac, et j'ai pu me convaincre de la manière la plus positive que les Navicelles , les Bacillaires et au- tres Infusoires qui servaient d'aliments à la larve passaient et repassaient de cette cavité dans l'estomac, et vice versa, sans la moindre difficulté. Les larves des Actéons se nourrissent , comme je viens de le dire, d'Infusoires , surtout de Navicelles, que j'ai vus bien sou- vent tournoyer dans l'estomac, où elles suivaient l'impulsion donnée par le courant des cils vibratiles. La cavité du foie est aussi tapissée dans toute son étendue de cils vibratiles, qui produisent également un tourbillon dans l'intérieur de cette cavité. Le passage de communication entre l'estomac et le foie est assez rétréci , et disposé de manière à présenter à i)eu près une hélice (fig. 38). J'ai vu bien souvent des Navicelles suivre cette hélice en tournoyant , entrer dans la cavité plus spacieuse du foie , y demeurer quelque temps en tournant autour des parois de cette cavité, retourner dans l'estomac, et s'engager à la fin dan? le tube intestinal, au travers duquel ils étaient poussés vers l'anus pour être expulsés par cet orifice. La disposition du foie que je viens de décrire me paraît d'une importance assez grande , lorsqu'on la compare à celle d'un ani- mal adulte. On sait que le foie de l'adulte est composé de ra- mifications très nombreuses s'étendant dans tout le corps, et partant de deux troncs principaux, qui évidemment sont des ramifications des intestins, et qui naissent de l'estomac même. Or, nous voyons ici , dans la larve , un état qui annonce en quelque sorte la formation d'un appareil gastro-\asculaire tel que nous l'observons dans l'Actéon adulte. Le foie forjiie encore une masse compacte et continue ; mais il est creusé de manière à pouvoir recevoir des aliments , et à devenir ainsi un véritable diverticule de l'intestin lui-même. Je dois encore faire observer que le seul organe dans lequel j'ai vu des phénomènes do diflluence est justement le foie. La cavité de cet organe semblait considérablement rétrécic dans des em- bryons qui' je vcnriis rie SMuniflIrc à l'in-lant même à l'observa- 78 voBT. — SUR l'embryogénie tion ; mais en laissant ces embryons longtemps dans la même goutte d'eau , je voyais, à mesure qu'ils commençaient à soulîrir, la cavité s'élargir petit à petit, et à la lin devenir tellement grande que le foie ne présentait pour ainsi dire plus qu'un sac à parois membraneuses, presque aussi considérable que l'rstomac lui- même (fig. 40 et 42). Ilésumé siu' la période eiiibryomiairc. L'embryon parvenu h l'époque de l'éclosion pri'senle, d'après les observations que nous venons d'énoncer , une structure assez compliquée ; i! existe déjà un grand nombre d'organes capables de soutenir, par le jeu de leurs fonctions , la vie isolée de la jeune larve. L'embryon est protégé par une coquille relativement assez dure , qui entoure toute la partie abdominale , et peut aussi rece- voir la partie céphaliquc; celle-ci porte à sa partie antérieure deux organes puissants do locomotion , composés de cirrhes rotaloires qui obéissent parfaitement à la volonté. L'organe de locomotion de l'animal adulte , le pied , ne remplit pas encore sa destination future : au moyen de son opercule, il sert plutôt à protéger l'ani- mal lorsque celui-ci est retiré dans sa coquille. Les organes diges- tifs sont déjà à un haut degré de développement ; ils se com- posent d'une bouche en entonnoir, qui reçoit le courant produit par les cils vibratiles placés à la face supérieure du pied. Un oesophage court s'ouvre dans un estomac spacieux, où les aliments sont soumis à une rotation continuelle par le moyen de cils vibra- tiles qui couvrent les parois stomacales. L'intestin, courbé en zig- zag, s'ouvre dans un anus situé à droite. Un foie considérable , creusé d'une cavité spacieuse, qui est en communication avec l'intestin , occupe le dernier tour de la coquille. Les organes de la vie de relation se bornent à l'existence de deux vésicules auditives , dont le centre est occupé par des otolithes considérables. On ne remarque encore aucune trace d'un système nerveux central , ni d'autres organes des sens. La peau est appli- quée étroitement à la coquille , et ne s'en sépare que plus tard ; des brides contractiles et un muscle puissant fixent les intestins DES MOLLUSQUES GASTÉllOl'ODES. 79 dans leurs positions respectives, tandis qu'un bourrelet circulaire, replié et épaissi , attache le corps tout entier à la coquille. On le voit , notre animal ne possède encore ni système circu- latoire, ni système nerveux central : il n'y a de développé que les appareils de locomotion et d'assimilation. Les organes de géné- ration manquent également ; ce qui ne doit pas étonner, puisque nous savons que c'est ce système qui se développe en dernier lieu dans tout le règne animal. L'absence d'un système nerveux central , ainsi que d'un cœur , peut au contraire surprendre ceux qui savent que, dans les Animaux vertébrés, ces deux organes sont au nombre de ceux qui se développent les premiers , et qu'ils existent toujours avant les organes d'assimilation. Si l'on consi- dère, en elTet , la succession des divers organes dans l'embryon d'un Vertébré , on verra que ce sont les centres nerveux , ainsi que le centre du système osseux, qui apparaissent les premiers, et que les organes des sens , les yeux , les oreilles, etc., ne se montrent qu'après les centres nerveux. On sait également que le cœur succède au système nerveux central , et que le canal in- testinal est le dernier de ces trois systèmes qui se développe. Ici , dans nos embryons, tout est renversé ; les organes locomoteurs ont été les premiers à se dessiner définitivement, les vésicules auditives les ont suivis de près, et, après ces organes, le canal intestinal et ses dépendances sont venus prendre leur l'orme défi- nitive. Le système nerveux central n'existe pas encore; le cœur non plus. Je veux bien admettre que mes observations ne sont pas sufîi- santes pour démontrer d'une manière absolue que le système ner- veux central n'existe pas. En effet, si l'on considère que le corps de l'embryon est justement très opaque dans les environs des vési- cules auditives ; que les masses circulaires qui entourent la bouche, que la base du pied et le bourrelet du manteau concourent tous à obscurcir cette partie du corps de l'embryon , et à la rendre impénétrable pour le microscope ; si l'on tient compte de toutes ces circonstances, on conviendra sans peine que le système nerveux central peut avoir échappé aux investigations de l'observateur. Il est vrai, d'un autre côté, que les ganglions cérébraux ont une cer- 80 TOGT. — SUR i.'embryogéme taiiic dureté dans les Mollusques, ([uc l'on peut écraser un Actéon adulte sous le compresseur , et qu'au milieu des tissus et des organes aplatis et rendus méconnaissables, le système nerveux central est parfaitement visible dans tous ses détails, .l'ai traité mes embryons de toutes les manières, sans pouvoir me convaincre de l'existence d'un système nerveux central. Admettons néanmoins que cette négation ne soit pas fondée , que le système nerveux central existe , et qu'il existe même avant l'apparition des vésicules auditives; il n'en sera pas moins vrai t|ne l'ordre d'apparition des organes auquel on est habitué dans les embryons des Vertébrés, se trouve entièrement renversé dans les embryons des Mollusques. J.e cœur, en effet, ne peut échapper à l'o'il de l'observateur; ses contractions incessantes, ses mouvements perpétuels, le font distinguer au premier coup d'neil ; et je connaissais trop bien la position qu'il occupe dans d'autres embryons de Gastéropodes, pour ne pas savoir où diriger mes investigations. .Te puis donc diie avec une parfaite certitude que le cœur n'existe pas au moment de l'éclosion des embryons d'Actéons. Tous les observa- teurs sont d'ailleurs d'accord sur ce point : tous ont fait égale- ment ressortir l'importance de cette apparition tardive d'un organe, qui paraît d'une si haute importance pour la vie de l'indi- vidu, et ce serait se refuser à l'évidence des faits que de prétendre que tous les observateurs se sont trompés également sur ce point. Je reviendrai encore sur ce sujet , qui paraît capital tant pour la zoologie systématique que pour les analogies qu"on doit recher- cher entre les diflerents embranchements du règne animal, et sur lesquelles M. Milne Edwards a déjà insisté avec beaucoup de justesse. Ce qu'il importe de faire remarquer, c'est que même les larves sont dépourvues de cœur et de circulation , ce qui ne les empêche pas de mener une vie très active. On les voit rarement en repos; conservées dans un bocal ou dans une mare artificielle, on les voit former un nuage qui s'élève du fond de l'eau vers la surface , en ?o tenant de préférence du cùté de la lumière. Les roues sont alors dans une agitation continuelle , cl l'on rencontrerait rare- niîS MOI. 1.1 SQL' lis <; ASIÉllOl'ODES. 81 nieiil une larve dans les premiers jours après l'érlosion (|ui n'eût pas l'estomac rempli de Navicelles et d'autres animau.x infusoires dont elle se nourrit. Or, malgré cette vie aclive, malgré une nourriture abondante, ces larves sont dépourvues de cœur; celles que j'avais rapportées vivantes à Paris ont été examinées avec soin par un grand nombre de savants et de micrographes exercés, qui tous ont dû convenir de l'absence d'un cœur. Si nous essayons maintenant d'établir une comparaison entre l'organisation de la larve parvenue au plus haut point de dévelop- pement que nous ayons pu observer, et l'organisation de l'animal adulte, il faudra d'abord reconnaître que la coquille avec l'oper- cule sont destinés à tomber et à laisser l'animal à nu, recouvert seulement d'une peau molle, sans concrétion calcaire. Cette ten- dance est déjà indiquée par la séparation du manteau d'avec la coquille. Mais, en faisant abstraction même de ces incrustations durcies, nous n'en remarquons pas moins des différences extrême- ment importantes qui doi\ent être signalées. L'Actéon adulte a deux tentacules enroulés comme une feuille de papier. La larve porte presque au même endroit ces énormes organes de locomotion que nous avons appelés les roues. Mais on aurait tort de croire que les roues vont se transformer en tenta- cules. Elles sont, au contraire, des organes éminemment transi- toires, comme l'ont prouvé les recherches de MM. Lovén et Nord- mann. Les tentacules se forment seulement après le dépouillement de la coquille, indépendamment des roues , et celles-ci vont dis- paraître sans laisser de traces de leur existence. Le pied de l'Actéon adulte n'est point séparé du corps. C'est une masse charnue qui s'étend à la face inférieure du corps, et au-dessus de laquelle sont situés les principaux organes de la di- gestion, de la circulation, les centres nerveux et les glandes ac- cessoiresdu système de la génération. Dans la larve, au contraire, le pied est un organe très nettement distinct, formant une saillie très considérable et parfaitement séparée du sac dans lequel sont enfermés les viscères. Cette organisation est donc entièrement différente ; pour que le pied de la larve se transforme, par une série de phases successives, dans celui de l'animal adulte, il faudra 3' série, Zoni. T. VI. (Août 18 46 ) 2 6 {j2 »o«T. — suK i.'i;i\iiifiu>(;ÉMii que le pied se soude par sa lace operculaire au sac viscéral , et que la l'ace antérieure, qui porte dans la larve l'épithélium vibra- lile, devienne la face intérieure sur laquelle rampe l'animal adulte. Cette transformation doit être combinée encore avec un allonge- ment considérable du pied en arrière, pour former ce qu'on a ap- pelé dans les derniers temps la rame de l'Actéon. Dans la larve, le sac viscéral est d'une grandeur démesurée , relativement aux autres organes; dans l'Actéon adulte, au contraire, toute la moitié postérieure du corps est formée par un appendice foliacé dans lequel sont cachés surtout les organes préparateurs des produits génésiques qui dans la larve ne sont pas encore développés, ainsi que les ramifications vertes du foie et de l'appareil gaslro-vascu- laire. Or, je me tromperais fort, ou bien ce sont les accumulations opaques qui se trouvent vers la face o[)crculaire du pied de la larve f|ui sont destinées à former plus tard les nombreux ovaires et testi- cules situés dans l'appendice foliacé de l'animal adulte. Si cela est \ rai , comme tout me porte à le croire, la moitié postérieure du pied devra nécessairement, en s'allongeantet en s'élargissant considé- i:il)liMnenl, déborder le sac viscéral en arrière , et se transformer (Il ai)pHndice foliacé. Les organes internes doivent subir aussi des modifications très iiiiportantos. 1/appareil buccal si compli(|ué de l'Actéon adulte , relie langue armée de dentelures coi-nécs (|ui se trouve dans un appareil musculaire assez développé, ce foie ramifié à travers tout le corps que nous trouvons dans l'animal adulte, tout cela n'existe pas encore dans la larve (jui est prête à se dépouiller de sa coquille ; ces organes sont remplacés par un œsophage sans armure aucune , par uii foie non ramifié , formant une seule masse creuse dans son intérieur. L'observation des larves de l'Ac- ti'on ne nous a rien appris sur la formation de la masse buccale , mais je dois dire ici que j'ai pu faire sur ce point, dans les lar- ves d'une espèce de Uoris, des obseivations qui tendent à démon- trer que la langue se développe dans l'intérieur même de cette t-rande cavité que nous avons désignée sous le nom d'estomac. Il |)araît qu'il se forme un diverlicule dans la paroi latéi'ale de cet organe, ei ([ue ce diverlicule se dévclopix' pclil à pelil en al nus Moi.i.ijSOLiiis (;\S]iiiior()i»iis. So ronnaiit ;i la lin iiii sac inusculairo dans hnjuel est située la kuif^uc. Les observalioiis qui pn-cèdenl coiiticimcnl |jlusieurs lails (|iii nous senilîlent propres à éclaircir (jnelques points du développe- ment des tissus, sur lesquels il existait encore des doutes parmi les observateurs. Nous avons vu que le vitellus en entier se transforme en embryon, qu'il n'y a pas dans le mollusque une distinction à. faire entre la partie embryonnaire et un sac vitellaire. Nous avons vu aussi que le fractionnement est comjjlet ; que les sphères ré- sultant du fractionnement sont toutes indépendantes les unes des autres , et se transforment peu à peu dans les éléments des tissus qui constituent l'embryon. Les observations que nous avons exposées démontrent le mode de transformation par lequel les sphères vitellaircs, d'abord dépourvues d'enveloppes propres, se changent en cellules ayant toutes des noyaux distincts et des membranes cellulaires très reconnaissables. Nous avons déjà fait observer que ce mode de formation des cellules s'accorde entièrement avec les observations que nous avons faites précédem- ment sur le Crapaud accoucheur, et qui depuis ont été conlii- mées par M. Krr-lliker, dans ses travaux sur le développemi^nt des Entozoaires et des Céphalopodes. Par contre , nos observa- tions ne s'accordent pas du tout avec la formule proposée par MM. Schleiden et Schwann surtout, et soutenue depuis par M. Rei- chert. Nos observations prouvent que tous les tissus de l'embryon des Acléons, sans exception, naissent de cellules, et de cellules parfaitement caractérisées ; elles prouvent en même temps que toutes ces cellules, sans exception , se forment d'une manière qui ne peut s'accorder avec la théorie de M. Schwann. Si nos observations contirment la transl'onnatioii immédiate des sphères de fractionnement en cellules embryonnaires , elles contredisent en même temps d'une manière formelle la prétendue multiplication des cellules par développement endogène. On a dit , en ctfet , que les cellules animales ne se multipliaient jamais autrement que dans des cellules-mères , qui leiu' servaient d'abord d'enveloppe ; que les noyaux qui se formaient en premier lieu servaient de centre à ta formation des jeunes cellules. Ce mode de multiplication des cellules, si toutefois il existe dans la R/( «OGT. — SUR l,"R\ll!llVO(;iîMli iialurc, ce f|ui m; me parait rien moins ([uc prouvé , est dans louS les cas inapplicable au développement des tissus de l'Actéon. Je n'y ai jamais vu de cellules emboîtées les unes dans les autres. J'ai constamment trouvé des iioyaux transparents dans les sphères de fractionnement; mais je me refuse à croire, avec M. Kœlliker et plusieurs autres observateurs , que la multiplica- tion de ces noyaux précède la multiplication des sphères , que ces noyaux servent de centres d'attraction , autour desquels viendraient se grouper les éléments vitellaires pour former ainsi les sphères. J'ai rapporté plus haut une observation relative aux vitellus en biscuit qui n'ont qu'un seul noyau transparent. Il est évident que , dans ce cas, le groupement sphérique des éléments vilcllaires a précédé la formation d'un noyau dans son centre. 11 faudrait ad- mettre une erreur positive dans l'observation , pour récuser ce résultat , qui prouve , à mon avis, que la préexistence d'un noyau central n'est pas la condition absolue du groupement sphériquo des éléments vitellaires. En suivant d'un œil attentif les phases successives que parcou- l'ent les organes pendant le développement embryonnaire, on doit se demander dans quelle direction se fait ce développement , et de quelle manière les formes déterminées se constituent dans une matière d'abord homogène et sans aucune forme définie. Or, nos observations démontrent qu'il ne peut être question , dans le dé- velop|)ementdu Gastéropode que nous avons examiné , d'une di- rection constante de développement ni du centre vers la périphé- rie, ni de la périphérie vers le centre, et que, bien au contraire, la nature travaille , pour ainsi dire , à la manière d'un statuaire qui fait d'abord des ébauches grossières, sauf à les finir plus tard dans tous leurs détails. C'est la différenciation continuelle qui pré- side au développement embryonnique qui scinde d'abord le vi- tellus uniforme en une masse centrale et une couche périphérique, et qui, plus tard, transforme chacune de ces masses en autant d'organes que l'embryon doit en posséder.On nepeutdoncpasdire que le développement des organes marche du centre vers la pé- riphérie, ou de la périphérie vers le centre ; le développement est continuel sur tous les points , répandu partout dans le corps em- I DKS «lOLl.lJSQlJKS OASIÉROPODES. 85 bryonnaire, taisant nailie les organes dans des moments délenni- nés, mais par une longue suite de transformations insensibles, dont il est impossible de saisir le point de départ. Dans tous les organes que nous avons décrits, il serait impos- sible de noter avec précision le moment oîi ils se sont montrés ; des ébauches mal définies, vagues dans leurs contours, indéter- ■ minées quant à leur structure interne , précèdent la formation de ces organes, et il serait impossible de dire où finit l'ébauche et où commence la forme définie de l'organe. CONCLUSIONS. 1° L'œuf de l'Actéon se compose , immédiatement après la ponte, d'une membrane coquillière contenant un fluide albumi- neux transparent, dans lequel nage le globe vitellaire. Le vitellus est dépourvu d'une membrane vitellaire particulière ; dans son centre se trouve un noyau vésiculaire rempli d'un fluide trans- parent. 1° Le fractionnement du vitellus commence immédiatement après la ponte. Il progresse par une série géométrique. 3" Les sphères vitellaires résultant du fractionnement sont dépourvues d'enveloppes membraneuses particulières. Elles ont toutes un noyau transparent et central , semblable à celui qui se ti'ouvait dans le vitellus tout entier. k° La multiijlication des noyaux transparents est laconsé(]uence et non pas la cause du fractionnement vitellaire. 5" Le fractionnement présente dans l'Actéon des particularités remarquables. A partir du fractionnement en huit sphères, il se forme deux séries de sphères, les unes opaques et grenues, les autres transparentes. 6" Les sphères opaques forment les parties centrales de l'em- bryon ; les sphères transparentes sont destinées aux organes |jéri- phériques. 7' Les sphères résultant du fractionnement s'entourent de mem- branes propres, à partir du fractionnement en vingt-quatre sphères. T.es sphères deviennent alors de véritables cellules. 86 *o«T. — sLii l'iimbiiyogiLme 8" La théorie de MM. Schleiden et Scliwaiiii n'est iiulleuieiit applicable à la formation des cellules qui composent les tissus de l'embryon des Actéons. 9" La multiplication des cellules par génération endogène n'existe pas dans l'embryon des Actéons. On ne trouve jamais déjeunes cellules emboîtées dans une cellule-mère. 10" Le vitollus tout entier se transforme en embryon; tous les tissus embryonnaires sont formés par des cellules. 1 1" L'embryon est constitué du moment que les cellules péri- phériques ont complètement englobé les cellules centrales. 12° Les organes de l'embryon se forment dans Tordre appa- rent de succession suivant : les organes rotatoires et le pied ; les otolithes et les vésicules auditives; la coquille , le manteau et lo- pcrcule; le foie et l'intestin. 13" Tout le développement embryonnaire se fait sans le con- cours d'un cœur et de vaisseaux. 14° Tous les organes de l'embryon se forment par différencia- tion de la masse embryonnaire d'abord informe. 15° Toutes les cavités, sans exception , se forment par écarte- ment des cellules embryonnaires, réunies d'abord en niasses so- lides. 16° Il n'existe ni développement concentrique ni développement centripète ; la succession des phases cmbryonniques n'indique au- cune direction constante, ni dans la formation do l'ensemble, ni dans celle des organes en particulier. 17° Les Actéons parcourent une série de métamorphoses, par lesquelles ils pas.sent de l'état de Mollusques conchyfères à celui île Mollas(|uesnus;ils vivent pendant quelque temps sous forme d'une liU'vo fort (IJlU'rcnk' de ranimai adulte. liliS MOLLUSQUES (iASTKUOFODES. 87 i;\l»LIC\TI(»M l>i;s FIGURES Sujuea conventiomwls CI, coque de IcDuf. m .capuchon de la coquille h. vilellus. II. opercule. c, tache Iransparenle du vilellus ". bourrelet du manteau à. sphères el cellules centrales. P. foie. c. sphères et cellules périphériques. '1. anus. f. noyaux transparents des sphères et r, estomac. des cellules. s, intestin. y. fente mamelonnaire. (, œsophage. h, organes rolatoires. w. muscle suspenseur. i. pied. r. brides musculaires. k. vésicule auditive et ololithe. x. bouche. l. partie ventrale de l'enibryun !/, pigment noir du bourrelet du man- m. coquille. teau. PLANCHE 1. Fig. 1 . Un cordon d'œufs en spirale , de grandeur naturelle , fixé sur une petite pierre. Fig. 2. L'extrémité d'un cordon d'œufs, grossi vingt fois, cinq heures après la ponte; tous les vitellus ont commencé à se fractionner en quatre parties. On remarque à l'extrémité du cordon plusieurs coques vides, dans lesquelles il n'y a pas de vitellus. Fig. i L'œuf au moment de la ponte; le vilellus est parfaitement circulaire. On remarque vers l'un de ses bords la vésicule transparente, qui, quelquefois aussi, occupe le centre du globe vitellaire. Fig. 4. — Une heure après la ponte. — Le vitellus en voie de fractionnement. Il a la forme d'une mandoline : une des parties présente un noyau transparent qui ne s'est pas encore formé dans l'autre partie. Fig. 5. — Deux heures après la ponte. — Le vitellus est séparé en deux sphères, dont chacune possède un noyau central transparent. Fig. 6. — Quatre heures après la ponte. — Le vitellus fractionné en quatre parties. Fig. 7. — Dix heures après la pont«. — Le vitellus fractionné en huit sphères , quatre grandes el quatre petites. Ce vitellus est tourné de manière à montrer les petites sphères de profil. Fig. 8. Le même vit<'llus, vu de face, où l'on observe les quatre petites sphères placées en alternance avec les grandes sphères. Fig. 9. — Vingt-qualre heures après la ponte. Commencement du second jour, -i-l- 88 VOCiT. — SLll L'EIMIillYOGliMIi Fractionnenienl en vingl parties. Les splières grenues ou centrales occupeni encore la plus grande partie du vitellus, tandis que les petites sphères trans- parentes ou périphériques paraissent faire hernie entre les sphères opaques. Fig. 10. Vitellus de la même époque, désagrégé par l'action de l'eau; toutes les cellules sont gonflées par l'absorption de ce li(|uide. On voit les noyaux trans- parents entourés par un précipité grenu et , à distance , par une large enve- loppe cellulaire. Kig. 1 1 .— Trente-six heures après la ponte Fin du second jour. — Les cellules périphériques se sont considérablement étendues ; elles débordent de tous les côtés les cellules centrales, au milieu desquelles on remarque une fente résul- tant de la compression exercée par les cellules périphériques. Fig. \'î. — Commencement du troisième jour. — La fenle est devenue bien plus considérable ; les cellules , tout en diminuant de grandeur, ont augmenté en nombre, et les cellules périphériques entourent déjà la masse centrale de plus de la moitié. PI, .VACHE 2. Fig. 13. — F'in du troisième jour. — ■ La masse vitellaire a pris une forme irré- gulièrement trapézoide; les cellules centrales forment un marnelon posé sur les cellules périphériques et englobé en partie par ces dernières; une fente lon- gitudinale sépare ce mamelon en deux moitiés. Fig. 14. Le même vitellus vu de trois quarts, pour montrer l'étendue que pos- sède la couche périphérique Fig. 15 et 16. — Commencement du quatrième jour. — Premier rudiment de l'embryon. Le vitellus a la forme d'une poire étranglée à son milieu ; la couche périphérique forme un sac épais, entourant de toutes parts une masse centrale homogène. La fente mamelonnaire est considérablement réduite ; une opposi- tion s'est formée entre la partie céphalique et la partie ventrale de l'embryon ; les premiers vestiges des roues et du pied sont indiqués. — La fig. 1 3 montre l'embryon posé sur son extrémité ventrale ; la figure 1 6 le montre de profil. Fig. 17. Cellules élémentaires de l'embryon de la figure précédente. Fig 1 8 et 19. — Midi du quatrième jour. — L'embryon est un peu plus avancé ; les masses centrales commencent a se différencier, a former des agglomérations qui se rangent des deux cotés de la ligne médiane. Fig. 20 et 21. — Fin du quatrième jour. — Les différentes parties de Icmbryon sont encore mieux dessinées; la distinction entre la partie céphalique et la partie abdominale est tranchée ; les vésicules auditives, ou plutôt les otolithes, commencent à se former : la masse centrale de la partie abdominale se scmde en deux moitiés. — La figure 20 montre l'embryon de profil; la figure 21 , d'en haut, vu perpendiculairement sur la fenle mamelonnaire, le pied et les organes rotaloires. Fig. 22, — Cinquième jour — Vui' de profil d'un embryon dans lequel la coquille DES MOM.LSQUIiS GASTÉROPODES. 89 a la forme il un gmlet embrassant la moitié postérieure de la partie abdomi- nale. L'étranglement entre les pieds et la partie ventrale a augmenté ; lotolithe se montre au centre de l'agglomération dans laquelle il se forme. La couche périphérique passe par dessus la fente mamelonnaire, sans y prendre part. Kig. 2'3. Le même embryon, quelques heures plus tard dans la même journée, et vu de la face dorsale, pour montrer la séparation médiane des agglomérations mlernes, et l'accroissemenl de la coiiuille qui enferme toute la partie abdomi - nale de l'embryon. l'ig. 24. Le même embryon, dans la position de celui de la figure 21. Le pied est plus allongé et plus distinct: le.s roues sont séparées davantage comme or- ganes particuliers. Fig. 25. — Sixième jour. — L'embryon vu de profil , au moment où il se pré- pare à rentrer dan.s la coquille. Les roues sont plissées et les cirrhes contrac- tés, de manière a former une espèce de cul d'artichaut. \ la face inférieure du pied se montre un opercule devançant en pointe l'extrémité du pied ; un épi- thélium vibralile s'est développé sur la face supérieure de ce dernier. L'oto- lithe est entouré d'une vésicule transparente ; la coquille a augmenté considé- rablement, en prenant une forme nautiloide. Le foie, l'intestin, le muscle suspenseur de ce dernier, la cavité générale de l'abdomen, se sont différenciés les uns des autres; des brides transversales parcourent la cavité générale , en allant du manteau vers la masse intestinale. PLANCUE 3. Fig. 26. Le même embryon senfonçant davantage dans la coquille. Fig. 27. L'embryon vu dans la même position que dans les figures 21 et 24. On peut juger maintenant du progrès qu'a fait le développement des roues et du pied. Fig 28. Un embryon vu du côté dorsal, pour montrer la disposition du bourrelet du manteau, des brides musculaires, de l'intestin et du muscle suspenseur de ce dernier. Fig. 29. — Septième jour. — Un embryon , presque entièrement retiré dans la coquille, s apprête à s'élancer; il a ouvert un peu l'opercule et allonge les cirrhes, comme pour tàter au dehors. Les intestins sont entièrement contractés et pressés les uns contre les autres. On ne distingue bien clairement que le foie et l'estomac. Fig. 30. Un embryon nageant, et sur le point de se retirer dans sa coquille. Le pied est extrêmement gonflé, les intestins en expansion complète, de sorte c|ue l'on voit très bien l'insertion de l'œsophage dans l'estomac , et la commu- nication (le l'intestin avec ce dernier. I'"ig. .'il. — lluilicinc jour. — Un embryon vu de la face vcntralC: [lour montrer les rapports onire le pied, le foie, l'estomac, linloslin l'anus el la ( nipiillr 90 WOGT. — SUli l'eMBHYOGÉME des mollusques CASTIÎROPODliS. Fig. 32. Un embryon, vu de prolil, qui vient de contracter ses roues; tous les autres organes sont en pleine expansion. Fig. 33. — Neuvième jour. Éclosion. — Une larve, vue du coté droit, dans la- quelle on voit parfaitement tout le trajet du tube intestinal et les rapports des viscères avec la cavité générale de l'abdomen. Kig. 34. Une larve retirée dans sa coquille, et vue de la face ventrale. On y re- marqvie surtout l'étendue de l'opercule, les agglomérations du pied, et les rap- ports entre le foie et l'estomac. Kig. 33. — ■ Treizième jour. — Une larve, vue de profil, qui s'est entièrement retirée dans sa coquille ; tous les viscères sont confondus ensemble. On re- marque vers l'un des bords du pied une tache verte. PLANCHE 4. Fig. 36. La même larve, vue de la face ventrale. Kig. :t7. — Quinzième jour. — Une larve , vue de la face dorsale , montrant re- tendue de la coquille, la position des organes auditifs des deux cotés de l'œso- phage, tout le trajet intestinal , et la disposition du muscle suspenseur de l'in- testin. Fig. 38. Une larve dépouillée de sa coquille par des pressions réitérées, et vue de la face ventrale. Cette larve montre une paire symétrique de taches vertes dans le pied , et deux otolithes dans la vésicule auditive gauche, anomalie que je n'ai observée qu'une seule fois. Fig. 39 et 40. — Dix-huitième jour. — La même larve vue de profil, mais dans des positions différentes. Dans la figure 40 , l'embryon est sorti entièrement delà coquille, tandis que, dans la figure 39, l'intestin, replié sur lui-même, glisse derrière le bord du manteau , pendant que la partie céphalique se retire dans la coquille. l'ig. 41 . — - Vingtième au trentième jour. — Une larve nageant , et prête a se dépouiller de sa coquille, fout le manteau s'est séparé de cette dernière , et forme un sac étroit qui entoure les viscères. Fig. 42. Une larve vue de la face dorsale, pour montrer l'étendue du pigment noir déposé sur le bourrelet du manteau. On voit l'entonnoir buccal par transpa- rence, au-dessous de la vésicule auditive gauche Fig. 43. Une larve vue de trois quarts, par le dos, pour montrer le trajet du canal intestinal cl les rapports de l'intestin avec le sac qui l'entoure. Fig. 44. Esquisse de l'intestin vu du coté du dos, et isolé des i«rties environ- nantes. 91 NOIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DIS TISSES CHEZ LES BATRACIENS (1) ; Far M. K(Z:i.I.IS.ER . ( Présenlée à l'Académie des Sciences le I 3 juillet 1846.) 1. Le di''veloi)penicnt de l'œuf des Balracieiis (/?«»« , Triton, litifo, Boiiibinalor) commence avec le sillomiement du vitellus, connu depuis longtemps, quant à ses formes extérieures, par les travaux de Prévost, Paisconi , de Baër et autres. La cause interne de ces curieuses raélamorphoses est , comme je l'ai démontré ailleurs, la formation, dans l'intérieur du vitellus, de généra- tions de noyaux qui, en servant de centres d'attraction, déter- minent la division du vitellus en globules toujours plus petits. Le premier noyau , qui est une vésicule remplie d'un liquide clair et contenant une molécule , apparaît peu de temps après la fécondation et la disparition de la vésicule germinative qui en est immanquablement la suite ; il se forme indépendamment des taches germinatives , et détermine la formation d'un premier globule de division. Peu de temps après, deux nouveaux noyaux se développent dans l'intérieur du premier , et l'on voit alors le premier globule se partager en deux, dès que cette nouvelle génération de noyaux est devenue libre par la résorption du premier. Puis ces noyaux en forment eux-mêmes chacun deux autres dans leur intérieur; ceux-ci, devenus libres, détermi- nent une nouvelle segmentation du vitellus ; de telle sorte que l'on voit une génération de noyaux faire place à une autre plus nombreuse , et déterminer une division toujours plus grande de la masse vitelline. Quand, à la fin, ces globules à noyaux se sont formés en grand nombre, ils se métamorphosent en cellules en ac- quérant une enveloppe extérieure, ce qui a lieu presque en même temps (|ue l'on aj^ercoit lus premiers vestiges de l'embryon. Toutes les ci'llul(;s f(irmi''('s par la mélamorpliose des globules de [i] l.cs remarques suiv;iiilrs sont un rcsunii-il nhsi'rviitions qui siTfint puliliéo? /ilu.< tard en di'Uiii 92 HŒIXIKER. — DÉVEI.Ol'PElUlilNT DES TISSUS division se distinguent parce qu'elles sont remplies des mêmes globules graisseux qui se trouvent dans le vitellus au moment de la fécondation ; je les nommerai , d'après M. Cli. Vogt (em- bryogénie des Saumons) , cellules embryonnaires ou cellules pri- mitives (cellules organo-plastiques de WM. Prévost et Lebert). *2. Les cellules de la corde dorsale ne se développent pas par l'agrandissement des noyaux des cellules embryonnaires qui forment le premier rudiment de cet organe , comme le prétendent MM. Prévost et Lebert , mais bien par un simple agrandissement de ces cellules. A mesure qu'elles croissent, elles perdent les glo- bules graisseux qui les remplissaient au commencement ; leurs noyaux s'agrandissent aussi , et , à la fin , on les trouve métamor- phosés en de grandes vessies remplies d'un liquide transparent sans granules , et contenant sans exception un noyau attaché à la paroi interne de la membrane cellulaire, et pourvu d'un grand nucléolule. — La game de la corde dorsale paraît se former par une sécrétion des cellules qui composent cet organe. 3. Les premières cellvles de carlilage des larves des Batra- ciens ne sont autre chose que des cellules embryonnaires , comme l'a démontré M. Ch. Vogt dans son Embryologie de VÀlytes obsleirkans. Le développement ultérieur de ces cellules est le même que chez les cellules de la corde, c'est-à-dire que les cellules grandissent en perdant en même temps leur contenu graisseux , et forment à la fin un tissu de grandes cellules polygonales , très régulières, à membranes assez délicates, dont chacune contient un ou deux noyaux à nucléolules creux très apparents. Plus tard, l'on voit se former plusieurs générations de jeunes cellules dans l'intérieur de ces premières cellules de cartilage , dont les parois, en se soudant à celles de leurs cellules-mères, servent à consolider ces dernières , en sorte que les cellules de cartilage des larves plus avancées ont les membranes de plus en plus épaisses L'accrois- sement des cartilages primitifs ne paraît tenir qu'à ces formations endogènes de cellules , qui , en s'agrandissant toujours avant de former elles-mêmes de jeunes cellules, doivent nécessairement déterminer un volume toujours plus grand de leur carlilage. Les cartilages des cxtrémilés se développcnf parf'aifenienf do la mémo CHEZ LES l!ATHA(;iE.\S. î).i iiKiiiir'ic que les cartilages du crâne : seulenieiil , il est à remar- quer que les cellules qui les forment au moment de leur appari- tion ne contiennent point de globules graisseux. Û. Les premiers globules sangums ne sont autre chose que des cellules embryonnaires, identiques avec celles de tous les autres tissus. Bientôt ces cellules commencent à perdre leurs granules graisseux un à un, en acquérant en même temps une légère teinte jaunâtre, et alors elles manifestent ouvertement ce qu'elles deviendront plus tard. Leur transformation en vrais globules du sang s'opère par la résorption de tout le contenu graisseux , et par une coloration plus intense du liquide intérieur, tandis que leur forme , de ronde qu'elle était , devient allongée , et leurs noyaux plusapjjarenls. Les globules sanguins primitifs se forment dans le cœur et dans les grands vaisseaux , et ne sont autre chose que les cellules centrales des premières ébauches de ces organes. Peu de temps après la disparition des branchies externes, on trouve dans le sang, chez les larves de Grenouilles, des globules lymphatiques incolores qui ont parfaitement le même aspect que les globules lymphatiques des animaux adultes, et se transfor- ment de la même manière en globules sanguins. 5. Les faisceaux primitifs des muscles du tronc et de la tète se forment de cellules embryonnaires, ceux des muscles des extrémités de cellules sans contenu graisseux. Ces cellules, en se rangeant en séries linéaires l'une à la suite de l'autre , se soudent en un tube dont la membrane est formée par les parois des cellules , le con- tenu par leurs noyaux , leurs globules et leur contenu liquide. Les fibres musculaires primitives se développent par une métamor- phose de ce contenu, soit tout alentour à la face interne de la membrane du tube (muscles des extrémités des larves de la Gre- nouille ; muscles des Tritons) , soit seulement d'un côté (muscles du tronc et de la tête de la Grenouille) ; dans le premier cas , des noyaux des cellules, qui persistent très longtemps, se trouvent dans le centre du faisceau des fibi'es primitives ; dans le dernier, ils se trouvent à l'extérieur de celui-ci , entre sa superficie et la membrane du tube. — La membrane qui entoure les faisceaux primilifs (les muscles, doiil le développement vient d'être déci'it , 9/i KŒLMKKK. — Di;Vlil,(>rriiMK>l DliS TISSUS et ses nuyaux, ne sont autre cliose <]ue le sarcolemma et les noyaux qui ont été décrits chez les muscles des adultes. 6. f'aisseati.r saurjuins. — Chez tous les Batraciens, mais principalement chez les Tritons et Bombinator, la formation des vaisseaux de la queue est assez facile à observer ; néaimioins les observations de Schw ann, celles de Prévost et Lebert et celles de Platner, ont donné des résultats tuut-à-fait dillérents. D'après mes recherches , tous les vaisseaux de la queue des larves des Batraciens ont originairement les caractères microscopiques des plus fins capillaires , c'est-à-dire qu'ils possèdent une mem- brane délicate parfaitement homogène , avec des noyaux accolés çà et là à sa face interne. Je n'ai pu suivre la manière dont se forment les premiers rudiments du grand tronc artériel et du tronc veineux , qui longent la face inférieure de la colonne verté- brale, quel'on peut nommer artère et veine caudale, parce' qu'au moment de leur première apparition les tissus des larves sont trop opaques pour permettre ime observation exacte; mais j'ai remar- qué que ces deux troncs , c[ui aboutissent directement l'un à l'autre par une anse simple, s'allongent en arrière, à mesure que la ([ueue des larves s'accroît, en poussant des prolongements qui, en se joignant à des cellules embrynnnairr-s rondes, accumulées au- tonrde l'extrémité postérieure de la corde dorsale, se soudent avec elles , de manière à ne former qu'une seule cavité. Les premiers vaisseaux latéraux de la queue , qui ont la forme de simples arcs allant de l'artère à la veine , se forment par une jonction de pro- longements de l'artère et de la veine caudale avec certaines cellules allongées ou étoilées de la substance de la queue. Dès que CCS arcs sont formés et perméables au sang , de nouveaux prolongements en partent , se mettent en contact avec de nou- velles cellules ramifiées, et forment avec elles des arcs secon- daires. De cette manière, le réseau capillaire s'étend toujours plus loin à mesure que la queue s'élargit et s'allonge, et devient en même temps plus épais par la formation de nouveaux vaisseaux entre ses mailles primitives; ces vaisseaux naissent soit de deux prolongements venant de deux vaisseaux voisins pour se souder entre eux, soit de prolongements semblables qui se joignent à des CHEZ l.liS liATIlAClIvNS. 95 cellules raiiiilicos , identiques avec celles qui seiveul à loniier les arcs primitifs. Voilà brièveiiieiit le résultat de mes recherches; il ne me reste que quelques mots h dire sur les cellules mention- nées, sur la manière dont les prolongements des vaisseaux se for- ment , et sur l'aspect du réseau capillaire primitif. Les cellules étoilées ou allongées qui servent à la formation des capillaires font partie des cellules étoilées si nonibreuses dont Schwann fait déjà mention en parlant de la formation des capil- laires dans la queue des larves de Batraciens. Ces cellules étoilées se forment par une métamorphose des cellules embryonnaires , et sont de nature très dilférente. Les unes, pourvues de beaucouptle prolongements, à l'instar des cellules à pigment noir ou jaune qui se trouvent à côté d'elles , ne se transforment jamais en vaisseaux, mais se trouvent chez les larves de tout âge; les autres, plus simples, en général pourvues seulement de deux à cinq prolonge- ments , servent à former les vaisseaux , et prennent aussi part au développement des nerfs et des vaisseaux lymphatiques , comme il sera exposé plus tard. Il est assez facile de distinguer ces deux classes de cellules étoilées ; mais pour ce qui regarde les varia- tions de la seconde classe, je n'ose prétendre être à même de les distinguer dans tous les cas les unes des autres , (|uoique leur aspect soit quelquefois assez caractéristique. l-es prolongements des vaisseaux de la queue se forment de la manière suivante : premièrement, on aperçoit un petit bourrelet conique , provenant d'un accroissement latéral de la membrane d'un vaisseau capillaire. Bientôt ce bourrelet s'allonge en forme de pointe , s'accroît de plus en plus en se courbant parfois dans im sens ou dans un autre, et forme un prolongement ])lub ou moins long, et généralement de très peu d'épaisseur, souvent même aussi mince qu'une fibrille du tissu fibreux. Au commencement , ce prolongement est parfaitement solide ; mais peu à peu , surtout après sa jonction , soit à une cellule étoilée, soit à un autre pro- longement ou à un vaisseau déjà perméable au sang , on le voit devenir plus large : alors une cavité se développe dans son inté- rieur : celte cavité , en s' avançant toujours depuis le vaisseau dont il ri tiré son origine, et depuis la cellule à laquelle il s'est 1)6 HWLI.IKER. — DÉVKI.OPI'liMliM DUS ïlSStlS soudé , ne tarde pas à le rendre creux dans toute sa longueur, perméable au li([uide , et bientôt aussi aux globules du sang. L'aspect des vaisseaux capillaires est très remarf|uable , dès leur formation , par la grande inégalité du diamètre de leurs cavités ; celles-ci sont larges , là où se trouvent les corps des cel- lules qui ont pris part à la formation des vaisseaux, et très étroites dans les parties formées par les prolongements des cellules ou des vaisseaux. Peu à peu cette inégalité s'efface par l'accroissement des prolongements, et en même temps des courants de sang réguliers s'établissent. Quant à la structure des capillaires, il est évident, et prouvé par mes observations, que leur membrane est formée par la jonction des membranes des cellules étoilées , et que les noyaux attachés à la face interne de cette membrane ne sont autre chose que les noyaux de ces cellules. Les prolonge- ments qui naissent des vaisseaux déjà formés doivent être mis sur une même ligne avec les prolongements des cellules étoilées , et prouvent que les membranes de ces cellules ne perdent pas la faculté de s'accroître et de se prolonger, même après leur trans- formation en vaisseaux. Enfm, j'attirerai encore l'attention sur une preuve non équi- voque de la justesse de cet exposé du développement des vais- seaux sanguins capillaires, c'est-à-dire sur ce fait, que les premiers vaisseaux latéraux qui se forment chez les larves de la Grenouille possèdent tous , là où se trouvent leurs noyaux et les élargisse- ments que j'ai signalés comme les corps de leurs cellules primi- tives, une accumulation des mêmes globules graisseux qui se rencontrent dans toutes les cellules embryonnaires. Plus tard , ces globules sont résorbés , et laissent les vaisseaux parfaitement libres pour le passage du sang. Le cœur n'est originairement qu'un amas compacte de cellules embryonnaires sans aucune cavité. Plus tard , il se forme dans son intérieur un liquide dans lef|uel les cellules centrales na- gent ; en même temps l'on remarque les premières pulsations. Alors le liquide contenu dans sa cavité se change en sang par la métamorphose des cellules qu'il contient : la cavité elle-même se met en contact avec les cavités des grands vaisseaux , et les cel- c.iiKZ lES ii\iin(;ii;>s. 97 Iules qui lbi-iiicut sos pai'ois su Iraiisl'orriuMit en libres musculaires et fibreuses, et en un épitélium. — Quant aux grands troncs des vaisseaux , il m'a été impossible de suivre leur développement pas à pas , comme celui du cœur ; pourtant j'ai vu que l'aorte et les veines caves et pulmonaires ne consistent au commencement que dans un amas de cellules identiques avec celles qui forment la première ébauche du cœur, et que plus tard ces cellules se transforment en fibres longitudinales et transversales. Les autres vaisseaux d'un diamètre moins grand, à l'exception de ceux de la queue, qui ont tous la structure des capillaires , paraissent, d'après mes observations , se former , les uns , de la même manière que le cœur , et ne consister primitivement que dans un cordon de cellules plus ou moins épais , qui se transforme en un tube par la sécrétion d'un liquide dans son intérieur ; les autres se développent évidemment par des séries simples ou doubles de cellules rondes, dont les parois se soudent tellement entre elles , qu'elles ne forment qu'un seul canal , composé d'une membrane homogène avec des noyaux de cellules épars. 7. Vaisseaux lymphaliqves. — Je viens de découvrir les vais- seaux lymphatiques dans la queue des larves des Batraciens {Rana, Bvfo , Bombinalor et Triton), découverte d'autant plus intéressante , que les vaisseaux lymphatiques n'ont encore été vus et étudiés avec le microscope chez aucun animal durant sa vie. Mes observations m'ont mis à même de fixer beaucoup de points jusqu'à présent complètement douteux ou inconnus touchant l'a- natomie et la physiologie de ces vaisseaux , savoir : la manière dont ils commencerjt dans les tissus des organes; leurs relations avec les vaisseaux sanguins ; la structure de leurs ramifications les plus fines que j'appellerai capillaires; leur développement; la nature et le mouvement de leur contenu et leur contractilité. Les vaisseaux lymphatiques mentionnés sont situés dans le même plan que les vaisseaux sanguins , et se croisent en divers sens avec eux. Ils consistent : 1° en deux grands troncs longitu- dinaux , dont l'un (tronc lymphatique caudal inférieur) est situé entre et dessous l'artère et la veine caudale, l'autre (tronc lym- phatique caudal supérieur) entre les muscles dorsaux , vers leur 3' série. Zool. T. VI. {Août I816.J 5 7 us Mtt;i,i,iMER. — OFhlir.ol•l'I•;Ml•;^r di;s rissis l)ord supérieur; 2° en une grande quantilé de rameaux qui, eu partant des deux troncs longitudinaux , s'enfoncent dans la partie supérieure et inférieure de la queue. Ces derniers , dont le nombre surpasse quelque peu le nombre des artères, se ramifient en forme d'arbrisseaux , et pénètrent aussi loin que les vaisseaux sanguins en différant essentiellement de ceux-ci par la rareté ou le manque total d'anastomoses entre eux , et par leurs terminai- sons en ramuscules pointus, tant soit peu ramifiés et d'un dia- mètre moindre que celui des plus fins capillaires. Tous ces vais- seaux lymphatiques, dont le diamètre égale plus ou moinsceluides vaisseaux sanguins (4 ), ont essentiellement la même structure que ceux-ci , c'est-à-dire qu'ils sont formés d'une membrane homo- gène, à la face interne de laquelle sont accolés çà et là des noyaux aplatis ; seulement cette rnembrane est beaucoup plus mince. Ouantàleur forme, ils diffèrent notablement des vaisseaux san- guins par leurs nombreuses ondulations, par une grande quantité de sinuosités ou de vrais prolongements extérieurs et plus ou moins pointus de leur membrane , et par de fines granulations accu- mulées dans leur intérieur autour des noyaux. Celte différence est surtout très remarquable chez les larves moins avancées , et rend la distinction de leurs vaisseaux lymphatiques très facile ; plus ta'-d , ces vaisseaux s'approchent plus des vaisseaux sanguins ; liourtant leur membrane garde toujours certaines rugosités et inégalités à sa surface , et n'acquiert jamais la surface lisse que possèdent les vaisseaux sanguins , même les plus jeunes. En outre , la distribution particulière des rameaux de second et troi- sième ordre , qui partent presque toujours à angle droit, et pos- sèdent une direction presque rectiligne , est un bon moyen pour reconnaître les lymphatiques. — Je remarquerai encore, comme un point digne d'intérêt , qu'aucun des vaisseaux lymphatiques (1) Chez une larvp de Grenouille , qui a perdu ses branchies exiernes depuis huit jours, le tronc lynophatique caudal inférieur mesure 0,01 2 — 015"', les rameaux qui en partent 0,906—0,012'", l'artère caudale 0,016'", les rameaux qui en sortent O.OOi.'i— 0,012'". Chez les larves de Triton, de Bombinator et sur- tonl de Bufo, le diamètre des vaisseaux lymphatiques est de beaucoup inférieur il celui des vaisseaux sanguins. c.iii;/ Li;s r.MiiM.FKNs. '.M) <\p la {lUPiie des larves de lîatiacieiis , pas môme les h-diirs longi- liidinaux , ne possèdent de valvules dans leur intérieur. Le contenu de ces lymphatiques est limpide , clair comme de l'eau , et presque dépourvu de globules lymphatiques; au moins je n'en ai pas aperçu plus de trois ou quatre durant de nombreuses observations, faites du vivant des larves. Outre ces globules, l'on trouve encore , mais aussi 1res rarement, de fins granules poncti- formes. Ces quelques observations m'ont mis à même d'étudier le mouvement de la lymphe , qui est très lent (à peu près douze fois plus lent que celai du sang dans les capillaires), mais con- tinu. La contraclilité des capillaires lymphatiques peut être comparée à celle des capillaires sanguins , sans être pourtant aussi énergi- que. Comme ceux-ci , ils ne se contractent pas visiblement durant la vie, mais paraissent garder toujours à peu près le même dia- mètre; seulement, après la mort des larves, on aperçoit un rétré- cissement de leurs cavités qui , sans être aussi considérable que celui qui afl'ecte en même temps les capillaires sanguins , dure quelque temps, et fait enfin place à un nouvel élargissement. Le développement des vaisseaux lymphatiques décrits se fait par- faitement de la même manière que celui des vaisseaux sanguins ca- pillaireSj c'est-à-dire par la jonction de cellules ramifiées entre elles et presque en même temps avec ces derniers vaisseaux. Je n'entre- rai point ici dans une description minutieuse de mes observations ; mais je me bornerai à mentionner quelques points d'un plus grand intérêt. Les cellules ramifiées, qui servent à la formation des lym- phatiques, et que l'on pourrait nommer lymphatiques, se dévelop- pent par une métamorphose des cellules embryonnaires, et sont assez faciles à distinguer des autres cellules ramifiées de la queue des larves, puisqu'elles ont l'aspect des dernières ramifications des capillaires lymphatiques. Comme les capillaires lymphatiques ne possèdent presque point d'anastomoses, leur mode de formation consiste principalement dans la production de prolongements venant des vaisseaux déjà formés (en première ligne des deux troncs longitudinaux), et s'unissant à des cellules ramifiées, tan- dis qu'il est très rare de voir deux prolongements se souder entre 100 KUvM.IKKK. DliVF.l.OI'l'liMIiM DUS TISSl-S eux en un seul rameau. Je dirai encore c|ue, chez des larves moins avancées, les cellules ramifiées qui servent à la formation des vais- seaux lymphatiques, contiennent sans exception, outre un noyau, une assez grande quantité de globules graisseux analogues à ceux des cellules embryonnaires, lesquels globules se trouvent aussi sans exception dans les vaisseaux lymphatiques des premiers temps, et prouvent, presque mieux que tout autre fait, l'origine de ces vaisseaux. Un point qui m'a coûté beaucoup de peine à déterminer est la relation des capillaires lymphatiques avec les capillaires sanguins. Comme la plupart des physiologistes modernes , je partais de l'opinion que ces deux espèces de vaisseaux n'ont aucune com- munication entre eux, et ne forment point d'anastomoses : opinion qui, au premier abord, parut être confirmée parfaitement par mes observations sur les larves de Batraciens , dont les lymphatiques finissaient tous en apparence par des terminaisons libres, closes et sans relation avec les capillaires sanguins; mais en examinant ces vaisseaux chez beaucoup de larves, durant leur vie, je fus bien étonné de les voir traversés cà et là par des corpuscules sanguins, tout-à-fait développés quant h la forme et à la couleur, qui ne pou- vaient tirer leur origine de ces vaisseaux mêmes, puisque i'ob- s(^v\ ntion la plus exacte les montrait presque exempts de globules lymphati([ues, et ne laissait apercevoir aucune forme intermé- diaire entre les globules lymphatiques et sanguins. Ce fait prouvé, je me mis à la recherche de communications entre les vaisseaux capillaires lymphatiques et sanguins, communications qui, comme on le sait, ont été admises par plusieurs anatomistes, puisqu'ils ont vu passer des injections des artères dans les vaisseaux lym- phatiques, et je pus bientôt me convaincre qu'il existe en vérité de pareilles anastomoses. Dans plusieurs cas, je vis sur des larves tuées des communications des lymphatiques capillaires les plus fins avec les dernières mailles des vaisseaux sanguins, et il me fut même possible de voir sur des individus vivants le trajet des cor- puscules du sang des capillaires sanguins dans les lymphatiques. - (' en (tnaalomoses sont prohahiemenl toutes palholodiques. Vn exa- men attentif des larves vivantes, très pénible à cause d^ leur viva- CriEZ LES BATRACir«S. lO'l cité, m'a démontré que ces anastomoses, de même que des glo- bules sanguins dans les lymphatiques, ne se trouvent jamais quand le courant du sang est régulier ; on ne les voit que quand la cir- culation devient tumultueuse au microscope, par les circonstances extérieures défavorables dans lesquelles les larves observées au microscope avec des grossissements considérables sont immanqua- blement placées. Alors des extravasations nombreuses se forment surtout dans les vaisseaux de l'extrémité postérieure et du bord supérieur et inférieui' de la queue ; les vaisseaux lymphatiques , très souvent accolés aux vaisseaux sanguins, ou se croisant avec eux , sont percés dans un ou plusieurs endroits , et reçoivent les éléments du sang dans leur intérieur : on peut même voir s'éta- blir un courant assez régulier des vaisseaux sanguins dans les lymphatiques, si de pareilles larves sont placées dans un bocal d'eau pendant quelque temps, et réexaminées au microscope. Telle est, d'après mes observations, l'origine de la plupart de ces anas- tomoses, dont quelques unes se sont formées pour ainsi dire sous mes yeux ; néanmoins il se pourrait que l'une ou l'autre d'entre elles dût être envisagée d'une autre manière , non comme état pathologique, mais comme formation primitive anormale , ce qui pourrait être vrai surtout pour deux cas d'anastomose manifeste et non douteuse , où il me fut impossible de découvrir même les traces d'une extravasation antérieure ou d'une rupture des vais- seaux. — Quant aux globules sanguins observés dans les lympha- tiques, je dirai que je leur ai découvert encore une seconde source, outre celle des anastomoses pathologiques mentionnées ; ils pro- viennent aussi d'un reflux du sang des grandes veines dans les troncs principaux du système lymphatique, reflux que je n'ai pas été à même d'observer directement , mais dont l'existence me paraît démontrée par l'observation d'une grande quantité de glo- bules sanguins allant des deux troncs lymphatiques caudaux dans les dernières ramilications des lymphatiques de la queue , obser- vation qui peut être faite chez presque toutes les larves duni la respiration est gênée par le manque d'eau. En appliquant sur des larves vivantes une ligature autoiu' do la tête, tout-à-l'ail devant le Cdjur, j'ai mènii- pu produire artificicllemeiil un pareil lrnj(^l du 102 KŒI.I.IKKB. — niîVEI.OI'1'EHENT DES TISSLS sang dans les lymiihatiques, dont le résultat était très souvent une injection presque totale et très belle des lymphatiques de la queue par le sang. Je finis cet exposé des lymphatiques des larves de Batraciens, en résumant les faits principaux en peu de mots : 1° Les dernières ramifications des lymphatiques ont la même structure que les capillaires sanguins, excepté que leur membrane est plus délicate et pourvue de nombreux prolongements. 2° Les capillaires lymphatiques sont moins nombreux que les capillaires sanguins , se ramifient en forme d'arbre , ne formant presque point d'anastomoses, et se terminent en ramuscules libres et clos. 3" Il n'existe point d'anastomoses entre les capillaires sanguins et lymphatiques dans l'état normal ; mais celles-ci se forment très facilement lorsque le sang s'extravase.des vaisseaux. 4° Le mouvement de la lymphe est beaucoup plus lent que celui du sang, et ne dépend point d'un mouvement péristaltique des vaisseaux lymphatiques, ni de contractions partielles. 5° La contractilité des vaisseaux lymphatiques est semblable à celle des capillaires sanguins, mais moins énergique. 6' La lymphe est inorganisée (sans globules) dans le commen- cement des lymphatiques, 7° Les capillaires lymphatiques se développent presque en même temps que les vaisseaux sanguins par la jonction de cellules étoilées ; leur membrane égale une membrane cellulaire , et pos- sède !a faculté de former des prolongements ; leurs noyaux sont les noyaux des cellules étoilées, 8. Nerfs. — Les nerfs des larves de Batraciens sont très remar- quables et, au moins d'après nos connaissances actuelles, par- faitement uniques dans leur genre. Schwann (1) est le seul qui ait reconnu chez les larves du Crapaud une de leurs principales par- ticularités, c'est-à-dire leurs ramifications; mais il semble que personne n'a ajouté grande foi à ses observations, parce que, en effet, il devait paraître trop paradoxal d'admettre chez ces larves (1) Micrnxropisiiir l'iilri yiitliiitiiini, |i 177. CHEZ LliS BAlliACIIi.NS. lOâ une forme tout-à-fait particulière de nerfs, tandis ([ue Ton savail que les nerfs des animaux adultes ne diiVèrent en aucune manière de ceux des autres Vertébrés : néanmoins ces observations sont parfaitement justes. D'après mes recherches, les nerfs de la queue des larves de Rana, Bufo et Triton, se ressemblent tous dans leur forme, et diffèrent presque en tout point des nerfs des Ver- tébrés adultes, principalement parleurs ramifications . leurs ier- minaisons libres, \eur exlrèiiie finesse et leur pâleur. Eu examinant le bord de la musculature de la colonne vertébrale dans la queue des larves qui ont perdu leurs branchies externes depuis peu de jours , on distingue , à f|uelque distance au-dessous de la peau , des fibres pâles, d'un diamètre de 0,001 — 0,002'", qui entrent obliquement dans la partie supérieure et inférieure de la queue. En suivant ces fibres , on ne tarde pas à remarquer qu'elles ne sont autre chose que des nerfs qui, en se ramifiant de manière à former des rameaux toujours plus fins , s'avancent vers le bord inférieur et supérieur de la queue, en restant toujours entre la lame qui porte les vaisseaux sanguins et lymphatiques, et l'épi- derme, et finissent par des terminaisons pointues, aussi délicates (jue les fibres les plus déliées du tissu fibreux , c'est-à-dire de 0,0003—0,0005'" de largeur. Voilà en peu de mots la direction que prennent ces nerfs. Quant à leur structure intime, je dois insister surtout sur la nature simple et parfaitement homogène de toutes leurs parties. Ni les troncs , ni moins encore les rameaux qui eu partent, ne montrent aucune trace d'une composition de fibrilles ou de tubes plus minces, mais sont sans aucun doute parfaitement homogènes. Par-ci par-là on leur trouve des renflements d'une forme triangulaire ou fusiforme, situés très souvent à la place des bifurcations, et qui. examinés de plus près, se montrent être des noyaux ou des agrégations de petits granules. Quant aux terminaisons de ces nerfs, il est à remarquer qu'ils semblent tous destinés à la peau ; les uns finissent non loin du bord supé- rieur et inférieur de la queue, les auti'es çà et là dans la peau. Pour les vaisseaux sanguins et lymphatiques de la qu(uie, il m'a été im|)ossible de leur Irouver des nerfs. Ces nerfs ramifiés el simples se forment en même lemp.^ que 104 KŒLLIKKR. — DÉVKLOl'riiAlliM UliS llSStS les vaisseaux par la jonction de cellules fusîformes ou étoilées, comme je puis le prouver par l'observation directe de pareilles cellules , soit libres , soit plus ou moins jointes à des ramifications nerveuses, par l'existence de noyaux dans les parties renllces des nerfs, et par la présence, chez des larves jeunes, d'une grande quantité de globules graisseux dans le voisinage des noyaux qui sont parfaitement de la même nature que ceux de toutes les cellules embryonnaires, i.e nombre des nerfs est moins grand dans les larves plus jeunes ; il augmente de plus en plus par la formation d'anastomoses entre les divers troncs et leurs ramillcations, qui naissent à peu près de la même manière que les anastomoses des vaisseaux sanguins , et par le développement de nouveaux troncs et rameaux se formant par la jonction de prolongements des nerfs déjà existants à de nouvelles cellules étoilées ou fusiformes. Tous ces troncs et rameaux d'une formation secondaire ont parfaite- ment, la même structure que les nerfs primitifs déjà décrits ; seule- ment on ne leur trouve jamais de globules graisseux , puisque les cellules desquelles ils tirent leur oi'igine n'en possèdent plus elles- mêmes , et appartiennent en partie à une génération nouvelle de cellules que l'on voit se former dans la substance de la queue, dans le plan même dans lequel sont situés les nerfs. Quant aux transformations ultérieures de ces nerfs , je n'ai pas encore pu les suivre dans toutes leurs phases , puisque mes larves n'ont pas encore atteint la fin de leur développement. Tout ce (|ue je puis affirmer jusqu'à présent, c'est que : 1" Les nerfs primitifs ne tardent pas à s'accroître de beaucoup (du double, triple et plus) durant les progrès du développe- ment; 2° Peu à peu ils développent en eux des tubes d'un diamètre de 0,0008 — 0,001 -2'", qui ont parfaitement l'aspect des fibres nerveuses fines du nerf sympathique , optique , du cerveau , etc. ; 3° Le développement de ces tubes procède très lentement des troncs vers les ramifications ; 4° Les troncs et leurs rameaux plus forts , qui , dans les larves de jeune âge, sont tous simples, et composés d'une seule fibre très pâle, conlicnnenl |)lus tard dans leur intérieur deux, trois ClIliZ l.liS ISAlllAClliKS. 105 OU plus de tubes d'une nature indubitablement nerveuse , d'où il paraît résulter qu'une fibre nerveuse embryonnaire peut déve- lopper en elle jjlusieurs des tubes nerveux dits primitifs ; 5" Plus le développement avance, plus les terminaisons libres des nerfs font place à des anses formées soit entre des fibres nerveuses retenant encore leur aspect primitif, soit entre des fibres dont le caractère nerveux est plus développé ; 6° Les tubes d'un caractère indubitableuient nerveux , qui se développent un ou plusieurs dans les nerfs primitifs, accrois- sent aussi pendant le développement des larves , et ne paraissent point se bifurquer ou se ramifier; pourtant , je dois avouer que je ne suis pas parfaitement sur de ce dernier point, et que j'ai même cru apercevoir dans un cas une bifurcation d'un pareil nerf. Quant aux autres nerfs que ceux de la queue , il est très diffi- cile de suivre leur développement. Pourtant, j'ai observé des nerfs ramifiés et de la même structure que ceux de la queue dans la peau de l'abdomen. Quant aux troncs nerveux , je crois avoir vu que leurs tubes nerveux se développent de cellules allongées , qui , en se joignant entre elles , forment des filets nerveux minces et très pâles avec des noyaux , qui , en accroissant et en dévelop- pant une substance opaque dans leur intérieur, se transforment en vraies fibres nerveuses. Je finis cet exposé en désignant en peu de mots les résultats que la physiologie des nerfs peut tirer des faits que je viens de mentionner. Les larves de Batraciens sont très sensibles, comme il est facile de s'en convaincre par des expériences. Cette sensibilité existe déjà dans un temps où leurs nerfs n'ont que des terminaisons libres , et ne sont formés que de ramifications de fibres parfaitement simples. Il dérive de ces faits : 1° que les anses des fibres nerveuses ne sont point des parties essentielle- ment nécessaires pour transmettre les sensations au cerveau . comme beaucoup de plivsiologistes l'ont cru depuis le temps où Valentin a publié ses belles observations sur le mode de termi- naison des nerfs; 2° qu'une seule fibre nerveuse peut transmettre en même temps diverses sensations au cci'veau , l'ait (|ue l'un de nos plus grand.- plivsiologistes, Volkmani;. vieut de prouver pnui 106 KffiLMKER. DlîVELOl'PEMIiiNÏ DES TISSUS les fibres du nerf optique, mais qui n'a point pu être démontré jus- qu'à présent pour les autres fibres nerveuses sensitives. - Enfin, je dirai encore que mes observations sont peut-être propres à jeter quelque lumière sur la l'onction des prolongements des cel- lules ou corpuscules nerveux. Comme ces prolongements ont par- faitement le même aspect et la même structure que les nerfs pri- mitifs de la queue des larves des Batraciens, et se ramifient et se terminent aussi exactement de la même manière , l'on pourrait en conclure que ces prolongements sont de vraies fibres nerveuses, qui, au lieu d'être destinées à des organes extérieurs, servent à mettre en relation diverses parties du système nerveux lui-même, conclusion qui paraîtra encore plus vraisemblable, si l'on se rap- pelle que j'ai prouvé que certains prolongements des cellules ner- veuses ganglionnaires se transforment en fibres nerveuses fines. EXPI.ICATIOIM DES FIGURES. IM.ANCUE 5. KiG, l-i. Vaisseaux sanguins capillaires de la (|ueue des larves de Rana , grossis 350 fois. Fig. 1. Vaisseaux d une larve 1res jeune, u, capillaires perméables au sang. b. granules graisseux attachés à la membrane des capillaires, el cachant les noyaux. c, prolongement déjà creux d'un vaisseau capillaire, finissant en pointe. (/, cellule ramifiée, à noyau el globules graisseux se joignant par trois pro- longements à des prolongements de capillaires déjà formés. e, globules sanguins, contenant encore quelques globules graisseux. Fig. 2. Capillaires dune larve très jeune. (Les lettres n-c ont la mémo signification que dans la figure précédente ) rf, cellule ramifiée, se joignant a deux prolongements de capillaires déjà formés. e, deux prolongements de vaisseaux capillaires soudés ensemble. Fig. 3 et 4. Capillaires de larves plus avancées. u, capillaires perméables au sang. b, noyaux attachés à la face interne de leur membrane c, corps des cellules ramifiées. (I, noyaux de ces cellules. f, prolongements de ces cellules se joi^'nanl .\ des prolongemeiils de vais- seaux déjà perméables au sang. r.lll'Z LES iîMlUCIENS. 107 (, prolongement d'un vaisseau. (j, globules du sang. A, globules lymphatiques. FiG. 5-8. Vaisseaux lymphatiques capillaires de la (|ueue des larves de la Grenouille, grossis 400 fois. FiG. 5-6 Lymphatiques de larves très jeunes. Fig. 0. Partie d'une ramification d'un lymphatique de la lame inférieure de la queue. a, membrane des vaisseaux. b, prolongements de cette membrane. c, granules graisseux attachés à la face interne de la membrane, et entou- rant les noyaux. (/, deux prolongements de la membrane, soudes ensemble, f. terminaisons de ces vaisseaux. f, cellule ramifiée, à peine jointe à une pareille terminaison. i coiuis; Par M. OZ MARTINO. (Extrait d'unn leltrp adressée par l'auleur à M. Milnc Edwards.) La question de savoir si le bnltement du cœur a lieu pendant la systolr ou la diastole des ventricules m'a toujours paru fort intéressante. En exa- minant le fait, surtout chez les Reptiles, j'avais observé que c'est à l'instant de la diastole du ventricule que le cœur s'élève et inipiime une secousse aux parois de la poitrine. Cependant, toutes les fuis que j'es- sayais de répéter la même observation sur les Vertébrés à sang chaud , le grand désordre qui survient dans les mouvements du cœur, aussitôt que ce grand centre de l'économie animale est mis à découvert, ine met- tait dans l'impossibilité de déterminer avec précision la coïncidence de la diastole des ventricules avec le battement du cœur. J'avais renoncé à poursuivre ces recherches sur les classes supérieures des animaux vertébrés, lorsque Je considérai que, dans la seconde pé- riode du développement du Poulet , le cœur, eu pulsation , pouvait of- frir les conditions les plus favorables pour résoudre cette question , de laquelle dépend l'interprétation de plusieurs phénomènes d'auscultation. Elfectivement, dans cette période, le cœur se trouve en nirojiie na- turelle et transitoire , et il est possible de l'observer battre régulière- ment , longtemps après qu'on a ouvert l'œuf. Pour soumettre celte considération h l'épreuve de l'expérience , j'ai choisi l'œuf au cinquième jour de l'incubation. J.a division des trois parties du cœur, oreillette, ventricule et bulbe norlique sont alors bien déve- loppés anatomiqueiueut et physiologiquement ; l'oreillelte , mieux sépa- rée , se porte à gauche; le ventricule cordiforme se dirige à droite, et un étranglement plus profond {fretiim Halkri) détache le bulbe aorti- que du ventricule : ces trois parties sont en outre recouvertes de leur masse musculaire , et se contractent successivemeut en trois instants bien distincts , premièrement l'oreillette , le ventricule après , et en der- nier lieu le bulbe aortiiiue, comme dans le cœur des Reptiles. Le résultat de mes observations a été que , lorsque l'oreillette du cœur se contracte sur la portion de sang qu'elle a reçu par les deux veines terminales , supérieure et inférieure , le ventricule entre en dias- tole, et rebondit inslautanenienten s'élevant à un tiers environ de milli- mètre au-dessous de la tèle de l'embryon. Dans l'instant suivant, le xentricule se contracte et s'abaisse vers les lames ventrales. Parcelle méthode on peut déterminer fort aisément que le cœur du poulet donne la secousse ou le hntlemcnt pendant la diastole du ventricule, surtout si, après avoir ouvert l'œuf, on attend que ses pulsations deviennent im peu plus rares. 11(1 KKWHK. — SI 11 \.\ (MiM-.».MI()\ ORSKIiVATIONS SUR LA GÉNÉRATION KT LE DÉVELOPPKMENT DES BIPHORES (SAI.PA): Par M. KROBN. (Présentées à l'Académie des Sciences le 31 aiiiil 1846.) Une des découvertes les plus importantes, dont la physiologie s'est enrichie de nos jours , est sans contredit celle des remar- quables phénomènes observés chez plusieurs animaux inférieurs, et désignés sous le nom de propagation par générations alterna- tives. On sait que M. Steenstrup a l'incontestable mérite d'avoir le premier réuni, d'une manière ingénieuse, tous les faits qui se rattachent à ce sujet (1). En rapprochant les phénomènes obser- vés par Chamisso chez une seule espèce de Biphores (S. pinnata). des phénomènes analogues, étudiés dans d'autres groupes d'ani- maux, et en les généralisant, le savant professeur danois les a ainsi mis en lumière , et leur a donné toute leur valeur. Si ce rappro- chement a puissamment contribué à ai créditer les vues de Cha- misso , tant de fois contestées , on ne peut nier cependant que , pour être mise hors de doute , cette opinion ne réclamât un plus grand nombre de preuves. Dans la pensée que toutes les ques- tions relatives à la génération des Biphores, et restées indécises jusqu'à ce jour, ne sauraient être résolues que par des recherches faites sur les lieux où ces animaux abondent , je me rendis en Sicile , où je consacrai plusieurs mois à étudier spécialement ces animaux. Je me réserve de donner prochainement plus de détails sur mes observations ; aujourd'hui je n'en communiquerai que les principaux résultats, ceux ([ui ont rapport ex-^lusivement à la génération et au développement des Biphores. §1". F)es générations héléromorplics chez les Biphores. — Confirniation des vues de Clianiisso par l'étude de sept espèces. Tout Biphore est vi\ ipare , et chaque espèce , comme l'a démontré Chamisso , se propage par une succession alternative (1) Ueber den Gencratinnswechei in den niedern Thierklnssen 1842. — Consultez aussi le Mémoire intéressant de M. Dujardin, sur le développement des Méduses <>l des Polypes hydraires, inséré dans ces Annales (3' série, I. IV. p. 237). liT l.K l)ÉVIiI.OI'l'liVIK.\r l)liS lill'IIOIlES. 111 (le géiu'ralions dissemblables. l>'uiie de ces générations est re- présentée par des individus solitaires ou isolés; l'autre, par des individus agrégés, réunis en groupes connus sous le nom de chaînes. Chaque individu isolé engendre un groupe d'individus agrégés, et chacun de ceux-ci produit à son tour un individu soli- taire. Les individus isolés sont donc multipares ; les individus associés sont donc unipares. Cette difTérence n'est pas la seule qui existe entre les deux générations alternantes : car si maintenant on compare les individus associés , représentant la génération agrégée, aux individus solitaires formant la génération isolée, on trouvera qu'ils dilTèrent entre eux , non seulement sous le rapport de la conformation extérieure, mais encore par plusieurs particu- larités de l'organisation. Il faut donc entendre par espèce, l'ensemble des générations dissemblables, isolées et agrégées, qui se succèdent alternative- ment. Il conviendrait donc, pour déterminer chaque espèce, de ne conserver qu'un nom , qui comprendrait les deux états ou les deux formes provenant d'un même type, qu'on a considérées à tort comme constituant deux espèces distinctes, et auxquelles on a donné des noms spécifiques qui ne peuvent plus servir à désigner aujourd'hui que l'une ou l'autre des progénitures hétéromorphes. Mais je me réserve de discuter, dans un travail plus étendu, la valeur des noms que je choisirai. En rattachant l'une et l'autre génération à l'espèce à laquelle elles appartiennent , et en discutant les déterminations données par les autres observateurs, c'est à six espèces seulement que je rapporte tous les Biphores que j'ai étudiés , et pour lesquels j'ai pu confirmer la justesse des vues de Chamisso. Aux six espèces ainsi déterminées , il faut encore en ajouter une septième, sur la- f|uelle je dirai tout-à-l'heure quelques mots. On verra par le tableau suivant, dans lequel j'ai essayé d'embrasser d'un coup d'œ'û les deux formes dérivées d'une souche unique, et constituant par conséquent une seule et même espèce, que chacune de ces formes alternantes ou générations hétéromorphes, a été décrite sous un nom spécifique particulier. J'ai marqué d'un astérisque deux formes (|ue j'ai observées , et sur Icsfjuelles je n'ai trouvé aucun ronseigncnient dans les auteurs. ÉTAT SOLITAIRE. [l'IiOlJiS SOI.ITAniA CinMiSMi. ) PREMIERI S. «lenioeratica , Forskal ( flexcriplitmes animal, m itinere orientati observât. y- p. 113, tab. 36, lig. G). S. spinosa, Otto {Snvn Actn .\atm: Curiosor.. loin. M, p. 303, lab. U'2). DEUXIEME .*». africana, Forsk. (/. r., p. Hfî, tab. 36, fip;. C). — Caractérisé d'après un jeuni individu encore pourvu du placenta et de l'éléoblaste. TROISIEME S. riiiirinata . (ihamisso (De animalibus quibusdam e classe vermium Linneana, fasciculus 1 : Dii Salpa, p. 14, fig. v. A, B, C, If). QUATRIEME S.» CINQUIÈME S. sculigera. f:uv. (/. c, p. 18. fig. k et .5). S. vivipara, Pérou et I.csiieur [Voyaye aux terres australes, Atlas, pi. 31, fig. 3). S. gibba, Bosc {Hisl. nat. des Vers, t. II, p. 179, pi. 20, (ig. 5). S. doliiini, Quoy et Gaim. (/. e., p. 575, pi. 90, (\^. 1-8). SIXIÈME S. * — Très analogue à la génération isolée du B. pinné. (Voyez Chamisso, /. c, p. 18, fig. 1, .4 et^). SEPTIÈME S. cordiformis, Quoy et fiaim. (/. r. , p. 579, pi. 88, fig. 7-H ). ÉTAT AGRÉGK. {PROLES GREGATA, Chamisso. ) ESPÈCK. S. niucroiiala . Forsk (/. c, p. \iU. tab. 36, (\g. /)). 1 ig. iiyrainidalis, Quoy el Gaiin. [Zonlngie du Voyage de l'Astrolabe, p. 593, i pi. 89, lig. 15-18). ESPÈCE. {s. maxiiiia, Forsk. (/. c, p. 112, tab. 35, fig. A). l"S. ForsUalii, Lcssoii {Zoologie du Voyage de la Coquille, t. II, pari, i, p. 276, pi. 6, fig. 1). [ESPÈCE. S. fiiiiiiforinia , Cuvier (Mémoire sur les Biphores, p. 23, fig. 10). ,S. iiiaxiina, Varietas prima, Forsk (/. c, tab. 35, fig. o 1 et a 2). Js. runcinaià indiquées par MM. Quoy et Gaimard , qui ont aussi soup(;onné avec raison ([ue le B scutigère (voyez le tableau) lire .son origine du B. bicaudé. 122 MKOHIV. — SUR LA GÉXÉUATION laires, remplies d'un liquide huileux parfaitement clair, dont la masse est formée de gouttelettes. Les faisceaux ou lamelles sont parcourus par de nombreux vaisseaux , qui s'ouvrent dans deux troncs, au mo^ en desquels l'organe semble adhérer au niicléus. Meyen, trompé par de fausses apparences, a cru recon- naître dans cet organe la masse vitelline ou, pour mieux dire, le sac vitellin du fœtus. Mais cette opinion ne saurait être admise, parce que les embryons agrégés, dont on ne peut faire remonter l'origine à des œufs , en sont également pourvus. Les dilférentes phases relatives au volume que parcourt cet organe pendant l'in- cubation du fœtus et après la naissance du jeune, correspondent en général à celles que suit le placenta. Mais son décroissement se faisant plus lentement, on en trouve encore les restes, longtemps après que le placenta a disparu. J'appellerai désormais cet organe éléoblaste ( elaeoblastemum ). Le développement du fœtus des Biphores agrégés est de longue durée , car il ne s'achève qu'à mesure que la mère approche du terme de sa croissance (l). Malheureusement la marche des phénomènes génésiques est encore fort peu connue. Ne pouvant donc , faute de matériaux suffisants , exposer ici l'ensemble de ces phénomènes , je me bornerai à communiquer sur ce sujet plu- sieurs résultats , qui peut-être ne manqueront pas d'intérêt. (Juant aux premiers changements que subit l'œuf après la fé- condation , il m'a paru que la vésicule et la tache germinatives disparaissent d'abord, que l'œuf augmente de volume, qu'il perd la forme ovalaire et devient sphériqne. Peu après, l'œuf ainsi transformé est remplacé par un corps rond , qui, en soulevant la portion de la tunique interne de la mère , précédemment super- posée à l'œuf, fait saillie dans la cavité de celle-ci sous la forme d'un mamelon. Ce corps n'est autre chose que le rudiment du placenta. Il est alors creusé d'une cavité en communication directe avec les deux vaisseaux de la mère , précédemment cités. (1) Il esta présumer que les Bipliores agrégés périssent peu de temps après le part. Ils avaient donc deux fonctions a accomplir pondant leur développement : l'une otail de produire et de former un nouvel être; l'autre, de féconder des géné- riilinns d'iiiiiniaia iHiiuciici-nés scniblablos à eux sous Ions les rapports. lii LE DiivEi,ori'i;.MiiM ui:s iJii'iioui;?. 12."i Ces vaisseaux sont à celte époque encore très étroits . mais ils ne tardent pas à grossir, à mesure que le développement fait des pro- grès. C'est par leur moyen que s'établit déjà un courant sanguin dans l'intérieur du placenta rudimentaire. Le sang de la mère, porté par l'un des vaisseaux dans la cavité, monte d'un côté vers son fond ou plancher, puis, en décrivant une courbe, descend de l'autre , pour retourner dans la mère par le vaisseau opposé. Le premier rudiment du fœtus ne se développe selon toute apparence c|u'après le [)lacenta. C'est un corps d'abord très petit, (jui se forme sur le sommet de ce dernier organe et sous l'enve- loppe qui le recouvre ; l'envelopiie n'étant , comme je viens de le faire voir, qu'une continuation de la tunique interne de la mère (1). Les organes ne tardent pas à apparaître dans cette masse rudi- mentaire de l'embryon ; mais tout ce qui concerne leur dévelop- pement, pendant la première période, m'est resté presque en- tièrement inconnu. Cependant je suis porté à croire que la cavité respiratoire est une des premières parties à se former. La preuve en est que le fœtus, qui d'abord ne semblait représenter qu'une masse solide, devient bientôt évidemment creux. Immédiatement après, on aperçoit les rudiments de la branchie et du ganglion nerveux, tandis ([ue quelques autres parties, telles que le nurléus viscéral, l'éléoblaste et le cœur, ne deviennent distinctement perceptibles qu'un peu plus tard. L'éléoblaste est alors placé derrière le nucléus, et le cœur se contracte déjà, quoique lentement. C'est seulement lorsque le fœtus acquiert une forme mieux dé- terminée , que les deux orifices du corps deviennent visibles, l'antérieur avant le postérieur. Le fœtus surpasse alors le placenta en volume, quoique cet organe depuis son apparition n'ait cessé (le grandir. Le ganglion nerveux , qui se distingue de toutes les autres parties par son accroissement rapide . frappe la vue à cette époque , par son volume considérable proportionnellement aux autres organes; on en voit naître un grand nombre de nerfs, L'éléoblaste, dont le volume s'est accru considérablement, tend à se placer sous le nucléus. C'est aussi dans cette période qu'on (I ) lÀ'llc cnvcldiiiic ilrvicMil |iliis tiinl l:i luiii(|ii(' r\[r\ ne du fiiMiis, 126 MKOUl*. — SIU LA GÉNÉRATION distingue netteineiit les bandes musculaires, quoiqu'à un étal encore imparfait. Chaque bande est alors représentée par deux portions latérales symétriques, et séparées entre elles par un large intervalle qui se trouve le long de la face supérieure du corps. Ce n'est que plus tard que ces deux portions se réunissent, pour ne former qu'une partie unique. Je ne veux pas omettre d'ajouter ici que, vers l'époque qui nous occupe, une transformation notable vient de s'opérer dans le placenta. La cavité qu'il contenait d'abord a fait place , en disparaissant, à cette substance pulpeuse et blanchâtre dont j'ai parlé en décrivant le placenta. A une époque plus avancée, mais encore bien éloignée du terme du développement, le fœtus présente déjà une forme qui ne change que peu par la suite. Son volume est plus considé- rable par rapport à celui du placenta , qu'il ne l'était dans la période précédente. L'éléoblaste , quoique encore moins volumi- neux que le placenta , est placé maintenant derrière cet organe et ne tarde pas à l'égaler bientôt en grosseur. La distribution des vaisseaux dans les dill'ércntcs parties du fœtus est devenue plus apparente, et on distingue en même temps les deux troncs, ren- fermés dans le pédoncule du placenta qui vient d'apparaître. C'est déjà à, cette époque qu'on voit les contractions du cuuu' changer de direction périodiquement, et le sang par conséquent circuler de la même manière singulière que chez les Biphores adultes. Mais un autre phénomène , qui se manifeste à cette période , est encore plus reman[uablc. C'est la formation précoce du stolon prolifère, qui vient de naître tout près du rœur, sous la forme d'un petit bouton. Durant les périodes ultérieures du développement, la ressem- blance du l'u'liis avec ranimai adulte, aussi bien que l'accroisse- ment de son volume par rapport à celui du placenta, deviennent de jour en jour plus sensibles, l^e fœtus , qui à l'époque précé- dente montrait déjà quelque indice de mouvement siwntané , commence à contracter et à dilater son corps alternativement , comme le fait le Biphore adulte. Ces mouvements, faibles dès Jeur début, ne tardent pas à s'exécuter avec d'autant plus d'énergie que le foMus touche de plus [)rès au terme de sou développe- I;T Ils DÉVELOPPEMENT DES BIPHOliES. 125 nient. Le fœtus étant attaché à la mère, ces mouvements ne peu- vent le déplacer, et leur but unique est, sans doute, d'amener vers lui la quantité d'eau nécessaire à sa respiration. Quant au stolon prolifère, sa croissance pendant tout ce temps est si lente que, même à l'approche de la naissance, il ne représente qu'un lila- ment encore très délié et court. Cependant, en l'examinant de près, on aperçoit sur sa surface une rangée serrée de petites éléva- tions, indiquant les premiers vestiges des bourgeons, qui se transformeront par la suite en embryons. §IV. Propagation par bourgeons. — DitTércnts modes d'agrégalion des Bi- phores associés à l'âge adulte. — Stolon prolifère. — Germes et em- bryons. — Changements de position après la naissance. Après avoir résumé, dans les deux paragraphes précédents, tout ce qui est relatif à la propagation de la génération agrégée des Biphores , il ne me reste qu'à exposer le mode de reproduction propre à la génération isolée. Mais avant d'aborder ce sujet, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur la manière dont s'opère l'association des Biphores agrégés à l'âge adulte. Chaque groupe des Biphcres agrégés est composé d'un plus ou moins grand nombre d'individus de la même taille. Tantôt les individus sont groupés en série simple, circulaire, autour d'un axe commun : c'est le cas du Biphore pinné à l'état d'agrégation et celui des espèces voisines. Tantôt les individus sont rangés les uns à la suite des autres en deux séries longitudinales et parallèles, et disposés de façon que les individus d'une série alternent avec ceux de la série opposée. Ce mode d'association , formant ces lon- gues guirlandes flottantes connues depuis longtemps sous le nom de chaînes , est propre aux autres espèces. L'agrégation bisériale présente de nombreuses variations, sui- vant la diversité des formes , propres aux individus associés des différentes espèces. .Mais {|uelque diversifié que soit ce mode d'assemblage, on peut en général distinguer trois types, aux- f|uels toutes les variations se réduisent. Le premier type est carac- 120 KKOnX. - SCJIi I.A (iÉ.MJIlAIION térisé par la position verticale des individus Taisant partie d'une chaîne , de sorte que les axes de leurs corps croisent l'axe de la chaîne à angle droit [S. bicandala, voyez le tableau. — S. ferru- ginea\ Dans le second type, les corps des individus sont plus ou moins inclinés sur l'axe de la chaîne (5. mucronala. — S. Tilesii). Le troisième type se distingue par la position horizontale des individus, de façon que les axes de leurs corps sont plus ou moins parallèles à l'axe de la chaîne entière {S. maxima. — S. fusi- formis. — S. punctata. — S. zonaria) (1). Dans chaque groupe , les individus sont si rapprochés les uns des autres, qu'il n'existe point d'intervalle entre eux, et que le groupe entier ne semble représenter qu'une masse uniforme. Les individus ne sont contigus que par la face inférieure et plus ou moins aussi par les faces latérales de leur corps; la face supérieure, celle où est placé le ganglion nerveux , et les deux orifices restent parfaitement libres. C'est ainsi , par exemple , que dans une chaîne dont les individus sont disposés verticalement ou oblique- ment sur l'axe , les individus de chaque rangée adhèrent à ceux de la rangée opposée par leurs faces inférieures, tandis que c'est par leurs faces latérales qu'ils sont unis à leurs voisins collatéraux. Mais quelque serrés que soient les individus les uns contre les autres , ce contact mutuel des surfaces n'aurait pas suffi à les maintenir dans leurs liaisons, si la nature n'y avait suppléé par d'autres moyens. Ce sont tantôt des appendices d'une grandeur considérable, tantôt de petites protubérances ou seulement des points circonscrits de la surface du corps, à l'aide desquels les in- dividus adhèrent entre eux d'une manière si solide, cjue c'est rare- ment sans quelque effort qu'on parvient à les désunir. Ces organes spéciaux et ces facettes d'attache, connus de la plupart des auteurs, ont été pris par quelques uns d'entre eux bien mal-à-propos pour des suçoirs. Leur nombre varie selon le mode d'agrégation. C'est ainsi que les individus associés du Biphore pinné et des espèces analogues, groupés en cercle, ne sont pourvus que d'un seul appendice très considérable qui , naissant de la face inférieure du (1) Meypn, parlani S'. maj-ima. — 5. fusifonnis) ; l'un naît du bout antérieur, l'autre du bout opposé du corps , et tous les deux ont la forme d'une pyramide : c'est surtout au moyen de ces prolon- gements que les individus sont en contact les uns avec les autres. Nous avons vu, dans le paragraphe précédent, que le stolon pro- lifère montrait déjà les premiers indices des bourgeons avant la naissance du jeune Biphore isolé , quoiqu'il ne représentât alors qu'un filament encore très grêle et court. ]l ne grandit après la naissance qu'à mesure que se développent les premiers bourgeons, et que leur nombre augmente par une addition toujours crois- sante de nouveaux germes , naissant les uns à la suite des autres, rixé par l'une de ses extrémités au cœur de la mère , c'est tou- (I) Aucun individu ne peut sp séparer spontanément du groupe dont il fait partie. 11 est vrai qu'on rencontre souvent des individus libres , voguant dans les mers, mais c'est toujours à une circonstance fortuite qu'est due leur séparation du groupe. Je suis môme porté à admettre que la réunion en groupes est si néces- saire a l'entretien de la vie de chaque individu , qu'il ne tarde pas a périr si par hasard il vient à en être détaché. 128 MBOHK. — SUR r,V CÉMLIIATION jours par celte extrémité que le stolon produit de nouveaux germes. L'accroissement des bourgeons , de même que la nutrition des embryons , ne pouvant se faire qu'aux dépens du sang de la mère, le stolon est construit de manière à admettre une quantité pro- portionnée de ce fluide. Il renferme, en effet, deux vaisseaux qui le parcourent dans toute sa longueur , et dont l'un m'a paru pro- venir du bout antérieur, l'autre du bout opposé du cœur de la mère. Il résulte de cet arrangement que le sang , poussé par les contractions de cet organe dans l'un des vaisseaux , retourne par l'autre , et on distingue ti'ès bien , à chaque fois que le cœur com- mence à se contracter en sens contraire , que les deux vaisseaux ne tardent pas à changer de rôle (4). D'après ce qui vient d'être dit relativement à la germination successive des bourgeons , il est facile de concevoir qu'en exami- nant le stolon à une certaine époque de son accroissement, on embrassera d'un coup d'œil la série complète des phases que parcourt chaque embryon , depuis son apparition sous la forme d'un petit bouton jusqu'à son terme. Craignant de n'être pas suf- fisamment compris, si je voulais détailler ici la marche des phé- nomènes génésiques , sans donner des figures reprc.sentant les différentes phases , je dois passer sous silence tout ce qui a rapport à ce sujet (2). Je remarquerai seulement , qu'abstraction faite des premières périodes du développement, il m'a semblé voir que les phases que parcourent les divers organes correspondent à celles que présentent ces mêmes organes pendant le développement du fœtus isolé. Quel que soit le mode d'agrégation des Biphores associés à l'âge adulte, toujours leurs germes sont dès le principe disposés le long du stolon, en deux rangées parallèles, et de manière que les (1) M. Milne Edwards a démonlré que les stolons prolifères des Ascidies so- ciales et composées . sont de même parcourus par deux canaux, don! l'un montre un courant sanguin ascendant, l'autre un courant descendant. (2) Je puis d'autant mieux m'en dispenser, que M. Eschricht me paraît déjà s'être acquitté de cette tâche d'une manière très satisfaisante. ( Comparez les planches IV et V du Mémoire cité.) ET Mî LH';M-;i,iii'i'iiMi',.M Ki;^ iiii'ii(M;i;.s. l'iO germes d'une rangée alternent avec reiix de l'autre. Il s'ensuit que les embryons qui en naissent doivent nécessairement être disposés de la même manière (1). Les embryons sont toujours placés de manière à ce que les axes de leurs corps croisent l'axe du stolon à angle droit: ils adhèrent entre eux au moyen des organes d'attache, dont j'ai déjà t'ait mention en parlant de l'a- grégation des Biphores adultes. De même que le fœtus isolé , les embryons agrégés ne se déve- lo|)pent que lentement; le développement de ceux qui, par exemple , tirent leur origine des germes formés les premiers , n'est terminé que lorsque la mère a presque atteint sa grandeur. On conçoit aisément que le nombre des bourgeons ne cessant d'augmenter pendant tout le temps que la mère grandit , l'en- semble des germes et des embryons , ou la chaîne embryonnaire , acquiert enfin une longueur considérable. Logée dans la tunique externe de la mère, et adhérant au cœur de celle-ci à l'aide des vaisseaux du stolon , cette chaîne embryonnaire tantôt longe la face inférieure, et se porte directement en avant, pour se terminer avant d'atteindre l'extrémité antérieure du corps , comme chez la génération isolée du Biphore pinné et des espèces voisines ; tan- tôt, comme chez la plupart des autres espèces, elle s'enroule autour du nucléus viscéral , en décrivant plusieurs tours de spire , et aboutit enfin à l'extrémité postérieure du corps. Si l'on examine la chaîne embryonnaire à cette époque , on voit que tous les embryons sont divisés en trois groupes très tranchés. Le premier groupe est formé par les germes et par les embryons encore peu développés qui les suivent. L'ensemble de ces em- bryons représente une série progressive des premières phases du développement embryonnaire ; mais le second groupe est com- posé d'embi-yons beaucoup plus développés, qui , étant tous de la même taille , n'offrent plus aucune trace de gradation. Ce second groupe est suivi d'un troisième groupe d'embryons arrivés presque (1)0ii voit, parla nu\ine, i|ui,' l'association liisériale el alteriiaiile des Biphores agrégés en cliaines existe rléjà flans cet étal primitif. 3 série. Zool T. VI. (AoiH I84B.) ;, 9* I.'iO kKWII\. — I.KMCl; UION i:i l>i;\ KLOIT. Dli.S lill'lIKIlliS. à terme, et ne piéscntanl iiuii plus aucune dillerenre entre eux (1). On voit par là que c'est par groupes que les embryons , produits par le même stolon , sortent du sein de la mère, et que le groupe le plus développé est nécessairement aussi celui qui vient le pre- mier au monde. La conformité parfaite des individus nouveau-nés explique aussi pourquoi les animaux adultes sont toujours de la môme forme et de la même grandeur. La chaîne embryonnaire de la génération isolée du Biphore pinné et des espèces analogues ne présente jamais ces sections en groupes. Ici , au contraire , les phases du développement se suc- cèdent régulièrement, suivant un ordre progressif, dans toute re- tendue de la chaîne. C'est la raison pour laquelle les animaux nouveau-nés et groupés déjà en cercle , comme les animaux adultes , sont souvent quelque peu inégaux par rapport à leur taille; mais cette inégalité disparaît pondant la première jeunesse. J'ai déjà annoncé que la chaîne embryonnaire est logée dans la tunique externe de la mère. Pendant le premier temps de son accroissement, la substance de cette tunique l'enveloppe de si près, qu'il n'existe point d'intervalle entre elles ; mais à mesure que la chaîne embryonnaire grandit , il se forme autour d'elle , et prin- cipalement autour du groupe des embryons les plus développés,, une cavité, qui se prolonge vers la superficie du corps de la mère, et s'ouvre au dehors par un large orifice. C'est par cet orifice que le groupe des embryons à terme est mis au monde. L'endroit où se forme cet orifice correspond jjarfaitement à l'endroit où se ter- mine la chaîne embryonnaire dans les dill'érentes espèces ; ainsi, tantôt il est placé près de l'extrémité antérieure , tantôt sur l'ex- trémité postérieure du corps de la mère. — Au moment de leur naissance , les embryons se détachent de la portion du stolon qui leur servait de support, et cjui finit par se flétrir et par dispa- raître. Les embryons J comme nous l'avons vu, sont placés le long du stolon , de façon que l'axe de leur corps croise celui du stolon à (1) Vipyez la platiclie IV du Mémoire de M. Esclinclil, ou ces trois groupes sont très bien représentes. de: Ql*TBKI-'*UKS. — sut II. KIMll. in;Mll'!>ll,K. loi angle droit. On conçoit aussitôt ([ue cette position originaire doit ou persister dès la naissance pendant toute la vie , ou changer de direction, suivant que les individus nouveau-nés appartien- nent à l'un ou l'autre des trois types auxquels nous avons rap- porté tous les Biphores agrégés en chaînes [Voyez p. \ 25). Et en effet , chez les Biphores , associés d'après le premier des types établis, la position des individus reste telle qu'elle était à la nais- sance ; tandis que ce sont surtout les Biphores, agrégés d'après le troisième type , chez qui les changements de position dans le jeune âge sont le plus manifestes. La forme de la plupart de ces Biphores n'est pas encore accomplie, quand ils viennent au monde. C'est ainsi , par exemple , que les deux prolongemants pyrami- daux, dont est muni le coi'ps du Biphore birostré [S. maxima) et fusiforme [voyez p. 127), ne sont que très peu développes chez les individus nouveau-nés. L'accroissement de ces prolongements pendant la jeunesse est accompagné des changements notables dans la position , dont je viens de parler. Ainsi , lorsque ces pro- longements sont encore petits , le corps des individus est peu incliné sur l'axe de la chaîne. Cette direction devient d'autant plus oblique que les deux prolongements grossissent , et finit enfin par être parallèle à l'axe de la chaîne , quand ceux-ci ont atteint leur grandeur. A cette époque , le développement de ces Biphores est accompli. NOTE SUR t.N bENRE d'aSGEILLULES MARINES POURVUES DE SOIES, HÉMIPSILE {HEMIPSILUS , Nor.) (I); Far M. A. SE QDATILBFAGES. r,es Angiiillules, rangées d'abord parmi les Vibriouspar Millier et par les naturalistes qui l'ont copié , ont été avec raison dans ces derniers temps retirées du groupe des Infnsoires, et M. Dujardin entre autres les a placées parmi les Sémaloides. Dans l'étal actuel de nos conuaissaiices , il me semble eu elTel que c'est bien le groupe auquel on peut les rapporter avec le |)lus de probabilité ; mais je crois eu même temps que nous sommes encore loin de pouvoir nous prononcer siu' ce point avec une enliére cer- titude. Lu des caractères les plus généraux des Nématoïdes est d'avoir le l^) tJe :^(jiî-j. il fk'nii. ut -ijùii-,, nu. IS^ DE Ql'&TRKFA.«ES. — SUK LK (lEMiE lllhl ll'SII.K. corps cnlièreiiioiit nu , de ne pas montrer la plus légère apparence de soies. Eh bien, i! existe des Angnillules on du moins de petits Vers ayant la forme générale et l'organisation des Anguillules qui portent en même temps de véritables soies. C'est sur nos côtes de la Manche que j'ai trouvé , au milieu des touffes de Corallines, les petits animaux dont je parle. Leur taille est générale- ment de beaucoup supérieure à celle des espèces du même groupe dé- crites jusqu'à ce jour. La plupart sont très visibles à l'œil nu, et j'en ai rencontré de 8 millimètres de long sur au moins l/Zi de millimètre en diamètre. La forme générale de ces Anguillules ne présente rien de particulier, lîn peu obtus en avant, le corps se renlle très légèrement dans son milieu, et se termine en pointe aiguë. Près de l'extrémité antérieure se trouvent six soies placées en cercle d'une manière symétrique autour du corps. Ces soies sont fortes, recourbées d'arrière en avant , et leur longueur égale à peu près le diamètre du corps. En arrière de ce cercle de soies, on volt sur la hgne latérale, de chaque côté, quatre soies séparées l'une de l'autre par un intervalle un peu moindre que le diamètre du corps. Ces soies latérales iliminuent rapide- ment de longueur d'avant en arrière. Celles de la première paire sont ;i ))eu près semblables aux soies du cercle dont nous avons parlé plus haut ; celles de la quatrième paire forment, liors des téguments, une saillie à lioine sensible. La tronque est forte et rausculeuse ; elle occupe envirou le quart de la cavité du corps. Son canal œsophagien est étroit , et s'ouvre dans un in- testin large, droit, qui vient déboucher en arrière .'i très peu de distance de l'extrémité caudale. Au point où se joignent la trompe et l'intestin , on trouve quatre corps glandulaires qui semblent déboucher dans l'œso- phage. L'appareil génital s'ouvre à peu près vers le milieu du corps. La verge est formée par un spicule unique recourbé. A sa base sont quatre poches à parois épaisses , deux grandes et deux petites; des muscles très appa- rents servent ;■! le mouvoir. Là se bornent les renseignements que me fournissent mes notes et mes croquis. Ils sullisent, ce me semble, pour motiver les réilexions que j'ai faites au commencement île cette note. Le Ver que je viens de décrire est bien une A)if/iii//>tli\ mais une Auf/nilhi/e nnncedc soies à sa partie anté- rieure. Pour lui conserver une place parmi les Nématoïdes, il faut le con- sidérer comme représentant dans ce groupe le type des Vers sétigères. Je proposerai donc d'en former un genre nouveau , qui deviendra proba-' blement plus tard une- famille. G. HÉMiPsrr.E. Corps presque cylindrique : queue aiguë , nue ; tète tron- quée, arrondie, entourée d'un cercle de soies; la partie antérieure du corps portant des soies disposées par paires latérales, et décroissant de grandeur d'avant en arrière. G. Hf.mipsilus. Covpfiff fprp cylindrico ; caudi'i acu/i'i, mido ; cupitc Imncafo rotund'jtù , setis rircuiiidato; jiarte rinteriure cor/mris seturum paribw /affiiiUmn rcfra di'cri'scciituni annota. \l KMOIIîE SIR LES FORMF.S DU C.RAM-: DliS IIAIUTANTS 01 NOIID: Far M. le Docteur BXTZIUS (1). Bien que le professeur iN'ilssoii ait exposé de la manière la plus convaincante la nature et le mode de vivre des plus anciens ha- bitants du Nord , et bien qu'il ait répondu à tout ce qu'offre d'es- sentiel la question des différences dans la forme de leur crâne et dans celle du crâne des habitants actuels de la Suède, je me crois cependant obligé, autant par sa propre invitation, que par l'occa- sion favorable que nous offrent nos riches collections de crânes, à soumettre à une recherche et à une comparaison anatomique dé- taillée les crânes des peuples du Nord. Autant que je puis le savoir, on s'est peu occupé jusqu'ici de découvrir les particularités qui distinguent les crânes des diverses races européennes. Cette recherche est soumise d'ailleurs à de graves difficultés , en ce que les nations européennes , par l'effet de l'extension de lem- développement et de l'activité de leurs l'apports commerciaux, sont déjà depuis des siècles en contact immédiat les unes avec les autres. Aussi doit-on faire plus d'attention à ce que les spécimen qui doivent servir aux recherches soient d'une souche pure et sans mélange , de même qu'on doit éviter avec soin de mettre en ligne de compte les déviations de la forme type de la race qui sont in- dividuelles et qui sont survenues vraisemblablement sous l'influence de la civilisation et des croisements nombreux , ainsi que toutes les autres dissemblances. (' I ) Ce Mémoire fut présenté par le professeur Retziusa T Assemblée des Natu- ralistes Scandinaves de Slockliolni, en 1842 , et se trouve dans leurs Mémoires {Fiirhitndlhiijar i-id ili- Slnindiniivinkr iXutiirfurskarnes Iri'dja il Ole , i Slockliolm , d. 1.1-19. Juli 1842 , S. 157-201): mais il a été publié aussi en un tirage n part. Son titre est : Om formen iif Nordhoernes Cranier ; af A. Relzius. Stock- holm, 1843 ; 4.5 pages grand in-8. Une traduction allemande en a été donnée, par le dootenr Creplin , clans les Archives de Muller, 1845, n° 2. La Ira'hiflinn fr:iiii;aisc- que nous publions ici est de M. le docteur Courly. -.' < Lapons. 1 Thschudcs, Finnois (anciens ' Schythes ). V Slaves. .isiv. Dolichocéphales orlhognathes ''. g^g^glens. / Samoïèdes. 1 lacoutes. 1 Burates. Brachycéphalesorthognathes *. Tschudes. I Avares. ' Afghans. • Turcs , Perses. Dolichocéphales prognathes i i„ „ „- . ' ' " ( Japonais , etc. n 1 ■ 1 1 .u ( Calmoucks. Brachycepliales prognathes .Malais Mrr (lu Sufl. „ . . , , .1 .1 ( Tagalernes. Brachycephales orlhognathes ^ .Manilles (Australiens. .Néerlandais. uoucnocepnaies prognaïue, - Amboiniens. [ Sandwichi. ( Malais. Brachycephales prognathes l '•tahitiens. . Papous. 138 BETJ.irS. — SLR LKS FORMES DL CRAMi d'hommes , un île femme , et exprimant d'une manière généraiô les rapports de forme qui existent dans tous ceux de la collection. Après avoir ainsi établi d'après eux mes mesures et mes descrip- Afriquc. Dolichocéphales orlhognathes. Dolichocéphales progiuihes Antérique. ■Amérique seplent. Dolichocéphales prognalhes.^- Amérique mérid. 1 Amérique seplent. Brachj céphales prugnallics. s Brachycéphalesorlhofjnalhcs Amérique mérid, /■Amérique septent. Ainériiiue mérid. . / Nubiens. ) Abyssiniens. i Berbères. i Guauches. ' Tous les rameaux nègres. \ Caffres. j Hotlentots. , Coptes. / Groënlandaisel Esquimaux. j Kolouches. l Tscherokéses. y Chippevays. y Iroquois. Hurons. Tschickcsahs. Cayugas. Otlogamis. Pollavalahmehs. Lenni Lenapes. Covalitsks Indiens. Botocudes. Caraïbes. Guarans. Aymaras. Huanches. ^ Lyapatagons. Nalchez. Czeclcs. I Sémioles. I Euchées. Klalltonis. ^ loways. ■ Charmas. I Puelches. I .4raucanes. ,, Nouveaux Péruviens. ' Astakers et Mexicains? I Chincaset l'éruviens? f.Vu/f '/" biiitiirlcury Dr.S IIAlillWlS 1)1 \()ll|). 139 lions , j'ai appliqué celles-ci à la comparaison des autres exem- plaires et j'en ai rejeté tout ce qui ne se trouvait pas alors constant ou général. Comme les crânes de femmes varient plus dans leurs dimensions que les crânes d'homme , je m'en suis tenu particu- lièrement à ces derniers comme étant l'expression la plus com- plète du type national. Les crânes de femmes des classes supé- rieure et moyenne sont en général beaucoup plus petits que ceux des campagnardes . ce qui provient apparemment de la dilférence dans leurs travaux et leur manière de vivre. Ainsi on trouve dans beaucoup de cas des crânes de paysannes dalécarliennes aussi grands et aussi forts que des crânes d'hommes. Aussi dans la description des crânes de femme petits et de formes déliées, n'ai- je tenu compte d'aucune mesure et ai-je décrit seulement leur configuration. Qu'il me soit permis maintenant d'aborder le véritable oljjet de ce travail : la description des crânes des Suédois comparés à ceux des peuples leurs voisins du Nord et de l'Est. 1. Crânes de Suédois. J>a forme de la boîte cérébrale vue par la partie supérieure est ovale. Sa plus grande longueur l'emporte d'un quart sur sa plus grande largeur, le rapport entre ces deux dimensions étant de 1 000 à 773, ou presque de 9 à 7. Kn moyenne , la plus grande longueur (de la glabelle à la plus grande convexité de la tubérosité occipitale) est de 0"'190; la plus grande largem- en avant (entre les fosses temporales anté- rieures) , de 0"',107 ; la plus grande largeur en arrière ( immé- diatement derrière les tempes) , de 0"',147; la plus grande cir- conl'érence du crâne ( en passant sur la glabelle et la tubérosité occipitale), de 0"',51!|0; sa hauteur (du bord antérieur du grand ti'oii occipital , du foramen magnum , à la partie la plus élevée du vcrtex), 0"',13ô. Le contour de la plupart des crânes est en avant vers le front un peu tronqué transversalement; les émincnces sourcilières sont en général très développées, par contre la boite cérébrale se ré- trécit en arrière de sa plus grande largeur vers la nuque, et sa 140 RET'/JL'S. — sur. LliS FOKMliS IM CIIAM-: longueur est augmentée par l'existence d'une bosse occipitale très saillante , ayant la forme d'un angle arrondi. La plus grande largeur du crâne tombe le plus souvent au- dessous et un peu en avant des bosses pariétales , qui sont situées devant le commencement de l'occipital et plus sur les côtés de la boîte cérébrale. Souvent toutefois ces bosses manquent, ou bien elles sont arrondies et peu saillantes. La partie postérieure du pariétal et de la suture sagittale s'in- cline en arrière. L'angle supérieur de l'occipital est situé très bas ; les bords de la suture lambdoïde sur les parois latérales du crâne gagnent la surface de l'occiput. Les limites des points d'insertion des muscles du cou ( Lineœ semicircidares majores ) se réunissent sous un angle presque droit qui se trouve au-dessous et en avant de la bosse occipitale fortement développée. Cet angle est habi- tuellement saillant, et forme chez les hommes adultes une protu- berantia occipitalis externa bien prononcée. Si on regarde la boîte crânienne par côté , la bosse occipitale se montre aussi fortement accusée , comme anguleuse et limitée supérieurement par une empreinte sur le sommet de la suture lambdoïde , dans le lieu où se trouvait la grande fontanelle. Cette empreinte fournit un caractère essentiel pour les crânes de cette forme. Par suite de cet allongement prononcé de l'occipital , le trou auditif externe est situé beaucoup plus en avant que dans les autres crânes dont il est ici question. Si on se représente un plan qui passe par les deux conduits auditifs externes et qui coupe à angle droit la ligne longitudinale du crâne , il rencontrera cette ligne longitudinale près du milieu : souvent il tombe juste au milieu , plus rarement en avant , et quelquefois en arrière de quel- ques millimètres. 11 résulte encore de la longueur de l'occipital que les lignes semicirculaircs temporales ne s'étendent pas en arrière aussi loin que dans les crânes où l'occipital est court ; mais qu'au contraire, comme l'angle mastoïdien du pariétal, elles sont tout entières sur les parties latérales du crâne et n'empiètent pas sur la face occipitale. H faut remarejuer qu'en arrière ces lignes se séparent de la limite des points d'insertion des muscles lem- DKS H^RIIWTS 1)1 NOUD. 1 VI poraux , crlles-oi étant plus rapproflirns de la suiiii'p éraiileiisr' et nroisaiit transversalempnt Papophyse juf;ale. Vu par sa facn inférieure, le criàne des Suédois se distingue aussi par rallongement de roccipital . ce qui rend son contour elliptique. Pour évaluer cet allongement de l'occipital, menons une ligne droite entre les deux trous auditifs externes. Si alors sur celte ligne prise comme corde , on décrit un arc autour de la partie la plus élevée de l'occipital, la hauteur de l'arc sera à peu grès égale à la corde. Il est à remarquer que cette ligne touche le bord an- térieur du grand trou occipital, et que l'arc commence en suivant le bord des apophyses mastoïdes. La distance entre ces deux émi- nences donne donc le moyen le plus facile de connaître la longueur de la corde , tandis que celle du bord antérieur du grand trou oc- cipital au point le plus élevé de cet os mesure la hauteur de l'arc. C'est en entier dans l'intérieur de ce segment d'arc que sont com- prises les surfaces où s'attachent les muscles du cou et qui sont limitées parles lineœ semicirculares majores. Cette surface {con- ceptacuium cerebelli ) sur laquelle repose le cervelet est chez les Suédois presque horizontale, ne descendant pas vers la partie cer- vicale de la tête, mais formant la base du crâne, et légèrement convexe. La bosse occipitale (luber occipitale), qui est le concep- taculum des extrémités des lobes postérieurs du cerveau, est tout- à-fait derrière le bord du conceptaculum cerebelli. La forme du grand trou occipital où passe la moelle épinière est ovale ; sa lon- gueur moyenne est de 0"',036 et sa largeur de 0"',029 ; sur quel- ques crânes il est anguleux en avant et en arrière; chez d'autres seulement en avant, ou seulement en arrière. Les apophyses mas- toïdes sont, dans la plupart des cas, grandes et fortes; elles sont aussi creusées en dedans , dans le sens de leur longueur, d'une gouttière étroite , profonde , pour l'insertion du muscle digas- trique (incisiarc mastoideœ majores). Les apophyses ptérygoïdes sont presque vei-ticales. Tournons-nous de là notre attention sur la cliarpente o.sseuse de la face, nous trouvons que, vue d'en-haut , elle déborde peu le cniitom" de la boîte cérébrale; ainsi les apo|)liyses orbitaires 142 RETZII1S. — SUR LES FORMES Dt: CRAA'E externes sont petites , le bord inférieur de l'orlsite est placé pres- que verticalement sous le supérieur, les tubérosités malaires (lubera zygomatica oss. zygom.) sont juste sous les apophyses sourciiières externes. Cette forme tient à ce que les mâchoires sont médiocrement allongées ou étendues en avant. Les arcades zygomatiques vont, chez quelques uns, presque directement en ar- rière, et commencent à s'écarter près de leur insertion à l'os tem- poral ; chez d'autres elles forment un arc presque régulier, dont la plus grande convexité est au milieu. La distance entre les points les plus convexes des arcades zygomatiques est habituellement ù?, 0"',13U à 0"',135. L'os jugal lui-même est aplati en dehors, arrondi supérieurement, grand et ayant une tubérosité jugale qui descend verticalement , par suite de quoi toute l'arête inférieure de l'arcade zygomatique est fortement contournée en S ; souvent une rainure naît de la rencontre avec l'apophyse malaire du maxil- laire supérieur. Le contour des cavités orbitaires varie dans sa forme. Chez quelques uns, il a la forme d'un rhumbe à angles arrondis, obli- quement dirigé en dehors et en bas ; chez d'autres , d'un parallé- logramme à angles également arrondis. Ce contour est tantôt ovale, tantôt orbiculaire ; le plus souvent , enfin , il est incliné en dehors , à cause de l'abaissement de l'os malaire. L'intervalle entre les cavités orbitaires , qui renferme la racine du nez et l'ethmoïde , fist en général large comme chez les autres races du Nord. Les dimensions de la circonférence de la base des cavités orbitaires sont si variables, qu'il ne paraît pas possible d'en donner la mesure. Le palais présente généralement une concavité élevée dans beaucoup de cas ; cependant on le voit aplati antérieurement. L'arcade dentaire de la mâchoire supérieure (Profei'si/* alveola- rà) a de la hauteur. La distance entre l'épine nasale externe et le bord alvéolaire varie de 0'", 020 à 0"',025. Une ligne, tirée on arrière dans la direction du bord inférieur de l'arcade alvéolaire, tombe un peu au-dessous du sommet des apophyses mastuïdes , et dans le milieu de la branche montante du maxillaire inlêrinur : c'est là la cause que le visage est allongé. Sa jonguein' moyenne DES IIVIUTWTS DL \nHD. 1/|3 chez Ips lioinmes. depuis runioii des os nasaux au frontal , jus- qu'au rebord alvéolaire de l'arcade dentaire supérieure , s'élève k 0°',074. La fosse malaire est, sur la plupart des tètes, assez profonde. La mâchoire inférieure est haute et d'une forte structure ; sa hauteur est, chez la phipart, d'environ ()"',075 de l'apophyse condyloïde à l'angle postérieur; et d'à peu près 0"',035 du bord inférieur de l'angle mcntonnier au rebord alvéolaire. Celui-ci , dans lequel sont implantées les dents, le plus souvent dans une direction verticale , augmente par son élévation la hauteur du visage ; et , comme en même temps les angles postérieurs se por- tent presque directement en arrière et sont sous la partie moyenne des apophyses jugales des temporaux , il en résulte que l'inter- valle compris entre les tubérosités jugales et l'angle maxillaire, et rempli par le masseter , est si long, que ces tubérosités elles- mêmes sont peu marquées. Iiesapoj)hyses coronoïdes, auxquelles s'attachent les muscles temporaux , sont cachées le plus souvent en dedans des os malaires , en avant de la suture zygomatique, ce qui e^t une conséquence de la grandeur et de la forme de ces os. Le menton est fortement dirigé en avant, et paraît pointu, com- paré à celui des Lapons. I-es dents sont en généi'al verticales, et ont de longues racines. En comparant cette description à celle d'un crâne suédois, que le Pr. Nilsson a donnée dans le premier cahier du Skandiini- viska nordens Urinvanare, isb. D, lig. i, 1, S, on trouve entre les deux la concordance la plus exacte. Quant à la question de savoir si ces formes ont un peu changé dans le cours des temps , on peut pour la résoudre observer les crânes qui ont été trouvés dans de vieux tombeaux. Je puis décrire ici un crâne de la contrée d'Upsala, qui a été trouvé dans la terre par M. Tottie , garde forestier général , et que le docteur Jjiedbeck , prosecleur , a eu la bonté de me comminiiquer. Dans le pays oii le crâne a été trouvé, près du squelette qui lui appar- tient, on présume f|u'il y avait anciennement un cimetière, et on n'y trouve pas moins de tertres et d'urnes funéraiies (|ue de sque- lettes ; ceux-ci sont couchés dans la direclion de l'orient à l'occi- l/|/l RF.TZIL:S. — SIT, I.IÎS FORMKS Dl CltWF. (ient à une prol'oiideur d'une aune et demie, sans auli'e Iraoe d'anciens restes. D'après l'opinion d'antiquaires distingués, la date de leur présence remonte au temps où on cessa de brûler les cadavres , et où le Christianisme fut introduit dans le pays. On peut donc en conclure que le crâne en question a été placé dans la terre depuis plus de 1000 ans. 11 est remarquable par l'ovale allongé de sa l'orme , la beauté de sa voussure et du front , la rectitude de la ligne faciale , la longueur de l'occipital et la grandeur de la bosse occipitale. 11 y a plusieurs années, M. le prieur Abraham Ahlquist envoya à l'Académie d'histoire et belles-lettres deux crânes , trouvés à Oland dans des tombeaux du moyen-âge. Je puis aussi en donner ici la description; ils ont tout-à-fait la même forme que celui dont je viens de parler. L'un d'eux a un cercle de vert-de-gris autour du coronal, provenant probablement d'une couromie de bronze ou de cuivre. Dernièrement, M. le comte Anckarsward a mis à ma disposi- tion, pour que je pusse les observer, quatre autres crânes suédois du moyen-âge. Ils se trouvaient dans un tombeau muré , à voûte basse , de l'église de Sorunde , dans laquelle les propriétaires de l-'ollnas ont leur sépulture, t'ollnas a appartenu à la famille bien connue de Folkunga , et en a même tiré son nom à une époque - plus reculée, car il s'appelait d'abord Foikunganas. Après des ventes , qui sont consignées aux Archives , la propriété dut appar- tenir de 1251 à 1257 aux Folkunga Jean Philipsson, Jean Carlsson , Anund Thuresson et ïhorkel Knutsson , qui périrent tous les quatre dans un combat, et, selon toute probabilité, furent entei-rés à l'église de Sorunde. Toutes les autres tombes de famille à Sorunde ont des possesseurs connus, tandis que le lieu de la sépulture de Folkunga était ignoré avant la découverte de co tombeau. Par les objets en métal travaillé , et les autres restes qu'on y a trouvés , on peut assurer que les personnes qui y étaient enterrées ont appartenu au plus haut rang. Un de ces crânes porte la marque d'un coup profond sur le frontal , probablement d'un . coup de hache d'armes. Tous ces quatre crânes , dont je puis montrer ici les plâtres . oITrent In même heanlédnns In foniie du DES rniilTAMS D[ NORD. 145 visage, dans l'ovale de la boîte cérébrale, la même force de l'oc- ciput , et les mêmes points d'insertion des conduits auditifs que dans ceux précédemment décrits. Deux fois j'ai reçu des fragments de crâne trouvés dans d'autres tombeaux du temps de l'introduction du Christianisme. Ces fragments , qui sont conservés dans le Musée analomique , ont précisément la même forme ovale. Dans une visite que je Ils, en 1839, à l'église du cloître de Wreta , on me montra le cercueil de pierre où est enseveli le cadavre du roi Inge-le-Jeune. Il est bien connu que le roi Ingc mourut en 1129. Le plateau de pierre qui recouvre supérieure- ment le cercueil y est si fortement attaché , qu'il n'en a probable- ment pas été séparé depuis qu'on y a placé le cadavre du roi. Dans ce couvercle , on a pratiqué , vraisemblablement aussi dès le principe , des ouvertures qui permettent de regarder dans le cercueil. En y regardant , je vis le crâne entièrement dépouillé et réduit aux parties osseuses. Comme il était couché sur le côté , je pus voir complètement le profil , et me convaincre que sa forme coïncide parfaitement avec celle déjà décrite des crânes suédois. De ces faits, recueillis des fosses de nos aïeux, on peut conclure que la forme de nos crânes est la même que celle des leurs , et que c'est pour nous un héritage que nous avons bien conservé. J'aurais bien désiré pouvoir dire aussi quelque chose des crânes de nos voisins, et en quelque sorte proches parents ; mais je ne possède que peu de matériaux sur ce sujet. J'ai pu observer seule- ment un crùne de Norwégieii ; il a été trouvé près d'autres débris , épée de combat et armure , dans un ancien tombeau du diocèse de Berger. Le professeur Sven Lowen , qui visita cette contrée dans son voyage à Spitzbergen , apporta ce crâne ici , et en fit présent au Musée anatomique. Il a la forme ovale pure, exprimée peut- être plus fortement encore que dans les crânes suédois , et offre la même forme de visage. il aurait vraisemblablement été facile d'avoir quelques crânes des salles anatomiques de Copenhague ; mais cette ville commer- çante et animée a été habitée et visitée depuis très longtemps déjà par des hommes de tant de pays et de races difi'érentes, qu'il 3- .-((■■ni' Zi.oL T VI, fSi'|il..inlirf ISiO ) i 10 ll\Q RF.TZIl'S. — SUR LIÎS FORMIÎS DU CR\NF, serait, difficile de regarder de tels spécimens comme probants. 11 faudrait donc que leur origine nous fût plus connue. Il en est de même de l'Allemagne, où des races différentes se sont supplantées si souvent l'une l'autre, où se sont établies des colonies de nations si diverses, et où encore aujourd'hui Slaves, Francs, Gaulois et Germains sont tellement mêlés entre eux , qu'on ne pourrait dis- tinguer que par des recherches très étendues ce qui appartient aux uns ou aux autres. ■>. Je reçus l'an passé du docteur Wilde, à Dublin , un moule en plâtre du crâne d'Alexandre O'Gonnor , le prétendu dernier roi d'Irlande. Wilde regarde ce crâne comme un spécimen de la forme crânienne des Irlandais. Je lui envoyai en échange un plâtre du crâne suédois antique que j'avais reçu du professeur Liedbeck ; et , chacun de notre côté , nous fîmes la remarque que ces deux crânes ont une forme tellement semblable , qu'il est dillicile de pouvoir découvrir entre eux une différence. 2. Crânes de Slaves. Les crânes de Slaves qui se trouvent dans cette collection sont un de Czech , un de Polonais et deux de Russes. J'ai reçu le crâne du Czech du professeur l'resl à Prague ; celui du Polonais et un des deux Russes ont été donnés , moulés en plâtre, par M. le directeur supérieur Schwartz ; l'original du crâne polonais appar- tient au Musée anatomique d'Upsal ; le Russe se trouve dans la collection de feu le docteur Spurzheim. M. le professeur Lovven a eu l'obligeance de me communiquer l'autre crâne de Russe , qu'il a trouvé dans un tombeau russe à Spitzbergen. (ie nombre est certainement faible , et je ne me serais pas jiermis de fonder sur si peu de spécimens des conclusions hasardées , si je n'avais eu , en outre , l'occasion d'observer les formes de tète extérieures d'un grand nombre de Slaves vivants. La boite cérébrale, vue d'en haut, présente la forme d'un anif, mais plus courte ou tronquée et arrondie en arrière (forma brevi- ter ovata). Sa plus grande longueur ne dépasse pas sa plus grande largeur, c'est-à-dire la postérieure de plus, de 1/8 ; de telle sorte que la première est à la seconde comme 1000 : 88S . ou einiron nrs iiARiTANTS ni \oiii\ l/l7 comme 8 : 7. Dans trois des crânes menlionnés, le coniour se rapproche par sa forme d'un carré à coins arrondis, dont l'extré- mité antérieure est plus petite que laposlérieure ; sur le quatrième, qui est d'un Russe , il se rapproche davantage de la forme ronde {forma ovato-rolmidata]. Quand on regarde la tête d'en haut, les os du visage paraissent , comme dans les tètes des Suédois , s'a- vancer un peu au-devant de l'origine du crâne. La plus grande longueur est d'à peu près 0"',170 ; la largeur entre les fosses temporales antérieures de 0'", 102 ; entre les points les plus convexes des pariétaux , derrière les tempes, de 0"',151 ; le contour , en passant par la glabelle et la plus grande convexité de l'occiput, de 0"',520 ; la hauteur varie de 0'°,129 à 0"',153. Les crânes slaves sont aussi un peu tronqués vers le front , et ont de fortes arcades sourcilières. La surface pariétale est large et peu bombée ; l'occiput ne s'allonge pas en une tubérosité occi- pitale étendue en arrière , mais il est plus incliné verticalement en bas vers les lignes semi-circulaires supérieures. Les bosses parié- tales sont au commencement de l'occiput ; celui-ci offre une grande surface peu bombée ou plane qui comprend la plus grande partie de la hauteur du crâne , et renferme la partie postérieure des pariétaux , l'extrémité postérieure de la suture sagittale , et toute la suture lambdoïde. Les lineœ seinicirculares majores forment en conséquence de la manière la plus précise l'arête inférieure du bord tout-à-fait postérieur de l'occiput ou de la base du crâne. La voussure de l'occiput , immédiatement au-dessus de ces lignes, forme un arc , dont la hauteur égale à peu près la moitié de la corde , menée , comme dans les crânes suédois , entre les trous auditifs externes , et passant par le bord du grand trou occipital. Ces litieœ semicirculares majores se réunissent sous un angle très obtus, ou se fondent l'une dans l'autre , selon une faible courbure. Par suite, la proluberantia orcipHalis externa prend la forme d'une saillie transversale obtuse. Les deux surfaces intérieures, situées au-dessous de ces limites , et sur lesquelles reposent les hémisphères du cervelet , sont fortement convexes , et s'élèvent |)Ostérieurement de manière à empiéter sur la surface postérieure de l'occiput. 1^ point d'insertion du ligament cervical [crista us RETZIl'S. — sur, I.IÎS FORMIÎS DI CnWF. orripilalis extenia) monte aussi sur celle parlie. Le grand trou occipilal est de même forme et de même grandeur que sur le crâne des Suédois. La distance entre les apophyses mastoïdes est, sur l'un des crânes russes , de 0"',140 ; sur un autre , de 0"',135 ; sm' le Polonais, de 0"',128 ; sur le Czech , de 0"',llû. Vu de côté , le front , à cause des tubera frontalia , présente un profil qui se rapproche de la verticale ; cependant , sur un des crânes russes , il est fuyant en arrière. L'occiput est, comme il a été déjà exposé , tronqué , incliné , et sans bosse occipitale sail- lante. Le point d'insertion des conduits auditifs externes tombe en arrière du milieu de l'axe longitudinal de la tète. Les ouver- tures des conduits auditifs sont disposées comme dans les crânes suédois. Les apophyses mastoïdes sont grandes ; les lignes demi- circulaires du temporal se portent en arrière sur la face de l'oc- ciput. La forme du visage ressemble tout-à-fait à celle des Suédois ; cependant , dans tous les quatre crânes , les fosses malaires sont plates, et le bord inférieur des arcades zygomaliques est faible- ment contourné en S ; les tubérosités jugales sont petites ; les ouvertures des cavités orbitaires , qui ont une direction horizon- tale , sont quadrangulaires , à coins arrondis , et aussi grandes que chez les Suédois. Le rebord alvéolaire de la mâchoire supé- rieure est à peu près le même , ainsi que la forme et la grandeur de l'os maxillaire. La voûte palatine est , sur les quatre crânes , basse et plate en avant, descendant vers le rebord alvéolaire. Une ligne , menée postérieurement au rebord alvéolaire et un peu en arrière, passe sous le sommet des apophyses mastoïdes. L'aile interne de l'apophyse ptérygoïde est presque verticale , l'externe inclinée en dehors. Le maxillaire inférieur n'existe que dans un de ces crânes , celui du Czech ; or il ne présente aucune dilTérence avec celui des crânes suédois. Comme je l'ai déjà dit, je ne me serais pas permis d'établir approximativement, d'après ce petit nombre de crânes, les carac- tères généraux de la forme de tète des peuples en question , si je n'avais reconnu , sur une quantité de personnes vivantes apparte- i)i;s UMîiiAM.s m \((iiii. 'l/l9 liant à la race slave , soi! Russes , suit Puloiiais un Czechs , que la forme du crâne, telle que je l'ai décrite, est prédominante dans les points essentiels. Dans une visite que je fis au naturaliste bien connu de la Bohème , le professeur Jean Swatopulk Presl, qui est Czecli , je lui exposai le résultat de mes recherches sur la forme du crâne des Slaves. Lui et un autre savant slave (jui était pré- sent me permirent alors d'examiner la fni-me de leurs tètes ; Presl ayant vu la confirmation de mes données : •< Je possède, répli(iua- t-il , un crâne de Czcch ; s'il justifie vos résultais , je vous en lais présent. » Sa forme confirma parfaitement mon opinion , et je le reçus de Presl en cadeau. Lu autre fameux naturaliste, le profes- seur Jean-Baptiste Piirkinje , à Breslau, qui est aussi Czech , et à qui j'exposai aussi ces idées, les justifia tout aussi pleinement. Si l'on considère encore que, sur deux à tiois cents crânes de Sué- dois , trois ou quatre seulement se rapprochent de la forme slave, et que néanmoins aucun d'eux ne présente complètement ce qui constitue la forme fondamentale si semblable dans nos quatre crânes, on de\ra bien croire que cette forme est vraiment carac- téristique. Dans la Decas lerlla de la Colleclio cranionim diversorum yen- tium de Blumenbach, est inscrit et représenté de profil un «cra- iiium Sarmato-Lithuani. » Dans la figure , l'occiput n'est pas si obliquement incliné que dans nos crânes slaves. 11 offre un profil penché, arrondi, avec une faible Ivber occipitale ; tout le crâne, et l'occiput en particulier, est court. Dans la description de ce crâne, le savant auteur dit qu'il l'a représenté, principalement pour montrer combien peu suffit la ligne faciale de Camper à con- stituer des caractères de crâne pour les races. Il fait remarquer <|ue, si on regarde ce crâne de Sarmate par côté, et si on le compare à celui d'un Nègre du Congo, représenté à la 18' planche de cet ouvrage , ils offrent tous deux tout-à-fait le même profil ; tandis que la plus grande diffiîreiice s'observe quand on les regarde tous deux par en haut. 1-e crâne du Nègre offre tous les traits qui caractérisent le Nègre , la boîte cérébrale comprimée latérale- mcnl, le front tubéreux , voûté; tandis que la tète de Sarmate, qui, au jugement de l'auteur, a appartenu à un homme vieux, est. 150 RE'I'ZIUS. — suit LES FOUMES VI CRA.\E '< caput L'alidissimum , valde crassum et ponderosum. » Le savant doclciir Prichard a exprimé ainsi cette diiïérence (1) : « J'ai pré- sentement devant moi le crâne d'un Nègre du Congo et celui d'un Polonais de la Litlmanic, dont les angles faciaux sont égaux. Si je compare cependant le crâne aplati et comprimé latéralement de l'Africain avec la tête carrée du Sarmate (2), je trouve entre eux une différence extraordinaire. » Je suis convaincu que Prichard a bien compris l'opinion de l'auteur, quoique la traduction soit si libre qu'on puisse supposer, avec fondement, que le traducteur a basé son jugement sur des recherches qui lui sont propres, relative- ment à la largeur du crâne, à la forme tronquée de l'occiput et du front du peuple en question ; en un mot, à la forme carrée, comme l'a nommée Blumenbach aussi bien que Prichard. Je dois observer cependant que Prichard , dans la 3" partie de l'ouvrage cité, dans le chapitre sur les Caractères physique.'! des nations slaves, n'in- dique aucun signe distinctif qui les différencie du reste des Euro- péens. Ce que Blumenbach a compris ici sous le nom de Sarmate n'est pas clair. Ce que le traducteur a entendu par Slave est évi- dent, puisqu'il traduit ce mot par Polonais. Plusieurs partagent aussi l'opinion que les Lithuaniens sont au fond des Slaves. Pri- chard allègue môme, d'après Adelung, que les langues des Li- thuaniens et des Slaves ont les trois quarts de leurs racines com- munes, et tels sont les motifs qui me font croire que c'est avec justesse que je considère le cranium Sarmato-IÂlhuani de Blu- menbach comme confirmant mes conclusions sur la brièveté du crâne des races slaves. En conséquence , on peut admettre que la forme du visage , chez la race slave , ditl'ère peu de ce qu'elle est en général chez les Européens , tandis que leur boîte cérébrale , par sa brièveté et sa forme plus ou moins carrée ou sphérique, diffère complète- ment de la forme longue et ovale que Prichard assigne , en géné- ral, à la race indo-atlantique, et qui, d'après ce que j'ai démon- tré , est restée si bien conservée chez les Suédois. (I) Hesearchcs intn Ihe p/ii/sicn/ Histonj ri f Mankmd, (raduil en allemand [lar Wagner, et en français par Houlin. (i) Prichard pense c[uu les Slaves actuels descendent des Sarmatesdes temps anciens. IJliS lIAlillAMS 1)1 MJIlll. 151 Plusieurs écrivains soutiennent, au conlraire, (juc le» Slaves, les Scandinaves et les dermains tirèrent leur origine de la même souche, et il peut paraître hardi de fonder une autre opinion sur les dilTérences de leur crâne. Cependant l'histoire elle-même parle de la dill'érence nationale des Slaves, dès leur première appari- tion dans le V siècle , quoique , comme on le pense , ils aient été très répandus en Europe longtemps avant que les écrivains en aient fait mention (1 ). Ce qui n'est pas moins concluant à cet égard, c'est la con- stance avec laquelle les Slaves, sous la domination étrangère, et dans leurs rapjiorls si multipliés avec les autres races , ont con- servé en Allemagne leur nationalité. La preuve la plus évidente en est fournie en Allemagne par les Czechs , qui , depuis plus de 1000 ans en Bohème, et en rapport avec les Germains, depuis longtemps aussi sous la suprématie allemande, possèdent cepen- dant encore leur riche langage, leur caractère national et tous leurs traits dislinctifs. Ceci montre qu'entre eux et la population allemande du pays s'élève une barrière que n'a pu abattre le teinps , ni détruire la politique. Comme j'ai décrit parmi les crânes slaves deux crânes russes , je dois prévenir que j'ai considéré les Russes comme des Slaves , parce que la population russe se compose pour la plus grande partie de cette race qui, dans le cours des temps, est devenue do- minante dans la Russie d'Europe, soit par sa propre extension et son agrandissement , soit par son croisement avec les autres peuples plus anciens. Au sujet du crâne des Russes , Blumenbach et Isenflamm in- diquent aussi un point qui paraît se rapporter à la forme que j'ai assignée aux Slaves comme caraclérislique. Je transcris ici un passage d'Isenflamm (^Description de quelqtiea le'tes humaines de diverses races ; À . d. Denksch. d. Pliys. med. Soc. iuErlangen, Niirnb. , 1813, s. 2) : " Blumenbach, ru re|)résentant et décri- vant une tète tschude, Dec. IV, p. 8, nous fait observer (|uc sa forme tient le milieu entre la race caucasique et la race mongole, {\)Geiicliklil,'viiii fiaelimeii, von K. l'alacky. l'rag., 1836, Bd, I, S. S6. 152 KEI'ÏIIS. — SL'Il Li:.S lOU.MliS 1)L CliAM-: conmie il le remarque lui-même clans une note de son ouvrage , de Gen. hum. var., p. XXXII , où il dit que beaucoup des têtes des nations russes, qu'il possède, ont plus ou moins quelque chose de la forme mongole, qu'il a eu souvent l'occasion d'étudier. « Or Isenflamm a été longtemps professeur à l'Université de Dor- pat , et a eu de bonnes occasions d'apprendre à connaître la forme de crâne des Russes. Par « quelque chose de la forme mongole , » il est donc clair qu'il faut entendre la brièveté de ces ci'ànes ou leur rapprochement de la forma quaârnla. Ajoutons encore que dans le magnifique Foyagedans la Russie méridionale et la Crimée (cah. 13), du comte Anatole Demidoff, se trouvent les descriptions et les ligures de 9 crânes amassés dans le voyage en Crimée. Il y en a 5 du pays de Kertsch , 2 de lalta, et 2 de Foedosia. Trois d'entre eux seulement ont une forme longue et ovale ; on reconnaît qu'ils ont une origine an- cienne, et on pense qu'ils ont appartenu à des Grecs. Les autres six, qui sont aussi d'une haute antiquité, appartiennent aussi à la forme courte, à occiput élevé et carré. Sur l'un d'eux (pi. 10), l'occiput est un peu plus voùlé que sur les autres , et ressemble sous ce rapport aux crânes finnois qui se trouvent dans notre col- lection. D'ailleurs , il n'a pas été possible à l'auteur de détermi- ner à quelle race ont appartenu ces crânes, la Crimée n'ayant pas été successivement habitée par moins de 14 races différentes, savoir : Cimbres, Alains, Madshiares, Khazares, Petshèges, Warages, Kumancs, Tatares, Bulgares, Circassiens, Arméniens, Juifs, Zigeunériens, Russes et Kosackes. 3. Crânes de Finnois. Cinq des crânes finnois que j'ai eu l'occasion d'observer me venaient , les uns de M. llmoni , professeur de médecine à Hels- ingfors , les autres de Bondsdorff , professeur d'anatomie à la même Université ; je me suis procuré du dehors un sixième crâne Finnois tout-à-fait caractéristique, par un artiste qui demeure ici, M. Stromer. Grâce aux données de ces messieurs , je suis sûr de l'authenticité de ces crânes , autant qu'il est possible en telle ma- tière. Tous les six crânes sont d'hommes. DES ll.VlillA.MS 1)1 \OIU>. 153 Vue d'eu liaul, la boile cérébrale a un contour ovoïdo-conique (forma ciineato-ovata) , dont le grand diamètre l'emporte de 1/5 environ sur la plus grande largeur. Dans sa forme, ce contour h plus de longueur que n'en a la forme carrée assignée par les écrivains. .Sa longueur moyenne est de 0"',178; sa plus grande largeur est , en moyenne aussi , de 0",\lill ; la largeur, à la partie anté- rieure des fosses temporales, de 0"',100. En avant, le crâne est tronqué par suite de la position des rebords et des apophyses sourciliers, mais le front est bombé (//-oha' fornicata). Les côtés temporaux de la circonférence sont presque droits, ce qui provient de ce que les tempes sont unies , plates. Les bosses pariétales , très saillantes, forment chacune un angle en s'unissantà l'occiput, dont la courbure est plus grande que chez les Slaves, et forme presque le segment d'une sphère. La plus grande largeur est dans le voi- sinage des bosses pariétales. Une bosse occipitale particulièrement saillante ou anguleuse ne se rencontre sur aucun de ces crânes. La plus grande circonférence de la boîte cérébrale varie de 0"',510 à fl"',5o7; et peut être représentée en nombre moyen par 0"',52ii. Vus par derrière , ces crânes présentent une surface occipitale presque carrée, qui paraît être un peu plus haute que large. Le côté supérieur de ce carré s'étend entre les deux bosses parié- tales, l'inférieur entre les apophyses mastoïdes, et les latéraux des bosses occipitales aux apophyses mastoïdes. Sur les crânes slaves, quelquefois la hauteur de l'occiput égale sa largeur; sur les suédois, les bosses pariétales sont basses, aplaties, les apo- physes mastoïdes sont très en avant de l'occiput et n'appartien- )ient pas du tout à sa circonférence. Sur cinq spécimens , la suture sagittale offre dans une grande longueur une élévation ; remarque qu'on retrouve dans la seule notice qu'on possède jusqu'aujourd'hui sur le crâne des Finnois proprement dits , à savoir une lettre de feu le professeur Hucck à l'académicien Sjogren dans le linlleliii scientifique publié par l'A- cadémie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, toni. V, J54 RETXItS. SUll LES FORMES DU C^!V^E pag. 316. La partie postérieure de la suture sagittale se courbe en bas comme les pariétaux , sur la voussure uniforme , caracté- ristique de l'occiput des Finnois, que nous avons déjà mentionnée et qui forme presque un segment de sphère. Le sommet de la suture lambdoïde est placé plus haut que chez les Suédois , à peu pri^s comme chez les Slaves. Les lineœ semi- circulares majores sont un peu plus bas que chez les Slaves , mais plus haut que chez les Suédois et se réunissent sous un angle obtus ou en formant un arc à faible courbure, qui , chez la plu- [)art, est situé un peu sur la limite postéro-inférieure de l'occipul. La protubérance occipitale manque sur cinq spécimens et est petite sur le sixième. La plus grande convexité de l'occiput tombe dans son milieu , et ce milieu se trouve à la réunion des sutures sagittale et lamb- doïde. Par suite la partie de l'os occipital qui recouvre les lolies ]iostérieurs du cerveau prend une position redressée et forme en- viron le 1/4 de la grande voussure arrondie de l'occiput. Comme, sur ces crânes, les apophyses mastoïdes forment les angles^ infé- rieurs de l'occiput , les parties mastoïdiennes des temporaux sont aussi situées sur sa surface. La hauteur de l'arc qui est mené du bord des conduits auditifs autour de la plus grande convexité de l'occiput, égale environ les 3/4 de la corde du même arc. Le grand trou occipital est de même forme et de même dimen- sion que dans les crânes précédemment décrits. La crête occipi- tale externe est un peu élevée , mais droite et se dirigeant en haut. Les lineœ. semicirciilares minores sont fortement exprimées , ainsi que les apophyses jugulaires. Le conceptaculum du cervelet est manifestement développé et sur cinq spécimens incliné vers le haut comme la partie postérieure de l'occiput. Les incisnrœ tnastoideiP pour l'insertion des muscles abaisseurs du maxillaire inférieur sont profondes et étroites. La distance entre les faces externes des deux apophyses mastoïdes varie de 0"',124 à U"',lo5. Vu de côté, le front est arrondi, voûté , quelquefois sans bosses frontales, d'autres fois avec des bosses frontales peu développées. Les bosses sourcilières sont grandes et réunies en une glabelle MKS IIAlUliM>. 1)1 NOIU). 155 saillante. L'insertion des conduits auditifs tombe un peu en arrière du milieu du diamètre longitudinal. Leur forme et leur position est comme chez les Suédois et lesSlavcs. La voussure de l'occiput, déjà décrite comme étant égale, sphérique, se présente, lorsqu'on la regarde de côté , sous l'aspect le plus caractéristique. La hauteur des crânes finnois varie de 0"', 135 à 0"', 147. La ligne de profil du visage est presque verticale. Sa hauteur, de la racine du nez au rebord alvéolaire , est sur cinq' spécimens , de 0"',070, sur le sixième de 0"',005. La distance entre les points les plus convexes des arcades zygomatiques varie de 0"',12S à 0"',145. Le bord inférieur de l'arcade zygomatique est presque droit à cause du peu de saillie inférieure de la tubérosité jugale. 1-e sillon sous l'apophyse jugale du maxillaire supérieur est faible , "et les fosses malaires sont peu profondes. Les ouvertures antérieures des cavités orbitaires sont quadrila- tères , presque rectangulaires et dans une direction à peu près ho- rizontale. Leur hauteur (0"', 030) est un peu moindre que leur largeur (0"',040); les angles sont arrondis, les fentes orbi- taires externes étroites. Les arcades zygomatiques sont dirigées chez la plupart en ar- rière et en dehors. Le palais, peu voûté et plat en avant , descend par une surface inclinée vers le bord alvéolaire derrière les dents antérieiu'es. La hauteur du maxillaire supérieur de l'épine nasale antérieure au rebord alvéolaire est sur cinq spécimens de 0"', 020 ; sur le sixième de 0'", 01/|. Une ligne tirée en arrière du rebord alvéolaire du maxillaire supérieur, à la même hauteur et dans la même di- rection , passe par le sommet des apophyses mastoïdes. Je ne trouve aucune différence remarquable entre la forme de leur mâchoire inférieure et celle du même os chez les Suédois et les Slaves. Le menton est sur cinq spécimens large et tronqué, sur un autre il est pointu. Chez tous les six il présente, au milieu du maxillaire, une tubérosité qui s'élève vers le rebord alvéolaire sous la forme d'une arête mousse. Les branches montantes sont larges; l'angle postérieur est un peu incliné en dehors. Les apo- J56 RKTÏIU». — Sll! IJiS FORMES Ul ClUM- pliyses coroiioïdes descendent vers la branche horizontale en for- mant une forte crête qui marque le bord antérieur des points d'insertion des muscles buccinateur et masséter. La hauteur de la branche montante est de 0"',070 ; celle de la branche horizon- tale de 0"',035. Cette description des crânes finnois diffère sur plusieurs points de celle que Hueck en a donnée dans la lettre citée ci-dessus. 11 paraît cependant n'avoir vu qu'un crâne de Finnois, et s'en être tenu surtout, comme la plupart des écrivains, d'après les descrip- tions de Blumenbach des crânes des diverses nations, aux détails relatifs aux os de la face. Par suite , nos données peuvent bien ne pas concorder parfaitement entre elles. Nous tombons cependant d'accord sur un point important, c'est que le crâne suédois a quelque chose de cunéiforme , que j'ai cherché à exprimer par le nom de cranivm cunealo-oralum. Hueck, dans un mémoire particulier, a signalé la forme du crâne des Esthes , proches parents des Finnois [de cvaniis Estho- num, Uorpat 1838). Comparc-t-on cette description de Hueck avec celle que j'ai donnée irj du crâne des Finnois , on y trouve des dilTérences considérables , qui paraissent reposer cependant pour la plus grande partie sur la dilïérencc de nature des pays combinée avec des différences dans la manière de vivre , les rap- ports sociaux, etc. L'Esthonieest un pays plat , tandis que la Fin- lande est, dans la plus grande étendue, montagneuse. Les Esthes ont été depuis plusieurs siècles des travailleurs soumis h de grands propriétaires et à des fermiers, tandis que les Finnois ont été , depuis d'anciens temps , libres et pour la plupart paysans propriétaires. Le temps oii les Esthes se fixèrent sur la mer Bal- tique dnil être très éloigné. Le professeur Rud. Keyser regarde comme probable que le peuple des côtes de la mer Baltique, que Pytheas nomme les Ostiaier, était les Esthes , comme les Aesti de Tacite. Finnois et Esthes ont été vraisemblablement séparés longtemps avant le commencement de notre ère , et ont vécu depuis ce temps dans des rapports différents , quoique leur lan- gage ait encore tant de ressemblance qu'on doive regarder la langue eslhe seulement comme une variété de la langue linnoise. nEs inRiTwrs ni \or,n. 157 Hueck pense avoir trouvé que la forme carrée du crâne esl domi- nante pai'iiii les Estlies, et que si celte forme se rapproche de l'ovale, elle a cependant quelque chose d'anguleux; celle /bcî/ia cuneatu , dit-il , se rencontre rarement. Mais si je m'en tiens à ses belles planches sur les crânes des Esthes, celle particulièrement où est représenté le profil (pi. 2), je trouve une coïncidence parfaite entre ce profil et celui des crânes finnois, de même qu'avec ma description de ceux-ci ; tandis qu'il diffère en plu- sieurs points de la description même de l'auteur. .Sous ce rapport je crois donc |)ouvoir prendre au fond les traits principaux sui- vants de la description que j'ai faite, comme caractéristiques du crâne des Finnois. Les crânes des Finnois sont courts , ovoïdo-cunéiformes dans leur contour, à bosses pariétales grandes , élevées et reculées. Ils dilïèrenl de ceux des .Slaves par l'étroitesse et la voussure .sphé- roïdale de l'occiput , la rectitude et l'aplatissement des tempes et l'élévation des pariétaux le long de la suture sagittale. Ils diffè- rent de ceux des Lapons, comme nous le montrerons plus loin, par une structure osseuse plus forte , de plus grandes bos.-es sour- cilières, de fortes apophyses mastoïdes, un plus long profil de visage, ainsi que par la forme sphérique de l'occiput, la position plus en arrière des bosses pariétales et enfin l'élévation vers la partie postérieure de la suture sagittale. Il y a à peine un peuple européen sur l'origine et la descen- dance duquel ait été répandue jusqu'à ces derniers temps autant d'obscurité et sur lequel on ait émis autant d'opinions, que sur le peuple en question. La richesse de son langage , la beauté de ses anciennes poésies, et l'éclat, la bravoure et la fermeté de son ca- ractère national , attestent la grandeur de ses aïeux. Le professeur H. Keyser à Christiana, dans son excellent mémoire sur l'origine et la parenté de race des hommes du Nord {'Saralinger til det Norske Folks .Sprog og Historié , Bavi. , II, 2, Christiana , 1 839), a répandu la lumière sur ce sujet. On voit, en ellèt , par son ex- position , que la Finlande actuelle a tiré son nom du peuple qui , avant les I'"innûis, a habité ce pays, à savoir les Lapons. Ceux-ci, dans les temps reculc's, étaient nommi's iMnnois, connue ils le sont encore aujourd'liiii eu .\or\\i''ge : f[ les l^'innois actuels él;iieiil 158 BETKIBS. — SUR LES FORMES DU CRANE appelés Tsclludes, comme les Ksthes, de souche slave et liés à eux par la race. Le peuple connu dans les anciens historiens sous le nom de Scythes est aussi retrouve. Keyser montre , en effet , de la même façon que les Scythes, qui vers la fin du V siècle étaient le peuple principal du côté nord de la Mer Noire, se sont poussés plus loin vers le Nord , h travers les Germains et les Slaves , soit vers les contrées de l'Ural , soit vers les pays à l'Est du golfe de Bothnie et de la Baltique , en un mot que les Finnois actuels sont les descendants des anciens Scythes, si nombreux et si puissants. U. Crânes de Lapons. La forme du crâne de ce peuple nomade a été de temps en temps l'objet des recherches de divers anatomisles , et les crânes de Lapons manquent dans peu de Musées anatômiques de quel- que importance. On pourrait donc en conclure que la forme de ces crânes a été bien décrite et bien connue ; ce n'est cependant pas le cas. La cause en est probablement que personne , autant que je puis le savoir, n'a été jusqu'à présent en état d'observer à la fois qu'un ou que très pou de spécimens. Blumenbach n'en avait que deux dans sa riche collection. La description qu'il en donne ne consiste qu'en quelques lignes , et elle exprime néanmoins des caractères qui ne sont pas tout-à-fait justes. 11 s'exprime ainsi : « Caractères primarii : Granium proportione staturœ magimm. Ilabitus in totum , ([ualis mongolicœ varietati solemnis est. Cal- varia fereglobosa. Ossa jugalia extrorsum eminenlia. Fossa ma- laris plana. Frons lata. Mentuni prominulum acuminatum. — Jlia observala : Palati fornix complanatus. Fissuras orbitales inferiores ingentes. Fossae jugulares ultra modum diversae niagni- tudinis ; dextra amplissima. » Aujourd'hui, le Musée de l'Institut carolinien possède vingt- deux crânes de Lapons ; et il en posséderait huit de plus , si de temps en temps les échanges et les présents à d'autres Musées n'en avaient diminué le nombre. Des vingt-deux exemplaires cjui s'y trouvent à présent , je me suis servi seulement de seize pour cette description , les autres étant d'enfants ou d'une authenticité incertaine , parce qu'on les a raniass(''s dans de vieux rimelièros ; DES HABITANTS 01 ^o^.n. 159 par contre, je possède pour les seize premiers des données posi- tives sur ie nom, l'âge, etc., des personnes à qui ils ont appar- tenu. Pour plusieurs de ces crânes, j'ai à remercier M. le doctem* Lindstrom , médecin provincial , qui habite depuis longtemps Westerbott , et a eu souvent l'occasion de faire des recherches sur les individus de cette race dans des expertises médico-légales. D'autres viennent de M. le professeur Zetterstedt, du docteur Waldenstrom , médecin provincial , et du docteur Wretholm ; et quelques uns de mon gendre, Tingénieur Wahlberg , qui était, dans l'hiver de 1835 , à Lulea-Lappmark , et qui fait maintenant un voyage dans le sud de l'Afrique, etc. Je ne puis remercier assez ces messieurs de la peine qu'ils se sont donnée pour enrichir le Musée de ces intéressantes pièces, dont le prix est rehaussé par les renseignements sur leur origine. La difficulté était d'autant plus grande que les Lapons sont ensevelis dans le même cime- tière avec les nouveaux habitants qui sont Suédois ou Finnois. On sait combien cette réunion de crânes dans un seul et même endroit rend les erreurs faciles. Vu d'en haut , le crâne des Lapons oll're un contour , dont la forme se rapproche de la forme ovoïde courte du crâne des Fin- nois, tandis que les bosses pariétales sont grandes, et que leur éloignement est considérable ; mais la partie inférieure de l'occi- put est un peu inclinée en haut, et allonge cette forme en même temps que les régions temporales sont bombées , et l'arrondissent sur les côtés. Le regarde-t-on verticalement et im peu en avant, il présente une forme ovoïde inverse , très courte , un peu tron- quée. La face est, comme chez les autres peuples du nord de l'Europe, un peu saillante en avant du contour vertical du crâne. Parmi les seize crânes , il y en a trois de femmes ; deux d'entre eux sont plus petits que les autres ; le troisième est aussi grand qu'un crâne d'homme. La plus grande circonférence est, sur le plus petit crâne qui a appartenu à une vieille femme, de ()"','i70 ; sLu- le plus grand crâne d'honniie, de ()"',5/|() ; sur ([uatre autres , il est de 0"',525 ; en sonniie, elle est doue [ilus pelile que chez aucune des races jjrécédenles. La plus grande longueur est sur le plus petit crâne de 0"',155 ; .-ur le plus grand , de ()"','1H() ; sin- rin(| ci-ànes , ce diamrli'e est 160 RETÏltJS. — SUR I.KS FORMES DU CRANE au-dessous de 0'",170 : sept autres se rapprochent de ce nombre ; deux sont un peu au-dessus de 0"',175; et deux , de 0"',180, La grandeur moyenne de ce diamètre est donc plus petite que chez les Finnois, à savoir : 0"',170. J'ai cru pouvoir prendre cette quantité pour nombre moyen , parce que le plus grand nombre des spécimens le possèdent. La plus grande largeur ne tombe pas, comme chez les Finnois, entre les bosses pariétales ; mais au-dessous d'elles , et un peu au-devant , en partie sur les temporaux , en partie sur l'angle mastoïdien des pariétaux; elle varie de 0"',133 à0"',156. Sur douze crânes, ce diamètre varie seulement entre 0"',1 /lO etO"',lZ|y ; et sur cinq d'entre eux, il est de 0"',li!i7 , nombre qui , niieux que tout autre , peut donc être regardé comme la moyenne. La plus petite largeur est sur le plus petit crâne de 0'", 091 ; sur le plus grand, de 0",105 ; sur neuf, elle est à peine de 0"',100. Le diamètre longitudinal est donc à la plus grande largeur comme 1000 : 8()5 , et l'emporte donc sur celle-ci d'environ 1/8 de sa longueur, et sur la plus petite d'environ 2/5. Sur treize spécimens, la partie postérieure de l'occipital forme une bosse occipitale saillante un peu comprimée sur les côtés; tandis que chez les Finnois, celle-ci est voûtée d'une manière égale, autant vers en haut que vers en bas, La face postérieure de ces crânes présente, comme chez les Slaves et les Finnois, la forme d'un carré à angles arrondis , s'é- levant encore un peu vers la suture sagittale. Les deux angles supérieurs sont formés par les bosses occipitales ; les deux infé- rieurs par les apophyses mastoïdes. Sur la plupart , la distance entre les bosses pariétales est beaucoup plus petite que le plus grand diamètre transversal du crâne , qui , ainsi qu'il a déjà été dit , est entre les angles mastoïdiens des pariclaux ou la partie écailleuse des temporaux. La partie postérieure de la suture sagit- tale ou des os pariétaux est , à la vérité , inclinée en bas ; mais elle n'est ni aussi voûtée que chez les Finnois , ni dirigée en bas d'inie manière aussi abrupte que chez les Slaves. Le sommet de la suture lambdoïde est un peu plus élevé que chez les Slaves et les Finnois, par conséquent aussi bien plus élevé que chez les Sué- dois. Snrdnn/p de ces crânes se (rnuve mif bnsse ocripitnle petite. DES HABIT \NTS DU NORD. 161 dirigée fortement vers le bas, dont la courbureestdiiïérenle decelle de la surface occipitale des autres. Les//;iea' seinirircutares majores sont un peu plus élevées que chez les Finnois, se réunissent sous un angle très obtus, et sont faiblement exprimées; il n'y a pas de protubérance occipitale. Le conceplacuhim cerebelli est en partie redressé , et se porte par suite sur la face postérieure de l'occiput comme chez les Slaves. Douze spécimen présentent le long de la suture sagittale une élévation qui, toutefois, ne va pas en arrière comme chez les Fin- nois , mais qui , commençant sur le milieu du pariétal , se dirige en avant , et s'étend sur quelques crânes jusqu'à, la partie supé- rieure de l'os frontal. Les lignes courbes temporales entrent dans le contour de l'occiput. Le grand trou occipital est elliptique; sa longueur est d'environ O'^OSS ; sa largeur, de 0"',031 . .Sur neuf spécimens, les apophyses articulaires de l'os occipital sont extraoï'dinaircment courtes et larges, sur quelques uns à peu près rhomboïdes, et très saillantes sur plusieurs autres. La crête occipitale externe est faiblement accusée ; les surfaces placées des deux côtés de cette crête 'Concep- taculum cerebe'.li) sont fortement voûtées. Sur onze spécimens, les fosses d'insertion des muscles digastriques {incisurœ mastoideœ majores) sont peu profondes, et par contre très larges et très ouvertes. Les Uneœ seinicircuiares minores forment de petites crêtes dans le voisinage du trou occipital. Sur un seul spécimen , les apophyses mastoïdes ont la grandeur moyenne qui leur est habituelle chez les Suédois, les Slaves et les Finnois; chez tous les autres , elles sont petites. La distance entre les faces externes de ces apophyses varie entre 0"',155 et 0"',lo5, et est chez la plu- part de 0'", 130 ; quelquefois la fosse jugulaire droite est considé- rablement plus grande que la gauche. La hauteur de l'arc tiré des trous auditifs autour de la bosse occipitale est la moitié de la corde ou un peu moins. La partie horizontale de la grande aile du sphénoïde, qui reçoit les lobes cérébraux moyens, est extraordinairement large et plate les fosses moyennes cérébrales en dedans du crâne sont très larges). Les apophyses ptérygoïdes sont un ppu inclinées en avant : T -cTip. Zmn. T. VI S..i,l,Tiil.n' IKiC, ) -, M 162 RETHllS. — SUn LES FORMES DU CR^NF. leur aile interne est petite; l'externe est large, et tournée en dehors ; la fosse ptérygoïde un peu plate ; l'ouverture , située entre le côté antérieur de l'apophyse ptérygoïde et l'os maxillaire supérieur [fissura spheno-palalind) , est grande. Vu de côté , le front se présente , chez la plupart des sujets , incliné un peu en arrière , toujours cependant d'une petite quantité : sur trois , il est presque vertical. Le pariétal est hautement voûté , et va entre les deux bosses pariétales sur la surface de l'occiput. Le profil de l'occiput est , par suite de cette forme , différent de celui des Fin- nois, des Slaves et des .Suédois. Chez les Suédois, il était longue- ment incliné et étroit; chez les Slaves, brusquement incliné, large et plat ; chez les Finnois, voûté en forme de sphère; chez les La- pons, il est en général incliné ex abrupto en arrière et en bas vers le conceptaciilum cerebelli , le plus souvent saillant, et formant, comme il a été dit, une faible bosse occipitale. La surface cérébel- leuse de l'os occipital se présente, particulièrement de côté, sous la forme d'une convexité ascendante , qui s'étend de la région interne des apophyses mastoïdes à la réunion des Imece semicirculares majores. Les portions écaillouses des temporaux sont petites et bombées; elles sont particulièrement saillantes à leur réunion avec les grandes ailes du sphénoïde. Les trous auditifs externes, qui chez la plupart des spécimen sont arrondis , sont plus en arrière , mais dans fjuelques cas au milieu de l'axe longitudinal de la tète. La plus grande hauteur du crâne est , sur le petit spécimen , de 0"', "il 4 ; sur les deux grands, de 0"',lâ8; sur les autres, d'en- viron 0'",129. Les bosses sourcilièresdel'os frontal manquent habituellement ou sont peu développées. Presque tous les crânes des Lapons ont des parois minces, k insertions musculaires peu marquées , et peu de poids. La ligne de profil du visage diffère peu de celle des autres peuples européens du Nord ; la hauteur de la racine du nez au rebord alvéolaire supérieur varie de 0"',0C0 à 0"', 071. Quelquefois les os du nez sont saillants en avant ainsi que les dents ; en général les racines des dents et les alvéoles sont courtes. La distance entre les deux orbites est considérable comme chez les autres habitnnis du nord de rEuro]ip. Les ouvertures anié- nus ii\nrrA\rs m Nonn. Ki^ rieures des fosses oi'bitaires sont presque qu,idi'aiit;iilaii-es , à angles arrondis, et présentent peu de dilTérences entre la largeur et la hauteur. Seulement chez un petit nombre l'angle externe est un peu incliné en bas : chez ceux-ci , la largeur est d'environ 1/4 plus grande que la hauteur. En moyenne on peut prendre pour la largeur le nombre de 0'", 039 et pour la hauteur celui de 0"', 033. Le plus souvent les /issurœ urbitales sont extrêmement grandes. Les os jugaux sont petits et les arcades zygomaliques peu sail- lantes en dehors. L'apophyse malaire du maxillaire supérieur est par suite grande, et forme sur plusieurs des spécimens une partie de la tubérosité malaire elle-même. J/échancrure en l'orme d'arc sous l'apophyse malaire du maxillaire supérieur, qui est en gé- néral profonde chez les Suédois , et qui paraît manquer sur les crânes slaves et finnois , existe à la vérité sur neuf crânes de Lapons , mais petite et peu profonde ; elle manque sur les sept autres; l'arête jugale de la tubérosité malaire s'élève en formant un arc faiblement saillant, concave intérieurement. Par suite , les antres d'Iiighmore sont plus étendus sur les côtés ; par suite aussi les fosses malaires perdent de la profondeur qu'elles ont habituel- lement sur les crânes suédois. A cause du peu de hauteur des os jugaux, l'arcade zygomatiijue ne couvre que dans peu de cas le sommet des apophyses coronoïdes de la mâchoire inférieure ; le plus souvent celui-ci se termine au-dessous de cette arcade ; et par le même motif, le bord inférieur de l'arcade zygomatiqueest sur la plupart des crânes presque horizontal et rectiligne , sur quelques uns faiblement contourné en S. l^a plus grande courbure des arcades zygomaliques est formée par les apophyses jugales du temporal ; la plus grande distance entre leurs faces externes varie de 0"',125 à 0",13S; la moyenne entre ces deux nombres est 0"',130 bien moindre par conséquent que chez les autres races du nord de l'Europe. Le rebord alvéolaire est bas; la hauteur de l'épine nasale anté- rieure jusqu'au bord alvéolaire varie de 0'", 010 à 0"',020. La voûte du palais est aussi basse et particulièrement plate en avant. Une ligne tirée en arrière par l'extrémité inférieure du rebord alvéolaire du maxillaire supérieur, à la même hauteur et dans la même (liri'clion, passe, sur c[ninze spécimens, par le trou au- 16/l KETMIS. — SUR I.KS FORMKS Dt CRWF. (litif, sur un seizième par le sommet des apophyses mastoïdcs. La mâchoire inférieure est le pkis souvent petite. La branche horizontale est basse , aussi bien que sa branche montante ; son angle postérieur très obtus et déjeté en dehors; le bord inférieur de la branche horizontale dans la plupart des cas est convexe. La hauteur de la branche montante , du condyle à l'angle, varie de 0"',058 à 0"',043 ; la moyenne est de 0"',0/i7 ou de 0"',048. Le rebord alvéolaire est pareillement bas. La hauteur de la pai'tie antérieure de ce rebord à la tubérosité du menton varie de 0"',020 à 0"',035 , et chez la plupart est de O-^OSO environ. Les racines des dents sont aussi courtes. Dès la première enfance , les crânes des Lapons se distinguent déjà de ceux des Suédois. .T'ai dans ma collection le crâne d'une petite Lapone de deux ans. Sa longueur est de 0"',l/i7, sa lar- geur de'0"',lo4 ; tandis que sur un enfant suédoisdu même âge, le crâne a 0"','158 de long et 0"',120 de large. Sur l'enfant suédois, les trous auditifs sont situés en avant de la partie moyenne, sur le Lapon en arrière ; la base occipitale très saillante chez le premier, courte chez le second ; chez le Suédois , le receptacidutn cerebelH est inférieur ; chez le Lapon , il est plus postérieur qu'inférieur. De cette description on peut conclure que les Lapons, à l'in- verse des Suédois, appartiennent aux races à court occiput. Sous ce rapport ils appartiennent à la même division que les Finnois et les Slaves, mais se dillercncient de ceux-ci en ce que leurs crânes sont plus petits et plus minces, ont de petites apophyses mastoïdes et surtout des insertions musculaires faiblement exprimées, un occiput plus tronqué en arrière, avec unetubérosité occipitale courte située au bord inférieur de cette région et un peu comprimée sur les côtés, ainsi que des bosses pariétales placées plus en avant. Ils s'éloi- gnent d'ailleurs des crânes slaves par l'élévation du vertex, et des Finnois par la convexité des tempes qui ne sent point aplaties. Plusieurs ethnographes anciens et modernes, et parmi ces derniers le docteur Prichard, rangent les Finnois et les Lapons dans la même race, et les regardent tous deux comme les Abori- gènes du Nord. Mais la forme de leur crâne est contraire à cette opinion , de même que la dilTérence de leur caractère national. Les Finnois, aussi bien que les Slaves et les Scandinaves, parais- niL.'î II Mil 1 UMS ))L MMlli. 165 sent venir du pyj» i-{w l'Iaii/iil plus l'avui'isijs (li; la iiaUm; , à sa- voir, de5 cunlrùes du Cuucase; tandis que les Lapons, aussi loin que la tradition ou riiistoiie peuvent les suivre, ont toujours ha- bité le Nord. ],o professeur Nilsson a montré ([ue Tacite les nomme Feiini , de même que les habitants du Nord , depuis les temps les plus reculés , et aujourd'hui encore , les appellent Fin- nois. Procope les ai)pelle '^/.oiiioi.w. (en suédois, skridfinnar ) (Keyser, a. a. O., page 309) , et chez les Russes ils se nomment Lopari, comme chez nous ]>apons. Aussi loin qu'on peut suivre ce peuple , on le voit toujours dans un degré inférieur de civilisa- tion , n'ayant jamais cultivé l'agriculture, toujours peu guer- rier, et repoussé par les autres nations qui l'ont dépossédé et se sont emparées de son territoire. On pense que les Lapons ont ha- bité , aux époques les plus reculées , une grande partie de la Russie. Dans son ouvrage classique sur les Aborigènes du nord de la Scandinavie , le professeur Nilsson a prouvé par des i)reuves si nombreuses que les Lapons ont habité aussi le sud de la Suède, qu'il serait difficile d'établir sur de meilleurs fondements une opinion contraire. Il montre aussi que les Lapons n'ont pas tou- jours eu des rennes , ni partout où ils ont habité , mais qu'ils ont été chasseurs et pêcheurs ; qu'autrefois ils ont eu une plus grande représentation ; ils ont ])0ssédé des chefs, tenu des assemblées po- pulaires , etc. Le professeur Rask pense qu'ils ont habité tout le Danemark (Nilsson, «. o. 0. //. 3,p. 12 . Sans aucun doute , cette race, étendue sur de plus vastes pays, consistait en plu- sieurs souches dilTérant par le mode de vivre , et en partie par les mœurs ; et de cela on peut déjà conclure qu'il a dû résulter quel- ques différences dans la forme du crâne. Les crânes des habitants primitifs, qui ont été décrits par les professeurs Nilsson et Es- chricht, et que le premier déclare d'origine lapone , sont petits , peu développés , à occiput court , mâchoire inférieure basse , et insertion musculaire faible ; mais les apophyses mastoïdes sont plus grandes que celles des crânes de Lapons que j'ai décrits, et l'occi- put n'est pas si tronqué en arrière. Ces différences peuvent résulter cepi-ndant , comme je l'ai fait remarquer plus haut , de l'influence longtemps continuée d'habitudes chllércntcs, de climats diffé- rents, etc., ainsi (jue ikjus l'avons constate pour les iMunois et le? 106 UET/.ltS. --- SLli I.KS fOUMKS DL CK.V.Ni. Esthes. Jusqu'à présent, cependant, on ne connaît que peu de specimeiLs de crùncs des habitants du Nord : aussi serait-il bon de diriger, par le soin d'autorités compétentes, l'attention du public sur la valeur scientifique de ces restes de l'antiquité et sur l'im- portance de les conserver. Les crânes et les squelettes que l'on détruisit dans l'année 1805, avec les tombeaux où ils furent trouvés , pour l'aplanisse- ment de l'Axew allaheide , auraient eu , si on les avait conservés, plus de valeur que plusieurs des objets de prix qui furent ramas- sés dans ce pays , et transportés à grands frais dans les musées. Vraisemblablement , dans plusieurs des collines qui existent en- core sur les champs nivelés , il y a beaucoup de tombeaux sem- blables ([ui , par suite des progrès de la culture , seront successi- vement aplanis, sans que le campagnard comprenne leur origine ni leur importance. Les J>apons étant regardés par Blumenbach , et par la plupart des ethnographes, comme parents des Mongols , que j'ai rappor- tés aux dentés bracInjrepliaJœ prognathœ , il n'est pas hors de propos de dire aussi quelque chose de ces peuples. Le Musée anatomique a reçu depuis quelques aimées de M. Cherniaefl', professeur de botanique à Charkow, et grâce aux mesures de M. le professeur Wahiberg, un crâne de Calmouck avec l'étiquette suivante : «Cranhitn sexus masculini gentis Cal- muccorum , desumium anno 1833, a trunco hujus gentis sceleti inler mortuos derelictos haud humatosque, uti mos gentis est in de- sertis caitcasicis ad [lumen Kyma districti Quinquemontani ; cujus rei rertus est dorlor de Iloeffl, quondam inspector rerum medicina- lium gubernii Caiicasiensis. » 5. Crânes de Calmoucks. Le crâne est d'une structure osseuse plus forte (|ue ceux des Lapons , mais sa forme est semblable , sa longueur de 0,108, sa hauteur de 0,127. L'occiput est court, large, très proéminent inférieuremenl; le conceptacuhim cerebelli élevé ; la protubérance et la crête occipitales manquent. Les lineœ semicirculares majores de l'occiput se réunissent sous un angle très obtus ; tout l'occiput est ti'ès oblique , le côté droit étant porté en avant. Le sommet de DES HABITAMS DV NORD. 167 la sulure lambdoïde est placé haut ; le verlex est élevé dans le milieu , les bosses pariétales sont situées à la limite de l'occiput. Les apophyses niastoïdes sont étroites et grêles; la distance qui les sépare est de 0,130 ; les trous auditifs sont grands et ronds, la partie pierreuse des temporaux est petite. La portion montante de l'aile du sphénoïde , qui est située dans la fosse temporale , est grande, sa portion horizontale est petite. Le frontal s'incline fortement en arrière , est faiblement voûté et dépourvu de bosses frontales, tandis que les tubérosités sourcilières sont considéra- bles, et la glabelle saillante; la largeur du front est de 0'", 097. Les orbites sont, par leur forme et leur grandeur, semblables à ceux des Lapons ; il en est de même dos fentes orbitaires et sphé- no-palatines ; les ailes ptérygoïdiennes sont aussi un peu inclinées en avant; les fosses malaires profondes sous des cavités orbitaires très excavées. Le rebord alvéolaire du maxillaire supérieur est grand, un peu proéminent, et son contour en forme de demi- cercle. La distance , entre les deux côtés , mesurée à la région de la troisième dent molaire, est grande. Cette largeur, qui, chez les Suédois, les Slaves, les Finnois et les Lapon , est égale et d'environ 0"',0G0, est chez les Calmoucks de 0"',0'/0 ; par contre, la longueur de la voûte palatine n'est pas si considérable que chez ces peuples du nord de l'Europe. La distance entre la racine du nez et le bord alvéolaire est de 0"',067; de l'épine nasale à ce même bord , de 0"',020. Les tubérosités malaires du maxillaire supérieur ne sont pas si grandes que chez les Lapons , sans inci- sure , mais avec un bord inférieur, en forme d'S, presque hori- zontal. Les côtés externes des osjugaux forment chacun, en des- cendant des apophyses sourcilières externes, des surfaces inclinées en dehors et en arrière. La distance entre les tubérosités jugales est égale à la plus grande largeur de la boîte cérébrale , 0"', l/|.3 , et large surtout en comparaison du front , dont la largeur est de 0"',098. La plus grande convexité des arcades zygomatiques tombe dans leur milieu ; la plus grande distance entre elles est de 0-,l/i3. Les deux branches du maxillaire intihiciu', riiorizontale aussi bien que la montante , sont basses. La hauteur de la première est en avant de 0"',029; celle de la dernière de 0"',058. Les angles IH8 iiKiy.iis. ■— SMi i.KS lou.viiis oi cham: postérifLiis sunt tiès obtus, lo menton tronqué, les alvéoles pro- fondes sur les deux mâchoire?. Il en résulte que la plus grande diflerence entre la tète des Calmoucks et celle des Lapons consiste dans la grandeur et la largeur du maxillaire supérieur chez les premiers , la force de son apophyse jugale, la profondeur de sa fosse malaire , la saillie des os zygomatiques , et la force de la structure osseuse. Plusieurs ethnographes et physiologistes ont admis une pa- renté de race entre les Lapons et les Groënlandais ; c'est pour- quoi je crois devoir aussi dire quelf[ue chose de ces derniers , dont le Musée nous offre deux crânes bien conservés, l^'un est d'un homme d'Upernewik , en Westgroënland ; l'autre probablement d'une femme de Nennese, en Ostgroënland ; tous deux apportés par le docteur Vahl. b. Crânes (Ir (jioiMiIandais. Ces ci-âncs ont une structure osseuse forte , des points d'inser- tion musculaire fortement dé\eloppés, et un contour ovale, dont la longueur est de 0"',190 , la plus grande largeur de 0'",lliO , et ainsi presque égal à celui des Suédois : mais la largeur anté- rieiu-e du front, qui, chez les Suédois, est de 0"','107, est ici seu- lement de 0"',097. Les deux crânes sont, si l'on peut s'exprimer ainsi , bossueux (tubéreux) , particulièrement celui du Westgroën- land, et le maxillaire supérieur, les os jugaux et les arcades zy- gomatiques font une saillie considérable qui dépasse la circonfé- rence de la boîte cérébrale. Le grand trou occipital est grand et elliptique; sa longueur est de 0°', 042, sa largeur de;0"',032. Sur un desspecimens, l'atlas est soudé par une ankylose à l'occipital. Le conceptaculum cere- belli est grand , voûté et considérablement élevé ; les lineœ semi- circulares de l'occiput se réunissent sous un angle obtus : la bosse occipitale est ronde, sans proéminence, et comprimée sur les côtés. Le sommet de la suture lambdoïde est bas et très obtus; la partie postérieure du pariétal s'incline longuement vers la bosse occipitale. La distance entre les deux trous auditifs est à peu près égale à celle qui sépare le bord antérieur du trou occipital de la plus grande convexité de la bosse occipitale. m.^> IIAlillVMS 1)1 MJllI). IG9 .Sur le crâne du \\ estgrornlandais il y a , à l'extérieur, à la suture sagittale , une forte élévation qui s'abaisse cependant un peu sur le pariétal; sur un autre crâne elle est |)lus faible, et ré- side vers l'extrémité antérieui'e de la suture. Le front est bas, avec une faible élévation le long de la ligne moyenne, sans bosse frontale. Les lignes circulaires des tempes se portent très haut supérieurement vers le vertex , et postérieurement jusqu'auprès de la suture lambdoïde. Les trous auditifs, dont l'insertion tombe en moyenne en avant du milieu de la longueur du crâne, sont petits , et les conduits auditifs sont ronds jusqu'à l'anneau de la membrane du tympan. Les apophyses mastoïdes sont assez grandes ; elles sont distantes entre elles de 0"',125. La plus grande largeur du crâne, qui est de 0"',135, tombe juste au- dessus des apophyses mastoïdes. Les fosses temporales sont très profondes; les ailes temporales du sphénoïde sont petites et comme resserrées en avant de la place où les faces supérieures des temporaux soutiennent les lobes moyens du cerveau. Les Jh(ju spheiwiilalia forment de longues crêtes et pointes. Les por- tions pierreuses des temporaux sont grandes et plates ; mais à leur réunion avec les ailes du sphénoïde, elles s'élèvent par suite de la convexité déjà mentionnée des lobes cérébraux moyens. Vu par devant , le front se montre étroit , les apophyses orbi- taires externes forment de fortes saillies latéralement, les tubé- rosités sourcilières sont petites , la glabelle est élevée. Les os na- saux sont extrêmement étroits, quoique la distance entre les cavités orbitaires soit la même que chez les habitants du nord de l'Europe. Les cavités orbitaires sont grandes, dirigées oblique- ment, à angles arrondis, et à angle inférieur externe surbaissé ; les fentes orbitaires sont grandes ; la hauteur de la circonférence des ouvertures de l'orbite est de 0°',03)S ; sa largeur de 0"',0/ll. Le maxillaire supérieur est élevé ; de la racine du nez au bord alvéolaire , il y a 0"',080 ; les fosses spliénoïdales sont larges ; les tubérosités jugales grandes, dirigées horizontalement , formant la moitié des arcades zygomatiqucs, échancrées plus loin en forme d'arc à leur bord inférieur, descendant d'autre part sur le rebord alvéolaire, qui est très large, sur un crâne de 0"',080, sur un autre auciuel manquent trois dents de devant , et dont par suite les 170 KETXIU». — SLIK I.IvS FOKMES Dli ClUMi alvéoles sont réunies, do 0"',070. La distance entre l'épine nasale et le bord alvéolaire est de 0'",025. Le bord alvéolaire forme une large courbure , telle que Blumenbach l'a décrite chez un Chi- nois, uosseum capiiL... prœsertim autem singulari fera subylobosa rolundilate partis alveolaris maxillœ superioris notabile est. » (a. a. O., Dec. V., p. IL) La voûte palatine est basse et voû- tée , les apophyses ptérygoïdes inclinées en avant , petites : le vomer et les cornets bas. Après la proéminence arrondie du maxillaire supérieur , ce qui frappe le plus les yeux est la posi- tion des os jugaiLX. Leurs faces externes sont si inclinées de haut en bas et en dehors, qu'elles donnent à l'aspect de ces tètes , vues par devant , quelque chose de pyramidal. C'est pro- bablement cette forme qui a déterminé le docteur Prichard à ap- peler les formes de sa troisième classe du nom de pijramidales. l^es arcades zygomatiques elles-mêmes sont fortes, convexes, sur- tout dans leur milieu; la plus grande distance de l'une à l'autre est de 0"',145 ; elle est plus grande que la plus grande largeur de la boîte cérébrale, qui est de 0"',138. ' \- Les branches montantes du maxillaire inférieur sont basses ; le menton est arrondi ; la distance entre les deux angles de la mâ- choire est de 0"',115 ; la hauteur de la branche montante* est de 0"',058 ; la hauteur du bord du menton au rebord alvéolaire est deO'",031. Ces rapports , qui s'accordent avec les descriptions qu'ont don- nées Blumenbach et autres des crânes des Groënlandais et des Esquimaux , montrent que ces crânes ont une forme étrangère aux crânes européens , ou qu'ils sont un membre de la série des nombreuses races américaines. 11 y a dans le Musée deux momies, dont le roi a fait présent, avec un crâne de la contrée deTiticaca. Les crânes de ces momies sont plus petits que ceux des Groën- landais ; mais ils ont aussi une forme ovale , et leur ressemblent d'ailleurs sous plusieurs l'apports. [/habitude du corps de ces momies, appartenant vraisemblablement aux aborigènes du Pérou, est petite, et leur altitude, celle que plusieurs auteurs nous ont décrite chez de pareilles momies , à savoir : la position assise ; la tète inclinée en bas; le dos xoùté; les genoux ramenés vei-s la poitrine ; les bras plies et serrés sur les côtés. Cette position était DKS ji.vishams m .\oKU. 171 aussi celle qu'avaient les squelettes trouvés daus les tombeaux de r.4xevallaheide ; l'un de ces crânes a la même saillie .sa.çittale , longue , abaissée dans le milieu , qu'ont les crânes de Westgroëii- jandais. Tableau synoptique dea mesures. SUÊDOl.S. i,hk\ES. VlNMllS. HPOMS. Longueur du crâne, de la gla- 1 belle a la plus grande con- n..... 0,133 vexité de l'occiput 0,190 0,170 0,178 ,„.„.0,1.S0| Largeur du front entre la par- 'ni.iV. 0,170' tie antérieure des fosses „ „.(n,i„. 0,0911 n,„,. 0, 9/ ,,.«.. ioor""-"''"^i temporales 0,107 0,102 ' ' ..»•,. 0,100; Largeur de l'occiput, ou larg. '„„„. 0,133! la plus grande du crâne. . 0,147 0,151 0,144 ..,..,.0,136 'n,,,,. 0,147 'm,n. 0,310 j...i„. 0,470 Contourleplusgrandducrâne. Hauteur du crâne, du bord an- 0,S4« 'm,,,. 0,510 m.,. 0,540 i..»x. 0,537 Ji.,..i. 0,320 ni..ï. 0,528 lini.y. 0,310 térieur du trou occipital au vortex 0,13.3 mi„. 0,120 „,;i«.0,133 """■ 0,133 ,„.., 0,147 ■.,„„. 0,414 m.x.0,138 ™>.y. 0,129 Largeur entre les apophyses min. 0,125 0,114- (l.tîs 'm,,,. 0,124 ..ii„. 0,125 niastoïdes m„, o!l33 0,135 0,140 „„„.0,'l35 n>.-,x. 0,135 n„.y. 0,120 Longueur du trou occipilal. . 0,033 0,035 0,033 0,035 Largeur du même 0,029 0,032 0,032 0,031 Id. du visage entre les plusgr. min. 0,128' .,...». 0,143 nii„. 0,1 25 convex. des arcades zygoni. 0,ir;ii-u.iôS 0,(43 -V. 1.0,138 Hauteur du maxill. sup. de la O.Olilt— 0.U70 0,071 ' ,m„y. 0,130, 'm,„. 0,060 ,„.„ 0,071 racine du nez au rebord alv. 0,077 m.„. 0,005 Hauteur des ouvertures des 0,073 ...ai. 0.070 cavités orbitaires 0,030 0,030 0,030 0,033 Largeur des mêmes 0,040 0,040 0,040 0,039 1 H' de la branche montant du ' max. inf., delà surf.art. du ( mi... 0,043 0,070 |i.,ai. 0,038 condyle jusqu'à l'angle . . 0,073 0,060 Id. de la branche horizontale moy. 047^ au menton; du bord du men- /•n,m. 0,020 ton au rebord alvéolaire. . 0,033 0,033 0,033 n,-x. 0,035 y. 0,020 ADDITIONS AU MÉMOIRE PRÉCÉDENT; PAR M. LE D' CREPLIN. M. le professeur Retzius, dans la séance do l'Académie des Sciences de .Suède du 'âO mars ISi/i . a .-ijouté quelques obser- vations ayant trait à ce sujel. el f|ii'il avait faites plus lard. On les trouvera dans yOEfvers'ujl af Koiujl. releniikaps-Academiens JlaniUminr. Année 1, iS^/i, n' 3, p. o^-h\ ; et, en outre, tra- 172 RKTZIl«. — FOKMKS IK CH.\.^E DliS UAUllA.MS DU \OUV. duiles par moi clans \eSyJrchive simndinavischer lit'itrœyc ziiri\ a- iurgeschichle, deC. Fr. Hornschuch , Th. 1,11. 1, p. 149-151. Il avait reçu en elïet , dans l'automne de 18/|3 , du professeur Hyrtl , à Prague, un crâne d'Avare et deux crânes Czechs, exhu- més à Gral'enegg , en Autriche ; et de M. Ilei'zog , conseiller de médecine à Posen , deux crânes de Polonais. Le crâne d'Avare s'éloigne de tous les crânes asiatico-européens connus par la hau- teur des bosses pariétales , la compression du front en arrière et la brièveté de l'occiput. îl faut conclure de sa forme que les Avares , qui , d'après Scliafarik (antiquaire slave) , sont un peuple bâtard turc-ural , ont appartenu aux Gcntes brachycephalœ ortlio- (jnathœ. Les caractères ethnographiques de ce crâne sont ; " Occi- put court (diam. front, occip. , 0"',167), haut (diam. occip. ver- tical, 0"',157) ; une ligne abaissée perpendiculairement de son point le plus élevé à travers la région des bosses pariétales tombe très en arrière de la partie de l'os occipital sur laquelle se trouvent les lignes demi -circulaires. La plus grande largeur (0'",137) tombe juste en haut de la suture écailleuse du temporal. Le frontal , extrêmement haut et très penché en arrière , a au milieu (2" au-dessus des arcades sourcilièrcs) , une dépression transversale, et, immédiatement au-dessus d'elle, une tubéro- site fortement saillante et également transversale; entre elleet les bosses pariétales est une nouvelle dépression transversale qui se trouve à la réunion des sutures sagittale et coronale. Les arcades zygomatiques sont petites, peu saillantes; le rebord alvéolaire du maxillaire supérieur petit, vertical; les ouvertures anté- rieures des cavités orbitaires rhoniboïdales ; le palais très voûté ; les apophyses mastoïdes petites. » — L'opinion d'Edwards (voyez Morren, Mémoire sur les ossements humains des Tour- bières (le la Flandre. Gand, 1832), que les crânes d'Avares trouvés par le comte Bruncr à Krems, en Autriche, sont ana- logues aux crânes des Caraïbes et des anciens Chilènes, est com- battue par Retzius; ces deux derniers peuples appartenant, d'a- près lui, aux Génies dolichoeephaUe proj/nafluv. — Les deux crânes de Czech et de Polonais , ainsi que la forme de la boite cérébrale d'un Slow ake vagabond de Hongrie , lui ont offert les caractères attribués par lui à la race slave. Le professeur Van der Hœven a trouvé aussi la confirmation complète des données de Retzius, relativement aux crânes slaves, sur un crâne de Polonais , et douze crânes de Russes qu'il a eu l'occasion d'examiner minutieusement (voyez le OEfversiyt , déjà cité, n' li, p. 69; et les Jrcliives sus-nommées, a. a. o. p. 160j. 173 K T l' [) E s SLR LES T Y P E N I N K I : R I E l R S DE LEÏBRANCHF. MENT DES ANSELÉS; Far M. A. DE QUATREFAGES. .MÉMOIRE SUR LA FAMILLE DES NÉMERTIENS {.\EMEPrtJ). Les animaux qui font le sujet de ce travail n'ont attiré qu'assez tard l'attention des naturalistes. A l'exception de Borlase, qui, en 1758 (1), fit connaître une des espèces les plus curieuses de ce groupe, O.-l"'. MuUerest le premier qui ait cherché à leur assigner une place dans le catalogue des êtres vivants. Dans son Histoire des Vers (2) , dans son Prodrome (3) et dans sa Zoologie danoise (4), il décrivit et figura plusieurs Xémertiens, qu'il réunissait aux Pla- naires détachées par lui du genre Fasciola. Vers la même époque, Rathke (5) et 0. Fabricius [6), s'occupant du même sujet, firent connaître sous la même désignation générique un certain nombre d'espèces nouvelles et y joignirent quelques détails sur leur orga- nisation. Montagu(7), Dugès(S) , Leuckart(9), M. de Blain- (1) Corwat's nalural hislonj, 17o8. (2) Veriniwn Icrresirium et (liiriulilium succincta historki, 1773. (3) ZoologiœJtttikœ proriromiis, 1776. (4) Zoologia danica , seu animaliuni Daniœ et Xorvegiœ descriptiones et his- toiia, 1 779 ; et deuxième édition , 1788. (5] Jagttitgeîser heiihœrende tel Indvoldeoniienes otj BUiddyvt'iies iuilui'ltistori>- af Rathke [Scrivter af !\'uturhistorie-Selskiibet, 1779). (G) Veskricelse over 4 lidet bekjendte Flad-Onne \ Skrivter af .\atuihisturie- Selskabet, 1778). (7) Description a[ severni marine aiiimals foiiiid on the south coast vf De- vonshire , by George llontagu ( Transactions of the Linnenn Society of Loudon , 1804). (8) Recherches sur l'organisation et les mœurs des Planariées {Annales des Se naturelles , 1 " série, 1828). — Aperçu de quelques obseriiations nouvelles sur les Planariées et plusieurs genres voisins [Ann. des Se. nat., \"' série, 1 830). (9) Brèves a/Mnulium quurunidam maxima ex parte marinorum descriptiones , 1828 174 OE OLATREFACES. — SIR LES NÉMEnTES. ville(l), Délie Chiaje (2), ElirenbePg (3), Huschke [k] , MM. Quoy, etGaimard(5), Grube(6), Johnston(7), Rathke(8), A.-S. Œrs- led (9) , ont successivement accru le catalogue des espèces et publié divers laits relatifs à l'anatomiede ces animaux. Dans le courant de ce mémoire nous aurons maintes fois l'occasion de rappeler e^ de discuter ces divers travaux. Mes recherches personnelles datent de 18M. Pendant mon séjour aux îles Chausey, j'eus occasion d'étudier par transparence quelques espèces qui se prêtaient parfaitement à ce mode d'obser- vation. Le résultat de ce premier examen fut de me faire regarder les ÎNémerticns comme un groupe très remarquable et qui méri- tait h tous égards l'attention des naturalistes. Mais ces résultats (1) Dictionnaire des Sciences nalureltes, iirlicle Vers, 1828. (2) Memorie suUa storia et notomia degli animaH senza vertèbre del regno di .\apnli , 1823. — Descrizione e notomia degli atximali inivrlehrati délia Siciliu citeriore osservali vivinegli, anni 1822-1830. (3) Sijmbolcp physicff Decas prima, 1 828. (4) Hesclireibung ttnd mialomic rines neuen an Sicilien gefundenen Meenrurms Notospermus drepanensis, H. (/sis, 1830). (o) Voyage de la corvette l'Astrolabe (Zoologie), 1 833. (6) Actinien , Echinodermen , und Wurmer der Adrintischen und Mittelmeers , 4840. (7) MiscelUuiea zoologica (^Magazine of zoology andbotany, 1837). (8) lieilrœgc zur vergleichendrn anatomie vnd ■physiologie (Neneste scliriften der Nalurfoncltenden gcsellschafl in Danzig , 1842). (9) Entwurf einer syitematischen Eintheihmg und spcciellen Beschreibung der Plaitwurnier, 1 8 li. — Los lecteurs allemands surtout auront facilement remar- (|ué qu'à l'époque où j'ai fait imprimer mes recherches sur quelques Planaires marines, je ne connaissais pas le travail ex professa que M. QErsted avait publié l'année précédente. Je saisis la première occasion qui se présente pour en expri- mer mes regrets. Bien que nie trouvant en désaccord sur beaucoup de points avec M. Œrsted, je n'en reconnais pas moins tout ce que son travail a de véritable valeur. Si je l'avais eu en ma possession , lorsque j'ai rédigé mon Mémoire, il m'aurait fourni des indications précieuses, que j'ai mises il prolit pour celui-ci , et évité quelques doubles emplois : telle est, par exemple, la création du f;enre Éoli- dicère, qui n'est évidemment autre chose que le genre Thyzanozoon deGriibe, etc. Os fautes et quelques autres de même nature, qui peuvent m'avoir échappé éga- lement , seront corrigées dans un ouvrage général que j'espère publier dans quel- que temps. DE QrATREFACEK. — Slll F KS MhlPinTi:?. I 7r> se trnnvaipiit on rontraclirlion sur bien des poiiils nver las opi- nions embrassées par mes devanciers. Ils ne pr(''senlaient, d'ail- leurs encore rien de 1res com|)let. Je crus donc devoir me borner à prendre date par une note insérée dans le Bulletin delà Société Philomatiqueii) el remettre à une autre époque la publication détaillée de recherches que mon intention était de poursuivre. Les matériaux ne m'ont pas manqué pour exécuter ces projets. A Saint-Malo, à Saint-Vaast-la-1 longue , à Bréhat, j'ai trouvé de nouvelles espèces et complété mes premières observations. Au retour d'un de ces voyages , en 1842, j'apportai à Paris des animaux vivants, qui vécurent pendant plusieurs mois dans des vases remplis d'eau de mer; et plusieurs personnes, entre autres MM. de Htuiiboldt , Dumas, Duvernoy, Milne Edwards, Valen- ciennes, voulurent bien vérifier dans mon cabinet ce que mes ob- servations ])résenlaient de plus essentiel. Les comptes-rendus de l'Académie des sciences i^ï) , le rapport de M. Milne Edwards sur l'ensemble de mes travaux (3), la nouvelle édition du Rèçjne ani- mal de Cuvier [Ixj, ont déjà fait connaître quelques uns de ces ré- sultats. Depuis, j'ai pu étendre mes recherches à plusieurs autres espèces pendant mon séjour en Sicile, et là encore la plupart des faits que j'ai rencontrés ont été constatés par mes compagnons de voyage, MM. Milne Edwards et Blancliard. En résumé, j'ai examiné, en employant tour à tour la dissection nu l'observation par transparence , 32 espèces bien distinctes et certainement plus de 400 individus de toute dimension. Il m'est donc permis de dire que cette étude a été de ma part aussi con- sciencieuse que possible ; et je crois pouvoir espérer que mes con- frères en accueilleront les résultats avec quelque bienveillance. Quelques uns des faits que j'aurai à faire connaître , quelques (1) Séance du 27 novembre 1841 {Llnsliua. 1841, p. 427), (2) 1843, deuxième semestre, p. 423. (3) Rapport sur une série de Mémoires de M. A. de Qnatrefagi'S , relatifs a l'organifalinn des animaux sans vertèbres des côtes de la Manche {Comples-remlus, séance du lojanvier 1844. — Ami. des Se. nat.. 3" série, Zoologie, t. 1). (4) Hèijiii' animal illitxln' (Zoopliytes), \ f livraison , pi. 33 el 34 , avec texte explicatif. I7G DE Ql'ATREFAeEfi. — SIJR lES XKMKRTI'S. unes des opinions que j'ai cru devoir embrasser s'accorderont l)eiit-ètre mal avec leurs idées; mais avant de les rejeter, j'espère qu'ils voudront bien vérifier par eux-mêmes et ne pas condamner sans examen un travail qui m'a occupé d'une manière toute spé- ciale pendant quatre campagnes sur le bord de la mer. Ce mémoire est divisé en trois parties. Dans la première , je lais l'histoire de la classification des Némertiens , j'indique les caractères qui me semblent devoir être assignés à ce groupe ainsi que les coupes génériques qui me paraissent les plus naturelles, je décris les espèces que j'ai eues vivantes à ma disposition et je rapporte ce que j'ai pu observer de leur histoire naturelle. La seconde partie est consacrée à la description anatomique , aux détails histologiques. Dans la troisième, j'expose quelques idées générales qui me paraissent ressortir de l'étude de ce groupe et des groupes voisins, et je cherche à me rendre compte de leurs affinités zoologicjues (1). PREHIIÈRE PARTIE. CLASSIFICATION, nF.SCRII'TION lîT HISTOIRE NATURELLE. § I. f.'/osst'/ica/iori. Ainsi que nous l'avons vu plus haut, les premiers naturalistes qui ont décrit quelques espèces de Némertiens les ont placées parmi les Planaires, qui elles-mêmes ne formaient alors qu'un seul genre. Montagu , le premier, réunit au genre Gonlius le Sea lany worm de Boi'lase (2) et une autre espèce voisine. Dix ans après, Sowerby (3) forma avec le même animal son genre Linaria. En (1) Les planches citées dans ce Mémoire n'accompagnent pas toutes le texte des Annales : deux ont déjà paru dans le liègiu' anirnul. Un certain nombre doit faire partie d'une publication spéciale où MM. Milne Edwards, Blanchard et moi, réunirons tous les résultats de notre Voyage en Sicile, et a laquelle je renverrai sous la dénomination provisoire de Itccherrhes riHiifoi/i/i/iics' el pln/siulogiques. (2) Loc. cit., p, ■255. [V Cilé par Uirsled, /or ril.. p. 79. DE QrATRF.FAGES. — SUR LES NÉMERTES. 177 •1817, Oken le prit encore pour type du genre Borlasia (l),elCu- vier créa, toujours pour cette même espèce, le genre A'emer^es. Le nombre des divisions génériques ne tarda pas d'ailleurs à s'ac- croître. Renieri établit les genres Tubulanus et Cerebratulus ; Délie Chiaje , les genres Polla et Balanoylossus ; Rolando , le genre Bonellia ; Dugès , le genre Prosloma ; MM. Quoy et Gayinard, le genre Opfuocepliahis ; M. de Blainville, le genre Ijjbilabruin ; Ehrenberg , les genres Disorus , Micrura, Poly- stemma, Telraslemma , Hemicyclia, Ommaloplea , yl mphiporus , Nologymiius ; Leuckarl , le genre Meckeiia ; Œrsted , les genres Cephalothrix et Aslcmma. La répartition des genres que nous venons de rappeler, leur position dans les systèmes de classification a dû nécessairement varier selon la manière de voir des divers auteurs systématiques, et cela d'autant ])ius facilement que , l'anatomie de ces animaux étant jusque dans ces derniers temps assez mai connue , les don- nées nécessaires à l'appréciation de leurs rapports naturels man- quaient presque toujours. Gmclin adopta le genre de Muller et le laissa parmi les Vers; il fut imité en cela par Bruguière et par Lamarck qui, dans son Système des animaux sans vertèbres, ran- gea les Planaires parmi les A'ers externes(2), et dans son Histoire des animaux sans vertèbres leur conserva à peu près la même place en les comprenant dans la seconde section de ses / ers mol- lasses [2>). Dès la première édition de son lièyne animal , Cuvier sépara son genre Némerles des Planaires. 11 laissa ces dernières parmi les Intestinaux parenchymateux , tandis qu'il rapporta les Némertesaux fritestinaux cavilaires , tout en faisant observer que la seule espèce qu'il connaissait pourrait bien devenir le type d'un ordre nouveau (4). L'ancien genre Planaria, partagé en un grand nombre de groupes et réuni aux genres Gordius et Nais , forme , comme on le sait, la classe des Turbellariés (Turbellaria) de M. Ehrenberg. (l ) Z-t/icdiir/i dcr Zocifuyic (Leipzick, 1815). (i) Syst. lies anim. saiu vertèbres, p. 330. (3) Hisl. des anim. sans verL, t. III, p. 176. H) T. IV. p. 37. 3' série. Znni, T. VI fSi'pliMiilne IxlC ] i, M 178 DE QVATREFAGES. — SUR MÎS NÉMF.RTES. Celte classe comprend deux ordres , les Dendrocœla et les Rab- docœla , et ce dernier est lui-même divisé en sections , celle des Amphislcra , celle des Monosterea et celle des Amphiportna. Les animaux que nous comprenons dans notre famille des Némertiens se trouvent répartis dans ces deux dernières divisions et réunis à des espèces avec lesquelles ils n'ont que peu ou point de rapport, ce qui s'explique très naturellement par l'état incomplet des no- tions scientifiques acquises à l'époque de la création de la classe des Turbellariés (1). Ainsi , la section des Monosterea comprend les familles 4 et 7, formées, la première par le genre Gordius seul, a seconde, par des divisions du genre Nais, tandis que la fa- Imille 5 (Micrura Ehr. ) renferme de véritables Némertiens (gen- res Disorns , Micrnra et Polystemma ) et que la famille 6 ( Chi- lophorina Ehr.), est formée avec le genre Derostotna (Dugès) qui, sans s'éloigner beaucoup des Némertes , ne peut pourtant pas leur être réuni immédiatement (2). Dans la troisième section ( Amphi- porina Ehr. ) , la 8' famille ( Gyratricina Ehr. ) comprend les gen- res Ortlwsloma et Gyratrix qui doivent très probablement être placés à côté des Dérostomes , tandis que les genres suivants , Teirastemma, Prosloma , Hemicyclia, Ommatoplea , Amphi- porus sont de vrais Némertiens, qu'il aurait fallu placer dans la 9' famille {JSemertina Ehr.) à côté des genres iVemertei et ISor- togymnus. (1) On sail que l'existence de cils vibraliles , répartis à la surface du corps, était le caractère fondamental de cette classe, et ceci nous explique comment l'il- lustre naturaliste de Berlin avait cru devoir y comprendre les Na'is , animaux si différents des Planaires. J'ai montré depuis que l'on retrouvait ces mêmes cils vibratiles chez les Mollusques Gastéropodes et chez les Annélides Chétopodes. Dès lors ce caractère perd toute son importance ( Mémoires sut- les Mollusques Phlé- bentérés et sur les P/f/nriircs). (2) C'est un point sur lequel j'aurai il revenir plus tard. Cerlains Dérostomes de Dugès, réunis ii quelques autres genres voisins, doivent former un groupe par- 'iculier, intermédiaire entre les Planaires et les Némertes , répondant aux Den- /irocœla d'CErsted. Peut-être puhlierai-je d'ici à peu de temps les faits que j'ai déjà recueillis sur ce sujet. Ici je me bornerai à dire, pour prendre date, que leurs systèmes nerveux et circulatoire ressemblent ii ceux des Némertes, que leurs or- ganes génitaux les rapprochent des Planaires , tandis que leur appareil digestif diffère de ce qu'on observe dans ces rienx groupes. DE QrATREFAGES. — Slli M:S MhlIîRTES. 170 M. de Blainville , dont l'article Vi'.ns parut la même année que les Symbolœ plii/sicœ , forma l'ordre des Aporocéphalés ( 1 "■ ordre du sous-type des Perentomozaires ou Subannélidaires) en réu- nissant tous les animaux que les anciens naturalistes avaient compris sous le nom commun de Planaires (1). Cet ordre lui- même fut partagé en deux familles (Térétulariés et Planariés); cette dernière comprenait les Planaires et les Dérostomes de Dugès avec deux autres genres (2). La première , celle des Téré- tulariés ( Teretularia, Bl.) correspond à peu près à notre famille des Némertiens. Aussi aurions-nous conservé ce nom sans hésiter s'il n'avait renfermé une idée inexacte. M. de Blainville y place les ^enves Tub'ulan, Ophiocéphale, Cérébratule, Borlasie, Bonel- lie, Lobilabre et Prostome. Dans la seconde édition du Règne animal, Cuvier conserva la répartition adoptée par lui dans sa première édition (3) ; mais, adoptant sans examen les idées de Dugès, il laissa les Prostomes parmi les Planaires. Il reconnut d'ailleurs les affinités qui unissent aux Némertes les Tiibiilans. les Céréhraixdes et les Ophiocéphales. M. Délie Chiajc réunit dans la 6" section de ses Àrlindata les genres Polia, Ophiocephalus , Prostoma et Balanoglossus. Il forme ainsi un groupe qu'il désigne sous le nom A\4nnulosa Nemertea [lij. M. Œrsted partage son ordre des Fers apodes en quatre sous- ordres : Nemaloidina (Gordiea.) , À canthocephalina ( Sipuncu- lacea), Trematoama et Cesloidiiia{5). Le troisième sous-ordre (1) Loc. cit., p. 530. (2) De ces deux derniers genres, l'un (y/a/ioceros, Bl.) est bien une vraie Pla- na riée : l'autre, le genre Phienicure, a été établi par erreur. Le Phœnicurus the- tidicola (Rudolphi), Verliiinnus thetidicola , Otto , n'est pas un animal. Les natu- ralistes que nous venons de citer ont pris pour des vers, parasites des Thétys, les appendices mêmes de ce Mollusque, appendices qui se détachent très facilement et se meuvent alors pendant très longtemps, comme s'ils jouissaient d'une vie indépendante. C'est SL Krobn qui le premier a reconnu ce fait. Nous avons pu- blié des observations analogues, recueillies en étudiant les Kolidiens. (3) llègiie animal, t' édition, t 111, p. 259. (4) Ik'scrizione i; notomiu ileijliun. inverl. (5) Loc. rit., p. 33. 180 DE «l'ATREFjlGES. — SLR MiS MÎMIiRTES. ( Trematoilina Œrst. ) comprend deux tribus, celle desHirudinées et celle des Planariées. C'est à celle-ci que se rattachent les Dé- rostoines de Dugès et autres genres voisins. Le quatrième sous- ordre [Cestoidina OErst.) correspond à notre famille des Némer- tiens et est partagé par Œrsted en deux familles, celle des Némer- tiens (Nemertina) et celle des Amphiporiens ( Amphiporina Œrst.) (1). La première comprend les genres Cephalolhrix , As- temma, Borhsia, Polystemma , Aemertes, TelrastemmaetCere- braluhis. La seconde ne renferme que le genre Amphiporm. M. de Siebold a désigné sous le nom de Vers [fermes), son troisième groupe fondamental qui lui-même renferme les 6", 7% 8" et 9' classes (2). De ces quatre classes, la T ( TurbeUarii Sieb.) est composée des Planariées [Dendrocœi) et des Dérostomiens {Hhabdocceli). La 9' [Annulali Sieb.) est partagée en deux or- dres, dont l'un, le second [Chœtopodes Sieb. , correspond aux Annélides errantes, Tubicoles et Terricoles des auteurs français; dont l'autre , le premier (Apodes Sieb.), est partagé en deux sous- ordres , savoir les Némertiens (.\cmertini Sieb.) et les Hirudi- nieus (Hiruclinei Sieb.) (3). Dans la classification adoptée par M. de Siebold, les animaux qui font le sujet de notre mémoire se trouvent ainsi séparés des Planaires par une classe entière , la 8* (fio/d/orM Sieb.), et sont, au contraire, très rapprochés des Hirudinées. Le naturaliste dont nous parlons admet dans ses Ae- merlini \es geures Tetrastonma , Pûlystemma , Micruia, i\oto- spermus , Meckelia , Nemertes et Boiiasia. On le voit, à mesure que l'on connaissait davantage les ani- maux dont nous parions , on reconnaissait de plus en plus la né- cessité de les réunir en un groupe distinct. Les Terelularia de M. de Blainville, les Annulosa Netnertea de Délie Chiaje , les Cestoidinœ d'OErsted, les Nemeiiini de Siebold sont au fond la même chose. Les détails dans lesquels nous allons entrer confir- meront pleinement cette manière de voir dans ce qu'elle a de (1) Loe^ cit., p. 80. (2) Lehrbuch der vergkichendeit analomie von )'. Hiebod uiid Slaniu$ Ersle ab- theilung, p. 4. (3) toc cil , p. 4 86, I DE QrA'l'IIEF,l(iiE!«. SI 11 I.KS M!MKUriiS. 181 gî'iK'i'c'il el muiitiinoiif (|iil! les A émerliens sont réellement une des familles les plus naturelles (|u'on puisse rencontrer. Les auteurs que nous venons de citer dilTèrent seulement sur la place qu'elle doit occuper dans un système de classification naturelle: mais cette question , qui ne peut être résolue qu'après avoir acquis une connaissance aussi approfondie que possible des animaux qu'il s'agit de classer, sera traitée dans la troisième partie de ce travail. Parmi les auteurs que nous venons de citer , quelques uns n'ont tenu compte que des particularités extérieures dans la caracté- risation des groupes correspondants à la famille des Némertiens. Il est presque inutile de rappeler aujourd'hui combien cette manière d'agir en zoologie peut entraîner d'erreurs graves dans l'appréciation des affinités naturelles. Nous imiterons donc ceux de nos devanciers qui se sont surtout préoccupés des caractères anatomiques. En donnant ici une caractéristique fondée sur les résultats de nos observations personnelles , nous renverrons à la troisième partie de ce travail ])our la justifier. NÉMERTIENS. Système nerveux distinct composé de deux lobes latéraux réunis en dessus par une très petite commissure, en dessous par une large bandelette sous-œsophagienne, et donnant naissance à deux troncs nerveux longitudinaux isolés. Système circulatoire clos. — Circulation complète. Tube alimentaire simple : une trompe exsertile ; un intestin aveugle. Sexes séparés. — Organes génitaux placés sur les côtés de la cavité abdominale , et occupant presque toute la longueur du corps. Corps entièrement lisse couvert de cils vibratiles. XKMEKTEA Systcrnatc nprvoso ili.stinrto, lohis duohua latéral Unis gmcili commis- stirâ siisœsophaf/icàel vilklsrdHPSopharpcAlalà conjundis, nervis (lijohi/s hmfjiludinalibus liheris insliliito. Si/sicmatc rirnilalioiiis perfectœ clauso. 182 DE QUATREFACiES SUR LES MJMERTES. Tubo cibario simplici, proboscide exsertili inleslinoque cœco. Sexibus separalis ; testiculo ovariisve lateralibus, ad fere totius corporis longitudinem productis. Corpore lœvigato, ciliis vibratilibus obsito. La famille des Némertiens ainsi caractérisée est tellement na- turelle, qu'il est très difficile d'y introduire des coupes génériques reposant sur des caractères tranchés et constants. La présence ou l'absence des yeux ; le nombre et la position de ces organes; la séparation plus ou moins tranchée de la tète et du corps ; le plus ou moins de distance existant entre l'extrémité antérieure du corps et la terminaison de l'organe génital , tous ces caractères , employés par les naturalistes qui , avant nous , se sont occupés de ce groupe, sont tellement variables , qu'ils me paraissent pou- voir servir seulement à la détermination des espèces. J'avais cru d'abord , comme Johnston, avoir trouvé quelque chose de plus précis dans l'absence ou la présence d'un appareil stylifère, dont la trompe exsertile est ordinairement armée, dans les modifications de cet appareil. Mais à mesure que j'ai multiplié mes observa- tions , il m'a fallu encore renoncer à chercher ici des caractères génériques. Je me suis donc arrêté aux considérations suivantes , qui , jusqu'à présent , m'ont paru présenter la fixité désirable , bien que je ne veuille en rien préjuger de l'avenir. 1° Le système nerveux nous présente un premier moyen de division , en ce que les deux troncs qui partent des gangifons cérébraux sont tantôt entièrement latéraux, tantôt plus rapprochés de la ligne médiane. Si cette particularité se présentait dans un grand nombre d'espèces , si elle coïncidait toujours avec quelques autres modifications secondaires que nous exposerons plus tard , elle pourrait peut-être motiver la division des Némertiens en deux sous-familles. 1° Dans toutes les espèces qu'ont décrites mes devanciers , la bouche est terminale , bien que la plupart d'entre eux aient cru le contraire par suite d'une confusion sur laquelle nous reviendrons plus tard (1). Parmi les espèces nouvelles que j'ai étudiées, un (I) Nous nous conlenterons de dire ici que ce qui a été généralement regardé comme la bouche n'est autre chose que l'orifice génital. DE «VATBEt'ACiE^i. — SUK LKS iMÎMEUIES. 183 petit nombre ont cet orifice placé à la face inférieure du corps. Jusqu'à présent , cette disposition me paraît très propre à carac- tériser un genre. 3° Les proportions générales du corps varient extrêmement parmi les Némerticns ; il en est qui , complètement développés, présentent une longueur égale à près de mille fois leur largeur ; chez d'autres , ces dimensions sont au plus dans le rapport de 25 ou 30 à 1. Parmi les premiers, il en est dont le cor])S est très aplati lorsqu'ils se développent librement , qui ont , en outre , l'habitude de former des nœuds souvent inextricables ; d'autres , au contraire , généralement moins allongés, moins déprimés , se replient et se pelotonnent, mais sans se nouer. Parmi les seconds, les uns ont les tissus remarquables par une extrême contractilité, qui permet au corps de prendre des formes très diverses ; d'autres, au contraire , moins contractiles , présentent dans leur forme générale une plus grande stabilité. Ces difTérences nous ont servi à établir autant de coupes génériques ; mais nous reconnaissons sans peine qu'elles laissent à désirer , et , si les espèces que nous avons étudiées prennent assez facilement place dans ce cadre , nous comprenons qu'il est très possible que, des intermédiaires venant à être découverts, les limites de ces divisions demeurent assez difficiles à distinguer. Le tableau suivant fera comprendre plus aisément l'ensemble des considérations que nous venons d'exposer. Bouche sublerminale , inférieure. . Valencinie (Valcnciniay . Troncs { I nerveux ] . très aplali. . Borlasio entière- Corps très) (Borlasia), [ ment / 1 long, i plus ou moins al i 1 long, ipl u\. ' „ . 1 \ a Bnucrie ' latéraux. ' „ , i l arrondi. . . Nemerte Bouche ,' /HT , \ , INemertes). I . terminale, i / . . . .. ^ ' .. . ' Il très nrolei - ,,, . , (.orps \ forme . . . Polie i court. < (Po/ia). I /de forme peu I ; variable . , Cérébratule {Cnehrululus). \ Troncs nerveux ^ublaléraux Œrstedie [OEnledia]. 18Ù ME Ql ATKUFAiiEK. SI It l.liS MîHKIiïKS. Des six genres dont se trouve ainsi composée notre famille des Néniertiens , deux nous appartiennent en propre , et par leurs noms et par les espèces qu'ils renferment : ce sont les genres Valencinie et Œrstédie. Les quatre restants correspondent plus ou moins à quelques uns des groupes établis par nos devanciers, et réunissent des espèces trop peu dissemblables pour pouvoir être séparées. Aussi , avons-nous cru pouvoir conserver des désigna- tions qui étaient avant nous dans la science , afin d'éviter de créer de nouveaux noms qui déjà nous semblaient multipliés outre mesure (1). La distinction des espèces est en général plus aisée que celle des genres ; cependant elle présente aussi ses difficultés, surtout lorsqu'il s'agit de reconnaître les espèces très imparfaitement (I) Parmi les genres proposés par les divers naturallsles que j'ai eu occasion de citer, il en est deux qui ne sont pas compris dans les appréciations précé- dentes; ce sont les genres BoneHin de Uolando, et Balanoglossus de Délie Chiaje. Ce dernier ne saurait appartenir à la famille des Némerliens, telle que je viens de la définir. Les détails donnés par le naturaliste napolitain sur les appareils respi- ratoire et circulatoire du li. clavigerus {Desc. e nol. deijt. an inv ,'t. III, p. 127, pi. 5, fig. 3-9). le rapprocheraienl des Annélides Errantes sous certains rapports, des Hirudinées sous quelques autres. Sans rien préjuger ici sur la place qui revient à cet anima! , on doit, je crois, le regarder comme un de ces Ujites de trimsition toujours difficiles à classer, et dont on ne peut apprécier les affinités réelles que par une étude très approfondie. J'en dirai à peu près autant des Bonellies. Les détails donnés par Rolando {Mém. de l'Ac. de Turin, t. XXVI, p. 539, fig. 1-7) laissent trop à désirer: mais les appendices intestinaux, les espèces de glandes placées près de la bouche , me font regarder sa B. viridix comme bien distincte de la famille des Némertiens. Pendant le séjour que j'ai fait à Milazo, où les Bonellies sont assez communes, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour venir à bout de m'en procurer une entière; mais , profondément enfoncées dans les interstices de pierres soudées les unes aux autres par une sorte de ciment calcaire , elles ont toujours déjoué mes efforts. Je n'ai pu examiner que des portions assez considé- rables delà partie caudale. L'aspect et la nature des téguments, la contractilité, les mouvements de cette partie isolée , rappellent en effet ce qu'on voit chez les Némertes ; mais on comprend qu'il faudrait des observations bien autrement pré- cises pour pouvoir se former une opinion. Toutefois il me paraît probable que les Bonellies devront former une famille distincte . probablement voisine des Némer- liens. L'examen du système nerveux, celui de l'appareil digestif, pourront seuls résoudre définitivement cette question. DE 0^'A1'RE:F'^£ES. — SI 11 I.IÎS MCMliHlKS. 185 décrites par quelques anciens ailleurs. F.es principaux caractères que nous avons employés sont empruntes à la forme générale , à la couleur du corps , à l'existence d'une tète plus ou moins distincte, à celle de fentes ou de fossettes céphaliriues, d'un ori- fice génital constant ou temporaire. Le nombre et le mode de groupement des yeux fournissent aussi de bons caractères spé- cifiques. Enfin , nous avons cru devoir tenir compte , surtout dans les genres nombreux en espèces, de la forme du cerveau, de l'absence ou de la présence d'un appareil stylifère placé entre la trompe et l'intestin , et des modifications de cet appareil. Indé- pendamment des ressources que ces considérations présentent pour la détermination des espèces , nous avons trouvé , par cet examen détaillé , l'occasion de montrer combien les groupes les plus naturels peuvent présenter de variations dans les caractères qu'on regarde généralement comme les plus constants. § II. Descri/itmn (1). Genre Valencinie (Va/etiriniti). Bouche subterminale placée à la face inférieure de la tète. Ore subterminati , infero. Ce geiu'e , qui ne compte encore que trois espèces , est jusqu'à présent très naturel. Les Valencinies sont nettement caractérisées par la position de la bouche, qui reste d'ailleurs parfaitement distincte de l'orifice génital. Celui-ci existe, et est très apparent dans les seules espèces connues. Chez toutes trois, la tète est séparée du corps , et ne présente ni yeux ni fentes latérales ; mais ces caractères, dont j'ai bien des fois reconnu la variabilité, pourraient très bien manquer dans d'autres espèces , qui n'en devraient pas moins être rapportées à ce genre. J'en dirai autant ( I ) Je ne parlerai dans ce travail que des espèces que j'ai pu observer vivantes par moi-même. Dans l'ouvrage général que j'esppre publier sous peu, je rap- pellerai celles qui ont été décrites par les autres naturalistes . etcliercherai à leur assigner la place qui leur revient. 186 DE QUATREFACiES. — SUK LES MÎMliUTES. de l'absence d'appareil stylifère. Chez les Valeiicinies que j'ai examinées, la trompe et l'intestin sont séparés seulement par un conduit très étroit, creusé dans une niasse musculaire épaisse (1). Les Valencinies sont de taille assez considérable. Je les ai trou- vées dans les mêmes localités. Toutes trois sont terricoles , et se creusent dans les sables vaseux ou dans le sol des prairies de zostères des galeries souvent très sinueuses. 1. V, SPLENDIDE (1'. splendidti , Nob.) (2). Capite distinclo trigono , rotundato , oculis et rimis deslihtto. Cette belle espèce, qui atteint jusqu'à huit ou dix pieds de long , est d'un fauve orangé brillant sur la partie antérieure du corps. A quelque distance de la tête , la teinte, devient tout-à- coup plus brune ; mais celte teinte sombre va en s'affaiblissant de plus en plus , et la partie postérieure du corps est presque de la même couleur que la tête. Même sur les échantillons conservés depuis longtemps dans l'alcool , et décolorés par l'action de la liqueur, on retrouve des traces sensibles de ces différences de teintes. Les faces dorsale et ventrale se ressemblent entièrement sous ce rapport. Le corps de la Valencinie splendide, bien développé, est presque plat en dessous, un ])eu arrondi en dessus. Lorsqu'elle contracte certaines portions, on les voit s'élargir , s'épaissir , se plisser , et il se forme alors sur la face dorsale un sillon irrégulier, médian. Plongée dans l'alcool , cette espèce, comme les suivantes, se rac- courcit beaucoup et devient complètement cylindrique. La tête est plus large que le corps , aplatie , et forme à peu près un triangle à angles arrondis. Je n'ai pu y reconnaître ni yeux ni fossettes (3). Elle présente en dessous sur son milieu un orifice circulaire , qui est la bouche. Un peu en arrière de cette ouver- ture , et très près de ce qu'on pourrait appeler le cou , se trouve l'orifice des organes génitaux , que j'ai vu chez tous les individus qu'il m'a été possible d'examiner. (1) Rech. anal, elphijs.. PI. 9, fig. 5. (3) liech. anal, el phiji., PI. 9, fig. 2. (2) Id.. PI. 9, lig. t. DE QUATREFASES. — SLK LES iSÉMEKTES. J 87 Cette espèce habite de préférence le sol fangeux que recou- vrent des prairies de zostères. Il est assez difficile de se la pro- curer entière à cause des sinuosités de sa galerie. Cette galerie est tapissée d'une sorte du fourreau , d'un aspect soyeux et nacré, très mince , et que l'animal forme par la sécrétion d'un mucus très abondant. Les individus que j'ai pris pendant les mois de septembre et d'octobre étaient presque toujours remplis d'œuls de 1/10 de millimètre de diamètre. Certains Némertiens, comme nous le verrons plus loin, vivent fort longtemps en captivité. Il n'en est pas de même de la Valen- cinie splendide , non plus que de ses congénères. Au bout de vingt-quatre heures, elle commence à se contracter, des étran- glements se manifestent sur plusieurs points du corps , et bientôt l'animal se morcelle en plusieurs fragments. J'ai trouvé cette espèce à Bréhat , où elle est d'ailleurs assez rare. i. V. ORNÉE ( r. ormitii . Nob.) (1). Capite distincto, fere semicirculari , oculis et rimis deslilulo. Cette espèce , très facile à reconnaître , est d'une taille moins considérable que la précédente ; du moins , les plus grands indi- vidus que j'aie trouvés n'avaient guère que six pieds de long. La teinte générale du corps est d'un rouge vineux sombre en des- sus et à la partie antérieure de la face ventrale , d'un jaune rougeàtre en dessous sur le reste du corps. Sur la ligne médiane, on voit à la face dorsale une ligne blanche , qui s'étend d'un bout à l'autre de l'animal. A la face ventrale , une ligne semblable commence en arrière de l'ouverture des ovaires. D'espace en espace , des anneaux blancs entourent le corps. Le premier de tous forme en dessous et en avant du pore génital deux espèces de chevrons (2). «Ces anneaux sont de largeur inégale , et le nombre des anneaux étroits placés entre les anneaux larges va en augmentant d'avant on arrière. La tête (.3; est presque demi-circulaire , sans yeux et sans (l;«.r;i ,i,i»(. p(,./.i/.s., l'I. lO.lig. I. (3) /(( , PI. III, (ig. i. 1,2) W.. l'I. 10, fig. i 188 DE Ql-,tTREFACiE«i. — St'i; l.KS MÎMHK ÏKS. fentes latérales distinctes. Rn dessous , elle présente en a\'ant de la bouche trois taches blanches triangulaires qui convergent vers cet orifice, et partent d'une ligne de même couleur qui entoure le bord de la tète. La bouche , percée au milieu de la tête, con- siste en une fente longitudinale , entourée d'un rebord blanc et marron. L'orifice génital présente vers ses bords les mêmes cou- leurs très affaiblies. Le corps de la Valencinic ornée est tout-à-fait plat, et ne pré- sente que d'une manière peu marquée , lors de la contraction, les renflements plissés etle sillon longitudinal que nous avons signalés dans l'espèce précédente. La Valencinie ornée est du très pelit nombre des Némertiens qui présentent extérieurement des traces d'annulation. Quelques uns des auteurs qui ont étudié ces animaux , et entre autres M. Délie Chiaje , caractérisent plusieurs espèces par l'épithète d'annuloscp. Je crois que ces naturalistes ont pris de simples plis accidentels, observés chez des individus contractés, pour de véri- tables anneaux ; du moins je n'ai rien vu de pareil chez quelques unes des espèces qu'ils avaient décrites, mais que j'observais vi- vantes et bien portantes. Il n'en est pas ainsi de la Valencinie ornée. Ici, même quand l'animal se développe librement, on voit, sur les bandes blanches larges , un très léger sillon à peine sensi- ble , et que notre dessin exagère plutôt qu'il no l'atténue (1). Cependant , à l'intérieur, je n'ai rien observé qui me parût corres- pondre à cette apparence extérieure. J'ai trouvé cette espèce à Bréhat, où elle vit dans les mêmes lo- calités que la précédente. Ses habitudes sont aussi les mêmes, seulement je ne vois pas dans mes notes que ses galeries soient tapissées d'un tube membraneux. Montagu a décrit, sous le nom de Gonlius aniiulatus (i), un ver qui présenterait de grandes ressemblances de couleur avec la Valencinie ornée. Cependant je suis porté k croire que ces deux espèces sont bien distinctes. L'auteur anglais ne parle pas de l'élargissement si remarquable de la tète , etconime il a eu son (I) lin-h. niwl. cl phijs., PI. 10, !■•;. 3. '2) Triinsact. of I lie Linncun Society of LonJun, t. VII.- DE QL^ATREFAGES. — SUR i.KS MÎMF.RTIiS. 180 individu vivant, il nie paraît difiicile ([ue celte particularité lui eût échappé. De plus, son 6'. annulatus avait été péché k une grande profondeur, parmi de vieilles coquilles, ce qui accuserait des habitudes très différentes de celles que j'ai pu observer dans la Yalencinie ornée. 3. V. LONGIBOSTBE (T. loiigirostris , Nob.) (1). Capite. didincto, lanceolato , elongato, ocitlis et rimis deslituto, La couleur de cette espèce est d'un blanc jaunâtre sur la tête, et cette teinte , légèrement prolongée sur la face -dorsale , se change bientôt en une couleur rosée uniforme, qui se teinte un peu de jaune en arrière. La Valencinie longirostre ne paraît pas atteindre jamais la taille de ses congénères, du moins les plus grands individus que j'aie pu me procurer avaient à peine trois pieds de long. La tête {'2) de là Valencinie longirostre est lancéolée , très al- longée , et va en s'amincissant d'arrière en avant. A la face infé- rieure , on voit l'ouverture buccale très petite et ovalaire ; l'ou- verture des organes génitaux est placée très près de la tête (3). Le corps de cette espèce est assez épais, déprimé, et sa coupe transverse représenterait assez bien une ellipse quand l'animal est entièrement développé. Pendant la marche , on voit des renfle- ments se former sur quelques points du corps, mais il ne se manifeste pas de sillon longitudinal. Lorsque l'animal se contracte , même avec assez peu d'énergie, il devient régulièrement cylindrique. C'est principalement à cette espèce que s'applique ce que j'ai dit plus haut de l'absence d'appareil stylifère. Entre la trompe et l'intestin (4), on aperçoit une sorte d'anneau cylindrique épais , percé d'un canal étroit, qui met en communication les deux por- tions de l'appareil digestif. Cet anneau , comme nous le verrons dans la partie anatomique de ce ini'moirc , représente l'appareil souvent très compliqué que la ]ilupart des Némertiens présentent sur ce point. (l)/(fr/i. (iiKil l'ipliiis., l'I, Kl, fig.3, (3) /(/ . l'I. 10. fig i. [i) l. — SLH l.liS MiMl-.lilhS.. 197 .\Vwc;/cs, Cu\ier, Ehreiiberg, OVsled, Sielxild. Opbioccpliahis, Délie Chiajo, Poliii, Délie Cliiaje. Mei-lii-lia, Leuckart Siebold. Bouche terminale ; corps long, entorlillé , rarement iiuué, plus ou moins comprimé ou arrondi. Ure 1er minai i ; corpore lomju, contoiio , mriiis in nudis itnpliralo, plus minusre compressa vel teretiusculo. Ce genre poin'rait être sans inconvénient réuni au iirécérlent. Cependant les espèces que j'y rapporte diffèrent des Borlasies par les proportions générales du corps et par leur faciès. Elles sont de taille plus petite, linéaires, plus épaisses, plus arrondies. Bien ((u'elles aient aussi riiabilude de se pelotonner, je ne les ai pres- que jamais vues formi'i' ces nœuds inextricables (jue présentent les grands individus du genre précédent. Plusieurs d'entre elles ont des appareils stylifères compliqués. 1. N. i)*i,)iÉE (A', balmca. Nob.) 1). ycmeiicx ijracilis, Johnslon? (2). (kipite liawl (tislincto. ociilorum série frontal i cl duohus acervis laleralihus inslruclu , rimis destituto; corpore jjlanalalo, rras- siusculo; prohoscide styliferà. Celte jolie espèce atteint quelquefois un pied ou même dix-huit pouces de long. Ses couleurs sont assez variables, mais d'ordi- naire elle est d'un bleu azuré en avant, d'un jaune verdàtre ou brunâtre en arrière, et ces deux teintes passent insensiblement de l'une à l'autre. La tête (3), tout d'une venue avec le corps, est arrondie. Je n'y ai vu ni fentes ni fossettes. Elle porte en avant S à 10 ]3oints ocu- laires formant un fer-à-clieval interrompu sur la ligne médiane et dont chaque branche aboutit en arrière à un groupe de 9 à 19. yeux. Le pigment de ces organes est d'un brun foncé. il) Ikdi. iiiiiil. rliilms. l'I 10, lig. 6. (:ij IMi.amii. et lilnjs., l'I. 10, liy. 7. î) Lk. al.. |il. 17, li^. (. J'.)M DB OUATREF.ltiES. — SUli l.liS Mi.MKUTliS. Le corps très grêle, déprimé, mais légèrement arrondi en dessus, l'orme, dans les mouvements de l'animal, des rendements aplatis cinq ou six fois plus larges que les parties voisines , tandis que leur épaisseur est à peine le double du reste du corps. ■ 11 m'a été souvent impossible de reconnaître l'existence de l'ou- verture génitale. J'en ai conclu que , comme chez beaucoup d'es- pèces, elle n'est que temporaire (1). Le cerveau (2) de cette espèce est très simple. Chaque lobe semble résulter de la fusion de deux ganglions réunis en une masse pyriforme assez régulière , de couleur jaune ocracée. La bande- lette qui les réunit est étroite et incolore. .T'ai vu partir de la partie antérieure de chaque lobe quatre troncs nerveux, dont le second , en comptant de dedans en dehors, était bien plus gros que les autres et ne tardait pas à se bifurquer. La trompe et l'intestin ont h peu près le môme diamètre (3). Ils sont séparés par un appareil stylifcre allongé et d'un diamètre un peu plus considérable. Le stylet est long , composé de deux par- ties bien distinctes (4) , ses glandes sont très apparentes. Les capsules où se développent les stylets sont au nombre de deux et renferment jusqu'à seize de ces pièces en voie de formation (5). J'ai trouvé la Némerte balmée à Bréhat, où elle est assez com- mune , surtout dans les fentes des rochers placés au-dessous du Petit Fort. Elle vit assez bien en captivité, et j'en ai conservé pen- dant près d'un mois dans un vase rempli d'eau de mer. Pour peu qu'on l'irrite, elle sécrète une mucosité gluante qui forme bien- tôt une masse dont le volume égale et dépasse même souvent celui du corps qui la fournit. Cette particularité se rencontre du reste (1) Si les naturalistes qui ont pris pour une bouche la grande ouverture placée près de l'extrémité antérieure de la Borlasie avaient examiné d'abord des espèces analogues à celle-ci, ils n'auraient certainement pas commis une des erreurs les plus accrédiléessur l'organisation de ces animaux. (2) liMli. anat. etphus.. PI. 12, fig. 3. (.3) Iil.. PI. 10, (îg. 3. (i) M., PI. lO.fig. 9. (o) /(/., PI. 2, lig. 1 — Les détails ci-joints ne seront facilement compris ipie par les personnes qui voudront bien lire ce que j'ai dit de ces divers organes dans la partie analomiquc de mon travail. DE QUATREFACES. — SUK LliS .NÉMEKTES. 190 aussi cliez quelques Annélides Errantes et entre autres chez cer- tains Lombrinèrcs. L'espèce que je viens de décrire est très voisine de la Nemerles gracilis de Johnston . peut-être même y a-t-il identité : cependant les proportions générales du cor[)s sont très difl'érentes, à en juger par la figure donnée par le naturaliste anglais, qui, faite d'après le vivant , mérite toute conliance. laie Aémerte balmée d'un dia- mètre égal à celui que M. Johnston donne à sa _A emeiies gracilis, aurait eu au moins 2 1/2 à 3 pieds de longueur. En outre , la forme de la tête , la disposition des yeux ne sont pas lout-à-fait les mêmes, et ces derniers surtout forment des groupes plus nom- breux et plus allongés. Aussi je crois devoir jusqu'à plus ample examen regarder ces deux espèces comme distinctes. 2. N. Antonise [N. Aitloniuii. Nob.) (1). Cçipite distincto , longiore , ociilorum acervis duohus biseriatis et ri- mis obliquis instruclo ; corpore planiusculo; proboscide inermi. Cette espèce est de taille un peu moins considérable que la pré- cédente, au moins à en juger par les échantillons que j'ai pu ob- server. Elle est tout entière d'une couleur rouge lie de vin assez uniforme d'une extrémité à l'autre. La tète (2) se distingue du corps par un diamètre un peu plus considérable , mais se prolonge beaucoup en avant. Près de son origine, elle présente deux fentes garnies de très longs cils vibra- tiles et placées de chaque coté comme autant de demi-chevrons qui se prolongent un peu en dessous. De chaque côté de la tête on trouve un groupe allongé, composé de 20 à 25 yeux placés assez régulièrement sur deux lignes. Le corps, d'un diamètre assez égal , est proportionnellement plus court que dans la Némerte balmée. 11 est aussi plus plat et ses renflements sont plus nombreux lorsque l'animal est en mar- che. Sous ce rapport, l'espèce dont nous parlons en ce moment se rapproche quelque peu des espèces que nous avons réunies dans le genn! suivant. ^ [\) Ikch. 'AH. d pliiji., FI. 1.1, lig. I . (2) /. J,c L-ei\eau du la Némci-tc aiitoiiine présente une funue assez caractéristique (1). Il se compose de deux lobes allongés, sen)i- ovalaires , réunis par une conunissure presque aussi longue qu'eux-mêmes. De chaque lobe part en avant un tronc unique très gros, d'où se détachent les nerfs de la tète. La trompe, d'un calibre sensiblement moins large que l'intes- tin , n'est séparée de ce dernier que par un rétrécissement très étroit et en forme d'entonnoir (2). .l'ai trouvé la Némerte autoninc à La Torre del l'Isola , et sur quelques autres points des côtes de Sicile. Elle habite les inter- stices que laissent entre elles les coquilles de Vermets, qui, dans ces localités, forment tout autouj' des rochers une fierté du trottoir. ■ !. N. l'iiiiosi^:!-: (.V. perviien , Not) j (3). l'nliii hiriUiilii:' Dolle C.liiiije (4). Cupitc paiiliiluiii dlstinclo, antica ucatu, ocults inceqiudibus ins- Iructo, rimis ikstitulo ; corpore plifonni, xiililereli; probuscide incniii ? Cette espèce plus longue, mais bien plus grêle que la précé- dente , présente antérieurement une couleur jaune-clair , qui passe en arrière au brun rosé. Deux lignes d'un violet foncé partent de l'extrémité antérieure, et régnent d'une extrémité à l'autre sur toute la face dorsale. La tête (5), quoiqu'à peine plus large que le corps, est néan- moins assez distincte et presque ovale ; elle porte trois yeux iné- gaux de chaque côté. Le postérieur, bien plus grand que l'anté- rieur, le médian beaucoup plus petit. Je n'ai aperçu ni fentes ni fossettes. Le corps, 1res lilifonne, s'atténue insensiblement en arrière. Sa forme est peu variable, et ses renflements soni à peine marqués quand l'animal est en marche. (l)/(o7i,(nmrc/;i/i;/s., PI. 13, lifT. 3. [i) Lue. cil.. l'I. I0y,lig.25. :i) hl.. \'l. 13. li.ii. (i. (:i) /fe't/i. aiiul.iliéiis., l'I. 13, li;;. o 3) W . ri 13, liL'. i. l Uli VlATKEFAtiKS. — Slli l.liS MiMIiUlliS. !2(Ji Les lubes du cuiveau consisleiil en deux gros gaiigliuiib ov;i- laires (1), d'où se détachent des troncs postérieurs renflés à leur origine. J'ai compté trois paires de nerfs antérieurement; la bandeletle de communication est étroite et fortement échancrée. Je ne trouve rien dans mes notes relativement à l'œsophage. Il est probable que , comme dans l'espèce précédente , il est dé- pourvu d'appareil stylifère ; car, s'il en eût été autrement, celte diflérence entre deux espèces aussi voisines, el que j'étudiais si- multanément, n'eût pas manqué de me frapper. La Némerte péronée habite les mêmes localités que la précé- dente. M. Délie Chiaje a figuré, mais sans la décrire, une de ses Puiia sous le nom de P. bivitlala. A en juger par le dessin , elle pourrait avoir de grandes analogies avec la Némerte que nous venons de décrire. Peut èti'e est-ce la même espèce. (.leiirc l'oi.u; [l'alia). l'iaiiurkt , O.-V. Muller, 0. Kabricms, Umelin, Lainarck, Cuvier (I" étlit. du Réyiw animal), l'rostomci, Dugès, Etirenbeig, ISlainville, Cuvier, Dellu Cliidje. l'nlia, Délie Cliiaje, Bnrlasia, Jolinslon, Quoy et Gaiiuard. \etitertcs, Jolinston. Disorus, Elirenberg. Micruru, Elirenberg, Siebold. Amjthiporus, Ehrenberg, Œrsied. Pnliisicmma, Ehrenberg, QErsted. Siebold Telrnslemma , Ehrenberg, OErsted, Siebold. Hemkyclia, Ehrenberg. Ommatoplen, Ehrenberg. Liibiliilirum, de BlainviUc. Mi'ckelia, I^euckarl, Siebold. Ccijhaliilhri.r, Q^rstod. Aatciinitii, OlCrsled. Bouche tci'minale: corps moins long (|uc dans les genres précé- 'IJ Ikck. anal, il /'/ii/.s., l'I. I 1, lig. o. 202 DE QUATREFJ16ES. — SUU LES NÉMEKI'ES. dents, beaucoup plus variable, plus ou moins aplati; ouver- ture génitale souvent temporaire ? Ore terminali ; coiyore breviusculo,proteo,plus minusve compla- nato; aperturâ genitali sœpe temporariâ? Le genre Polia , tel que nous venons de le définir, est de beau- coup le plus nombreux de la famille des Némertiens. Il renferme toutes les espèces petites ou de taille médiocre , décrites par les anciens auteurs sous le nom de Planaires , et celles chez qui les naturalistes modernes ont avec raison signalé les singuliers chan- gements de forme , dont j'ai essayé de donner une idée dans (juelques unes de mes figures. Toutes ces espèces ont un facics plus facile peut-être à reconnaître qu'à décrire , et sous ce rapport, le groupe dont nous proposons ici l'adoption est réellement très naturel. Un petit nombre d'espèces, que leurs quatre points oculi- formes auraient fait placer dans le genre Tetraslemma , font ce- pendant exception. Très petites, assez arrondies , d'égale dimen- sion dans toute l'étendue du corps, qui est en outre beaucoup moins contractile , et par conséquent beaucoup moins variable que chez leurs congénères, elles pourraient, à la rigueur, former un sous-genre. Mais la dénomination de ce petit groupe devrait être changée , car, parmi les espèces très protéiformes , il en est qui n'ont aussi que quatre yeux. Du reste , je n'ai pas cru de- voir former cette sous-division, à laquelle on arrive par des degrés presque insensibles , et qu'il aurait été assez difficile de caracté- riser nettement. I, r. (iPAQUE (P. opacn . Nob.) (1). Capilc svhdislincto . truncalo, ncitlorwn série laterali uiidi(jtie dis- tinclo , rimis maynis inslruclo ; corpore lonyiuscalo , piano , proteo. Cette espèce, une des plus grandes du genre, est d'une cou- U:in- noire très foncée qui la rend en apparence très opaque : ce- (I) llech. anal, et phijs.. l'I. I i, lig. 1 , 2 et 3. DE . PI .j, liï. .3. DE Ql'ATBEFACJES. — SUR f.ES \hhlF[iTi;S. -iOri 3. P. CH4NGEASTF. (P. iniiliibilis . Nob.) (I). Capite minime distindo, ocidorum acerfis quatuor .serialim dis- posifis instrucio , rimis deslituto; corpurc iiisi(piiler prnieo; proboscide styliferd. Cette espèce n'a guère plus de 1 1/2 pouce de long ; sa couleur est uniformément rosée. Le cerveau se voit par transparence à la partie antéi'ieure. La tète (2) est peu distincte , et se termine en pointe mousse ; je n'y ai vu aucune fente ou fossette. Les yeux forment de chaque côté deux séries : la première, de 4 ou 5 yeux ; la seconde, de 3 ou k. Ces derniers sont un peu plus grands que les yeux antéi'ieurs. Le corps, à peu près de même diamètre dans toute sa longueur, est plat , et remarquable par les changements de forme qu'il pré- sente. Les renflements résultant de la contraction ont quelquefois un diamètre quinze à vingt fois plus grand que celui des étran- glements qui les séparent (3). Le cerveau (Zi) ressemble beaucoup ù celui de l'espèce pré- cédente. Bien que je n'aie figuré ici que trois nerfs antérieurs , je pense qu'il doit s'en trouver au moins quatre sur ce point. A ce sujet, je ferai remarquer qu'il est quelquefois difficile de recon- naître exactement le nombre de ces troncs antérieurs , et que je n'ai jamais figuré que ceux que j'avais nettement distingués. Aussi ce caractère ne peut-il avoir une valeur réelle que lorsque la disposition de ces filets présente quelque circonstance toute spéciale ; leur nombre ne doit être considéré, à proprement parler, que comme le résultat d'observations qui souvent ont dû être in- complètes. La trompe porte un appareil stylifère analogue à celui de la Polie inandille, et ])ourvu , comme chez cette dernière, de deux poches styligènes. .l'ai trouvé la Polie changeante dans les mêmes localités que l'espèce précédente. (1) nech. iimtl. W p/ii/v, l'I. l-^i, fifr. 1. (3) Id., PI, i;;, lig. 1, b (2) M , PI. I".. lit'. ">. ,'*)t'l l'i. l"', fi.g. G. •20() DE QUATREFAGES. — SUR LES ^'IÎMERTES. 4. P. GLAuyuE (/'. ylaiiea, Nob.) (1). Capite distincto , oculorum acervis quatuor disparium inslructo , rimis destituto ; corpore proleo, complanato ; proboscide styliferd. Cette espèce , un peu plus grande que la précédente , est d'un vert obscur sur tout le corps. La tète seule est un peu plus claire , et les lobes du cerveau se voient très distinctement à travers les téguments. La tète (2) est assez distincte du corps , irrégulièrement cjua- drilatère. Je n'ai vu ni fentes ni fossettes. Les yeux forment de chaque côté un groupe antérieur de cinq à six yeux très petits, disposés assez régulièrement en angle droit. Plus en arrière , on trouve deux autres yeux beaucoup plus grands. Le corps est aplati , atténué en arrière , très variable de forme, mais moins pourtant que chez la Polie changeante. Le ganglion antérieur des lobes du cerveau est arrondi , et presque confondu avec celui d'où partent les grands troncs ner- veux (3). La bandelette de communication est assez large. Le cerveau entier est d'un rouge foncé, surtout dans quelques parties et sur le bord de ses deux lobes. La trompe est armée d'un stylet , et pourvue de deux poches styligènes. Celte espèce pourrait, au premier coup d'œil , être confondue avec la Borlasia olivacea de Johnston (4) à cause de sa couleur ; mais elle en diffère par la position et le nombre des yeux , aussi bien que par l'armure de la trompe. La Polie glauque se trouve à Saint- Vaast, où elle est d'ailleurs assez rare ; elle habite sous des pierres dans le voisinage des parcs à huîtres. 5. P. ENFUMEE (P. fumosa, Nob.) (s). Capite non distincto , oculis quatuor et rimis latis ovatis inslructo ; corpore planulo, jtroteo ; prolmscide styliferd. (1) Hech. anat. etphys., PI. I.'i, lig. 7. (4) Loc. cil., pi. 18, fig. I. (2) /d., PI. 15, Bg. 9. (5) Herli. an. elpinjs.. PI. 14, fig. 9. (3) /(!., PI. 15, fig. 8. DE QL'ATREFA£E»>. — SI.R MCS MÎMERTICS. 207 Cette espèce a presque les mêmes couleurs que la précédente ; mais sa taille est plus petite , et n'excède pas 1 1/2 pouce ; le corps est , en outre , sensiblement plus grêle. La tête (1) est brusquement tronquée en a\ant ; elle ne se distingue du corps que par la présence des yeux et des fos- settes. Les premiers sont petits , brunâtres , et placés deux à deux de chaque côté; les fossettes sont larges, elliptiques, évasées , et le bord en est sensiblement élevé. Le corps n'offre rien de particulier ; il est aplati et variable dans sa forme générale, par suite de divers mouvements de con- traction exécutés par l'animal. Le cerveau (2) est formé de deux lobes allongés , présentant dans leur milieu un étranglement peu prononcé , presque en con- tact antérieurement, de plus en plus écartés en arrière, et réunis par une bandelette large, très mince , et incolore. Les lobes eux- mêmes sont d'une teinte rosée assez prononcée. La trompe porte un stylet et deux poches styligènes. La Polie enfumée habite dans les fentes de rocher. Je l'ai trouvée à Saint-Vaast et à Bréliat , où elle est surtout très com- mune dans toute l'étendue du chenal appelé la CItambre. 6. P. FIL [p. lilum, Nob.) (3). Capite haïul ilistincto , oculis duobus instruclo, rimis destitulo; corpore filiformi, subtereti; probosckle slyliferâ? Cette jolie espèce atteint jusqu'à 3 pouces 1/2 de long ; elle est d'un rouge très vif dans toute son étendue. La tète [h) ne se distingue que par la présence de deux grands yeux brunâtres , entourés d'une teinte jaune qui se fond peu à peu avec la couleur générale du corps, et qui sont placés tout près de l'extrémité antérieure. Je n'ai point vu de fossettes. Le corps est entièrement filiforme , légèrement arrondi dans l'extension , aplati dans les renflements occasionnés par la con- traction. Celle-ci peut être portée assez loin pour que l'animal (1) Hech. an.Hjjhys., PI. I i, lig. 10. (3) Id., PI. 14, tig. 6. (2) /((., PI. 1 4, (ig. 1 I . (4) /(/., PI, 1 4, flg. 7. *20S DE Qli*TREF»CF,S. — SHP, I.KS MÎMP.RTnS. prcniiP la fnrmo d'iiiip ])Ptite Planairf d'un lipaii rou^^e rar- min (1). Le cerveau (2) est formé de deux lobes en massue, inclinés l'un vers l'autre en avant, et réunis par une bandelette étroite et longue. Sa couleur est d'un gris légèrement rosé ; il est tont-à-fait diaphane. La Polie fil se trouve très souvent sur les coquilles d'Huîtres et d'Anomiesà Saint-Vaast , à Saint-Malo et à Bréhat. 7. P. A SANG noiiGF. (/*. sii»gitiruhrii , Nob.] (3]. Capitc distimio , oculis iiualuor quadratini disposilis et rimis par- ■viilis rolundatis insiruclo; corpore flliforini, subtereli ; probos- cide styliferd'/ sanguine ruhro. Cette espèce a les plus grandes ressemblances avec la précé- dente, et, au premier abord, on est entraîné à les confondre. Cependant , sa couleur est généralement moins vive , et tire plu- tôt sur un rouge jaunâtre ; sa taille est d'ailleurs à peu près la même. La tête [h) est bien distincte, et séparée du corps par un étran- glement prononcé. Les fossettes sont petites et arrondies. Les yeux , au nombre de quatre , sont placés deux à deux sur les côtés aux deux extrémités de la tète. Le corps ressemble à celui de la Polie fil ; il est peut-êti'e un peu moins contractile. Le cerveau est presque entièrement semblable à celui de l'espèce précédente; seulement, les deux masses principales, dont se compose chacun des lobes, sont ici peut-être encore plus confondues , et la bandelette de communication est plus mince et \m peu plus allongée (5). Je ne trouve rien dans mes notes sur l'existence d'ini appareil stylifère chez les deux espèces que je viens de décrire. J'en con- clurai , comme je l'ai fait plus haut , que cet appareil existe. Je crois d'ailleurs me le rappeler formellement. [\)nvch.an. cl p/i., PI. I 1, fijr. fi. //. (!) H., PI. 1 5, llg. I I . (J) 1,1., PI. 14. 5g 8. f.j) /./. , PI 1.3, (1;;. 12, (3) H., PI. l'i, ng. in. np. «ji'ATREi-'AGivti. — si;r, les MÎMEUTES. 20'.) J'ai donné à cette espèce le nom de Pal le à sang rouge , parce que c'est la première qui m'ait présenté cette particularité remar- quable ; mais, comme nous le \errons plus tard , ce n'est pas i;i un caractère exclusif. La Polie à sang rouge habite les mêmes localités que l'espèce précédente. 8. r. EE51DIS [P. hanhix, Nob.) (1). Capile Itaud dislincto, obtuso , oculonim Jvplici série tmdiijiie in- slructo, rimis deslitulo; corpure depresso, crasxiusculo, proteo ; proboscide styliferâ. Cette espèce, d'un beau rouge ferrugineux, atteint jusqu'à 3 pouces de long. La tète (2) , toute d'une venue avec le corps , ne m'a montré ni fentes ni fossettes. Elle porte do chaque côté deux séries d'yeux , qui se rejoignent en avant sur la ligne médiane. Les yeux des séries externes sont plus grands que ceux des séries internes. Le corps est assez épais , d'un diamètre sensiblement égal dans toute son étendue , excepté en avant et en arrière, où il s'atténue un peu brusquement ; la contractilité est extrême , et quand on tourmente l'animal , il se contracte de manière à prendre vérita- blement la forme d'une toupie (3}. Les lobes du cerveau (4) semblent formés d'un ganglion anté- rieur pyriforme , soudé obliquement sur le ganglion en massue, d'oii parlent les troncs longitudinaux. La trompe , plus large que l'intestin , est séparée de ce dernier par un appareil slylifère assez court, dont lamoitié antérieure, très épaisse, renferme deux poches styligènes(5). La Polie bembix habite sur les côtes de Sicile, où je l'ai trouvée parmi des algues rapportées en draguant a une petite profondeur. Placée dans un vase. d'eau de mer, elle se meut non seulement en rampant sur le fond comme la plupart de ses congénères , mais encore en nageant dans le liquide à la manière des Sangsues. (1) Kcch. anal, etphys., PI. 17, (ig.2. (i) Id., PI. 14, Cg. i. (2) W., PI. 17, fig. 3, {■■i) h!., PI. 17, Cg. i. (:t) Id., PI. 17, Hg. 2, U. :!■• si-rii' Zooi,. T. Vf. ('(Vlt.hrr ISifi ) -j ' U 210 DE QIATREFAGES. — SIIR LES NÉMERTES. 9. P. viOLACKE (Z'. violacea , Nob.) (1). Capite ilistincto , oculorum acervis quatuor iîislruclo, rimis desli- tuto ; corpore planiusculo, proteo ; prohoscide styliferâ? La couleur de cette espèce est indiquée par le nom que je pro- pose de lui donner. Cette couleur s'est toujours montrée la même pour les individus que j'ai pu examiner; elle est d'un gris de lin violacé sur tout le corps, légèrement lavé de vert en avant, où se voient en outre deux points rouges dus à la transparence des téguments , qui permettent d'apercevoir les lobes du cerveau. La tête (2) est bien distincte, sans fentes ni fossettes. Les yeux, bruns et assez grands, forment de chaque côté deux groupes , le plus antérieur de quatre , le second de trois points oculaires. Je ne trouve dans mes notes , relativement au cerveau de cette espèce , aucun détail , si ce n'est qu'il ressemble à celui de la Polie mandille. Je ne trouve pas non plus de notes relatives à la trompe ; mais j'en conclurai qu'elle doit être armée d'un appareil stylifère sem- blable à celui de l'espèce qui me servait alors de type (P. man- dille). J'ai trouvé la Polie violacée à Saint- Vaast , oîi elle est assez rare. 10. p. pouBPRÉE (P. pnrpwea) (3). Borlasia purpurea?, Jolinston (4). Nemertcs purpurea ?, Œrsted (5). Capite haud distincto, sex oculis instructo, rimis destituto ; corpore piano , proteo ; prohoscide inermi? La couleur de cette espèce est très variable. Jolinston l'a figurée et décrite comme étant d'un rouge pourprp. Les individus que j'ai rencontrés présentaient une teinte verte plus ou moins foncée. Leur longueur ne dépassait guère 2 pouces. (1) fiec/i, (/»«(. flp/iys, PI. 17, fig. i. (4) Lue. cit., pi. 18, Ijg. 3. [i] /ci., PI. 16, fig. 16. (3) Loe. cil., p. 91. (.i) /J., PI. 16, llg. 5. t DE QlIATREFACES. — SUfl F.ES Nl'MIînTnS. 211 La tête (1) n'est nullement distincte , et ne présente ni fentes ni fossettes. Les yeux sont placés au nombre de trois, de cliaque côté, en série latérale ; souvent celui du milieu est plus grand que les deux autres. Le cerveau (2) est , proportionnellement aux dimensions de la tête , d'un volume au moins double de ce qu'on voit ordinaire- ment chez les autres espèces. On peut en juger facilement en com- parant la figure ci-jointe aux autres dessins qui reproduisent les mêmes parties ; on y distingue très nettement les cavités ventri- culaires , dont nous parlerons ailleurs. C'est avec quelques doutes que je rapporte l'espèce actuelle à la Borlasia purpurea de Johnston. Les caractères extérieurs se ressemblent assez ; toutes les deux ont trois yeux placés à peu près de même , et manquent également de fossettes ou de fentes céphaliques. Mais d'un autre côté, Johnston, en plaçant son espèce parmi les Borlasies , dont le caractère est de ne pas avoir le stylet à la trompe , me semble s'écarter de ce que j'ai vu chez la mienne ; toutefois , mes notes ne sont pas assez précises sur ce point essen- tiel , et provisoirement au moins je réunirai les deux espèces. J'ai trouvé la Polie pourprée à Bréhat dans des fentes de rochers. 4 1 . P. BÉRÉE (P. berea , Nob.). Capite haud distincto , oculorum acervis quatuor inslructo, rimis desliliUo; cor pore piano , crassiusculo , proteo ; proboscide styli- ferâ. Cette espèce , de même taille que la Polie mandillc , ressemble encore à cette dernière par la teinte générale du corps , qui est seulement plus blanchâtre. La tête (3) , dépourvue de fentes et de fossettes , porte quatre groupes d'yeux. Le groupe antérieur de chaque côté forme un arc de cercle de cinq à six yeux placés près du bord de la tête. En arrière se trouve le second groupe composé de quatre ou cinq yeux inégaux, irrégulièrement réunis. Le corps ressemble à celui (1) flech. a«a(. e(p;i!/s.,Pl. 16,ng. 6. (3) /d., PI. 15, flg. 13. (2) W-, PI. 16, fis; C. 212 DE QIATKEFAGES. — SUR LES NÉMERTES. de la Polie manclille pour la forme générale ; il est peut-être un peu plus épais. Le cerveau (1) ressemble assez à celui de la Polie mandille, mais les ganglions antérieurs de chaque lobe sont peut-être plus forts. II est d'une couleur orangée plus ou moins teintée de rouge , ([ui permet de reconnaître plus facilement sa structure. La trompe est armée d'un stylet , et présente deux poches sty- ligènes (2). J'ai trouvé cette espèce à Bréhat sous les pierres placées de manière que la marée montante ou descendante les enveloppe de courants parfois très rapides. 15. P. nuMBLK {P. humilis, Nob.) (3). Capite haud (listincto, oculis quatuor rjuadralim dispositis et rimis obliquis instructo; corpore piano , proleo; proboscide styliferâ. Cette espèce , d'une couleur jaune-brunâtre plus ou moins fon- cée, atteint une longueur de 4 à 5 pouces. La tête (4) n'est nullement distincte; elle porte quatre yeux, formant un quadrilatère rectangle assez régulier. Entre l'œil an- térieur et l'œil postérieur , de chaque côté , se trouve une fente courbée d'arrière en avant qui atteint presque la ligne médiane sur le dos , et s'étend en dessous jusque vers le premier tiers de la face ventrale. Le corps est plat et protéiforme , mais moins que chez plusieurs des espèces précédemment décrites. Le cerveau que nous représentons ici, quelque peu déformé et élargi par la compression (5) , présente à chaque lobe les deux portions ordinaires. La bandelette est assez étroite , et médiocre- ment épaisse. La trompe est à peu près du même diamètre que l'intestin ; elle porte un appareil stylifère , où je n'ai trouvé qu'une seule poche styligène placée à droite (6). (1) lin-h. (imil. et phys., PI. 15, fig. H. — Ce dessin représente le cerveau ïoniprimé. (4) Id., PI. 16, fig. 3. {■!) M., PI. 16, fig. 1. (S) PI. 1.5, fig. 7. (3) Id , PI. 16, fig. 2. (6) Rech. nmit et phi/s . PI. Ifi, lig. i. DE QliATREfMGES. — SllU LUS M^MERTES. 213 J'ai trouve la Polie liumbie dans les bancs de Vermets de La Terre dell' Isola sur les côtes de Sicile. 13. P. coi;noNM:i; (P. coronalu , Nob.) (I). Capite haud distincto , oculis (juatuor quadratim dispositis el riinia duplicibus instruclo ; corpure filiformi, subpiano, paululum pro- teo ; proboscide slyliferâ. Cette espèce , d'un bleu verdâtre pâle, atteint à peine 2 pouces de long. La tête (2) est de mêuie diamètre que le corps , et nullement distincte ; elle porte quatre yeux disposés en rectangle , et deux fentes ou fossettes larges et en quelque sorte doubles , qui pour- raient au premier abord faire croire que la tète est distincte. Sur le milieu de la face supérieure , entre la paire antérieure et la paire postérieure d'yeux , se trouve une large bande transverse de pig- ment violet^ moins large que la tète elle-même. Le corps est filiforme , légèrement aplati ; il forme pendant la marche de l'animal des renflements allongés, qui ne sont jamais bien considérables (3). Le cerveau (4) présente les parties ordinaires , et , dans chaque lobe , les ganglions antérieur et postérieur sont très intimement soudés , excepté sur le bord externe où leur distinction est très marquée ; la couleur est d'un rose sale très léger. La trompe (5) est un peu plus large que l'intestin lui-même, et est pourvue d'un appareil stylifère, qui présente ceci de parti- culier que le stylet est placé très en arrière , tandis que les poches slyligènes, au nombre de deux, occupent leur place habituelle k la partie antérieure de l'appareil. J'ai trouvé cette espèce à Bréhal, où elle habite en grand nombre les fentes de rochers de certaines localités. (1) /îecft.nnaf. H p/ivs., PI, 13, lîg. 6, (4) M,, PI. 13, lig. 9. (2) /(/., PI. 13, fig. 7. (5) Id., PI. 13, fig. 8. (3) kl., PI, 13, (ig. G, 214 »E 4{UATREFA»ES. -— SUR LES INJÎMEKriîS. 14. P. VERMicuLE (P. veriniculus , Nob.) (1). Capite haiid clistincto , oculis quatuor rimisque parvis instructo ; corpore filiformi , subplanulo ; proboscide styliferâ. Cette espèce, d'un rouge jaunâtre , n'a guère qu'un pouce ou un pouce et demi de long. La tête(2), confondue avec le corps, porte quatre yeux disposés par paires. Entre l'œil antérieur et l'œil postérieur , de chaque côte s'étend une traînée de pigment violacé qui vient entourer le dernier. Deux petites fentes ciliées placées sur les côtés s'étendent obliquement sur la face dorsale et la face ventrale entre les deux paires d'yeux. Le corps , très grêle , peu variable de forme , est légèrement aplati. Le cerveau (3) n'offre rien de particulier, quanta la disposition de ses parties ; il est entièrement incolore. La trompe , du même diamètre que l'intestin , porte un appa- reil stylifère , dont les poches styligènes , au nombre de deux , se présentent souvent comme étant l'une supérieure, l'autre infé- rieure , tandis que dans toutes les autres espèces on les voit tou- jours placées latéralement (4). J'ai trouvé la Polie vcrmicule à Bréhat, dans les mêmes loca- lités que la précédente ; elle est bien moins abondante. 15. P. GENTILLE (P. pulclwllû , Nob. ) (3). Capile haud dislincto, oculis quatuor quadratim dispositis in- structo, rimis destiluto ; coi'pore piano , proteo; proboscide styli- ferâ. Cette espèce , d'un à deux pouces de long , est sur le dos d'une couleur presque bleue, qui passe au vert jaunâtre aux extrémités et sur les côtés du corps ; sur le milieu de la tête est une bande transverse de couleur violet foncé. (1 ) Rech. amt. etphijs. , PI. 1 4, fig. 12. (4)/d., PI. 14, fig. 14. (2) Id., PI. 14, fig. 13, (5) H., PI. 16, fig. 7. (3) Ici., PI. 14, fig. 13. DE QUATREFÂGES. — SUU LliS AÉ.MKHl'ES. 215 Lalôte (1) n'est nullement distincle. Elle porto quatre yeux dis- posés en rectangle ; la bande violette sépare la paire antérieure de la paire postérieure. Le corps, assez large pour la longueur, est plat et assez variable de forme, sans présenter pourtant une contractilité com- parable à ce que nous ont montré certaines espèces. Le cerveau ne présente rien de particulier. La trompe (2) est armée d'un appareil stylifère, dont le stylet, occupant la partie moyenne, est assez éloigné des deux poches sty- ligènes , mais moins cependant que dans la Polie couronnée. J'ai trouvé cette espèce sur divers points des côtes de la Sicile, et entre autres à La Torre dell' Isola et à Favignana. Elle habite parmi les Corallines et autres plantes marines de petite taille. 16. p. BATON (P. bacuhts, Nob.) (3). Capite haud distincto , attenuato, oculis quatuor fere quadratim dispositis instniclo , rlmis destiluto; corpore tereti, paululum proteo ; proboscide slyliferâ. Cette espèce , d'un pouce et demi de long , est d'une teinte légèrement jaunâtre en arrière , presque incolore en avant. Latéte(i), sans être distincte du corps à son crigine, s'atténue, et présente un diamètre beaucoup moindre dans la plus grande portion de son étendue. Je n'y ai point aperçu de fentes ni de fossettes. Elle porte quatre petits yeux disposés par paires ; ceux de la paire postérieure sont plus écartés que ceux de l'antérieure. Le corps est arrondi , un peu renflé à sa partie postérieure. Le cerveau n'olTre rien de particulier. Les parties constituantes de chaque lobe sont assez distinctes. Il est parfaitement incolore. La trompe, un peu plus forte que l'intestin, est armée d'un stylet , et porte deux poches styligènes (5). J'ai trouvé cette espèce à La Torre , à Favignana , à Milazzo , parmi les plantes marines qui se plaisent près du rivage. (1) lirch. anat.etph;is.,V\. 16, fig, 8. (4) W., PI. 17, fig. 9. (2) M., PI. 16, fig. 9. (5) W., PI. 17, fig. 10. (3)/(i., PI. 17, fig. «. 216 »E yi.4'l'Bi;rAliKS. — SUll iliS MiMElVlKS. 17. p. ARMiiE (p. (iniicita, Xob.) (1). Capite haud distincto, oculis quatuor quadratim dispositis in- structo, rimis destituto; corpore subtereti, minime proteo ; pro- boscide slyliferâ, quatuor penilis styligenis iiisigni. Cette petite espèce n'a guère que 5 à 6 millimètres de long ; elle est transparente , et légèrement jaunâtre dans toute son étendue. La tète (2), toute d'une venue, porte quatre yeux placés rectan- gulairement. Je n'ai rien vu qui ressemblât à des l'entes ou à des fossettes. Le corps arrondi et de dimensions à peu près égales dans toute son étendue, est bien moins contractile que dans les es- pèces précédentes, et ne présente que des traces de renllements (]uand l'animal est en marche. Le cerveau n'a rien de remarquable ; il est entièrement inco- lore et transparent. La trompe est d'un diamètre beaucoup plus fort que l'intes- tin (3) ; son appareil stylifèrc présente quatre poches sfyligènes , caractère que je n'ai rencontré que dans cette seule espèce. Le stylet est placé entre les deux poches postérieures. J'ai trouvé la Polie armée sur les côtes de la Sicile , à La Terre deir Isola. 18. P. 0UADB1OCEI.LÉE (P. (/«rtdWoiU/u(« , Notl.) (l). Nemerlcs quadrîoculata , Johnston (5). Tetrastemma varkolor??, Oîrsted (6). Copile haud dislinclo, oculis quatuor quadratim dispositis inslructo , rimis destituto; corpore subtereti, non proteo ; proboscide stijli- ferâ , uml tantum perulâ stijlitjerâ insiçjni. Cette espèce, plus courte, mais proportionnellement un peu p lus grosse que la précédente, est à peine jaunâtre. (1) lin-li. aiiat.etph!is..V\. IT.fig. 5. (4) W., PI. 16, fig. 10. (2) 1(1., PI. 17, Gg. 6. (5) Loc. cil., pi. 17, fig. 4. (3) Id., PI. 17, fig. 7. (6) Loc. cit., p. 8o, fig. 41 el 44. DE <»I'VrKEFAtES. — SLll LES INÉMEnTES. 217 La Ictc (1) fait suite au corps, dont elle ne se distingue que par la présence de quatre yeux placés rectangulairement. On n'y voit ni fentes ni fossettes. Le corps est arrondi , d'égales dimensions partout , brusque- ment tronqué aux deux extrémités , et ne formant que de très légers renflements pendant la marche. Le cerveau, transparent et à peine rosé sur quelques points, présente d'une manière bien nette les diverses parties qui le composent (2). La trompe est plus petite que l'intestin. Son appareil styll- fère (3) ne m'a jamais montré qu'une seule poche styligène pla- cée à gauche de l'animal. La Polie quadriocellée est assez commune à Saint- Vaast, à Saint-Malo. Elle a été trouvée par Johnston sur les côtes d'An- gleterre. Œrsted rapporte à cette espèce son Tetrastemma varicolor, qui présenterait trois variétés ( T. F. ladeoflarescens; T. V. ni- gropundatus ; T. V. lineatus, linea média loii(jilw1inalialba. Cette dernière serait , selon le naturaliste danois , la Planaria dorsalis d'Abildgaardt). 11 est difficile, faute de détails suffisants , de sa- voir jusqu'à quel point ces rapprochements sont fondés. Geure Cérébratlxe [Cerebratuliis). Cerchrninlua, Renieri, Délie Chiaje, de Blainville, Cuvier, Œrsted. Titbuluinis, lieniuri, Délie Chiaje, de Blainville, Cuvier. OpIUocephalus, Quoy et Gaimard, Délie Chiaje, de Blainville, Cjvier. Noloipermus, Huschke, Siebold. \otngymiwf, Ehrenberg. /'o/in,. Délie Chiaje. Dortiisia, Œr.sted. Nemertes, Œrsted. Meckelia, Grilbe. Bouche terminale; corps en général assez court, peu contractile, peu variable , plus ou moins aplati. (l)/iff/i.u/iu(.dj)/i!/.s., PI. ic.fig.ii. (.■)) w., PI. 10, Eg. 12. (ï)/(/., PI. 16, Bg. 13. 218 UE QUATREFACiES. — SUR LES NÉ.MEliTES. Ore terminali ; corpore breviuscido, jion proteo, plus minusve complanato. Les espèces que je rapporte à ce genre ont le corps générale- ment assez large relativement à leur longueur. Elles présentent aussi plus d'épaisseur que celles du genre précédent ; mais ce qui me semble surtout les caractériser, c'est une bien moins grande contractilité, d'où il résulte que, placées dans l'alcool, elles con- servent mieux leurs formes réelles. Du moins c'est ce que j'ai pu observer dans les espèces que j'ai examinées, et qui devront servir de type au genre Cérébratule , tel que je propose de l'adopter. 1. C. ÉPAIS [C. crassus , Nob.) (I). Capite non distindo , oculorum plurimorum seriebus quatuor et rimis latis instructo ; corpore crasso , planalo , utrimjue alte- nualo ; proboscide inermi. Cette belle espèce, de quatre à cinq pouces de long sur un demi-pouce de large, est en dessus d'un fauve-brun plus clair vers les bords , et parcourue d'une extrémité à l'autre par deux bandes obscures mal terminées, qui prennent naissance derrière les fossettes de la tète. En avant de ces mêmes organes , on trouve également deux bandes latérales d'un brun foncé, et une troi- sième, médiane, qui n'arrive pas jusqu'aux fossettes. Les côtés du corps sont d'un blanc violacé. La face inférieure est d'un rose assez vif , plus sombre vers la ligne médiane. La tête (2) , arrondie en avant , ne se distingue du corps que par la présence des yeux et des fossettes. Les yeux forment quatre groupes allongés qui convergent en avant. Les groupes externes comptent près de trente yeux très petits, les groupes internes dix-huit à vingt yeux un peu plus grands. Les fossettes sont larges, presque triangulaires , et placées vers l'extrémité postérieure de la tête. Le corps de cette espèce est épais , plat ; son diamètre trans- versal diminue insensiblement vers les deux extrémités. Pendant (i)Rcch.(imit.vlphiis.,V\. le.fig.li. (2) W., PI. 16, fig. 13. DE Ql'<(TREFA«E«. — SLHl LKS IVÉMEnTES. 2! 9 la marclie ou quand on l'arrête, il se ride et augmente quelque peu en largeur et en épaisseur, mais sans jamais présenter rien qui rappelle les renflements , même des Borlasies ou des Valen- cinies. Dans les lobes du cerveau , le ganglion antérieur est très con- sidérable relativement au ganglion postérieur d'où partent les grands troncs longitudinaux (1). La trompe est séparée de l'intestin par un simple étrangle- ment , où je n'ai aperçu aucune espèce d'armes. Nous remarque- rons encore que le sang de cette espèce est d'un beau rouge vineux. Le Cérébratule épais habite entre les tubes entrelacés de ver- mets, sur les côtes de Sicile. Il est assez abondant , surtout à La Torre dell' Isola. 2. C. BEMARorABLE (C spectobiUs, Nob.) (2). CapUe haud distinclo, oculoruvi seriehus di/alms et rimis latis in- struclo; cor jjore piano; proboscide falciculâ deiiliculatd inslriiclâ. Cette espèce, d'environ deux pouces et demi de long sur une ou deux lignes de large, a le dos d'une couleur brun clair, par- couru d'une extrémité à l'autre par quatre lignes brunes qui com- mencent près de l'extrémité antérieure, et dont les deux externes , |)!us larges et plus foncées, sont interrompues par les fossettes. Les bords du corps sont blanchâtres , et la face ventrale présente une teinte grisâtre. La tète (3) n'est pas distincte ; les yeux , au nombre de huit, forment de chaque côté une série en avant des fossettes. Celles-ci sont larges, peu profondes, et placées sur la face supérieure. Le corps a des dimensions à peu près égales dans toute son étendue. Il est plat, peu épais, et assez brusquement terminé en arrière. La trompe, séparée de l'intestin par un étranglement, porte pour arme une plaque cartilagineuse , courbée en forme de lame (i) PI. «5,6g. 6. (3) W., PI. 17, fig. <3. {i) Rech.anal.elphyi., PI. 17, fig. 12. 2'20 «E «{L'/tXREt'AGES. — SIJU LliS MJ.MEUTES. et denticulée (1). Je regrette vivement d'avoir égaré le dessin représentant la manière dont cette pièce était placée dans l'ani- mal vivant ; mais je crois me rappeler que la plaque disposée autour de cette espèce d'œsophage était enfermée dans les tissus et que les dents seules faisaient saillie au fond de la trompe. J'ai trouvé le Cérébratule remarquable dans les mômes loca- lités que l'espèce précédente à LaTorre dell' Isola. 3. C. DÉPRIMÉ (C. depressus, Nob.) (2). Capite hauddistincto,rimis el ocidis (?) instrudo; corpore depressa, tœniœfonni, non proleo ; proboscide inermi. Cette espèce , de trois à quatre pouces de long sur environ deux lignes de large , est en dessus d'un violet clair, coupé trans- versalement par des bandes plus foncées qui n'atteignent pas jus- qu'aux bords. A la partie antérieure se voit une large bande blan- che aussi large que le corps. La face ventrale est d'un blanc grisâtre. La tête est arrondie, entièrement confondue avec le corps. Je ne trouve rien dans mes notes relativement à l'existence des yeux ni de^ fossettes. Le corps est aplati en forme de ruban , sensiblement rétréci en arrière , et ne forme que de légers élargissements pendant la con- traction. Le cerveau présente les parties composantes ordinaires ; mais les troncs nerveux longitudinaux, au lieu de se détacher du gan- glion postérieur, semblent prendre naissance au milieu même du lobe cérébral , qui se prolonge en une masse arrondie en arrière de cette origine. La trompe n'est séparée de l'intestin que par un étranglement peu prononcé. Je n'y ai trouvé aucune arme. Cette espèce a le sang rouge et rempli de globules distincts également colorés. Je l'ai trouvée à La Torre dell' Isola dans les mêmes localités que les deux espèces précédentes. (I) krh.aiMt.elphtjs..V\. 10, fig. 7. (2) Id., PI. 17, fig. 1 i. DE QUATREFACES. — Si;R T.F.» MiMERTF.S. 221 4. C. GÉNicuLÉ (r. gmiciilalus, Nob.) (1). Po/iix geniculala, Délie Chiaje (2). Notospcrmus drqjanensis, Huschke (3). Notogymnus drepanensis, Ehrenberg (4). A'eynertes ge7uculata, CErsted (8). Meckelia uimulata, Griibe (6). Capite Iiaud dislincto , rimis et oculis (?) instructo; corpore lœvi, planiusculo, ininiine proleo; proboscide inermi. Cette espèce, de 5 à 8 pouces de long sur 2 à 3 lignes de large , est en dessus d'un vert-pré uniforme, interrompu par des bandes blanches transversales , qui ont lait croire à des articula- tions dont il n'existe en réalité aucunes traces. Il paraît que quelques individus présentent sur la nuque une tache orangée. (Huschke.) La tête est confondue avec le corps et porte sur les côtés deux fentes assez marquées. Le corps, aplati, mais légèrement arrondi en dessus , s'atténue insensiblement d'avant en arrière. La trompe ne possède ni appareil stylifère ni aucune autre espèce d'armes. Cette espèce a été découverte par M. Délie Chiaje sur les côtes de Naples. Tous les naturalistes qui sont allés en Sicile l'y ont éga- lement rencontrée , et pour mon compte j'en ai vu des individus à La Torre dell' Isola, à Favignana et à Milazzo. Genre OErstédie [Œrslcdia), Deux troncs nerveux longitudinaux sublatéraux ; bouche termi- nale ; corps cylindrique. Dnobus restibus 7U'rvosis longiiudinalibus sitblateralibus ; ore ter- rninali ; corpore cylindrico. Ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, les espèces que nous (1)/ic(-/i,nH«<.f(p/i!;s.,Pl. I7,ng. II. (4) fiymb. pliyx. {i)Luccit.,l IIl.p. 126; t.V, p.'HO. (3) Loc. «(., p. 91 . PI. 39, Cg. 4; pi, 103, fig. 10. («) Loc. cit., p. 18, pi. 7. (3) hix, 1830.pl. 7, lig. 1, 2 et 3. :222 DE QUATREFjlGE>«. — SUR LES NÉMEnTFS. réunissons ici s'éloignent des autres Némertiens par un caractère qui porte sur le système nerveux , c'est-à-dire sur l'appareil or- ganique, dont l'importance nous paraît surpasser celle de tous les autres. A ce titre elles devraient peut-être former un groupe plus élevé qu'un simple genre. Cependant elles ressemblent tellement, sous tous les autres rapports, aux autres espèces de cette famille, que nous croyons devoir ajourner jusqu'à de plus amples recher- ches la séparation des OErstédies en tribu ou sous- famille. La forme générale du corps, qui est bien réellement cylindrique dans les deux seules espèces connues, ne peut guère être prise en con- sidération , car dans les genres précédents nous avons vu com- bien ce caractère varie d'une espèce à l'autre , bien que nulle part nous n'ayons rencontré de formes aussi décidément arrondies que celles des OErstédies. Nous en dirons autant de l'absence de fen- tes ou de fossettes qui reste jusqu'à présent un caractère commun aux espèces de ce genre. 1. (M. TACHETÉE [OE. maculota , Nob.) (l). Capile haiid distincto, ocidis quatuor quadratim dispositis inslructo, rimis deslilulo, luteo, olivaced; corpore tereli, non proteo, supra maculato, subtus ferrugineo; proboscide styliferd. Cette espèce atteint de 3 à 3 pouces J/2 de long sur 2 lignes de diamètre. En dessus elle est d'une couleur olivâtre, pointillée de brun sur la tête, d'une teinte brune tachetée de noir sur le reste du corps, qui présenté en outre sur la région médiane une ligne irrégulière blanche. Le dessous du corps est d'une couleur ocracée uniforme. La tête est entièrement confondue avec le corps. Je n'y ai vu ni fentes ni fossettes. Les yeux , très petits , sont au nombre de quatre et disposés en rectangle. Le corps est parfaitement rond et va en diminuant peu à peu d'avant en arrière. Il ne présente que des renflements à peine marqués pendant la contraction. Le cerveau (2) se compose de deux lobes pyriformes irréguliers (I) nech. atinl. elphys., PI. 17, fig, 15. (2) H., PI. 17, lig. 16. DE QUATREFAGES. — SUR LES NÉMF.RTES, 22.'^> d'où se détachent en arrière les deux troncs longitudinaux. La trompe est armée d'un appareil stylifère et porte deux poches styligènes (1). L'OErstédie tachetée habite entre les racines de plantes ma- rines à Favignana et probablement dans d'autres points des côtes de Sicile. 2. œ. TCBicoLE [OE. tulicola , Nob.) (2). Capile hauddistinclo, oculis quatuor quadraiim dispositis inslructo, rimis deslituto, luleo; corpore lereli, supra et infra rnaculato , non proteo; proboscide siyliferâ. Cette espèce, plus petite que l'autre, a tout le corps tacheté de brun et de jaunâtre ; la tête présente partout cette dernière teinte. La tête (3) ressemble à celle de l'espèce précédente. ■ Le corps est également cylindrique et de forme peu variable. Le cerveau est entièrement pareil. La trompe présente également un stylet et deux poches sty- ligènes. On voit qu'il y a entre ces deux espèces de très grandes res- semblances. Aussi les aurais-je réunies sans hésiter si je n'avais trouvé constamment la première libre, vivant à la manière des Siponcles, et si l'autre ne m'avait montré la plus grande tendance à se loger dans un tube. A peine était-elle depuis quelques heures dans mes vases, qu'elle était entourée d'une trame très fine, transparente, formée par la mucosité suintant du corps, et pré- sentant la forme d'un fourreau allongé dans lequel l'animal se mouvait avec assez d'agilité. Cette particularité de mœurs, qui se présente si rarement dans la famille des Némertiens , m'a paru assez caractéristique pour motiver la séparation que je propose. J'ai trouvé l'OErstédie tubicole dans les mêmes localités que l'espèce précédente. (1) flef;i.anat.f(p/iys.,P1.17,fig. 17. (3) W., PI. 17, fig. 19. (2)/(i.,Pl. 17, fig. 18. 22/| »E QIATBEFAOES. — SIR LES INÉMEUTES. § III. Histoire naturelle. Les naturalistes qui se sont occupés de l'histoire des Néniertes nous ont transmis fort peu d'observations sur leurs mœurs , sur leur manière de vivre. On comprend qu'il devait en être ainsi pour des animaux à mouvements assez lents et qu'on n'a guère exa- minés qu'en passant , pour ainsi dire. Aussi , quelque bornés que soient les renseignements qui vont suivre, j'ai pensé que, portant sur un sujet encore si peu connu , ils pourraient présenter quel- que intérêt. Presque tous les Némertiens , comme on a pu le voir par ce qui précède, vivent ou sous les pierres ou dans les fentes de rochers. Les Valencinies seules, jusqu'à présent, paraissent habiter les sables très vaseux recouverts par des prairies de Zostères. Les OErstédies présentent une particularité de mœurs assez analogue, au moins à en juger par ce que j'ai pu voir des deux seules espèces connues. Les grandes espèces de Borlasies paraissent se trouver exclu- sivement sous les pierres et hanter les zones du rivage qui décou- vrent rarement. Du moins ce n'est guère que lors des grandes marées que j'ai trouvé en grand nombre la B. d'Angleterre et la B. camillée. Ce fait est assez d'accord avec ce que la plupart des autours nousdisent des autres espèces qu'ils ont pu se j)rocurer, et qui ont été le plus souvent rapportées par la drague de profon- deurs ]jlas ou moins considérables. Malgré cette habitude, qui sem- ble indiquer des animaux aimant une eau pure ou souvent renou- velée , on peut très bien conserver ces Borlasies dans des vases , et j'en ai vu vivre assez longtemps dans une eau corrompue et devenue laiteuse , où périrent rapidement des Ophyures et des Os- cabrions que j'avais donnes pour compagnons îi mes Némertiens. Tous les Némertiens que j'ai pu observer avec quelque suite sur les bords de la Manche me paraissent être essentiellement nocturnes. A Saint- Vaast , où j'ai conservé dans mes vases pen- dant longtemps plusieurs individus vivants et appartenant à diverses espèces , je les voyais, en général, demeurer fort tran- f[uilles durant toute la journée. La Polie mandillc et une autre I DE Ql'ATREFACiF.S. — SI'B [RS MÎMF.RTRP. 225 espèce voisine faisaient seules exception. Mais la nuit venue toutes se mettaient en mouvement, rampaient en fous sens sur les parois de mes vases et gagnaient la surface du liquide , ma- nœuvre que je ne leur ai jamais vu faire de jour. Au reste , j'ai pu reconnaître qu'une vive lumière leur faisait évidemment éprou- ver une sensation désagréable ; non seulement les individus bien portants, mais même des fragments isolés cherchaient à se sous- traire aux rayons de ma lampe concentrés par une lentille. La plupart des Némertiens , et surtout la Borlasie camiilée , semblent se réunir volontiers en nombre quelquefois assez consi- dérable. J'ai trouvé jusqu'à quinze individus de cette espèce roulés et pelotonnés ensemble sous une seule pierre. Une fois, j'ai ren- contré une Borlasie d'Angleterre mêlée ainsi à des Borlasies camillées. D'ailleurs , les diverses espèces que je plaçais dans un même vase paraissaient vivre en très bonne intelligence , se grou- paient et se pelotonnaient ensemble pendant tout le jour, et lors- qu'elles se rencontraient dans leurs courses nocturnes, je n'ai jamais rien observé qui put être pris de leur part pour un acte d'hostilité envers leurs congénères. Ainsi que je l'ai dit plus haut, certains Némertiens peuvent vivre longteinps dans des vases d'eau de mer. J'ai ainsi conservé pendant plus d'un an, à Paris, des Polies mandilles apportées de Saint-Vaast. Je les avais placées dans un flacon avec quelques feuilles d'Ulva lactuca , et ma petite mare artificielle s'étant établie sans encombre , ces animaux parurent y trouver tout ce qui était nécessaire à leur entretien. Je les ai vus maintes fois ramper le long des parois et darder avec assez de vivacité leur trompe armée d'un stylet aigu. Cette manœuvre avait très pro- bablement pour but d'atteindre les infusoires qui s'étaient déve- loppés en grand nombre dans mes vases et qui servent de nour- riture aux Polies. Du reste, elles s'attaquent aussi à des animaux plus forts et mieux armés. J'ai vu une fois une très petite Polie atteindre de sa trompe un Cyclope qui demeura immédiate- ment immobile et me parut être sucé sur place. Du moins la trompe de la Polie, après l'avoir enlacé, resta fixée sur son corps pendant plus d'un quart d'heure, r.etfe, ohscrvalion a de l'intérêt y siVii-. Zooi.. T. Vf. (Oclnhrc I S 10.) -, 1 o 226 DE QtATIlEFAGES. — SLR LES iMÎJIERTliS. en ce qu'elle nous explique pourquoi Ton ne trouve jamais de résidu ni de détritus dans le tube digestif des Némertiens. Je n'ai pu vérifier par des observations directes si les Borla- sies, comme l'ont assuré plusieurs naturalistes, sucent bien réelle- ment les Anomies, mais le fait me paraît très possible. Exigeant sans doute une nourriture plus abondante à raison de leur taille considérable , les espèces de ce genre paraissent plus difficiles à conserver à l'état de captivité. Cependant, j'ai eu pendant plus de six mois une B. camilléc longue d'environ dix- huit pouces et vivant dans une mare artificielle semblable à celle dont je viens de par- ler. Pendant les premiers jours elle se montrait assez agile, mais bientôt elle devint paresseuse et ne fit plus que de rares excursions sur les parois de sa prison de verre. Au bout de deux mois elle restait presque constamment pelotonnée au milieu des feuilles d'Ulva lactuca qui entretenaient la pureté de l'eau où elle était plongée. Plus tard elle parut ne plus quitter cette position , et lorsque j'essayais en l'irritant de lui faire abandonner son gîte, elle se contentait de se replier sur elle-même et de cacher au milieu des autres replis le point du corps que je touchais. Elle passa ainsi tout l'hiver de 18i3 et une partie de l'été. Enfin elle finit par mou- rir et par tomber en putrilage. Dans les derniers temps de sa vie, ses dimensions avaient très sensiblement diminué. Je présume qu'elle mourut de faim. Du reste, il est assez diflicile, en pareille circonstance, de re- connaître l'instant précis qui sépare la mort de la vie , ou du moins il faut admettre que ces mots, appliqués aux Vers dont nous jiarlons ainsi qu'à plusieurs autres animaux marins, sont loin d'avoir la valeur que nous leur attribuons en parlant d'animaux plus élevés, des Mammifères par exemple. Chez les Némertiens, la contractilité organique persiste dans les circonstances les plus fai- tes en apparence pour l'anéantir , et il est même quelquefois diffi- cile de reconnaître si cette contractilité est ou non dirigée par une sorte de volonté. Voici à ce sujet une observation des plus frap- pantes recueillie à Chausey. Je ne trouve pas dans mes notes le nom de l'espèce qui m'a présenté ces faits, mais il est probable, d'après la longuciu- de l'individu , qu'il s'agit de la Borlasic d'An- DE Ql'ATREF^lCiES. - SI T. I.IÎS NÉMKnTIiS. !227 gleterre qu'on rencontre assez fréquemment sur les bords de ce petit archipel. Un individu de plusieurs pouces de long avait été oublié dans un bocal. Quand je m'en aperçus, la tête était entièrement putréfiée. Le corps, étranglé par place, ne formait en apparence qu'un seul mor- ceau ; mais en le plaçant dans un vase à observations et y versant de l'eau, il se rompit en six fragments irrégulièrement étranglés et comme segmentés. 11 est évident qu'une véritable gangrène s'était déclarée sur plusieurspoints, et pourtant chacun des fragments iso- lés ainsi, plongé dans de l'eau de mer pure, se remit en mouve- ment. Bien plus, ils fuyaient évidemment la lumière, et les cou- rants déterminés par l'action des cils vibratiles changeaient de direction selon la marche de l'animal. Cette dernière circonstance me paraît digne d'attention. Elle établit une différence réelle entre le fait dont je parle ici et ce qu'on observe, par exemple, sur un fragment de branchie de Mollusque. Ici les cils agissent toujours dans le même sens. Y avait-il donc encore chez mes morceaux de Borlasie quelque chose de semblable à la vie dans l'acception ordi- nairement donnée à ce mot? Au reste cette persistance de la vie est également remarquable dans les petites espèces. En plaçant des Polies sous le compresseur pour étudier certaines particularités anatomiques ou histologiqucs, il m'est arrivé bien des fois de les comprimer assez fortement. Alors les tissus semblaient entrer en diffluence. Les couches téga- mentaires se décomposaient. Une mucosité abondante mêlée de granulations irrégulières suintait de tout l'animal. Quand je relâ- chais la vis de mon instrument , je trouvais un corps flasque et sans mouvements , présentant toutes les apparences d'un cadavre. Eh bien , placé dans de l'eau fraîche, cet animal se gonflait peu à peu , reprenait ses dimensions premières, et souvent, au bout de quelques heures, pouvait se prêter à de nouvelles observations. Les faits que je viens de citer doivent faire présumer que, comme les Planaires, les Némertiens peuvent reproduire les parties per- dues par accident ou autrement et se nuiltijjlier par scission ar- tificielle. J'ai tenté plusieurs expériences dans ce sens, mais elles ne m'ont pas donné de résultats bien concluants, ce qui iicnl peut- 928 »E QrATBEFAftES. — SUR LES NKMF.R TER. être à ce qu'elles n'ont pas été poursuivies avec assez de persis- tance faute de temps. Par suite de la facilite avec laquelle l'eau de la mer se corrompt, les animaux marins sont bien plus difficiles que les espèces d'eau douce à placer dans des circonstances fa- vorables à la réussite d'essais de ce genre. Cependant j'ai vu une Polie mandiUe, dont le corps avait été fendu obliquement près de la tête, se porter très bien pendant plusieursjours. La cicatrisation paraissait presque complète et le lambeau sans tête détaché sur le côté m'aurait ))eut-être donné une Polie bicéphale si l'eau n'était venue à se gâter, ce qui entraîna la mort de l'individu en expé- rience. En coupant d'autres Polies vers le milieu du corps , je vis les parties antérieures continuer à vivre comme si elles n'eus- sent éprouvé aucun accident ; les parties postérieures donnè- rent pendant plusieurs jours des signes d'irritabilité et même de spontanéité. Mais, d'après ce que nous avons vu plus haut, ces faits n'ont rien que de très naturel. Une Borlasic , sur laquelle je pratiquai une opération semblable , parut à peine s'en aper- cevoir. La partie du corps la plus voisine de la section se contracta brus(|uemcnt sur un espace de quelques lignes, mais la tète et la portion la plus antérieure de l'animal qui était alors en marche ne parurent rien sentir et continuèrent leur mouvement avec la même régularité qu'auparavant. L'eau douce exerce sur les Borlasies une action délétère très énergique. Placées dans ce liciuide, on les voit sécréter une énorme quantité de mucus, s'agiter avec une apparence d'inquiétude, se contracter, et au bout de deux à trois minutes rester entièrement immobiles. La contractilité organique persiste pendant quelque temps encore, mais l'animal ne manifeste plus l'intention de fuir. Si on replace alors l'animal dans de l'eau de mer, il revient lente- ment à lui. Un individu bien portant que je laissai exposé à l'action de l'eau douce pendant 1/2 heure ne commença à redonner signe de vie qu'après deux heures d'immersion dans l'eau de mer. Cette expérience avait été faite dans l'après-midi. Le lendemain matin cet individu s'était pelé sur plusieurs poiutsdu corps; il avait perdu la couche colorée de ses téguments. Kn outre, il présentait de nonil)reux étranglements. présn,G;e d'une division in-nrliaiiie. On DE QlATBErAttES. — SI II LKS Millli IllKS. 229 voit que l'eau douce semble asir sur les Borlasies comme une sorte de poison, et non pas seulement à la manière d'un liquide qui, faute de quelque principe, déterminerait une espèce d'asphyxie. Dans ce qui précède, j'ai parlé à diverses reprises d'étrangle- ments plus ou moins prononcés, qui se montrent d'une manière irrégulière sur le corps de JNémertes prêtes à périr. C'est un fait qui ne s'observe pas seulement chez les Némertiens, mais qu'on retrouve chez presque toutes les Annélides et que j'ai décrit avec détail chez la Synapte de Uuvernoy. Toutefois il a peut-être ici une importance plus marquée , en ce que ces étranglements peuvent servir à reconnaître la nature de certains fossiles assez communs à Solenlioffen, et que j'ai cru pouvoir rapporter à des Némertiens et surtout à des Borlasies (1). On peut retrouver ces étrangle- ments sur les grands individus qui ont été mis dans l'alcool après avoir été conservés pendant quelque temps dans les vases où ils ont perdu une partie de leur vitalité. Chez les Borlasies, ces étranglements m'ont paru résulter de la rupture des fibres muscu- laires longitudinales, rupture qui permet aux fibres transversales d'agir avec plus d'énergie. Du moins les choses se passent bien évidemment ainsi chez les grandes Annélides , qui m'ont souvent présenté des faits entièrement semblables. DEUXIÈME PARTIE. A-NATOMIE. § I. Tcyniiieii/s. jNous distinguerons, dans les téguments des iSémertiens, l'é- piderme cilié, le derme et la couche fibreuse. l" Epidémie cilié. Le corps tout entier des Némertiens est cou- vert d'une couche homogène transparente , assez semblable à un vernis à demi fluide (2). C'est de cette couche que partent les cils vibratiles qu'Œrstcd a très bien vus et dont il a indiqué l'exis- tence comme un des caractères de son sous-ordre des Cestoïdiens (1) Société [ihilomatique, séance du H avril 184G {L'Institut, n" 644). (3) PI. 12, (if. 1 ri 2, a; PI. I3,fig. 1 eti, a. 230 Bli QIJATREFAGE»». — SUR LES MÎMIillTHS. ( Cestuidea OErst. ) (1). Malgré les doutes exprimés à cet égard par un des naturalistes dont les observations sur les animaux in- férieurs ont le plus d'autorité (2), ce fait est très facile à vérifier sur les petites espèces qui se prêtent facilement à l'observation micro- scopique. Ces cils sont très fins , très petits et très serres ; ils pré- sentent seulement des dimensions un peu plus considérables à la partie antérieure du corps , tout autour de la bouche. Encore ce caractère n'est-il pas général. Presque toujours ils sont encore plus forts et plus longs sur les fossettes céphaliques (3), et quelquefois même, lorsqu'on ne trouve ni fentes ni fossettes sur les côtés de la tête , on voit sur la place ordinairement occupée par ces organes un bouquet de cils vibratiles plus longs que ceux du reste du corps. La couche dont je viens de parler n'a guère plus de 1/300 de millimètre sur lesplus grandes Borlasies. Elle est plus mince encore dans les petites espèces des Polies. Les cils qui la couvrent sem- blent être en continuité avec elle. Je n'ai jamais pu la détacher isolément; toujours j'entraînais avec elle des lambeaux apparte- nant aux couches sous-jacentes. 2° Derme. Sous la couche qui porte les cils vibratiles on trouve deux couches distinctes. La première (4) paraît formée par une substance presque en- tièrement homogène , transparente , assez semblable d'aspect à la couche précédente , mais présentant dans sa masse de nom- breuses cellules ou peut-être de simples vacuoles ovoïdes ou ar- rondies, dont le contenu réfracterait la lumière avec moins d'in- tensité que la substance au milieu de laquelle elles seraient creu- sées. Cette couche a environ 1/25 de millimètre d'épaisseur. La dimension des cellules ou vacuoles varie de 1/60 à 1/250 de mil- limètre. Ces cavités sont en général plus grandes et plus abon- dantes à mesure qu'on les observe plus près de la surface externe des téguments. Au dessous se trouve une seconde couche qui me paraît être manifestement cellulaire. J'ai représenté ici le double aspect (l)airslcd, ;u<-. c-,7.. p. 7r.. (:!)PI. 14, flg. 1 et7. (2) Siebold, (uc. ni., p. I 88. (4) Pi. 13. fig. I , (., et fig. ,3. DE QUATItEFAGES. — SLU I.KS T\lhli:i'.Ti:S. 231 qu'elle présente selon qu'on l'examine par côté (1) ou perpendi- culairement aux couches tégumentaires(2). Dans le premier cas, on voit de grandes cavités assez irrégulièrement ovoïdes ou allon- gées , séparées par de minces cloisons ; dans le second cas , ces cavités présentent assez bien l'aspect d'une sorte de réseau à m ai 11 es elliptiques. J'ai cru plusieurs fois distinguer les parois propres de ces cellules accolées pour former les cloisons qui séparent les cavités. Ces cellules, placées sur deux rangs superposés , ont en- viron 1/70 de millimètre de hauteur ; leur largeur est très variable. i" Couche fibreuse. Entre les couches tégumentaires que je viens de décrire et les muscles sous-jacents se trouve une couche fibreuse dont les fibres m'ont paru affecter, en général , une direction trans- verse (3). Cette couche envoie des prolongements à travers les précédentes jusque tout près de la surface du corps , et cette par- ticularité, qui m'avait échappé sur les animaux vivants, se voit assez facilement sur les échantillons conservés dans l'alcool (4). Les détails que je viens de donner ont été recueillis sur la Bor- lasie d'Angleterre. A raison même de la taille de cette espèce et de l'épaisseur de son corps , j'ai dû employer pour mes observa- tions des fragments que j'enlevais et plaçais immédiatement sous le microscope. Quelque rapide que fût cette manœuvre , elle pourrait être soupçonnée d'être pour quelque chose dans les résultats obtenus ; car , chez ces animaux inférieurs , les tissus s'altèrent avec une rapidité incroyable. Mais dans des espèces appartenant soit à ce même genre, soit aux genres voisins , j'ai retrouvé des faits à peu près semblables. Quoique les diverses couches que j'ai décrites soient moins distinctes dans la Némerte balmée , on les y retrouve avec des caractères presque sembla- bles (5). Dans la Polie fil , on les reconnaît encore ; mais ici elles sont bien plus confuses , et si l'observation avait d'abord porté sur cette espèce ou toute autre analogue, on aurait eu peut-être de la peine à les distinguer. En effet , nous retrouvons la première couche garnie de cils (1)PI. 13, fi-, \,c\i-. (4) PI. S, fig. 4 et 5. (2) PI. 13, fig. 3. (.S) PI. M. fig. 2. (3) PI. 13, fig. 1 et fig, 4, d. 232 »K «flATKKlMGKS. — SLIl LhS AÉJlEUlliS. vibratiles semblables en tout à celle de la Borlasie, si ce n'est qu'ici son épaisseur est à peine de 1/600 à 1/700 de millimètre (1) ; mais la seconde couche ne présente plus que des granulations à peine marquées (2). Les grandes cellules de la troisième et qua- trième couche ne paraissent plus également que des granulations de 1/200 à 1/300 de millimètre de diamètre assez irrégulières, plus faciles à distinguer que les granules qui forment la couche précé- dentes , mais ne montrant plus ni cavités ni parois distinctes (3). Enfin, la couche fibreuse se confond avec les couches musculaires sous-jacentes , dont nous parlerons plus loin [li). ODSIÎRVATIONS. Parmi les naturalistes qui se sont occupés des Némcrtiens dans ces dernières années , Rathke et OErsted sont , je crois , les seuls qui aient cherché à reconnaître les diverses couches dont se composaient les téguments de ces animaux. Tous deux ont admis l'existence de téguments distincts; Rathke a même distingué deux couches , l'une muqueuse, l'autre dermique , et OErsted n'a rien ajouté à ces résultats. Si nous comparons la composition des téguments des Némer- iions avec ce qui existe chez les Planaires , nous trouvons de grandes ressemblances. 11 paraîtrait seulement ([ue, chez ces der- nières , la couche que j'ai indiquée comme la première de celles qui composent le derme des Borlasies manque entièrement. Rien non plus , du moins chez les espèces que j'ai examinées , ne rappelle la couche fibreuse ; mais peut-être en trouverait-on des traces dans les grandes espèces exotiques (5). Au reste, l'absence, chez les Planaires, de la première couche dermique, pourrait peut-être engager à regarder celle-ci comme appartenant réelle- ment à l'épiderme , qui alors présenterait chez les Némerliens une épaisseur assez considérable. Mais il est une autre circonstance qui établit une grande ressem- blance entre les téguments des Némcrtiens et ceux des Planaires, (I) PI. 13, fig. 4, a. (3) PI. 1.3, (Ig. i. c. [i) PI. 13, fig. .i, b. (4) PI. 13, fig. 4, d. (.5) Mémoire sur quelques Pluiuiriècs marias [Annules des Sciewes naturelles, septembre (845). UE «{UJITKKI-AUEH. -- SLK l.liS .MiAllillTliS. '233 c'est la facilité avec laquelle ces couches se décomposent. Sans doute , chez les grandes espèces , elles résistent bien davantage; mais chez la plupart des Polies, qu'on peut si facilement étudier sous le microscope , on voit une compression même modérée , et suflisante seulement pour maintenir l'animal à peu près immobile, amener bientôt une désagrégation des couches extérieures. De tout le corps exsude une matière d'abord transparente et homo- gène, bientôt mêlée de granulations, et qui n'est évidemment autre chose que la substance même des téguments qui entre en diflluencc. Cependant ici la destruction marche avec moins de rapidité que chez les Planaires , et surtout que chez les espèces marines , dont quelques unes présentent , à cause de leur extrême facilité à difllucr, de véritables difficultés à l'observateur. Je crois devoir répéter ici une observation que j'ai déjà faite ailleurs , mais qui paraît n'avoir pas été suffisamment saisie par quelques naturalistes. En employant les mots épidémie et derme, je n'entends nullement leur donner la signification histologique qu'on leur accorde lorsqu'on parle des animaux supérieurs , des Mammifères par exemple. La couche extérieure qui enveloppe le corps entier d'un animal inférieur occupe la place de l'épiderme de l'homme ; cette circonstance suffit, ce me semble, pour que nous la désignions par un mot déjà connu, et dont l'acception se trouve précisée par les détails mêmes dans lesquels on entre sur sa nature et sa structure. Je crois parfaitement inutile de créer des mots nouveaux pour chaque modification plus ou moins considérable de telle ou telle partie dont la position anatomique est d'ailleurs bien déterminée. Si une fois on entrait dans cette voie , il serait à craindre qu'on ne tombât dans le même excès que les botanistes, et qu'en assez peu de temps la langue de la science fût plus diffi- cile à apprendre et à retenir que la science elle-même. Une autre différence existant entre les deux familles que je com- pare en ce moment consiste en ce que les téguments des Némer- tieiis ne m'ont jamais ])résenté ces espèces de piquants rigides, très différents des cils vibratiles, que j'ai vus chez plusieurs Plana- riées (1). Je n'ai pas non plus rencontré chez les premiers la (I) Lm. cil. l'I. 1, fig. Il et 17. 334 »E yiATBEFAtiES. — SUIl LliS MîlIlîliïliS. moindre trace des organes urticants que j'ai vus chez quelques Planaires (1) , et qu'on retrouvera sans doute dorénavant chez plusieurs espèces où ils n'ont pas encore été signalés. § II. Couches musculaires sous-ctitnnées. — Locumotion. Les couches musculaires sous -cutanées sont au nombre de deux, une externe, l'autre interne. i° Couche musculaire externe, à fibres longitwiitiales. Immé- diatement sous la peau, on trouve chez les Némertiens une couche musculaire à fibres longitudinales, très facile à distinguer chez les plus grandes comme chez les plus petites espèces , mais d'un aspect assez dilTérent dans ces deux cas. Dans la Borlasie , et à un grossissement de 200 diamètres (2) , elle paraît se composer de fibres bien distinctes placées les unes à côté des autres , à peu près comme dans les muscles des animaux supérieurs. A un gros- sissement de COO diamètres (3) , ces fibres présentent des traces obscures de divisions longitudinales ; mais ces apparences pour- raient fort bien n'être dues qu'à des accidents de compression ou de déformation , résultant des manœuvres nécessaires pour déta- cher et placer sous le microscope le lambeau que l'on examine. Le diamètre de ces fibres longitudinales est d'environ 1/100 ou 1/90 de millimètre. Bien que ces fibres examinées chez la Borlasie paraissent distinctes les unes des autres , je n'ai pu les isoler en leur conser- vant la forme à peu près cylindrique qu'elles présentent dans l'état normal. Toujours, en pareil cas , elles se sont comme étranglées en divers points , ont formé des espèces de chapelets irréguliers , tandis que les petits fragments isolés tendaient toujours à prendre une forme plus ou moins ovoïde (4). Nous trouvons donc ici un état particulier de l'élément musculaire, que je n'ai pas encore eu occasion de signaler chez les autres animaux inférieurs , Mol- lusques , Annelés ou Zoophytes, sur lesquels j'ai fait des obser- vations de même nature (5). (I) Luc. cit. PI. 8, fig. 9 et 10. (3) PI. 13, fig. 6. (•2) PI. 13, (ig. 5. (i) PI. 13, fig. 7. (3) Voir les Mémoires sur la Sjnapto, les Edwardsieg , la Synliydrc, lEIeu- iherie., etc. DE Ql!.«TUEF,tUES. — SDH I.KS MiAllUniiS. 235 La couche musculaire que je viens de décrire se retrouve avec des caractères à peu près pareils dans la Némerte balmée (1) ; seulement les fibres déjà moins distinctes ne m'ont pas montré les mêmes apparences de stries longitudinales. Dans les Polies , elles sont encore plus confuses , et le plan musculaire qui résulte de leur réunion présente un aspect entièrement semblable à celui de la couche musculaire à fibres transverses (2). 2° Couche musculaire interne , à fibres transverses. Celle-ci paraît être à très peu près de même nature dans les plus grands comme dans les plus petits individus que j'ai observés ; elle présente cette modification de l'élément musculaire que j'ai appelée ailleurs Muscles en stries (3). Elle forme un plan transparent homogène où les fibres ne deviennent sensibles que par des jeux de lumière , et dont le dessin ci-joint donne une idée assez exacte. Les stries sont seulement plus vives, plus accusées dans la Borlasie (h) que dans la Polie fil , par exemple (5). OBSERVATIONS. Entre les deux plans musculaires que je viens de décrire se Irouve une couche assez facile à distinguer sur les grands indi- vidus conservés dans l'alcool , et qui semble jouer le rôle d'une aponévrose. Elle envoie en outre des prolongements à travers les fibres du plan musculaire externe jusque près des téguments (6). L'existence distincte des couches musculaires que je viens de décrire est très facile à reconnaître non seulement sur les espèces qui se prêtent à l'observation microscopique , mais encore sur les grandes Borlasies. On peut ici les isoler facilement, soit sur le trais (7) , soit sur les individus conservés dans l'alcool ; aussi MM. Rathke et Œrsted ont-ils déjà signalé ce fait , mais sans entrer dans d'autres détails. M. Délie Chiaje, qui a fait une obser- vation analogue, a cru que la couche externe avait des fibres transversales, et l'interne des fibres longitudinales. 11 est probable (5) PI. 13. fig. 4. (6) PI. 8, fig. 4 et 5, c. (7) PL U, fig. S, 0) PI. 12, fis- 2 (2) PI. 13, fif,'- 2. (3) Loc .cil (*) PI. 13, lig- 1 que ce naturaliste aura pris pour couclie musculaire externe la couche fibreuse , dont nous avons parlé plus haut. L'ensemble de ces couches présente une épaisseur assez con- sidérable. Dans une Borlasie d'environ 30 ou 35 pieds de long, et conservée depuis quatre ans dans la liqueur, je trouve que les parois du corps ont environ 1,5 millimètre d'épaisseur. Les couches mus- culaires figurent dans ce total pour plus de 1 millimi'itre ; le reste appartient aux téguments. Mais il faut remarquer que cette épais- seur s'est accrue considérableaient par suite de la contraction de l'animal. Quant à l'épaisseur réelle sur le vivant , il est à peu près impossible de la mesurer directement, parce que toujours le point du corps où l'on fait une section se contracte sur-le-champ. Ce ne serait donc que par des calculs , en tenant compte du rac- courcissement et du changement de forme des parties , qu'on pourrait déterminer approximativement l'épaisseur, soit des tégu- ments, soit des couches musculaires sous-cutanées. Observons d'ailleurs que , dans tous les cas , la couche à fibres transverses est beaucoup moins épaisse et moins forte que la couche à fibres longitudinales. Sans avoir pu précisément m'en assurer par l'observation directe, il ne me paraît guère probable que les fibres longitudinales forment des faisceaux étendus d'un bout à l'autre de l'animal. 11 m'a paru plutôt, surtout en examinant des animaux conservés dans l'alcool, que ces faisceaux s'attachent, soit directement, soit par l'intermé- diaire d'une sorte de tissu cellulaire très serré, à la couche fi- breuse des téguments, qui jouerait ainsi le rôle d'une sorte d'apo- névrose et appartiendrait plutôt à l'appareil musculaire qu'à la peau, l'n des faits qui me paraissent venir le plus à l'appui de cette manière de voir , c'est la possibilité qu'ont tous les Némer- ticiis de contracter isolément telle partie de leur corps qu'il leur convienf. Lorsqu'une Borlasie se divise spontanément , c'est toujours la couche à fibres longitudinales qui se rompt la première. Il arrive assez souvent alors que les téguments et la couche à fibres trans- verses persistent, et de là résultent ces étranglements très pronon- cés, dont j'ai parlé déjà à diverses reprises. J^orsque la division DE QL'ATREF.tGES. — SIT, LES MJMEr.TF.S. 237 est complète , les couches musculaires contractées agissent toutes deux pour ramener les téguments sur la plaio et pour diminuer le diamètre de celle-ci ; mais il reste au centre une petite ouver- ture , et de là ces apparences de ventouses ou d'ouvertures posté- rieures qui ont trompé tant d'observateurs. Les couches musculaires sont quelquefois assez dilTiciles à re- connaître et à distinguer dans les petites espèces, et l'on pourrait croire alors que l'élément musculaire forme chez elles un tout homogène. Il n'en est pourtant rien. Le meilleur moyen de s'en assurer consiste à ajouter d'abord quelques gouttes d'ammoniaque au liquide qui baigne l'animal. On voit aussitôt ses téguments entrer en diffluence et se dissoudre, tandis que les muscles résis- tent beaucoup mieux. Lorsqu'on juge que l'action de l'ammoniaque s'est exercée suffisamment, on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique , et les fibres se distinguent alors très nettement. Les couchesmusculairesque nous venons de décrire servent aux mouvements généraux de l'animal , et par conséquent à la loco- motion. Celle-ci s'exécute de trois manières différentes. Quelques espèces , probablement destinées à vivre en pleine eau (l'olia bembix) , se meuvent à la manière des Sangsues, en prenant un point d'appui sur le liquide par de grandes ondula- tions et des mouvements d'inclinaison tantôt à droite , tantôt à gauche ; mais la ])lupart des Némertiens jetés dans un vase vont au fond sans exécuter d'autres mouvements que quelques in- flexions assez lentes. Toutes les espèces rampent sur les plans solides à l'aide de contractions qui quelquefois changent complètement leur forme générale , ainsi que nous en avons figuré plusieurs exemples frap- pants (1). C'est même un spectacle très singulier que de voir la substance du corps s'accumuler ainsi sur un point , puis s'écouler pour ainsi dire par l'étranglement quelquefois filiforme qui sé- pare deux de ces dilatations. Cette sorte d'écoulement n'est d'ail- leurs qu'une apparence produite jiar de? contractions transverses qui se succèdent très rapidement dans le même sens, et dont la (1) nnh aiinl.cl iiluls.V] 13 fi? t, î, 3, V,. 1. II. 12, 238 DE QLATREFACES — SliU LES NIÎMERTES. disposition de l'appareil musculaire rend très facilement compte. Nous avons dit plus haut que ce phénomène ne se montrait de la manière la plus complète que chez les Polies. Les renflements plissés présentés par quelques grandes espèces tiennent évi- demment à la même cause , mais sont toujours moins forts pro- portionnellement que ceux dont nous venons de parier. Quant au sillon dorsal qui se montre en pareil cas chez quelques unes et surtout chez la Borlasie d'Angleterre, il nous paraît être dû à la résistance opposée à la dilatation trop étendue de certains points du corps par les brides intérieures et surtout par les attaches des organes génitaux , qui , étant probablement de nature ligamen- teuse, ne peuvent se prêter à des mouvements d'extension et de raccourcissement aussi étendus que les fibres musculaires. Les Némertiens présentent un troisième mode de locomotion très remarquable , surtout chez les grandes espèces des genres Yalencinie, Borlasie et Némerte. Du milieu du peloton inextricable que forme le corps , on voit souvent l'extrémité antérieure sortir, et se porter en avant par un mouvement lent , mais régulier et continu, sans que l'œil puisse saisir la plus légère trace de contractions dans la portion qui chemine ainsi , et qui est alors dans un état d'extension complète (1). Le peloton se dévide ainsi peu à peu, et l'animal se développe tantôt en se collant aux parois du vase , tantôt en se déployant à la surface du liquide , où il semble ramper contre la couche d'air à la manière des Planaires et de presque tous les Mollusques aquatiques. Dans le cas dont nous parlons, des contractions, des ondulations très courtes, peuvent expliquer le mouvement , tant que la Némerte trouve un point d'appui solide ; mais, dès l'instant qu'elle est en entier plon- gée dans le liquide , cette explication devient évidemment insuf- fisante; et il faut, je crois, admettre , comme je l'ai déjà dit ail- leurs, que les cils vibratiles jouent ici le rôle essentiel dans l'acte de la locomotion. Les Némertiens exécutent les divers mouvements dont je viens de parler avec la même aisance apparente sur les deux faces du (1) liech. aiial.etph:ii:.,V\. U. DE Ql'ATREFACKS. — SLP, I.KS Nlhllim l!S. 239 corps; cependant il existe bien réellement pour eux une face ven- trale , sur laquelle ils se tiennent habituellement, et qui est recon- naissable chez plusieurs d'entre eux , soit à des différences de teintes, soit à l'existence d'un orifice génital. Baër et Dugès ont comparé la face inférieure du corps des Planaires au pied des Mollusques gastéropodes. Nous avons com- battu ce rapprochement dans le Mémoire relatif à l'organisation des Planariées marines , en faisant observer que personne encore n'a pu reconnaître de plans musculaires distincts sur cette por- tion du corps des Planariées. 11 n'en est pas de même des Né- mertes , et , au point de vue où se sont placés les deux anato- mistes que je viens de citer , on pourrait assimiler les deux faces du corps des Némertes au pied des Gastéropodes. Dans les deux cas , on trouve deux couches musculaires distinctes , et toujours la couche à fibres longitudinales est beaucoup plus puissante que celle dont les fibres sont transversales. Mais je crois plus vrai de voir dans la disposition de l'appareil musculaire qu'on rencontre chez les Némertiens l'analogue réduit de ce qui existe chez les Annélides, où se trouvent également deux couches musculaires présentant des différences de puissance entièrement semblables. § III. Cavité générale du corps. Considérées dans leur ensemble , les couches que nous venons de décrire donnent au corps des Némertiens sa forme générale et enclosent une cavité dans laquelle sont logés les viscères. Cette cavité est elle-même partagée en plusieurs parties distinctes, et de plus elle est tapissée par une couche organique spéciale qui envoie dans l'intérieur des prolongements et des brides plus ou moins compliquées. Enfin elle renferme un liquide qui présente parfois des caractères remarquables. 1° Divisions île la cavité générale. La portion de la cavité géné- rale correspondant à la tête est séparée du reste du corps par une sorte de diaphragme transversal à fibres perpendiculaires, im- plantées dans les couches sous-cutanées (1). L'existence de cette (1)P1. s, fig. 1, g; PI, 9. :24() »E QrATnEFAGES. — SCP, LES MÎMERTES. cloison est assez difficile à reconnaître sur les individus qu'on observe par transparence , mais la dissection des grandes espè- ces faite sur des individus frais ne laisse aucun doute à cet égard. Cette cloison est percée de plusieurs ouvertures qui laissent le passage libre aux troncs nerveux et vasculaires aussi bien qu'au tube digestif; il est placé immédiatement en avant de l'ouverture génitale (bouche des auteurs). La cavité céphalique ainsi dé- terminée m'a paru ne former qu'une seule chambre, si je puis m'exprimer ainsi , chambre qui renferme le cerveau , les nerfs céphaliques, les grandes anses vasculaires dont nous parlerons plus tard , et la portion antérieure du tube alimentaire. Déplus, elle est traversée en divers sens par des brides et des muscles. Le reste de la cavité générale occupe tout le corps proprement dit ; mais les cloisons verticales auxquelles sont suspendus les or- ganes générateurs le partagent en trois chambres distinctes, l'une médiane , qui renferme le tube digestif dans une portion de son étendue (1) ; les deux autres latérales, dans lesquelles flottent les ovaires ou les testicules (2) , et qui h. l'époque de la reproduction se remplissent d'œufs ou de zoospermes. 2" Couche qui tapisse la cavité générale du corps. Lorsqu'on fait une section transversale d'un Némertien , on reconnaît qu'indé- pendamment des couches musculaires sous-cutanées il existe à l'intérieur une couche assez épaisse et qu'on retrouve dans toute l'étendue du corps (3). Sur les grandes espèces , il m'aparu qu'elle consistait en fibres disposées transversalement ; mais ce qu'il y a de positif, c'est qu'elle envoie dans l'intérieur des prolongements en forme tantôt de lames, tantôt de simples colonnes charnues, qui vont s'attacher soit aux cloisons des organes génitaux, soit à ces organes eux-mêmes. Sur les petites espèces qu'on observe par transparence , on reconnaît également la couche dont nous par- lons; mais on ne peut y distinguer aucune trace de fibres. Elle paraît composée d'une matière homogène, finement globulineuse, (1) PI. s, fig, I, r.f, etfig. 4 et 3, /);P1. 9, Hg. I. (2) PI. 8, fig. 1, ;.,;i, etfig. 4 et 0; PI. 9, Og. \;V\. 12, fig, 2; PI. 2, fig. 1 et 2. (3) PI. 8, fig, iet;;, e. DE QIL(TREFAGF,M. - SIK I.KS MÎUF.r. TKS. ^/j I tapissant tout rinléricur de l'animal, cl envoyant aux organes in- térieurs des brides irrégulières anastomosées entre elles et pré- sentant toujours à leurs terminaisons des épatements plus ou moins prononcés (1). On dirait les muscles et les cloisons abdo- minales des Naïs et de quelques Annélides errantes microscopi- ques. Au reste, la nature musculaire de ces brides ne saurait être douteuse, car on les voit se contracter et se relâcher. Il est pro- bable que la couche tout entière d'où elles émanent est de même nature , et un des faits qui me portent le plus à le croire , c'est la manière dont cette couche se montre contractée sans plis chez les individus conservés dans l'alcool. 3° Liquide de la cavité (jénérale. Lorsqu'on examine par trans- parence un Némertien propre à ce genre d'observations , on dis- tingue très facilement les grandes chambres longitudinales qui occupent toute la longueur du corps , et on reconnaît bien vite qu'elles sont remplies par un liquide charriant des corpuscules dont les mouvements permettent de reconnaître ceux du liquide lui-même. En général ce liquide m'aparu être incolore; mais chez quelques espèces qui ont le sang rouge , il est lui-même d'une teinte très légèrement rosée, comme par exemple chez la Polia sanguirubra ("2). Les corpuscules charriés par ce liquide sont généralement de forme assez irrégulière , transparents et incolores. Ils ressem- blent alors presque entièrement à ceux qu'on voit flotter dans la cavitédu corpsdes Annélides errantes. Maischez quelques espèces ils olfrent au contraire des formes régulières et des teintes assez vives. Dans la Polia sanguirubra, ils présentent une forme navi- culairc, sont d'une couleur rose bien plus prononcée que celle du liquide où ils sont plongés, et laissent voir dans leur intérieur un petit nombre de très petites granulations opaques (3). Leurs dimensions varient de 1/30 de millimètre de longueur sur 1/150 de millimètre d'épaisseur, à 1/iO de millimètre de longueur sur 1/300 de millimètre d'épaisseur. Dans le Cerebralulus de- pressus, ces corpuscules sont discoïdes, arrondis, comme fes- (1) PI. 12, n-. I ; ri. 13, fiK. 'i. (3) PI. <2, fig. '1;PI. M, (Ig. 7. (2) PI. 12, ()-. I. / 3- srliiv Znol T VI. [Ilclfillll' I.Slfi.) i l« •2!l'2 I»E Ol'ATREFACES. — SUR LES NÉMERTES, tonnés, ou, pour parler plus exactement , ils semblent résulter de la soudure de granulations restées distinctes sur les bords (1). Au centre est une tache rouge circulaire qui n'occupe pas toute l'épais- seur du disque et dont la teinte s'affaiblit du centre à la circonfé- rence. Leurs dimensions sont sensiblement les mêmes : ils ont en- viron 1/10 de millimètre en diamètre sur 1/150 de millimètre d'épaisseur. Dans \a.PoUa bembix, ces mêmes corpuscules sont de forme lenticulaire, et n'ont guère que 1/125 de millimètre en dia- mètre sur 1/300 de millimètre d'épaisseur (2). Les corpuscules du liquide du corps de cette dernière espèce m'ont présenté un phénomène assez singulier : leur couleur, lors- qu'on les examine isolément, est verdâtre (3); mais lorsqu'ils viennent à se superposer , cette couleur change. Elle s'anime de plus en plus à mesure que le nombre des corpuscules traversés par la lumière augmente, et passe successivement par le jaune orangé , l'orangé rouge et le carmin presque pur (li). OBSERVATIONS. Les faits que je viens de signaler sont très faciles à reconnaître, soit sur les animaux vivants que l'on étudie par transparence , soit sur de grands individus morts récemment, et sur lesquels on pratique des coupes transversales. Ils sont uu peu plus difliciles à constater sur des échantillons conservés dans l'alcool ; cependant, avec un peu d'attention , on peut vérifier l'exactitude de la plu- part d'entre eux , même dans ces circonstances défavorables. On comprend que , par suite de la contraction extrême de toutes les parties musculaires, la cavité centrale doit paraître exagérée, tandis que les brides contractiles , servant d'attache aux organes génitaux , les rapprochent des parois abdominales, et dissimulent pres([ue complètement les cavités latérales. Cependant , avec un peu d'attention , on verra ces parties présenter bien réellement Taspcct que j'ai cherché à reproduire (5) ; on distinguera les trois lavités du corps. (1) PI. ll.n.s. 8. (4) PI. Il, fig. 10. fî) PI. Il, fi.ï. a. (5) PI. 8, fisr. .'. pt 5. f.il PI. 1 1 , lig. 9. DE QI:ATBEF*6F.N. — SLR LES >ÉMERTKS, 2/l3 La plupart des naturalistes ou ont négligé les détails dans les- quels je viens d'entrer , ou ont, ce me semble , mal interprété les faits. Presque tous ont regardé la cavité centrale comme le tube digestif, et c'est là une erreur sur laquelle j'aurai à revenir plus tard. OErsted , qui a donné la représentation d'une section trans- versale du Notospennus flaccidus (1 ) , paraît ne pas avoir distin- gué les cavités latérales, ou les avoir regardées comme les organes génitaux eux-mêmes, à en juger par les deux figures qu'il donne un peu plus loin, et qui représentent les œufs et les zoospermes dans la portion du corps oii il croit qu'ils existent (2). La cavité centrale est pour lui le logement d'un organe excitateur particulier , opi- nion que nous aurons à combattre plus loin ; et de plus, il figure, comme tube digestif, une quatrième cavité à section presque semi-lunaire placée au-dessous de la précédente (3), et dont nous n'avons jamais trouvé de traces (4). La circonstance la plus essentielle, ce me semble , à noter ici, c'est que les Némertes, comme les Annélides, ont une cavité in- terne remplie d'un liquide particulier , liquide qui constitue à lui seul une grande partie du volume de l'animal. Il est dilTicile de croire que son rôle se borne à donner une forme à l'espèce de tube qui le renferme, et il me paraît bien certain qu'il joue dans la physiologie de ces animaux un rôle important. Chez les Némer- tiens il doit être plus particulièrement en rapport avec les fonctions de nutrition et de génération. Chez les individus robustes, les corpuscules que ce liquide charrie sont évidemment plus nombreux que chez les individus faibles. A l'époque de la reproduction, les (1) Loc. cit., PI. 3, fig. 51. (2) Loe. cit., PI. 3, fig. S4 et 56. (3) Loc. cit., PI. 3, fig. ;;i,c. (4) Il me parait cependant qu'on pourrait expliquer le dessin de M. Œrsted en supposant qu'il a fait sa section de la hauteur du diaphragme horizontal dont nous parlerons plus loin , et qui forme un canal supérieur renfermant en effet la première portion de la trompe (pi. 8, fig. 4). Chez, quelques espèces, et sur les Borlasies fraîches , le canal qui c^t ainsi formé au-dessus de la cavité rrnirale est assez large : mais cependant je l'ai toujours vu bien plus étroit que la cavité placée au-dessous et avec laquelle il se confond à peu de distance de la tête. Ce dernier fait est très facile à vérifier en disséquant dans toute sa longueur le tuhe digestif. •2Vl HE QlATKEFAfirS. — SIT. LES MhinnTRS. corpusculessemultiplientd'iuic manicrc très sensible. J'ai observé desfaits toutpareilschez les Annélides errantes ; et lorsqu'on songe que ces cavités reçoivent , ainsi que nous le verrons plus tard , desœufs non encore entièrement développés qui doivent y acquérir un volume proportionnellement très considérable, n'est-on pas conduit à regarder le liquide et les corpuscules dont nous parlons comme les agents immédiats, destinés à fournir aux produits des organes génitaux les matériaux nécessaires à leur complet déve- loppement? Je n'ai pu reconnaître d'une manière certaine si les trois cavités dont j'ai parlé communiquaient ensemble et avec la cavité cépha- lique ; mais je suis porté à croire qu'il en est ainsi, au moins chez les espèces à orifice génital temporaire. Chez les petites Polies, on retrouve dans la cavité ou chambre médiane les corpuscules dont nous avons parlé plus haut. C'est là un fait dont je viens de m'assurer encore tout récemment sur une espèce d'eau douce. Par conséquent, cette cavité ne me paraît pas devoir présenter de communication immédiate et directe avec le liquide ambiant , ou du moins cette communication , si elle existe, ne peut être continuelle. Ouant aux espèces qui , comme la Borlasie d'Angleterre sur- tout , ont une ouvertiu-e génitale permanente et largement ou- verte , je ne saurais trop qu'en dire. Ehrenborg dit avoir vu que les Némertes rendent par cette ouverture une grande quantité de mucus, dont elles s'enveloppent lorsqu'on veut les saisir. Je n'ai jamais rien observé de semblable, et j'ai toujours vu la mucosité suinter de toutes les parties du corps ; mais d'un autre côté, lors- qu'on fend un individu conservé dans l'alcool , on ne trouve au- cune séparation entre l'ouverture et la cavité centrale. Il semble- rait dès lors que le li(iuide extérieur peut pénétrer librement dans cette dernière , tandis qu'il n'entre certainement pas dans les ca- vités latérales. Il y a donc Ih, encore quelques recherches à faire , recherches qui, pour être décisives, doivent nécessairement porter sur des animaux vivants. Peut-être est-il permis de penser que chez ces espèces il existe quelque chose d'analogue à ce que nous montrent certains Mollusque;?, dont la cavité abdominale corn- UE QL'ATKEFAUE!). — bl 11 LliS .MÎMEliliiS. 245 iiluniqiie avec l'exti'rieur par un orifice que l'animal peut ouvrir ou l'erjiier à son gré (1). § l\. Ap^Kireil (lii/is/if. L'aiipareil digestif des Némcrliens présente une uniformité de disposition remarquable. Chez tous on peut, distinguer la bouche, la trompe , l'œsophage et l'intestin. Ces parties, formant un tulje moins long que le corps, plus ou moins (lexueux , recourbé d'ar- rière en avant vers sa terminaison , sont logées dans la cavité longitudinale moyenne , comjirise entre les cloisons des organes reproducteurs. Les différences les plus considérables que présente cet appareil consistent en ce que l'œsophage est ou n'est pas armé d'un appareil stylifère, dont la disposition varie d'ailleurs dans les espèces qui en sont pourvues. Je n'ai trouvé ni glandes salivaires , ni foie, ni rien qui représentât ces annexes du tube digestif; enfin, contrairement à l'opinion professée par tous les naturalistes qui se sont occupés de l'organisation de ces animaux, il m'a été impossible de reconnaître l'existence d'un anus. J'espère que les faits exposés plus loin et la discussion de ceux qu'on pourrait leur opposer justifieront pleinement ma manière de voir. 1° Bouche. Vers le milieu de la face inférieure de la tête chez les Valencinies, à l'extrémité antérieure du corps chez tous les autres Némertiens que j'ai examinés , on trouve une ouverture généralement très petite , et autour de laquelle les cils vibratiles sont plus longs que sur le reste du corps (2) : c'est l'orifice buc- cal. Le tube alimentaire se continue ensuite en arrière dans une sorte de colonne charnue assez facile à distinguer par transpa- rence (3) , et qu'on peut aussi isoler sans de grandes dilTicultés ()] On sait qu'un orifice de cette n;Uure a été depuis lonj;lemps signalé chez, les Doris. Les expériences de MM. Milne Edwards et Valenciennes confirment son existence. Il me paraît probable que l'ouverture signalée par M. Souleyet chez les grands Acléoniens de Nice, et qu'il a considérée comme un orifice pul- monaire , n'est autre chose que l'analoiruo du pore placé prés de 1 anus chez les Doris. (2) PI. 8 . fig. 1 ; FI. 11, fig. 1 I ; l'I. 10, lig. i. ,'3 l'I S, Hg. 1 ; ?1. Il, fi,-. I l'I. I», fig- 2. 2i0 ME VL'ATKEFiàUEM. — SIR LES MÎMKI'.TIiS. sur les grandes espèces. Cette colonne arrive à peu près jusque vers le milieu de la cavité céphalique , où elle se réunit à une masse musculaire , proportionnellement très considérable , for- mée par l'origine des couches appartenant à la trompe (l) pro- prement dite , et des muscles ("2) qui, se portant obliquement eu avant et sur les côtés , doivent avoir pour effet de rapprocher la masse dont nous parlons de l'extrémité antérieure du corps. D'autres muscles disposés en sens inverse (o), c'est-à-dire s'atta- chant autour de l'orifice buccal , et se portant en arrière et sur les côtés, doivent par leur contraction concourir au même résultat, en même temps qu'ils dilatent en tout sens l'orifice buccal. Cen'estqu'avec quelques dillicultésqueronreconnaîtlastruclure de cette première portion du tube digestif. Si l'on cherche à l'i- soler dans les grandes espèces , il est presque impossible, à raison des attaches nombreuses dont elle est entourée , de la placer sur le porte-objet dans un état de conservation qui permette des ob- servations sûres. Parmi les espèces que j'ai observées par trans- parence , les unes , entre autres la Pcdia mutabilis , ne m'ont mon- tré qu'une colonne charnue très étroite, formée par une substance homogène transparente, que silloimaienl seulement vers sa base quelques fibres en stries extrêmement fines (/i). Chez d'autres espèces d'une taille plus considérable, chez la Polia glauca par exemple , j'ai trouvé une disposition assez remarquable. De l'ex- trémité antérieure de la colonne partaient quatre bandes trans- parentes , bien distinctes, qui tournaient en spirale en se portant en arrière, et s'entre-croisaient ainsi plusieurs fois. Arrivées vers le bas de la colonne, elles se réunissaient, et formaient une gaîne fibreuse à fibres longitudinales (5). Il est probable que ce sont là autant de faisceaux musculaires, et que la disposition que nous venons de décrire a pour but de faciliter la dilatation très consi- dérable qu'éprouvent les parois de la bouche lorsque la trompe est lancée au dehors par l'animal. L'intérieur de cette première portion du tube intestinal est, (1)P1. 9, lig. 1; PI. 10, fig. i. (4) PI. 10, fig. 2. (â) PI. 9. fig. 1 ; PI. 10, ûg. 2. (.5) PI 10, fig. 3. (3)P1.9,ng. I. comme tout le reste , couvert de cils vibratiles (1) ; mais on n'y distingue pas les papilles, de dimensions souvent assez considé- rables , que nous trouverons dans la trompe et dans l'intestin. 2° Trompe. En arrière de la masse musculaire dont j'ai parlé plus haut commence la trompe proprement dite (2). Le diamètre tant intérieur qu'extérieur de cette seconde portion du tube ali- mentaire est beaucoup plus considérable que celui de la portion précédente , et la structure en est bien plus compliquée. Jusque dans les plus petites espèces, on voit naître de la masse qui leur sert de point d'attache deux couches musculaires à fibres longi- tudinales (3). Les fibres transversales ne sont que peu ou point appréciables chez les PoUa filum, mulabiUs et quelques autres; mais chez les espèces de plus grande taille on les voit former une couche intermédiaire (4). Les deux couches musculaires que je viens de mentionner ne sont pas immédiatement appliquées l'une sur l'autre. Elles sont au contraire bien distinctes et réunies seulement par un tissu trans- parent, homogène, qui forme un grand nombre débrides, de petites colonnes charnues très extensibles (5). Cette espèce de tissu cellulaire laisse aux deux plans musculaires l'indépendance d'action dont ils avaient besoin pour remplir leurs fonctions. Eu dedans des couches musculaires on voit une couche homo- gène transparente, et qui correspond , au moins par sa position , à la muqueuse intestinale des animaux supérieurs. Cette mem- brane est hérissée de papilles toujours très distinctes, et qui dans quelques espèces présentent des dimensions assez considérables. Nous citerons entre autres la Polia mandilla , VArlesia maculata et surtout la Polia coronala. Ici ces papilles, en forme de mamelons allongés (G), n'ont pas moins de 1/30 de millimètre de long sur 1/90 de millimètre environ d'épaisseur. Leur substance homogène très finement granulée se confond avec celle de la muqueuse elle- même. Elles sont d'ailleurs hérissées de cils vibratiles. (1) 1>1. 10, fig. a. (4) I>1. li, fig. .'i. (2) PI. 8, fig. 1: PI. 9,rig. I;PI. 10, (5) PI. 10, fig. 2. (ig. 2. (6) liKh. an. et ;;/i;/.s. , l'I. 13. lig. I 0. (3) PI. 4 0, fig. 2, cf. ' , ' 2ft8 I»E QUATIlKiAUIiS. — SLll LliS AlJMKUTliS. La trompe , à partir de son urigine, n'est pas libre et flottante dans la cavité médiane dont nous avons parlé. Dans la première portion de son trajet, elle est renfermée dans une sorte de canal formé par un plan de fibres qui forme une espèce de plancher à la face supérieure de cette cavité. Ce plancher commence au dia- phragme vertical dont nous avons parlé plus haut, et ses fibres sont transversales. C'est là un fait facile à reconnaître par la dissection chez les grandes espèces qu'on examine au moment de leur mort. Si l'on ouvre par la face abdominale un cadavre conservé dans l'al- cool et fortement contracté , le plan musculaire dont nous parlons se montre sous la forme d'un bourrelet faisant saillie dans l'in- térieur de la cavité centrale. Si l'on pratique une coupe trans- versale, ce bourrelet devient beaucoup plus distinct et présente une section irrégulièrement arrondie, dans l'épaisseur de laquelle on distingue deux ouvertures (1). L'ouverture supérieure, qui est de beaucoup la plus grande, est précisément le canal destiné à, loger la trompe. On ne rencontre pourtant cette dernière en place qu'assez rarement, parce que pendant les contractions violentes qui accompagnent l'agonie des Némerliens elle a été ou rendue par la bouche , ce qui arrive presque toujours à certaines Polies (/'. mandilla), ou détachée à son origine et retirée dans l'abdo- men, ou enfin quelquefois rompue et rejetée en partie au dehors, ce qui a causé plusieurs erreurs sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Dans les espèces qui se prêtent à l'observation par transpa- rence, le plan musculaire dont nous parlons se reconnaît aussi, ([uoique avec quelcpic dilTiculté, surtout chez les plus petites. La direction de ses fibres, qui croisent à angle droit les fibres longitu- dinales du corps, produit pendant les mouvements de l'animal des illusions d'optique dont on a quelquefois peine à se rendre compte et qui sont presque toujours des effets de moiré (2). En arrière du plan dont nous parlons, on trouve encore sur une certaine étendue du corps des colonnes musculaires transversales c|ui maintiennent la trompe et une portion de l'intestin à la voûte ,;i)Pt. 8, fiL'. 4. (2) PI. 9, fi;;. I. »E QlA'l'KKI'AtES. — SUU l.IiS .MiMIil! 1 KS. 54;) de la cavité cenlrale. Ces colonnes diminuent de nombre et de volume à mesure qu'on avance vers la partie postérieure du corps, et disparaissent presque entièrement vers le milieu du trajet du tube alimentaire. 3° OEsophaye. En arrière de la trompe se trouve la portion du tube digestif que je propose de désigner sous le nom d'œso- phage. Bien que cette dénomination , je le comprends fort bien , ne soit pas à l'abri de toute critique, elle me paraît propre à dé- signer ce point, où l'on trouve toujours au moins un rétrécissement marqué , et qui sépare de l'intestin proprement dit les parties de l'appareil digestif qui, servant à la préhension des aliments, sont toujours plus ou moins dépendantes de ce qu'on peut assimiler à la bouche des animaux plus élevés (1). Dans la première partie de ce Mémoire, nous avons vu que l'œsophage est quelquefois très simple. Dans toutes lesValencinies etIesBorlasies que j'ai examinées sous ce rapport, je l'ai vu formé par un épaississement considérable des parois, d'où résulte un rétrécissement de la cavité interne , rétrécissement qui correspond quelquefois à un renflement peu marqué à l'extérieur. C'est ce ({u'on observe dans la Horlasia angliœ. Dans la Valencinia Jonrji- rostris, cette partie du tube digestif est distingui'e de celle qui la précède et de celle qui la suit par deux étranglements annulaires, et la cavité très étroite est tout-à-fail cylindrique (2). Dans la l\emeiies antonina , l'œsophage présente en quelque sorte la forme d'une bouteille renversée (3) ; sa cavité est également très étroite et à peu près uniforme d'une extrémité à l'autre. (1) Ce que je dis ici s'applique égalcmenl aux Annélidos. Bien que la trompe ail été considérée par quelques naturalistes comme une portion de l'in- testin , je crois que cette manière de voir sera abandonnée par tous ceux qui au- ront examiné, même assez rapidement, la trompe de plusieurs espèces, de VEimke sanijuinea, par exemple. Dans cetio Eunice cet organe forme une sorte de cul-de- sac , et l'ouverture œsopliagicnne est placée vers la partie antérieure de cette poche. D'autres Annélides errantes m'ont montré des faits tout semblables. Ici on ne saurait douter que la trompe ne soit une dépendance de la bouche. (2) Rec.h. anal, etphijs., PI. 9, fig. o. (3) Id., PI. 12, fig. 6. 250 UE QLA'l'REI''AUE!i. — SLll LliS iNlilililiTiiS. Parmi les quatre Cérébratules que j'ai pu examiner, trois m'ont présenté des faits analogues à ceux dont je viens de parler. Un seul , le Cerebmlulus speclabUis , ;n'a montré dans cette partie une disposition d'autant plus remarquable, que je n'ai rien observé d'analogue chez aucun Némertien. L'œsophage est armé d'une plaque cartilagineuse courbée en forme de faucille, présentant d'un côté une sorte de manche épais , arrondi et se terminant en pointe à l'autre extrémité (1). Le bord convexe de cette plaque est armé de fortes dents recourbées et aiguës. J'ai dit plus haut comment, ayant égaré le dessin qui représentait la disposition des parties, je suis obligé de m'en rapporter sur ce point à mes souvenirs. Je crois me rappeler que cette pièce était logée dans l'épaisseur des tissus, à l'entrée de l'œsophage, et que les dents seules faisaient saillie dans l'intérieur. Dans la Némerte balmée, dans toutes les Polies que j'ai exa- minées , l'œsophage est très différent de ce que nous venons de voir. Toujours ses parois, très épaisses, présentent plusieurs étran- glements et renflements disposés quelquefois de la manière la plus élégante. De plus, on y rencontre un appareil stylifère qui mérite une attention spéciale. Chez toutes les espèces que je viens de rappeler, l'œsophage est séparé de la trompe et de l'intestin par deux étranglements plus ou moins prononcés (2). Avant d'atteindre l'étranglement antérieur, les parois de la trompe s'épaississent considérablement et l'ori- lice antérieur de l'œsophage est extrêmement étroit. Une dispo- sition analogue s'observe en arrière de l'œ'sophage, à l'origine de l'intestin. De plus, j'ai distingué autour de l'orilice antérieur, met- tant en communication la trompe et l'œsophage, un sphincter com- posé de fibres circulaires, et les fibres rayonnantes qui m'ont paru être indépendantes des couches musculaires ordinaires de la trompe (3). Entre ces deux points , l'œsophage présente dans sa forme , et (1)P1. 10, fig. 7. (2) Voir tous les dessins d'œsophage distribués dans les planches 9 à 17. (/icr/i. aiiut. cl ;)/i;/s.) (3) l'I. U, liiî. 2. UE «}IATKE»'*«ES. SLlt l.liS MÎlIliliTi:?. "2Ô1 d'une espèce à l'autre, des variations assez sensibles, dont les dessins ci-joints donneront une idée plus complète que ne pour- raient le faire les descriptions les plus minutieuses. On remarquera toutefois qu'au milieu de ces différences spécifiques on retrouve toujours le type général dontla/'o/m mandilla présente l'expres- sion simple et complète par ses deux masses distinctes (1) , que sé- pare un étranglement assez prononcé , et qui ont chacune leur cavité propre communiquant ensemble par un canal étroit (2). La structure des parois do l'œsophage diffère essentiellement de celle qu'on observe dans tout le reste du tube alimentaire, qu'on l'examine thez les Némertiens où il consiste en un simple étranglement, ou chez ceux de ces animaux où il offre la dispo- sition la plus compliquée. Ces parois présentent tout d'abord une apparence d'homogénéité et un pouvoir de réfraction qui leur donne presque l'aspect du cristal. Mais avec un peu de persévérance et en employant les macérations ou quelques réactifs chimiques tels que les acides chlorhydrique et acétique , on reconnaît assez faci- lement l'existence de fibres transversales. Quant à des fibres longitudinales appartenant à l'œsophage lui-môme, je n'ai pu en distinguer. Les parois dont je viens de parler sont revêtues intérieurement d'une membrane continue avec la muqueuse de la trompe et de l'intestin, mais plus épaisse. Cette membrane m'a paru généra- lement lisse et dépourvue de cils vibratilcs dans la cavité œsopha- gienne antérieure. Dans la cavité postérieure, au contraire, elle est souvent couverte de papilles (3) et présente des cils vibratiles. Mais ce que l'organe qui nous occupe en ce moment présente sans contredit de plus curieux, c'est l'appareil stylifère dont il est armé. Je vais décrire avec détail cet appareil tel que je l'ai ob- servé dans la Polia mandilla et la Nemertes balmea , et me con- tenterai de signaler ensuite les différences essentielles que j'ai ren- contrées sur d'autres espèces. La pièce essentielle de cet appareil est un stylet composé lui- même de deux parties, la pointe et le corps. La pointe a tantôt la (1)P1. 9, fil,'. 2. (3J l'I. it, lij;. 2. (2) m. 9, (ig. 2. l'orme d'un cône très effilé , un peu renflé en fuseau , arrondi à sa base(l), mais le plus souvent celle d'un cône semblable , soudé il une petite sphère (2). Il est d'une substance solide, transpa- rente , réfractant fortement la lumière. Dans toutes les Polies, le corps est ovoïde , allongé , un peu plus épais en avant qu'en ar- rière, et ressemble à celui de la Polia maiidUla (3). Dans la iV emertes balmea, il est très allongé, renflé vers le tiers postérieur et s'épa- tant à son extrémité postérieure (4). Chez cette espèce on distingue une couche extérieure composée de la même matière que la pointe, et renfermant une substance granuleuse beaucoup moins solide (5). Dans la Polia mamliUa et les autres Némertiens, ce corps est formé seulement d'une matière granuleuse , évidemment moins dense que celle de la pointe , mais (jui ])arait acquérir plus de solidité vers la partie antérieure (6). Lorsqu'on place un de ces stylets isolés dans rammoniaquc liquide, on voit le corps se dissoudre ou se désagréger dans sa plus grande étendue. La partie la plus voisine de la pointe persiste seule, et il reste une trame extrêmement légère. Lorsqu'on emploie l'acide liydrochloriquc, au contraire, tout est dissous, ou on ne voit plus qu'une sorte de nuage très faible qui reproduit à peu près la figure du corps. On peut conclure de ces faits que le stylet tout entier est formé par une trame animale dans laquelle s'est déposé un sel calcaire dont la proportion va en augmentant d'arrière en avant, et dont la quantité est beaucoup plus considérable dans la pointe que dans le corps. Quoi qu'il en soit , le stylet est placé dans une poche creusée dans l'épaisseur des parois de l'œsophage. J'ai distingué dan? la ISeme.vles baliiica la membrane propre de cette cavité; mais je n'ai pu la reconnaître de même dans les Polies, bien qu'elle y existe aussi très probablement (7). La forme de cette cavité varie. Elle renferme en arrièic une quantité plus ou moins con- sidérable d'une substance granuleuse, d'un aspect glanduleux, {\)necli. anal, elphijs., PI. 10, fig, 7. (5) [d., PI. 10, fig. 7. (2) PI. 9, fig. 2. (6)/(i., PI. 1o, fig. 3. (:i) PI. 9, fig. 2. ■ (7) PI. 9, fig. 2; Rech. ami. cl [ï] Rci:h.iw;t.rtph). Les poches styligènes sont en général au nombre de deux , et placées à droite et à gauche du stylet. Telle est la disposition qu'on observe dans la Némerte balmée et dans la plupart des Polies. Cependant cette règle présente quelques exceptions remarqua- bles. Dans la Polia vmniciiliis, ces poches sont situées l'une au côté dorsal, l'autre au côté ventral de l'extrémité antérieure de l'œsophage (4). Dans la Polia armata , ces mêmes organes sont au nombre de quatre , et placés sur les côtés aux extrémités (1) Rech. anal, etplvjx., PI. 13, fig. 8. (2) Id., PI. 10, fig. 9. (3) Id., Voir les planches, de 9 à 17. [Itech. anat. cl pliys.) (4) Id., PI. 6, fig. 1 4. — J'ai retrouvé depuis un fait semblable sur une Polie qui habile les eaux douces; mais ici il m'a paru que la position anormale des poches stjiigères tenait à la contraction des parties, et que dans l'état de liberté elles étaient placées comme à l'ordinaire. Peut-être en est-il de même pour la Polia vermiruhis. k DK QllATUEFAOFS. — Si:r, LES iVliMEK I RS. 255 de la première moitié de rcnsophage(l). Enfin , dans les Polia quadrioculala et humilis , iiou.s ne trouvons qu'une seule de ces poches styligènes ('2). 4° Intestin. En arrière de l'œsophage commence l'intestin pro- prement dit. Les couches qui entrent dans sa composition sont les mêmes que dans la trompe , si ce n'est que les couches mus- culaires sont proportionnellement beaucoup moins épaisses. Les papilles qu'on rencontre sur la muqueuse sont aussi d'ordinaire plus petites que dans la trompe , mais leur surface est , comme dans celles de cette dernière , toute couverte de cils vibraliles. L'intestin, en partie maintenu par les brides musculaires dont nous avons parlé plus haut , flotte dans la cavité moyenne (3) en formant de nombreuses sinuosités ; mais il n'atteint pas l'extrémité postérieure de la cavité qui le renferme. Arrivé à une distance qui varie selon les espèces, vers le quart postérieur pour la plu- part, il diminue de diamètre, son calibre intérieur surtout se rétré- cit rapidement et la muqueuse cesse d'être distincte. La cavité elle- même disparaît , et on voit l'intestin se replier et revenir en avant en présentant l'aspect d'un simple cordon. A une certaine distance de ce point de rebroussement, ce cordon, qui n'offre plus de traces d'un canal inférieur, s'implante dans la paroi dorsale de la cavité abdominale et se confond avec les tissus voisins (Zj). Je viens de rapporter les faits tels qu'ils s'observent par trans- parence dans le plus grand nombre des cas. Déjà ils suffisent pour montrer que ce qu'on a admis jusqu'ici touchant l'existence d'un anus postérieur terminal ne sauraitetreexact.il n'y a pasdavantage d'anus dorsal. Quelques espèces présentent les particularités les plus propres à nous éclairer sur ce point. î)a.nsVOErstediaornata, par exemple, espèce que sa taille m'a permis de disséquer, j'ai vu le tube digestif adhérer à la paroi_abdominalepar un gros faisceau composéde fibres d'un aspect musculaire (5). En ouvrantcetintes- tin, je vis son canal intérieur se terminer brusquement en cul-de- sac(6). Icipourtantonpourrait dire qu'il existait peut-être un canal (1) /îec/i. minl. e(p;/;/s.,PI.17, fig. 7. (i) PI. 8, tig. 1 . (2) Id., PI. i, fig. 4 et 12. (-S) PI. 10, flg. 4 et 5. (:i) PI. 8, np. 1. (6) PI. 10, fig. 5. 25() DR QlIATREFAtES. — RtT. F.F.S Mhir.P.TrS. que sa petitesse aurait dérobé à mes recherches ; mais celte erreur n'était plus possible dans la Polia coronala. Chez cette dernière espèce , le gros faisceau dont nous venons de parler se ramifie , les rameaux qui en partent s'attachent aux parois abdominales sur un espace assez considérable (1). Ici le tronc paraissait réellement musculaire. Je le voyais se contracter, et ses fibres bien distinctes semblaient se continuer avec celles de l'intestin. Mais les ramifi- cations elles-mêmes semblaient être purement tendineuses. Elles ne présentaient pas de mouvements propres et étaient seulement agitées par les ondulations du liquide. L'intestin se terminait également en cul-de-sac. Dans l'individu qui a servi à faire le des- sin ci-joint, l'intestin avait encore à son extrémité 1/10 de milli- mètre en diamètre. Les dernières ramifications du faisceau qui lui servait d'attache avaient à peine 1/250 de millimètre. Tels sont les faits d'après lesquels je me crois autorisé k regar- der les Némertiens comme présentant un intestin aveugle, comme étant dépourvus d'anus. BÈFLEXIONS. Les naturalistes qui se sont occupés jusqu'à ce jour de l'or- ganisation des Némertcs sont loin d'être d'accord sur l'appareil digestif. Fabricius a vu le véritable tube intestinal , et a reconnu sa nature; mais il a cru qu'il se terminait à l'ouverture ventrale , que nous avons déjà désignée comme étant l'orifice génital. 11 a pourtant vu sortir et entrer la trompe (2) , et il est dès lors difficile d'expliquer son erreur ; du reste , il admet l'existence d'un anus postérieur terminal. Ehrenberg, Dugès, Johnston , Délie Chiaje, ont reconnu la position réelle de la bouche, et par conséquent aussi la nature réelle du tube digestif; mais fous ont admis un anus terminal. Cependant Dugès, dans le dessin qu'il donne de son Prostomum clepsinoides , a représenté l'intestin s'arrétant vers le tiers postérieur (3). Johnston déclare même avoir vu plusieurs fois l'intestin interrompu , et n'arrivant pas jusqu'à (1) PI. 10, fig, 6. (3) Lor. cil , PI. 17, tig. H. (2) Lor. cil., p. iiS, pi, XI, fig, 2, 3. i DE QUATREFACiE*!!. — SIP. LES MÎMlOUÏÉvS. :2Ô7 l'extrémité du corps. Il a figuré cette disposition sur \ii .\ einerlfs melanocephala. Les auteurs que nous venons de citer sont ceux qui ont le plus approché do la vérité. Cuvicr avait pris évidenimenl la tête pour la queue, et cette erreur, reconnue par M. Duméril qui avait observé l'animal vivant , a été également relevée par xM. de Blainville ; mais ce dernier a regardé l'ouverture génitale comme la bouche, et a admis l'existence d'un anus terminal (1). MM. Quoy et Gai- mard ont adopté en tout la manière de voir de M. de Blainville. Ratbke , tout en reconnaissant la nature d'une portion du tube digestif qu'il a retrouvé dans l'abdomen de saBorlasie, a cru qu'il aboutissait à l'ouverture génitale. Il a décrit et figuré la trompe séparée de rintestin par rupture et cxtroversée, comme un organe de tact ('2) ; il a d'ailleurs admis l'existence d'un anus et d'une ventouse terminale. Nous avons dit plus haut que cette dernière erreur tenait sans doute à ce que l'individu examiné par lui s'était rompu peu avant son immersion dans l'alcool, ou par suite de cette immersion même. \\n pareil cas, en effet, les parties, en se contractant, peuvent très bien simuler une sorte de ventouse, au centre de laquelle l'habile anatomiste que nous combattons en ce moment aura trouvé béante la cavité centrale où est logé le véritable intestin. Huscilke et QErsted se sont encore plus éloignés de la vérité en regardant le tube digestif comme formant une dépendance de l'appareil génital, lluschkc, trouvant dans la cavité médiane de son Aotosjjermus (Irepaneiisis le canal alimentaire entortillé , crut que cet organe, qui était pour lui un pénis , avait jKMiétré dans ce qu'il prenait pour l'intestin, par suite de quelque rupture. Quant k OErsted , la détermination qu'il a adoptée l'a conduit à admettre l'existence d'une quatrième cavité , dont , ainsi que nous l'avons dit plus haut, nous n'avons pu trouver de traces. Tout en se trompant sur la détermination du tube digeslif, CErsted a fort bien vu qu'il n'atteignait pas Tcxtrémité du corps, qu'il se recourbait , et que ses dernières parties étaient pleines. 11 (I) Imc. rll., p .".*:i. '■>] hnr. i-il,, (iL'. t*, iTsmc Z..OI T VI 'N.r.cii.liiv islll J , 17 258 DE QL1ATRFFi%«ES. — Stili LES iMiMEnTES. a aussi reconnu la disproporlion qui existe souvent entre la por- tion qui précède l'appareil stylifère et celle qui le suit. Cet auteur ne connaissait pas les planches que j'avais données de cet appa- reil , quand il a public les siennes ; et cet accord entre deux observateurs , qui dilTèrent d'ailleurs sur l'interprétation des faits, est la plus grande garantie de l'exactitude de ces der- niers. Parmi les auteurs que nous avons signalés, il n'en est qu'un petit nombre qui aient reconnu la distinction à établir entre les diverses parties de l'organe qui nous occupe , et qui aient vu l'ap- pareil stylifère. Uugès, le premier, en signala l'existence dans ses Prostomes ; mais il i-eprésente les stylets en voie de développement, comme formant de chaque côté une sorte de mâchoire destinée à retenir la proie , tandis que le stylet agirait à la manière d'un poignard (1). J'ai dit plus haut, en parlant de \a.Valmcinia dubia, qu'il me paraissait probable que c'était une erreur produite par la déformation des parties. Œrsled, au contraire, et Johnston paraissent avoir bien vu l'œsophage et son appareil stylifère. Ce dernier s'est même servi de l'absence ou de la présence de cet appareil pour caractériser ses deux genres Nemertes et Borlasia ; mais on a pu voir que ce caractère manquait de fixité. Il est évident, en eiïet, que la A'e- mertes bcilmea (Nob.) est ou une Némerte, comme nous le pen- sons, ou une ^orte/e (2) : or, toutes les autres espèces de ces deux genres manquent d'appareil stylifère, tandis que celui de la A'. Imltnea est très complet (3). l'audrait-il donc pour ce seul carac- tère l'éloigner des espèces auxquelles elle ressemble tellement par son faciès , par ses habitudes , par l'ensemble de son organisa- tion? Nous n'avons pas cru devoir le faire, au moins encore. Peut-être , lorsqu'un plus grand nombre de Némertiens auront été étudiés avec le soin nécessaire , pourra-l-on mieux juger des affinités qui doivent servir à grouper les espèces , et peut-être (1) Loc. cit., PI. 3, Cg 41. (2) Bien entendu que nous donnons ici à ces deux noms de genre la valeur que nous leur avons aUribuée dans la parlie zoologique de ce travail. (:i; inr ril.. 1. \\l, PI. i. fig. li. L DE QUATREFAGEK. — StlH f.RS MÎMKRTKS. 2!)Î) alors la Némerte balmée dcvra-t-elle être éloignée des espèces dont la trompe n'a pas d'arme offensive ; mais jusqu'à cette époque , je crois qu'on pourra conserver le groupement que j'ai proposé. Si l'on compare les diverses déterminations proposées par les auteurs que nous venons de citer pour l'organe qui nous occupe , on reconnaîtra que nous nous trouvons d'accord avec ceux qui ont le plus vu et étudié la nature vivante. Les opinions embrassées par Fabricius, par Rathke , tiennent évidemment à ce qu'ils ont examiné des individus incomplets , déformés par la contraction , et chez qui la même cause avait amené dans l'appareil digestif des solutions de continuité. L'erreur où est tombé OErsted , et que Siébold paraît disposé à accepter, est plus diflicile à expli- quer. Jamais je n'ai rien vu qui pût autoriser à regarder comme une dépendance de l'appareil sexuel le tube alimentaire des Né- mertiens, et les détails que je donnerai plusloin laisseront, j'espôre, peu de doute à cet égard. La manière de voir embrassée par OErsted permet de com- prendre la possibilité de l'existence d'un anus terminal ; mais celle possibilité n'existe plus dès l'instant qu'on reconnaît pour l'in- testin le tube flottant dans la cavité moyenne du corps : car , ainsi que nous l'avons dit , et comme l'a vu aussi CErsted lui-même, ce tube n'atteint pas l'extrémité postérieure. 11 faut donc admettre que Dugès et ceux qui ont pai'tagé son opinion n'avaient pas poussé leurs observations aussi loin que cela eût été nécessaire, et qu'ils n'ont en réalité vu qu'une portion de l'in- testin. Cependant, on pourrait croire aussi que Dugès entre autres a été induit en erreur par suite même de ses moyens d'observa- tion. Lorsqu'on comprime une Polie sans régler et modérer la pression , il arrive souvent que le corps se contracte en même temps que l'intestin est refoulé en arrière. J'ai vu quelquefois en pareil cas une rupture se faire, et l'animal se vider plus ou moins complètement en arrière. C'est probablement un fait de ce genre qui a trompé Johnston ; mais, je le répète, toutes les fois qu'on agira avec précaution et dans des conditions favorables , on verra l'intestin serecoui-ber avant d'avoir alteinl l'exlrémité du corp-; •260 DE QUATREFAUKS. — SUR LES MÎMERTES. Mais si Faiius ne peut être terminal, n'existerait-il pas ailleuis, soit sur la face ventrale, soit sur la face dorsale ? J'ai cru d'abord qu'il en était ainsi. Le cordon simple qui termine d'ordinaire l'intestin , et qui lui sert d'attache, observé par transparence, soit sur des animaux vivants, soit après avoir été enlevé du corps des grandes espèces , avait laissé subsister des doutes dans mon esprit. Ce n'est qu'après des observations très multipliées, et sur- tout après avoir vu les dispositions que j'ai décrites dans la Falen- cinia ornala et la Polia coronata, que j'ai acquis une conviction que partageront certainement tous ceux qui voudront bien répéter mes recherches avec le soin nécessaire. La grandeur relative des parties qui entrent dans la composi- tion du tube digestif des Némertiens n'a rien de constant. Dans le plus grand Jiombre des cas, la trompe est plus courte que l'in- testin, mais souvent aussi elle est remarquablement plus longue : dans la Polia venniculm , par exemple, elle forme les 3>lk de la longueur totale. Le diamètre de ces deux parties varie aussi beau- coup ; il est plus considérable tantôt dans la trompe, tantôt dans l'intestin. On ne peut guère conserver de doutes , lorsqu'on a observé plusieurs espèces vivantes, sur le rôle que joue l'appareil stylifère : c'est une arme offensive qui agit au moment oti l'animal lance sa trompe. .Tohnston a vu cet organe sortir du corps , mais seule- ment par compression. Il a tenté vainement de provoquer le même phénomène en irritant l'animal ; cette manoHivre produit en effet un résultat tout contraire; il n'a pas réussi davantage en le plon- geant dans Talcool. Il est évident d'après cela qu'il n'a pas eu en sa possession la Polia mandilla, car cette espèce , jetée brusque- ment dans la liqueur , rejette presque toujours sa trompe qui se détache. La même chose m'est arrivée avec quelques autres espèces, entre autres avec le Cerebratulus crassus. Ce mouvement d'extroversion qui porte en avant et au dehors une partie du tube digcsiif s'accomplit seulement sur la trompe , et se propage d'arrière en avant. Le dessin ci-joint, fait d'après un animal agissant en pleine liberté, peut donner une idée de l'aspect que pré.scntont alors ces parties (I). Deux causes me 'I l'i II. li:.- I. DE ^(''^'■'■CI'^F'^f-':^- — > SIR l.KS .Mi.MliRTES. Siil paraissent concourir pour produire cet effet : d'abord la couche musculaire externe de la trompe, qui, par sa contraction, tend à tirer en ai-rière et à dilater le tube digestif; p'uis la poussée du liquide rent'ermé dans la cavili' abdominale (1). On comprend que cesdeux effets, agissant simullanéinent, doivent forcer la trompe à se déployer à la manière d'un doigt de gant. Uu reste , ce mou- vement s'arrête tonjoiu-s à la hauteur du stylet (2). J'ai appelé /jocAes styliyènex les cavités qu'on rencontre sur les côtés du stylet ; je les crois, en effet, destinées à sécréter des stylets qui viennent remplacer celui qu'un accident peut avoir enlevé. Les détails dans lesquels je suis entré plus haut rendent, ce me semble, cette manière de voir très plausible ; mais je n'ai rien pu observer directement qui indi(]uàt comment se fait ce remplacement. OErs- ted, qui regarde le slylet comme servant à l'excitation des organes génitaux , a pensé aussi que les poches styligènes étaient char- gées de tenir toujouis prêts un certain nombre de ces instruments, mais il n'a pas pu plus que moi reconnaître comment les nou- veaux formés venaient se placer dans le lieu occupé par l'ancien. Peut-être la poche styligène se transporte-t-elle tout entière par suite de l'évolution des tissus quand l'appareil stylifère a été dé- chiré ; peut-être alors tous les stylets en voie de formation s'atro- jjhient-ils au profit d'un seul qui persiste. Si les conjectures que je hasarde ici sont exactes, il pourrait arriver que dans un moment donné on ne trouvât qu'une seule poche styligène chez un indi- vidu qui en possédait deux quelque temps auparavant , et , dans ce cas, le nombre de ces poches n'aurait plusévidemment, comme caractère zoologiquc , la valeur que je lui ai attribuée plus haut. (I) Les loncUons que j'assigne ici au liquide de la cavité générale se retrou- vent ailleurs que chez les N'érnertiens. Chez certaines AnnéHdes errantes, il est exactement le même. Chez les Tubicoles , le liquide dont nous parlons , chassé par les contractions du corps dans les cirrhes de la tête, détermine leur extension. Chez les Rotateurs , c'est encore par un mécanisme tout semblable que l'appa- reil cilié est repoussé au dehors, fin voit f|ue ce liquide , si néaliiié jusqu'à pré- sent, joue dans la physiologie des animaux inférieurs un rôle des plus impor- tants. (i) Rah. 'in'it ./ ;,ft,,v PI, 17, II-. 17 2G'2 DE VUAXREFAGES. — SUll LES NÉMliailiS. § V. Appareil circulntoire. Les Némertiens possèdent une circulation complète. L'appareil servant à cette fonctinn forme un système de vaisseaux continus à parois propres très distinctes. Le liquide renfermé dans ces ca- naux est différent de celui qui baigne les cavités du corps. Nous reviendrons plus loin sur ce que ces faits ont à nos yeux de vrai- ment remarquable. 1° Vaisseaux. On trouve dans le corps des Némertiens trois vaisseaux : deux sont placés sur les côtés et un peu en dessous (1); le troisième est médian et dorsal (2). Ces trois vaisseaux se réunis- sent en arrière en augmentant de volume (3). Cette augmenta- tion est portée chez quelques espèces à un point tel que les vais- seaux semblent se confondre en une cavité commune occupant toute la largeur du corps ; toutefois c'est là un fait que je n'ose- rais affirmer. Les deux vaisseaux latéraux marchent d'arrière en avant jus- (ju'au diaphragme qui sépare la cavité céphalique du reste du corps; ils traversent cette cloison musculaire, et pénètrent dans la tète en croisant les troncs nerveux près de leur origine (4). Le tronc vasculaire médian est placé, dans la plus grande partie de son trajet, immédiatement sous les couches musculaires sous- cutanées (5). Arrivé au plan musculaire que nous avons vu for- mer une gaîne particulière à la portion antérieure de la trompe , il pénètre dans son épaisseur, et suit un canal particulier placé sous celui de la trompe (6). Il pénètre ainsi dans la cavité cépha- lique : là il se bifurque : chacune de ses branches se porte laté- ralement jusque vers le point où les troncs nerveux croisent le vaisseau latéral ; puis elle se recourbe , forme autour du ganglion (1) PI. 8, fig. \, PI. 9,ng. 1; PI. H, fig. 1. (2) PI. 8, fig. 1;PI.9, lig. \;V\. M, fig. 1. (3) PI. 8, fig. 1 ; PI. II. fig. 1. (i)Pl. 9, fig. 1 (!)) PI. 8, fig. 3, t. (6) PI. 8, fig. I et l, /; PI. 9, fig. I. DE QL'ATREFAGES. — SI II I.IvS iMÎMI'.niKS. 203 cérébral un cercle presque complet, et revient s'anastomoser sur les côtés avec le vaisseau latéral (1 . Les vaisseaux du corps ainsi réunis forment dans la tête une seule anse légèrement flexueuse , et d'un calibre plus considérable que celui des branches qui lui ont donné naissance (2) ; cette anse suit les contours de la tête , immédiatement au-dessous des couches sous-cutanées. L'existence et la position des vaisseaux que nous venons de décrire se reconnaît très facilement chez certaines espèces qui se prêtent à l'observation par transparence et qui ont le sang rouge. Chez celles dont le sang est incolore, il est assez difficile d'abord de reconnaître la vraie disposition des vaisseaux autour du cer- veau. Mais quant aux autres détails, on les reconnaît sans peine, grâce aux contractions des vaisseaux eux-mêmes. Lorsqu'une ondée de sang arrive , elle en distend les parois, qui dessinent alors dans le corps de l'animal des lignes ondulées plus claires , et avec un peu d'habitude de* ces sortes de manonivres on parviendra sans trop de peine à vérifier tous les faits que je viens de signaler. Les vaisseaux don t nous parlons ont bien certainement des parois propres. C'est là un fait dont on peut s'assurer sur les grandes Bor- lasies , même conservées dans l'alcool. En faisant une coupe trans- versale à peu de distance de la tête, on voit la cavité annulaire des vaisseaux encore engagés dans les tissus, soit du plan musculaire dont nous avons parlé , soit de la couche qui revêt la cavité géné- rale du corps (3). On distingue tout autour une couche bien dis- tincte et qui leur appartient en propre. En pratiquant une coupe semblable vers le milieu du corps, on retrouve ces vaisseaux, mais libres et tenant seulement aux parois du corps par des brides comme ligamenteuses (4). Au reste , l'observation par transparence ne pouvait laisser aucun doute à cet égard. Plusieurs fois j'ai vu ces vaisseaux isolés au milieu des cavités latérales ou génitales ; je les ai vus serpenter parmi les cœcums des ovaires, se distendre ou se contracter alter- 11 , (1)P!. s. fie. ; PI. 0, fig. 1. (i) PI. 8, fig. 5, l,m,m , PI (2) PI. 8,fig. ; PI. 9, fig. 1. fig. 3; c,- Pi. 12 ,fig. 1. .'ij l'I. X, li-. ' , /,(;(,»(. ■20/1 u»: ytAïuKrAtiKs. — .si il i.iis .Mi;\ii;iiTi;s. nativemenl (1). Dans les individus remplis d'œufs , j'ai trouvé le vaisseau dorsal quelquefois entièrement rejeté sur le côté ; j'ai vu aussi les œufs s'interposer entre le vaisseau et les parois du corps ("2) : faits qui ne peuvent s'expliquer que par l'existence de parois propres et par une certaine liberté des vaisseaux dans les cavités qu'ils parcourent. 2" Sang. Les vaisseaux que nous venons de décrire sont rem- plis par un liquide assez ordinairement entièrement incolore. Mais dans quelques espèces ce sang est d'un rouge plus ou moins foncé, tirant quelquefois un peu sur le jaunâtre , comme dans la Polia saiiguirubra (3) et le Cérébral iil us depressus ; d'autres fois d'un beau rouge vineux fonce, comme dans \e Cerebratiilus crassus. Quelquefois , mais bien plus rarement , celte couleur semble varier selon que le sang est accumulé en quantité plus ou moins consi- dérable. Dans la Polia bembi.v , par exemple, lorsque ce liquide est en lames minces, il est jaune-verdàlre ; il devient rouge foncé par l'accumulation. Il y a là, on le voit, un phénomène analogue il celui que nous avons signalé plus haut, du même ordre que ceux dont les physiciens ont signalé plusieurs exemples, et qui tiennent à une absorption plus ou moins complète de certains rayons du spectre par suite de la superposition des couches traversées par la lumière. Le sang des Némertiens ne m'a presque jamais présenté de globules ni même de granulations irrégulières. Dans les espèces à sang rouge, le iirincipe colorant est dissous dans la masse comme chez les Annélides el certaines larves d'insectes. Je n'ai [jas même retrouvé ici ces corpuscules à peine perceptibles par les plus forts grossissements, et que l'on aperçoit dans le sang des grandesAnné- lides errantes, des Lunices , par exemple. La Polia bembi.v seule m'a montré des globules assez réguliers, et qui reproduisaient les phénomènes que j'ai signalés plus haut en parlant de ceux que renferme la cavité du corps. (I) PI. 12, lig. I. (:i) PI. 12, lig. I. '21 PI. Il, fi2. 3. DE QIATBKFAUES. — SI T. I.KS MCMKUI KS. 5G5 liÊbLl-.XIOXS. Les fails que je vieil? de rappoi'ter me paraissent avoir pour les naturalistes qui se préoccupent des i-apports des êtres entre eux un intérêt assez marqué. L'appareil circulatoire des Némertiens nous présente un exemple de dégradation des plus frappants, en ce (ju'il est réellement un appareil circulatoire d'Annélide dont on aurait supprimé toutes les ramifications en ne laissant subsister que les troncs eux-mêmes. Nous retrouvons en elTet ici le tronc médio-dorsal, les troncs latéraux inférieurs, et jusqu'à celte anse céphaliqje, jusqu'à ce cercle qui entoure le cerveau, et que pour notre part nous avons rencontrés chez toutes les Annélides errantes que nous avons examinées sous ce rajjport (l). Si je n'avais étudié que des espèces à sang incolore, je n'ose- rais aflirmer que les troncs vasculaires n'ont pas de ramifications. Mais il serait bien diflicile qu'elles m'eussent échappé chez les Némertiens, dont lesang est aussi richement coloré que chez les Néréides elles-mêmes. Tous les naturalistes qui ont fait quelques observations de ce genre savent avec quelle facilité on aperçoit chez ces dernières, même chez les plus petites espèces, les rameaux les plus déliés , et il n'y a aucune raison, ce me semble, pour que le même observateur, employant les mêmes instruments , n'eût pas aperçu ces ramifications chez les Némertiens comme chez les Annélides, si elles existaient dans ies deux cas. Au reste, je dirai en passant qu'une des Annélides errantes que j'ai eu occasion d'é- tudier à Bréliat m'a présenté des faits presque entièrement sem- lilables. 11 n'existait chez elle que les troncs principaux et un très petit nombre débranches d'un fort calibre ; les ramifications pro- prement dites avaient disparu. Ici encore la couleur très foncée du sang ne pouvait me laisser de doute. fi) C'est un fait anatomiqnc que je crois élre généial chez tous les Annelés de ce groupe. Le cercle vasculaire dont je parle est même très gênant pour les observations par transparence, et permet rarement de distinguer le cerveau avec quelque netlelé ; seulement, chez les Annélides erranles , il y a de plus un cer- tain nonilire de liranclies qui passent soit ilessu^, soit dessous le cerveau; mais leur disparition , chez les Ninnertes. n'est pas plus surprenante que celle des divisions vasculaire? du re-le du inrps. 20G DE Qi;.41REI'.H.iE!». — SLU LliS AlliliillïliS. Je n'ai aperçu nulle part , dans le système circulatoire des Némertes , de parties qu'on pût appeler du nom de cœur. Chez quelques espèces , les points d'anastomoses sont plus dilatés , et peut-être ont-ils une action spéciale dans l'acte de l'impulsion du sang. J'en dirai autant delà dilatation observée en arrière. Mais il est bien évident pour celui qui a observé ces animaux en vie , qu'ici, comme chez les Annélides, les vaisseaux sont contrac- tiles dans toute leur étendue , ce qui rend inutile l'existence d'un cœur proprement dit, d'autant plus que, par suite de l'absence de ramifications fines, le sang n'éprouve pas de déperdition de force , comme chez les Annélides. Le mouvement du liquide dans l'appareil vasculaire des Némer- tiens difi'ère pourtant de ce qu'on voit chez les Annélides. Et d'abord il est à remarquer que, par suite des anastomoses du tronc médian avec les troncs latéraux, la circulation delà tète et celle du corps peuvent être indépendantes l'une de l'autre. Aussi ne se correspondent-elles pas toujours. J'ai vu, rarement il est vrai, l'anse céphalique se contracter seule, et le sang, passant d'un côté à l'autre , faire le tour de la tète. Plus souvent l'anse céphalique reste inerte, tandis que le sang aiïlue par un des vaisseaux du corps et s'écoule par les deux autres. Mais d'ordinaire voici comment les choses se passent. Un des vaisseaux latéraux donne une ondée dirigée d'arrière en avant. Le fiot parcourt l'anse céphalique, et lorsqu'il a dépassé l'anastomose du côté opposé, le vaisseau dor- sal donne son ondée qui distend l'anse céphalique et s'écoule en partie à la suite de l'ondée précédemment fournie par un des vais- seaux latéraux. Au reste, ces mouvements n'ont rien de régulier dans leur succession, et le sang arrivé ou s'en va tantôt par un vais- seau tantôt par un autre. Il n'y a donc pas circulatiuii régulière proprement dite , mais seulement oscillation du liquide sanguin. Plusieurs naturalistes ont parlé de l'appareil circulatoire des Némertiens. Pourtant il me paraît bien probable qu'il a échappe aux recherches de la plupart d'entre eux , au moins en grande partie. Tous ont regardé comme en faisant partie les ganglions du cerveau qu'ils ont pris pour des cœurs. Ehrenberg , Schultze, ITuschkc, Johnston, Dellc Chiaje , Dugès, Œj'sted, sont tombés »E QllATKKFACiF,»». — SDK I.KS iSÉMICBTIiS. ;2(J7 dans la même méprise, ce qui s'explique par la couleur inusitée du cerveau et des nerfs : aussi plusieurs d'entre eux déclarent-ils n'avoir pu reconnaître de contractions ni de dilatations dans ce qu'ils appellent le cœur et les vaisseaux. Ehrenberg , Joiinstoii , Schultze, OErsted, sont très explicites à cet égard. CErsted ajoute qu'à une certaine distance du cœur [cerveau) , il a perdu de vue les vaisseaux, qui semblent disparaître. C'est qu'en effet les troncs ner- veux latéraux qu'il a pris pour des vaisseaux perdent leur colora- tion à peu de distance de la tète et deviennent pres([ue impossibles à distinguer au milieu des tissus, Dugès, qui a vu battre les vais- seaux de la tête, mais qui a cru également que les lobes du cerveau étaient des cœurs, a figuré les anses céphaliques d'une manière assez reconnaissable (Ij; cependant elles sont bien plus simples qu'il ne les représente, et surtout elles ne sont pas en continuité avec le cerveau. Le naturaliste de llontpellieraété trompé par la coloration dequelque nerf céphalique. Johnston, qui prit également les ganglions cérébraux pour des cœurs, n'a pu reconnaître les rap- ports du vaisseau dorsal avec ses vaisseaux latérauv [troncs ner- veux). 11 en est de même de Délie Chiaje. Ce dernier parle en outre de rameaux qui, se détachant d'une veine médiane , iraient se porter aux cœcums des organes génitaux. L'anatomiste italien a sans doute été trompé ici par les brides qui traversent les ca- vités du corps. Toutes ces opinions s'expliquent très bien du moment qu'on admet les faits tels que je les ai décrits. Mais pour bien com- prendre la disposition de ces parties, il faut connaître le système nerveux : aussi reviendrons-nous plus loin sur cette discussion. Ici nous ajouterons seulement que, même sur les espèces à sang in- colore, il est très aisé de suivre d'une extrémité à l'autre les véri- tables vaisseaux une fois qu'on les a aperçus, et que leurs con- tractions , leurs dilatations s'observent, en général , avec une extrême facilité. Pour ne pas avoir vu ces mouvements, il faut nécessairement que les naturalistes, qui nous ont précédé dans cette étude , n'aient pas vu les vaisseaux eux-mêmes. (I) Luc. cit., PI. 2. fii:. «. L 268 BE QlATKEl'itWES. — SI H UÎS ÎMiMlillTES. g VI. Appareil respiratoire. 11 m'a été impossible de découvrir chez les Némertiens d'appa- reil respiratoire spécial ; mais à en juger par l'analogie, cet. appa- reil était ici inutile. Il élait représenté par la surface tout entière du corps, dont la structure et les cils vibratiles rappellent précisé- ment l'organisation des organes respiratoires d'autres animaux. Nous avons vu, dans la première partie de ce travail, que chez certains Némertiens il existe sur les côtés de la tête des fentes ou des fossettes garniesde cils vibratiles plus longs que sur les autres points du corps, et où les téguments deviennent beaucoup plus minces, perdent leur pigment coloré et acquièrent une grande transparence. Dans la Borlasie d'Angleterre, entre autres, ces fossettes sont très grandes (1) ; mais en revanche elles manciuent complètement dans un très grand nombre d'espèces. Huschke est, je crois, le premier qui ait voulu voir dans ces fos- settes l'ouverture d'un appareil d'irrigation interne par où l'eau pourrait arriver dans des vaisseaux latéraux [troncs nerveux). OErsted a adopté une manière devoir un peu différente; pour lui aussi les fossettes servent d'orifice à des canaux qui pénètrent dans l'intérieur de la tête , mais ces canaux vont porter l'eau autour des cœurs ( ganglions cérébraux). 11 croit donc à l'existence d'un véritable appareil respiratoire interne, à des espèces de trachées ariuifères. Ce naturaliste n'a eu à sa disposition que des espèces à sang incolore , et , croyant la couleur rouge du cerveau due au sang C[ui le remplirait, il a alti'ibué à de l'eau ainsi introduite la transparence plus grande que jirend la tète au moment où une forte ondée de sang arrive dans ses anses vasculaires , transparence qui est surtout sensible autour du cerveau à cause du cercle vas- culaire qui l'environne. Rathke , qui avait reconnu la véritable nature du cerveau, a regardé les fossettes dont nous parlons comme des organes de tact. 11 a bien vu qu'elles n'étaient nullement ouvertes h l'intérieur. Pas plus que Rathke, je n'ai pu trouver d'ouverture à ces fos- fl) ]lnli.'iiiiit.i-t plnji., \'\. !l, lig. 7. DE Ql'ATBEFACES. — SIR LES MÎMF.irrKS. ÛW settcs, qui, lorsqu'elles existent, peuvent être plus ou moins pro- fondes, mais qui ne m'ont jamais paru communiquer avec l'inté- rieur. Ce qui a dû tromper OErsted, c'est l'existence des fortes branches nerveuses qui s'yrendeiil, et l'amincissement des tégu- ments (1). Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des organes des sens. Une des raisons qui, indépendamment de ce que nous enseigne l'observation, aurait presque sulTi pour faire rejeter l'idée d'OErs- ted , c'est le peu de constance de ces organes. Plus que |)ersonne nous sommes convaincu qu'il faut être très réservé en appliquant à des animaux aussi dégradés que les Némertiens les principes de l'analogie , très bons peut-être pour les animaux supérieurs. Cependant il y a généralement un tel accord entre les appareils circulatoire et respiratoire, et dans une famille aussi naturelle que celle dont nous parlons il serait si fort en dehors de tous les faits de voir l'un de ces systèmes paraître et disparaître sans quel'autre éprouvât le moindre changement, que ta qualité d'organe de respiration nous semblerait pour cela seul ne devoir être attribuée aux fossettes céphaliques qu'avec la plus grande réserve. Si c'est la surface entière du corps qui joue le rôle d'organe respiratoire , il s'ensuit que la respiration doit s'exercer principa- lement et plus immédiatement sur le liquide qui remplit les gran- des cavités que sur le sang lui-même, puisque celui-ci est renfermé dans des vaisseaux qui sont entourés par le liquide dont nous parlons. Cette conséquence obligée peut paraître étrange au pre- mier abord ; cependant elle n'aura rien de bien surprenant pour les personnes familiarisées avec l'étude des .aiimaux inférieurs. Parmi les Annélides errantes elles-mêmes, il s'en trouve qui nous présentent des faits entièrement semblables. § VII. Appareil (jénitnl. Les sexes sont séparés chez les Xémerliens. Chez les niàles et les femelles les organes génitaux sont enlii'rcment semblables, occupent la même position et ne diffèrent ((ue par les produits, œufs ou Spermatozoïdes. (I) PI. 14 270 nE QlIilTRCFAfliRS. — SUR LES NlÎMERTES. 1° Ovaires et testicules. Nous avons dit plus haut que la cavité moyenne ou cavité abdominale du corps était séparée des deux cavités latérales par des espèces de cloisons verticales. C'est à ces cloisons qu'adhère l'organe reproducteur formé par une suite de cœcums plus ou moins digités , comme chez la Bor- lasie d'Angleterre (1), ou simples, comme dans le plus grand nombre des autres espèces (2j. Les parois de ces ovaires sont g(;- néralement assez épaisses , et leur transparence est souvent assez peu prononcée. Dans la lîorlasie , elles paraissent formées de di- verses couches de cellules , et garnies extérieurement de cils vibratiles (3) ; cette structure rappelle un peu celle que nous avons décrite et figurée dans les Edwardsies (4). Hors du temps de la reproduction , on ne trouve dans les cœcums dont nous venons de parler qu'une liqueur plus ou moins opaline , et qui doit cette teinte à des corpuscules formés de gra- nulations irrégulièrement agglomérées. Les mâles et les femelles se ressemblent sous ce rapport. 2° OEiifs. Lorsque les organes génitaux entrent en action , on trouve chez les femelles l'ovaire rempli d'un liquide où nagent des corps en apparence très dilîérents les uns des autres. On y voit entre autres des sphères entièrement homogènes et diaphanes, tan- tôt isolées, tantôt plus ou moins entourées de granulations (5). On y rencontre encore, surtout chez la Polia quadriondata , des gouttelettes oléagineuses d'un beau jaune d'or. En général , ces organes ne renferment pas d'œuf complet et bien caractérisé. Ce n'est que dans les cavités latérales du corps qu'on peut ob- server ces derniers, et, dans plusieurs circonstances, chez un grand nombre d'espèces, je les ai vus à divers état de développe- ment. Quelquefois, chez la Polia quadriocnlata , par exemple, je trouvais les moins avancés comme enchâssés dans les mailles du tissu lacuneux ; mais le plus souvent ils flottent pèlc-mêle dans (1) PI. 10, fig. 8. (-2) PI. 1 0, fig. 1 ; PI. n , 6g. 2 ; PI. 1 2, fig. 1 (3) PI. 12, fig. 4. (i) Ann. des Se. nal., t. XVIII, PI, 2, fig. 1 (5) PI. 11, fig. 2. DE QliATREFAeES. — SUR LES HtéWERTES. 571 cette cavité, entre les cwciims et les parois du corps (1). On distingue très aisément cliez eux le vileliuspi-oprement dit, dont l'enveloppe propre échappe longtemps aux regards de l'observa- teur , et la vésicule de Purkinje toujours plus ou moins apparente; mais je n'ai pu reconnaître de tache de Wagner, peut-être par suite du défaut de transparence. Lorsque les œufs ont acquis tout leur développement , ils far- cissent pour ainsi dire le corps entier , et quelquefois refoulent entièrement en haut et en avant l'intestin qui se contracte et semble tendre à s'atrophier. En même temps, ils effacent presque complètement la cavité médiane (2). Pressés alors les uns contre les autres , ils perdent la forme sphérique , et se groupent comme nous l'avons représenté ici (3). A cette époque , la mem- brane enveloppante est bien distincte, et on peut même la croire séparée du vitellus par une couche très mince de matière transparente. Le nombre et le volume de ces œufs varie avec les espèces. Nous avons représenté ici une Polia quadrioculata dans un moment où les œufs n'avaient pas encore pris tout leur développement, Dans les Borlasies, dans les Némertes, le nombre en est bien plus considérable , et leur volume est bien moindre relativement à ce- lui du corps de l'animal. Une évaluation approximative me ferait porter à sept ou huit mille au moins le nombre des œufs dans une Némerte balmée de taille moyenne. 3° Spermatozoïdes. Les Némertiens mâles nous présentent des faits très semblables à ceux que nous venons de voir chez les femelles. A. l'époque de la reproduction , on voit chez la Semerks balmca les cœcums testiculaires se remplir de granulations de di- vers diamètres, tantôt isolées, tantôt groupées, et réunies en masses arrondies (4) ; mais je n'y ai pas rencontré de Spermatozoïdes entièrement développés. La même observation s'applique à la (1)Pl. 12, fig. 2. (2) PI. 12, fig. 1. (3) l'I. Il, fig. 3. (4) PI. 12, fig. 2; PI. 9, fig. 3 et 1: PI. Il, fig. 4. 272 DE QL'ATREFAGES. — SUR LES NÉMERTES. Polia baculus et au Cerebralidus crassus , dont j'ai trouvé aussi les Spermatozoïdes. Ce n'est que dans les cavités latérales du corps que j'ai vu ces derniers bien caractérisés ; mais là encore ils se mon- trent à divers états de développement, depuis des masses granu- leuses, assez semblables à celles qui remplissent les ovaires, jusqu'à, des aggrégats de Spermatozoïdes pourvus de leurs queues (1), et jusqu'à des Spermatozoïdes isolés. Le développement des Spermatozoïdes relativement au volume du corps m'a paru comparable à ce que nous avons dit des œufs. Dans une des Polia bucidus mâles que j'ai examinées , le tube digestif était également refoulé en haut et en avant , et la cavité où il (lotte presque entièrement effacée. Les Spermatozoïdes des Némertiens n'ont encore été décrits que par OErsted , qui a figuré ceux de son Xotospermus flaccidus (2), Il les représente comme ayant une forme naviculaire allongée et étant dépourvus de queue. Ceux que j'ai vus dans les trois espèces mentionnées plus haut sont très différents ; ils ont tous un corps et une queue extrêmement fins , et qui , pour être distingués, sur- tout chez la Polia el \e Cerebratulus , ont exigé l'emploi d'une très forte lentille n° 10 de Nachet. Chez la Némerte balmée, j'ai pu reconnaître l'existence de cet appendice à l'aide d'une des excellentes lentilles n° 9 de George Oberhaùser (3). Les Sper- matozoïdes de la A'emertes babnm ont le corps allongé, élroit, presque également atténué aux deux extrémités {h). Ce corps a à peine 1/150 de millimètre de long sur l/ûSO de niillimèlre en diamètre; la queue est d'une longueur presque double. Dans la Polia baculus et le Cerebratulus crassus , le corps est presque pyriforme , et a tout au plus 1/200 de millimètre de long; la queue est environ deux fois plus longue. (1)P1. 9, fig. 6; PI. 12,ng. 2. (2) Loc. cit., PI. 3, (ig. ;;.■). (3) Je me servais, dans les deux cas. de l'oculaire n" 3 du grand microscope de Gaorge Oberhaùser. (•l) PI. !), fi.2, 0. — l.e firaveur a repré.«enlé ce corps en fiénéral Irop renflé anlériiMircmont. DE QL'ATREFACiE«i. — SLK LES iNÉ.Vf KKTKS. '21'6 Ces Spermatozoïdes conserveiiL leurs mouvements caracté- ristiques assez longtemps après être sortis du corps de l'animal. La première fois que je les aperçus , ce fut dans un grand vase de verre où j'avais placé une Némerte balmée prise dans le milieu du jour. 11 était alors sept heures du soir. Le sperme éjaculé for- mait au fond du vase un nuage d'un blanc mal, lequel consistait uniquement en Zoospermes, les uns libres, les autres encore réunis en petits groupes. Au bout de quatre heures , le nuage s'é- tait dissipé , et les Spermatozoïdes s'étaient répandus dans tout le liquide , dont la masse pouvait être évaluée à au n)oins deux litres. Une goutte de ce liquide, de 2 millimètres de diamètre, prise à la surface , dans le point le plus éloigné de l'endroit où avait eu lieu l'éjaculation , renfermait environ cinquante Spermatozoïdes ; leurs mouvements, très vifs dans l'eau de mer, cessaient presque inslantanénient par l'addition de l'eau douce. Le lendemain , à huit heures du matin , ils étaient encore très actifs ; mais , dans la journée , ils péi'irent tous, soit que leur somme de vitalité fût épuisée , soit cjue le manque de renouvellement du liquide accélé- rât ce qu'on pourrait appeler leur mort (1). BÉFLKXIONS. Varmi les animaux qui forment la famille des Némertiens , le nombre des mâles paraît être de beaucoup inférieur à celui des femelles. Siu' au moins cent cinquante individus examinés à l'é- poque de la l'eproduction , j'ai à peine rencontré cinq à six mâles ; et sur trente-quatre espèces que j'ai étudiées à l'état vivant, je n'ai vu lès mâles que de trois seulement. 11 est presque inutile de faire remarquer qu'une disproportion plus considérable encore , entre les individus des deux sexes , a déjà été signalée pour certains (I) J'emploie ces expressions pour faire comprendre que je ne regarde nulle- ment les Spermatozoïdes comme àa .animaux proprement dUs, mais seulement comme des espèces d'organes pouvant conserver une certaine somme de vitalité après s'être séparés de l'appareil où ils ont pris naissance. Cette manière de voir ne m'est d'ailleurs pas personnelle et est aujourd'hui celle de la plupart des zoo- logistes français ; MM. de Blainville, Edwards, Duvernoy, etc., l'ont professée depuis longtemps. 3" série. Zooi,. T. VI. (Noveuilire islf, ) _, 18 274 «E QUATREI-'ACES. — SUR LES NKMERTRS. Intestinaux ; an reste , je ne serais pas surpris de voir ce fait se généraliser. A mesure ([ue l'organisation se dégrade chez les ani- maux inférieurs , il semble cjuc le sexe femelle prédomine davan- tage. Déjà, sous ce rapport, les Annélides errantes présentent une tendance assez manifeste, et, autant que mes recherches me permettent d'en juger, les mâles y sont sensiblement moins nom- breux que les femelles. Le nombre considérable des œufs qu'on rencontre chez les fe- melles , l'envahissement du corps entier par ces produits de l'ovaire , le refoulement presque complet de l'intestin , nous ex- pliquent peut-être une des opinions qui ont été émises sur des ani- maux très difTérents des Némertiens, mais qui leur ressemblent, sans doute , par leur grande fécondité. On sait (|ae quelques natu- ralistes ont regardé la l'ilaire de Médine comme une sorte de sac ou de capsule ovigère. 11 est probable que chez cet Intestinal, comme chez nos Némertes , les œufs ont seulement rempli momen- tanément la cavité entière du corps, et empêché de distinguer les autres organes. Des considérations analogues expliqueront peut- être aussi d'une manière très simple ce que quelques helmin- tologistes nous ont appris sur des capsules ovigères animées et vivantes. Le développement des œufs chez les Némertiens me paraît mériter de fixer un instant l'attention. Il me semble évident qu'ils se forment dans lescœcums, dont j"ai désigné l'ensemble sous le nom d'ovaires. Les petites sphères homogènes transparentes me paraissent n'être autre chose que les vésicules de Purkinje encore isolées. Les granulations qui viennent les recouvrir sont les pre- miers rudiments du vitellus ; mais aussi il est bien évident que ces œufs n'achèvent pas leur développement dans l'organe où ils ont pris naissance , et qu'ils n'acquièrent toute leur perfection que dans la cavité latérale du corps ; aussi est-il facile d'expliquer l'o- pinion vers laquelle semble pencher Johnston , qui se demande si ces cœcuras no seraient pas une dépendance des organes de la digestion. Les Spermatozoïdes nous présentent des faits tout semblables. Faix aussi commencent à se montrer dans les cœcums, ou, pour DE QtATRErAliES. — SI 11 l.l-S \K\li:il lICS. Û~') parler plus exactement, c"est là que iiaissciil les masses qui se résoudronl plus tard en Spermatozoïdes (l). Lorsqu'on examine seulement ces cœcums génitaux même en pleine activité, il est bien diflicile, pour ne pas dire impossible, de reconnaître si l'on a sous les yeux un organe mâle ou un organe femelle. Les granulations régulières ou irrégulières qui les rem- plissent se ressemblent presque entièrement. Tl faut que ces masses tombent dans la cavité latérale pour y acquérir leur caractère propre par un développement ultérieur. On peut bien dire que chez les Némerliens les organes générateurs se ressemblent non seulement par leur position, par leur forme , mais encore jusqu'à un certain point par leurs produits. En d'autres termes , on peut dire que les œufs et les Spermatozoïdes ont chez ces animaux, dans les premiers temps de leur apparition , des ressemblances très grandes qui ne s'elTacent que plus tard. La plupart des auteurs qui se sont occupés de l'organisation des Némertiens ont reconnu la vraie nature des organes génitaux. Mais aucun , excepté Johnston , n'a parlé du rôle important que jouent ici les deux cavités latérales du corps. Dugès a cru que les cœcums communiquaient au dehors par des ouvertures latérales. Œrsted a embrassé la môme opinion et a même figuré ces ouver- tures (2). Probablement ces deux naturalistes auront été trompés par quelque rupture. Je reproduis ici un dessin copié rigoureuse- ment d'après ce qui s'est passé sous mes yeux (o). On verra qu'il est impossible de croire à une communication des cœcums avec l'extérieur. Au reste, comme je l'ai dit plus haut, OErsted paraît ne pas avoir vu les cavités latérales , et dès lors il a dû être plus (1) J'ai fait connaître des faits semblables chez les Annélides [Comples-rendus de l'Académie des Sciences, séance du 28 août 1 843). Les détails que j'ai recueillis depuis cette époque me permettront de compléter ce que j'ai dit à ce sujet quand il me sera po-sible de publier mes recherches sur les animaux de cette classe. (2) Luc. cil., PI. 3, fig. 34. (3) PI. 12, lig. 2. — Les téguments se sont rompus , les couches musculaires sous-jacentes ont fait hernie au dehors et, en se divisant , ont lai.ssé s'échapper des masses zoospermiques qui se résolvent en Spermatozoïdes. 27() DE QUATREFAGES. — SIU I.liS MÎMliinES. lacilement trompé par un accident de la nature de celui que j'ai retracé ici. S VIII. Sj/slôiiiQ ncri;euj:. Le système nerveux des Ncmertiens est parfaitement caractérise et très facile à reconnaître sur les espèces qu'on peut étudier par transparence. Quelques précautions sulfisent pour le trouver aussi sur les grandes espèces dont la taille permet d'employer la dissec- tion. Chez la Borlasia anrjliœ on peut sans trop de peine le mettre à découvert et reconnaître ses principales dispositions même chez des individus conservés depuis longtemps dans l'alcool. Cet appareil, d'ailleurs très simple, est composé d'un cerveau et do deux troncs latéraux , fournissant de nombreux filets à la tète et au corps. 1° cerveau. Le cerveau des Némcrtiens se compose de deux ganglions souvent considérables comparativement au volume de la tête, placés dans la cavité céphalique des deux côtés de l'œso- phage (1). Ces deux masses principales sont réunies par une ban- delette qui passe sous l'œsophage {•2) et dont les dimensions tou- jours très considérables varient d'ailleurs selon les espèces (3). Un très petit filet, passant d'une masse à l'autre par dessus la trompe , complète le collier œsophagien (i). De ces deux masses principales partent en avant les nerfs cé- phaliques. Le nombre des troncs varie , et sans doute aussi dans bien des circonstances n'ai-je pu les distinguer tous. En général il m'a paru que les rameaux médians se portaient vers la trompe etvers la portion du tube digestif que j'ai désignée sous le nom de bouche. En dehors de ces rameaux, un certain nombre se dirige vers les yeux. Enfin les plus extérieurs, quelquefois d'un volume considérable, se portent vers les fossettes céphaliques ou vers la place qu'elles occupent quand elles existent. Chacun des ganglions latéraux dont je viens de parler semble être essentiellement formé de deux masses qui se seraient soudées (I) ri. 8, ng. 1 et 2; PI. 9, fijl. 1. {î) PI. U, fig. 1 et 3. (3) Voyez Recli. anal, il plijis., pls fl à 17, el lu |i!miche 1o. (4) PI. 8, li^. 3. DE QIA'l'RKF.tt^E»». — SI U I.KS MÎMliliï ES. ^TT el plu? uu iiioiiis confondues en chevauchanl un peu rune sur l'autre de dedans en dehors (l). De la portion antérieure et interne partent surtout les nerfs qui se rendent à la tète. La portion pos- térieure et externe donne naissance aux troncs nerveux latéraux el à quelques filets qui se portent vers la trompe i"!). Lorsqu'on dissèque une grande Borlasie , on reconnaît que le cerveau proprement dit est renfermé dans une sorte de dure-mère fibreuse fort épaisse et qui fournit, soit aux troncs latérau.x , soit aux nerfs de la tête , des gaines fibreuses très fortes (3). Chez les petites espèces, cette enveloppe ne peut d'ordinaire se distinguer. La substance du cerveau elle -même est tiansparentc, diaphane, légèrement globulineuse. J"ai cru reconnaître dans rintérieur des ganglions, soit encxaminanldescerveauxde Borlasie coupés trans- versalement, soit en comprimant avecprécaution certaines espèces, que chacun de ces ganglions présentait un ventricule très petit relativement à la masse (/i). Par les mêmes moyens j'ai cru distin- guer dans la bandelette qui les unit deux faisceaux de fibres, qui à leur entrée dans les ganglions divergeraient en se portant l'un en avant , l'autre en arrière (5) ; mais je n'oserais trop compter sur l'exactitude de ces observations que leur difficulté rend un pou incertaines. Chez un grand nombre de Némertiens, viais non pas chez toits, le cerveau est plus ou moins coloré. Nous avons insisté sur ces différences dans la première partie de ce travail. Cette coloration, lorsqu'on examine les animaux par transparence, semblerépandue dans la masse entière et ne pas s'arrêter à l'enveloppe. Ce qui me semble militeren faveur decette opinion, c'est que la coloration est quelquefoisbornée à certaines parties du cerveau comme dans la Polia berça (Q) et la Polia opaca (7). 2° Troncs nerveux latérau.r.Gcs, troncs nerveux se détachent du cerveau en arrière, se portent immédiatement sur les côtés, tra- versent le diaphragme vertical dont nous avons parlé et régnent (1) Voyez les planclies de 9 à 17, [i'j Rn-h. nunt. etphys.,V\Ao,fig. H. Rech. anal, el phijs. (3) Id., l'I. t j, fig. 14. i'2) PI. 8, fig. I. (6)/d., l'I. 15, fig. 14. (3) PI 13, fig. 9. (7)/d., PI. 14, fig. 5. 278 UE VlA'l'RK:>'''*«>il':*!>- — sur les ^ÉMERTES. d'une extrémité à l'autre du corps (1). De ces troncs partent d'espace en espace des filets qui se portent probablement aux couches musculaires , mais que je n'ai j tmais pu suivre assez loin pour être certain de ce fait. Dans ce trajet, les troncs dont nous parlons sont placés entre la couche musculaire à fibres longitudinales et la couche muscu- laire à fibres transversales ; mais ils paraissent y être entourés d'une enveloppe propre. On peut aisément s'assurer de ce fait par une simple coupe d'une Borlasie conservée dans l'alcool. On voit très distinctement sur les côtés la tranche de ces nei'fs qui se distinguent à la première vue des tissus voisins (2). Je n'ai distingué le long de ces troncs primitifs aucune trace de véritables ganglions. Seulement les filets qui en partent sont assez irrégulièrement épates à leur base , et quelquefois on pourrait Croire qu'il y a là une sorte de renflement; mais cette particula- rité ne se reproduit pas d'une manière constante (3). La coloration du cerveau se prolonge quelquefois sur les troncs nerveux, mais jamais elle ne s'étend à une grande distance de leur origine. Quantaux filets nerveux qui en partent, je les ai presque toujours trouvés entièrement incolores. Dans la Polia lierea , ils pi'ésentent la teinte orangée qui caractérise le cerveau lui- même (4) : aussi est-ce dans cette espèce que j'ai pu les voir avec le plus de précision. HÉFLEX10NS. , De tous les auteurs qui se sont occupés de l'organisation des JNémertiens, IM. Rathke et moi sommes les seuls qui ayons regardé comme appartenant au système nerveux l'appareil que je \ iens de décrire. Dès la fin de 1841 , j'avais communiqué à la Société Philomatique , et inséré dans le journal l'Institut, un extrait des observations que je venais de faire sur ce sujet pendant mon sé- jour aux îles Chausey (5). Rathke, en publiant l'année suivante (1)P1. 8,fig. I; PI. 9, Ht;. I. (3) Pi. 9, lig. I. (i) FI. 8, fig. i et .■;. fi) Recti.) l'I. 14, lig, 4. (31 IM, 14, (ig. î. l'6] l'I. n, fig. 7. 284 DE QU.4TREFA«e«. — SUH LliS .MilIEHlIiS. masse céiél^rale, et, arrivé aux parois du corps, s'épatait contre un organe adliérent à ces dernières. Cet organe, de forme ovoïde, sem- blait présenter dans l'intérieur une cavité remplie probablement d'un liquide qui réfractait la lumière moins que la substance de l'organe lui-même (1). Enfin dans \eCerebratulus crassus , le nerf, partant du même point que dans l'espèce précédente, aboutissait à, un organe à peu près pareil. Celui-ci était également appliqué contre les parois du corps. Dans l'épaisseur de ces dernières, se trouvait un espace un peu plus clair, comme si l'organe ovoïde eût envoyé là un pro- longement cylindrique qui arrivait jusqu'aux téguments propre- ment dits (2). RÉFI.EXlOiSS. En parlant des fossettes céphaliques, je viens de décrire ce que j'ai observé; j'ai clierclié dans mes dessins à représenter exactement ce que j'avais sous les yeux. Il serait difficile de conclure d'une manière positive sur la nature de ce petit appareil. Mais l'existence d'un nerf s'épatant comme nous voyons que le font ces agents de la sensibilité et des perceptions dans les appareils sensitifs d'un grand nombre d'autres animaux, m'a fait adopter l'opinion que j'ai embrassée. Serait-ce être trop hardi que de voir ici un organe ressemblant de loin, il est vrai, à l'organe auditif des Mollusques? les faits présentés par le Cerebratuhts crassus et la i\emertes pe- ronea prêteraient peut-être quelque probabilité à cette opinion. Je ne puis guère partager la manière de voir de Rathtke , qui a cru que c'était un organe de tact. Rien dans la manière d'agir des \émertes, que j'ai tant de fois observées vivantes, ne vient à l'appui de cette doctrine. Encore moins puis-je embrasser l'idée d'Œrsted dont j'ai ]iarlé plus haut et qui regarde les fossettes comme des ouvertures et les nerfs qui y arrivent comme des canaux destinés k porter l'eau autour du cerveau. Je ne crois pas que l'habile naturaliste que je combats ici se fût laissé aller à cette manière d'envisager les faits s'il n'avait été entraîné par ce (^u'il croyait avoir reconnu de la nature du cerveau. (I) PI. 1i, lig. 3. iij PI. 14. lig. 6. DE QL'.4TREFAGE»i. — SUR LES NÉUEniES. 2S5 Ouoi qu'il en suit , s"il peut rester des doules légitimes relati- vement à la détermination organique des fossettes céphaliques, je ne pense pas qu'il puisse en être de même pour les points co- lorés de la tête. Ce sont bien réellement des yeux, mais des yeux très simplifiés, très dégradés, réduits peut-être dans bien des cas à une rétine (epate»ie)U r/(( îier/") pour laquelle une portion des téguments légèrement modifiés et protégés par le pigment joue- rait le rùle de cristallin. Dans ce cas, il est très probable que la perception des images n'est pas possible , et qu'elle est remplacée par une simple appréciation confuse de la lumière et des ténè- bres. Mais dans la j\emertes anlonina nous trouvons un œil pres- que aussi bien caractérisé que chez les petits Mollusques Gastéro- podes et possédant probablement une organisation semblable. Ici je crois qu'il peut y avoir perception des images. Au reste, on se rappellera peut-être que les Planaires marines nous ont montré dans l'organisation de leurs yeux des différences tout aussi tran- chées que celles que nous venons de signaler (1). TROKIÈnE PARTIE. CONSIDÉRATTONS GÉNÉRALES. — ANALOGIES ET AFFINITÉS ZOOLOGIQtES. § I. i'onsidérations ijénprates Il m'est permis d'espérer, après l'étude longue et conscien- cieuse quej'ai faite desNéniertiens, qu'on reconnaîtra l'exactitude des faits et des idées que je viens de faire connaître touchant leur organisation. S'il en est ainsi, cette organisation me semble être des plus remarquables. 1° Les Némertiens sont évidemment des représentants dégradés d'un type plus élevé. Or, en général , dans les faits de dégradation que nous connaissons jusqu'ici, on voit un ou plusieurs des appa- reils oi'ganiques se simplifier, tandis que les autres conservent leur im]5ortance première ou même prennent i)lns de développe- I; Luc cil., |j. 177 28G DE QL'ATREPAeES. — SLR LES MiMERTES. ment pour suppléer à l'insullisance ou à l'absence des appareils frappés de dégradation. Les appareils respiratoires cl digestifs , par exemple , sem]3lenl dans bien des circonstances se développer d'autant plus que l'ap- pareil circulatoire subit de plus grandes réductions. 11 me suffira de rappeler ici au souvenir des zoologistes ce qui existe chez les Insectes, les Arachnides et les animaux phlébentérés appartenant aux trois embranchements des Mollusques, des Annelés et des Rayonnes. Il n'en est pas de même des Némertiens. Chez eux tous les ap- pareils essentiels de la vie animale subsistent encore, mais tous y sont simultanément réduits à leur plus simple expression et comme dégagés de tonte partie accessoire. L'appareil digestif n'est qu'un boyau terminé en cul-de-sac ; le cerveau, un double ganglion, envoyant à chaque moitié de l'animal un tronc nerveux sans liaisons avec le tronc correspondant; l'appareil circulatoire n'a conservé que ses gros troncs chargés de remplir en même temps les fonctions de cœur et dépourvus de ramifications ; l'appareil re- producteur, malgré la place qu'il occupe dans le corps, ne consiste qu'en de simples poches. De toutes les grandes fonctions animales, une seule paraît manquer d'un appareil spécial. I,a respiration est probablement dévolue tout entière aux téguments. Mais on sait que chez les animaux les plus élevés eux-mêmes la peau joue un rôle dans l'accomplissement des phénomènes respiratoires, que ce rôle acquiert une importance d'autant plus considérable qu'on se rapproche davantage des types inférieurs ; et l'exception présentée par la respiration chez les Némertiens, relativement aux autres fonctions, est par conséquent plus apparente que réelle (1). 2° Cette simplicité d'organisation est une preuve nouvelle d'une (1) Cette disparition complète de l'apparoil respiratoire chez des animaux où la circulation existe encore et inrcomplit (Jrins des raissmux civs n'en est pas moins essentielle à noter en présence des théories que quelques naturalistes ont essayé de propager dans ces derniers temps. C'est un exemple de plus qui prouve que, tout en concourant à un but unique, les grandes fonctions organiques jouissent d'une certaine indépendance, et que, par exemple, les appareils qui servent à leur accomplissement ne sont nullement solidaires les uns des nutres. I DE Çl'ATBEFAGES. — SIR IRS MÎ.MKRTES. ^87 de ces vérités générales , que les iravaux de plusieurs naturalistes modernes et surtout d'Ehrenberg tendent h faire pénétrer chaque jour davantage dans la science , savoir f[ue la grandeur d'un ani- mal inférieur ne préjuge rien touchant le plus ou moins de compli- cations de son organisation, non plus que sur le rang qui lui revient dans nos classifications. Une Borlasic de trente pieds de long représente le volume de bien des millions de Rotateurs. Pourtant chez ces derniers la machine animale est cent l'ois plus compliquée que chez elle, et ces êtres microscopiques sont certainement beaucoup plus élevés dans l'échelle des êtres que les Némertiens. 3° Toutefois les dimensions d'un animal me paraissent n'être pas toujours sans inlluence sur son organisation ; mais celte influence, souvent difficile à apprécier, semble s'exercer en quelque sorte dans l'intimité même des organes. En voici un exemple. Chez les animaux les plus élevés en organisation , et qui dé- rivent d'un type peu variable, les éléments organiques paraissent être assez indépendants, quant à leurs dimensions, des variations de la taille ; il y a par exemple peu de différence entre le diamètre de la fibre musculaire élémentaire chez l'Éléphant , le Bœuf et la Souris. Les Insectes nous présentent des faits analogues ; le nombre des fibres musculaires diminue , mais leurs dimensions ne s'écartent guère de limites assez peu distantes. L'étude des Xémertiens conduit à des résultats bien différents. Les appareils organiques paraissent présenter le même degré de complication chez les Borlasies et chez les plus petites Polies, mais les éléments de ces appareils subissent une dégradation é\'idente. Les tégu- ments , par exemple , présentent le même nombre de couches chez la Borlasia angliœ (1 ) , chez la Nemertes balmea (2) et chez la Polia filum (3) ; mais les éléments dont se composent ces couches (cellules, cavités, fibres) deviennent de moins en moins distincts. Ainsi , de deux choses l'une : ou bien leurs dimensions diminuent au point que nos instruments peuvent de moins en (1) PI. 13, (jg. 1. (2) PI. 12, fig. 2. [%) PI. 13, fif;. i. 288 DE QlATBEFAtiES. — Slli I.KS NtMKlifliS. moins les isoler les uns des autres ; ou bien ils tendent à se fondre les uns dans les autres, et, dans ce cas, la modification serait bien plus profonde encore que dans la première hypothèse. Les muscles nous présentent des faits du même genre ; les fibres longitudinales du corps , bien distinctes chez la Borlasia angliœ, finissent dans les petites espèces par disparaître presque complè- tement. J'ai déjà fait connaître des résultats semblables que m'avait fom-nis l'étude des Aimélides (1) ; mais ici on pouvait dire que la variabilité des éléments oiyaniques dépendait de la variabilité du type lui-même ; car les Eunices et les dernières Annélides errantes examinées étaient loin d'apjjartenir à la même famille. Chez les Némertiens, au contraire, le type reste intact. Les appareils orga- niques n'éprouvent aucune simplification , la taille seule diminue , et dès lors il me semble diflicile de ne pas reconnaître chez ces animaux l'existence d'un certain rapport entre cette diminution et les modifications subies par les éléments de l'organisme. k° Dans les divers Mémoires que j'ai publiés, j'ai toujours indi- qué avec soin les modifications présentées par le tissu musculaire ; c'est en ellét celui qui se prête le mieux aux recherches de ce genre, et un de ceux qui m'ont présenté les degrés les plus divers d'organisation. Les Némertiens nous ont montré à ce sujet (juel- ques faits assez remarquables. Je rappellerai surtout ces grandes fibres longitudinales des Borlasies qui , très apparentes à l'ieil , ne se laissent pourtant pas isoler les unes des autres , et dont les fragments se déforment dès qu'on les sépare de la masse. Je n'avais pas encore rencontré cet état particulier de l'élément musculaire ; cependant les muscles qui servent à mouvoir les pi- quants dans quelques Oursins m'ont olfert quelque chose d'ana- logue. Du reste, nous retrouvons ici, comme nous l'avons déjà signalé bien des fois , l'élément musculaire présentant dans un même in- dividu des étals très différents. Sans répéter ce ([uej'ai dit plus haut , je rappellerai qu'à côté des muscles longitudinaux ii libres (0 Complcs-rrinlus. si'ance Ju -iO "Clobrc I 813.— /,7»s(/(u(. n° jU. p. 370. I ItE Qr.VTREFAftES. — SI B f.ES MiME/lTrS. :>R9 liislinclcs, nous avons trouvé dos muscles transverses , dont la structure fibreuse ne se trahit plus que par de simples stries ; puis des brides intérieures, dans lesquelles je n'ai pas même distingué ces traces d'une organisation longtemps regardée comme essen- tielle aux organes musculaires. Ces faits, quoique observés chez les animaux inférieurs , nous paraissent avoir une valeur piiysio- logique générale , et peut-être trouvcra-l-on à en faire l'applica- tion jusque chez les animaux les plus élevés. 5° Il m'est peut-être permis d'esjjérer qu'après les détails que j'ai donnés plus haut, personne ne melira plus en doute l'existence du système nerveux chez les Némertiens. 11 me semble qu'après les recherches d'Ehrenbcrg et celles que j'ai publiées ; il doit en être de même pour les Planaires. En rapprociiant de ces résultats ceux que l'étude des Intestinaux vient de donner à M. Blanchard , nous voyons qu'à mesure qu'on examine plus sérieusement les animaux inférieurs on voit de plus en plus diminuer le nombre des groupes regardés jusqu'à présent comme dépourvus de nerfs. Je suis bien convaincu qu'il reste encore beaucoup à découvrir dans cette voie, et sans rien préjuger de l'avenir, je crois qu'il viendra un moment où ce nombre sera très restreint , et borné peut-être aux êtres chez qui, connne chez les Éponges, tous les tissus se confondent en une substance d'apparence homogène. 0° Depuis longtemps on sait que , chez les Articulés proprement dits (Insectes , Crustacés, etc.), le cercle circulatoire est incom- plet. Les travaux de MM. Milne Edwards et Valenciennes ont récemment étendu à tout l'embranchement des Mollusques les résultats auxquels m'avait conduit l'étude de la circulation chez les Gastéropodes Phlébentérés , et démontré que là aussi le cercle circttlatoire n'est pas fermé , que le sang s'épanche dans la cavité générale du corps. Chez les Annélidcs , au contraire , ce cercle est complet ; le sang circule dans un système de vaisseaux clos sans interruption (1). Nous venons de voir qu'il en est de même (I) Je fais d'ailleurs pour les Annélides les mêmes réserves que pour les ani- maux Vertébrés. E» elîet, dans une note coniniuniijuée à la Société pliilomatique, j'ai montré que, chez ces derniers eux-mêmes, les dernières raniilications vasru- laires pourraient fort bien n'être que des canaux sans parois propres (L'Inxiiiid, V série. Znni.. T. VI. ( Novembre I 816.) r. I 290 DE QtATREFAGES. — SDIi LKS NKMRRTF.S. chez les Némertiens. D'autre part, M. Blanchard a découvert un système vasculaire également clos chez les Nématoïdes et les Trématodes. Tous ces faits tendent évidemment à agrandir l'in- tervalle que l'on croyait exister entre les Annelcs Articulés et les Jnnelés proprement dits. L'existence d'un appareil circulatoire com])let semblerait devenir un des caractères les plus constants de ces derniers. On objectera sans doute aux réflexions précédentes l'exception que présente jusqu'à ce jour la famille des Planariées. Ici , je ferai remarquer d'abord que nous ne connaissons pas encore à beaucoup près toutes les modifications de ce dernier type. 11 est bien évident pour moi que la Planaire dont M. Focke nous a fait connaître l'anatomie (\) est un animal très ditférent des Planaires marines ou d'eau douce que j'ai pu observer. Parmi ces dernières même, il en est qui, à en juger par les caractères extérieurs seuls, semblent devoir présenter des modifications anatomiques, dont l'ob- servation pourra seule nous révéler l'imporlance. \yAPlanariaviga- nia deDugès, par exemple, possède, indépendamment des pores génitaux , une ouverture extérieure qui pourrai! bien donner accès dans un système de canaux pénétrant dans l'intéiieur. D'un autre côté , la ressemblance paraît être si grande entre les Distomes et les Planaires, qu'il serait possible qu'au moins certaines d'entre 1 6 mars I 8 iii). Les rc'^sullals que l'étiule de la rircnlalion rlps Poissons a donnés à MM. Nalalis Guillol cl Holiin sont déjà venus confirmer une partie de mes pré- visions. Or j ai observé cliez l'Eunice san>,'uine des faits analogues . que j'espère pouvoir publier dans quelque temps. Je me contenterai de citer ici comme exemple ce que j'ai vu dans les organes respiratoires soit de cette espèce, soit de plu- sieurs autres. Le sang y arrive, il est vrai , par des vaisseaux; il s'en éloigne également dans des tubes à parois propres. Mais entre ces deux systèmes vascu- laires se trouve une solution de continuité , et. en sortant des vaisseaux o^p'ren/s, le sang tombe dans un tissu purement laninuire, où il est repris parles vaisseaux efférenU. J'ai observé des faits du même genre sur le tube digestif de certaines es- pèces appartenant il la même classe d'Annelés. (1) PL Ehrenbergii , Focke (.tnn. dn- Ulcmer Mtiseiiiiiis (1er iWitiinjeschichle , 1836). ruirsted place cette espèce parmi ses Illuilulocirht ; cependant elle diffère sous bien des rapports des espèces que, provisoirement au moins, je crois devoir réimir aux principales de ce groupe. 11 est évident que les Hhululncœla devront plus tard être encore subdivisés. DE QDATREFACiGS. — SUR I.RS iMÎMKmtCS. 291 ces derniùres possédassent un appareil vascukuie semblable ii celui que M. Blanchard a trouvé chez les Trémalodes. M. Blan- chard croit pouvoir présumer qu'il en est ainsi, d'après quelques résultats qu'il a déjà obtenus. Dans le cas où cette prévision viendrait à être confirmée, devrait- on regarder cet appareil vasculaire comme répondant complète- ment H l'aiiparcil circulatoire décrit par Dugi's? Je ne le pense pas. Je crois avoir démontré que ce naturaliste avait pris les lacunes mêmes du corps pour des vaisseaux sanguins. Sans revenir sur toutes les raisons que j'ai données ailleurs, il me suffira de rap- peler que Dugès croyait à une communication entre son appareil circulatoire et les oviductes, comniunication qui existe en effet entre ces derniers organes et le système lacunaire du corps (1). 7° Dans la première partie de ce travail , nous avons dit com- ment, sous l'inlluence d'une compression trop prolongée, les Némertiens entrent en ditïluence. L'ammoniaque, même en petite quantité , produit le même résultat. Déjà les Planaires et les Gastéropodes nous avaient présenté des faits semblables (2). Parmi les nombreux Tergipédiens que j'ai eu occasion d'observer, il en est chez qui ce phénomène se prononce avec autant de faci- lité que chez les Planaires marines les plus délicates (3). Quelques instants après que la désagrégation a commencé, tous les organes, tous les tissus sont entièrement confondus, et absolument mécon- naissables. Le cerveau et les principaux troncs nerveux persistent souvent seuls , et cette circonstance m'a permis de reconnaître quelques détails qui m'eussent échappé sans cela. Or, tous les animaux dont nous parlons ont les téguments formés à peu près de même. M les uns ni les autres ne présentent extérieurement une couche résistante ou coriace pareille à celle qu'on trouve chez les Annélides , par exemple, ou même chez les Rotateurs. Il (1) Mém. sur quelques Planariées viarines. (2) Mémoires sur quelques Planariées marines , sur l'Eolidine , sur les Gastéro- podes Phlébentérés {Ann. des Se. iiat.). (3) La diffliience se manifeste bien plus facilement chez les espèces marines que chez les espèces d'eau douce, au moins a en ju^'er d'après ce que j'ai vu plu- sieurs fois chez les uaes et les autres. 292 DE QVATREFAGES. — StiR LES MÎMF.RTF.S. nous paraît probable d'après cela que partout, où manquera cette couche solide extérieure , chez tous les animaux dont Vépiilerme (c'est-à-dire la couclie la plus extérieure) présentera la même délicatesse que chez les l'iauariées , les Némertiens et les Tergi- pédiens, on verra, dans les circonstances semblables ou analogues à celles dont nous avons parlé, la diffluence se montrer avec plus ou moins de facilité. Si nous insistons sur ce qui touche à ce phénomène, c'est qu'il nous semble avoir une importance plus grande que celle qu'on lui a attribuée jusqu'ici. Qu'est-ce en effet que la difllucnce tant qu elle se borne aux téguments ? Rien autre chose qu'une sécré- tion exagérée. La substance qui exsude alors de tous les points de l'animal ressemble entièrement au mucus qu'il produit lorsqu'on l'irrite. Seulement, on y trouve en plus grand nombre les granu- lations ou les cellules qui entrent dans la composition des tégu- ments. Ces faits, je dois le dire, me semblent venir grandement à l'appui de la théorie des sécrétions proposée en premier lieu par Henle et Goodsir. La composition des téguments des Mol- lusques, des Planaires-, celle surtout des Némertiens, offre une ressemblance très grande avec celle de certaines membranes sé- crétoires, des muqueuses par exemple. Nous voyons la sécrétion se faire sous nos yeux à l'extérieur de ces animaux. Pourquoi ne se ferait-elle pas de même à l'intérieur chez d'autres? S'il en est ainsi, certaines sécrétions exagérées, comme celles, par exemple, qui accompagnent la dyssenterie , la dernière période de plu- sieurs aflcctions graves, etc. , ne seraient autre chose que de véri- tables phénomènes de diflluence. La différence de stabilité des tissus explique d'ailleurs suffisamment la différence d'intensité avec laquelle ces phénomènes agissent dans les deux cas sur le reste de l'organisme. 8° J'ai déjà à diverses reprises dans le cours de ce Mémoire et ailleurs (1) attiré l'attention des naturalistes sur la cavité géné- rale du corps , sur le liquide qu'elle renferme , et sur le rôle im- portant que ce liquide joue dans la physiologie des animaux infé- (1) Noip sur le sani; des Aniipliflos. Ann. ilesSc. nul. Juin tSlC. UK QlATRKFAIiES. — SUl \.KS Nlhl l',l, I liS. 293 rieurs. Je crois qu'on adniotlra désormais assez t'aciienieiil que , chez ceux de ces animaux donl, les légunieiits n'ont que peu ou point de résistance , il a une importance réelle pour raccompiis- sement de certains mouvements généraux ou partiels , et qu'il est en rapport direct avec les fonctions de reproduction. Chez les Mollusques, chez les Articulés, ce liquide est en tout semblable au sang , ou mieux n'est autre chose que le sang lui-même épan- ché dans la cavité générale du corps et dans l'ensemble des la- cunes sous-cutanées; mais, chczlesAnnelés proprement dits, les deux liquides, sans communications directes, sont bien distincts, au moins analomiqiiemenl , si l'on peut s'exprimer ainsi. La difl'érence est-elle aussi grande eu ce qui touche aux fonc- tions de ces deux liquides? .le ne le crois pas, et l'observation de ce qui existe chez les Annélides errantes m'a depuis longtemps conduit] à cette conséquence, si bien confirmée par ce que nous venons de voir chez les Némertiens. En elïet, on voit chez les Annélides le développement de la ca- vité générale du corps , celui de l'appareil respiratoire et celui de l'appareil vasculaire, présenter une sorte de balancement très remarquable. Chez les Eunices , l'appareil vasculaire est extrême- ment développé , les branchies nombreuses sont parfaitement ca- ractérisées. En revanche , la cavité abdominale est peu considé- rable ; par conséquent , il y a chez les Eunices beaucoup de sang pouvant respirer facilement , et ))ea de liquide abdominal. .Au contraire, dans les espèces inférieures de la classe des Annélides , les branchies disparaissent , l'appareil circulatoire décroît sous le rapport du calibre de ses troncs principaux et sous celui de leur nombre. Alors on voit la cavité abdominale s'agran- dir proportionnellement d'une manière marquée, lly a ici peu de sang; ce sang ne reçoit plus l'action de l'air que d'une manière médiate; mais, en revanche, le liquide abdominal augmente et en quantité et en importance. Chez plusieurs Annélides errantes , le liquide abdominal peut .seul respirer directement, et s'il m'était resté quelques doutes sur ce point, les faits présentés |iar les Némertiens les auraiiMit évidemment l'ait cesser. Ici, luiUc pavi, les vaisseaux ne sont eu 294 »E VIATREFACiES. — SUR LES NÉMERTES. rapport immédiat avec la surface respiratoire ; toujours , ils sont plongés dans le liquide abdominal, auquel revient par conséquent la fonction de respiration. Il est donc évident que l'impoi-tance physiologique de ce li- quide s'est ici énormément accrue aux dépens de l'importance du sang lui-même. Il représente à la fois le chyle , car les produits de la digestion lui sont transmis immédiatement à travers les parois du tube digestif; la lymphe , car il reçoit tous les produits internes de l'organisme ; le sang enfin , au moins sous plusieurs rapjiorts, car nous avons vu plus haut qu'il était l'agent direct de la nutrition des œufs, et, comme lui seul d'ailleurs baigne les couches musculaires du corps, c'est encore lui qui doit être chargé de les nourrir. Nous venons de voir, en outre , que la respiration s'exerçait immédiatement sur lui. En présence de ces faits , on est réellement conduit à se demander ce qui reste au sang de ses fonctions primitives , à douter que le liquide renfermé dans les vaisseaux mérite réellement ce nom. S II. Affinités zooluyifjues. Avant les progrès que la science vient de faire tout récemment dans la connaissance de l'organisation des animaux inférieurs, il était assez difficile de se faire une idée nette des rapports existant entre le groupe des Némertiens et les groupes plus ou moins rap- prochés. Aujourd'hui on peut, je crois, embrasser jusqu'à un cer- tain point l'ensemble de ces rapports, comme je vais essayer de le faire. Toutefois je ferai remarquer qu'en donnant ici un aperçu de mes idées sur ce sujet, je suis loin de vouloir les présenter comme définitives. Mon intention est bien plutôt d'appeler sur ce point l'attention des naturalistes et de provoquer de nouvelles re- cherches propres à éclaircir de plus en plus l'histoire de ces grou- pes , jusqu'à présent si peu connus. M. Milne Edwards, on le sait, a proposé depuis quelque temps de partager le grand embranchement des Aniielês en deux groupes principaux ou sous-emlirancheineuts , savoir, les A rticulés et les yers.Diins le cours qu'il a fait cette année au .lardin dos Plantes, il adévuli)pi>é |)lus complètement ses idées relati\(unenl à la classili- DE QUATREFAUES. — SIR LES MtUHUTKS. 295 cation de ces derniei-s. Pour lui les/ >;•« sont cux-iiièmcs composés de deux groupes (|u'on pourrait caractériser par la position des cordons nerveux , réunis sur la ligne médiane dans le premier , isolés et latéraux dans le second. Voici la distribution de ces deux groupes : VERS. ANNÉLIDES. PLEURONÈRES. Annélides propremeiil (Jiles. l'éripales. Scoléides. Malacobdiîlles. Hirudinées. Trématodes. Kolaleurs. Helmintties | Nématoïde.. ( Lestoides. Dans cette classification , le groupe des Trématodes correspond à la classe des Turbellariés de M. Ehrenberg, d'où l'on a écarté les Gordiiis et les .\aïs (1) et à laquelle on a rattaché les Tréma- todes proprement dits. Cette dernière adjonction est pleinement justifiée par les travaux de M. Blanchard sur l'organisation des Vers intestinaux (2). La classe des Trubellariés ainsi comprise me semble devoir être adoptée comme représentant en effet l'état ac- tuel de la science. Quant à la division de cette classe, elle présente encored'assez grandes dillicultés. Remarquons d'abord qu'elle renferme des ani- maux dont les uns ont les sexes réunis (Trématodes, Planariés, Dendrocalis) ; d'autres chez lesquels les sexes sont séparés (Némer- tiens). C'est d'après cette considération que M. Milne Edwards a séparé des Annélides proprement dites [Annélides Errantes et Tuhicoles) , les Scoléides [Annélides terricoles ou au moins les Lombriciens (o). La même raison devra-t-elle nous faire partager fl) MM, d(! Siebold et Diijardin ont depuis longtemps indiqué la nécessité de celte suppression. Nous avons vu plus haut les raisons qui avaient pu guider M. Ehrenberg, lorsqu'il composa sa classe des Turbellariées ; mais nous avons dit aussi qu'elles ne pouvaient plus être acceptées , aujourd'hui que le nombre des animaux ciliés s'est accru. (2) Vlmiitnl. n"' 645 et 646. (.')) Ji^ fais ici cette réserve parce que, jiarmi les Annélides regardées comme Terricoles , il en est chez (lui je crois les sexes séparés : du moins c'est ce que me portent à croire quelques observations faites sur les Clymènes 296 ME QLA'l'KUVA«>IE»i. -- SUll LUS MSHUliTliS. en deux classes le groupe des Turbellariés ? PeuL-èire un juur sera- t-on en effet conduit à agir ainsi, mais pour le moment jo crois sulTisant de la diviser en deux .sous-classes. La première de ces sous-classes se compose d'animaux appar- tenant à deux types distincts. Les premiers sont les Trématodes et les Planaires. Si desrecherclies ultérieures viennent de montrer chez ces dernières un appareil vasculaire semblable à celui que W. Blanchard a trouvé dans les Douves, je ne verrai aucune raison pour les séparer les unes des autres. Ce seraient deux grandes fa- milles du même ordre. Déjà il résulte des faits acquis qu'il existe de telles affinités entre ces deux groupes, qu'on peut tout au plus les regarder conune deux sous -ordres distincts. J'adopterais comme second ordre de cette première .wi/s-rtaMe les genres et espèces appartenant au type des lîhabdocœla. Ce que j'ai vu chez un ccitain nombre de ces animaux me permet de les regarder comme formant un véritable intermédiaire entre le type des Planaires et celui des Némertes. Us ont des premières la dis- position générale des organes génitaux , la réunion des deux sexes, les organes des sens parfaitement caractérisés (1). Ils empruntent aux secondes la simplicité du canal digestif, lequel toutefois est Ici généralement très ample , la disposition des appareils vasculaire et nerveux (2). Au reste, ce que j'ai pu observer de l'organisation de ces animaux, tout en autorisant, je crois, ma manière de voir actuelle , m'a fait penser aussi qu'on avait probablement réuni dans ce groupe des êtres très différents. Aussi fais-je pour l'avenir de très amples réserves, et suis-je prêt à profiter de tous les pro- grès qu'une étude attentive pourra amener (3). (1) Dans une espèce %oisine du genre Vortex, j'ai trouvé des stylets sotidos à la verge, des yeux pourvus d'un cristallin parfaitement distinct, etc. (2) Un Dérostome d'eau douce, assez commun aux environs de Paris, m'a montré des canaux latéraux et un médian , visibles au moment de l'ondulation . disposés dans le corps comme chez les Némertes. Dans quelques espèces marines, j'ai trouvé des deux côtés de la trompe deux gros ganglions disposés comme chez les Némertes, et d'où parlaient les troncs latéraux, etc. (3) Je crois, par exemple, très possible que certains Rhabdocœlés ne soient aulre chose (|ue de jeunes Némerles ou de jeunes Planaires. DE QlATRKrAClES. — SLIl l.tS .MiMKll 1 ]^^. 297 La seconde 4'0(w-rta.y.sr des Turbellariésiraiirail jusqu'à pi'ésciil qu'un seul ordre, pour lequel je proposerai le nom de Mioca;lés [Miocœla Nob. ) emprunté au peu de développement de l'appareil digestif (1). La famille des Némertiens, dont je viens d'essayer de faire l'histoire, en serait, au moins pour le moment , le type fon- damental. La classe des Turbellariés su trouverait donc composée de la manière suivante : CLASSE. SOLS-CLASSES. ORDRES. ' Intoslin ramifié. . Dcndrocœlés . Turbellariés Monoiiiues. ' 1 \Inlestin sin l Denilrocœla) -. 1 llnlestin simple. . Khabdocœlés ^"'"^'•'-^""^^ ■ iWmUdocœla). VTurbellariés Dioiques Miocœlés (Miocœta). I EXPI,ICATIO\ DES FIGURES PLiNClIE 8. Fig. I et la. l'olip mandille rue jjar (rnnspurciife. (Ces deux figures n'eu funiieul. a proprement parier, qu'une seule. La Polie nnmdi.le, dentelles représentent 1 organisation , est censée repliée, et la partie moyenne du corps dépassant le format de la planche, on n'aperçoit que la partie antérieure (fig. I) et la partie postérieure (fig. I-'). Les lettres ont donc la môme signification pour toutes deux.) a, orifice buccal. — b, bouche. — c,c,c, trompe. — d, œsophage muni d'un appareil stylifère. — e.e.e.e, intestin. — e',e, terminaison de l'intestin , qui se change en un simple ligament, se recourbe d'arrière en avant, et revient s'attacher à la paroi de la cavité intestinale. — f,f,f, chambre longitudinale moyenne ou intestinale, renfermant la trompe, l'intestin, et se prolongeant au- delà du point nu se termine ce dernier. C'est cette cavité que la plupart des auteurs ont prise pour le tube digestif lui-même. — ■ g,g,'j. ovaire ou testicule. Ces deux organes, mâle ou femelle, se ressemblent entièrement et ne diffèrent que par les produits. — h,lt,h, chambres longitudinales latérales ou génitales, dans lesquelles fiotlenl les caecums ovariens ou testiculaires, cl qui, à l'époque de la reproduction, se remplissent d'œufs ou de spermatozoïdes. — i, anse vas- (1) De utivo, diminuer, et xo'Aitx. intestin. 298 DE «UATREFJtCiES. — SUR LES NÉMEIITIÎS. ciilaire c6|ihalique. — A-, point de jonction du vaisseau latéral avec une dos deux branches du vaisseau mcdio-dorsal. — l,t,l, vaisseau médio-dorsal se divisant, à son entrée dans la cavité céphalique, en deux branches qui contournent cha- cune un des lobes du cerveau avant d'aller se réunir au vaisseau latéral m,m,m. Ces vaisseaux , isolés dans tout leur trajet et ne fournissant aucun rameau , se réunissent en outre à l'extrémité postérieure en ». — 0,0, lobes du cerveau , fournissant en avant les nerfs céphaliques, et 'en arrière les gros troncs laté- raux PiP.p.p, qui régnent tout le long du corps, en fournissant adroite et à gauche des filets qu'on n'a pu indiquer ici. — 7, diaphragme musculaire ver- tical qui sépare la cavité céphalique du reste du corps. — r, diaphragme mus- culaire horizontal, qui forme a la première portion de la trompe un canal par- ticulier placé au-dessus de la chambre longitudinale médiane. (Voir la fig. IV.) Fig. II. Portion an tn-ieitrc di' l'OErsleà'a maculata. ■ — Le but de cette figure est de montrer la disposition du système nerveux chez les Œrstédies. Los troncs longitudinaux, au lieu d'être entièrement latéraux , se rapprochent ici de la ligne médiane. o, orifice buccal — b, trompe. — c,c, ovaires. — d,ri, cerveau. — c.e, troncs longitudinaux donnant naissance à de nombreux filets. Fig. III. Cerveau de lu Valencinia splendida, d'après un individu cnnscrrr depuis quatre ans dans l'atcool. — Ce dessin a été fait par M. Blanchard. u,(i, lobes du cerveau.— 6, commissure inférieure large et épaisse. — c, com- missure supérieure extrêmement mince et grêle. — d. nerfs céphaliques. — e,e, troncs longitudinaux du corps. Fig. IV. Coupe de Borlasia Anglia;, faite sur la première partie du trajet de la trompe , d'après un individu de 30 à .S'i pieds de long , conservé dans l'alcool depuis quatre ans. a, couches tégumontaires colorées. — h, couche musculaire à fibres longitu- dinales , traversée par des fibres rayonnantes partant de la couche r , qui joue on quelque sorte le rôle d'aponévrose. — d, couche musculaire à fibres trans- versales, présentant de même des fibres rayonnantes partant de la couchée. — /■,/■. chambres longitudinales latérales où flottent les ovaires ou testicules r/.çi. — h, chambre longitudinale moyenne. — !, trompe renfermée ici dans son canal particulier, formé par le plan musculaire /.■. fPar suite de l'action de l'al- cool et de la contraction de l'animal , ces parties sont très déformées. Sur le frai, ce canal est 1res déprimé, et le diaphragme forme nn plan horizontal à fibres transverses.) — /, vaisseau médio-dorsal, avec une enveloppe propre.- — m,m, vaisseaux latéraux, ou mieux laiéro-inférieurs , avec leurs enveloppes propres. — n,ii, troncs nerveux latéraux, avec leurs enveloppes propres. Fig. V. Coupe de la même Borlasia Angliae, pratiquée dans le imsinnqe dii point oii la partie terminale de l'intestin se recourbe et renient en avant, après s'ftre transformée en «ne sorte de liijament. — On retrouve presque les mêmes parties , mais leurs proportions sont dilTérentes. Le diaphragme horizontal a disparu. I DE QUATREFAt^ES. — SUR I.KS MÎMEUlliS. 299 et l'inlesliii i esl phicé dans la cavilé de la cliaiiilire Idiigitudinalo moyenne. On voit en i" la coupe du ligament terminal de l'intestin. Les vaisseaux l.m.m, ne sont plus logés dans l'épaisseur des tissus ; les couches musculaires ont di- minué considérablement d'épaisseur: les troncs nerveux ii,n, montrent tou- jours leurs enveloppes propres l'L.VNCUE 9. Fig. I. Portion unlcrkure de la lîorlasia camillea, vue pur tmnsparcnte. a, orilice buccal. — b,b, fossette céphalique garnie de cils vibratiles. — c,c, lobes du cerveau réunis par une large bandelette sous-œsopliagienne, et sem- blant résulter eux-mêmes de la fusion de plusieurs ganglions. — d,d, troncs nerveux longitudinaux donnant des filets aux couches musculaires et aux or- ganes intérieurs. — e,e,e,e, nerfs céphaliques. On n'a pas mis de lettre aux nerfs qui partent du cerveau pour se rendre au diaphragme vertical — f.f, groupes des yeux. — ij,y,'j, anse vasculaire céphalique. — (,;, vaisseau médio-dorsal se bifurquant à son entrée dans la cavité céphalique, pour donner les branches k,k, qui entourent le cerveau , et viennent se réunir en A, A, aux vaisseaux latéraux j',(,i. — m, m. m, ni, diaphragme horizontal, formant le canal propre de la pre- mière portion de la trompe 0,0. — ",«,11, ovaires ou testicules, dont lescœcums llottent librement dans les chambres latérales. L'espace compris entre les cloi- sons qui portent ces organes générateurs constitue la chambre longitudinale moyenne où est placé le tube digestif. iV. B. J'ai cherché à rendre dans ce dessin , d'une part , le mouvement ci- liaire qui s'observe dans toute l'étendue du tube digestif, et , d'autre part , un effet de moiré, résultant des mouvements indépendants des fibres musculaires du corps et du diaphragme horizontal, croisées à angle droit. Ce dernier phéno- mène , quelquefois très prononcé, pourrait facilement tromperies personnes non prévenues, et leur faire croire à l'existence d'organes ou d'appareils dont il n'y a en réalité aucune trace. Fig. II. Appareil alijtiférede la Polia mandilla. a, portion de la trompe. — h, portion de l'intestin. — f, premier renllemenl œsophagien. — d, second renflement œsophagien. (Ces deux portions sont d'un tissu dans lequel les forts grossissements font voir des fibres transversales très serrées ; mais leur aspect esl plutôt cartilagineux que musculaire.) — e.e, canal œsophagien présentant des dilatations et des étranglements dont la disposition varie d'une espèce à l'autre. — f, cavité propre du stylet complètement formé j. — h, h, glandes ijui accompagnent le stylet ((jhmdcs vénéneuses'.'). — !',i', cavités renfermant di^s stylets en voie de formation iperulœ sUjligenœ). Fig. III, IV et V. Développement progressif des vinsses spermntiques et des sper- matozoïdes. — Dans la ligure V, les spermatozoïdes, quoique encore agrégés, sont déjà pourvus de leurs queues. 300 D1-: Ql-ATREFAtiES. — SLH! LliS MÎlIl-nTES. Fig, VI. Speniialoziiidcx eompivtani'nl ih'oeloppés. Ces quatre dernières figures ont été faites d'après la \fmcrU's baliiwa , et a un grossissement de 500 diamètres. PLANCUE 10. Fig. I. Polie ('inellani na Irumpr, qui est à demi extroverscc . «,«,«, trompe. — 6, appareil stylifère. — c.c, intestin. Le mouvement d'e\- troversion s'exécutant d'arrière en avant, on comprend sans peine que le stylet doit venir se placer en c. Fig. II. Origine de la trompe chez lu Polia mulabilis. —300 diamètres. a,a, couches tégiimentaires. — h, muscles qui se rendent aux côtés de la tête. — i-, bouche.— (///, point doii partent les muscles d'attaclie , et où com- mence la trompe proprement dite. (Voir les figures I des Planclies 8 et 9.) — e, couche musculaire interne. — f, couche musculaire externe. — ij,ij, tissu lâche qui sépare ces deux couches, qui m'a paru être de nature musculaire, ou qui du moins est très élastique. Fig. III. !en (l'emu'. 1 i>sp. C. tnnnlula. Jïp — yeia^ia i Pf-ron), 1 csp, P. lyanelln. Une des Méduses les plus lieUcs cl les pins jilios- jihuresceiiies de l'Euiupe : prise *tri- );i côte du (^ornuiill. 4e — Chtysaora f.Peron^. I esp, C. hysoscelln. lit — Cyanea tPeru»), 2 esp, C". cnpitlain el C. LeininiAii. ti» — ' Metiusa (Linii., Esrhuliz ; Aurélia, Pérou). 2 l'sp. il/, nnriln el M. crucinla. 11^- SECTIOiV. — Ptilmogradcs i oteUes nus. !■•- Famille. Viiissenux anastomoses. 7e — Il illsin (fsp. nouvelle, tf'.stellala), TnndJ sur une jolie pplile Mriliise à six ovaires eloile^ et viiisseaiix minslomosés. KUe ubunde dans lu M:inclii; et snr les cntfs de l'Ecosse. 2c Famille. Vaisseunx sinipti-s ; uvaites roules el l, fonde sur une singulière petite Méduse remarquable par ses ovaires extrèmi-nicnl linéaires , su longue trompe et le develop|iemenl du buU>r> ocelliiire , ît l'exlrémilc aussi bien qu'à lu buse de chaque tenliirule, .V. Hallerata. CurnwuM. l.-jf — Gciyonin [Peron), I esp. nouv, G. api>endictilala. Manche. Hi" — lima tEsclioltz ? ), T. Bnirdii de Jobnslou. Côtes oiient;iles d'Ecosse, ^e Famille. Vaisseaux simples ; ovjîre eu manière de pc'doDcuIe. Gemmip.-ire. A. Pcdouculc à lobes luleruux; tentacules rusciciiles. 1*'* — BiiS"invilliesmoulins m'envoyait de Bordeaux lous les types de sa collection (jue j'ai désiré étudier, M. Sismonda toutes les espèces du Musée de Turin décrites par son frère , et M. lieqnien la vaste collection du Musée d'Avign(m. Enfin, en même temps que je recevais le nouveau travail de MM. IMiben et Koren sur les Échinodermes de Scandinavie, M. Desor rapporlaii du Nord une grande parlie des espèces décrites dans cet ouvrage remarquable (t) . En sorte (|ue pendant plusieurs mois il y a eu à l'aris un congrès d'Ècbinides, renferniaril des exemplaires types de presque toutes les espèces décrites jusqu'à ce jour, et un très grand nombre d'espèces nouvelles qui ont élé comparées direclement les unes aux autres , et non i)as seulenieni d'après des .souvenirs , des notes et des dessins. Ces comparaisons m'ont permis d'apporter dans mon travail un degré de précision auquel je n'aurais jamais pu atteindre s:'ns cela , et de reclilier une foule d'erreurs dans les déterminations faites d après les des- criptions , et dans l'identincation des espèces de différents terrains ou de ditTèrenles localités. Ces détails , qu'on pourrait taxer d'insigiiiliants en eux-mêmes , m'ont paru importants à signaler, parce qu'ils donnent la mesure du degré de confiance que mérite mon travail, et qu'ils me l'ouini.sseut une occasion d'exprimer ma recoimaissance envers les personnes qui m'ont fourni d'aussi précieux matériaux. lini)urliince do l'étiidi' des Echinodermes. Malgré leur petitesse et le lOle en apparence insiguifiajjt qiw jouent les Echinodermes dans la nature, ces animaux ont uiu> grandie importance pour l'appréciation des phénomènes génétiques généraux relatifs à l'éla- blis.sement successif du règne animal à la surface de notre globe. Celte importance, ils la doivent, d'un crtlé, à leur organisation compliquée, et, do l'autre, à leur présence dans tous les étages de la série des terrains fos- silifères. Sans rappeler ici ce qu'il y a de bien connu dans l'histoire de leur (I) Ofrersigt af Seandinavinis Echinodcrmcr af M. W. vi>ii riiiben ocli J. Koren. — Mnii. dr l.lrail. des Se. dr SlorkUolm. ISKi. l'.ATAI.Of.lH IIMSONMÎ DIÎS lîCrilMDlîS. M)7 or^anisalioii , je me bornerai ix Caire remarquer (|iie l'élude des espèces fossiles esl fécoude en lésulUits inléressaiits poui' la euiiiiaissance d(!s mo- dificalioiisquela slrucluredeces animaux a subies dans la série des temps. En efTel, l'enveloppe solide des Écliinodermes n'esl point simplement une production des téguments qui entourent la masse générale du corps: c'est, au contraire, une charpente solide très compliquée et intimement liée à t sens ; mais , à l'inverse des Étoiles de nier, la bouche est tournée en haut et l'anus s'ouvre à côté de la bouche Uu reste, la flexibilité de la tige de la plupart des Crinoïdes leur permet de se pencher dans tous les sens et de prendre, par conséquent, tontes les attitudes possibles vis-à-vis des milieux ambiants A cet égard encore , les Trinoidos occupent le der- nier rang parmi les fichinodermes, puisque la position respective de leurs organes vis à-vis de leur entourage n'est pas même fixée. Il résull(' de là que les Echinodermes . malgré le rang Inférieur qu'ils occupent incontestablement dans la créatiim, sont cependant plus propres à nous fournir des renseignements sur les modifications qu'a subies cette classe tout entière dans lu sèj le des temps géologiques, et sur la valeur de ces modifications , que ne le peut , par exemple , le test des Mollusques , quelque diversifié qu'il soit. Aussi ne douté je pas que la connaissance des fechinodermes n'acquière avant peu une très giande valeur pour l'his- toire des révolutions de notre globe, valeur qu'elle a déjà acquise pour moi, et (pie j'espère faire apprécier par les résultats du travail que je vais présenter. D'ailleurs, leur fréquence dans les couches de la terre, l'état parlait de conservation dans leipu'l on les trouve fréquemment, la fixité de leurs caractères , l'élégance et la diversité de leurs formes , les recom- mandent d'une façon foute particulière à l'attention des géologues , et leur fréiiuence sur nos côtes devrait être un puissant stimulant pour en- gager les zo(dogistes à étudier, d'une manière encore plus cmnpléte qu'on ne l'a fait jusqu'à présent , leur organisation remarquable et les phases de leur développement, sur lequel nous ne possédons encore malheureu- sement aucune donnée complète. Division des Ecliiiioilermes. La classe des Echinodermes se divise très naturellement en trois ordres, savoir ; 1" les SliiUridex, 2° les Èchinides , et 3" les Hnlnilniriilr.i , caracté- risés de la manière la plus générale par leur forme extérieure, qui cor- respond à des particularités d'organisation de première impoitance. La forme étoilée des Stellérides semble rattacher cet ordre . d'une manière plusparliculièrc, aux autres animaux rayonn('S. et leur assigner un rang C. ir\l,()(.l i: liAl.SDiNMÎ DliS KCIIIMDKS. ' 309 iiili riciir dans la classe, (jii;' jiislUie ('gaiement l'ensemble do lent- orjfani- .salion(l). Ce sont aussi lespieiiiieisqiii appaiaissenlù lasurfaee du -îlobe; ils soni à peu près les seuls repiésenlanls de loule la classe dans les (er rains de liansilion, y compris l'èpoqne hiiuilléie. Au premier aboid , ou pourrail être lenlé de scinder les Ècliinodermes éloiUs en deux el même en trois ordres ilislincts; cependant, quand on les examiner alleiitivemcnl, on ne saurait méconnaître uui^ élroile liaison enire les Astérides propre- ment dites, les Ophiures et les Crinoïdes. Kii ellel , les dilTérences si tran- chées qui semblent exister entre eux, lorsqu'cju com[)are les Ciinoïdes el les Astérides, s'etlacent pour ainsi dire complètement lorsqu'on lient compte des modilications que ces formes extrêmes présentent dans le groupe des Ophyurcs et des Euryales. Dans l'extension que je lui assifçne ici , l'ordre des Slellèrides comprend des animaux taitôt libres , tantôt lixès au sol par une lige plus ou moins longue . dont le corps est entouré de plaques en partie mobiles entourant une cavité centrale, munie d'une ouverture médiane , la bouebe, et sou- vent d'une seconde ouverture, tantôt opposée :\ la première, tantôt juxta- posée , qui est l'anus. Des appendices plus ou moins dèlacbés se prolon- gent en l'orme de rayons autour de ce centre, et forment tantôt de simples prolongements de la cavité principale, tantôt des bras distincts et arli- culés, et même des ravous rumiliés et très compliqués. Dans les genres dont la cavité cenirale est neltemeul circonscrite , les bras se délacbent eu forme d'appendices plus mobiles, mais aussi en rapport moins direct aveo les systèmes d'organes intérieurs : tels sont les Crinoïdes. Chez d'au- tres, les bras, bien que dislinels de la cavité centrale, sont cependant composés de plaques qui se lient encon' élroitenient à la cavité centrale ; ce sont les Ophiures. Enlin, les prolongements étoiles des Astéries ne sont plus que des sinus dr. la cavité centrale. Ilaiiporls qui cxixlcnl cnlrc les di/l'i^rcnl/t ordres d'Ecliinoiicrmes. M. J. Muller aflirme, dans son grand travail sur les Astéries, que le caractère qui dislingue le pins nettement ces animaux des autres Échino- dermes consiste dans un squelette intérieur, une sorte de colonne verlé- bralc , sur laipu'lle Us plaques solides du squelette extérieur seraient fixées. 11 aflirme même ((ue l'on n'observe rien de semblable chez les Échinides, dont la charpente solide est tout extérieure. Mais cette as- sertion est erronée, et le savant anatomisle de Berlin me parait avoir complètement méconnu l'analogie qui existe entre les ambulacres des Oursins elle sillon inférieur des rayons des Étoiles de mer. Cette analogie est cependant des plus complètes, car on y remarque le même arrange- ment des plaques, les mêmes ouvertures pour le passage des pédicelles,les mêmes rapports avec la plaque oculaire qui se trouve à leur sommet el avec l'appareil masticatoire qui est à leur base. Il n'y a pas jusqu'aux |)laques ambulacraires iiui ne supportent la comparaison malgré leur plus grand (I) Laniarck est allé jus(|u'ii séparer les KiitTiries des Échinodermes, pour les ranger parmi les l'olypes. nor.iljii'. OiKuil ;iii (lisiiiic iin.il , il csl beaucoup plus Olcndii, mais cela se. conçoit nisL'ment si on a égani à l'oxlcnsion qm' prend , dans les Etoiles (le nier, la région 1res élroile eireonscrile par les plaques orellaires et gé- nitales (les Éeliinidos. L'analogie des Astéries et des Oursins est même si complète, qu'un pourrait appeler les premières des Oursins ouverts et aplatis par derrière, et vice versa les Oursins des ttoiles de merconlractées et rcnlléesen forme de sphère. Cette contormitédes Oursins et dos Étoiles de mer mo fait douter de l'exactitude des ohservations qui placent les fi- lets nerveux qui se rendent aux yeux, à la face inférieure ou extérieure des ambulacres chez les Étoiles de mer, tandis qu'ils longent la face inté- rieuredu test chez les Oursins. A la suite des SIelléridcs, on place tout naturellement les Échinides. Comme les SIelIérides , ces animaux ont le corps entouré de plaques solides, mais ces plaques ont acquis une plus grande fixité. Leur nombre est déterminé: elles forment constamment dix zones do plaques dis- posées par paires, dont les unes sont perfon'-es, tandis que les autres sont entières. Ces plaques , qui alternent d'une manière constante, sont dispo- sées de manière à former un corps sphéroïde, tantôt globuleux , tantôt allongé el plus ou moins aplati. Des plaques dune nature particulière entourent la bouche, qui est placée au centre d'irradiation des dix zones, tandis qiu' l'anus s'ouvre dans une autre direction , soit en arrière , soit à l'opposile de la bouche. l,a gradation qui existe entre les Échinides et les SIelIérides est évidente ; ce sont bien les mêmes éh'menis constitutifs qui .se letrouvent dans les deux groupes, comme cela s'ob.serve, en général, chez les animaux d'une même classe. Mais, tandis que les SIelIérides présentent des combinaisons très vari(''es, et un arrangejiient qui n'est fixé que dans certaines parties, tandis (|ue d'autres se nuiltiplient pour ainsi dire à l'infini , ce qui est tou- jours un caractère d'infériorité, les Échinides nous oITrent une fixité dans leur charpente (pii prouve que , chez ces animaux, lescaraelères propres à la classe se sont circonscrits dans des limites déterminées et constantes. Néanmoins les Échinides ont encore une loiine rayonnée bien évidente. La bouche est le cenire autour duquel tous les organes sont disposés. Les appareils qui l'enlourcnt, et auxquels elle s'attache , se consolidi'ut les premiers, et, au moyen de rapprochements ba.séssurla position du corps madréporique et des ouvertures génitales, il est toujours facile de ramè- nera une position identique les zones de plaques des Échinides et les rayons des Astéries , et de retrouver une tendance à la disposition bilaté- rale chez les Entoiles de mer les plus régulières en apparence , non moins que chez les Spatangues les plus allongés. AccroissrmriH des Krhinides. S'il est facilede saisir ces rapports , il n'est pas aussi aisé de se faire une juste idée du niodi^ d'accroisseinent d'animaux sphcMoides ou étoiles ayant un nombre de rayons déterminé , et une enveloppe extérieure com- posée de pic'ces solides dont le riombie va eu augnu'nlanl. ,\ défaut d'ob- cnvr.oi;!!' iiMso>Mî mes kciiimdks. ;VH scivalions (Jiffclcs, j'.ii pu liicr quelques iiidiiclions , sur re sujet , de la tnmpa raison de nombieiix iiMlividiis de dliréicnie faille, delà itii^mc es- père, el je me suis assuré que ce soni les exirémilés opposées du rnrps qui se eonsolident les piemiéres; c'est à -dire eliez les (ùhiiiides, d'un cMl- la bouelie, el de l'autre les plaques génitales et ocellaires qui Ibr- ment comme les deux pftles de la sphère. Les plaques de la péripliérie aug^mentenl d'abord eu \olumi' el en nombre autour de la bouche, et, à mesure que l'Oursin grandit . c'est entre les plaques déjà formées d'un crtté, et les plaques génitales el oculaires do l'autre, qu'il s'en forme de nouvelles En d'autres termes, el si l'on se fonde, dans cette comparai- son, sur la position particulière que présente l'anus chez les Cidarides, c'est la région antérieure qui se développe la première, et c'est à l'ar- rière du c.MJ DKS KClMMUhS. 31.J blir, dès à présent, des lappiochcmpnls entre les phases de vr. développe- inenl et l'ordre de succession géologique de ces animaux, comme nous l'avons fait pour les poissons. .Néanmoins les faits géologiques sont assez significatifs à eux seuls pour nous faire entrevoir des résultats très impor- tants pour la physiologie, dans une étude embryologique détaillée des Échinodermes. Dans tous les cas, ces faits coïncident avec les résultats auxquels les zoologistes se sont le plus généralement arrêtés, quaiil à leur classilication. C'est ainsi que les Échinodermes étoiles, qui, comme nous l'avons vu plus haut, sont la souche primilive de toute la classe, et en même temps son ordre inférieur, commencent leur développement dans les terrains les plus anciens par une foule de genres et d'espèces qui, à bien des égards , nous paraissent de beaucoup supérieurs à leurs représenlanls actuels. L'élude des végétaux fossiles a déjà mis en évidence des faits analogues. Il suffit , pour s'en convaincre , de rappeler les Fougères, les l.ycopodia- cés, les Équisétacés des terrains houillers, et de les comparer aux re- présentants actuels de ces familles. Sans généraliser dés à présent ces observations , on pourrait considérer ces prototypes de la classe des Échi- nodermes comme des êtres synthétiques, précurseurs de tous les autres types, et participant, à ce titre, à la fois des caractères propres de l'ordre auquel ils appartiennent , et rappelant, par les particularités mêmes qui les distingueutdc leurs représentants actuels, les modifications survenues dans l'organisation de cette classe qui, lorsqu'elles se prononcent d'une manière plus intense à une époque postérieure, donnent lieu à l'établis- sement d'autres ordres bien nettement tranchés. Sous ce point de vue donc, les premiers Échinodermes, les Crinoïdes des terrains de transi- tion, sont les Stellérides les plus élevés. L'état de conservation d'un grand nombre d'entre eux ne permet pas de douter qu'ils n'aient tous une bou- che et un anus distincts, ce qui n'est plus le cas d'un grand nombre d".\s- téries des temps géologiques modernes et de l'époque actuelle. Les Crino'i- des paléozo'iques affectent des formes sphéroïdales, comme les Èchinides, leurs supérieurs, pour passer plus tard à la forme netlement étoilée des Étoiles de mer proprement dites, auxquelles personne n'hésite à assigner un rang inférieur à celui des Oursins. A un seul égard , les Crinoïdes an- ciens sont inférieurs à tous les autres Échinodermes, c'est qu'ils sont constamment adhérents au sol, et entièrement dépourvus d'yeux , qui existent même chez les Astéries. Mais, peu à peu , ces formes primitives disparaissent, de nouveaux types viennent successivement remplacer les plus anciens , si bien qu'à la fin les Crinoïdes pédicules se trouvent réduits à deux genres, qui sont associés, dans l'époque actuelle, à une infinité de genres entièrement détachés du sol, et qui ont complètement perdu l'ana- logie extérieure que les Crinoïdes anciens avaient avec les autres groupes de la cla.sse. Quelques exemples feront mieux saisir la vérité de ces résul- tats. Les Cyslidées et les Échinocrinites pourraient facilement être con- fondus avei- des Oursins; or ils sont exclusivement propres aux terrains de Iransilion. Les Comalules, au contraire, qui sont des Crinoïdes libres, n'ont de représenlanls fossiles que dans les terrains jurassiques. Il en est Mh XUXUSII, KT DESOK. (lo mémo iIps Opliiiiios cl z eux une gradaliou organique très sensible el facile il saisir, qui consiste surtout dans la transformation successive du lypespliérique des vrais Oursins en une forme plus ou moins allongée , telle (jn'elle se présenle chez les Spatangues, passant par de nombreux inleimédiaiies, tanlftl di'priinès, laiilûl renflés, avec une tendance à un déplacement mirginal des piincipaux centres de structure. Ces modifica- tions offrent des moyens faciles de subdiviser les Écliinides en familhs na- turelles. Dans mes premiers travaux sur ces animaux , j'en ai distingué trois . fondées essenlieliement sur la position relative de ia boiiclie et de l'amis. Dans les fccliiiiides dont la form(! est parfaitement .symélri(|ue et rayonnée,la bouche est cvactemenl centrale, et les rayons organiques qui .s'y raltacbent sonl tous également développés, convergenis vers rcxirémilé opposée, au centre de laquelle se trouve l'anus, constamment entouré de cinq orbites qnj alternent a^cc les cinq plaques génitales. Chez ces animaux , la bouche et l'anus sont exactement opposés, et occu- pent , pour ainsi dire, les deux pôles d'un corps spbériqiie. La position normale de l'animal en marche est verticale, la bouche en bas et l'anus en l'air. La famille des Clypéaslroïdes conserve une position semblable; la bouche est centrale nu à peu près, tandis que l'anus, abandonnant le .sommet opposé vers leqiiel convergent les ambnlacres et les organes géni- taux , avec lesquels les orbites alternent comme dans les vrais t'.cbinides, s'ouvri' de colé , tantôt à la face supérieure , tantôt à la face inférieure ou sur le bord même II <'st facile dès lors , malgré la forme- plus ou moins circulaire de ces animaux, de déterminer Taxe antéro-postérieur; car il est évident que l'un doit considérer comme postérieure la région c. Mvi.oci t: n mso>m': |)i;s iîcimmdhs. 315 .nnalr. l'I cela iVaiilaDl plus que i'aniis csl percé entre les deux séries (II! plaques (l'une aire inleiamhulariaire de telle sorte qu'un plan tracé par le milieu de la bouclie et de l'anus coupe le corps en deu\ moitiés symétriques. Nous verrous plus bas que cette lamille. telle que je l'ai établie dans mon t'rndrome, comprend deux types distincts, qu'il faudra séparer à l'avenir Chez les Spataiifjo'i'des, la forme allonK('e devient plus sensible; l'axe aniéro-posferieur se reconnaît imnK'diatemenl à rallon-remcnt de l'ani- mal lui-même , et à la position des deux ouvertures du canal alimentaire qui se trouvent aux extrémités opposées du corps. En efTet , cIhz ces Our sins la bouche n'occupe plus le centre de la face inférieure : elle est, au contraire , placée en avant , sons le bord antérieur, tandis que l'anus est en arriére, tantôt en dessus, tant("it en dessous du bord postérieur. Mal- {,'ré ce d(''placeraent de la bouche, les rajons du corps diverijent encore régulièrement à partir de l'ouverture buccale, et se réunissent à la face supérieure, comme chez les Clypéastroïdes. Ici aussi, les ambulacres, les orbites, les pores génitaux convergent vers un même centre , tandis que l'anus est percé entre les plaques interambulacraires postérieures. J'ai fait remarquer plus haut que les Clypéastroïdes. tels que je les avais d'abord circonscrits, constituent un groupe conip(/sé de deux types dis- tincts. En effet, les vrais (ilypeastres ont de fortes mâchoires armées de dents acérées, taudis que les Èihinon('es et les Nucléoliles en sont coiu- plétcment dépourvus. Ce fa'it ma conduit à examiner île nouveau la va- leur des caractères empruntés .a la dentition, dont .\I. Charles Desmoulins s'est déjà servi si avantageusement dans la distinction de plusieurs gen- res (1), et j"ai reconnu que les particularités que l'on observe dans l'ap- pareil masticatoire des différents genres munis de dents peuvent toutes se rapporter à deux types distincts. Chez les Cidarides, les mûchoires sont composées de nombreuses pièces verticales, suspendues a\i centre de l'ou- verture buccale , au moyen de muscles vigoureux qui s'attachent, d'un côté, à la lace extéiieiire du côté maxillaire, et, de l'autre , à des auri- cules saillantes qui surgissent de la face interne du pourtour solide de l'orifice buccal. Indépendamment des cinq dents, les mâchoires se com- posent de trente pièces, dont vingtsont réunies par paires, soudées deux à deux et embrassant une dent, tandis que les dix autres sont appliquées au-dessus et entre les pièces paires, qu'elles servent en même temps à réunir et à faire mouvoir. (;hez les Clypéastroïdes , le système dentaire est beaucoup plus simple , les mâchoires ne se composent que de dix pièces soudées par paires , sur le milieu desquelles sont fixées les cinq dents. Ces mâchoires reposent elles- mêmes sur dix supports surgissant à la face interne du test, et sur les- quels elles pivotent à l'aide d'une petite rot nie intermédiaire. Il n'y a donc, chez les Clypéastrcs, ni pièces accessoires paires aux luûchoires, ni pièces intermédiaires au-dessus des pièces paires. Tout l'appareil est ri'diiit à (t) Eludes sur les Kchinkles , par Charles Desmoulins [Acles de lu Svv. Un», de Bordeaux, l. Vil). M6 AUA^iSIZ ET UE»iOR. des lames borizonlali'S, triangulaires, sur l'angli' desquelles les dénis font saillie. Quêtes lames maintenant soient minces et simples, on que leurs bords soient lentlés et feuilletés, peu importe en général ; car tou- jours est-il que les mAchoires des vrais Clypéastres, celles desLaganes, des Scutelles , des Écliinoeyames, des Fibulaires et de tous les genres qu'on en a démembrés, sont conformées delà même manière, et adaptées à leur usage d'après un plan différent de celui des Cidarides. Je pense dès lors que ces genres doivent constituer une famille distincte à laquelle je conserverai le nom de Clypéas(roïdes , tandis que j'en sépare les Èchino- nées , les Nucléolites , les Échinolampes , les Cassidules , les Discoïdées et les Galérites, qui tous sont dépourvus de mâchoires, et conslitueroct à l'avenir une famille à part pour laquelle je propose le nom de Cas- SIUULIDES. Division rfcs Echinides en familles. Il résulte de celte comparaison que l'ordre des Echinides comprend maintenant quatre familles, dont deux muniesde dents et deux édentées : les Cidarides et les Clypéaslroïdcs d'un côté , les Cassidulides et les Spa- tangoïdes de l'autre. Si maintenant nous examinons plus en délail les rap- ports des différents membres de ces familles entre eux , et avec les ordres voisins, nous ne pourrons méconnailre une liaison plus intime entre les Astérides et les Cidarides, liaison qui se trahit par la forme rigoureuse- ment rayonnéo de ces derniers, auxquels il faut dès lors assigner le rang inférieur dans l'ordre des tùhinides. El quant aux Cidarides eux- mêmes, nous les subdiviserons on quatre Irihiis : les vrais Ciilaiides, a test épais, portant de lourds et gros piquants, quelquefois clavellés , et sou- vent granuleux, ayant des dénis simples, des mâchoires ouvertes, des ambulacres 1res étroits, et deux rangées de gros tubercules perforés sur les aires inlerambulacraires. Les Salniies , qui se distinguent par un écusson apicial d'une structure loul-à-fait particulière. Les vrais Érhi- nides (1), à test mince, à dents trilamellécs, à tubercules à peu près d'égale grosseur sur les aires ambulacraires et inlerambulacraires , et à piquants subulés et finement striés ou écaillés. Enfin les Èchinnmétrcs , qui ont tous les caractères des vrais Echinides, mais qui s'en distinguent par leur forme oblongue et par la position oblique de leur axe antéro- postérieur. Ce caractère exceptionnel des Écbinomètres est peut-être une première tendance vers l'allongement régulier de l'axe du corps, qui est si nettement marqué chez les Spatangues. Dans ce cas, les Échinomètres mériteraient d'occuper le premier rang dans la famille des Cidarides. l!nc considération géologique, qui iresl pas sans importance, tend à confirmer celle supposition, c'est l'ordre de succession dans lequel les vrais Cidarides (1 ) Le groupe des Echinides peut se subdiviser en deux sections : les Echi- nides proprement dits, dont les pores sont disposées par triples paires obliques (dont le genre Échinus est le type), et les Éthinocidaris, doiil les pores sont par simples paires (les Diadèmes, Écliinocidans, elc). CVrAt.OCt'F. RAISONNÉ DES ÉCHINIDE?. Ml apparaissent au milieu des torraiiis. On connaît des Diadèmes dans le mus- ehelkalk. et dans U\ lias, de vrais Cidaris et desl'édines dansl'oolitbe infé- rieure , dans le trias et même dans le calcaire carbonifère ; mais les vrais Ècliinides ne descendent pus même jusqu'au lias, et il n'existe qu'un très petit nombre d tcbinométres fossiles dans les terrains tertiaires, tandis que les espèces vivantes sont très abondantes. Or, comme nous avons déjà reconnu si souvent une coïncidence surprenante entre la gradation orga- nique des animaux et leurancienneté relative, on ne saurait raisonnable- meut douter que si les Èchinomèlres présentent des caractères exception- nels dans l'ordre des Échinides, c'est à raison du rang qu'ils occupent. Nous avons déjà fait remarquer, en commençant , que l'ordre des Échi- nides, dans son ensemble, rappelait, dans un degré supérieur d'organisa- tion, le type des Crinoides des terrains les plus anciens. Cette ressemblance, tout extérieure dans son ensemble, et qui, prise dans sa généralité, ne rappelle que la forme globuleuse de la couronne de ces anciens fossiles , se montre plus particulièrement dans les vrais Cidarides, qui, comme nous venons de le voir, occupent le rang inférieur parmi les Ècbinides. En effet , dans aucune famille d'Èchinides , les plaquettes des inlerambu- lacres ne sont plus hautes comparativement à leur diamètre périphéri- que; dans aucune autre famille, ces plaquettes ne sont plus distinctes; enfin, nulle part, les anibulacres n'occupent moins d'espace à la surface même du corps. Ces rapprochements ne sont donc i)as des exagérations philosophiques , mais bien l'expression d'une ressemblance réelle de types, d'ailleurs fort éloignés, résultant sans doute du mode de réalisa- tion de la pensée créatrice , qui s'est manifestée successivement dans des types qui en sont l'expression partielle. C'est un fait digne de remarque , que la constance des formes dans tous les genres de la famille des Cidarides. Celte uniformité rend la distinction des genres et des espèces fort difficile ; elle est telle , dans plusieurs , qu'à moins de comparaisons directes et très attentives, on parviendrait à peine à .saisir leurs caractères distinctifs. C'est bien ici le lieu de faire remar- quer combien on est éloigné de la vérité , lorsqu'on considère les divisions même les plus naturelles de nos échafaudages systématiques comme des groupes d'égale valeur, et lorsqu'on admet que les genres et les espèces doivent être basés sur d(;s caractères également nets et tranchés dans toutes les divisions du règne animal. U est des familles que l'on pour- rait appeler fainillex par séries, où les espèces paraissent si étroitement liées entre elles, que leur rapprochement en genres distincts semble parfois une violence faite à la nature; et, cependant, .si l'on consi- dère la constance de ces petites différences dans certaines limites , ou doit reconnaître qu'elles ont une valeur tout aussi grande que certains caractères saillants et tranchés sur lesquels reposent les genres dans les familles plus fortement dessinées. Il y a plus : non seulement les genres constituent des groupes de valeur inégale, et séparés inégalement les uns des autres par les différences qui les distinguent , mais encore les espèces d'un même genre sont loin d'avoir les mêmes affinités entre elles. Il est niéiue peu de genres qui ne comptent certaines espèces très voisines à 313 AbAS^Iï! ET bË<$Olt. côté d'autres espèces plus nclloment si-parées ; en sorte que, pour rendre exactement toutes ces gradations dans tes aflinités naturelles des C'trcs organisés , il serait nécessaire de mulliplier les coupes bien au-delà de ce qu'on a l'habitude de faire, et d'assigner à ces coupes une valeur déter- minée , dans leur hiérarchie, pour exprimer, autant que possible, l'é- tonnante diversité que la nature présente dans la filiation des êtres organisés. Comme nous venons de le voir, le groupe des Clypéastroïdes se rap- proche de celui des Cidarides par la position de la bouche , qui se trouve au milieu delà face inférieure , dans une position plus ou moins ccn - traie, et par la convergence des ainbulacres vers le sommet de la face supérieure, qui est opposée à louverlnre buccale. Il y a seulement celle différence fondamentale , que l'oiiveilure postérieure du canal alimen- taire est re()orlée en arrière, que le svslème dentaire est plus simple et suspendu d'une aulre manière, et, enfin, que la forme générale du corps nesl ni sphéi ique , ni même régulièrement circulaire ; car les dia- mètres anli'io-postérieur et Iransverse sont loujours nellemenl accusés, sans que le piemier soit loujours prépondérant. Il y a , en effet , des Cly- péastroïdes dont le diamètre Iransverse l'emporte sur le diamètre longitu- dinal ; il y en a d'autres où c'est l'inverse. Quelques uns sont 1res bombés, même ovoïdes, tandis que d'autres sont très aplatis; leurs bords sont parfois arrondis , mais le jdus souvent comprimés , échanrrés , et même dentelés et perforés. Cette diversité dos conlours semble indiquer, chez les Clypéastroïdes, une absence de précision dans le plan même île leur organisation , qui se trahit p.irfois par des monstruosités, par défaut et par excès , et même par des dilformités qui sont fort rares dans d'autres familles. C'est ainsi qu"on rencontre parfois de vrais Clypéastresà quatre et à six ambulacres,et des variations de forme très remarquables dans la même espèce. C'est ainsi que les .Scutelles sont sou\ent dillornies, et les échancrures el les perforations des Jlellites , des Encopes et des Lobo- phores très irrégulières. Il n'y a pas jusqu'à la position de l'anus qui ne varie dans la même espèce, jusqu'à se trouver tanlot au-dessus, tantôt au-dessous du bord postérieur, ou dans le bord lui même Dans celte fa- mille , les espèces sont aussi difticiles à distinguer que dans celle des (Ci- darides , maispoiu' des raisons bien différentes : c'est qu'elles varient à tel point, que l'on parvient à peine à tracer les limites de l'amplitude de ces variations , tant elles sont grandes ; tandis que , chez les Cidarides, il y a des ditTèrences à peine saisissables entre les espèces les plus distinctes, el , néanmoins, ces légères différences sont d'une constance admirable. D'après ce que je viens de dire de l'instabilité des caraclères chez les Clypéastroïdes, on ne doit pas s'attendre à voir celle famille se fractionner en tribus naturelles. Eu effet , quelque grandes que soient les diliérences qui dislinguenl exlèrieurenient les genres Rotula, .arachnoïdes et Fibula- ria, il est évident qu'ils appartiennent tous au même type, et qu'ils .se rattachent les uns aux autres par une série de genres intermédiaires; les Fibulaires passent aux vrais Clypèaslres par les Échinocyames et les La- "anes, comme les Scutelles perforées et dentelées s'en rapprochent par c\rvi,Of.i ic HAIS0^M•: bf.s ixiiimdi.s. ^^19 celles à ronlouis simples. Nous ni' croyons dés lors pns possible (l'élablir (les subdivisions n;iliuelies dans la famille des Clypéastroïdes , malgré les diCféreiiecs assez nolables (luClle présente dans son orj;anisation . qui nous montre des gcnires che/ lesquels l'appareil niaslicaloire est renlérnié dans une cavité distincte de celle qui contient les inleslins, tandis que, dans d'autres, ces organes ne soiil ]]as séparés. Dans d'auliesgenres, il y a de simples piliers entre ces deux récrions. Enfin, chez les uns, les paroisdu lest sont simples, tandis que, ebez les aulres, on y aperçoit des canaux très compliqués. L'existence de la laniille des Clypéastro'ides ne remonte pas à un ûfje bien reculé; elle apparaît avec les premiers terrains tertiaires, et c'est dans la création actuelle qu'elle domine et que les espèces sont le pins diversiliées. La grande diversité des l'ornies vivantes me .semble un fait analogue à celui que pré.wnte la famille des Ammonites à la dernière épo- que de son existence dans les tejrains crétacés, où l'on voit apparaître une foule de genres bizarrement enroulés à la suite des espèces si régu- lières et si parlailenieul symétriques des terrains les plus anciens. La famille des Cassidulidcs , séparée des Clypéastro'ides à cause de la conformation particulière de la bouche, qui est dépourvue de mâ- choires et de dents, coni|uend encore un nombre consirlérable de giiires et d'espèces assez dilférenls pour èlre groupés en deux tiibus. (liez tous, lu bouche esl centrale cl l'anus marginal , tanlùt siipérienr, lanlol infé- rieur. .Néanmoins, la famille des Cassidulides se divise nalurellenienl en deux groupes bien distincts, dont l'un a les ambulacres composés de pores simples , tels que les Galédtes, les Uisco'idées , les Holectypes, les Carato- mus, les l'yrines, les Écbiuonées, etc ; c'est mon groupe des Échinonèides. L'autre, au contraire , a les ambulacres pélalo'ides , comme les Clypèas- tro'i'des; tels sont les Cassidules, les Nucléolites, les Clypeus, les Èchino- lampes, etc., dont je fais mon groupe des MucUolides. Ces différences établis.seiit de prime abord des rapports multiples entre les Cassidulides et les aulres familles de l'ordre des Écliinides .\insi les Galéritesse ratta- chent auv Dysasler el aux .\nanch)tes de la famille des Spalango'ides par les Hyboclypes, tandis (|ue les Échinolampes rappellent d'un colé les vrais Spalangues, et de l'autre les vrais (Jypéastres. Les deux groupes de la famille des Cassidulides appaiaissent simultané- ment dans les couches de la terre, .\insi nous trouvons dans l'oolilo inférieure des Clypeus et des l'ygurus associés à des Holectypes et à des Hoboclypes. Ici aussi, les formes rondes précèdent les formes allougécs, puisque des Clypeus ou fiasse successivement aux Ëchinolampes, et des Holectypes aux Cialèrites et aux l'yrines. Les deux groupes ne se maintiennent pas avec la même persévérance dans les époques suivantes. Tandis que le groupe des Nucléolides prend un développement considérable dans les teirains tertiaires où nous voyons ajiparaitre les gi'ures Ecliimdampas el l'yi;oihynchus, remarqua blés par leur dimension , le groupe des (ialériti'sdi.sparait , au contraire, presque conq)létemeiit , si bien qu'il n'a plus (pi'nn seul représentant dans l'époqui' actuelle, Ic^jenre lirluiiiiin'Us. S20 AG.tS)>ilZ ET DESOR. La ramille des Cassidulides a aussi de son côté quelques rapports avcr les Cidarides. Certains genres, tels que les l'ygaster elles Holeelypes, rappellent par leur l'orme les vrais Echinus. Leurs tubercules , plus sail- lants que ceux des Clypéastroïdes, sont distinclemenl mamelonnés, et forment des séries verticales; leur boucbe est circulaire, et son pourtour entaillé de manière à imiter la forme du support des mâchoires , et à pro- duire dans le moule une empreinte analogue à celle des dents. Toutefois ces ressemblances sont plus apparentes que réelles; car, en réalité, l'ap- pareil masticatoire leur manque, et l'anus, au lien de s'ouvrir àl'opposite de la bouche, se trouve reporté dans Taire interambuiacraire impaire. L'analogie est plus frappante entre les Cassidulides et les Clypéas- tro'ides. A ne considérer les Èchinolanipeset les Clypéaslres que par leurs formes extérieures, on pourrait être tenté de les réunir, et des auteurs d'un grand mérite , comme Lamarck et Goldfuss , les ont en effet réunis ; mais s'ils avaient su que les Écbinolampes sont entièrement dépourvus de dents, tandis que les Clypéaslres sont munis d'un appareil mastica- toire formidable, ils auraient probablement devancé MM. de Blainville, Gray et Desnioulins dans le rétablissement de ce genre. En effet, les Écbinolampes , les Cassidules et les Nucléolites ne diffèrent que très peu dans les traits principanv de leur organisation. Leurs formes mêmes se répètent, et la constance des caractères qui leur sont communs ne fait que nous montrer d'une manière plus évidente combien les positions bizarres qu'affecte l'anus dans les genres Clijpeus, Nurleolile.t , l'yguriis, etc., sont secondaires dans cette famille, si bien qu'elles méritent à peine d'être prises en considération dans l'établissement des genres. Dans cette tribu, comme dans la précédente, nous remarquons que les formes circulaires des Chjpcus et des l'i/gnnis précèdent, dans la série des ter- rains, les formes plus allongées des Écbinolampes. La famille des Spalangoïdes, enûn, parait devoir occuper le rang le plus élevé dans l'ordre des Èchiiiidcs. La forme strictement éloilée des Cida- rides, qui ne subit qu'un allongement peu sensible dans quelques Clypéas- tro'ides et quelques Cassidulides , fait place ici ;'i une symétrie paire très évidente. L'un des cinq rayons affecte même ordinairement une structure différente des quatre autres , dont la parité ressort dès lors d'une manière encore plus frappante. Les ouvertures génitales sont souvent réduites à quatre , et même à deux. La bouche n'occupe plus une position centrale, et , bien qu'elle soit encore le centre d'irradiation des différents organes, elle est reportée vers l'exlrémiié antérieure du corps , où elle occupe néanmoins toujours une position inférieure, tandis que l'anus, placé à l'extrémité opposée, s'ouvre tantôt en dessus, tantôt en arriére, tantôt en dessous. Lamarck avait divisé les Spatango'ides en deux genres, les Ananchites et les Spatangues ; le premier comprenait toutes les espèces dont l'anus est infra-marginal, et le second celles dont l'anus est supra-marginal. Ce- pendant, il est aisé de s'apercevoir que ces deux genres renferment des types très différents, surtout celui des Spatangues; aussi l'ai-je fractionné depuis longtemps en plusieurs genres, me fondant principalement sur la r.ATM.ocui: n\lso^M': des iîciiimdf.s. 321 forme el la stiucturt! des ambiilacres. Ces coupes, dont quelques unes pouvaient paraître arbitraires dans l'origine, ont été validées do la ma- nière la plus satisfaisante par les recherches de MM. Krohn et Desor sur les pédicellaires. Ces organes ne sont pas répartis sur la surface en- tière du test , comme chez les £i7iiH«s, ils sont, au contraire , réunis en zones ou cordons Dexueux, qui se distinguent dans plusieurs espèces par une coloration particulière. Lorsque l'Oursin est dépourvu de ses pi- quants , ces zones se présentent à la surface du test sous la forme de ban- delettes, en apparence lisses; mais, si on les examine à la loupe, on s'aperçoit qu'elles sont composées de 1res petits granules, de véritables tubercules, sur lesquels s'articulent les pédicellaires. Ces bandelettes, que j'appelle avec M. Desor fusciules , ne .sont ilonc pas un caractère insigni- fiant, puisqu'elles correspondent à dos organes particuliers, et sans doute importanis dans l'organisalion de ces animaux. Tous les Spatango'i'des n'ont cependant pas des fascioles , et il est digne de remarque que ce soient précisément les plus anciens dans la série des terrains qui en sont dépourvus, savoir ; les Holaster, les Toxa.sler, les Ananchytes et les Uysasler,c'est-à dire précisément les genres qui se rap- prochent le plus des Cassidulides. Or, ces mêmes genres se distinguent aussi par une disposition particulière des tubercules, qui rappelle celles des Galérites. Les Djsaster sont ceux qui s'éloignent le plus des vrais Spatangues, si bien que j'ai longtemps conservé des doutes sur la place qu'il convenait de leur assigner dans la méthode. A la forme allongée des Spatangoïdes, ils joignent certains caractères qui les rapprochent jusqu'à un certain point des Cassidulides, tels que la forme de la bouche, qui n'est pas bilabiée, mais subpentagoiiale,et la structure des ambulacres à la face inférieure. D'un aulre cAté, leur test mince el leurs ambulacres disjoints,"qui ne sont qu'une exagération de ce que nous voyons dans les Holaster et les Ananchytes, m'engage à ks ranger de préférence dans les Spatango'ides , dont ils sont en quelque sorte le prototype. Ce sont les seuls Spalangoïdes jurassiques. Ces rapprochemenis entre les types des différentes familles montrent qu'indépendamment des caractères zooiogiques , chaque époque géolo- gique a son caractère prédominant, empreint sur tous les représentants d'une classe. Ce caractère , que l'on pourrait appeler le caractère de l'é- piique ^ quoique d'une appréciation difficile, nous montre que l'étude d'une classe n'est complète que quand elle embrasse successivement toute la diversité des formes dans les genres et les espèces qui la composent , toutes les particularités de sa structure dans l'ensemble de son organisa- tion, toutes les phases de son développement depuis la formation du germe jusqu'au terme de l'accroissement de l'individu , l'ordre de succes- sion de tous ses types dans la série des terrains, enfin, les rapports qui existent entre l'organisation , le développement et l'ordre de succession , sans parler des mœurs, sur lesquelles nous n'avons encore que peu de données , et des données très [leu précises. t.'étude détaillée du mode d'ètablùssemenl successif de tou tes les classes V .série Zn.ii. T. VI (Décenibrc ISKl.) i 21 322 A6ASSIZ irr hesor. à la surface du g-lobe, montre à elle seule, de la manière la plus ('videnlp, combien l'idée d'une série simple et unique des élres vivants exprime imparfaitement les rapports variés qui les unissent. La diversité de la na- ture de ces rapports est déjà elle-même une preuve de l'impossibilité d'un arrangement linéaiie , je ne dirai pas de tous les animaux, ni même des espèces d'une classe cl d'une famille; J'irai plus loin, et j'allirme que toute tentative d'un arrangement linéaire des espèces d'un seul genre quelque peu nombreux doit nécessairement fausser les affinités, et, dans cette assertion , je m'appuie sur les considérations suivantes : c'est que si nous ne voulons avoir égard qu'aux rapports d'organisation, nous ob- tenons des séries différentes suivant que nous rangeons les espèces d'a- près des considérations empruntées au système nerveux , aux organes locomoteurs, aux organes de la circulation et de la respiration, aux or- ganes digestifs, ou aux organes reproducteurs. lîn effet, si nous voulions réunir les Échinodermes qui ont des yeux et ceux qui n'en ont pas , nous placerions , d'un côté , les Astéries et les Èchinidcs , et , de l'autre , les Ho- lothuries et les Crino'ides. Si nous t(>nons compte, d'une manière exclusive, de la facullé dese mouvoir, nous séparerons les Crino'ides fixes des espèces mobiles, bien qu'elles n'offrent aucune différence essentielle. Si nous nous en rapportous plus particulièrement aux ambulacres, nous réuni- rons les Astérides , les Échinides, les Holothuries, auxquels nous oppo- serons les Ophiures et les Comatules. Si nous insislons sur les formes du canal alimentaire , nous réunirons les Comatules , les Oursins et les Ho- lothuries avec cerlaines Astéries, qui ont le canal alimentaire percé aux deux bonis, pour eu séparer celles qui ont une bouche .sans anus. Enfin, si , négligeant l'organisation , comme le font tant de zoologistes, nous avons plutôt égard aux ressemblances extérieures, à l'aspect général , nous courrons continuellement le ri.sqne de prendre des analogies pour des affinités. .Mors les Cystidées de l'ordre des Crino'ides nous paraîtront plus voisines des Cidarides que des Comatules et des Ophiures; alors les Cassidules seront plus voisins des Spatangues que des Galériles , et , dans la confusion de ces faux rapprochemenis . nous ne sauions plus appré- cier la valeur des induences de l'époque d'apparition ; nous ne saurons plus peser la valeur individuelle des caractères d'une clas.se d'a|)rès la gradation de ses types; nous ne saurons pins apercevoir les dévialiiins , plus ou moins persistanles , dans un développemeni d'ailleurs rigoureu- sement déterminé Eu un mol , à la place d'une méthode naturelle, qui tient compte de tcnil , même de ce qui paraît le moins naturel , nous pla- cerons les vues étroites de nos décisions arbitraires. Distribution géographique des Éihinidcs. Quanta la distribution géographique des Échinodermes, j'ai peu de chose à en dire. Les renseignements que l'on trouve dans les collections sur la patrie de ces animaux sont trop vagues pour mériter noire con- Dance et pour servir de base à un travail couiplel. Il est cependant quel- ques faits qui me paraissent dignes de fixer l'allenlion. OATAI.OfîIl' RAISONMÎ PF.S KCTIIMni'S. ;^53 Et d'abord , il existe des Éiliinodeimes sur Iniis les points du globe (|ui sont recouverts par les eaux delà mer; on doit dés lors s'attendre à trouver leurs débris fossiles daus tous les terrains marins. Les espères d'une organisation inférieure sont plus abondantes dans les régions froides que celles qui occupent un rang plus élevé, si toutefois l'on a égard au nombre total d'Écbinodermes qui babitent la contrée. \ cette occa- sion , je ferai remarquer que la présence des Criroïdes pédicules dans les mers tropicales, est un fait d'un ordre tout différent , qui se lie à la prépondérance de ces animaux dans les époques antérieures à la nôtre, pendant lesquelles la température était plus élevée. Il en est du Penla- crinus de la Guadeloupe et KS C!IDAUll)ES l'nOPIlEME.M DITS. Test épais. Tubercules iuteranil)ulacraires iicu nombreux, très gros, crénelés et perforés, portant des piquants d'un volume considérable. Pores disposés par simples paires. Dents en forme de gouttière, sans ca- rène il la face interne. Pj'ramides de la lanterne ouvertes dans le liaut. 1. CIDARIS L\MK. (Ag.vss.) Forme circulaire , aplatie en dessus et en dessous. Test épais. Aires ambulacraires étroites , égalant en largeur à peine le quart des aires inlcrambulacraires, couvertes de petits tubercules très serrés, auxquels correspondent de petites soies aplaties. Pores disposés par simples paires. »e très gros tubercules perforés sur les aires inlerandjulacraires, portant rie lourdes baguettes tantôt lisses, tantôt rugueuses ou épineuses. Plaques génitales grandes, pentagonales, toutes égales. Plaques ocellaires pe- tites , triangulaires. Bouche circulaire , sans entailles. Menibranc buccale 2>^2ll xunsstr ni wk^or. couvLMlo (l'Otailles iiiibiiqiiijos, sur lesquelles se inoloiigeul les pores niiibulacraires. Lanterne ])uissanlo, composée de pyramides massives dont 'es brandies ne sont pas réunies au sommet. Dents canaliculées, sans ca- rène à la face interne. Ce genre se divise naturelUnnent en deux types : dans l'un les tubercules sont lisses, dans l'autre crénelés ii leur base. Premier type. — Tubercules à base lisse non crénelée. Ce type cimiprend des espèces vivantes, des fossiles du terrain de transition, du trias, de lu . craie et des terrains tertiaires. ini|K'ri:ilis Lanik. Espèce caractérisée par ses gros tubercules à base tort large, entourés de granules 1res saillants. Piquants d'apparence lisse , Hnement granu- leux, plisses au sommet. D'un violel foncé. Mers australes (Ouoy et Gaiitiani), Nouv. -Hollande, mer Bouge. — Mus. Paris. HyKnl ii peine développées. Base des tubercules large. Espace granuleux intermédiaire entre les rangées, étroit. Gra- nules asscï apparents, peu serrés. Piquants subcylindriques , enflés , très granu- leux , rappelant ceux du C. Blumenbaclni. Calirornie. (Neboiix.) Gallupagos. — Mus. Paris. Sanae Agass. Très petite espèce , à piquants subulés : ceux de la face inférieure cl du milieu du corps sont recouverts de granules linéaires assez apparents ; ceux de la face supérieure sont lisses. Calirornie. (Ncboux.) — Mus. Paris. triltnloides Lamk. Leske Tab. 7, fig. A, var. maxima. Aires ambulacraires com- posées de six rangées de granules, dont les internes sont très petites et très ser- rées, fubercules petits, à zone lisse étroite. Espace granuleux intermédiaire entre les tubercides, très large, à granules très serrés. Piquants subulés , cou- verts de fines stries granuleuses, mais sans aspérités. Océan indien, île de Cuba. — Mus. Paris. D'Orbigny. Ecole des Mines. mctularia Lamk. LeskeTfab. 37, fig 3. Espèce un peu moins tuberculeuse que le C. tribiiloides. Piquants cylindriques , finement granuleux , annelés de blanc et de brun. Seychellcs, Ile-de t'rancc (Uuusscau), ilcs Saluinun . gulle du Mexique?. — .Mus. Paris. Michelin. CMU.Olilli lUISdN.Mi ])i;s l'CIIIMOICS. 327 ItiKliliui'i», Lamk.— Kiicycl. iiiélli. Zoopli. PI 137. - (iriinile esiiccp à picjuaiils subiilé^. cHil(!s au sonmicl, ornes de ;;nirmlfs t'ii séric.«. Si'yt'helles (Rousseau), Ile-iie-France (Malliieu). — Mus. Paris l>.'t<-iilu.t:t Laink. — Desciipl. Ki;ypl. Zool. Tab. 7, lig. 1. Midi. Mac. ZodI. Toiii. l^^ PI. 8. — Atiibulacres composés de doux raugces cxlcnics de {çra- nules asseï apparcnis , el de qualre iiilerncs 1res pelites , à peine >isibles à l'œil nu, cl assez espacées. liase des jjraiuls tubercules aIlont;ée transversaieiiicnl ; l'es- pace granuleux intermédiaire entre les rangées est très large, (jranules très serrés, l'iquanls garnis d'aspérités en l'orme d'épines, subulés à la fdCe supérieure, tron- qués à la face inférieure, mouchetés de rose sur la collerette. Mer Bouge (Savigny), Ile-de-Franee (Sonnerat). — Mus. Paris. IJiuu Val. (Muséum.) Ambulacres composés de six rangées de granules. De très gros tubercules, rappelant ceux du C. imperialis; mais les tubercules secondaires qui entourent leur base sont beaucoup plus petits, l'iquanls très longs , rcidiés à la base , atténués vers le sommet, laclielés de rose à l'arliculaliou. Ile de Bourbon (.M. Urévu). — Mus. Paris. Krolinii Agass. Espèce à piquants assez voisins de ceux du C. haéulosa, mais comprimés, el plus épineux. Seyehelles. (Kousscau.) — Mus. Paris. aniiiilirersi I.amk. Grande espèce à piquants allongés, comprimes, annelés de blanc el de rose, pointus au sommet, à l'exccplion de ceux de la lace supérieure, qui sont cupules. Nouvelle-Hollande. (Pérou, j — .Mus. l'aris. iiiliuria Lamk. Espèce remarquable par ses piquants très épineux , tachés de blanc et de rose. Malaeca. (Eydoux et Souleyct.) — Mus. Paris. Neuchàtel, Ceiiseau (Juia), Périsucu», Saiiit-Uizier 328 A&«»*!«IX liï WliïiOR. Aigile de Hills (llannovre). — Mus. Neuchàlel. Dubois, Mariou, d'Orbigny, Rœiner. rcgalis Goldf. Petref. p. 11«, ïab. 39, fig. 2. Dan. (Maëstricht). — Mus. Bonn. BcepIrUera Manlell. — 3 6. — Geol. of Suss. Pi. 17. — Park. Org. Keni. m, PI. 4, fig. 2. — Agass. Cat. syst, p. 10. — Tubercules entoures de gros bourrelets granuleui. Zone granuleuse interuicdiairc , large et déprimée. Piquants subulés , couverts de petits granules en série. Cr. bl. de Reims, Dieppe, Meudon, licauvais, Calne, Sussex, Angoulême. — Michelin, Graves, Duval, Deshayes. Mus. Paris. vesiculosa Goldf. — 86. ï 18.— (non Agass.) Petref. p. 120, Tab. 40, lig. 2.— Park. Org. Rem. m, Tab. 4, fig. 3. — Zones granuleuses intermédiaires, larges ; mais les bourrelets qui entourent les tubercules paraissent moins saillants , et les tuber- cules eux-mêmes sont moins espacés que dans le C. sceptrifcra. Les piquants ne sont pas subulés à leur extrémité, et leurs granules sont moins fins. Cr. chlor. de Villiers-sur-Mer et du Havre , Essen sur la Rœhr. — D'Orbigny. Mus. Paris et Rniin. Cr. bl. de Rnyan, Talinoiit, Kent, Be.iuvais. — D'.Vrthiai', .Michelin, liravcs. Vendoolnensis Agass. Grande espèce à tubercules très rapprochés et à mamelons 1res étranglés et subcrénelés. Terrain crétacé de \'end(lnie. — - hirsiila Marcou. Espèce voisine du C. Hij&tt-ur ; mais les granules recouvrant les espaces intermédiaires entre les gros tubercules sont plus petits et disposés eu séries horizontales. Piquants cylindriques armés de fortes épines. Néoc. de Censeau, Saint-Dizier. — Marcuu, d'Orbigny, Michelin. vcnulo<«a Desor. — T 16.--tjrande espèce voisine du C. maj-ima, mais sans crcne- lures et à ambulacres un peu plus étroits. L'espace miliaire entre les plaques intcrambulacraires est finement granulé , et les granules sont disposés de manière à simuler des veinules horizontales. Dan. (nord de l'Eunipe). — Mus. Cupenbague et Paris. Fordihamnierl Desor. — Hising. Lelh. suec. Tab. 20, fig. 2.— Se distingue par les granules irréguliers et allongés qui enloureni les tubercules. Dan. (Cale, de Fa\oe), Pisol. de Vigny. — Mus. Cupenhague, Kcoledes Mines, Kcole normale de Paris. siibsiiuilis Mlinst. lieytr. 1841, p. 40, Tab. 3, fig. 2. Saint-Cassian. — MUnster. Liagora Miinst. lieytr. 1841, p. 41, Tab. 3, fig. 5. Saint-Cassian. — Miinsler. veniisla Miinstr. Beytr. 18 il, p. 41, Tab. 3, (ig 4. Saint-Cassian. — Munster. Ucrana Bronn in Miinstr. Beytr. 1841, p. 42 Tab. 3, fig. 7. Saint-Cassian. — Munster. penlagoiia lîronn in Sliinslr. lieytr. 18'»1, p. 42, Tab. 3, (ig. 8. Saint-Cassian. — Munster. CATAI.OCIE lîAlSl)>.Mi DES licill.MDES. 329 KubpeiKagona Itraun in Mi'insl. Iteytr. 1841, p. V2, Tab. 3, lig. 'J. Saiiit-Cassian. — MUiisler. sulmobilis Munslr. Bcjtr. 1841, p. il, Tab. 3. lii;. 10. Sjjnl-Caâsian. — Mtinsler. .Viinsteriana Kon. An. foss. p. 33, Tab. E, lig. i. Cale, carbonifère de \'isé. — Kuniiiek. Piquants à facette articulaire lisse, duiit le test est inconnu (1). tolocjnda Agass. — 89. 91. — Cal. sjsl. p. 10. — Piquant 1res renllé, en lorme de petit œuf, avec une lige assez grêle. Surface couverte de très fines stries à peine sensibles. Cr. hl. de Meudon. — Michelin. plcracantha Agass. — X 74 — Cal. sysl. p. 10. — Très voisin du C. Colocynda, mais moins renfle. N'est peut-être qu'une variété. Cr. bl. de Meudon. — Ueshayes. veliTora Bronn. — 84. — C. pisifera Agass. Cat. syst. p. 10. — Petit piquant de même forme que le précédent ; mais la surface est couverte d aspérités qui , vues à la loupe , se présentent sous la forme d épines en séries. Cr. chlor. d'Essen sur le Rœhr. — lironn. t'jdonirera Agass. Voisin du C. Colocynda , mais plus court et plus arrondi. Stries granuleuses et ondulées très lines. Néoc. de Saint-Auban (Var). — D'Orbigny. gibberula Agass. X'oisin du C. cucumîfera, mais à mamelons plus irréguliers. O. de Cassis (Bouches-du-Rbônej. — Michelin. cornifera Agass. Voisin du C. clunifera et du C. ovifera , mais plus court, Néoc. d'Orgon, Salève. — Mus. dWvignon. Favre. cyalhifera Agass. — 90. X 72. — Cat. syst. p. 10. — Piquant cylindrique , évasé au sommet, couvert de très petits granules en séries verticales , qui confluent sous la forme de plis saillants au sommet. Cr. de Sainl-Aignan et Tours. — Michelin. clunifera Agass. — S 33. S 33. S 40. P 33. — Foss. crct. in Mém. Soc. neucb. i, p. 142, Tab. 14, fig. 16-18. — Echin. suiss. ii, p. 68, Tab. 21, fig. 20-23. - Cat. syst. p. 10. — Desml. Tabl. syn. p. 336. Néoc. du canton de Neuchâlel , Grasse, les Lattes (Var), Malle, Saint-Auban (Var). — Dubois. Mus. Neuchâlel. Xeoconienftis Marcou. Piquants forlement canaliculés, généralement comprimés, avec de petites dentelures à la face inférieure. Néoc. de Ceuseau. — Marcou. (l } Une partie de ces piquants correspond sans doute à des tests connus et décrits .suus d'autres niiins. Il convient néanmoins de les distinguer sous ries noms particuliers aussi longtemps qu'on ne eunnallrapas leurs véritables ra|ipurls valrnirt-ra Ai;as<. — S 19. — Cal. sjsl. p. 10. — Kchin suiss. il, p. "Il, lab. 2ta, II5. 23. (lalcaire alpin, Sureiitin. — Mus. Berne. ^itrol>ilu!> Agass. — M 19. X 100. — Cal. sysU p. 10.— Ces piquaiils ressciiibleiil à des cùiies de sapin ; la collcrelte esl courle et lisse ; la surlace pi csenle une gra- milalion 1res serrée, raéandriforme, cl quclquelois grossièrement linéaire. Cr. bl. des Pyrénées. — Deshayes. suliiiiida A[;ass. — S oO. - Cal. sysl. p. 10. — Piquant lisse et plissé seulement au sommet. Anneau arliculaire distinct. Terr. crét. de ("iap. — Desha>es. JoiianiK-iii Dcsnil. — X 7.'). — Tabl. syn. ]i. :!H(). — Cidaris ctiiynacantlia Agass. Cal. syst. p. 10.— Piquant cyliiidriciuc, élargi vers son exlréinilé, recou- vert de granules irréguliers. Point de collerette. t>. — ftliehelin. MpinosisNinia Agass. Piquant cylindrique , muni de fortes épines du coté ex- terne. Les épines ont jusqu'à 2 millimèlres de longueur; la face interne en est dé- pourvue. Cr. chiur. — Desliajes. lepiacaniha Agass. Pelil piquant cylindrique , grêle , recouvert de fortes épines plus serrées que dans le C. spinosissimu. Terr. crct. Hauteville, — Michelin. spiniilnsa Agass. Voisin du C, sceptrifera ; mais les épines du piquant sont moins coofluenles. Cr ehlor. du Mans. — Mus. Paris (ijal. géol.), Michelin. flIaniciKoNa Agass. — R 21. — Piquant voisin, par sa forme, du ('. sceptrifera ; mais ses granules sont plus gros, moins serres et plus ronds. Terr. crél. — Mus. liàlc. |iunclalis.«ima Agass. — X 18. — Cat. syst. p. 10. — Rappelle par sa forme le C. Blumenbacliii ; mais les granules sont plus petits, et le col moins grêle. Nétic. (le (irasse (\'ar). — Mus. Berne, .\vignon. Biicliii Miinsl. in Gold. Peiref. p. 121, Tab. 4. fig. 3. Saint-Cassiau. — Miirislcr. rcniifrra Miinslr Beytr. 18fl, p. 43, Tab. 3, fig. 12. Saint-Cassian. — MUnsler. Ifanssmanni Wissm. in Miinslr. Beytr. IS'il . p. 4i, Tab. 3, fig. 14. Sainl-Cassian. — MUnster. Wissmanni Ucsor.— Cidaris spinosa Miinslr. Beylr. IS'il, ji. 44, Tab. 3, lig. IB. SaifU-(;;issiaii. — Munster. c-ingula)a .Miinslr. Heylr. 1S41, p. 44, Tab. 3, lig. 1". Saint-Cassian. — .Munster. CAlAI,(l(.LIi liUï.ON.Mi Dlis licill M]J];.S. 'à'61 Kt-miroxcila Miinst Bcylr. ISil, p. 43, lab. 3, lig. 20. Sainl-Cassiaii. — Miiiisler. scrobiculaia Brauii in Miinslr Itcjlr. 18'il. p. i'.i, ïab. 3, lij;. 21. Saiiit-Cas^iaii. — Munster. dar.«ata Braun in Miinstr. Bcytr. 18'll, p. 4B, Tab. 4. fig. 1. Saiiil-Cassian. — Munslcr. alata Agass. — X 7. X 8. X 11. X 14. X 22. X 23. X 26 Echiii. suiss. ii, p. 74, Tab. 21a, fig. ,5. — Cat sysl. p. 10. — Cidarites dorsatus Bronn. Sainl-Cassiaii, Buchensleiii (.\lpes). — Mus. Berne. Kœnieri Wissm. in Miinslr. lie} ir. 1841, p. 47, Tab. 4, lig. 3. Sainl-Cassian. — MUnsler. Wsecliterî Wissm. in Miinslr. Beytr. 1841, p. 48, Tab. o, fig. 22. Saint-Cassian. — ilQnsler. Deuxième type. — Tubrrcnlcs à base crénelée , comprenant des espèces lies terrains ootitiques et triasiques. Bluinenharhii Miinst. — S 27. S 32. S 39. S 97. — in Goldf. Pétrel, p. 117, Tab. .39, lig. 4.— Agass. Cal. sysl. p. 9.— Echin. suiss. Il, p. 57, Tab. 20. lig. 2-7. Coral. Fringeli, elc. (Jura Soleurois), Chagnes. Verdun, Sainl-Mihiel, Vaches- Noires, Kran\ille. — Grcssly, Michelin, Deslongchanips. Coral. blanc de Hoggerwald. — Gressly. Var. Cidaris Parandieri Agass. — S 24 — Cal. sysl. p. 10. — Echin. suLss. Il, p. 58, ïab. 20, fig. 1. Coral. de Besancon. — Parandier. Mus. Neuchàtel. Var. minor : Cidaris crucifera Agass. — S 25. S 34, — Cat. sysl. p. 10. — Kchin. suiss. ir, p. 61, Tab. 21, fig. 1-4. Coral. de nesan(;on. — Dudre.ssier. niarginala Goldl. — M 60. — Petref. p. 118, Tab. 39, fig. 7. - Agass. Cal. sysl. p. 9. Coral. d'Angoulin, près la Rochelle, Jura supérieur de Heidenheini. — D'Or- bigny. Mus. Bunn. vornnala Goldf. — 85. — Peiref. p. 119, Tab. 39, lig. 8. — Agass. Cal. syst. p. 9. — Echin. suiss. ii, p. 39, Tab. 20, fig. 8-17 Coral. Fringeli (Jura soleurois). Calne. la Rochelle, Puiseuï (.\rdennes). — Mi- chelin, rPOrbigny. — Mus. Neuchàtel et Berne. Syn. : Cidarites monilifera Goldf. — 37. — Petref. p. 118, Tab. 39, lig. 6.— Agass. Cat. sysl. p. 9. Coral. ?ircliirigen. Terr. jur.iss. de la valli'e de la Birse. — Mandelslohe. Var. minor : Cidarites ]iropinq\ia Miinst. — R 29. — in Goldf. Pclref. p. 118, Tab. 4, fig. 1. — Agass, Echin. suiss. ii, p 62, Tab. 21, lig. 5-10. Coral. envir. de Besançon, évi^ché de Bàlc. Randen, Sirchingen. Cale, de Frie- derichshall. — IJudrcssier, Mandelslohu, Walchner. Mus. UAIe et Bonn. Itariilirrra Agass. Erhin. suiss. ii, p. 80. Tab. 21o, fig. 12. -- Test voisin du C. Blumenhachii ; mais les tubercules sont moins enfoncés. Piquants subulés. Séquanieu de Kœdersdorf, balins, Besançon, Porreulruy. — Grcssly, Marcuu. Oo2 AUASSIZ Kï WESiOK. {;;igaii(ca A^ass Kcliiii. suiss. il, p. G6, lab. 21a, fig. 22. Coral. des environs de Tiesançon. — Dudrcssier. cupt-oiilfs Agass.— 92. 93. 95. X «2. R 93. R 94.- Cat syst. p. 10.— Tubercules fortenienl crénelés. Piquants très larges en forme de grandes rames, qui difiCèrent des rames du C. spatula par l'absence de fortes épines à la base. L'espèce est très voisine du C. fjigantea. Oiford. de I^atrecey (Haule-Marne), Kellov. de Chàtillon-sur-Seine. — Deshayes, Michelin. ■iiaxiina Miinst. in Goldf. Petref. p 116, Tab. 39, fig. 1. Terr. jurass. supérieur de Bajieulh. Coral. de Sainl-Mihiel. — D'Anhiac. Munster. Orbignyana Agass. — 10. P 21. P 22. P 23. M 6C. — Cal. syst. p. 10. Var. Cidaris tn'pleryijîa Agass. Cat. syst. p. 10. — Celle espèce est extrê- mement voisine du C. maxima , et peut-être identique ; cependant les piquants que Goldfuss assigne à son espèce sont différents. Kimmer. la Rochelle, Villersvillc, Monlfaucon (Meuse), Lavoncour ( Haule- Saoue). — D'Orbigny, Marcou. Mus. Paris (gai. géol). ■niranda Desor. — T 61. — Rappelle un peu le C coronata par .sa forme et ses très gros tubercules obtusément crénelés ; mais les ambulacres ne sont composés que de deux rangées de granules conligus. L'espace granuleux intermédiaire entre les gros tubercules est large, et les granules très apparents. Coral. d'.Angoulin. — UOrbigny. occiilata Agass. Echin. suiss, il, p. 63, Tab. 21a, lig. 13-17. Coral. inf. de S.ilins (Jura) des environs de Metz. Coral. de la vallée de la Uirse, Randen près Schaffouse. Coral. de SpilzbuL, Hannover. — Marcou, Gressly, Rœmer. Mus. Càie. eli-gans Miinsl. in (ioldl. Pelref. p. 118, Tab. 39, lig. S. Var. C. tcËviuscula Agass. Echin. suiss. ii, p. 64, Tab. 21o, lig. 18-20. Terr. jurass. Bayreulh. Coral. de révorhë de B.Me et du Randen, près SchalTouse. — Munster. Mus. Bàle. noliilis Miinsl. in Goldf. Petref. p. 117, Tab. 39, fig. 4. — Desml. Tabl. syn. p. 328. — Agass. Echin. suis.s. ii, p. 63, Tab. 21a, fig. 21. Du Randen, canton de Schafîouse, prohablement du Coral. — Mus. Bâle. granda;i'us Goldf. in Alberti Monogr. p. 96. — Tubercules fortement crénelés à la base des mamelons. Piquants cylindriques, grêles et lisses. Muscheikalk du Wurtemberg. — Alberii. subcoronala Miinst. Beyir. 1841, p. 40, Tab. 3, fig. 1. Saint-Cassian. — Munsler. Klainiillei Desmar. — V 27. — Espèce à tubercules petits et nombreux, à zone granuleuse large; très voisine par son aspect du C. bactilosa, mais en différant par ses tubercules crénelés. Terr. jurass. — Brongniarl. CATAI.OfUlE HAISONNl'; T>i;S KCrilMDES. 333 l'iipunits ù fficctre articulaire créneler:, dont le test est inconnu (1). Krhmiedelii Munsl. — P 40. — Goldl. l'elref. p. 120, Tab. 40, (ig. 4. - Agas9. Cat. syst. p. 10. Terr. jurass. Dischingen. — Munster. spalula Agass. — P 41. — Cat. sjst. p. 10. — Echiii. .suiss. Ii, p. 79, Tab. 21a, Kg. 24. Coral. lies environs de liesanfon , Chàlillon-sur-Seine, Dijon. Oxford, sup. de Chainp.'ifinol. Oxford, inf. de Pcrey le-Grand (Haute-Saône). — Uudressier, Mii'helin, Defranee. Mareou. Var. Cyphacantha, Agass. — S. 77. Oxford, de Normandie. Arg. deHondeur. Coral. de Sirchingen (Jura wurtcmb.). — Mandelsluhe, Deslongchanips, Deluc. Iieleroplcura Agass. — X 16. — Cat. syst. p. 10. — Piquant cybndrique, épi- neux , très voisin de celui que (joldluss attribue au C. nobitis, Tab, 39. (ig. 4 A, Tcrr. jurass. y de Suisse. piistiilircra Agass. - X 13. X 17. — Cat. syst. p. 10. — Echin. suiss. ii, p, 7S, Tab. 21a, lig. 7. (^oral. de Besancon, Salins. — Dudressier, Marcou. cnoumîfera Agass. — X 13. — Cat. syït. p. 10. — Echin. suiss. il, p. 70, Tab. 21, Kg. 27. Coral. de Besan^nn , la Rochelle, Arnay-le-Duc (C.ôte-d'Or), Monlmédy, Chil- lillon-sur-Seine. — Dudressier, Michelin. Mus. Bàle. sul>«plnosa Marcou. Piquant de la forme du C. cuciimifera, mais couvert de pus- tules en forme d'épines , formant des rangées très serrées. Les granules ne sont pas réunis par des (iicts Coral. inf. de Salins. — Marcou. cinanionica Agass. — P 63. — Cat. syst. p. 10. — Echln. suiss. Il, p. 78, Tab. 21a, lig. 13. Terr. jurass, des env. de BesançoD. — Dudressier. fllograna Agass. — 94. 96. X 9. — Cat. syst. p. 10. — Echin. sui.ss. ii, p, 77, Tab. 21a, fig. 11. Uxford. de Suisse, Nanlua et Saint-Maivent. Coral. de l'évêché de Bàle. — Mus. Bàle. cladlfcra Agass. — M 75. —Cat. sysl. p. 10. —Echin. suiss. ii, ji. 73, Tab. 21. 47, Tab. 19, fig. 13 ot 14. — Cidarites Hofmanni Rcem. S(?quuii. de Ru'ilersdorf (Soleurc), (ic la vallée de la Birse, Pfeffingen. Porll. de lliihencggelsen (Hano\re). — Gi-e>sly, llœmer. Mus. Zuricb. nianiniosa Agass.— M 61. — Cat. sysl. p. 8. — Espèce renflée, à très gros tuber- cules. Anibulacres très flexueux. Coral. de la Huiliclle. — D'Uibipii). Thurninnni Agass. — M 33. M 34. X 82. — Cat. syst. p. 8. -- Echin. suiss. il, I>. 50, Tab. 19, Ilg. 1-3. — Viadeina lisquicnii ? Desinl. Tabl. syn. jt. 314. Kliiinici', du B.iiiini prés Porentruy. t'uvirons de Salins, Jura solcurois. Cale, alp. a l'ouest du SImmenthal. — (îressly, Marcou , Thurniami, Esrher de la Liiilh, Mirheliii, Mus. Avigiinn. Piquants: Cidaris jiijrifera Agass. — \ 0. 1' 30. — Cal. syst. p. 10. — Echin. suiss. II, p. 71, Tab. 'il , iig. 24-2 ■. Kinimer. du caïuuu de Soieurc, du lianiië près Porentruy. — Gressly, .Mus. Bille. oiifera Agass. - X 73. I' 32. P 34. 1' 3S. I' 51 !.. P S4. P 37. - Cat. syst. p. 10. - Espèce voisine de l.i précédente ; mais les piquants sont un peu plus gros. Coral. delà lliiihelle (Cliarenle-liif.), Pouilly en Auxois. — D'Orbigny. angularU Agass. — M 43. M 32. M S3. — Cat. syst. p. 8. — Echin. suiss. ii, p. 5t,Tab. 19, (ig. 4-6. Séquan. du Jura soleurois, vallée de LaulTon. — Gressly. fleprc.«sa Agass. — X 53. R 'il. — Cal. syst. p. 8. - Espèce plate, subcoiiique, à ambulacres non (lexueuv. Korest-Miarble de Han>iile. — Desliayes. pusiulo.sa Agass. — Ui). M 9. M 31. — Cat. syst. p. 8. — Grande espèce subconi- que, très granuleuse à la face supérieure. Ool. iiif. de Laiiî^rurie. — lU'sloiigehanips. diadruiala Agass. — 83. M o.— Cat. syst. p. 8. — Echin. suiss. il, p. 49, Tab. 19, fig. 1317. Séquan. de la vallée de la Birse, Jura suleurois, Besançon, Salins. — Gressly, Dudressier, Marcou, Mus. Lausanne. E.aniarckii Agass. — R ifl. S 83. — Diadema Lamarokii Desml. Tabl. syn. p. 316. — Diadema Merlani Agass. Echin. suiss. ii, p. 19, Tab. 17, fig. 44-48. — Tuber- cules proportionnellement petils. Ambulacres rende» à la face inlèrieure, avec des tubercules distincts jusqu'au sominel. Oxford.'/ du Boulonnais, Jura suisse. — Michelin, ilus. Avignon et Biile. • if a laM'is Desor. Espèce 1res voisine de 1'//. Lamarchii ; mais les anibulacres soDt moins apparents et moins renflés à la lace inférieure. Craie de Gabillou (Oise). — Graves. Lybioa Desor. — T 14. — Espèce assez voisine de l'fl. LamarcUii ; mais les tuber- cules interambulacraires sont cependant plus petits à la face supérieure. Terr. crét. d'Egypte. — Mus. Paris et .Vvignon, Ecole des Mines. Var. inflaia. Craie des Murlijiues. — Mirhelin. Mus. A\ignim, CATALOGUE RAISONNÉ DES ÉCHINIDES, 339 radians Agass. — T 66. — Espèce voisine de \'H. Lamarckil. Les tubercule;- sont cependant plussailbnls, les ainbulacres sont plus éli'oiU elontde plus gros laber- cules, La bouche est sensiblement plus grande. Kellov. ChaulTour et Courgaiiis. — Rouault, Michelin. ■uinor Agass —M 77.— Cat. syst. p. 9. — Se distingue entre tous les Hemicidaris par ses tubercules très espacés, dont il n'y a que deux ou trois dans une rangée. Terr. jurass. (Je France. — ■ Michelin. Patella Agass. — S 28. — Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss. ii, p. 53, fab. 18, fig. 15-18. Néoc. des environs de la Chaux-de-Fonds (cantun de Neuchàlel). Néoc. inf. de Fauteuil prés Grenoble. — Renaud-Conite, Mus. Chaux-de-Fonds. ■indiilala Ar.ass.— X 1.— Cal. syst. p. 9.— Echin. suiss. II, p. 32, Tab. 18, fig. 25 et 26. — Les piquants seuls sont connus. Curai, du Fringeli, Jura soleurois. — Gressly, Mus. Soleure. granulata Mérian. — R 47. — Petite espèce , très distincte de toutes les autres. Les tubercules anibulacraires sont si petits, qu'ils différent à peine des tubercules miliaires. Les tubercules des aires interambulacraires sont très espacés, Terr. jurass. — Mus. Bàle graciosa Desor. Les tubercules ambulacraires sont excessivement petits et n'aug- mentent pas à la face inférieure. Oxford, du liuuloniiais. — Marcon. Iinccalis Agass. — ï 65. — Bouche très grande. Pores dédoublés par trois paires à la face inférieure. Tubercules en deux rangées simples , avec quatre petites rangées accessoires à la base. Pores complètement simples à la face supérieure. Infra-lias de lîerrias (.\rdèclie). — Mus. Avignon. Adnieto Desor. — Cidaris Àdmeto lironn io Miinstr. lieytr. 1841, Tab. 3, lig. 3. Saint-Cassian. — Munster. regularis Desor. — Cidaris regularis Miinstr. Beytr. 1841, p. 41, Tab. 3, fig. 6. Sainl-Cassian. — Munster. lineari» Desor. — Cidaris linearis Miinstr. Beytr. 1841, p. 45, Tab. 3, fig. 19. Suinl-Cassian. — Munster. IV. ACROCIDARIS Agass, Forme subconique. Test lîpais. Aiies ambulacraires presque aussi larges que les inlcrambuliicraires , et pouivues dans toute leur longueur de gros luberculiîs perforés el créueltis. l'orcs .simples. Uu gros tuber- cule perforé sur chacune des plaques génitales paires. Boudie très grande, faiblcmeut entaillée. Baguettes cylindriques , unies. Diffère des Hemicidaris par ses larges aires ambulacraires , des Diadèmes par sou test épais et sa grande bouclic, et de tons deux par ses plaques géni- tales- lotîtes les espèces sont fossiles, des terrains oolitiqucs. 340 .*«ASSI/ liT DESOR. nobilis Agass. — X 2. X 3. — Cal. syst. p. 9. — Echiii. suiss. il, p. 32, Tab. 14, (ig. 16et 17. Coral. d'Angoulin prés la Rochelle , de Uoggerwald (canton de Soleure). — D'Orbigny, Gressly. forniosa Agass.— Q 90. —Cal. sysl. p. 9. — Echin. suiss. il, p. i9,Tab. 14, fig. 10-12. Séquan. de Sainl-Suipicc (canluii de Ncuchàlcl), val Saint-Pons prés de Nice. — — Lesquereux. Var. minor — Q 85. — Àcrocidaiis minor Agass. Cat. syst. p. 9. — Ech. suiss. II, p. 30, Tab. 14, fig. 7-9. Jura sup. des environs de la Chau\-de-Fonds. — Renaud- f^omte. Séquan. du Jura neuch'ilelois. Salins. — Marcou, Mus. Neuchàtel. striata Agass. — X 4. — Cal. sy.st. p. 9. — Espèce subconique, moins bombée que la précédente, mais du reste 1res voisine. Ool. inf. de Langrune (Normandie). tuberosa Agass. — Q91. — Cat. sysl. p. 9. — Echin. suiss. ii, p. 31, Tab. 14, fig. 13-15. Terr. jurass. sup. du canton de Ncuch/llel. — Mus. Xeuchàlel. V. ACROPELTIS Ag.vss. (Pi. I.'i, fig. 7-8.) Ce genre a tous les caractères extérieurs des j\crocidaris, jusques et y compris la structure des plaques génitales. Il n'eu dillère que par un seul caractère : c'est que les tubercules, au lieu d'être perforés et crénelés, ont le col lisse et sont iniperforés. Ou u'en connaît encore qu'une espèce, qui est fossile. a^qniiiiherculafa Agass. — Q 99. — Cal. syst. p. 12. — Les lubercnles des aires ambulacraires sont à peu prés aussi gros que ceux des aires inlerarabulacraires. Coral. d'Angoulin près la Uochelle. — D'Orbigny. VI. PALyEOCIDARlS Desor. Ce genre , dont on ne connaît encore que des plaqnoUcs isolées et des piquants, diffère des vrais (iidaiis en ce que les mamelons des tubercules ont à leur base un second rendement annulaire. Point de crénelures à la base du mamelon. Piquants striés ou épineux. Les espèces connues appartiennent au terrain de iraiisiiion. Merci Desor. — Cidavis Nere! Miinst. Beylr. 18il, p. 40, Tab. 3, (ig. fi. — Konk. An. foss. p. 34, Tab. E, fig. 1 . Argile anthraiifère de Tournay, Resnitzlosau, — Koninck. Proie! Desor. — Cidaris fto(c/ Miinst. Beytr. 1841, p. 40. Argile anlhraxifèrc de Tournay. — Mttnster, Koninck. pHsea Ocsor. - ridanspnscn .Miinsl. Beytr. 1841, p. 41. -Tubercules très gros, Piquants à sis carènes. Argile antbraxifèrp de Tournay. — Munster. CATALuGlli liAlSO.NMÏ DliS licUlMDliS. 341 Groupe des SALÉNIES. Ce groupe se compose d'Oursins en général pelits, ayant l'apparence des tidarides proprcmenl dits , mais qui s'en distinguent par un écusson d'une structure particulière placé au sommet du disque, et composé des plaques génitales , des plaques occllaircs, et quelquefois d'une plaque impaire que j'appelle la plaque suranale. Auibulacres étroits. Tubercules 1res gros, tantôt perforés, tantôt imperforés. Porcs amhulacraircs dispo- sés par simples paires. VII. S AL EN I A Ghat. Oursin de petite taille , ordinairement renflé. Test épais. Disque api- cial grand, circulaire, à pourtour ondulé, composé de cinq plaques génitales , de cinq plaques ocellaires et d'une plaque suranale , placée au bord de l'ouverture anale , de manière à rendre l'anus excentrique en avant. Aires interambulacraires très larges, portant un petit nombre de gros tubercules crénelés , mais imperforés Aires ambulacraires très étroites, munies de nombreux tubercules très serrés. Bouche ronde, à pourtour entaillé. Pores simples. Toutes les espèces sont fossiles , de la formation crétacée. perKonnta Agass. — P 70. X 4S. — Monogr. de» Salénies, p. 7, Tab. 1, fig. 1-8. — Cal s; st. p. 11. — Cidaris personala Defr. Var. Salenia pelalifera Agass. — P71. P 73. — Monogr. des Salén. p. 9, Tab.l, fig. 17-24. — Cal. s)sl. p. 11. — Ecliinuspetaliferus Desml. Elud. Echin. p. 304. — Dcfr. Itict. Se. nat. Tom. xxxvii, p. 101. Cr. clil. du Mans, Minorque, du cap la Hève, Lonsleat. Talmont. — Gai. géol. du llus. Palis. Destiaves, liruiiguiart, Defrance. scuinosa Agass. M 84. M 87.— Cal. sysl. p. 9. — lichin. suiss. ii, p 39, Tab. 18, fig. 1-S. — Tubercules iiilerambulaeraircs 1res a|)parents, diminuaiU 1res rapide- ment de grosseur à la face supérieure. Forest-niarble de Banville. Oxford, de Gravelotlc prés Metz. — Michelin. Var. major : — R SO. — Var. lievis : — P 12. — Acrosalenia lœvis Agass. Cat. syst. p. 9. Kellov. de Marolles près Mamers. — Deslonchamps. complanala Agass. — M 73. — Kspèce plus aplatie que le A. spinosa. Les gros tubercules s'étendent jusqu'au sommet. Marn. vésul. de Poligny (Jura). — Deshayes, Marcou. XI. GONIOPYGUS Agass. Fonue circulaire, subconique. Disque apicial très solide, à pourtour anguleux, composé de dix plaques, dont cinq géiiilales et cinq occllaircs. Point de plaque suranale. Bouclie très grande. Tubercules Iniperforés , sans crénelures à leur base. Baguettes clavcUees. Pores disposés par simples paires dans toute leur longueur. Toutes les espèces sont fossiles , de la formation crétacée. pollatiis Agass. — 30. Q 66. — Monogr. des Salén. p. 20, Tab. 3, fig. 9-18. — Cat. syst. p. U. — Echin. suiss. ii, p. 92, Tab. 23, lig. 16-22 — Salenia peltala Agass. Foss. crét. in Méiii. Soc. Neuch. i, p. 140, Tab. 14, lig. 13-I'j.— Ecliinus peltatus Dcsnil. Tabl. sjn. p. 304. Néoc. du Jura neiichittelois. — Mus. Neuchàtel. Var. minor : — Q 38. — Goniopygus inlricatus Agass. Monogr. des Salén. p. 21, Tab. 3, fig. 19-28. - Cal. syst. p. 11. — Echin. suiss ii, p. 93, Tab. 23, fig. 23-31. C'est le jeune âge du G. peltatus. Néoc. du canton de Neuchàtel. — Dubois de Montpéreuv. Je me suis assure que les impressions plus ou moins fortes qui existent sur les sutures des plaques, et que j'avais prises pour des caractères spécifiques, varient ou dis- paraissent avec l'âge. MenartH Agass. — X 31. Q 62. — Monogr. des Salén. p 22, Tab. 23, fig. 29-36.— Cal. syst. p. l\.—Echinus Menardi Uesmar. in Defr. Dict. Se. nal. Tom. xxxvii, p. 101. Cr. chlor. de l'Ile d'.\ix, à l'einhouchure de la Charente. — D'Orbigny, Defrance, Brongniart. Var major : — Q 63. — Goniopijijvs globosus Agass. Monogr. des Salén. p. 24, Tab. 4, fig. 9-16. — Cat. syst. p. 11. Cr. chlor. du Mans. — Michelin. Bronnii Agass. —S 29. — Cat. sysl. p. U. — Espèce voisine du G. Menardi , mais plus déprimée. Cr. marn. d'Essen sur la Rœhr. — lîronn. lic(rro|>^siis Agass. - X 49. — Monogr. des Salén. p. 23, Tab. 4, fig. 1-8.— Cal. syst. p. 11. Cr. des environs de Tours. — Deshayes. major Agass.— X 29. — Monogr. des Salén. p. 23, Tab. 4, fig. 17-22. — Cal- syst. p. U (1). Craie inf. du port des Barques, près de la Charente. — D'Orbigny. CAïALO<;UE RAISONNÉ DES KCUliMUIiS. 3/l5 Gbouff. des ÉCHINIDES. Test niinco. Tiiliorculrs nombreux taiilôl perforas, laiilOt iniperforés, poilaiit des piqiiauts grêles el subulés. Pores disposés lautôt par simples paires, lantùt par paires niulliples, obliques ou eu arcs. Dents tricaré- nées MUiiiies d'une carène saillante à la face interne. Mâchoires moins massives que dans les Cidaridcs. Les brauclics des pyramides sont réunies en arc au sommet. XII. A S TROP Y GA Gray. Forme circulaire ou subpenlagonale , aplatie à la face inférieure. ïest mince. Anibulacres cnllcs , étroits, portant de fines soies très longues au lieu de baguettes. Au moins quatre rangées de gros tubercules perforés et crénelés dans les aires inlerambulacraires. Baguettes grêles et anne- lées. l'ores anibulacraircs disposés par simples paires, lioiiche grande, sans entailles. Auricules composées de deux piliers non réunis. Lanterne très développée. Les pyramides sont fortement écliancrées entre leurs deux branches montantes. Dents pourvues d'une carène à la face interne. Toutes les espèces sont vivantes. Diffère des Kchinocidaris par sa forme aplatie et par ses tubercules crénelés et perforés. raillala Gray. — Cidaris raâiala Leske p. 116, Tab. 44, fig. 1 . — Lamk. Encycl. mélh. Zooph. PI. 1 40, fij. (i et 8. — Grande espèce plate , à ambulacres renflés. Des zones lisses en zigzag au sommet des aires interambulacraires. Origine inconnue. — Mus. Paris. pnivinala Agass. — Cidaris pulvinata Lamk. — Espèce voisine de VA. radiala ; mais les ambulacres sont moins renflés , et les zones lisses des aires interambula- craires beaucoup plus étroites. Origine inconnue. — Mus. Paris, École des Mines. calainaria Agass. — Cidnris calumaria Lamk. — Diadema calnmariiim Gray. — Espèce plus petite et moins plaie que les deux précédentes. Piquants annelés de brun et de blanc. Amboine (Hombron et Jacquinot). — Mus. Paris. Dcsoril Agass. Très grande espèce renflée, à ambulacres très saillants, recouverts de granules nombreux el sans disposition régulière. Zones porilères très larges. Piquants subulés. Mer Ui)U(;e (lîotla). — Mus. Paris. «pinoitissima Agass. — Diadema spinosissimum Mich. — Espèce voisine de la précédente. Les ambulacres sont légèrement renfles. Les tubercules sont très serrés. Les zones porifères sont moins larges et les tubercules plus serrés que dans VA. Desorii. Ile .Maurice, Zanzibar (Rousseau), — Michelin. Mus. Paris. subiilarls Agass. — Diadema subulare Agass. Prodr. — Diadema Desjurdinsii 3^6 AGASSIZ ET nE!!iOR. Mich. dans Guér. Mag. Zool Toiii. ii, PI. 7. — Espèce remarquable par ses très gros tubercules qui s'élèvent jusqu'au sommel des aires interambulacraires. Ile Maurice (De.sjardiiis), Soychelles ei Zanzibar (Rousseau). — Michelin. Mus. Paris. xm. DIADEMA Ghay. Forme circulaire. Test mince. De gros tubercules crénelés et perforés sur les aires aml)ulacraires , comme sur les aires interambulacraires. Baguettes cylindriques , annelces et fort longues. Bouche grande , sans entailles. Auricules disjointes. Lanterne conformée comme celle des Astropyrjn. Tubercules interambulacraires formant tantôt deux , tantôt quatre rangées. Diffère des Asfmpijrja par les gros tubercules des aires ambulacraires. Se trouve dans toutes les formations, depuis le lias jus- qu'à l'époque actuelle. Phemier type. — Deux rangées de tubercules interambulacraires sans rangées secondaires. enrop:i;uin Agass. Les tubercules ambulacraires sont aussi gros que les tubercules iiileranibulacraires ; les uns et les aulres sont très espacés. Piquants très grêles, tachés de violet et de blanc, avec un rebord frangé à la collerette. Palerme. — Michelin. Mus. Paris. Espèces fossiles. rotiilari- Agass. Foss. crél. in Mém. Soc. Neuch. i, p. 139, Tab. 14, (ig. 10-12. — Echin, suiss. ii, p. 4, Tab. 16, fig. 1-5. Ni^oc. de Nfuch.llpl, Saléve, Censeau, Nozeroy (Jura), Mouthe (Doubs). — Mus. Neuchâtel. .\. Favre, Marcou. BonrKHc'i Agass. — Q 84. — Echin. suiss. ii , p. 6, Tab. 16, fig. 6-10. — Diadema orna/(/m Agass. Foss. crét. etc. p. 139 (non CIdaris orna/Hs Goldf.'. — Cat. syst. p. 8. — Bourguel, Traité des Pélril. PI. LU, n. 340 et 34j. .\larii. nêoc. de Neiiih;\tet, Morleau, Censeau, Tchieffrain (.\ube). — Mus. Neu- châlel. Marcdu, Michelin. Luca; Agass. — X 27. M 88. — Echin. suiss. ii, p. 8, Tab. 16, fig. 11-15. — Cat. syst. p. 8. GauU de la Pertc-du-Rhône. Molasse de la Chaux-de-Fonds (remanié du Gault), Balerme (Orne). — Michelin, Nieolet. Rliodnni Agass. — S 73. S 90. — Echin. suiss. il, p. 9, Tab. 16, fig. 16-18. (jOuU de la Perte-du-Rhùne. — Mus. Genève. Major de Genève. dilalaliini Agass. — 97. 98. — Echin. suiss. ii, p. 10, Tab. 16, fig 19-21. rrachhorn (Oberland bernois), Castel-Gomberto. — Mus. Berne. Beaumont. «•qnale Agass, — S 80. — Echin. suiss. il, p. 18, Tab. 17, fig. 36-38. Ool. inf. des environs d'Aarau? Kellov. des environs de Quingey. — Mus. BJle. Zschukke, Marcou. prlscnm Agass. -P6.—Kchin. suiss. u, p. 21, Tab. 17, fig. 11-15.— Cat. syst. p. 8. Coral. du Frinjieli (canton de Soleure). de Nantua et des environs de Salins. — Mus. Neuchâtel. Bernard, Marcou. CATALOGUE BAISONNÉ DES ÉCHIMDES. 347 Placenta ARass. Echin. suiss. ii, p. 22, Tab. 17, fig. 16-20. Coral. du Kringeli (Soleure), Lagerii (Argovie). — Gressly. maniillaiiiin Agass. — M 70. — Cidaris mamillnta Kœm. - Diadema ipinosum Agass. Cat. syst. p. 8. — Se distingue [jar ses tubercules très saillants. Coral lie la Rochelle et de Hildesbeiin. Kiininer. de \'erdun. — Deshayes , Utenier. supcrhuui Agass. - M 92. — Echin. suiss. ir, p. 23, Tab. 17, fig. 6-10. 0\ford. de Suisse, Vaches -Noires ( Xorriiandie), du mont Vohayes (chaîne du inunt Terrible). — Mus. Paris (Gai. gëul.). Gressly, Michelin, Deshayes. homostignia Agass. Echin suiss. ii, p. 24, Tab. 17, fig. 1-3. Ool inf. lie la Chaux-de-FonrIs. Maru. vésul. de Honiange près Ddle — C. Nî- colet, Marcou. niacrosloma Agass. Echin. suiss. ii, p. 10, Tab. 16, fig. ^-26. Néoc. de la Chaux-de-Fonds, Censeau (Jur.'i). — C. Nicolel, Marcou. florescens Agass.— 52. M 98.— Echin suiss. Il, p. 17. Tab. 17, fig. 26-30. — Cat. syst. p. 8. Coral. de Besançon, Normandie. — Dudressier, Deshayes. ornalum Agass. — M SO. — Diadema indifferens .4gass. — Cat. sysl. p. 8. — Cidariles ontattis (}oldf. l'etref. p. 123, Tab. 40, fig. 10. Cr. inarii. d'Essen sur la Rœlir, VilIcrs-sur-Mcr, Longleat. — Mus. Bonn. Michelin, d'Archiac. Michelin! .\gass. — P 37. — Cat. syst. p. 8. — Espèce renflée ; tubercules égaux , mais plus serrés (|uc dans le D. ornalum. Cr. chlor. de Villers-sur-Mer. — Michelin. allluc Agass Echin. suiss. ii. p, 14, Tab. 17, fig. a4-.}8. Terr. jurass. (Doubs). — Renaud-t'oinle. pn«illiini Agass. - Ecliinus pusiltus Miinst. in (joldf. Petref. p 123, Tab. 40, fig. 14. Du sable marneux tertiaire d'Astrupp, prés Osnabruck. — Mus. Bonn. complanatum Agass. — M 94. — Echin. suiss. il, p. 16, Tab. 17, fig. 31-33. Kellov. de Haiiville, Marolles. lialerme (Orne). Coral. d'Urach. 0\!»Tà. d'Alen- çon. — Michelin, Mandelslohe, Deshayes. conformis .'^gass. ^IcroJaJenia conforma Agass. Echin. suiss. ir, p. 40, Tab, 18, fig. 11-14. Portl. des environs de Porrenlruy. — Gressly. tenue .\gass. — X 34. — Cal. syst. p. 8. — Forme circulaire. Test mince. Très peu de tubercules miliaires entre les tubercules principaux. Cr. chlor. de \'iilers-sur Mer. — Deshayes. inœqiiaie Agass. — X 44. — Cal. sysl. p. 8. — Forme anguleuse. Tubercules petits, uniformes et nombreux. Espaces intermédiaires entre les tubercules, lisses. Dilfére du D. superbum par ses tubercules plus serrés, Kellov de .Marolles-les-Baux (Sarlhe), Lifol (Vosges). — Michelin, d'Orbigny, d'Archiac. tcxlam Agass. — .M. 86. — Cal. syst. p. 8. — Forme subcooique . Tubercules peu 5ll8 Mi.X^SU. ET DE»iUU. saillants. Un très petit nombre de tubercule» uiiliaires. Voisine , du reste, du U. supeybum et du D. inwquale. Oxford, de Norniandie. — Deslongcliamps. distinotuni Agass. — X i3 — Cat. sjst. p 8. — Les tubercules sont entourés d'une granulation très fine et très serrée. Les sutures des plaques sont très distinctes. Terr. crét.? I-'raiice. — Deshaycs. Iinmilo Agass. — M 89 — Cal. syst. p. 8. — Espèce très comprimée , à gros tu- bercules. Craie de Normandie. — Mus. Neuchàtel. scrialc Agass. — Q 53. — Cat. syst. p. 8. — Leym. Mém. Soc. géol. de France, Tom. III, p. 378. PI. 2'1, fig. 1. InTra-lias. Châtillon-sur-Cliessy (Rtiône). — Michelin. globulus Agass. — Q 34. — Cal. syst. p. 8.— Leym. Mcm. Soc. géol. de France, ïom. III, PI. 24, fig. 3. Infra-lias du moiil d'Or près Lyon (Rhône). — Michelin. niininiuiu Agass. — Q 59.— Cat. syst. p. 8.— Leym. Mém. Soc. géol. de France, Tom. III, ri. 24, fig. 4. Lias de France. niicroporum Agass. — M. 76. — Cat. syst. p. 8. — Leym. Mcm. Soc. géol. de France, Tom. m , PI. 24, fig. 2. Lias dePouilly en Auxois, Slenay (Meuse). Brnniriiiana Uesor. Espèce à tubercules petits, uniformes et peu serres. Quelques tubercules secondaires entre les rangées principales des aires inlerambulacraires. Kinnner. du Banné (Porrenlruy). ~ Mareou. annulnrc Agass. Petite espèce plate, à bouche très grande. Cr. chlor. du Mans. — Mus. Paris (gai. géol.), Michelin. areualuni d'Arcli. Deux rangées de tubercules inlerambulacraires très petits à la face supérieure. Base des tubercules fortement plissée. Tubercules niiliaires con- tlueuls. Terr. numm. de Biarilz. — D".\rchiac. sul>aii|gularc Agass. — .\1 91. S 81. - Echin. suiss. ii, p. 19, Tab. 17, fig. 21-25. Cal. syst. p. 8. — Cidaris suhanijularis CJoldf. Petrcf. p. 122, Tab. 40, (ig. 8. — Rœm. Ool. p. 2(>. Var. Diadema suloalum Agass, — X 46. — Cat. sysl. p. 8. Coral. de la vallée delà liiise (Suisse), Blochr il, Weissenslcin, Muggendorf, Salins, Normandie, Sirchitigen , Albe vvurlenîbergeoise. Saulce-aux-Ëois , Foresi-marble de Norniandie. — Mus. Baie. Gressiy, Dubois , Mareou , Des- longchanip>, Mamielsluhe. Archiaci Desor. — T 62. -- Espèce voisine du D. subangulare , mais circulaire. Les tubercules sont aussi sensiblement plus petits. Cr. chlor. de Beaunioiil près d'.ViigoiiU'ine. — Michelin, d'Archiac. ^tinaiciiiii Desor. Espèce voisine du D. Archiaci . mais plus plate ; les tubercules sont aussi plus petit,-. Aucune trace de rangées secondaires. Terr. crél. duSinai. — Mus. Paris. rATAI.Or.UK 1!ATS0!NNK DES KCIIIMDI-S. .'WlO doiirrs.siini Agass. — Q 30.— Cat. syst. p. S. - Tubercules anibiiliiciaircs el inler- ambulacraiics d'égale grosseur. Face supérieure plane. Poinl de tubercules secon- daires. Ool. inf. de Sainte-Honorine, naiiville. — D'Orbigny. Grasii Desor. Les tubercules inleranibulacraires sont sensiblement plus gros que les anibulaeraires. Point de rangées secondaires, Ncoc. inf. (le l''aulcuil prés Grenoble. — Alb. Gras. Ui'lierli Desor. Les tubercules sont très éloignés et par conséquent peu nombreux ; ceux des aires interambulacraires sont sensiblement plus petits que ceux des aires ambulacraires. Tert. d'Orglande, Valûgnes. — Dcfrance, Miehelin. DEUXliiME TYPE. — Tiéei'culfs ittti'rmnbulacraires ilisjjuiK'S par si'fies mul- fijilc'S, dont deux rangées jjrineijj'des flanquées de rangées secondaires. Tnrcaruni Rumpli. Tab. 14, fig. 8 — Cidaris diadema Laoïk. — Espèce renflée, à tubercules inleranibulacraires saillants. Piquants annelés de brun el de jaune. Aniilles (.M. l'Iéc), ile de rranec. — licole des Mines, Mus. Paris. j^aiign;iii Midi, dans Ouér. Mag. Zool. — Descript. Egypt. Zool. PI. 6. — DilTère du D. Tuicarum en ce que les aires interambulacraires sont enfoncées au som- met. Les tubercules sont moins saillants, et les épines, très longues et noires, at- teignent jusqu'à un pied de long. Mer Uoufie (niilia). Seyciiejles (Uousseau), Zanzibar (Rousseau), [îonihay(Uoux), Madaga.^car tVilinoiin). — Mus. Paris. Michelin. Laniarckii Kouss. Petite espèce voisine du D. Savicjnyii, à piquants très longs, verdàtrcs. N'esl peut-être que le jeune âge du D. Savignyii. Zanzibar (Rousseau). — Mus. Paris. Espèces fossiles. pseudoiliadi-nia Agass. — M 60. S 31. — Kchin. suiss. il, p. 11, Tab. 17, flg. 49, 50 et Si. — Cidarltes pseudod'ude.mn LainU. Anini. s. vert, m, p. 3!). — E. Desl. Encycl. il, p. 197. — ? Echinns jiurminans Phill. Geol. Yorks. Tab. 3, fig. 13. — Viadema ambîguiim Ilesinl. Tabi. syn. p. 316. Coral. de lieàanron, eaiilon de Solcure, Saint-MihicI, la Itochclle. — Dudressier, Mirbelin, d'Orbigny, Mus. Bille, Desnioulins. hcmtspliu-i'iciiiii Agass. — X 23. — Cal. syst. p. 8. — Echin. suiss. ii, Tab. 17, fig. 31 et 33. — Diadema transvenum Agass. Desml. Tabl. syn. p. 310. — Diffère du H. pseudodiadema par les rangées secondaires de tubercules , qui sont moins développées sur les aires interambulacraires. Sénnan. île Ra'dersdnrf (Itaut-Rhin), des environs de Salins. Jura neurtiâtelois de Vienx-Saint-Remy (Ardennes). — Mus. Neurliitel. Mareou, Deshayes. Rnppplii Desor. — T 13. — Espèce voisine du D. pseudodiadema ; mais les tuber- cules sont moins gros et plus égaux. Terr. erét, d'Keyple. — Mus. Paris. 350 AGASSIZ ET DESOR. ÎV'tsIi Desor. — K 4H. — Du type du D.pseudodiudema: mais les tubercules sont d'égale grosseur dans les rangées secondaires comme dans les rangées principales. Craie de Belgique. — Koninck. telragraninia Agass.— P 2(1.— Kchin. .suiss. il, p. 16, Tab. 17, (ig. 39-43.— Cat. syst p. .S. Terr. jurass. de Besançon. — Duiiressier. Kleinii Desml.— X 3i. R -îa. R 33.— Tabl. syn. p. 3li. — Cidariles Kleinii Desmar. — Diadema polyslujma Agass. Cat. syst. p. S. — Cidarites miliaris d'Arcli. Mém. Soc. géol. Fr. II Cr. sup. à Hippuiiles de Royan ((lironde), Périgurd, Soulaye (Aude). Craie de Cognac, de Goudon (l.ol). - Uesinijulins, Miol]elio. graniilare Agass. Espèce voisine du D. ïiteinii, ayant la même forme laganoïde, mais seulement deu\ rangées de tubercules principaux, .sans rangées accessoires. Cr. chlor. du Mans. — Mus. Paris (gai. géol.). ilichelin. TbOISIË.ME type. — Sous-genre Tetbagbamma. — .4» moins giinire rangées de tubercules principaux dans les aires interambukwraires. Les pores se dédoublent fréquemment à la face supérieure. planissimum Agass. — M 62. — Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss, ii, p. 26, Tab. 14, fig. 1-3. Portl. (cale, à Tortues) de Soleure. — Gressly. varlolarr Agass. — X 35. M 68.— Cat. syst. p. 9. — Cidariles variotarls Brongn. Diadema vuriolare Agass. l'rodr.— Les tubercules interambulacraires s'étendent jusqu'à Tanus. Les pores sont déd()ublés près du sommet. Gaull de Grandpré (Ardeniies). Craie des Alpes : Falilcn. Craie iiif. de .Saintes (Charente). - Mus. Paris, Zuricli, Neuchàlel. Bronsniarli Agass. — X 33. — Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss. il, p. 2a, Tab. 14, fig. 4-6. — ? Cidaris variolaris Al. Brongn. in Cuv. Oss. fo.ss. PI. M, Ug. 9. Gault de la Perle-dii-HlnJiie, Clar, Escragnolles. — Mus. Neuchàtel. d'Orbigny. subniidiiin Agass. R 27. Les tubercules interambulacraires disparaissent en partie près du sommet. Pores dédoublés. Cr. chl. du Havre, Saintes (Charente-Inférieure). — Mus. Paris (gai. géol.). nalbo>tii Agass. — T 63. — Quatre rangées de tubercules à la face inférieure, mais dont les internes seules s'élèvent jusqu'au sommet ; les externes arrivent jusque un peu au-dessus du milieu. Craie à Hippuriies îles Corhières, de Soulaye, Amérique méridionale (Roulin). — Mus. Avignon, Michelin, Deshayes. Roissyi Desor. — T 21. — Grande espèce plate, à six rangées de tubercules sur les aires interambulacraires. Cr. chlor. de Gacé. — Mus. Paris. D'Archiac. Picfeti Desor. Espèce plate. Au moins quatre rangées de tubercules; les rangées internes s'élevant seules jusqu au sommet. Les tubercules sont perforés , mais à peine crénelés. Néiic. de Censeau. — Mareou. CVTALOGi;)-: IIAISONNÉ DES ÉCriINrDKS, 351 XIV. HEMIDIADEMA Agass. Ce génie diiïère des Diadèmes par un seul caraclère , c'est que les aires ambulacraires ne soultouiposées que d'une seule rangées de tuber- cules. rugosuni Ajass Très petite espèce. Les tubercules ambulacraires sont aussi gros et même plus gros que les tubercules inleranibulacraires. Grès vert deOrandpré (Ardennesj. — Deshayes. XV. CYPHOSOMA Agass. Test circulaire , és;alcnieiit aplati i\ la face supérieure et à la face infé- rieure. Porcs disposés par paires simples formant des séries onduleuses. Aires ambulacraires pourvus de tubercules aussi gros que les aires inter- ambulacraires. Les tubercules sont crénelés, mais non perforés; ils forment deux rangées de tubercules sur cbaque aire. Bouche ronde et très légèrement entaillée. Uillère des Diadèmes en ce que ses tubercules sont imperforés. Toutes les espèces sont fossiles , et limitées jusqu'à pré- sent aux terrains crétacés. Milleri Agass. — M 56.— Cat. syst. p. H.— -Park. Org. Rem. m, Tab. 3, fig. 10. — Echtnus MiUeri Desniar. — Cidarites yranutosiis Gold. Petref. p. 122, Tab. 40, fig. 7. — Diadeina graniilosa Agass. Prodr. — Se fait remarquer par ses tuber- cules relativement très grands. Cr. bl. Kent, Havre, Wisiplialie, Montoîieu (Drôme), Rugen, — • Mus. Bonn et Cuppenhagen. MÏL-tielin, Hagenow. corollarc Agass. — Park. Org. Kem. m. PI. 1, (ig. 7.— Echinus corollarîs Lamk. — Mant. Tab. 17, fig. -2. — Eclnnus tiiberculosiis Defr. Dict. — Espèce aplatie, à tubercules uniformes. Se trouve fréquemment à l'état de moule intérieur. Cr. du Pèripnrd , de Talniont, Royan. — Desmoulius , Defrance, d'Orbigny. Michelin, Mus. Paris. Tiara Agass. — X 2(ii'. M 6. — Cidaris Tiara Hagenon. - C. magnificum Agass. Cat. syst. p. 11. - Très belle espèce à tubercules égaux. Très peu de tubercules miliaires entre les tubercules principaux. Cr. bl. deKenl, Meudon, Riigen. — Michelin, Mus. Paris, Brongniart, Hagenow. rugosura Agass. — M 07. — Cat. syst. p. 11. — Se distingue par ses tubercules très apparents, qui diminuent sensiblement près de l'anus. Forme subpcntagonale. Cf. bl. iuf. de la l-'lcche, Sauiles (départ, de la (Charente), Vendôme. — D'Or- bigny. clrcinatum Agass.— M 74. R 43. — Cat. syst. p. 11. — Echimiscircinalus Lamk. — Se distingue du C. Tiara par sa forme plus renflée et ses tubercules miliaires plus grossiei s. Craie du Périgord, de Royan, de Tours. — Mus. Paris. Desmoulins, Michelin, d'Orhi(;nv. à52 i%«J%SSIZ ET DESOR. Bcatiiiionli Ajjass.— X 91. S 82. — Cal. sysl. p. 14.— Espèce voisine du ''. Tiaia, mais plus plate. Tubercules saillants. Craie de Plaisance. — Elie de Beauniont. sulcatiim Afiass. — T C4. — Les tubercules de la face supérieure sont sensiblement plus petits que ceux de la face inférieure. Des sillons trah^verses entre les pla- quettes , coHimc dans les ïeninopleurus. Un sillon évasé vertical au milieu des aires interambulacraires. A part cela, voisin par sa forme du C. cîrcinalum. Cr. chlor. de Sainl-Chrislophe (Indre-et-Loire). — D'Orbigny. Delainai'rei Desli. Exp. Alg. —Voisin du C. circinatum, mais subconique. Aires interambulacraires légèrement déi)rimées. Craie a Hippur. de Biskva en Algérie, entre Betna et Aicantra (prov. de Con- stantine). — Elie de Beauniont, Desliayes. pcrfectum Agass. — X 77. — Cat. syst. p. 11. — Espèce très plate. Se distingue de ses congénères par la finesse extrême de ses tubercules miliaires très serrés. Cr. hl. de la Flèche, Sirehla. — D'Orbigny, Deshaycs, Michelin, Gcinilz. ornatissinium Agass.— R 28.- ? Cidaris variolans Goldf. ^non lirongn.) Pelrcf. p. 15:3, ïab. iO, fig. 9. — Diffère du f . Tiara par le dédimbicment des porcs à la face supérieure, et par la présence de tubercules secondaires assez développés à la face inférieure. Cr. bl. d'Angleterre, Plaener. — Deluc, Mus. Bonn et Paris (gai. géol.). tcnnistrialiiin Agass. — M 72 — Cat. syst. p. 11. — Espèce à très petits tuber- cules, ce qui lui donne une apparence très peu rugueuse. Cr. bl. de la Flèche (Sarthe). — Mus. Paris (gai. géol.), d'Orbigny. fegiilare Agass. — P 69. — Cat. syst. p. 11. — Les tubercules ambulacraires sont exactemeut aussi gros que les tubercules interambulacraires, ce qui donne à cette espèce une apparence très homogène, lîouche grande. Cr. bl. delà Flèche, Tours. Craie de Vendùme. — Mus. Paris. D'Orbigny, d'Ar- chiac. diincilv Agass.— X 78. — Cal. syst. p. 11. — Espèce assez renflée, à tubercule relativement très petits, surtout dans les aires ambulacraires. Les plaques coro- nales sont bien séparées, par suite delà disposition linéaire des tubercules miliaires. Craie de France. — Michelin. cribriiin Agass. — M 29. M 30. —Cat. syst. p. 11. — E. Sism. Ech. foss. Nizza, p, 62, Tab. 2. fig. 14-16. — Espèce subconique, à bouclie très grande. Zones pori- fères très flexueuses. Craie de Plaisance. Craie sup. du comté de Nice. — Elie de Beauniont, Mus. Turin. snkgrannlaluni Agass. — M 50. — Cat. syst. p. 1 1 (sous le nom de C. regularé). — Voisin par sa forme du C. re(julare : mais il en diflère par le très petit nombre de ses tubercules miliaires. Craie. — Mus. Neuchiitel. radiatiim Agass.— C(dari(esrad/a(us Hœningh. in Goldf. p. 12S, Tab. 40, fig. 13. Cr. niarn. d'Essen sur la Rirhr, — Mus. Bonn. diinidiatuin Agass. Petits piquants subulés , lisses, les uns fusiformes, les autres comprimés, ayant une sorte d'anneau au-dessus de la collerette. Cr. chlor. du Mans (Sarthc). — Michelin. (m\i,nf;ii; nAlRO^M; di:s LCiriMDKS. .i'),) xvr. RCIIINOCIDARIS De.sml. (PI. \-i, flj,'. :i.) roniie subconi(iue , puu élevée. Test mince. Tubercules ;i base lisse, inipuifoi'és au sommet, l'ores disposés par simples paires tout le long (les ambnlacrcs. Anus recouvert de quatre plaques d'égale grandeur. Dcu\ rangées de tubercules sur les aires auibulacraires, et au nnùns quatre sur les aires iuterauibulacraircs ; mais souvent les rangées ex- lernes s'étendent seules jusqu'au sonnnet , tandis que les internes dis- paraissent à la face supérieure. liaguctles cylindriques , linement striées. Bouche très grande. .Membrane buccale nue, h part les dix plaquettes des tubes buccaux. Auriculos disjointes. Appareil dentaire connue dans les Oiadèuies. lue carène à la lace interne des dents. Dillére des Dia- dèmes par ses quatre plaques anales, par ses piquants lisses, et en ce que les tubercules sont inq)erlorés, au lieu d'être crénelés et perforés. PliliMlER JVPi;. — Sous-gcnre .\cAniTEs Agass. — Tiiherculus diaparnissant enjmrtieù la face siijji'ricuro des aires interuiid/uliicraircs. punctitlntn I)osin!. — i^clilnus puncltdalHS Laiiik. — Au moins (Hi;Urc ranj^écs de gro,^ lubercule.s dans les aires inlcrarabulacraires. Les e\lérieures seules altei- gneiit le somriiel. Couleur rose. Mes .\iitillcs, Si'MPgal. — Mus. Paris, Schmidt, Michelin. stollata Dcsnil. — Echinus stcïlalui: VA, — Petite espèce dèpiîniéc qui se dis- liiii;uc parla présence d'une éloilc au sommet du disque , dont les rayons se pro- longent sur les aires interambulacraires. Pe 1res gros tubercules comme dans l'es- pèce précédente , [nais qui persistent davantage il la lace supérieure. Des îles Gallupaj^os (Siotkes). — Mus. P.iiis et Neiieliàlcl. DurrcNiiii Desml. — Ecliinus Dvfrcsnii lîl. — Espèce subconique ; les tubercules sont plus petits que dans les espèces précédentes. Coloration verte. Cumaiia (.\nlilles). — Mus. Paris, Mielietin. Kfialuligera Agass. — Echinus spatuli^jer ^"al. \"oy. Véiuis. Zool. PI. lî. fig. 2. -- Grande espèce subcotiîque. .Vu moins luiil rangées de tubcrcides inlerandxda- craires à la lace inférieure , lesiiuels s'amoindrissent cl disi)araissenl en grande partie à la face supérieure. Piquants spalurd'ormes autour de la bouche. Coquimbo (Gaudieliaud). — Mus. Paris. loculaia Ucsml. — Echinus loculalus lil. — Petite espèce plate, voisine de VE. stellala. .Mantlie, la Ilucheilc, — Miiheliii, Iiesmoulins, Mus. Paris. 3'- série. Zoi.i, T. VI, (Déccmlirc !Slu.) r. 23 .'>r)/| A6ASSIZ ET DESOR. IJEUXlilMR TYPE. — Sous-gcnre Tf.tbapïgus Agass. — Tiiberctilfs inli'romhii- lacraires recouvrant toute la surface du test. nigra Agass. — Ecliiniis niijcr Molina, Hisl. nal. du Chilli, ii. 173. — Eehinus ptirpurascens Val. Voy. Vénus Zool. PI. 5, lig. 1. — Eehinus pustulosiis Desml. (non Lamk.). — Tubercules très gros ; lii rangée externe des tubercules inlerani- bulacraîres se maintient jusqu'au sommet. Coqnimbo, Païla (Goudichauil). — Mus. Paris, d'Orbigny, Mus. Neuclifitel. n^iliiiiiilsoreiiiata Desml. — Eehinus a'(]uituberculatus Bl. -- Eehinus neapo- litaniis Dellc Cliiajc. -- Grande espèce subconique , remarquable par ses tuber- cules d'égale grosseur. Palernie et Algérie. — Mus. Paris et Xeuchàtcl. piiKiiiloNa Agass. — Echimis puslulosus Lamk.— Espèce 1res voisine de r£. (Pqui- tuberculala ,■ plus déprimée. Les tubercules sont moins saillants. Brésil. — Mus. Paris. grani1iiB<>K;& Agass. — Eehinus grandinosus \'al. Voy. \'énus Zool. PI. 11, (ig. 1. — Très voisin de VE. aquilubereulata ; cependant les tubercules sont plus sail- lants, et les ambulacres légèrement coslulés. Carlliagéne (Amérique), Pérou (Gaudicliaud). — Mus. Paris. XVII. ECHINOPSIS Agass. (PI. lo, Rg. ;;-6.) Petits oursins renflés, subconiques. Aires ambulacraircs à peu près aussi larges que les interanibulacraires, et ornées, comme celles-ci, de tubercules perforés, mais non crénelés. Bouche petite avec de faibles en- tailles. Diiïèrc des Diadèmes |)ar l'absence de crénelures aux tubercules. Se trouve fossile dans la craie et les terrains tertiaires. Premier type. — Pures disposés par simples paires. olosnnsi Agass. — X 28. — Cat. syst. p. 9. — Eehinus elegans Desml. Tab. syn. p. 300. — Espèce renflée. Tubercules serrés et tris apparents, quoique petits. Terr. nunim. de Royari (Giioncle), Sainte-Maure-sur-Luirc. Cale. gr. inf. de Saint-Eslèptie (Médoe). — Desiuuuiins. Inlipora Agass. — X 'lO. P 1!». — Cat. syst. p. 9. — Les zones porifères sont larges , les tubercules petits , cl les granules miliaircs relativement petits. La sé- paration des plaques est très distincte. Craie de Villers (Orne). — Mus. Avignon. contc.xia Agass. — M 64. — Cat. syst. p. 9. — Espèce un peu plus renflée que la précédente, dont elle n'est peut-être qu'une variété. Craie du département de l'Orne. — Dcshayes. doprpK.sa Agass. — M 49. M (53. — Cat. syst. p. 9. — Espèce plus plate que la précédente. Les tubercules principaux sont moins serrés dans les aires ambula- (;\TAr.of;rn: nAiso>M'; dks i':ciiimdi:s. 355 craires ; les tubercules niiliniies sont .lussi moins nombreux. Pu reste , très voi- sine de VE. lalipora. Craie de l'ouilly (en Auxuis). — Mitliclin. pnsilliis Rœm. Kr. form. — Très voisine de VE. contexta , sinon idenlique. Craie de Gehrden (Hanovre), — Rœmer. Deuxième type. — Pores (lix/msrs pur triples paires Miques. Goclicii Agass. — V 12. — Ecliimis Gacheli Dcsnil. Tabl. syn. ii. 300. — Grande espèce très Iiaule. Tubercules petits et assez serrés, formant deux rangées dans les aires ambulacraires et dans les aires intcrambulacraires. Ten. de lilaye. — Desmoulins. xviir. ARBACIA Gray. (PI. 1.5, lig. M.) Pclils oufsins subspliériqiies. Test recoiiverl de nombreux pctils tti- beicules, à base lisse el sans perforalion , formant des rangées multiples sur l'es aires intcrambulacraires , et quelquefois aussi sur les aires ambu- lacraires. Porcs disposes par simples paires. Jioucbe circulaire sans pro- fondes entailles. Appareil génital étroit , en forme d'anneau. Diffère du genre lichinopsis, dont il a la forme générale, par ses tubercules ;i base lisse. Les espèces sont fossiles des terrains crétacés et tertiaires. PltEMlElt TYPE. — Ikiix rangées de tubercules principaux accompagnées de tubercules moins gros. nionilU Agass.~X 6H.~Echiniis moni'îi's Desmar. in Defr. Dict. Se. nat. xxxvir, p. 100. — Arbacia (flobosa Agass. Cat. syst. p. 12. — Les tubercules ne sont pas tons d'égale grosseur, mais il y a deux rangées de tubercules principaux sur les aires ambulacraires et interambulacraires. Tert. Saint-George-la-Mine près Doué (Maine-el- Loire), Broyés (Oise), des falu- nières de Sainle-Maurc (Touraine). — Michelin, Mus. Paris, Deshayes. oonjiincla Agass. — Q 98 — Cal. sy.st. p. 12. — Diffère de VA. monilis par ses tu- bercules qui sont un peu allongés dans le sens vertical. Craie du dcparlemcnl de l'Orne. — Deshayes. Spadîe Desor. Petite espèce voisine de VA. conjuncla , à tubeicules miliaires très serrés ; deux rangées de tubercules principaux. Pliocène du Monte Mario, près de Rome. — Verneuil. (lrprrK«a Agass, — X 38. — Cat. syst. p. 12. — Espèce plus plate que VA. moni- lis. Il y a deux rangées de tubercules principaux à coté des rangées secon- daires dans les aires intcrambulacraires. Néoc. deNcuchâtel. — Beyrich. alnlacraAgass. — Echinus a?u(ace«s Goldl. Pétrel, p. 125. Tab. 40, lig. IS. Du sable marneux des environs d'Essen. — Mus. Bonn. O.K) AUASSIX ICT DESOR. DtUXlkMF. TYPE. — Tiiliri'rulrs niiifnrmcs aiir tùiile In siirfiirp fin lest. KraniiIOKîi Agass. — \ 30. — ('al. syst, p. 12. — Echimis (jrainilosus Miinst. in Ciiildl. Polref. p. i2o. Tab. 49, fig. o. — Les luberculcs fonncnl dos séries hori- z.onlales qui complenl jusqu'à seize luberculcs dans une aire inlcranibulacraire , cliiualrc ou six dans une aire anibulacraire. Cr. fldor. de l'Ile d'Ait, Chule l-arni, le Mans, ICchlheim sur le Daiuihe. — D'Or- bigny, d'.\rchiae. Mus. Bonn. rnnScn Agass. — P Si''. — Cat. sysl. p. 1-2. - Espèce voisine de l'.l. granu- losa ; mais plus liaule et plus conique. Cr. chlor. de Villicrs (Calvados). — Dcshajcs. Pilos Agass. — Q '(7. — Cal. sysl. |). 12. — Echin. suiss. il, p. 94. Tab. 23, (ig. 32-3(i. Ni'oc. du canton de NeucliAlel. — Mus. Ncncliàtel. Slolxiliis Dcsor. Espèce globuleuse, à Inbcrculos égaux, disposés comme dans VA. (jraniilosa, mais moins noiid)reux. Il n'y en a guère que douze rangées dan.s les aires inleramhulacraires. Terr. crél. — Alh. (iras. xtv. EUCOSMUS Agvss. (in. lîi. fi. 12. — Les séries scconilaires des tuber- cules iulcrambulacraires sont aussi déveIopi)ces que les séries priueipalcs. Cale. gr. de France. — DesUayes. Agassizli d'Arcli. Jlém. Soc. géol., Fr. 2" sér. ïoni. ir, p. 203, Tab. 7. fig. 2. — Espèce voisine du C. cquis. Les espaces nus des aires iulcrambulacraires seul ornés de lignes en zigzag. Terr, numm. de Biariiz. — D'.\rchiac. spinosissiiniis Agafs. Entre les rangées principales et les rangées secondaires des tubercules inlerambulacraircs est intercalée une série d'épines très acérées. Calo. gr. de Paris. — Destiayes. .\xi. CODIOPSIS AoAss. (PI. 1.5, fig. 14 et 1.5.) Test reuné, trè'S élevé, subcirculairo ou subpentagoiial. l'orcs disposés par simples paires. Tubercules sporadiques perforés, mais ii base lisse , saillants seulement à la face inférieure. Le reste du test est lisse , et pré- sente une structtiie finement plisséo lorsqu'on l'exaniine à la loupe. Boucbe moyenne, sans eutailles profondes. N'est connu qu'à l'état fossile, dans les terrains crétacés. Uoma Agass. — X 31. X 71. — Cat. syst. p. 13. — Codiopsis simplex Agass. Cal. syst. p. 13 (Exempt, usé du CodJopsîs Doma), — Eckinus Doma Desmar. in Defr. Dict. Se. nat. xxxvii, p. 101. Cr. inf. de Tourlia cl Tournay (Belgique), Coudrccieui (Sarthc). Cr. chlor. le Mans (petite forme). — Mielielin, Mus. Paris (gai. géol.). Je n'ai pas pu iii'asstirer si les petits Codiopsis du Mans sont identiques avec le C. D'ima de Tourlia , ni trouver des dilTêrenees suffisantes pour les distinguer. Outre la laillf, (jui esl 1res petite dans les evemplaires du Mans, je lrou\c ta fuime un peu plus haute el des tubercules isoles sur tout le lest; mais il parait qu'ils tombent a\ec l'àgo. xxu. MESPILIA Desor. (PI. 15, (ig. 17.) Les aires ambulacraires et interambulacraires sont nues dans leur par- tic médiane, et seulement bordées de tubercules sur les côtés , ;i l'ex- ception de la fac(! inférieure qui esl trt's tubcrtnleuse. Tubercules petits. Des pores an},'ulaircs à la jonction des p!a(|iics coronales , comme dans les Temnoplfiinis. Pores ambulacraires (lis|)osés par séiies \erticales* multiples. Auritules fermées: cercle auriculaire peu élevé. .Membrane 358 AGASSIZ ET UE»«OR. buccale nue , tiès fortement plissée. Appareil masticatoire conformé comme celui des licliinus , mais plus grêle. globuluK Agass. — Echinus (jlobulus Linn. — Echinus versicolor Val. — Cidaris granulata Lesko,p. 132. Tab. ii, Ifij;. k. f.— Forme renflée. Partie nue des aires iiilerambulacraires de couleur verdàtre. Zone tuberculée des mêmes aires rouge ainsi iiue les ambulacres. Plaques génitales et anales tuberculifères, petites. Pi- quants annelés de blanc et de rouge. Tonga-Tabou (Quoy cl Gaimard). — Mus. l'aris. \xiii. MICROGYPHUS Agass. (PI. 15, fig. 10,) Pores disposés par doubles paires obliques. Tubercules sporadiques tous d'égale grosseur, et limllés au milieu des plaques coronalcs, tandis que le bord de ces mêmes plaques est nu. De petits pores angulaires à la jonction des plaques dans les ambulacres, aussi bien que dans les iuterain- bnlacres, plus grands autour de l'anus que plus bas. inaciilniiis Agass, — Espèce renflée. IMaques coronales hautes ; les espaces nus .sont plus grands que les espaces tuberculeux et d'une teinte rosée. Pores angu- laires excessivement petits , à peine visibles. Couleur rose. Origine inconnue. — Mus. Paris, ilictielin, École des Alines. Roiisseaiii Agass. — Grande espèce renflée. Espaces nus entre les plaques inler- anibulacraires , d'un beau violet. ISIascate (Rousseau). — Mus. Paris et Franctort. itîg»"K Agass. — Petite espèce renflée. Les espaces nus sont moins larges et plus nombreux que dans le M. Bousseaui. Origine inconnue (Quoy et Gaimard). — .Mus. Paris. .\xiv. SALMACIS Agass. (PI. 15, fig. i.) Forme circulaire, subconique. Pores ambulacraires disposes par doubles paires. Tubercules crénelés, mais non perforés, formant plu- sieurs rangées verticales , qui se présentent sous la forme de séries hori- zontales régulières sur chaque plaque interambulacraire. De petits creux ou i)ores ( pores angulaires ) à la jonction des plaques coronales. Quatre plaques anales finement granulées, ainsi que les plaques génitales et ocellaires. Bouche petite. Blembrane buccale nue. Auricules minces , tranchantes, se touchant par leur base, et fermées au sommet. Appareil masficatoire construit comme dans les Diadèmes et les licliinocidaris , à l'exceplion du compas qui se termine en spatule tronquée. Piquauls courts , cylindriques et finement striés. Il y a des espèces vivantes et des espèces fossiles. i CArAI.O(;UK 1\A1S0NMÎ DES ÉClUMDIiS. 359 bicolor Agass. — Tesl renflé. Au moins dix rangées de lubcrculcs dans les aires inleranibulacraires formant des lignes horizontales régulières. Sutures des jilaqucs distinctes. Pores angulaires petits. Piquants très lournis, d'une teinte orange, annelésde blanc à la face inférieure. Bombay (Roux), nier Rougo. — Mus. Paris. suleatus .4gass. — Des lignes transversales assez distinctes indiquent les sutures des plaques coronalcs. Au moins six rangées de tubert'ules sur les aires inter- ambulacraires et quatre sur les aires ambulacraires. Pores angulaires très mar- qués, de forme triangulaire. Piquants très lins , aunclés de blanc et de vert. Philipijines. — Mus. Paris, Deshaycs, Michelin. Tlr;;ulaiiis Agass. — Espèce voisine du S. stilcatus , mais plus petite et à tuber- cules moins nombreux. Piquauls violets (n'est peut-être que le jeune du S. sul- eatus), Ceylan (Renaud). — Mus. Paris. rarispiniis Agass. — Forme subconique. Tubercules très petits. Sutures des plaques peu apparentes. Pores angulaires très jietits. Piquants peu lournis , an- nelés de blanc et de rouge. Détroit de Malacca (Eydoux et Souleyet), Singapour (llonibron et Jacquinut). - Mus. Paris. varius Agass. — Espèce très voisine du S. lurispinus, mais moins conique. Les tubercules sont aussi plus nombreux. Porcs angulaires très petits , à peine visibles. Singapour (Hombron et Jacquinot). — Mus. Paris. Dussiiaiierî Agass. — Forme déprimée. Tubercules plus saillants et plus serrés que dans les autres espèces. Jîouche enfoncée. Mers de la Chine (Dussumier), Singapour. — Mus. Paris. globator Agass. — Petite espèce très renflée. Pores angulaires très petits. Deux rangées de tubercules sur les aires ambulacraires et sur les aires interambula- craires. Origine inconnue. — Deshayes. Espèces fossiles. Pepo Agass. — T 35. — Grande espèce très renflée, voisine par sa structurs du S. varius. Le milieu des aires interarabulacraires est dépourvu de tubercules. Terl. Palerme. — Agassiz. Vandeiirckc'i Agass.— Espèce intermédiaire, quant à sa forme, entre le S. raris- pinus et le S. sulcalus. Terr. nunini. fontaine du-Jarrier, montagne de la Palarea. — Vandenccke. XXV. TEMNOPLEURUS Agass. (PI. 1.5, fig. 9.) Forme clrctilaire (!t subconique. Deux rangées principales de lubcr- culcs intcranilHilaciaircs crciieli's, mais non perfores. Des impressions profondes correspondant au.\ sutures des plaques dans les aires ambu- 3()fl AUISSIX KT UKSOK. !i;i-aircs , aussi bien que dans les aires intcrambiilacraircs, mais soulc- ;ii('iit à la face snpcrieure. Porcs ambulacraires disposés par triples paires. Appareil niasticaloirc vigoureux. Aiiricules basses el grêles. Ce genre diffère des Salniacis par ses impressions quilui douncut uue appa- rence sculptée. On n'en connail que des espèces vivantes. Coi'ciiinalieiis Agîiss. — Cidaris îorettmaticus Klein. — Ecluniis sciilptus Lnmk. — Voy. Venus Zoopli. PI. 1, (ig. i. — Forme subconique. De fortes imi)re.ssions transversales séparant les plaques coronales. Bombay (Roux). A l'élat île pélrificalion dans la mer Rouge (Ueynaud) , île Karrak, golfe Persique (Leclancher). — Mus. Paris (gai. géol.). KoynaudI Agass. Diffère du T. toreumaticKS par ses incisions transversales , ulacraires, Gallopagos.— Michelin, Mus. Paris. \xvi. GLYPTICUS Ag.vss. Forme circulaire , déprimée. Pores simples dans toute leur longueur. Les aires intcranibulacraires , au lieu de gros tuljcrcules , sont garnies d'aspérités irrégulières , qui donnent au test un aspect sculpté. Les tu- bercules des aires ambulacraires sont régulièrement conformés, mais imperforés, et sans crénelures à leur base. Appareil génital très grand et très régulier. Boucbe ample avec de petites entailles. Les espèces sont fossiles, des terrains oolitiqucs et crétacés. siilcadis Agass. — T 27. — Eclnnus sulcalus Goldf. Petref. Gcrm. p. 12G, Tab. 40, fig. 18. — Echimis rottilaris Lanik. Coral. de rEiigclliardshcrï, rranconic, environs de Vendôme. — Mandclslohe, comte de Muiisler, Michelin, liicr«sl?pl>>cii'i Agass. — Q SG. Q 96. — Cat. syst. p. 13. — Fcliin. suiss. ii, p. 0(). Tab. 23, fig. .37-39. — Ecliinus liieror/lypliicus Miinst. in Goldf. Petref, p. 121). Tab. 40, (Ig. 17. — Uesuil. Tabl. syn. p. 292. — Arbacia liierorjhjpliica Ag. Prodr. p. 23. Curai, du canton de Snlcnre, Besançon, .Salins (.Iiira), Puiscuï (Ardcnncs), Sir- chingen, — Mus, Ncuchàlcl cl Bâle, Mandelslolic. C\IAI.O(;Uli UAISONMÎ niiS KCIIl.MUliS. oOl Var. Quercintis A{;a5s. — X illi. — Cat. sysl. p. 13. Tt'rr- jiirass. de Kram-e. — Mus. Neuchàtcl. Koniiickii Ocsor. — T 30. — Dilfèrc du G, hicroglyphicus en ce que les sculp- iurcs, au lieu d'êlre verticales, sont transvergales. II y a plusieurs gros tubercules à la base. Craie de Ciply. — De Koniuck. affiiiis A^ass. Eehin, suiss. ii, p. 97. Tab. 23, lig 'i0-42. Kiiumcr. d'Olicn (canion de Soleure), Obergœsgen. — Gressly , Sirohmeyer. xwu. POLYCYPIIUS Agass. Oursins tic pclile laille , a tubercules uniformes sur toulc la surface du lest. Bouche grande, pcntagoiiale. Porcs disposés par triples paires obliques. C'est le seul caractère qui les distingue des Arbacia. Toutes les espèces sont fossiles, des terrains ooliliques et crétacés. nodulosiis Agass. — X 70. M 43. M 63. Si. — Echiiius nodulosiis Msir. in Goldf p. 123, Tab. 40, fiU' l**- ~ Agass. Cat. syst. p. 12. — Arbacia tiodulosa Agass. Prodr. Ciilc. à pulvpiers de Ranville (Normandie), Luc, liayreulli. — Deslungdianips, Michelin, Miinstcr. su-llalus Agass. Voisine par sa forme du J". nodulosus: mais il n'y a <|uc quatre rangées de tubercules interambulacraircs. Cal. à polypiers? de N'orniandie. — Deslongctiamps. (cvtilis Agass. — R 90. ^ £c/nn!is (e.r(i7is Miinst. - Les tubercules sont plus petits que ceux de l'£. 7iodulo$us. l'orme subcoiiique. lioucbc très grande. Zones porifères s'élargissant considérablement à la lace inférieure. Kelluv. de .Marulles prés Xlatners. — iliclielin. arciiaCus Desor. — T 68. — Très voisin du P. nodulosus dont il diffère cepen- dant par la manière dont les rangées de tubercules sont disposées ; il y en qua- torze. Lu seconde rangée interne remonte le plus haut ; les autres s'adjoignent successivement. Les anibulacres ont quatre rangées de tubercules. Cr. bl. de Martit;nics près Quiévrain. — De Koninik. BiK'liii Agass. — Echinus Buchii Steiuig. Mém. Soc. géol. Tom. i, p. 319; PI. 21. Terr. douteux. F.nvirons de rEifel. — Sleiniger. xxvni. AMBLYPNEUSTES Ac.vss. Forme enlléc , quelquefois pins liante que longue. Test mince. Pores ambulacraires disposés eu trois séries verticales. liouclie petite, sans en- tailles. Denis poinlucs avec une quilb; interne tronquée avant la pointe. Arc transversal des |)yra;ni(les grêles avec une faible rainnie pour la deiil. Compas très petit , lionqué et un peu rciillé à sou extrémité anté- 362 ASASSIZ ET DESOB. lieure. Auriculcs fermées , petites; cercle auriculaire bas. Plaques gé- nitales et anales, petites, tuberculifères. Des pores aux angles des plaques , comme dans le genre Salmacis. Ce caractère distingue ;i première vue lesAmblypucustes des Ecliinus. Piquants terminés en mas- sues tronquées. On ne connaît que des espèces vivantes. Ovuni Agass. — Echinus ovum Lamk. — Espèce très haute , presque ovoïde. La hauteur l'emporte sur le diamètre transversal. Nouvelle-Hollande? — Mus. Paris. ^ griseus Agass. — Echinus giiseus Bl. — Espèce très voisine de VA. Ovum par sa structure , mais bien moins haute. Ambulacres larges , portant six rangées de tubercules espaces. Vanikoro (Quoy etGaimard, l'éron et Lesueur). — Mus. Paris. palliduM Agass. — Echinus pallidus Lamk. — Val.Voy. Vénus. Zool. PI. 2, fig. 1. — Espèce moins haute que la précédente, et plus tuberculeuse. Ambulacres pro- portionnellement plus étroits. Lcsauricules sont plus grandes, et le cercle plus haut que dans les autres espèces. Piquants très courts et très tournis. Nouvclle-Hullancle (Quoy el Gainiard), Vanikoro, iles Galoijagos. — Mus. Paris. tc.tlilis Agass. 11 n'y a que deux rangées de tubercules principaux sur les aires ambulacraires et interambulacraires , avec des lacets de très petits tubercules allant du tubercule princijjal aux angles de chaque plaque, et alternant avec ceux des plaques voisines. Du reste , voisin de Y A, Ovum, Origine inconnue. — iMus. Paris. scalaris Agass. Les tubercules sont plus nombreux que dans l'espèce précé- dente , et les lacets formés de plus gros mamelons. Les zones porifères sont blanches , le fond dos zones ambulacraires et interambulacraires est brun avec des espaces plus ou moins lisses entre les plaquettes qui sont verdàtrcs. Nouvelle-Hollande (Verreaui). — Mus. Paris, scrialis Agass. Voisin de VA. lextilis , dont il diffère cependant par des tu- bercules plus gros , très rapprochés des aires ambulacraires. Origine inconnue. — Deshayes. .\.MX. BOLETIA Desur. Oursins de grande taille , déprimés et subconiques. Tubercules petits, nombreux , imperforés , non crénelés , formant des séries multiples. Pi- quants courts et très fournis. Zones porifères larges, composées de trois rangées verticales de pores , la rangée interne étant séparée des deux externes par une série verticale de petits tubercules. Bouche très grande avec des entailles très profondes. Auriculcs grêles se touchant par leur sommet sans être réunies par un arc. Toutes les espèces sont vivantes. Plleoluat Desor. — Echinus Pilcolus Lamk. — Echinus ubtusan(juUiïi Lamk. — C-VTAI.OOLili UAISOMSÉ DliS ÉCIIIMUES. 363 Echiniis pohjzonalis Lamk. (jeune). — Voy. Vénus, Zool. PI. 8 et 9. — liés grande espèce déprimée, ^ubconiqiie. Bouche 1res grande. Entailles très profondes. Seychelles, nier des Iiuies (Rousseau). — Mus. Paris. Ii<>fpropora Dcsor. Espèce très voisine du B. Pileolus, dont elle diffère cepen- dant en ce que dans chaque paire de porc le trou extérieur est plus grand que rintérieur. Mer des Indes. — Mus. Paris, Roissy. iiiaeulata Desor. — Echinus macitlatus Lamk. — Echinus depressus Rlaiiiv. — \*oy. Vénus, Zool. l'I. 3, fig. 1. — ICspéce voisine du II. Pileolus, mais plus tubercu- leuse et plus conique. Les sutures des plaques sont très accusées. Océan indien. — Mus. Paris. bizonata Desor. — Echinus bizonatus et Ecli. Irizonalis iil. — Petite espèce qu'on a prise pour le jeune du B. Pileolus], mais qui en diffère par ses tubercules miliaires beaucoup moins nombreux. Origine inconnue. — Dcsmoulins, Paris, Mus. ^licheliu. .\\x. TRIPNEUSTES Agass. Oursins de grande taille , renflés, à tubercules peu saillants, porlaul de petites baguettes. Pores formant trois doubles rangées verticales bien séparées. Les deux rangées extérieures sont rectiligues et régulières ; la rangée moyenne est irrégulière. Bouche petite, circulaire , uiédiocre- inent entaillée. Appareil inasiicatoire puissant. Dents tricarénées. Com- pas très fourchus , relevés, sans muscles transverses. Les espèces sont vivantes et fossiles , des terrains tertiaires. sardioiiN Agass. — Echinus sardicus Lamk. — Cidaris sardica Leske. Tab. 9, fig. A. B. — Encycl. uicth. Zooph. PI. 133 , fig. 7. Var. Echinus /hscf'afusLamk. Seychelles, Bunibay (Rousseau cl Butta), ile de France (Matthieu). — Mus. Paris. pi-nlugonus Agass. — Cidaris angiilosa Leske. Tab. 2, fig. F. — Echinus pcnla- ijonus Lamk. — N'est peut-être qu'une variole de la précédente. La forme ren- llée des ambulacres la rend pentagonale. Océan Indien. — Mus. Paris, vcnlricoHus Agass. — Echinus l'entricosus Lamk.— Jîc/iiuus Peranii lilainv. — Très voisin du T. sardicus, dont il ne diffère que |iar ses rangées de pores plus irré- gulières. ilarlliiique !,Pléc, Richard, Rousseau), Yucalau. — Mus. Paris, Michelin. s»lio:priilcus .\gass. — Echinus subca-r uleus Lamk. — Vorinc i)lusconi.\. Test renllé. Aires ambulacraires égalant en largeur la moitié des aires Interambulacraircs. Tubercules de même gro.sseur sur les deux, aires, formant des séries verlicales plus ou moins distinctes suivant les espèces. Poics nombreux , disposés par rangées transversales, obliques ou ar- quées. Bouche circulaire avec des entailles plus ou moins profondes, membrane buccal!; tantôt nue, tantôt couverte d'écaillés imbriquées, avec dix écussons pour les tubes buccaux. Appareil génital coinposé de quatre plaques paires égales et d'une plaque impaire plus grande , dont la structure madréporiforme indique l'axe anléro- postérieur. Anus fermé par une quantité de petites plaquettes irréguliéres. Appa- reil masticatoire (lanterne) composé des mêmes pièces que celui des Cidaris ; mais les pyramides sont cxcavces dans leur partie supé- rieure, et les deux branches sont réunies par un arc au sommel. Denis Iricarénées. CATAT.OGliR UAISONMÎ PF.S lîCIIlMDES. 3G5 I'ni;Mli;R typh. — Pores (Ihposi's par /rois pnirfs (ihliques. Mnnbrwic hiic- ffilf mit, fjttniie de dix éciissons mlcaircs correspondant aux ruiibii- lacres. csnih-iiiiis [,. — E. sphœra O.-V. Miill. — E. (jlohiformis I.anik. — E. pseudo- mclo Bl. — E. viotaceus lil. — JE. aurantiactis lil. — I>'iin de nous sVst assuré , par la comparaison des exemplaires du Musée de Sluckholm, (pic 1 E. csculen- lus de J/inné n'est point l'espèce commune de la Manclie et de la Méditerranée. Cette dernière , qui est YE, granutaris, en dilfère par ses jiorcs disposés en arcs irréguliers de cinq paires. Sa teinte est \iolelle, tandis que celle du véritable E. esculenlus est orange. Manille, Lorient, mers du Nord. — Mus. Paris et Stockholm. Mrlo T.anik; C'est la plus grande espèce connue. Elle se distin;;ne par des tuber- cules rares et par ses courtes épines. Sa teinte est d'un orange plus clair que celle de l'iî. esculenlus. .Méditerranée, Oran, Alger. — Mus. Paris cl Avignon. ncinttis Lamk. Celte espèce diffère del'E. Mclo par sa forme conique. Peut-être n'en est-elle qu'une variété. Mer du Nord. — Mus. Paris. Flriningii liai!, in Forbcs p. 164. — Diib. cl Kor. Zool. liidr. p. 260, Tab 9, lig. 31 et 32. Mers du Nord. — Mus. Sturliliolni et Paris. elesans Diib. et Kor. Zool. liidr. p. 272, Tab. 10, fig. 40-42. Côte de Norvège. — Mus. Christiania. Espèces fossiles. liisrnnnlariH Lamk. — M 83. — Agass. Cat. syst. p. 12. -- Echinus anliquus Dell . Uict. — Espèce déprimée , subconique , à tubercules très serrés. Kellov. de Nantua. — Mus. Paris, Michelin. Var. minor: — M 79. Q 94. — Echinus serralus Agass. Cat. syst. p. 12. — Echinus cadoutensis A^ass, Cat. syst. p. 12. Kellov. deMaiolles [irés Mamers, Caen. — Michelin, d'Orbigny, Ueslongchamps. Var. major : — M 25. — Echinus intermedius Agass. Cat. syst. p. 12. Cale, a polypiers des Croisille, llanville. — Michelin. perlatus Desmar — 00 b — in Defr. Dict. Se. n. xxxvii, p. 110. ~ Bl. Zoopb. p. 210. — Desml. Tabl. syn. p. 294.— Agass. i'rodr. p. 23. — Cat. syst. p. 12. — Eeliin. suiss. ii, p. S2, Tab. 22, fig. 13-lS. — Echinus lineatus (ioldf. Petref. p. 12i, Tab. iO, lig. 11.— Ucâml. Tabl. syn. p. 292. — Kiiorr, Petref. ii, Tab. e, fig. 1 et 2. ' Coral. du val de Moùiiers, Ile de Ré, Salins, Besançon. — Mus. Berne et Bâie Thuriiiann, Marcou. Var. minor : — Q 03. — Echinus pjammo;)/iorus Agass. Echin, suiss. ir, p. 84 Tab. 22, lig. 1-3. — Cat. syst. p. 12. Coral. de licsdnçnn, Jura solcurois. — Iludrcssier, Grtii.ily, Dubois. 3r>() AGASSIZ ET DESOR. CaiiiiioBiti De.^or. — T 2G. — Esi»èce voisine de VE. perlatus, mais plus conique et plus basse. Le milieu des aires interambulacraircs est plus nu. Cale, à'polypiers de Itanvillc, Oxford, de Chàiillon-sur-Seine. — Michelin. gyraliis Agass.— M 54. — Echin. suiss. ii, p. 87. Tab. 23, fig. 43-''i6. — Cal. syst. p. 12. Coral. de Besançon. — Dudressicr, Mus. Mie et Paris. braicNii Desor. Espèce voisine de VE. ijyraliis. Le milieu des aires interambula- craircs est déprimé et dépourvu de tubercules. Cale, gross. de Uélheuil (Aisne). — Graves. cxcavntiis Leske. — M )8 — Goldl. p. 124, Tab. 40, fig. 12. — Agass. cat. syst. p. 12. Kellov. des environs de Ralisbonne, Courgains, MaroUcs. — Mus. lionn, Mi- chelin. Deshayes. Var. — angustipora. Coral. de la Rochelle. — D'Otbi^ny. dSsiinciiis Agass. — P 18. — Cal. sysl. p. 12. — l'otite espèce voisine de VE. excavatus , mais le.s cchancrures de la bouche sont moins profondes et les tu- bercules plus homogènes. Coral. d'Angoulin prcs la tiochelle. — D'Orbigny. arrnalus Lamk. — M 81. — Anini. s. vert. m. — Agass. Cat. syst. p. 12. — Voisin de VE. biijranularis , mais les tubercules ambulacraires sont plus serrés , au point de se toucher. Terr. jurass.? de Trance. — Mus. Paris. In-»îs Agass. — P 17. Q 89. — Cal. syst. p. 12. — Espèce renflée difïcranl de VE. bifiranutaris par ses tubercules secondaires très gros. Ool. inf. de Normandie, Sainte lluiiorinc. — Deshayes, d'An liiae, Mirhelin. l>ol.i|>orBis Agass. — .M 93. — Cat. sysl. p. 12. — Diffère do VE. blijraiiuliiris et de l'£. lœvis, en, ce qu'il y a quatre rangées de tubercules sur les aires ambula- craires. Terr. jurass. de France. — Deshayes. pnlcher Agass. — Q87. - Cat. syst. p. 12. - Voisin de VE. poUjporus. mais les tubercules sont encore plus nombreux ; il y en a six rangées dans les aires ambu- lacraires. Terr. jurass. — Mus. Genève. serlalis Agass. — (} 87. — Echin. suiss. il, p. 8S, ïab. 22, fig. 10-12. — Cat. syst. p. 12. Coral. du Fringeli (canton de Soleure). — Gressly. sciniplapcnta Agass. — S 68. — Voisin de VE. perlatus , mais les tubercules miliaires sont plus apparents. Des environs du Havre? — Mus. Genève. cvTAi.or.cv: iuisonmî uf.s liciiiMDiis. 3f)7 Deiixièmi; type. ■ — Sous-genre rnxopNECsTEs Agass. — Porcs dixpnnés vn rires trunsuerses plus ou moins réguliers , d'au moins quatre paires. Bouche décagonale avec des entailles plus ou moins /irofondes. Itmispinosiis Risso. — Valentin, Anatomic des Echin. lab. i. — Echimis csi-u- lenlus Auct. — Cette espèce porte à tort le nom &E. esculenlus dans la plupart des auteurs. Alcililerranée, eûtes d'Afrique. — Mus. Paris. grnniilnriw Lamk. — Echimis subglobiformis Blainv. — Le test est plus déprime et plus épais que dans VE. brcvispinoaiis. Les paires externes de jiores sont plus éloignées des internes. N'est pcul-èlre qu'une variété de VE. brevispinosns. M.inche. — Mus. Paris. nruliac-lieiisis Miill. — Echimis neijtectns Duh. et Kor. Zool. Uidr. — Il y a constamment cinq paires de pores, qui lorment un arc plus régulier que dans l'espèce précédente. Côtes de Scandinavie. — Mus. .Slocivhoirn. alItùliiN Agass. Kspèce très haute, •^ tubercules peu saillants et fort espacés. Te.st violet; épines blanchâtres. Manche. — Michelin. liiidus Lamk. — Echimis vulgaris lil. — Echimis loni/isplna 111. (jeune). — EchiniH pHrpiireus Risso. — Eckinussaxatilis Tiedem. — Echirtus lithophagus Leach. — Cidaris Bastcri Leske. — Cinq paires de pores en arc régulier. Méditerranée, îles Canaries, .Ani^lelerre. — Mus. Paris, Deshayes. eoneaviiK Agass. Espèce remarquable par l'enfoncement de la face supérieure, l'eut-étre n'est-ce cependant qu'un accident. A part cela , cet oursin a tous les caractères de VE. liviihts. Méditerranée?. — Michelin. giltltosus Val. (Mus). Espèce irrégulière jvoisine de VE. lividus par les détails de son test. Quatre paires de pores légèrement arquées. Des tics Gallopagos. — Mus. Paris. n«lalandi Val. (Muséum). Les tubercules sont très apparents et peu serrés; les arcs des pores sont très réguliers. Nouvelle-Hollande (N'errcaux). — Mus. Paris. tubcrcnlatiis Lamk. Grande espèce très tuberculeuse ; les tubercules sont encore plus apparents que dans le E. Delalandi. Mers australes (Pérou et Lcsueur). . — Mus. Paris. ncgIrcinK Lamk. l'orbes, Rrit. Starfishes, p. 172. — Tubercules peu nombreux et petits. Arcs peu entrants, composés de cinq ou six paires de pores. Islande (Gaimard). — Mus. Paris. romplanaluK Val. (Muséum). Remarquable par .sa face supérieure plate. Les pores sont arqués autour des tubercules. Drit^iiie inconnue. — Mus. Paris. oOS AGAiiSIZ ET DESOR. Dulienii Agass. Tiiberciilcs uni(ornics lormatil deux rangées clans les anilinlacrcs. Cinq paires de pores transversales arquées sculenienlà l'cxlrémiti; cxlcrnc. Mers du Nord (Gniniani el lioberl). — Mus. Paris. narii Dcsor. Grande espèce sublurritée , voisine de l'E. breoispinosiis , mai.s les lubcrcnles sont plus pelils et plus serrés. Pliocène du Jlonte-Mario , près Home. — Verneuil. Troisième type. — Les ans des jtores sont pres(jiie Irnnsrerses et séjjon's par des rangées parallèles de tubercules . ollins Molina, Hist. nal. du Cliili, p. 173. — Echinus porosus Val. \oy. Vénus. Zool. ri. 4. — Les arcs poriléres comptent jusqu'à neuf cl dix paires de pores. Tubercules assez petits et serrés. Piquants courts et serrés. Chili (Gay), Callao (Gaudirliaud). — Mus. Paris, d'Orbigny. Quatrième type. — Sous-gcnre P.sahmechinus Agass. — Tivis patres de pores obliques. Tubercules 1res serrés. Membrane buccale recouverte, de plaques imbriquées, l'oint de fortes entailles buccales. «'arSc;;u(uert. Yucaiau, (^olfe du Mexique, — Miclielln. seinUiiltrrcuIatus \al. Mus.). Espèce voisine de l'E, varieijaliis ; mais les tuber- cules sont plus nombreux à la face inférieure dans les aires interamliularraircs. Couleur verte. Gallopagos. — Mus. Paris. siiliangiilosiiK Lamk. Kncycl. méth. Zooph. PI. 133, fif;. 3 et G. — [>es pores sont fortement Iransverses. La première série est séparée de deux autres par une ran- gée de petils tubercules. ('ap (le Boniie-Kspéranre (Reynaud, (jiioy et Gaimaril, Wahlherg). — Mus. Paris et Stoekhulni. \ort'cgic-u!i Diib. et Kor. Zool. lîidr. p. i«8, Tab. 9, lig. 33-3ti (non li;;. 37). t^dles de Norvège. — Mus. Stockholm. iniliaris Leske, Lamk. — l'orbes, lirit. starfishcs, p. Kil. — Echiiiiis sa.ralilis Miill. Zool. Dan. — Echinus Gùimardi lîl. — Edilnus 7ninuliis Itl. (jeune âge). — Ecliinus Direnj Diib. et Kor. Zool. liidr. p. i'i, ïab. 10, lig. 43-45. — Petite espèce déprimée, à tubercules très serrés. Très conmiune dans le» colleclions. Manche, mers du Nord. — Mus. Paris et Stockholm. mîcroltibcrculatiis Itlainv. Dict. Se. n. xxxvil, p. 88. — Ecliiniis parvi- tubcfculalus 131. Man. d'act. p. 228. — Echinus dccoratus Agass. Inirod. à l'anal. de l'Echinus, p. vu. — Echinus puîcheilus Agass. Inirod. à l'anal, del'Kcbinus , p. VI. — Echinus miliaris Risso (non Lin.). — Diffère de VE, miliaris par ses tubercules moins serrés , qui ne se louchent jamais par la base. Méditerranée et nier Kouge?. — Mus. Paris, Michelin, Korrnii Dcsor. Espèce très tuberculeuse, voisine de VE. microliiherculalus. Lc9 plaques génitales sont couvertes de pelils granules. Les luhercules , tout en étant I nvTMonuE RAisnWK DES lîr.fiiMnrs, Sfiî) Cîparês oomme dans VE, microlitbprcidatus^ sont cependant i»lu» i;rûs. Les pi- quants sont plus courts et moins grêles. Mers du Nurd (la Heeherche). — Mus. Paris. pxcavafuK Itlainv. Man. d'acl. ji. 227. ~ Plus petit que VE. l'urieyalus , cl un plus grand nombre «le tubercules inleraml)ulacraires. Brésil, Martinique (Alex. Housseau). — Mus. Paris. iluhius Agass. — M 58. — Kcliin. suiss. ii. p. Si, i'ab. 22, fig. /i-O. — Cal. syl. p. 12. Tert. (Molasse) lie la ChaNX.deFDnds , A'illeiieuve en Provenre. — Mus. la t)haii\-de-Ki>niis, Paris ('fini. géol.). Var. obliqua — M 37. () 33. Q .44. — Ecliinomelra nianjurilifera iNic. — Agass. Cat. sysl. p. 12. l.a Ciiaijx-de-l-'onds, Sainl-Paul-Trois-C.hàleaux, les Marliyucs. — Mus. .Avignon et NciK'hâtel. Serrc.sîî Desml. Tabl. syn. p. 290. — Echinus (letpliinns Defr. Dict. Se. n. -Dif- fère de VE. (Ivbius, on ce qu'il a quatre rangées de tubercules dans les ailes ambu- lacraires. Tert. (Molasse) des Marlijiues et C.lansaye.s (Drôme). — Mus, .\vi;;rion. nstensis ii. Sisni.— R Oî.— App. Ecliin. foss. Piem. — Echinus lineatus V,. Sisni. (non Goldl.) Kch. foss. l'iem. p. 31. — Kspèce voisine de ÏE. miliiiris. Tert. récent (Pliocène) de l'Aslesaii. — Mus. Turin, Deshayes. oarantoiiiaiiiis Agass. — P 13. — Cal. sysl. p. 12. — I-ispèce plus aplatie (|ue \'E. dubiiis. I,es plaques coronales sont moins hautes. Les pores sont très peu obliques. La face supérieure est peu tuberculeuse. Cr. inf, de Saintes (Charente), Cognac. — D'Orbigny. linmarjiiliiiK .\gass. — M 82. — Cal. sysl. p. 12. — Quatre rangées de lubcrcnles sur les aires ambul.icraires. Tubercules 1res liomogènes. Tert. d'Ilalie. — Deshayes, Mus. P.iris (irai. géol.). C.aillauûi Uesor. — U S3. — Quatre rangées de tubercules anibulacraires plus gros que dans VE, liomoci/plnis, tjauitV. — ("aillaud, Mus. Avignon. Woodwarili Desor. Trois paires de porcs ; la paire interne est plus éloignée de la seconde que celle-ci ne l'est de la troisième. Crag. — Michelin. follax Agass. - S 30. — Kchiii. suiss. il, p. Slî, Tab. 22, lig. 7-9. — Cat. sysl. p. 12. Néne. du ili-prirtemenl du Doubs. — Nirolel. oalcnaïus lJc§or.— T 09. — IViile espèce , voisine de VE. fallax ; mais les tuber- cules mitiaires sont encore phi.^ pclîls , comme du chagrin. Les tubercules princi- paux sont pelits cl très serrés. Terr.? — Mus. Avi^inm. V^irvW Zmoi, t. VI (DècmilM-c isif..) » 2i 370 AGASSiZ r.T DESOB. lilNOLlfcMK TYPE. — Tfois jjuircs lie pores obtiques. Fore sii/tihieiire ji/n/e , de fiiioi) (/ijC l'npjtiirei/ grhii/nt se trouve de nireim iiuer In surface du lest. Au moins six rangées de tiéercules dans (es aires intcrandiularraires; ceux de la face supérieure sont plus gros, et portent des piquants beaucoup plus longs que ceux de la face inférieure, loiixispinus lîlainv. Aires anibulacraires 1res étroites , avec deux rangées de tu- bercules sé|iarces seulement par quelques tubercules miliaires très petits. D'une belle teinte verte avec des piquants viojets. Origine inconnue. — Mus. i^aiis, Mictîelin. IsiganoidcN Desor. Très petite espèce. Diffère de la précédente par ses tuber- cules relativement plus gros , séparés par un très petit nombre de tubercules miliaires. Couleur verte Origine incunnue. — Mus. Paiîs. .Slxik.viE TYPE. — Plaquettes umbularraires très hautes. Tubercules princi- fjnux très apparents formant deux rangées seulement sur les aires inJer- nnihulacrnires. Comme il n'y a que trois paires de pores pour une plaquelle iiiiiltnlarriiire et que rellrs-ri sont très /mutes , il e» résulte que les pores sinil moins serrés que dans les autres Eeliinus. co%ti\ii\% Agass. ~ V 26. — Ksiièce très haute. Les plaques ambulacraires sont à peu près aussi hautes que les inlerambulacraires. Tubercules formant des rangées saillantes. La séparation des plaques est très distincte. Tcrt. lie Palerme (Sicile), de Monte Mario près lïome. — Michelin. Vpnipiiil palasoiieiisis d'Orb. — T (j7. — Deux rangées ambulacraires et deux interam- bulacraires d'assez gros tubercules. Forme renflée subconique. Terl. lie Palagonie. — D'Orbigny. \x\iii. P El) IN A Agass, Oursins coinpiliiiés, à test mince, ;\ bouche petite, poti enlailléc. Trois paires (.le pores obliques. Tubercules perforés et crénelés , comme chez les Diadèmes. Toutes les espèces sont fossiles , des terrains oolitiques et crétacés. subiretis Agass. — P 14. V 30. Cat syst. p. 9. — Echin. suiss. p. 34. Tab. 1S, tig 8-13. — Uiadema microecon Desml. Tabl. sjn. p. 314. Oiford. ilu Jura neuihiUcluis. — .\ug. Monlmollin, Desmoulins. Var. atpera Agass. — X356. Q 88. Q 100. — Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss. p. 34. Tab. 15, fig. S-13. — Vedina ornala Agass. Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss., p. 36, Tab 15, fig. 7. • Pedina rolata Agass. Cal. syst. p. 9. — Echin. suiss. p. 36, Tab. LS, fig. 4-6. Oifonl. lie l'raiice. Conil île l'évéché lic Bàle. Oiford. du Douhs. — Deshojes, Mus. Berne et Bâie, nenaud-Comte. srunnloiiu Agass. — M 83. — Cat. syst. p. 9. — Ti es voisine de la précédente , mais plus haute. t:.ilr. il p.ilyp. ,le Ranville. — Dp.slongitiamps. CATALOGUE RAISONNÉ DES ÉCHIMDES. 371 Uervlllil Agass. — Q 23. — Diadema Oervillii Desnil. Tabl. syn. p. 310. — Pe- dina fubnuda Agass. Cat. syst. p. 9. — Petite espèce plate à tubercules petits et très espacés , surtout à la face supérieure. Kellov. de Chaufour. — Michelin, Rouault, Dcsmoulins. sisa" Agass. — P 24. — Cat. sjst. p. 9, — Très grande espèce hémisphécique, à tu- bercules peu saillants et peu serrés. Terr. jurass? de France. — Deshayes. arenala Agass. — y 92. — Cat. syst. p. 9. — Echin. suiss. p. 37 , Tab 18 fig. 1-3. Ool. inf. de Goldenthal, canton de Soleure. — Gressly. sinaica Desor. — T 23. — Espèce renflée, voisine du P. yranulosa , luais qui eu diffère par sa forme subconique. Terr. crét. du Sinai (Lefebvre). — Muf. Paris. XXXIV. HELIOCIDARIS Desml. ^ /i<; Forme déprimée. Tubercules saillauts, imperforés, sans créuelures. Pores nombreux, irrégulièrement distribués le long des ambulacrcs, excepté .i la face inférieure, oii ils forment trois rangées parallèles qui occupent toute l'aire ambulacraire. Test épais. Bouche à peine entaillée. .\uritules très faibles, composées de deux piliers qui se touchent au sommet. Lanterne petite , à pyramides non fermées. Compas fourchu. Dents portant une carène à la face inférieure. Baguettes très finement striées, plus longues et plus massives que celles des Echinus. tariolaris Uesml. — Echinus variolarishamk..— Echinus anguifer De^ml. Tabl. syn. p. 270. — Echinometra Leschenautli Blainv. — Grande espèce à test épais, avec de très gros tubercules. Ile de France (Desjardins), mers australes (Pérou et Lesueur), Californie, Vera- Crui. — Michelin, Mus. Paris et Siocliboini. paaeitnbercDlata Desml. — Echinus paucitubercxtlaius^\A\ny. -- Espèce à tu- bercules très peu nombreux. N'est peut-être que le jeune àjjc delà précédente. Origine inconnue. — Mus. Paris. chlorotiea Desml. — Echinus chlorotîcus \"al. \oy. Venus Zool. PI. 7, fig. 2. - Les tubercules sont moins gros el plus nombreux que dans le B. variohris. Nouvelle-Zélande (Quoy el Gaimard). — Mus. Paris. margarilacca Lamk. — Echinus maryaritaeeus \a\. \oy. Vénus. Zool. PI. 1. fig. i. — Espèce déprimée , remarquable par ses gros tubercules miliaires. Mers australes (Pérou et Lesueur). — Mus. Paris. curjihrogramnia Desor. — Echinus eurythroyrammus Val. Voy. Venu». Zool. PI. 7, fig. 1. — Tubercules principaux peu nombreux et peu serrés. Chili (Gay). — Mus. Paris. omalostoma Desor. — Echinut omalosloma Val. Voy. Vénus Zool. PI. G, flg. 2. — Les tubercules interambulacraires secondaires sont plus nombreux que dans Tcs- pècc précédente. Zones porifèrcs fort élargies à la face inférieure qui est très plate. -Nouvelle-Zélande, Chine (Kydnui), r,allopagri.s. — Mus. Paris 37'2 *CASSIZ F,T OESOR. nie%i<'nnn Agass. Espèi^c à gros tubtMCulcs 1res M'rrcs ilaiis les nire* ambul.i- oraires. Face inférieure moins i)Iatc qtic dans VFÏ. omalostoma. Pores légèrement arqués. Piquants lisses, assez longs. Celte espèce iornie le passage aux Echino- niétres. Vera-Cruz. — Mus. Paris et Sloillinlni. miraliiliN Agass. — X 30. X 32. M a'J. — Echinus mirabilis Agass. Cat. syst. p. 12. — Tubercules très .saillants, de même grosseur sur les aires ambulacraires et inlcrambulacraires , dédoublés vers le sommet. Coral. de Clameiy (Nièvre) , Saulcc-am-Bois, environs de Mézières, de Wagnon (.\rdcnnes). — Mus. Paris et Strasbourg, Duval. Grolfe des ÉCHINOMÈTRES. Ce groupe se clistingue par un cararlère parliculier, c'est que le te.sl, au Heu d'èlre circulaire , est allnugr' ; mais cet allougenient n'est pas dans le sens de l'axe antL'ro-post('rietir: il est oblitiue. Les pores sont dispcsés par paires obliques, foniiant des arcs trausvcrses. wxv. ECHINOMETRA Klein. Test allonge , généralement rcnllé. Tubercules saillants à peu près aussi gros dans les aires ambulacraires que dans les aires interainbula- craircs, imperfon's et sans crénelures ^ la base. Piquants subulés , d'ap- parence lisse, quoi(|ue finement striiis, lorsqu'on les examine à la loupe. Porcs disposés en arcs autour des tubercules ambulacraires. liouclie grande, distinctenient entaillée sur son |)ourtour. .\uricules très déve- loppées, soudées au sommet. .Membrane buccale lisse. Lanterne robuste à pyramides écliancrées , les deux bras se réunissant au moyen d'tin arc. Dents Iricarénces. Les espèces connues sont toutes de l'époque actuelle. luciinivr Lamk. Espèce renflée , très tuberculeuse , par conséquent cou\ertc de piquants très serrés. Qu.itre ou cinq paires de pores arqtiées. Détroit de Torrcs (llombron et .laïquinol), S.iinar (Jncq.), Cocliindiine (Ejr- doux et Souieyel), .Xnlilles, Trinité, lie de France (Desjardins), île de Cuba. — Mus. Paris, Michelin, d'Orbigny. hpleropora Agass. Grande espèce, à quatre ou cinq paires de pores coudées, iné- gales. Tubercules très nombreux et petits. Zanzibar (Itousseau). mer Bouge (pétrilié) (lîotla). — Mus. Paris. acurrra Kl. Espèce très grande, ovale, large et plate. Tubercules nombreux . Cinq à six paires de pores arquées. Plaques génitales grandes Voisine de VE. heteropora. Un sillon lisse ondulé à la jonction des plaques des aires ambula- craires et interambulacraires. Martinique (Richard), Vcra-Cruz, Mexique, Trinité, Ascension (Quoy et Gay- mard). — Mus. Paris. Muusei lîl. Diffère de VE. tucunter par ses piquants très serrés et plus courts. N'est probablement qu'une variété de VE. luciinler. Seychelles (Rousseau), Ile de France. — Mus. Paris. Ma(lK>-l m. — Erkinomelra oblonga Itl. — Petite espèce moins tuberculeuse que CATU.octi'; ^,Also^M■: dus ixiiiMiijis. 373 \'E. Iiiciiutcr, mais les porcs sont disposés de la même manière , par qualrc paires arquée*. Ile Sulotiiou (llunibioii et Jdt'quir.ol) , Zanzibar (Uuusseau) , tie Waigiou. — Mus. Paris. Iol>:i(;i 1)1. Kspcce plus ou moins déprimée. Pores disposé» en arcs de >ii ou sept paires. Deux rangées de tubercules principaux dans les aires inlerambulacraires. Mer liouge (Dotta), Gurée (Uolierl). — Mus. Paris. nichfliiii Desor. Voisine de Pi', lobata , mais h tubercules beaucoup plus déve- loppés, surtout sur les aires ambulacraires. Cinq |)aires de porcs arquées. Ueui rangées de tubercules principaux dans les aires intcrarabulacraircs. Yucalan. — Michelin. XXXVI. ACROCLADIA Ao.vss. FoniiL' allongée. Test 1res épais, muni de fort gros tubercules iin- perforés et sans crénelures. Piquants très gros , d'apparence lisse , quoiqiK! fincnient slrics , de forme variable , suivant les régions du lest ; ceux qui enlourent la boucbc sont généralement aplatis, et beaucoup plus courts que les autres. Pores di.sposés eu arcs, liouche grande , sans entailles profondes. Membrane buccale li.sse. Auricules fermées. La lan- terne est faible relativement à l'épaisseur considérable du test. Sa slruc- ture est la même edir<-ru Agass. — Echinometra peJifera Bl. — Les tubercules sont plus gros que dans le P. atrata. Teinte vcrdàtre. l'iquants du bord inférieur aplatis. Valparaiso (t'avarger). — Mus. Paris, Neuchàlel. {Laxuite à un prochain cahier.) IIlSTOlllIi DUS MÉTAMORPHOSES DU SCATHOPSE NOIR DE GEOFFROY; Par M. lÉON SUFOUR. Oue sait- on sur les métamorphoses des Scathopses? Rien ou moins que rien. Geoffroy, le fondateur de ce genre de Diptères , s'est borné h dire : « Les larves des Scatliopses ressemblent à de petits Vers à anneaux et sans jambes La peau de la larve ne se durcit point pour former une coque , mais cette larve quitte sa peau_et se convertit en une nymphe dans laquelle on découvre toutes les parties de l'Lisecte parfait qui en doit sortir (1). » La première phrase est insignifiante, la seconde une erreur. l)epuis plus de quatre-vingts ans on a répété plus ou moins littéralement cette pauvreté scientifique. Les petits diptères orduriers , que Geoffroy appela pour cela Smllwpses , sont placés à la fin de l'immense famille des Tipu- laires ; ce gem-e est le dernier de la tribu des Tipulaires florales; il fait le passage des Néinocères de AL Macquart à ses Bracho- (1) Geoffroy, Ilisl. ins. Par., Il, p. 544. — Cet auteur n'accompagne son texte d'aucune figure relative aux métamorphoses. L. IIUFOUB. — SUR LE SCAIUOI'SE >Oia. 375 cères ; deux grandes divisions qui , d'après cet auteur, se parta- gent tout l'ordre des Diptères. Par cette position limitrophe, par ce poste de transition , ce genre a droit de nous intéresser à un haut degré, et j'ai saisi avec empressement l'occasion favo- rable d'en étudier les métamorphoses. Cette étude , qui m'a d'au- tant plus attaché que la petitesse de l'Insecte l'entourait de mille difficultés, a été pour moi un précieux enseignement dont je dois compte à la science. Elle m'a révélé deux faits curieux et nouveaux d'une application générale, l'un sur la conipositon de la bouche de la larve, l'autre sur un mode particulier de métamorphose, où, dans le passage de la larve à la pupe, il s'opère une mue partielle. Les larvesdes Scathopses pullulent dans les ordures, lesdéconir positions végétales ou animales, les latrines, etc. J 'ai trouvé abon- damment celles du Scatlwpse noir, dont je vais donner l'histoire, dans la pourriture d'un gros ognon de cuisine, qu'au connnen- cement d'août j'avais placé dans un bocal de verre clos oiij'ai pu les observer à loisir. Je suivrai dans cette exposition la marche que jai adoptée de- puis longtemps. § 1. Larve. — Larvn aporla , ccphala , nntennata , elmigata , depreasa , lento grada; stifjmatibus hiparihiis , aniicis paplllœ- formibus, posticis tuhiilosis ; ahdnminis negmenlis idrinque. bre- vissime unispinuhsis; postico appendicibus binis villosis inarti- cutalis. — I^ng. 5. miUim. — Hab. m pulridis. Cette petite larve rampe avec lenteui' dans sa pourriture. Elle est grêle , mais déprimée et un peu atténuée en avant et en ar- rière. On lui compte onze segments, tète non comprise, à peu près égaux entre eux. D'un blanchâtre uniforme en dessous, elle offre à sa région dorsale des bandes transversales obscures , quelquefois presque nulles, où le microscope décèle une fine et fugace villosité qui borde aussi les côtés du corps. 11 n'est pas rare que le premier segment ou prothorax ait de chaque côté une tache carrée, les deux suivants une bande continue et les ab- dominaux cette bande en croissant. Un pinceau , une houppe de ce duvet s'observe aux angles antérieurs et postérieurs des seg- ments ventraux. Une puissante lentille, après une préalable ma- cération , permet de constater à ces angles une légère saillie, et de chaque côté des segments abdouiinaux seulement , sauf au dernier, une papille spinuleusc. Des ligures rendent sensibles ces traits d'une exploration dilTicultueusc. Tète distincte, ovale, petite, i)lus étroite que le protliorax , glabre, d'un l'oux pâle uniforme, d'une consistance subconiée , sans aucune trace d'yeux. De cha(]ue côté une antenne bi-articulée 376 L. ULVOLU. •- bLll Ll; bC.UlIOl'Sli >oir.. droite, sLibdiaphane , insérée au-dessous du bord , à |)remicr ar- ticle court et plus gros, à second grêle, roidc, tronqué au bout. Lorsqu'on étudie sous le microscope la larve vivante immer- gée ou modérément pressée entre deux lames de verre, on voit, à droite et à gauche du bout de la tète , s'agiter avec prestesse , paraître instanlanément et disparaître , deux pièces cornées ob- longucs, un peu arquées, waiuliltuli formes, dont la nature et les attributions ont été l'objet de nombreuses et patientes investiga- tions. C'est une question d'anatomie entomologiquc dont la so- lution avait à mes yeux une certaine valeur scientifique. La position, la t'ornie, la texture cornée de ces pièces me les avaient d'abord fait prendre pour des mandibules, mais leur ana- lyse rigoureuse en a décidé autrement, comme on va le voir. Cette vélocité des mouvements ne s'observe point dans les mandibules ordinaires des Insectes, et l'ouverture, l'écartement de ces piè- ces , qui vont jusqu'à se déjeler un peu en dehors , faisaient sup- poser un mode d'articulation insolite. Indépendamment des mouvements latéraux , un œil attentif en saisissait aussi un de haut en bas. Malgré leur connivence vers l'axe fictif de la tète , je ne voyais pas les pointes de ces pièces mobiles se croiser , et lors- que celles-ci rentraient dans l'inaction, elles se cachaient, dis- paraissaient si complètement sous le lest ou plan supérieur du crâne , qu'il était alors impossible d'en constater l'existence. Leur déploiement seul, pendant l'exercice actif de l'animal, les mettait en évidence. Ces considérations avaient fortement ébranlé dans mon esprit ma première idée de mandibules. En faisant un appel à mes sou- venirs, je ne doutai plus de la grande analogie , je dirai mieux , de l'identité de ces pièces avec celles plus vibratiles encore dont les larves du /{/(^y)/)»* et du Mycctnbin m'avaient fourni, il n'y avait pas longtemps, un exemple frappant. Le /i/(y/;/(».v appar- tient , comme le Srathopse , au groupe des Tipulaires llorales, et le Mi/cdobia à celui des Tipulaires t'ongicoles. Leurs larves cy- lindriques, filiformes, à reptation prompte et serpentine, vivent pareillement dans la ])0urriture végétale , dans la marmelade de l'ulcère de l'Orme. Réaumur a donné 1 histoire des métanxor- phoses du premier de ces genres, et Lyonnet, dans son livre pos- thume, celle du second. J'ai moi-même fait de ces deux Insectes le sujet d'un mémoire, avec figures, qui n'a point encore vu le jour, quoique je l'aie livré il ly a bientôt un an. J'aurai sans doute, dans l'intérêt de la science, à me féliciter de ce retard de publication. Dans ce Mémoire, j'ai désigné les pièces qui nous occupent sous le nom provisoire dcpalpi's, et les deux célèbres auteurs précités les ont appelées barbillons, terme synonyme du L. DLFOL'R. — SI II l.lv SCAlifOrSlC >iOlll. 'Ml pi'i.'ccdL'n(. Elles iii'onl paru bi-articul(k's dans le Mycetohia, ce (|ui m'avait surtout déterminé à les regarder comme des palpes. I/étudede celles du Scatboiise me fait donc naître des scrupules sur cette dernière dénomination. En variant à l'infini et sous toutes les faces mes recherches mi- croscopiques sur une tête de moins de 1/2 millim. de longueur, je fus assez heureux pour découvrir au côté externe de la pièce mandibuliforme un stylet blanchâtre très dilTérent d'un poil , et d'une texture analogue à celle de l'anlenne. Je m'aperçus que ce stylet était entraîné dans tous les mouvements de cette pièce. Ce fut pour moi un trait de lumière. Je m'assurai bientôt que la prétendue mandibule était une véritable mâchoire. J'y re- connus, à son bord externe , un léger sinus où s'insérait le stylet lilanchàtre , que je ne balançai pas à proclamer un jtalpe mcu-il- laire. Celui-ci est capillaire, glabre, d'un seul article, comme le représente la figure. C'est là un palpe rudimentaire, car son in- articulation le rend peu propre aux fonctions ordinaires des palpes. Le lobe antérieur de la mâchoire est précisément celte pièce si mobile ([ui en imposait pour une mandibule. Il est corné, brun , terminé en pointe , son bord interne est garni , non pas de dents, mais de poils ou de soies. Seulement celles-ci, au lieu d'être plus ou moins entassées et crochues comme dans la plupart des mâchoires des autres Insectes, sont sur une seule série, peu nombreuses , distinctes et droites. Jeconclusdecesinvestigatioiisque la larve du .S'crt^/io;).»e(et sans doute celles du Rhyphus et du Mycetobia) n'a pas de mandibules , et que ce que l'on pourrait prendre pour telles sont positivement des mâchoire)!. Ces dernières rempliraient donc aussi les fonctions de mandibules. Dans une larve destinée à se nourrir d'une matière décomposée, molle et incohérente, on conçoit que le lobe pointu et corné de la mâchoire peut avoir cette double attribution. Toutefois l'absence de mandibules propres constitue , même dans les larves desTipulaires, un fait négatif exceptionnel, qui deviendra sans doute l'occasion de recherches plus attentives sur ce point. Entre ces mâchoires , la tète étant renversée , j'ai clairement vu une pièce molle, rétractile, qui s'avance parfois en museau un peu au-delà de la tête , c'est la lèvre. Son bout antérieur lar- gement tronqué et comme bifide , est garni de soies courbées ou crochues, ([ui s'entrecroisent dans leur action pour diriger vers la bouche la pulpe alimentaire. J'avoue que j'ai été inhabile à saisir \e?, palpes labiaux, dont je suppose l'existence au moins vesligiaire. Je crois avoir aussi constaté à la région supérieure de la tète un labre ou chaperon terminal, demi-circulaire. Jm TVRi.r: np.s in.ANOiiEs. TAULE DES MATIERES PAK NOMS D'ALTELUS. Ai;assi/ el Desor. — Catalogue raisonnédes familles, des genres et des espèces de la classe des Ecliinorlrnni's ( 1" partie : Fa- mille des CUhiiides ). Précédé d'une introduction sur l'organi- sation, la classification et le dé- veloppement des types dans la série des terrains CniipLis. — Additions au Mémoire de M. Uetzius sur les rrûnes des hdhitaiils du Nord .... Desob. — Voy. Agassiz. DuFonR (Léon). — Histoire des mé- liimorplinses du Scathopse noir de Geoffroy FoBBES. — Classification des Mé- duses piilmogradiis des mers bri- tanniques 30I> 171 37i 304 Kœlliker. • — Note sur le di-ce- loiipemi'nt des lixsiis chez les /liih'aciciix VI I KnoiiN. — Observations sur la gi'- ui'ralion et le dcccinppcmciil des BiphoresISdlpa) Maiiting (de). — Observations sur les inomvmi'iils du cmir. . QuATREFAGES (dc). — NotB sur Un genre d'Anguitlnlex mnrliifs pourvues de soies, Hèmlpsilc. . — Jlémoire sur les Sémerticns. Ret/.ius — Mémoire sur les for- vica du crùuc des habilitnls du Xord Voi;t. — Recherches surlVmfc/'i/o- yriiie des Mollusques Gnsli^rn- podes I 10 409 131 173 133 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AII.V Slft.MOIRES CONTENl'S DANS CE VOT.UME. PuNcnss 1. \ ■2. ( Embrvngénie de l'Acléon. 6. ! Développement des lissus. 7. ; 8 '.) 10 11 12 13 M. y 1o 1 Organisation des Némerliens. (■' I Oursms, types génériques i' Kig. 1-11, Métamorphoses du Scnf/iop.scin'sra 17. ' Fig. 12-21 '■■■ ':■-■-■ ■' - J flg. 12-2 1 V Fig. 22-2;; l'n ni sixiiain \oi,t\ii du Siibtila a(ripi'x. du CdKnidif miii'tiliitii. I .i/t/1 i/rti- Scieni-nal .f? Sèr-i. JTool Ton, fi.Pf.i. :s é" f,.^ ^ M '■. fr^^n m ^^îj W ,/ > Ent6n/oçmie df f'.Mèon \ Jl^,o J " /' Ch*. ^oal.7hm e P/ i. ^im' "'''^. /i jf> >fë (srè ^é' 'o &■ "^^"^^ l^içt del Kniùri/oi/mii' : ,/c r.Mèoff- '^>. -//i/i dej' J'eiffic riat .1" . ^ofi Timi ô" , /y , .î . /i/7}/^r//o//f'/if*' é/r /'.fr/^o// " ^ôyf . /ù/iéryo^mie i/e /'.ir/ean . Ar .<"«<«<■- w^ - ■^' ■'<*■'' A if î® \. I -Tr..^ r»». - f/<>/,/>mi,-n/ ,/m- tli/ii/Zaim- .mm/um.r <■/ /ijfn/i/i.l/a/i'-:'- ■ Jirmif , na/ . .'i' t'Vru- 4SO0I n.m !• /'t., "-m / \ 14. . m /J,^if/i>/>pi'nif/)t ,/■..■ Xt/s !•/ '/rtc JM'-'-^<'^' , Jt.r Sarne ntlt .^fSfrif /Mie/o/>p>'fi'^f'f "'«'■ ■'';■'/' tfifi ,if.,- .r^icnr mit ,'/' Ûrçû/iflM/iûfi t/fs Xiwer/Tcw jV/fiinofu/ iinp ^ifiti i/i.i- J'ctefir . nu/ . 3' Sf'fi ^oof Toin 6 n y. 0/i/(//ifS(l^(O/i (/f,f . \ e'/flfr^/tVl.''. Inri Jes Scitne nat 3f . i'e'rte JCool . Son* . â l'I ■ MO m m. Ilrr/rl/it.ra/ia/i r/fJ- A'crrirrff.r ■ .//;/; ,/Af J'eii'/tc na/ .{'.l'r' j^aai' Tfni € l'I d b c IV. V^' i^ \ Al^ (//yrr/i/.iafiMi i/i'.r .Vehier/ej- .Inn dar Scùne .nat .3T Jerie . ^«ol -Tant a ri i_> y (Êf «■^ rS^o a W' ■>', 1 l ' ,, , ,/ ,■ « '. IX, i Ori/anisiilion i/fs . Vmier/miJ-. f Inn . dnr Set'enc . ntti . .7 T , if'rù ^offf Jhrn g PI , ^!*isi^-v IV / V j A d "-i "X.. / vx :\ \ s / # II M s\ Û/i/a/i/.ra/l'o/i li-s .Vmi^r/t/'/i.f . 4 .Ann da Sci^nc nai 3'Serie ZcolTomSPifS /u^LédJr^ £c/imid4is i/wanCs el^ssU^^s 4nn êtes Sue m nai 3 der ' Tom 6 PI (6 <ùla//arpeSc ( ^-lutiùM : c-t iJe-ûi'/ J Peu ti iuA d^rà naùtreptif PuÀiruuui Jà inn drj^ Xcimt- ruit .3".^^ j - n jllvffiniorp/iosi's e/f/ Scalliopsc niora jj - ^/. J/c'û/ffu>r^/i^.i-e.r du Subula cilripes 32- ^5. Afèfamor/f/iojre^' du Cassida maciilala. ^ .rî» ■■*s;