ANNALES SCIENCES NATURELLES QUATRIEME SERIE ZOOLOGIE Tam . — Imprimerie .iç !.. MAUTINET, Rie I z.r> ANNALES DES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTANIQUE L'ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES ET L'HISTOIKE DES COKPS ORGAJNISÉS FOSSILES RtDIGÊES ffllB LA ZOOLOGIE PAR M. MILNE EDWARDS l'OlK LA BOTASigilE PAR Jl.M. AD. BRONGNIART ET J. DECAISNE QUATlilÈME SÉRIE ZOOLOGIE LIBRAIRIE DE VICTOR MASSON PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDEGINE 1858 ANNALES DES SCIENCES NATURELLES PARTIE ZOOLOGIQUE FRAGMENTS ANATOMIQUES EUB QUELQUES COLÉOPTÈRES, Par IH. Léon DUFOUR. SDR L'APPAREIL GÉNITAL FEMELLE DO HOPLIA FARINOSA. Il est bien peu de collections cntoniologiqiies qui ne possèdent point le mâle du Hoplia farinosa Fabr. [cœrulea Drur. , formosa Latr.), si remarquable par un ôclal de couleur spéciale, une sorte de saphir, qui ne se retrouve dans aucun autre Coléoptère euro- péen. Mais il n'y a pas beaucoup de nos collègues qui en connais- sent la femelle. Je suis demeuré quarante ans dans la patrie de cet Insecte, fréquent dans notre sud-ouest, sans en avoir rencontré. Ce n'est que depuis dix ans que je suis parvenu à en découvrir cinq ou six sur un millier d'individus. Jiisrpi'à M. Mulsaiil, personne n'avait décrit ce sexe, et, dans sa Monographie des Lamellicornes de France, il l'a fait connaître avec quelques détails. Cependant il n'a pas saisi un Irait extérieur organique qui n'est pas sans valeur, c'est que le tarse des pattes posl(''ricMres de la femelle est de moitié \)\us court que celui du inàlc. La supériorité de longueur de ces pattes dans ce dernier sexe trouve sa raison (rexistence dans l'acte cnpulalif. Contre 6 L. ItL'FOUK. — FRAGMENTS ANATOMIQIKS l'asserlion du savant ami que je viens de eiter, c'esl un niàle el non une femelle de cet Hoplia qui a été figuré jiar M. Guérin- Méncville dans V Iconographie du règne animal. Pour rentrer dans mon sujet, je dis ([u'il était réservé au scal- pel d'exhiber le complément de la distinction positive des sexes de ce joli Lauiellicorne, en mettant en évidence les organes internes de la génération. J'ai déjà parle, dans mon Anatomie des Co- léoplères, de ce qui concerne l'appareil génital du mille. Ses testi- cules ne diffèrent guère que par la grandeur de ceux du Hanneton commun. Voyons maintenant ce qui est relatif à l'appareil génital femelle que j'ai disséqué en juin 1848. Les ovaires, disposes et oonligurés comme ceux du Hanneton comtnun, diffèrent surtout de ces derniers par le nombre des gaines ovigèrcs qui est de sept dans le Hoplia, tandis qu'il n'est (pie de six dans le Hanneton. Ces gaines, dont le faisceau converge à un ligament suspenseur, sont tri- ou quadriloculaires, et le pre- mier article de la gaine, qui n'a point d'œuf, a cette texture cha- grinée ou réticulée dont le Hanneton offre un exemple, et qui témoigne d'une grande conlraclilité en même temps que d'une grande extensibilité. Le col de l'ovaire est bien marqué; mais je n'ai pas distingué le calice central qui s'observe dans le Hanneton, et qui était peut-être trop affaissé dans le Hoplia pour être mis en évidence. L'oviducte, ]ieu après son origine, passe sous un reiille- ment ovalaire, à parois épaisses, qui n'est que la poche copulatrice largement assise siu' sa paroi dorsale. En arrière de cette poche et sur le côté gauche, j'ai rencontré une sorte de réservoir ovalaire qui doit appartenir à la glande sébifiqiie, et dont les vaisseaux sécréteurs m'ont échappé. SDR LA LAGRIA LATA. Dans ces derniers tenais, on a assigné aux Lagria un poste de classification plus conforme à la méthode naturelle, el que justifie le scalpel. On a donc fondé la famille des Lagriaires, et ou l'a pla- cée près de celle des l'yrochroides. Mais elle aura à subir encore Rim QUELOUES COLÉOUKRES. 7 (lii(>l(liic mutation , s"il laul en juger par l'anatomio viscérale^ respective. Lyonel [OEuvres posthumes) a (lonn(' l'histoire des niélanior- phosesde la L. hirta. Plus tard, Wcstwood, ainsi que MM. Cha- puis, Candèze el É. Perris, ont complété cette histoire. Mais ces Insectes n'avaient point encore subi l'action du scalpel scrutateur, et je viens entreprendre cette anatoinie, celle princi- palement delà L. lata F., espèce d'une taille supérieure aux autres types européens, et que j'ai disséquée en Espagne, en juin 1854. Vingt ans auparavant (ISiVl), j'avais ébauché la dissection de la L. hirla. Appareil digestif. .Fe n'ai apen;u aucun vestige de glandes sativaires, quoique celles-ci existent dans la Pyrochroa, dont j'ai jadis publié l'ana- tomie. [.e tube alimentaire n'a guère plus de deux l'ois la longueur du corps de l'animal. L'œsophage est court et cylindrique sans la moindre trace de jabot ni de gésier. Le ventricule chylifique est long, cylindroidp, droit ou courbi' en anse, parfaitement lisse; mais dans i|uel(|ues individus, les trachées qui s'y distribuent ont une disposition annulaire et parallèle, qui impose pour des stries ou des plis en travers. Je n'ai rencontré dans cet organe qu'une pulpe alimentaire brunâtre, qui m'embarrasse un peu sur l'espèce de nourriture de cet Insecte. Pendant un court séjour à l'époque précitée dans la ville derEscurial,enCastille, où cette Lagrie n'est jioint rare, mon ami Edouard Perris en approvisioima mon scal- pel. Au déclin du jour, il l'avait trouvée en abondance contre les murs et les palissades. De quoi se nourrissait-elle là? Nous n'en savons rien. L'intestin est fdit'orme et grêle. Le cœeum est oblong, et le rec- tum fort court. Les vaisseaux hépatiques ressemblent à ceux des autres Hété- romérés par leur nombre qui est de six et leur double insertion venlriculaire et cœcale. La description de ce mèiiic appareil diuestif peut s'appliquer à la 8 L. DUFOUB. — FRAGMENTS ANATOMIQUES L. hirla; seulement dans celle-ci le ventricule chylifîque est assez long pour faire une circonvolution sur lui-même. Dans cette dis- section, déjà si ancienne, j'avais pareillement trouvé dans ce ven- tricule une pulpe alimentaire noirâtre. Appareil génital mâle. Le mâle de la L. lata est notablement plus petit que la femelle. Le testicule a une forme et une composition qui me rappelèrent d'abord celles du grand Hydrophile, mais dont plus tard je retrou- vai les analogues, à la configuration près, dans le Blaps et le Mylabris, qui sont Hétéromérés comme la Lagrie. En ouvrant l'abdomen de celle-ci, je crus, en trouvant une quantité de corps globuleux qui remplissaient les flancs de cette cavité, que je m'étais trompé sur le sexe, et que ces globules étaient des œufs entassés. 11 me fallut toute ma patience et ma passion pour exhumer, d'un lacis inextricable de Irachéoles, de nerfs el de guenilles adipeuses, une grappe de ces globules, un merveilleux testicule, en contemplation duquel je demeurai en extase ; ce sont là de ces joies réservées au scalpel microtomique. Ainsi le testicule de la Lagrie est, dans son état de turgescence séminale, une grappe serrée, presque en épi, allongée cylin- droïde, formée d'innombrables capsules spermifiques, subglobu- leuses, presque diaphanes, et occupant tout le flanc de l'abdomen. C'est là un des traits anatomiques, dont le concours avec les autres justifie l'établissement de la famille des Lagriaires. Ces capsules, quand on dégraine la grappe, sont ovoïdes-coniques, et consti- tuent l'organe sécréteur de la glande. Réunies en fascicules ou grappillons innombrables, elles versent le produit de leur sécré- tion dans d'imperceptibles conduits, qui, s'unissant de proche en proche, s'abouchent dans un sinus commun formant l'origine du conduit déférent. Le conduit déférent naîl non du bout de la grappe testiculaire comme celui de l'Hydrophile, mais du tiers postérieur et interne de cette grappe. Il est assez long, flexueux, fin d'abord, puis se dilatant insensiblement pour former, par sa confluence avec celui du côté opposé, le canal éjaculateiu'. SUR Ol'ELQtES COLÉOPTÈRES. 9 Ce mode de confluence est aussi une exception, car presque toujours ce sont les vésicules séminales principales qui forment le canal éjaculateur. Aussi, en présence de ces cas exceptionnels qui cesseront sans doute d'être tels par les progrès de l'entomotomie, je me tiens dans une grande réserve, et j'ai toujours une propen- sion à me défier de mes autopsies même, quoique je les aie mul- tipliées. Les vésicules séminales, au nombre de deux paires, se font re- marquer par leur petitesse et leur rapprochement de l'origine du canal éjaculateur. L'une paire, plus courte et antérieure, est à mes yeux l'analogue de celle à laquelle j'ai donné dans beaucoup de Coléoptères l'épithète de principale. Dans notre Lagrie, elles sont grêles, incurvées, d'un blanc mat, d'une consistance roide; elles sont tellement contiguës et ont une telle exiguïté, qu'il faut beau- coup de précautions pour les mettre en évidence, La seconde paire de ces vésicules est postérieure quant à sa principale direction, car son origine est antérieure. Mais après son in.sertion au conduit déférent, elle se réllécliit en arrière. Plus longue que la précé- dente et tout aussi grêle, elle est courbée en liamcçon. ' Le canal éjaculateur, beaucoup plus iin que les conduits défé- rents qui concourent à sa formation, est bien plus court que l'un de ceux-ci. L'armure copulatrice est un étui corné, noirâtre, cylindrique, arqué, el obliquement tronqué à son extrémité. Le canal éjacula- teur traverse pour s'y introduire une masse charnue de sa base , dans laquelle il pénètre latéralement. Appareil génital femelle. Le 15 juin, je disséquai deux femelles vierges, ou dont les ovaires avaient si peu de développement, (ju'il me fut impossible de les démêler et de les mettre en évidence. Plus tard, le 26 juin, à mon retour des montagnes de Guadarrama, je passai un seul jour à l'Escurial, et je disséquai une femelle dont les ovaires se trouvaient dans une période générative opposée à celle des deux vierges déjà disséquées; c'est-à-dire que, dans le sujet du 26 juin, les ovaires, bien plus apparents, plus distincts, étaient néanmoins 10 L. DUFOUB. FRAGMENTS ANATOMIQIKS vides, parce qu'ils s'étaient déijarrassés de tous les o-ufs par la ponte. Il faut conclure de là que, dans notre Lagria, la durée de la gestation doit être bien peu prolongée, puisque, au 15 juin, les femelles étaient vierges, et que, onze jours après, une femelle de la même localité avait complètement effectué la ponte de tous ses œufs. Voici donc dans celte dernière femelle l'état de l'appareil génital. Les ovaires sont quadruples ou quaternaires ; ils consistent |)our chaque côté en deux sacs ovariques, oblongs, eylindroïdes, hérissés dans leur périphérie d'innombrables gaînes ovigères, sessiles, qui ne m'ont semblé qu'uniloculaires, [leut-être parce qu'elles étaient vides. Ces deux sacs ovariques, parfaitement distincts, confluent en arrière à un col, qni s'unit à celui du coté opposé pour la formation de l'oviducle. J'ai eu la satisfaction vive- ment sentie de constater dans la L. hirla de notre Midi occidental de semblables sacs ovariques géminés, pareiUemejit hérissés de gaînes ovigères. Dans ma longue carrière insecticide, je n'ai jamais trouvé une semblable composition d'ovaires (4). \,'oviducte résulte, ainsi que je l'ai déjà dit, de la confluence des deux cols des donbles ovaires. 11 est court, cylindrique, et s'en- gage sous des organes qui lui sont annexés, et dont je vais parler. La poche copulalrice est, au moins dans la dernière femelle disséquée, une énorme bourse s[)héroïdale, à parois translucides, qui s'abouche à la partie postérieure de l'oviducte. Par transpa- rence, j'ai constaté dans l'intérieur de la bourse l'existence de (1) Cependant je ferai observer que parmi les liyménoptères dont jai publié l'anatoraie dans les Mémoires de l'Institut pour 1841, il en est un, le genre Chelonus, jeté sans réflexion dans la vaste famille des Iclmeumonides dont l'ap- pareil génital femelle a fait le tourment de ma vie et demeure encore pour moi un problème physiologique, une incessante perplexité. J'en ai vainement de- mandé la solution aux entomologistes adonnés à l'étude des métamorplioses des mœurs et du genre de vie des insectes. Ce Chelonus oculator , qui n'a pas cinq millimètres de long, n'a point quatre ovaires, car il n'est certainement pas ovi- pare, mais il a quatre matrices renfermant des fœtus ou des embryons. C'est un organisme exceplionnel à l'illustration duquel j'appelle de toutes mes forces l'habitelé du scalpel de mes collègues. On en trouve, dans l'ouvrage précité , la description et la figure. SUR OLTLQI'ES COLÉOPTÈRES. 1 1 deux pièces iiriiiics, lonii-os, uiiidcnlécs, adoss('CS l'une à l'uiitre, et parfaiteineiil somliUililes enire elles. Nul doule que ces pièces incluses n'aicnl appartenu à l'ai'uiurc de la verge, qui, dans une désunion violenle a[ircs 1 lu'coupienicnl, s'est délacliée du corps, devenant ainsi le falal tcmoiyna^e d'iui acte coiiulaleur que l'ani- mal a payé de sa vie. Audouina l'ait connaître des exemples de ces mutilations dans le Hanneton et autres Insectes. .Mais, outre la iioche copulalrice, il existe au-devant de celle-ci un autre organe bilitle, ou une double vésicule oblongue annexée à rt)vidu(>te ; elle appartient sans doute à une glande sébifique. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 2. (La Lagria D'à quedeus lignes de longueur.; Fig. 2. Appareil génilal mdle de la Lagria lala : na, testicules, grappes de cap- sules spermatiques ; bb, conduits déférents; c, vésicules séminales principales ; dd, vésicules secondaires; e, canal éjaculateur ; f, élai de l'armure de la verge. Fig. 3. Portion du tesUcule encore plus grossie; a, capsules spermifîques ovoïdéo-coniques disposées en grappillons; b, portion du conduit déférent; c, sinus des grappillons spermifiques. Fig. 4. Appareil génital femelle de la même Lagria; aa, ovaires quaternaires avec leurs graines ovigères vides ; bb, les quatre ligaments suspenseurs des ovaires ; c, oviducle; d , poclie copulalrice avec les pièces cornées incluses ; e, glande sébifique bifide ; f, portion de l'etui copulateur. SUK LE TILLUS TRANSVEliSALIS. Le Tillvs appartient, comme on sait, à la famille des Clérites si somptueusement illustrée par M. de Spinola. Kn juillet 1854, je trouvai aux environs de Madrid le T. Irans- versalis sur les fleurs de VOnopordum iUyricum. J'en disséquai trois inilividtis que je elioisis parmi ceux de lapins gnmde taillée! ils se trouvèrent tous, ;'i mon grand regret, du sexe mascidin. Les mâles ser;iiciit-ils dmicdaris ce tyjie plus p:rands rpie les l'euiidles? 12 L. DUFOUB. — FRAGMENTS ANATOMIQUES Appareil digestif. Point de glandes salivaires. Le canal alimentaire i\ environ deux fois la longueur dn corps. L'œsophage aune ténuité capillaire; il ne s'adapte pas brusque- ment à l'organe qui le suit comme c'est l'ordinaire, mais il s'y unit d'une manière insensible. Le ventricule chylifique est presque droit, cylindroïde ou avec des dilatations accidentelles, lisse et uni à sa surface. L'intestin d'abord contracté se dilate ensuite en un cœcum qui acquiert le calibre du ventricule Le rectum est brus- quement distinct du cseeimi et cylindrique. Les vaisseaux hépatiques ne sont dans le Tillus qu'au nombre de quatre, insérés isolément avant le bourrelet qui termine le ven- tricule et ils ont leurs bouts libres cl llottants. Je les ai trouvés pelliieides. Je ferai remarquer ici que dans les Clerus, dont j'ai fait con- naître l'appareil digestif dans mon Anatomie des Coléoptères , il existe six vaisseaux biliaires à double insertion vcntriculaire et caecale. Cette différence anatomique entre deux insectes d'un même groupe naturel est un fait fort singulier mais très positif. La vérité aurait-elle échappé à ma vieille pratique sur les trois sujets disséqués le même jour? Uien ne me porte à le croire. Appareil génital mâle. Son ensemble forme dans l'état normal une masse agglomérée dont il est difficile de dérouler, d'isoler les organes constitutifs surtout dans l'état de turgescence comme dans les sujets soumis à mon scalpel. Les testicules logés dans le tiers postérieur des flancs de l'abdo- men et situés en arrière des autres parties de l'appareil, ont une composition, une structure qui ne sont point celles de ces mêmes glandes dans le Clerus. Le testicule de ce dernier est un corps ovoïde revêtu d'une tunique rougeâtre reuferinani un faisceau oblong de capsules spermifiques allongées simples, libres par nii bout. (Voir mon Anatomie des Coléoptères.) SUR QUELQUES COLÉOPTÈRES. 13 (]e même organe, dans le Tillus, est formé par les circonvolu- tions agglomérées et entrelacées d'un seul vaisseau spermifique siilxliaplianc, que je suis parvenu à force de patience à dévider sans le rompre. Celte structure testiculaire rappelle celle ûesC arabiques. Ce trait anatomique comparatif non-seulemeut justifie la sépara- tion gcnériiiue du Tillus, mais il semble indirpicr, avec ce que j'ai dit sur les vaisseaux biliaires, ipi'il doit appartenir [lout-être à un autre groupe, à une autre tribu. Le conduit déférent n'est, à vrai dire, que la continuation en dcliors du testicule du vaisseau spermifique. Il est long, filiforme et flexueux. Le sperme qu'il renferme est blanc, compacte, mieux élaboré. Les vésicules séminales sont au nombre de trois paires. La pre- mière ou la principale, celle dont la confluence forme le canal éjacnlateur, est contournée en crosse ou en spiroïde et parfois tellement enroulée (|u'elle s'agglomère en peloton qu'on parvient sans beaucoup de peine à étaler. La seconde vésicule, déjetée au côté externe de la première, est un peu en crosse, mais bien plus petite. Enfin la troisième, courbée en hameçon, a son point d'in- sertion tout près de le précédente. Le canal éjaculateur est long, filiforme, plus ou moins flexueux. EXPLICATION DE LA FIGURE. PLANCHE 2. Fig. 5 .appareil génital mâle du Tii/us transversalis : aa, testicules; bb, con- duits déférents; ce, vésicules séminales principales ; dd, seconde paire des vési- cules séminales; ee, troisième paire de ces vésicules ; f, canal éjaculateur. SUR LE MISOLAMPUS PUNCT IC OLLIS. Ce coléoplère bétéromère appartient à la grande et noire famille des Piméliaires. Son allure, ses habitudes sont celles du Blaps, du Scaurus, des Pimelia. Il est aptère et fuit le grand jour. La science doit cette bonne espèce à mon ami le professeur Graells, en compagnie de qui je l'ai trouvée en juillet 1854 sous les pierres J/l !.. «UrOUB. FHAGMKMS \.\ATOMIUL i:S et surtout SOUS les copeaux de pindans Icsnioiilagiies de (lMad;ir- raina, en Castillc. II s'y réunit souvent en sociétés et l'ail sa nour- riture des substances lu-ganiques di'coniposées. Le hasard a voulu (|uc pas un seul màlr ne soil lonihé sous mon scalpel. Je le rcyrelle vivcuicnl. Je ne dirai rien des trachées du système nerveux et du tissu atli- peux splanchniqne, parce qu'ils ne dilVèrenf |ioinl de ceux des autres genres de la l'iunille. Appareil (ligeslif. 11 a cerlaineinenl beaucoup d'analogie, taul pai- sa l'orme que par sa composition, avec celui du Blaps et autres Piméliaires, néanmoins il olTre quelques traits qui méritent d'étie signalés. Et d'ailleurs dans l'état actuel de l'entomotomie, science encore si peu avancée, il importe d'enregistrer même les cas de conformité [lour s'élever [ilus tard à des généralisations. Les glandes salivaires du Misolampus, loin d'cire rameuses comme dans le Blaps, ont la simplicité fdiforme de celles des Asida et sont pi'oportionuellcment plus courtes (jue dans ces der- nières. L'œsophage, quoique fort court, se renfle en un jabot qm semble |iarfois enchatoinié dans le ventricule chylifuiue. Ce jabot a des [)arois épaisses calloso-musculaires et j'y ai constaté une valvule >\w offre dans son occlusion une l'ente cruciale, indice d'une ouver- ture f|uadrilobée comme celle qui existe 1111 l'aisceaii ovoïde, ou turbiné, de gaines ovigères l'u iioiiii)iT \Mt délerminable, allongées, [iluiiloculaircs. Ce Caisceau se termine, eumnie d'ordinaire, par un ligament snspensenr allant se fixer dans le thorax. Il y a un calice cupuli l'orme, ayant un col plus on moins prononcé suivant l'état de gestation. La poche copulatrice est grande, ovoïde, simple, aliénuée en un col fin et court ipii se fixe à la face dorsale et un peu latérale de l'oviducte. Quand on exerce sur l'abdomen d'une femelle vivante une compression expulsive ménagée, on procure la saillie au dehors de l'ouwcapte. Celui-ci, de texture niembrano-parcheuiinée, d'inie teinte un peu ronssàtre, est formé de quatre tuyaux qui s'engainenl les uns dans les autres comme ceux d'une lunette d'approche. Le dernier, ou le terminal, est bifide, et tlauqué des deux côtés d'un tentacule vulvaire subarrondi, un peu velu. La demi-transparence de ces tuyaux permet de voir inclus un corps tubnleux partant du second tuyau, ayant un liséré brun sur les côtés. EXPLICATION DE LA FIGURE. PLANCHE 2. Fie. I. Appareil génital mâle étalé du Spondyllx buprestoides : a, testicule a deux rondelles de capsules spermifiques vues par la face supérieures 6, le même, par sa face inférieure; ce, cols excréteurs renflés à leur insertion à la rondelle ; dd. conduits déférents; ee, vésicules séminales principales ; ff, vési- cules séminales secondaires ; g, canal éjaculaleur: /i, anse obronde de ce canal ; i, armure copulatrice ou étui de la verge. SUK LE NEI'IIOVES VILLKJKH. Le Nephodes ai)|iartieiit ;"i l;i famille des Hélopiens de Lalreille. Le iV. villiger HolTmansegg, (jui est le sujet de mes recherches aiiatomiques, n'esl pas rare dans certaines localités des environs (le .Madrid. En juillet LS5i, je le trouvai plus parlicidièrementsnr d'énormes loiil'l'es du Juncus ticulus, non loin des bords ilu Man- SLn l,l( RI-QIKS l.dMCOl'TKRRS. 'il z:iri;irrs. .l'iii de piiissanles raisons dp rroire (|iii' s;\ hii\r vil dans ces soMciies ou les racines. Je jiip;eai à la lVéi|uencc de ccNephodes sur ces joncs, ei à la IVaiclieur do s;i rohn (|n'il clait rcrcninicnl Iranslornic. Il n'exhale en le maniant aucune odeur s|M''ciale. Appareil digestil'. Il resseinblc plutôt à celui des Cislela qu'à celui des Heinps. Point de glandes salivaires. Le canal alimentaire a deux lois envi- ron la longueur du corps de l'insecte. L'œsnphage est filiforme, sans nulle trace de jabot. Le ventricule chyli/îque est lisse à l'exté- rieur, c'est-à-dire qu'il n'a ni papilles, ni f^ranulations; il est à peu près droit et cylindroïde. X.'intestin, toui à l'ail lilil'orme, est courhé en une grande anse; il se dilate ensuite en un cœcum renflé en massue, d'où naît brns(|uement un rectum filiforme comme l'oeso- phage. Ce rectum a une texture fortement musculaire, qui présente même au ciseau la consistance calleuse. Les vaisseaux hépatiques ressemblent à ceux des congénères; ils sont au nombre de six, à double insei'lion vimlriculaire el c«cale. Appareil génital. .\. Mâle. — Testicules placés à la base de la cavité abdominale, consistant pour chacim en une rondelle de cinq (non de six) capsules spermifiques subglubuleuses, plus ou moins diaplianes. Conduit déférent presque capillaire. Vésicules séminales au nombre de deux paires, comme dans les Mélasomes. La principale de ces vésicides est en corne de bélier; les autres, contre l'ordinaire, sont globuleuses ou ovalaires avec un petit boyau terminal. Le canal éjaculaleur est filiforme. 1$. Femelle. — Ovaires analogues à ceux des Blaps c[Tenebrio, oompo.sés cliacun d'une vingtaine de gaines ovigères bi- ou trilo- ciilaires. Calice écbancréen avant, subbilobé, alléniM' en ml cnurt. Ovidvcte long, lilifoinie, tlexueux ou rcployi'. 2'2 s,. EtL'FOUK. l'R^GMF.NTS ANATOMIOUES , ETC. Pocha copulaliice sihii'O A roiii;ino InliMMlc de l'ovidiicli', par (■onsw|iieiil tort ('loigiiéc de la viilvo, ne qui fait supposer une ver^o d'ano longueur cxtraordinairp jioiir pouvoir l'allpindri-. Tout près de l'insertion de cette poche, il existe un vaisseau tuhn- leux, simple, capillaire, que je suppose appartenir à la glande sébi- fique; mais j'ai peut-être mal saisi ses connexions. Ce qu'il va de positif, c'est qu(! ce n'est point un vaisseau hépatique égare. ETUDES SLR LA PHYSinr^OCIK DES NEKFS CRANIENS LE DYTISOUE, Par M. le docleur Ernest FAIVRE. Dans im premier travail sur la physiologie du cerveau des nytis(jues, nous nous sommes occupé du rôle important que remplit cet organe par rajiport aux mouvements généraux de loco- motion (1). Nous allons érieur, on détruit le ganglion sous-œsophagien (sans intéresser la iiartie restante des pédon- cules), à l'instant même toutes les pièces buccales perdent leur sensibilité et leur mouvement. En enlevant le ganglion sous-œsophagien, nous avons affaibli les antennes qui ont leur origine à la base du cerveau supérieur, tandis que, en enlevant le cerveau supérieur, nous n'affaiblissons pas les pièces qui reçoivent leurs nerfs du cerveau inférieur. C'est là une différence d'aclion dont il faut tenir compte. Nous avons vu qu'en lésant ou en enlevant l'une des moitiés du cerveau inférieur, nous produisions une paralysie dans la lèvre inférieure et la màcliuire du même côté, et une excitation dans les pièces analogues du côté opposé. L'ablation totale ou parlielle d'une moitié du cerveau supérieur donne-t-ellc les mêmes résultais? En enlevant le lobe droit sur un Dytisque, nous paralysons immédiatement du mouvement et du sentiment l'anteime du même coté, et nous produisons une assez vive excitation dans l'anteime du côté opjiosé, ainsi (jue dans toutes les autres pièces buccales. En pinçant l'anlemie excitée, des mouvements réflexes éclatent dans toutes les patics. Celte expérience démonliv que le neiï (pu va animer l'anlenne droite [ireud son origini; ijuclipie pari dans le lobe cérébral du uièuic cûlc, cl (pi'ainsi il n'y a pas d'enlrecroi- seuienl. Mais est-il possible de délermiuer d'une manière plus exacte ce |ioiul précis dans Iccpicl le nerf anicnuairc [ircnd nais- rUF/ LF DYTISQIF.. 37 saiiro? (;'o.s( vr- i\\u' ikhis avons pss;iy('' ilc rocoiiiiMiIro n Vmi\i' (r(^\|)(''ri(Micos. Sui' (jiR'hjiies Dylisqiics, nous avons lésé snperficielleincnl, à l'aide iraignilles, soit le lolie droit, soit le lobe gauelic du cerveau; notre lésion n'a atteint que la moitié environ du lobe, comme nous l'avons constaté ensuite; dans ce cas, aucune des antennes n'a été paralysée ni de sentiment, ni de mouvement : persistance do mouvements réflexes, antenne opposée agitée. Sur d'autres Dy- tisques, nous avons même enlevé plus de la moitié supérieure d'un des lobes, sans voir l'antenne du même côté perdre ses propriétés. I.'uripiue du nerf antennaire est donc plus profonde ; eu effet, des expériences très nombreu.ses nous ont appris qu'elle se trouve à la ba.se de cbaque lobe, et à la racine même du pédoncule céré- bral dans une petite étendue. Nous mêlions, au nombre des faits les mieux démontrés par nos éludes, cette origine des nerfs auten- naires dans les portions profondes de chaque lobe et à l'origine des pédoncules. Nous passons sous silence un certain nombre de résultats obte- nus par les expériences sur les lobes cérébraux ; ces résultats ne sont pas constants, et nous ne voulons mentionner ici que ceux qui nous présentent toutes les garanties de la plus entière cer- titude. Lorsqu'on sépare le lobe droit du lobe gauche par une coupe bien pi'atiquée, aucune des deux antennes, ni des autres pièces buccales, n'est paralysée. En pinçant une antenne, des mouve- ments réflexes se manifestent jusque dans l'antenne du côté opposé. .Vu lieu de paralyser les antennes, en détruisant à leur origne les nerfs (juise rendent dans les organes, on peut parvenir à irri- ter directement les nerfs, et même à les couper dans leur trajet. Bien que ces opérations soient très délicates, nous les avons exé- cutées avec une suflisantc exactitude. .Nous avons mis à découvert les nerfs antcnnaires, et nous les avons ii'rilés; l'animal a donné au début les signes d'une douleur géiu'rale, et l'antenne ne nous a ]iaru (|ue très légèrement agitée. 38 E. FAIVRE. — PHYSIOLOGIE DES NERFS CRANIENS Co résullat, obtenu plusieurs fois, différait sensiblement de ceux que nous avons obtenus en agissant sur d'autres nerfs rrâniens. En coupant les deux nerfs antennnires à leur origine oérébrale. nous avons fait disparaître tout à la l'ois dans l'antenne correspon- dante la sensibilité et le mouvement; mais cette expérience n'est pas très précise ; deux nerfs naissant l'un près de l'autre sont destinés aux antennes : l'un externe, plus petit, se rend aux mus- cles ; l'autre interne, plus gros, se rend directement à l'antenne elle-même, après avoir fourni quelques filets. Il importait de savoir si, en coupant isolément ce gros tronc nerveux, on para- lyserait aussi l'antenne du mouvement ou du sentiment ; en d 'autres termes, si ce tronc nerveux était mixte. Pour réaliser l'expérience, nous avons imaginé d'atteindre le nerf à son entrée dans l'antenne, alors qu'il est très séparé du nerf externe ; il se produit d'abord au moment de l'irritation une douleur générale, et des mouvements conviilsifs se manifestent dans l'antenne, laquelle sent toujours, mais qui a perdu presque toujours ses mouvements, par suite des désordres exercés sur les muscles cl sur le nerf qui s'y distribue. Le gros nerf antennaire est coupé ; à l'instant, l'antenne perd toute sensibilité, et les mou- vements qui persistaient encore disparaissent ; aussi le gros nerf antennaire se comporte comme un nerf plutôt sensitif que mixte. Au-dessous du renflement pédonculnire nait un nerf qui se rend à la lèvre supérieure, et qu'il est fort difficile de suivre pendant tout son trajet; il nous a été possible de couper ce nerf à son ori- gine d'un côté, et cette section a été suivie de l'immobilité de la moitié correspondante du labre. Pour s'en assurer, on approobail le doigt de la boucbe du Dytisque; aussitôt l'insecte écartait forte- ment les mandibules et les màcboires, projetait en avant la moitié intacte du labre, tandis (pie l'autre moitié restait immobile, et pou- vait même être accrochée parla mandibule. On peut donc produire isolément la paralysie de tout ou d'une partie du labre. Le nerf des mandibules est très profond; on peut cependant le couper; on obtient la paralysie de la mandibule du même côté. Kn résumé, lorsque nous avons pu couper nettement rharpie CHEZ LE DYTISQUK. 39 nerf rràiiicn, la seclinn ;i r\r suivie d'iiiip imralysic ilii scnlimeiit ot (lu inouvoiiipul fiaiis los parlios corrcspDriilaMti's; jamais nous n'avons pu isoler la sensibilité et la motrieité d'une partie, excejité dans l'antenne. Un autre résultat eounnun, c'est que l'irri- tatioii des divers nerfs ne cause pas de douleurs générales appré- ciables, comme celles qu'on obtient, par exemple, en piquant le cerveau ; elle produit seidement une vive excitation dans la pièce à laquelle distribue le nerf et dans les pièces voisines. Nous avons dit plus haut quelle est l'oriofine réelle du nerf antennaire ; il reste à parler de l'origine du nerf labial supérieur cl du nerf mandibulaire. Le nerf mandibidaire naît dans la portion correspondante du ganglion sous-o'sopbagien ; en effet, en détrui- sant cette partie, on paralyse la mandibule. Quand au nerf labial supérieur, nous n'avons pas tenté d'expériences directes ; seule • ment nous savons qu'on ne paralyse pas le labre en enlevant le cerveau supérieur, tandis qu'on le paralyse par l'ablation du gan- glion sous-œsopliagien : il serait donc sous la dépendance de ce ganglion. Pour bien résumer tous les faits, et montrer quelles parties dépendent des ganglions sus- et sous-icsopbagien, nous l'apporte- rons les deux expériences suivantes : Sur un Dytisque, nous enlevons h: ganglion sous-œsophagien sans intéresser les pédoncules. V l'instant, paralysie de toutes les pièces buccales ; les antennes elles-mêmes sont affaiblies dans les premiers instants, mais elles reprenneid bientôt leurs propriétés; les autres parties sont immobiles et insensibles. Sur un autre Dytisque, nous enlevons tout le cerveau supérieur avec une faible portion de la racine des pédoncules. Les antennes sont paralysées; les autres pièces liucealcs sont mobiles, et telle- ment mobiles (pie l'insecte peut saisir et mordre aisément la pulpe du doigt. Ainsi on jieut rendre les antennes immobiles et insensililes sans arivier les niouvenienis des pièces buccales; il sid'Iit pour cela (l'enlever le cerveau inlV-ricur. Au contraire, on pciit [laralyser les pièces buccales sans abolir les mouvements et la sensibilit(' des antennes; il suffit pour cela d'enlever le ganglion sous u'so|iba- /|0 E. FAIVRC. l'IIYSIOI.Or.ll'. niîS NRUTS CRANIENS Ainsi, pur ivippurl à leur t)rigii]e coiiiini' par l'iipport ;'i leurs condilions physiologiiiues, les nerfs eniiiieiis se divisent en deux groupes : 1° les nerfs du cerveau supérieur et du renflement pé- donculaire : nerfs optiques, nerfs antennaires; ces nerfs sont affectés à des sens s[iéciaux. 2" Les nerfs du ganglion sous-œso- phagien et des pédoncules (nerfs labiaux inférieurs, maxillaires ; mandihulaircs, labiaux su[iérieurs), tous concourent à la préhen- sion et à la mastication. A l'exception des nerfs opti([ues et d'une petite portion des nerfs antennaires, les lobes cérébraux ne dorment naissance à au- cun nerf; ils ne sont pas un organe local, mais général; c'est du moins ce qu'il est permis de conjecturer d'après les dispositions ■ anatomiques et les résultats physiologiques. C. Opérations pratiquées sur le nerf slomato-gastrique. Aucun observateur, à notre connaissance, n'a tenté des expé- riences directes dans le but d'éclairer les propriétés et ces fonc- tions du nerf stomato-gastriijue; cependant, sans les expériences, nous ne pouvons (ju'émellro des conjectures plus ou moins plau- sibles et toujours conteslables. Après des difllcultés sans nombre, comme celles qu'on ren- contre d'ailleurs toutes les fois (pi'on essaye, dans les sciences biologiipies, d'alleindrc un résultat nouveau et précis, nous sommes arrivé à des conséquences qui méritent d'être rapportées. On peut agir sur le stomato-gasti'ifpie soit dans l'inlc'rieur du crâne sur le pharynx, soit dans le thorax ou l'abdomen, le long de l'œsopliage, sur le jabot et le gésier. Nous traiterons séparément des conséquences de ces deux séries d'opérations, que d'ailleiu's, il a fallu exécuter simultanément dans plusieurs circonstances. Lorsfiu'on enlève chez un Dytisque le verlex et l'épistome, qu'on écarte avec soin les innombrables trachées de celle région, on distingue facilement à l'œil nu, et mieux à la lou|)e. les mou- vemenls musculaires qui ont leui' siège dans le pharynx. Ces mouvements de déghitihon consistent dans une dilatation et une coniraclion successives de toute la région phai'yugienne; cette contraction puissaulc ne se produit pas à des intei'valles CIIKZ LE DVnSOlK. 'il égauN, cl clic pci'sisle pciKlanl liicu lics liciircs aprcs ro|M''r:ilioii (|ue l'on a pratiquce, afin ilcdécDiivrir le pharynx. Si l'on lionne à manger à l'animal, ces monvements augmen- tent, et font passer l'alimenl jusque dans l'd'sopliage. SileDytis(jue mord une substance dure, les mouvements de dcglulition s'elïec- tuent avec inlensilc, bien qu'ils n'aient on ce cas aucune ulilité directe. Les mouvements de déglutition ne sont |)arlaitemfinl visibles ([ue lorsqu'on enlève la voûte crânienne; néanmoins, on peut en conslaler les elïets d'une autre manière : si l'on met le tube digestif àdécouverl dans sa portion œsophagienne, on aperçoit, d'instant en instant, à travers l'œsophage une |)0usscc de matières liquides ou solides, qui descendent du côté de l'estomac pendant la contrac- lion des muscles pharyngiens, et qui montent du côté du pharynx pendant la dilatation de ces parties. Ce phénomène cesse lorsque les mouvements de déglutition sont abolis. Nous devions faire connaître ces phénomènes ordinaires de la déglutition, afin de mieux faire comprendre comment on peut modifier cet acte. Si, sur un Dylisquc préparé connue nous l'avons dit jihis haut, on irrite le ganglion frontal à l'aide d'une pointe aiguë, on aug- mente les mouvements de déglutition ; si l'on enlève ce ganglion frontal, on fait cesser très rapidcnient et d'une manière complète tous les mouvements de déglutition; ce résultat était trop intéres- sant pour que nous ne cherchions pas à le vérilier par des expé- riences précises et variées. Nous les avons laites, et chaque fois que nous avons enlevé le ganglion frontal, la déglutition est deve- nue impossible. Dans plusieurs cas, nous n'enlevions le ganglion qu'avant ou après avoir mis à nu l'icsophage, et, après chaque ablation, nous ne voyions jamais cette progression dont nous avons parlé. Ainsi la portion pharyngienne du stomato-gastrique, savoir le ganglion liontal et les branches qui en [larlent, sont exclusivement affectées à la déglutition. Ce f;iil essentiel une fois constaté, nous avons voulu savoir si ce petit ap[iareil nerveux pouvait fonctionner indépendamment des ganglions sus- et sous-resophagien ? Voilà comment nous avons 42 E. FAIVRE. — PHYSIOLOGIE DES NERFS CRANIENS réalisé l'expérience : après avoir enlevé la voûle rrânicinie, do manière à voir très distinctement les mouvements de dégliitilion, nous enlevons le ganglion sus-œsophagien avec uneiiarlic des pé- doncules; malgré cette ablation, les mouvements de déglutition persistent pendant un temps considérable ; ils sont donc indépen- dants du cerveau supérieur. Dans une autre expérience, nous enlevons le ganglion sous- œsophagien; nous mettons le pharynx à nu, et nous constatons que les mouvements de déglutition persistent. Ces mouvements sont donc indépendants de l'encéphale, et ils se produisent sous l'influence du ganglion frontal, comme le prouve d'une manière décisive l'ablation de ce ganglion et des nerfs qui en partent. Nous ne prétendons pas cependant qu'il n'y ait aucun rapport entre l'encéphale des insectes et les mouvemenis de déglutition qu'ils exécutent. Les dispositions anatoiniques semblent démon- trer qu'il en est autrement, puisi|u'on voit partir des pédoncules cérébraux deux lilets qui se rendent au ganglion frontal : il y a donc un rapport anatomique entre le cerveau et le ganglion. Voilà ce que l'anatomie nous indique ; mais la physiologie ne nous a donné aucune preuve à cet égard. Lorsqu'on fait cesser les mouvemenis de déglutition par l'opé- ration que nous avons pratiquée, on n'exerce d'inikiencc notable ni sur les mouvements de mastication, ni sur ceux des antennes, ni même sur ceux qui se produisent dans le premier estomac cl dans la partie située entre le gésier et le ventricule succenluricr. Qu'on enlève, en effet, à plusieurs Dytisques le ganglion frontal, et qu'on les abandonne ensuite, on verra qu'ils peuvent sur\ ivre de quinze à trente heures, et qu'en les ouvrant à certains inter- valles, les mouvemenis extérieurs du tube digestif n'oi)t pas été moditiés d'ime manière appréciable. Après avoir fait connaître le résultat de nos expériences sur la portion pharyngienne du stomato-gastrique, il nous resic à parler des éludes (|ue nous avons entreprises sur le même nerf le long de l'œsophage, du jabot et du gésier. Lorsqu'on met à nu loutes ces parties sur un Dylisque bien vivant, on est frappé des mouvements singuliers qui s'accomplis- CHEZ LE DYTISQUE. Û3 sent, soit flans le jabot, soit entre le second et le troisième estomac, lians une région que nous ilésignerons pour plusvle précision, sous le nom de région cardinfiiie. Ces moiivements ont été certainement vus par plusieurs anatnniisles; ils sont mentionné.s dans Vlntro- troduction à l' Entomologie da Lacordaire, et ils ont été constatés par Réaumur, Léon DnI'our, Dugès, chez |tlusicnrs insectes : nous ignorons s'ils ont été vus chez les Dytisques, et surtout s'ils ont été attentivement étudiés et décrits chez ces animaux. Nous en parlerons donc, non que nous ayons le dessein d'en faire une étude spéciale, mais seulement parce qu'il est indispensable de les connaître pour l'intelligence des fonctions du stomato-gastrique. Ces mouvements intestinaux se manifestent dans l'étendue du premier estomac et dans la portion cardiaque : en ces deux points ils offrent des caractères différents. Les mouvements ilu premier estomac sont surtout visibles dès (pie cette partie est exposée à l'air : ils n'ont rien de régulier, mais ils consistent en une série de petits mouvements onduleux, ([u'on ne saurait mieux comparer qu'aux mouvements intestinaux chez les animaux supérieurs. Ces mouvements onduleux ne du- rent que<|uelques minutes et disparaissent; si l'on irrite l'estomac ils augmentent, si l'on applique l'électricité ils augmentent d'une manière notable ; ils peuvent persister plusiein-s heures, si l'on a soin de soustraire l'estomac au contact de l'air en le recouvrant par le plastron dorsal qu'on a été obligé d'enlever : si les Dytis- ques ont mangé, l'estomac est très distendu et les mouvements n'y sont pas appréciables : si l'insecte est à jeun, les mouvements, au contraire, sont bien plus mai'qués. Il se produit dans la région cardiaque des mouvements d'une énergie bien plus grande que ceux dont nous venons de parler, et qui ressemblent sous ccriains rapports aux contractions des ven- tricules chez les aniinaiix élevés; on peut aussi les comparer aux mouvements de déghitilion chez le Dytisque lui-même. Ces mou- vements consistent en une contraction spasmodique qui s'étend du gésier à l'origine du ventricule succenturier, se reproduit à cer- tains intervalles (vingt fois environ par minute), et persiste plu- sieurs heures, même lorsque les parties sont exposées à l'air. I\ll E. FAIVRE. PHVSini.OGlF. DES NERFS CRANIENS 11 suffit (le iii iiKiiiiiJre irritalion mécanique pour |irovoi|iicr ees contractions; à plus Eorle raison l'électricité en accélère-l-elle no- tablement le nombre. Cette contraction de la région cardiaque est si persistante, que nous l'avons vue durer plusieurs heures après que le tube digestif a été séparé du corps; une ou deux fois même nous avons parfaitement constaté la persistance des mouvements, alors ([ue l'insecte était mort et que le cœur avait cessé de battre. Que l'insecte soit à jeun on qu'il ait mangé, les mouvements dont nous parlons ne sont pas abolis : une goutte de sang de Dytisque les rend plus faciles; une goutte d'eau les arrête au contraire en très peu de temps : en raison de cette propriété, il est impossible de rien voir lorsqu'on dissèque les insectes vivants dans un vase rempli d'eau. Noms aurons à insister ailleurs sur les mouvements; nous n'en avons parlé que parce qu'ils se rattachent à l'étude du stomato- gastrique. Quelle est la part que prend le stomato-gastrique dans la pro- duction des mouvements que nous venons de décrire? Voici ce que nous savons à cet égard : Si l'on enlève le ganglion frontal, on n'abolit pas les mouve- ments : ils persistent après la section du nerf le long de l'œso- phage; ils persistent même après l'ablation du nerf stomato-gas- trique dans toute sa longueur, en comprenant, bien entendu, dans cette ablation , le ganglion gastrique et ses branches. Cette expé- rience s'applique spécialement aux mouvements de la région car- diaque, et elle démontre clairement (|ue le nerf stomato-gastrique n'est pas l'origine et la cause première des mouvements qui peu- vent se passer dans le tube digestif Le nerf stomato-gastrique joue cependant un rôle dans l'exci- tation de ces mouvements. Pour le prouver, il s'agissait de porter directement et indirectement des excitations sur ce nerf, et de voir si l'on modifiait par là les mouvements intestinaux : les opérations de ce genre sont très difficiles, à cause de la petitesse du nerf, de sa prompte dessiccation après l'isolement; voici cependant les résultats que nous avons obtenus. Si l'on pince, si l'on irrite le slomalo-gastri<[ue, on ue voit pas CHEZ LE DYTISQUE. 45 lie inoLivcinents manit'esles se produire dans le premier estomac ou daus la région cardiaque ; on [leut même arraciier ce nerf sans donner lieu à une excitation notable : c'est là un fait très singu- lier et qui établit unedilïérence notable entre le stomato-gastrique et les nerl's crâniens ou les autres fdets nerveux sur lesquels nous avons expérimentés. Nous avons souvent essayé de galvaniser le nerf slomalo-gas- trique; toutes les fois que nous avons réussi à bien exécuter cette opération très délicate, nous avons manifestement vu qu'en (ou- clianl avec la pince électrique le nerf bien isolé, nous délcrniinions des mouvements brusques et rapides dans la région cardiaque; nous n'avons jamais obtenu cet effet relativement au premier estomac. En résumé, il est très difllcile, en irritant de quelque manière que ce soit le nerf stomato-gastrique, de produire une excitation des parties dans lesquelles il se distribue. Ces expériences montrent cpie le nerf gastrique n'agit pas à la manière des nerfs moteurs ordinaires, mais elles ne prouvent pas que le nerf gastrique ne soit pas moteur, et qu'il ne soit (las destiné à présider aux contractions de la première partie du tube intestinal. La distribution anatomique de ce nerf par rapport aux muscles de l'œsopbage et du jabot, le ganglion qu'il présente au niveau des parties les plus contractiles, indiquent, au contraire, que le nerf stomato-gastrique est essentiellement moteur, mais, nous le répétons, les expériences directes ne nous permettent pas de retrouver dans ce nerf certains caractères physiologiques des nerfs moteurs ordinaires. Le hasard nous a mis sur la voie d'une petite découverte qui jettera quelques lumières sur les fonctions du nerf stomato-gasirique. Nous avons remarqué que chez les Dytis(pies auxquels nous enlevions le stomato-gasirique du premier el du second estomac, il .se passait un phénomène fort singulier : une heure au plus après l'opération, l'o'sophage et le jabot se remplissaient d'air et se dis- tendaient complètement. Frappé de cette parlicularitc, nous avons voulu savoir si elle dépendait de l'ablalion du nerf ou de toute autre cause : nous avons donc préparé plusieurs Dyfisqucs, conune si nous avions à faire l'ablation du nerf gashipic, seule- 46 E. FAIVRE. — PHYSIOLOGIE DES NERFS CRANIENS lemcrit nous n'avons i)as pratiqué cette ablation : dans tous ces cas le volume de l'œsopliage et du gésier n'a pas augmenté, et l'ac- cumulation de gaz n'a pas eu lieu. Ainsi la tympanite intestinale était la conséquence de l'opération exécutée sur le tronc nerveux. Pour expliquer cette tympanite, nous avons fait la sn|iposition suivante ; en enlevant une portion du nerf, nous irritons le bout supérieur, qui lient au ganglion frontal et à l'appareil nerveux des- tiné aux mouvements de déglutition. Ces mouvements de déglu- tition augmentent donc, et l'insecle fait pénétrer dans son esto- mac et son œsopliage l'air qui distend ces parties. Pour vérifier notre conjecture, nous avons institué des expériences compara- tives. Sur un Dytisque, on enlève un peu du vertex, de manière à bien voir les mouvements de déglutition, puis on met à découvert le tube digestif en l'irritant, mais sans loucber au slomato-gastriquc. Sur un autre insecle, on pralique les mêmes opérations, et, de plus, on enlève une portion du nerf. Un voit ([ue chez le second Dytisfjue les mouvements de déglutition sont bien plus rapides, bien plus accélérés que chez le premier, et (]ue d'ailleurs l'œso- phage et l'estomac se remplissent de gaz. On peut varier les expériences et ne chercher à voir les mouvements de déglutition qu'après la distension de l'estomac. En délinilive, nous nous sommes assurés très positivement que chez les insectes dont le jabot est distendu par de l'air, la déglutition est accélérée : si, en pressant sur le jabot, on fait sortir l'air par la bouche, on peut voir dans certains cas une accélération nouvelle des mouvements de déglutition et une distension nouvelle du jabot. Bien des causes d'erreurs peuvent empêcher la réussite des expériences que nous rapportons : il est donc nécessaire, si l'on veut vérifier notre assertion, d'expérimenter un très grand nombre de fois, en se pla(;ant dans les conditions suivantes : opérer sur un insecte à jeun, de jietile taille, très vif : exécuter rapidement l'opération. Nous avons dit ce que l'expérience nous avait appris sur le stomato-gasirique considéré dans son action locale et son influence sur les mouvements de l'œsophage ; il nous reste à exposer en CHEZ LE UÏTISQUE. 47 (|uelqucs mots ce que nous savons sur le même nerf dans ses rap- ports nvec la sensibilité et les nioiiveinents généraux. Un l'ail maintes et maintes lois constaté par nous consiste dans l'insensibilité presque complète du stomato-gastrique et la diilî- culté avec laquelle il transmet les impressions. Si l'on pince, si l'on brûle, si l'on arraeiie ce nerf, l'animal ne donne pas de signes de douleur générale : il n'agite pas les pièces de ses mâchoires, ne meut pas ses pattes natatoires ou ambulatoires : il reste immo- bile : on peut même couper l'œsophage ou le jabot sans obtenir de manifestation. Jamais nous n'avons vu l'irritation du stomato- gastrique faire éclater des mouvements réflexes dans les membres : réciproquement en pinçant fortement une patte ou une antenne chez un Dytisque dont les estomacs sont jiréparés, nous n'avons pas constaté (le nerf stomato-gastrique étant intact i, de notables mouvements excités, soit sur le jabot, soit sur la p(M'tion pylorique : en enlevant le cerveau supérieur ou l'inférieur, nous ne sommes pas parvenu non plus à exciter dans le tube digestif des mouve- ments plus intenses. Ainsi, il va une sorte d'indépendance entre les mouvements extérieurs de l'animal et les mouvements inté- rieurs qui se rapportent à une partie de l'acte de la digestion. Le nerf stomato-gastrique n'est pas sensible : il ne manifeste pas par l'agitation des membres l'irritation qu'on lui communique, il ne traduit pas par des mouvements, dans les muscles auxquels il se distribue, les douleurs que l'animal ressent si l'on pince une de ses antennes. Le nerf stomato-gastrique est tout entier dévolu à la partie supé- rieure etlhoracique de l'appareil digestif; il établit une harmonie entre tous les mouvements nécessaires pour faire parvenir l'aii- ment jusque dans le ventricule chylifique. 11 préside à la double déglutition qui s'accomplit. Par le ganglion frontal et ses branches, il est en rapport avec la déglutition pharyngienne qui pousse l'ali- ment dans r(csophage; l'expérience nous l'a manifestement dé- montré ; par le ganglion gastrique, il paraît présider à l'espèce de déglutition si énergique qui fait passer ineessameni la matière ali- mentaire du gésier où elle a été broyée, au ventricule chylifique où elle doit subir une modification plus profonde : nous disons /|8 e. rAIVRE. l'inSIOLOGIIi UliS MililS i:ilANlh..\S que le stomato-gasirique paraît présider à celle seconde défiliiti- lion : pour avancer ce l'ait, nous ne nous tondons que sm- les dispositions anatomiques, rexpérience ne nous ayant directement rien appris. Si les mouvements de dcfilutition et oeuN moins actifs qui se passent dans l'œsophage et l'eslouiac sont sous l'iulluencc du pneumogastrique , on peut être certain qu'ils ne sont pas dus à ce nerf lui-même ; on peut, en effet, détruire autant que possible ce nerf, sans voir pour cela cesser les mouvements. Nous avons fait mieux. : nous avons disposé entre deux plaques une portion du [)barynx et une portion de la région cardiaque; nous avons exa- miné ces préparations an microscope, à un grossissement de 300 diamètres. Nous avons admirablement vu le mouvement des fibres musculaires dans des points où aucun un tube nerveux ne pouvait être constaté. Ces mouvements ont persisté pendant plus de vingt minutes, manifestant dans les deux préparations un ca- ractère absolument semblable. C'est un merveilleux spectacle que celui des mouvements inté-» rieurs qui se manifestent alors dans les masses musculaires dispo- sées sous le microscope ; nous ne saurions trop engager les obser- vateurs à répéter ces préparations qui, outre l'intérêt scientifique, provoquent l'étonnemenl et l'admiration. Nos recherches sur le stomalo-gastrique sont encore bien in- complètes; elles ne portent pas sur les parties de ce nerf qui vont se rendre aux trachées et au cicur. Les expériences ont leurs limites, et il est impossible de rien tenter chez les animaux vivants sur des ramuscules nerveux profondément placés, et qu'on dis- lingue à peine à une forte loupe. Pour donner à notre travail toute la précision et la clarté dési- rables, nous résumerons dans les propositions suivantes les faits les plus positifs auxquels nous ont conduit les expériences qui pré- cèdent. On [leut diviser les nerfs crâniens des insectes eu trois groupes ; (knix (pii [laraisscnt affectés aux organes des sens; Ceux qui se rattachent aux niouvcmcnis des [lièces buccales, c"esl-à-diic à la [iréhension et à la mastication; CHEZ LE DVTISQUE. 49 Enfin les nerfs qni président aux mouvements du pharynx, de INesopliage et de l'estomac. A . Les nerfs des sens sont les nerfs optiques et antennaires; relativement aux nerfs aniennaire», nous avons démoniré (ju'ils naissent à la base du lobe cérébral correspondant et à la racine tUi renflement pédoncidaire; que le gros nerf interne jouit d'une extrême sensibilité; qu'on peut rendre l'anlenne presi|ue immo- bile, sans la rendre insensible; qu'en enlevant le ganglion sous- œsophagien, on affaiblit les antennes pendant un temps 1res court. Le seul résultat que nous puissious constater lelativement aux nerfs optiques, c'est qu'ils ne .sont pas sensibles. On peut enlever les deux lobes cérébraux sans abolir ni la déglutition, ni la mastication. Dansée cas, on ne ralentit pas ces sortes de mouvements ; on rend les antennes insensibles et immo- biles. B. Les nerfs des pièces buccales naissent tous, soit du ganglion sous-œsophagien, soit des pédoncules. Les nerfs labiaux inférieurs et maxillaires .sont peu sensibles ; en les irritant, nous n'avons provoqué aucune douleur générale. Ces nerfs sont mixtes dès Idri^iue (nous l'avons directeuient démontré pour eux et le labial supérieur). Ils prennent naissance dans la partie correspondante du gan- glion, comme le prouve l'ablation ou la destruction partielle. Cette ablation partielle du ganglion sous-œ'sopbagien produit toujours deux effets ; \" paralysie du mouvement et de la sensibi- lité générale de la mandibule, delà mâchoire, d'imc portion delà lèvre inférieure du même côté; 2° convulsions des pièces ana- logues du côté opposé, et spécialement de la mâchoire. La destruction entière du ganglion eidraine la perle complète et définitive des mouvements masticateurs et préhenseurs; elle abolit ou affaiblit momentanément la sensibilité et les mouvements des antennes. Nous avons déjà dit qu'en enlevant les lobes cérébraux, on n'affaiblissait pas sensiblement les mouvements des pièces buc- cales ; c'est là une dilfércnce d'action qu'il importait de noter. 4' série. ZooL. 1. IX. (Cahier n' 1.) * 4 50 E. FAIVRE. — PHYSIOLOGIE DES NliRFS CRANIENS C. Relativement au nerf stoinato-gastrique, nous avons établi les points suivants : Le ganglion frontal et les nerfs f|tii en partent paraissent desti- nés aux mouvements de déglutition : en effet, on abolit ces mou- vements dès qu'on enlève le ganglion frontal. L'ablation des ganglions sus- cl sous-œsopliagien n'ompcche pas la déglutition de persister. Cependant on a empêché les mou- vements des pièces buccales. Le nerf stomalo-gastrique est insensible; si on l'irrilo, on ne détermine aucune manifestation douloureuse ; on ne produit pas même de mouvements sensibles dans les [)arlies auxquelles le nerf se distribue; cependant l'alilalion d'une partie du nerf a pour effet d'accroître les mouvements de déglutition ; dès lors l'animal remplit d'air son œsophage et son premier estomac. Nous avons décrit les deux principaux mouvements du tube digestif, mouvements qui se passent dans le jabot, et mouvements très actifs de déglutition (|ui se produisent entre le gésier et le ven^ Iriculc chylifique; nous avons montré que ces mouvements per- sistent après l'ablation aussi complète que possible du stomato- gastrique , et qu'ils ne sont pas dans leur nature sous la dépendance du nerf gastrique : cependant ce nei'f a une action sur eux, comme le montre la distribution anatomique, connue nous l'avons d'ailleurs constaté (|uel(|ucfois en galvanisant le nerf. Résumons-nous : En appliquant aux Dytisques la méthode d'isolement des parties qui a été introduite dans la science par notre célèbre physiologiste M. Flourens, nous pouvons dire : L'ablation de la plus grande partie des deux lobes cérébraux n'exerce pas d'influence marquée sur les pièces buccales ou les antennes. L'ablation plus profonde des lobes et de la racine des pédon- cules rend les antennes insensililes et immobiles, sans faire cesser ni les mouvenicnls des pièces buccales ni ceux du pharynx. L'ablation du ganglion sous-œsophagien paralyse toutes les pièces buccales,- mais la déglutition persiste, et les propriétés motrices et sensitives des antennes ne sont pas abolies. CHEZ LIi DYTISQUK. 51 Enfin, la destruction du ganglion frontal arrôle la déglutition, sans modifier les mouvements des autres pièces cépiialicjues. Les choses se passent comme s'il y avail trois centres prési- dant à trois actes distincts et locaux : Le ganglion frontal à la déglutition ; Le ganglion sous-œsophagien, avec une partie des pédoncules, à la préhension et à la mastication; Le ganglion sus-œsophagien aux sensations spéciales. Voilà en dernière analyse les indications que nous avons puisées dans les expériences physiologiques. Nous ne les formulons qu'avec réserve, comme celles de notre précédeni mémoire, car nous savons bien, el nous apprenons tous les jouis à l'école de l'expérience, que la physiologie expérimen- tale est une science pleine d'éeueils. Les observateurs qui reprendront nos études verront que nous avons toujours obéi aux indiealions des faits : ce n'est que par la rigueur et la précision des résultats particuliers qu'on peut arriver à quelques certitudes dans les résultats généraux. Il est sage de se défier des généralisations hâtives : aussi nous n'appliquons qu'aux Dylisques les résultats auxquels nous sommes parvenu, et que nous espérons compléter pai' des recherches entreprises à un autre point de vue. PUBLICATIONS NOUVELLES. Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'homme et des animaux, par M. Milne Edwards, troisième volume, deuxième partie. Cette livraison, qui lermine le 3' volume, est consacrée à l'étude anatomi- que des organes de la circulation chez les animaux vertébrés. Dans la première partie du 4= volume, qui paraîtra en novembre prochain, lauleiir traitera des phénomènes mécaniques de la circulation et terminera l'étude de celte fonction considérée sous le rapport physiologique. M orphologische Studien. — Études morphologiques, parM. H. Bronn, in-8. Heidelberg, 1858. Dans ce livre, M. Broun s'occupe des corps bruts aussi bien que des êtres organisés et expose ses vues relativement aux rapports qui existent entre les forces et les formes dans chacune des grandes divisions de la création. La plu- part des lois qu'il admet comme régissant la structure des plantes ainsi que celle des animaux se rattachent à la loi du perfectionnement des organismes par la division du travail physiologique établie précédemment par M. Milne Edwards dans un ouvrage dont le savant professeur de Heidelberg a donné , en 1 853 , une traduction sous le titre ; •■ Dus Verfuhren (1er Nadir bei Geslaltaiig des Thier- Reichs. » Enfin, il traite des rapports qui existent entre la progression ascen- dante des organismes et le développement des types zoologiques et botaniques dans la série des temps géologiques. Des figures gravées sur bois et empruntées, pour la plupart, aux ouvrages élémentaires de zoologie de M. iMilne Edwards, facilitent l'intelligence du texte. A Monograf. — Monographie des Crustacés fossiles de la Grande- Bretagne, parM. T. Bell, in-i avec 11 planches. Cette Monographie, publiée dans le Recueil de la Sociélé paléontograjthique de Londres, est un des ouvrages les plus importants qui aient été publiés sur la carcinologie antédiluvienne. La première partie, qui vient de paraître, est consa- crée aux espèces trouvées dans l'argile de Londres (principalement à Sheppey) ; la plupart n'avaient pas encore été décrites, et les échantillons figurés par M. Bell sont en général remarquablement bien conservés. Essai sur les Plicatules fossiles des terrains du Calvados et sur quelques autres genres voisins ou démembrés de ces coquilles, par A. -Eudes Deslongchami's. In-4, Caen, 1858. Ce travail, publié dans le recueil des Mémoires de la Société Limit'e7uie de Nor- mandie, est accompagné de 1 4 planches. L'auteur fait d'abord une étude appro- fondie des caractères zoologiques de ces coquilles bivalves, et décrit ensuite 16 espèces du genre Harpax, 53 espèces du genre l'hcatule, 2 espèces d'un genre nouveau auquel il donne le nom de Carpenl< riu, et 7 e.'pèces du genre Spondylus, MEMOIRE LA CONTRACTILITÉ VASCULAIRE, Par n. J. MAREY, lalenic à l'iiôpital Cochio. Noms avons indiqué dans un premier mémoire les effets de Vélaslkité (iiiiis les v;iisse;uix, cl nous avons démontré (jue, dans la circulation, son rôle est de faciliter l'afflux du sang dans le système artériel et d'y régulariser son cours II). — Aujourd'hui nous allons étudier dans les vaisseaux le rôle d'une autre fonction : la contractilité. De grandes différences existent entre ces deux propriétés de l'arbre vasculaire, et se retrouvent dans leurs effets sur le cours du sang. \.' élasticité est une propriété physique qui n'a rien de spécial dans le tissu artériel, qui existe dans les vaisseaux du cadavre conune chez l'animal vivant; l'étude de ses effets doit consister en expériences hydrauliques que l'on peut faire sur des tubes quel- conques doués d'élasticité. La contractilité est ime propriété vitale des vaisseaux sanguins, et qui doit être nécessairement étudiée sur l'être vivant au moyen d'expériences réellement physiologiques. Preuves de l'existence de la contractilité dans les vaisseaux sanguins. L'existence de la contractilité dans les vaisseau.x est un fait acquis aujourd'hui à la science, et quelles qu'aient été autrefois les discus- sions soulevées à son sujet, nous nous bornerons à citer ici quel- (jues-unes des expériences qui ne permelteiit plus de la mécon- iiallre Un grand nombre d'agents ont été employés pour provo- ipier des contractions, et voici les résultats obtenus : (I) Voyez t VIII, p. 329. 5k J. MARET. 1° L' éleclricilé , employée par VVedemeyer (1), n'a pu produire de contractions dans l'aorte, mais a fait contracter les artères més- entériques. 2° Les injections irritantes, faites par Zimmermann, Lorry, Verschuir, ont fait contracter les vaisseaux. 3° Des irritations Iraumaliques entre les mains de Verschuir ont produit les mêmes l'ésuUals : le grallage de la fémorale avec un scalpel a fait contracter des artères qui en naissent au-dessous du point irrité (2). h° Des contacts simples à l'inlérieur des vaisseaux les ont fait contracter : des cylindres solides, introduits facilement dans les vaisseaux, y ont été étreints par la contraclilité qui s'opposait à ce qu'on les retirât (3). 5° L'/je'mon7ia^ie produit manifestement des variations dans le calibre des vaisseaux ; ,1 . Hunter, Parry, Spallanzani, Laeauchie, ont vu qu'une perte de sang abondante amène la contraction de toutes les artères. Ce retrait n'est pas un effet de l'iMasticitc seule, qui cesserait d'être contre-balancée par la tension sanfruine; car en poussant plus loin l'hémorrhagie , les artères se reddalent (/ij. 6o J la mort, il y a enlin une contraction vasculaire qui dure autant que la rigidité cadavéri(iue, après laquelle elle est suivie de dilatation (5j. Preuves tirées des expériences modernes. Les travaux modernes ont encore enrichi la physiologie de nou- velles preuves de la cnntractilité vasculaire, ils nous ont même appws quelque chose de plus : c'est (pie cette contraclilité, comme celle des muscles de la vie animale, est soumise à des influences nerveuses, et que la section ou l'irritation des nerfs qui la régis- sent produisent des effets analogues à ceux que, depuis longtemps, on avait observés dans le système musculaire. (1) Bérard, Traité (h- physiologie, t. III, p. 736. (2) Bai-diidi, l. VI. (3) Burdach, t. VI. (4) Bérard, Traité de plujuiologii.', l. III, p. 738. o) Burdach, t. VI. DE LA CONTRACTILITÉ VASCULAIRE. 55 On doit citer en première ligne la belle découverte de M. Ber- nard, (lui, reprenant vers 1851 les expériences de Pourfour-du- Pelit, trouva que la section du grand .sympathique au cou amène une congestion et une élévation de température du côté lésé, tan- dis que la galvanisation de ce nerf produit la pâleur et le refroi- dissement dans la partie correspondante. M.M. Rudge, Wallcr et Brown-Séquurd , ont donné de ce tait une interprétation (|ui, par sa simplicité même, olïre tous les caractères de la vérité. Pour eux, lasection et la galvanisation du grand sympathique auraient sur la tunique contractile des vaisseaux une action en tous points assi- milable à celle de la section et de la galvanisation des nerfs de la vie animale sur les muscles qui leur correspondent. La section des nerfs vaso-moteurs paralyse les vaisseaux qui se laissent dilater, et la galvanisation des mêmes nerfs les fait entrer en contraction en les vidant du sang qu'ils contiennent. Des faits d'un autre ordre, relatifs à une contraction rlujlhmique des vaisseaux, ont été publiés par MM. Schiff et Wbarlon Jones; ils ont été observés en France par M. Vulpian (i), qui en a donné une interprétation nouvelle. Ces contractions rhythmiques, obser- vées sur les ailes des Chauves-Souris et les oreilles des Lapins, nous .semblent d'une nature spéciale et ne nous occuperont pas ici; nous nous bornerons à l'étude de la contractilité plus régu- lière dans son action, qui semble appartenir à tous les petits vais- seaux de l'économie. C'en est assez pour les preuves de la contractilité vasculaire, il est inutile de démontrer plus longuement l'existence d'une fonc- tion qui aujourd'hui ri 'est plus contestée; seulement, pour com- pléter la démonstration, nous ajouterons que l'anatomie elle-même est venue apporter sa preuve, en iudi(|uanl, dans la (unique moyenne des vaisseaux, une couche de fibres circulaires (|ui explique très bien la production de leurs changements de calibre, et dont l'abondance est d'autant plus grande pour un vaisseau qu'il est plus doué de contractilité. (1) Archiver qénériilca ili: mérierino, 1857. p. 222. 56 Siège de la contractilité vasculaire. Valeiilin (1), dans des recherches expérimentales, a prouvé ijuo la coniractilité n'est pas limitée au système artériel, il l'a trouvée dans les veines et même dans les gros troncs lymphatiques. La contractilité des veines a été bien mise au jour par M. Gubler(2), au moyen d'expériences ingénieuses et faciles à répéter. Mais, comme c'est surtout de la circulation artérielle et capillaire que nous nous occupons ici, nous allons voir si dans ces premières voies sanguines, il n'est pas certains points mieux pourvus que les autres de force contractile. A l'époque où Bichatet son école refusaient aux artères la con- tractilité (3), J. Hunter avait fait plus que la démontrer dans ces vaisseaux, il l'avait mesurée pour chacun d'eux. Voici quelles ont été ses célèbres expériences à ce sujet. .1. Hunter (4) remarque d'abord que si l'on prend une artère d'un animal qu'on vient de tuer par hémorrhagie hi'Kque, cette artèi'e est très contractée. Si on la coupe en tronçons, chacun de ceux-ci, s'il est distendu par une force (pieleonque, au lieu de re- venir à son calibre primitif, reviendra à un calibre plus large, mais toujours le mcnic pour des tronçons de la même artère. 11 conclut (ju'en dilatant le vaisseau, il avait détruit l'effet de la con- tractilité, et que celui-ci, en vertu de la seule proiiriété inhérente à son tissu même, l'élasticité, était revenu à ce qu'il appelle Vétat moyen, dans lequel l'élasticité est au repos. Ayant dès lors entre les mains le moyen de mesurer les effets de la contractilité, Hunter établit des expériences comparatives, dans lesquelles il vit que la contractilité, très faible dans les gros troncs artériels, croît à mesure qu'on s'éloigne du cœur. .Maintenant (pie nous avons vu la contractilité des artères naître pour ainsi dire en un certain [)oint, et s'accroître à mesure qu'on (1) Valenlin, De fuiictionihuf nercnrum, \S39. (2) Gubler, Arch. ijèn. de médecine. (3) Lorsque Bicliat [larle de la r.ontraclilité des arléres, c'est de l'élasticilé qu'il s'agit (4) Traité du sang et de l'inflain, chx^p. 111. UK LA CONTHACTILITÉ VASCULAIRE. 57 passe à de plus petits vaisseaux , voyons s'il sera possible de lui assigner une limite terminale, et si dans les capillaires très ténus, nous la verrons diminuer ou s'éteindre. Rien ne prouve ipie la contractilité n'existe pas dans les der- nières divisions capillaires, et qu'elle ne se continue pas avec celle que M. Gubler a démontrée dans le système veineux. En effet, outre que les variations de calibre ont été observées dans des vais- seaux bien petits, les observations microscopiques ont fait constater directement à Tliomson , Wilson , Hastings , Kallcnbriinner, Wedmcyer, etc., que, dans certains cas, les capillaires du plus petit calibre se rétrécissent. Opendant^Henle (l) fait remarquer avec raison que l'élasticité peut suffire pour expliquer dans ces vaisseaux les changements de diainèlre. En effet, en admettant que les Unes artériolesqui les précèdent soient dilatées, les capil- laires recevront le sang avec plus de tension, grâce à la diminu- tion des frottements au-dessus d'eux, et se laisseront distendre par ce sang. Réeipro(iuernent, si les aitérioles contractées "laissent arriver très peu de sang aux capillaires, ceux-ci n'auront besoin que de l'élasliciti' pour revenir sur eux-mêmes. Mais si la struc- ture hyaline des capillaires les plus petits semble peu compa- tible avec la contractilité, et force presque à admettre l'idée de Henle, on n'a plus le droit, à la rigueur, de refuser cette propriété aux capillaires, à partir d'un calibre de 0°"",030 à 0°'"',060, car chez ceu.x-ci on trouve déjà les éléments de la couche à libres circulaires. Sur ce point, MM. Henle, Robin, Segond, sont parfaitement d'accord. Nature de la contractilité vasculaire. Nous allons essayer d'entrer plus avant dans la connaissance des modes de r)roduction de la contraction artérielle; une des expériences les plus instructives à ce sujet se voit tous les jours dans nos amphithéâtres d'opérations, et il est étonnant que cette propriété ait été si longtemps méconnue et même combattue par (t) Encijcl. anal., l. VII. 58 J. MABEY. les physiologistes, quand (ous les chirurgiens en avaient la preuve sous les yeux. Voici le fait. Lorsr|ue, dans une opération, on coupe une artère d'un petit calibre, un jet de sang est projeté d 'abord, puis au bout d'un cer- tain temps, le jet s'arrête de lui-mênie, et rien ne trahit plus l'ar- tériole con|iée. L'opération se termine, on fait le pansenienl ; mais au boul d'un temps variable, une hémorrhagie se déclare, et i|uand on lève l'appareil, on aperçoit une artère qui donne abondamment. L'interprétation de ce l'ail est bien simple; il ne peut s'expliquer que par la contraction, de l'artère (jui se redilale ensuite. Dans cette contraclilité des vaisseaux, une chose doit nous frapper, c'est le retard de la contraction ipii n'arrive en général qu'au bout d'un temps assez long, et la durée considérable de l'état d'occlusion des vaisseaux. C'est là une très grande différence avec ce qui se passe dans les contractions musculaires de la vie animale; mais il y a une analogie complète, sous ce rapport, entre la contraclilité vas- culaire et celle des muscles de la vie organique, soumis aussi au grand sympalhique : cette similitude a déjà été remarquée par les physiologistes (1). Enfin, au sujet de la nature de la contraclilité vasculaire, on trouve dans Henle (2) des pages très curieuses écrites depuis longtemps déjà ; l'auteur conclut qu'il y a : 1° Une contraction normale ; 2° Une contraction provoquée ; 3° Une paralysie des vaisseaux sous l'influence d'une e.xcitation excessive. 4° Ces contractions sont réflexes, et cessent quand on coupe les nerfs sensitifs, etc., etc. Conclusions des expériences faites jusqu'à ce jour. Si nous réunissons toutes les expériences anciennes et récentes que nous venons de citer, on a le droit d'eu tirer les conclusions suivantes : (1) Béclard, Traité de physiologie, p. 200. (2) Loc. cit. DE LA CONTRACTILITÉ VASIXLAIRE. 59 1° Les vaisseaux sont dans un état permanent de contraction normale (1). 2° Us peuvent se contracter davantage sous certaines influences (une excitation modérée, par exemple), et se vider plus ou moins complètement du sang qu'ils contiennent, ce (|iii amène la pi\leur et le refroidissement des tissus. Nous donnerons ailleurs, s'il est nécessaire, les expériences qui prouvent que la lempérature d'une partie exposée au froid est en raison de la quantité du sang qui circule à son intérieur. 3° Us peuvent, dans d'autres cas, se contracter moins énergi- quement que de coutume (par exemple, sous linllucncc d'une exci- tation trop forte), et, se laissant distendre par le sang, produire la rougeur, la chaleur et le gonflement des parties qui les renfer- ment. !l° Le grand sympathique est le système nerveux qui préside à la contraction des vaisseaux. Cette conclusion est fondée sur les motifs suivants : a. Que le grand sympathique forme sur les vais- seaux artériels de riches plexus qu'on a pu suivre fort loin (2); 6. que l'irritation d'une artère jiroduit des contractions dans des branches qui en émanent (3 j (ce (pii ne peut guère s'cx|)liquer que par l'irritation de filets du grand sympalhi(pie rampant sur l'artère pour se rendre à la branche qui se contractait) ; c. que les contrac- tions vasculaires ressemblent d'une manière frappante à celles que produit ailleurs le grand syuipalliique (sui' l'iiitcstin par exemple), au point de vue du retard de l'effet sur l'excitation, et de la durée de l'effet après la cessation de la cause; (/. (|uc lu section et la galvanisation du grand synqiutliique amènent la dilatation et la con- traction des vaisseaux. Ajoutons que la galvanisation de ce nerf fait disparaître, nun-sculemcnt la congestion que la section avait amenée, mais aussi celle quirésulte d'une autre cause, par exemple d'une application d'ammoniaque sur la conjonctive (4). (<) Hunier, Ilenle. (8) Henle, Eiicycl. anal., l. VII, (3) Verschuir, cilé par Burdacli, t. VI. (i) Cl. Bernard, Mémoire sur les t/Jei» ar lequel nous ayons vu soutenir cette erreur ; mais après lui, pres- que tous les physiologistes l'ont répétée, toujours en invoquant les lois de la physiipie. C'est à peine si les derniers expi'rimentateurs ont enfin reconnu cette erreur depuis longtemps accréditée. Nous tenons, avant tout, à bien établir ce fait que la contraction des vaisseaux 7-alentit la circulation, et que leur dilatation l'accé- lère. Sans une parfaite connaissance de ce [irincipe d'hydrauli- que, il nous serait impossible de pousser plus loin l'étude physio- logique de la contractilité vasculaire. Voici la cause (jui a fait croire que la contraction des vaisseaux accélère la circulation. Si un tube donné offre des renHements et des resserrements, c'est dans les points resserrés que le liquide [\) Voir la thèse de Segond. Syst. capillaire. 1853. (2) Traité de l'inflammation, 1827. I)E LA COMRALTILITK VASCULAIUI;. 61 coule le plus vile, (^e fait est parlailement vrai, mais vonoiis ce (ILi'ii sipnifie. Clia(]ue scgmeni du lulie, lors(|MO l'écoiilenKMit est établi, doit laisser passer une (juaiitilé de li(juide égale, quel que soit son diamètre ; il s'ensuit que les molécules liquides devront marcher ])ius vite là où elles ne peuvent passer ipie successivement, à cause . MAREY. 2° Les variations de teiiipéralure : chaud el froid. 3° Les eiïels de l'clcelrieilé. Nous nous altac'iierons surlout à démontrer que les effets de ees causes, si diverses en apparence, sont soumis à des lois applica- bles à tous. Voici les lois fondamentales. 1° Une excitation modérée fait contracter les vaisseaux. 2° Une excitation forte les fait dilater par une sorte de para- lysie, d'épuisement de l'innervation (comparable à la fatigue qui suit l'exercice musculaire). 3° Quand un excitant, est très souvent appliqué en un point, les vaisseaux de ce \wu\l sont |ilus difficiles à exciter, grâce à une sorte iV accoutumance {m\\\\yM\\\)V\ à la plus grande résistance à la fatigue qui arrivt; pour un nuiscle souvent exercé). A. Influences du traumatisme sur la contractilité des vaisseaux. Voici un fait expérimental ([ue nous croyons avoir signalé le premier, et qui nous semble très propre à luontrer les effets des influences du traumatisme siu' la contractilité vasculairc. Première expérience. — Si nous passons sur un point des tégu- ments, le dos de la main par exemple, un corps mousse , en traçant une ligne, nous cbassons mécaniquement le sang des vaisseaux, el nous avons tracé une ligne pâle, exsangtic, qui luie seconde après a disparu; le sang est rentré dans les vaissetitix ipiand l'obslncle a cessé, et la peau a repris sa teinte normale. — Que l'on regarde le même endroit vingt ou trente secondes après, la ligne blancbe a reparu comme la première fois, mais plus persistante; elle dure (picl(iuefois plus d'une minute (1). N'est-il pas Irt's rationnel d'admettre, comme explication de cette tache blanche, une contraction des vaisst^aux qui rcagisst^nt contre rtîxcitnlion produite cl chassent le sang de leur cavité, lais- (I ) Ce pliénoméne est très évident ; nous l'avons produit, non-seulement sur nous-même, mais sur un très grand nombre de sujets ; il est surtout marqué chez ceux dont la peau est nalurellemenl colorée, et, après quelques tâtonne- ments pour arriver à ne donner a la peau une impression ni trop forte ni trop faible, tout le monde pourra le produire. DE l.\ COM'UACTILITÉ VAbCCLAIlili. f)9 saut exsangue la partie impressionnée? C'est là inie inlerpréta- tion d'aiilani plus légitime qu'elle est la plus simple, (in'cik' a déjà (les analot;ues dans la physiologie; elle rcsscmljle lieaucoup, en eltel, au pliénomcne de eontraclion d'une arléi'e coupée. Dans les deux cas, nous voyons un retard de la contraetioii sur l'impres- sion, et une durée considérable de la conliactinn ([uaud l'im- pression a cessé. Deuxième expérience. — Continuons, et voyons ce (|iii se passe si nous traçons notre ligne avec plus de i'orce, ou avec un instrument un peu aigu, le tranchant de l'ongle par exem- ple, de manière à produire sur la peau une impression vive et même un peu de douleur. Dans ce cas, im phénomène un peu durèrent se passe : une ligne rouge parait sur le trajet de l'in- slruinent, elle est limitée mk parties directement touchées, et olïre la largeur de l'instrument contondant. En même temps, de chacpie côté a]i|iarail un liséré blanc identique avec la ligne blan- ciie décrite dans la première expérience. Que doit-on conclure de ce second fait, si ce n'est cpie les parties qui forment le liséré hianc se sont trouvées en dehors du maxi- mum d'action de l'inslrunient, et n'ont reçu d'excitation qu'une dose contre laquelle elles pouvaient réagir, tandis que pour les autres, [»lus foi-lement contuses, la contractilité des vaisseaux a été détruite jiar une action exercée soit sur le tissu même, soit sur le système nerveux correspondant à la partie touchée. Dans l'une ou l'autre hypothè.se, la rougeur est due à la perle de con- tractilité des vaisseaux. Ces deux cx|iéri(Mices |irouvent déjà la vérité des deux pn-mières propositions i pic nous avons in(!i(]uées au sujet des effets d'une excitation, siiivanl qu'clh; est faible ou forte. De l'accoutumance. — La contractilité \asculairc nous offre un point de ressemblance avec celle des muscles de la vie ani- male : c'est que la production même de la contraction l'épuisé au bout d'un certain tenqis, de même que l'exercice il'un muscle amène sa laligue et son afl'aibli.ssement momentané. L'analogie nous porte à chercher si l'exercice répété de cette force ne l'aug- mentera |ias à la longue, de mèiiie que l'i'xcicicc des muscles 70 J. MARET. augmente la force imisciilaire et la résistance à la fatigne. — Or, on pont voir ((iic précisément, les iniluences tranmaliqiies répétées rendent la partie qui les subit moins susceptible d'épuiser sa con- tractilité vasculaire. En voici des preuves : Expérience. — Une excitation traumatique portée sur un point des téguments abrité d'ordinaire contre les contacts un peu durs (soit l'épigastre), et la même excitation portée sur un point qui se trouve dans des conditions inverses (la main par exemple), pro- duit dans le premier point une trace rouge, et sur la main une trace pâle, c'est-à-dire épuise la contractilité dans le |iremier point, et ne fait que la mettre en jeu dans le second. Nous pourrions multiplier à l'inllni les preuves de ce fait , que Vaccoulumance aux excitations tranmatiques rend la contractilité vasculaire d'une région mains facile à épuiser; nous en allons seulement en citer quelques-uns encore. Les mains de l'artisan supportent impunément le dur contact et l'espèce de massage des tissus qui résultent du maniement de cer- tains outils. Qu'un homme de cabinet veuille faire le même ou- vrage, sa main inaccoutumée deviendra rouge, chaude et gonflée, n'ayant pas acquis par l'babitnde une dose de force contractile suflisante. De même le pied s'accoutume aux marches prolongées , aux chaussures dures ; le cavalier s'accoutume au dur contact de la selle, si pénible les premiers jours. Qu'on n'invoque pas, pour expliquer ces faits, la production d'un épidémie plus épais , qui ne peut ipie proléger le corps mu- queux contre des contacts trop durs, mais qui ne peut être consi- déré, pour les tissus profonds, comme une protection contre ce massage dont nous avons parlé, et (pii les congeslionne toutes les fois qu'ils n'ont pas ac(pus par Vaccoulumance la force d'innerva- tion vasculaire (|ui leur est nécessaire fl). (1) Remarquons qu'il y a idenlilé de nature entre l'accoiKumuiico dont nous parlons ici et Vadaplalion de la contractilité à la tension intérieure. DE LA CONTRACTILITÉ VASCl LAlKli. 7\ B. Influences des températures sur la conlractilité des vaisseaux. Les variations de tempéraliiiT aiix(|iielles nous sommes jour- nellement exposés [iroduisenl aussi des variations très importantes dans la circulation, en niellant enjeu la conlractilité vasculaire; mais la question est ici pins eouiplcxe que dans le cas précédent. Un même agent, le caloriiiue, produit sur nous des impressions très différentes , selon qu'il est ajouté ou emprunté à nos tissus : la eirenlalion. mndiliée par ces inflnences, amène à son tour des changements dans notre tempéralure propre qui dépend de l'acli- vité circnlaloire 1). 1° Effets du froid. — Si le froid el le chaud ne sont pour le physicien que des variations dans la quantité du calorique, |iour le physiologiste ils constituent deux sources d'impressions hien distinctes. Le froid , à un degré peu prononcé, excite la conlractilité vas- culaire; à un deyré plus fort, il la paralyse. L'expérience est facile à faire. Expérience. — Que l'on plonge la main dans l'eau à une tem- péralure telle qu'elle nous donne la sensation d'un froid modéré ; on \^il, |iar la pâleur el la diminution de vohnnc (pii se manifestent bientôt dans cet organe , que la i^irculation y est moins facile, el que les vaisseaux ont dû se contiaclei'. (]et c'ITel correspond à celui que nous avons obtenu avec les agents traumaliijues appliqués avec peu d'intensité. Si le i'i-oiii est |ilus intense ou plus prolongé, l'effet esl inverse, et la coniraclion ties vaisseaux esl suivie d'iuie dilatation ([ni pro- duit la rougeur cl le gontlemeni de la main, hi encore identité de nature avec les effets du traumalismc à un liant degré. L'interpré- tation de ce |iliénonicnc sera dès lors : dilatation atonique des vais- f I) La tempéralure des parties qui peuvent avoir différents degrés de chaleur, conime les extrémités et la surface cutanée, croit avec la quantité de sang qui circule a leur intérieur. Nous le démontrerons expérimentalement dans un autre travail. 72 J- MAKET. seaux, et production passive de toute la série des conséquences qui en dépendent. Celle conclusion est très légitime (]uand on éludie niéllio(:li(|iic- nienl la production des effets que nous venons de signaler ; mais elle semble paradoxale si l'on se borne à nn examen superficiel. — Sans doule le premier observateur ipii, maniant de la neige , a \ u ses mains devenir, au bout de quelque temps, chaudes , rouges et gontlées, a été frappé surtout de la production de chaleur sous l'in- tluence du froid; il a du voir là un effort salutaire de la nature qui tend à nous protéger contre la fâcheuse inilucnce du refroidisse- ment, et a été amené tout naturellement à considérer cet effet in- direct comme une réaction de l'organisme. Aussi ce mot de réaction et l'idée A'actlvité locale qu'il im[ilique ont-ils été transportés dans tous les cas, physiologiques ou pathologiques, où la circulation s'accroît. Cette manière de voir a conduit à créer une force des tissus qui produirait l'aclixité circulatoire, précisément dans les cas où le raisonnement doit maintenant nous faire admettre qu'il V a faiblesse. Accoutumance. — Le degré auquel le froid doit èlre porté pour produire les effets que nous venons de signaler n'est pas toujours le même. Il y a ici une parfaite similitude avec ce que nous avons vu pour les effets du traumatisme. On retrouve de part et d'autre les effets de V accoutumance, de sorte qu'un même degré de froid agissant sur nous depuis longtemps cesse de nous impressionner avec la même force qu'au début de son action. On connail les belles expériences d'Edwards sur la chaleur ani- male, dans lesquelles il a démontré qu'en hiver, un animal résiste à un abaissement de lem|)éralure qu'il n'eût pu supfiorfer en été. Pour nous , qui nous croyons autorisé à ne pas séparer la chaleur animale de l'activité circulatoire, et à iiilcrpréter celle-ci par l'étal de plus ou moins grande dilatation des vaisseaux, nous ne voyons dans l'inégale résistance au froid et au chaud ipie la manifeslalion d'une inégale résistance des vaisseaux aux iniluences de tempéra- ture comme agcnls de dilatalion et de coniraclion. Les mêmes faits sont apparents sur nous-mêmes. Lorsipie, par .suite de changement de saison , la moyenne de température est DE LA CO.NTRACTILITÉ VASCIL\1HE. 73 passée graduellement de + 20° à — 4° , la même température basse, (|ui l'été nous eût paru un l'roid insoutenable, nous est très t'aeile à suii[iorler Tliiver, même avec des vêtements légers. Réciproque- ment, en été nous avons froid ri) lorsqu'au milieu des jours de grande chaleur la température baisse tout à cou|), mais en restant de quelques degrés au-dessus du [loinl lliermomclrii|ue appelé tempéré. Ceal que les variations de température les plus extrêmes cessent de devenir des modificateurs appréciables de la conlrac- lilité vasculaire, quand l'économie a eu le temps de s'accommoder graduellement à leur inlluence. Cette accoutumance se ÏAii partiellement pour une région exposée seule à une certaine température : ainsi les mains et la lace, plus accoutumées aux influences du froid, peuvent plus impunément y être exposées. Il en c.>l une preuve frapi)anle (pie l'on peut constater au bain froid en été. Parmi les baigneurs, il en est qui sont |)lus spé- cialement exposés à éprouver ce qu'on a appelé la chaleur de réaction , et que nous appellerons l'épuisement de la contraclilité vasculaire. Chez ceux-ci on peut voir ce fait très curieux, c'est que tandis (|ue tout le corps a rougi sensiblement après une ou deux immersions, les mains et la face, immergées aussi , sont à l'état de pâleur, (|ui est le plus faible des effets du froid sur la contraclilité. Cela lient à ce que les mains et la face, exposées plus souvent aux variations de température que les parties vêtues, ont acquis par V accoutumance une iimervation plus forte, et que la même cause qui épuise la contraclilité vasculaire pour le corps ne fait que la stimuler dans ces points. On pourrait multiplier les faits cl montrer des accoutumances professionnelles au Iroid, comme nous en avons vu au trauma- tisme; mais chacun pourra i-ompléter ci^ chapitre. Dès lors les faits vulgaires ([ue l'on voit ciiaipie jour prciiilmiil une grande importance scientiii(pic s ils sont interpi'élés de manière à éclairer la physiologie de la contractilité vasculaire. 2° Effets du chaud sttr la conlraclililé des vaisseaux. — l^'ac- (I) Dans ces cas, il n'y a pas seulement la sensation de Froid el de chaud , mais aussi les eflelscorrespondanlsducôlé des vaisseaux : pâleur ou congestion. Ik <•. MAKET. tinn (le la chaleur, semblable en cela à f|iielrnies agents chimiques, parail amener d'ombléo la dilatalinn des vaisseaux, absolument comme si elle n'était que l'excès d'une quantité de calorique sous laquelle nos vaisseaux sont en contraction normalement. — Quoi qu'il en soit du mode d'action de la chaleur, elle n'écha[i[ie pas aux ciïois de V accoutumance, suivant les lois que nous avons indi- quées pour le traumalisme et le froid. L'été, nous sommes plus aptes que l'hiver à supporter une température élevée. — On trouve poin- le chaud, con\me nous l'avons vu pour les autres agents, une accommodation locale ou générale de l'innervation à la température (pie nous subissons hahiluellement. Ce qui se passe dans certaines professions en est une preuve frap[ianle. Les chapeliers, qui passent un temps souvent fort long les bras plouiiés dans l'eau très chaude, s'habiluent à celte Icuqiéralure. Les boulangers, les verriers, les cuisiniers, su[)portent le rayon- nement des vastes brasiers sans en éprouver une forte congestion. Dans tous ces cas, les tissus exposés à la chaleur oui ;icquis une force d'innervation vaseulaire très considérable, et la preuve qu'il en est ainsi, c'est que dans les cas où le calorique n'agit pas sur ces tissus, la contraction des vaisseaux est trop forte et la circula- tion diminue. Le teint des hommes qui exercent ce genre de prolession est pâle quand ils ne sont pas soumis à la chalein-. Ce qui se passe dans ces cas a été remarqué et habilement ap- plif|ué à la thérapeutique. M. Trousseau conseille, dans certaines rougeurs de la face si rebelles à tout Irailemeut, de l'aire des em- brocations très chaudes sur les parties trop colorées, dans le but d'obtenir la pâleiu- rpii arrive consécutivemeni (puind on a cessé l'enqiloi de ce moyen. — La même id(''c préside à sa inélliode de traitement des îiémorrhagies parles muqueuses; il n'emploie pas les lotions froides, qui ne sont ipi'un p:dlialil uiomenlané, souvent suivi de recrudescence de l'hémorrliagie, mais il conseille les in- jections d'eau aussi chaude que possible. Ce moyen, qui au pre- mier instant exaspère le mal, est suivi d'une réaction salutaire des vaisseaux qui se contractent et cessent de donner du sang. DE LA "COXTRACTILITÉ VASCl'LAIRE. 75 C. Influence de l'électricité sur la contraction des vaisseaux. Les effets de Vélectricité sont moins fréquemment observés que ceux des causes si conununes que nous venons de mentionner; mais comme nous avons eu maintes fois l'occasion de les constater dans les hôpitaux sur des malades qu'on faradisait jiour des af- fections diverses, nous allons donner les faits que nous avons vus. I.e premier effet de l'électricité à dose modérée appliquée avec des houppes métalliques est une contraction des vaisseaux de la peau. Au point excité, les tissus pâlissent , en même temps que les bulbes pileux donnent la saillie connue sous le nom de chair de poule. — L'effet d'un courant plus fort ou de l'application plus longtemps continuée d'un courant modéré est d'épuiser la contractilifé vasculaire. Les ti^guments rougissent alors et devien- nent chauds; on voit que dans ces cas les choses se passent de la même manière que pour les excitants ci-dessus indiqués. — Chez des malades qui se plaignent la nuit du froid dans les mem- bres, nous avons pu, en électrisant im côté du corps, leur procurer la sensation de chaleur de ce côté, tandis que l'autre continuait à leur sembler froid. Nous ne savons si celle sensation était pure- ment subjective, ou s'il y avait élévation réelle de température constalablc an Ibermomètrc. Les expériences nous manquent jus- rpi'à pré.^ent sur ces points aussi bien (]ue pour savoir si les effets de l'électricité sont soumis à la loi de V accoutumance; ce qui, par induction, est au moins très probable. loQuence des agents chimiques. A ces études sur les niodificaleurs directs de la contraclilité des vaisseaux, nous devrions ajouter celles qui ont été faites avec les agents chimiques. D'importants travaux sur ce pniut sont dus à Thomson, Wharton John, etc.; mais le mode d'application de c^s substances nous sendile malheureusement devoir alli'rer les résultats: lesdémidalionsdcs tissus indispensables dans la plupart de ces expériences, la complexité d'action de plusieurs des sub- stances employées empêchent d'avoir des résultats bien nets. — 76 J. ItlAKEY. Toulelbis, un l'ait important ressort des reclu'rt'Iics Inilos sur ce sujet : c'est que, diins la plupart des cas, le pi'emier elïct de l'ap- plication de ces agenis sur les vaisseaux, est la coiilraclion; le second, qui n'arrive qu'après un contact trop prulou^ié e, et Boerhaave, renouve- lant leur Ihéorie, attribua l'inllammation à une augmentation du mouvement vilal (|ui pousse le sang dans les lymphatiques. — C'était donner une cause ac/it-e à la congestion, et longtemps en- core .son opinion l'ut admise, imisque nous la voyons partagée sans grandes modifications par Haller, CuUen, Vicq d'Azyr, etc. Cependant le microscope était intervenu, et il avait montré la dilatation des capillaires dans la congestion. Cette dilatation et le gonflement des parties malades s'accordaient peu avec la théorie des mouvements toniques, et l'on fut bien forcé d'admettre la dila- tation vasculaire et d'en clierclier la cause. — Hunier, Bidiat Tliomasini, .lohn Burns, admelteni cette dilatation, mais ils se réservent de l'attribuer à une activité locale. Pour eux, le sang est appelé, mais n'est pas reçu passivement. - Telle est cette se- conde doctrine de ïactivité de l'inllammation, (pii n'a trouvé d'adversaire que dans des temps très modernes, et qui règne en- core aujourd'hui dans la science, chez nous du moins (nous don- nerons plus lard les raisons sui' lesquelles elle est basée, et nous en examinerons la valeur). Un pas de plus se fit bienint pour s'éloigner de l'idée d'activité inllauunatoiro : Winter, Scliumiansky, Callisen, admirent la dila- tation active de Hunter, ajoutant qu'elle est suivie d'un relâche- ment qui fait céder les vaisseaux à l'afflux du sang (c'est ce (|ue Dezeimeris appelle ropiriion mixte). Vacca formule mieux l'idée de la passivité: il [lense que l'in- flammation produit toujours une débilité absolue ou relative. (Remarquons toutelnis (pj'il y a loin delà à cette idée que l'iu- llauunation naît de la débilité.) Viennent les expérimentateurs. Wilson Philip constate une dilatation des capillaires et l'at- Iribuc à leur faiblcs.se. C'est une piemière concession faili' à la l)F. LA C0MR\CTIL1TK VASCI'LAIHE. 79 doctriiiLMie l;i piissivilr; iiuiis il i'finan|uo missi lV.\:if;éi'alion dos batleiiieiits des artères atïéreiiles, et voit dans ce l'ait un surcroît d'activité de leur part (comme si les artères avaient en elles la force d'expansion diastnlique qui produit le plicnomènedu pouls). Il considère cet excès de force des artères comme destiné à com- penser la faiblesse des capillaires, ce qui lui l'ait conclure que cette l'aiblesse cl la dilatation qui on résulte font obstacle au cours du sang. — On voit (|uoii sonuno, cette tliéorie découle tout enlière de l'idée qu'un effort est nécessaire de la pari des vaisseaux pour la progression du sang à leur intérieur, et la vieille doctrine vient encore imposer ses erreurs à ceux même qui cherchent à s'éclairer direclenioni \nr des faits. Thomson essaya l'action de nombreux agonis sur la contrac- lilité des vaisseaux; il vit que les uns raugmentaient et que les autres la diminuaient; mais depuis qu'il a été observé que les agents de toute sorte font coniracler les vaisseaux à faible dose, et les paralysent si l'iuipression est trop forte, on doit se défier de l'action spécifi(|ue des diverses substances dont le mode d'applica- tion doit avoir à lui seul une influence perturbatrice sur les résul- tats obtenus. — Thomson admet encore ([ue dans les cas de dila- tation des vaisseaux, le cours du sang est retardé et qu'il est accé- léré dans le cas de coniraclion. Il ajoute qu'une loi hydraulique très simple rend compte de ce fait. (iNous avons indi(|ué au com- mencement de ce Mémoire, page 60, comment il fallait entendre ce fait d'hydraulique pour ne pas en tirer dos conclusions erro- nées en physiologie et en palhologie. j Hastings tira de ses expériences les remaniuos suivantes : yé. Au début d'une excitation, il y a resscri'oment des petits vaisseaux, à l'inléiicur desquels le cours du sang est activé. (Nous avons vu connnent il faut comprendre oetle apparence d'acc(;l(''ration, co'i'ncidani avec un ralentissement réel par ra|)|iort à la quantité de sang qui passe.) B. Sous riniluonce de l'excitation prolongée, la conlraotilité s'épuise , les vaisseaux se dilatent, cl le cours du sang se ralentit. Voilà bien l'idée de la passivité formulée ; (piant au ralentisse- ment du sang dans le cas d(! dilatation des vaisseaux, nous appli- 80 J. NAICKY. quons encore ici la eriliqiie que nous avons fuite [ilus Iianl; ilii resie, l'aiileur ajoute lui-même «jue sur la patte d'une grenouille, la dilatation par la chaleur fut accompagnée d'accélération du cours du sang.) C. Si le stimulus est très irritant, la débilité arrive souvent comme premier phénomène. D. Dans les cas où des vaisseaux ont été dilatés, un autre sti- mulant peut leur rendre la contractilité. (Les autres remarques de Hastings n'ont plus la même importance pour notre sujet.) Paget (1) donne le résultat d'expériences laites par lui sur les ailes des chauves- souris; il a vu dans ces cas : 1" Que les vaisseaux sur lesquels on frotte une aiguille se con- tractent sous cette iniluence et se dilatent ensiiile fl'auteur ne tranche pas la question de savoir si cette dilatation est active ou passive); puis ils deviennent r('fraclaires à de nouvelles excita- tions traumatiques. 2° Que lors(iue les vaisseaux sont ainsi dilatés, un nouvel agent peut les faire contracter de nouveau. 3° La contraction des vaisseaux s'accompagne toujours de ra- lentissement du cours du sang. Au contraire, dans la dilatation, le cours du sang devient jjIus rapide. i° Sous l'intluence d'autres agents excitants localisés (teinture de capsicum) , il y a une dilatation qui semble primitive ; cette dilatation s'irradie à tout un espace inicrmétacarpien, et (juelque- ibis passe aux espaces voisins. 5° L'auteur considère cet état de dilatation vasculaire comme intermédiaire à l'état de sanlé et à la maladie (inllauMnalion); l'arrêt dans le cours du sang est la transition. Dans la cautéri- sation avec une aiguille rougie, il y a d'abord contraction des vaisseaux, puis dilatation; le point le plus lésé est ensuite le siège d'une stase sans que le sang se coagule. Les idées sur rinllaminalion renfermées dans ces dernières lignes sont à peu près ccll(!s qu'on trouve dans Kaltcnbriinucr, à part la coagulation que celui-ci admet pour expliquer les stases. (1) London Médical Gazette, 1850, t. XLVI, p. 965. DE LA cu.NïiiACTiLm; V vsci I. um,. iSl Comme les travaux de Pajicl, |nil)lii.'s eu 1850, soûl considérés [lar la plupart de ceux qui ont étudié le sujet depuis cette épo(|iie, comme le dernier mot de la science sur la nature des symptômes initiaux de rintUunmation, nous arrêtons ici l'exposé des doctrines sur cette affection. — Nous allons reprendre eu (|uelques mots ht vieille diseussion sur Vaclivité et l;i passivilé de rinllaiiHualion, et nous allons voir si la doclrine de Vaclivité (\\n a triomphé jadis, et qui est aujourd'hui classi(|ue, peut encore tenir devant les expé- riences physiologiques modernes. Palmer, dans ses notes sur J. Hunier (1), indique les considé- rations sur lesquelles cet auteur se hasait pour conchue à Yaclivilé inflammaluire. Hunter considère l'inflammatioii comme une exa- gération des forces naturelles et une accélération circulatoire. — Reu)arquons que le mot force, emplo\é par Hunter, est une de ces créations ilc l'esprit, comme on en trouve dans la physiologie toutes les fois qu'elle cherche à se payer de mois, n'osant faire l'aveu de l'impuissance des connaissances actuelles pour expliquer un l'ail. Outre que celle force n'ex|jli(iue rien, elle ne peut se définir. Où la l'era-l-on résider, si l'on veut la loi'aliser dans la jtartie cidlauimée? Si on la place dans les vaisseaux, ce sei'a une /"orce (/e (/(7ato(io?i.' Non-scidemenI cette force ne saurait se comprendre et serait sans analogue dans l'économie, mais elle est inutile, etijuand la dimiiuiliou de la eoniraclion nous suftit pour expliquer la dilatation des vaisseaux, pourquoi inveider autre chosi? Si la lorce huntéricnne réside dans le sang, elle ne peut être que l'impulsion cardiaque, alors elle n'a plus rien de local, et le tissu i-nllamuK'ne |ieut avoir en lui-mèn)e qnc faiblesse ou passivité. — Il doit sembler étrange que la doclrine de l'activité inllanmiatoire ail été di'fcndue par le grand chirurgien anglais, (|ui avait piduvi:, coiilraircmenl aux idées admises avant lui , (pie l'inilammiiliun n'est poiid un travail ré'piualem-, mais scnicnicnl unai'cideni dans la cicatrisation des plaies. l,a réunion par prciniric iiilenlion est (I) J. Hunier, Trailrdusauyetdel'inllammalioit. i' série. ZoOL. T. IX. [Caliier n» 2 ) - 6 82 , J. NAKEY. un travail tout spécial poiir.l. Fliinler, c( rinilaiiiiiialinii ne l'ail (|iie l'entraver. S nous prenons une à une les [)ropositionssin'lesf|nclles Hunier s'appuie pour baser sa doclrine de ï inflammation active (1), nous voyons (preiles ne peuvent plus soiilenir on examen sérieux. Dans les premiers argunienls, l'auteur dit sous dilTérenles formes, ipie l'augmentalion de la quantité de sangwpii eiirMle dans une partie ne peut tenir qu'à une activité de cette partie (nons avons dit comment el pomquoi il nous semble inqiossible qu'une activité locale appelle plus de sang dans les tissus). Plus loin, Huntcr donne la raison snivanle : L'inflammation est produite par les excitants (\u\ activent la circulation ; elle est gué- rie par les débilitants. — Il y a là un cercle vicieux manifeste ; car, pour nons, les e.xcilanls de Huntcr vont devenir des débili- tants, et réciproquement; ses débilitants ne sont antre que lesexei- lants de la contractilité vaseulaire. L'auleiu' se départit ensuite de ses proiires opinions sur l'in- llanuuatiou, et l'appelle wn travail réparatevr. Il termine par cet ariiument, ipi'on regrette de trouver dans son livre, (pii est on elief-d'oMivre : « Les fonctions de la partie entlammée étant quel- » (piefois supprimées, prouvent ipie tonte l'activité se concentre » vers le travail réparateur. '. Nous espérons que l'idée du trans- port d'une force imaginaire, d'une fonction physiologique à un état pathologique, n'a plus besoin d'être combattue de ims jours, et qne les plus fervents défenseurs de Vactivité récuseraient cet argiuuent. Théorie de la passivité des congestions (2). — Applications à la physiologie et à la pathologie. Si l'on r(M_^nnnait que la doctrine ancienne est inacceptable aujoiu-d'luii, il faut tenter de lui eu substituer luie autre qui, basée sur des faits d'expérience, soit aussi simple et aussi satisfaisante ipu' possible. (1) Notes de Palmer, toc. cil. (2) It reste convenu que nous ne nous occupons que de la congestion avec augnienlatinn de ta ciiTulalinn et de la clialeuc. DE LA CONTRACTlLnii VASCll-AHili. 83 D'abord les coniicslioiis n'étunl fine des modilîcalions dans l'élat circulatoire, nous devons les pouvoir cxplifiuer par des aïo- difioations tles forces préexistantes dans le système circulatoire. La contraclilité suHit à elle toute seule pour remplacer les dif- l'ércntcs forces admises autrefois; en clfel, quand elle agit au cœur, elle produit la tension sanguine, cause de la dilatation pour les vaisseaux, et quand elle s'exerce dans les vaisseaux, elle lutte contre la tension elle-même, et en tempère les effets. — Laug- mentalion ou la dimimition de la contraclilité dans l'un ou l'autre de ces deux sièges suffit pour expliquer tous les étals circulatoires possibles. Cette sn|ipression de forces vitales inutiles n'est pas seulement une siniplilication pour l'élude, c'est ini progrès vers la vérité, en vertu de ce grand principe de logique scienliilqne, ([uil 7ie faut pas multiplier sans nécessité les êtres déraison. Voyons comment les pliénomènes patbologiques se produisent au moyen de cette fonction unicpie. Avant tout, nous rappellerons que tout état circulatoire anormal généralisé dans tonte l'économie peut, si on le considère comme une rnpuire de l'éipiilibre entre la coiilraction du cœur et celle des vaisseaux, dépendre du cœur ou d'un trouble général de l'innervation vasculairt;. .Alais dans le cas où le trouble circulatoire est localisé, il doit tenir le plus sou- vent (Ij à un changement dans l'innervation locale, c'est-à-diie dans celle des vaisseaux dilatés on resserrés. Nous ne nous occuperons \d que des troubb.'s de la conlrac- lion qui appailient aux vaisseaux. Ces ii'oubles ne sont pas lou- joiu's limité'sdans leiu' siège, la eoulraeliliU' pouvant changer dans tons les vaisseaux du corps. L'atonie ^éne'rrt/e des vaisseaux conslilue la fièvre (2). La con- traction générale produit le froid cl la pâleur, c'esl-à-dire Val- gidilé. [\\ Nous avons indiqué, p. 66, des perUirbiilioiis locales de lii circulalioc dépendant du cœur. (2) Nous démontrerons ailleurs que dans la i'w.sre. la ililalalioii des vaisseau est le phénomène principal, la fréquence du pouls ii élanl que secondajre. Preuves de la passivité des congestions morbides. A. Preuves tirées de l'ordre de succession de 1 algidité el de la chaleur dans les maladies. Toutes les fois fjue ces deux sorles tle pliénomènes se suceèclent dans une maladie, ils se Iroiivent dans l'ordre où nous les avons vus dans les expériences iiliysiologi(Hies ei-dessiis : e'esl-à-dire eonlrarlion vaseiilaire d'ahord, puis dilalalion, absolument eoniirie si la dilataliim vascidaire ri'sidlail de l'cituiseinenl de la eonlrae- lilité (|iiand eelle-ci s'esl trop exercée. Exemples : 1° Dans le choléra, la première période est algide, la seconde fébrile avec chaleur (c'est cette seconde période qu'on appelle période de réaction, et (|ui, pour nous, sera produite par l'épuisement de la coiitractilité des vaisseau.N). •i° Dans la syncope, la première période, algide, est suivie d'un élal fébrile, en vertu de la même loi. 3° Dans les inflammations localisées, Hartings dit avoir vu, comme premier symptôme, le refroidissement el la pâleur des par- ties, la période de elialeur locale n'arrivant qu'ensuite. ^1° Dans les fièvres inlermitlenles , dont le sladc de froid passe pour n'être (ju'unc sensation subjcclive, il est à remarquer qu'il précède toujours le stade de chaleur. Cet ordre de suecession est une des lois immuables de la pallio- logie; du reste, elle se comprend très bien dans la Ibi-orie que nous soutenons. Le contraire serait aussi inadmissible (]ue si l'on voulait que la fatigue pi'it (|uelqtiefois [irécéder l'exercice musculaire. B. Preuves de la passivité dans les cas où la dilatation des vaisseaux est primitive. Ilcsl des cas où un l'dal iV'bfilcavec elialeur se développe coniine premier phiMioiuciic; alors, d'aiirès noire Ihéoiie, il l'aul ipie la débilité de l'innervation vasctdairc existe pour amener la lièvre. Bien des circonslanees amènent celte débililé, et à sa suite l'état fébrile : ainsi les fatigues de toute nature, les efforts musculaires Di; LA COMIIACTILITÉ VASCLLMRK. o5 prolongés, les veilles, une émotion lorle , une {louloiir vue, i^ii un mol loiil vo qn'dn a :i|ii)ei(' îles (htIin (l'inlliix iici'M'iin, est suivi de diniinnlioii de i;i eoninieliiilé vuseuhiire, c'est-A-dire de lièvre avec cludenr. Ine preuve que, dans les cas de fièvre, il y a débilité de l'innervation, c'est (|ne, si l'on passe l'ongle sur les té- guments, comme pour prndiiii'e les phénomènes de coutractilité décrits page68. comme effetsdu traumatisme, onoblient tout de suite une lignerouge, sur laquelle M. Trousseau a attiré l'attention dans le cas de méningite. Cette ligne rouge, que le savant firofesseur appelle tache cérébrale^ ne doit pas être attribuée exclusivement à la méningite ; elle doit être attribuée à l'état fébrile en général, et surtout chez les enfants. Nous avons suffisamment expli(iué plus haut comment ce phénomène doit constituer une excellente preuve de la débilité des vaisseaux. C. Preuves de la passivité tirées del.i nature de» causes de l'inflammation. Dans les cas d'expérimentations physiologiques, où nous avons vu l'excès d'un excitant amener la congestion, il n'y avait là d'autre différence, avec la congestion du début de rintlammation, que celle qui tenait au degré d'intensité de la cause. Si l'excitation produite par le traïunalisiiie, le froid, etc., eût amené im épuisement plus complet de rinnervalioii des vaisseaux, au lieu d'une congestion passagère, on en eût eu une plus durable, ou même ipii fût allée jusfpi'à l'inflammation. Enfin, il est (tes cas où la congestion arrive de la même manière qu'un mouvement réflexe, sous l'inlluence d'une excitation quelquefois très éloignée. Ainsi ime névralgie spontanément survenue s'accompagne souvent de congestion au point douloureux. La circulation s'active dans une glande ipii va sécréter, et cela sous riniluence d'excitations physiologiques, ilnnl le .siège est plus ou moins éloigni'. Kst-il besoin, I r expliquer ces faits, de créer une force de dilatation (pji agissait d'une manière réflexe, tout à fait comme la contraclilité nnisculaire sous l'influence des excitants? Il est tout au.ssi facile de (!onccvoir que l'excitation centripète aille tarir dans les centres la force de contraclilité vasculaire, et cela donnera 86 J. IHARIiï. une explication tout aussi naturelle des laits (jue ,jc viens d'in- diquer. Des avantages de ta ctoi-triiie de ta passivité des inflammations. Les discussions qui i>récèdent ne sont pas une vaine querelle de mots; la doctrine de la passivité nous fait envisager les |)héno- mènes de l'inlkuninalion sous un point de vue tout nouveau, et nous donne la clef de bien des itiits qui, dans la théorie de l'acli- vilé, étaient inexplicaliles. Si nous admettons ipie l'atonie du système vasculaire lui enlève la seule force vitale qui lui permette de régler la quantité de sang qui le traverse, et de s'opposer à une distension considérable par l'effet de la tension sanguine, nous devons conclure ijue la con- tractilité une fois détruite, les influences pliysiques vont régner en souveraines sur le cours du sang ; alors les vaisseaux dilatés, en raison de la tension intérieure, céderont davantage, quand cette tension sera accrue par les inllucnccs oussé et distend les vaisseaux, toutes les fois (]u'il n'y a pas une résistance physique m: Lv ciiMiiAciiLirii vvsci i.mi!i;. 87 qui s\i|i|iosr l'i suii iillUix. !.oi'si|U(' la coiilractililc; est iiisullisaiile pour lutter ooutre la tension, il reste eneore d'aulres intlueuees pour la conlrebalaueer ; ce sera cuire autres la pression qu'exer- cent les parties environnantes. Oi' celte pression va toujours crois- sant de la périphérie au centre des organes. Dans un membre, par exemple, les parties sous-cutanées ne sont comprimées que par l'élasticité lie la peau; plus profondément, les tissus sont soinnis à la compression des couches aponévrotiques ; plus profondément encore, à ces deux (pauses de pression s'ajoutera celle qu'exerce le système musculaire ; de telle sorte que, lors(|u'iui loyer |ililef;mo- neux occupe l'intérieur d'un membre, le point où la pression exté- rieure est le moins forte, celui jiar conséquent où la tension san- guine pourra le |)lus facilement dilater les vaisseaux, sera précisé- ment celui qui est le plus ]irés de la s'ulace cutanée. La même cause explique aussi comment des corps étrangers, des halli'.s par exemple, cheminant dans nos tissus, ne produisent d'inllammalions (pie lorsqu'elles arrivent vers la surface extérieiu'e, c'cst-à-du'e au moment où la tension smiguine n'est plus contre- balancée par la pression de r\ombreuses couches superposées. L'élrani^lenienl iiillannnaloire trouve éiialemenl une inteipréla- tion facile avec la tliéoi'ie (pie nous piTijiosons. Le siège du plus grand obstacle au cours du sang étant dans les vaisseaux capil- laires, comme nous l'avons dit (1), il s'ensuit que le sang des ar- tères acquiert une tension bien supérieure à celle du sangxeincux; aussi, quand la force contractile des vaisseaux enflammés aura disparu, les ai'tères se dilateront avec une force d'expansion très considérable relativement à celle des veines ; alors, si les parties enflainmécs sont confinées dans un espace limité par des plans résistants, l'ainiiliation des art("'res nepuurra avoir lieu sans com- pression des veines, qui cesseront d'être perméables. Le sang artt- rie! se sera donc fermé à lui-même la voie du retour, ce qui amène bientôt la mortification des tissus. Il n'est pas jiisipi'à la Icudancedescongesiioiisà la n'soliilion qui ne s'explique dans celle Ihém'ic, car nous avons admis, comme (1) Mcmuire tur l'iitlbuinco de i'claaticilé artérielle. "° J. MtRIiT. caraclère do hi coutniclilité vnsciilaire, l'accoutumance aux excila- fions, t\u\ uni qu'au Ixiiitd'uu rerinin temps Hnuervalion des vais- seaux s'est, accrue, et que les vaisseaux cessent de se dilater sous la même inflMence, qui d'abord était trop forte pour eux. Noms terminons ici les conclusions pratiques de notre Mémoire; dans d'autres articles, nous reviendrons sur chacun des points qu'd rent'enne, pour donner plus d'explications et lever les doutes qui pourraient rester siu- les faits indiqués ici. Quant à la nature d(^s effets secondaires de l'intlammalion, nous ne l'abordons point aujourd'luii ; cette étude exige des recherches d'un autre ordre aux(|uellcs nous espérons plus tard nous livrer, en suivant autant que possible la marche expérimentale. RAPPORT SliR CN TRAVAIL DE M. HESSE, BEL4TIF AUX MÉTAMORPHOSES DES ANCÉES ET DES CALICES. FAIT A L'ACADÉMIE DES SCIENCES, I.E 28 JTIN 1838, Par M. MIL^VE ERWARDS. Lorsque los n;iliir;ilisles Iroiivi'iit un niiininl qui, par sou mode de coul'oi'inaliou, dilïère notableineiU de tous les auiinaux eouuus, et que les earaetères qui lui sont propres paraissent être de même valeur ijue ceux à l'aide desquels on distingue entre elles des espèces voisines, ils ont tout lieu de penser que cet être appar- tient à une espèce nouvelle pour la science, et ils peuvent légitime- ment l'inscrire dans nos catalogues zoologiques sous un nom propre, soit comme membre d'un genre déjà admis, soit même comme représentant d'un genre nouveau, si les particularités or- ganiques qui s'y remarquent semblent être d'une importance considérable. Mais en procédant ainsi, on est parfois exposé à conunettre des erreurs graves ; en etïet, il arrive souvent (pi'un animal en naissant n'a pas le mode de constitution qu'il aura à l'état parfait, et si l'analogie ne conduit |)as à faire soupçonner l'existence des métamorpboses qu'il subit, ou |ieul facilement méconnuitre l'identité spécifique de la larve et de l'adulte, et con- sidérer comme deux espèces des individus (|ui, en réalité, ne diffèrent que par l'âge. Pour reconnaître les erreurs de cette nature, il est nécessaire de suivre le développement de l'animal depuis sa sortie de l'o'uf jusqu'au moment où il devient apte à se repro- duire, et quelquefois même d'être témoin de son mode de multi- plication ; mais pour les espèces qui liabitent les profondeurs de la mer, cette é-tude [lersévérante est en général fort difficile à faire, et n'a pu être tentée que dans un petit nombre de cas. Ce|icndanl, en suivant cette voie, on est déjà arrivé à des résultats importants, et c'est de la sorte que les progrès de la science, tout eu amenant chaque jour l'inscription de noms nouveaux dans nos tableaux de classifiraliou, out cuuduit à faire dis|iarailrc de ces listes plus d'une espèce indûment l'iablic. 90 niLKE EumARDs. — rapport sur un travail L;i dusse des Cnislacés ;i déjà donné lieu à plusieurs lél'ornies de ce genre, et les erreurs dont on a fait ainsi justice ne pou- vaient guère s'éviter, à raison de la dil'ficidté que la plupart des zoologistes devaient rencontrer quand ils essayaient de suivre le dévcloppementde ces animaux. En elïet, lorsqu'un ancien membre de cette Académie. Bosc, découvrit en haute mer le petit Crustacé dont il a formé le genre Zoé, rien ne pouvait lui faire deviner que les Cralips de nos cotes suhissaienl dans le jeune âge des niéta- morplioses comparables à celles du Têtard i|ui se (;liangc en Gre- nouille, et que le petit animal tombé entre ses mains ('lait la la larve d'un de ces grands (Crustacés décapodes. Mais lorsque Thompson, naturaliste qui résidait sur la côte de l'Irlande, eut l'heureuse idée d'élever (piclipies-uns de ces jeiuics animaux à l'état captif, et que, dans cette vue, il fit éclore dans des vases remplis d'eau de mer les œufs pondus par des Crabes , il reconnut aussitôt que les Zoés de Bosc ne constituent pas une espèce dis- tincte, et ne sont autre chose (pie des larves de quelques-uns de nos Crustacés décapodes. Thompson a constaté ensuite que les Cirri|)èdes, au lieu d'être des Mollusques, comme l'avait pensé Ciivier, sont des Crustacés qui n'offrent rien d'anormal dans le jeune âge, mais qui deviennent [)res(pie méconnaissables par suite des métamorphoses (pi'ils subissent. MM. Nordmann et Van Bcne- den sont arrivés à des résidtats analogues relativement aux Lcr- nées et à quelipies autres Ci'uslacés parasites. Enlin tout dei-nière- ment, un des membres de cette commission, M. Coste, et M. Gerbe, son préparateur, en voyant éclore de jeunes Langoustes, ont reconnu que ces Crustacés sont également sujets à des métamor- phoses, et qu'à la sortie de l'œuf ils ne diffèrent pas des ani- maux décrits précédemment [lar F.cach sous le nom générique ûePliyllosomes (1). .l'ajouterai que, bien probablement, les genres Mégalops, .Mime et Érichthe de l.each TS), ainsi que le genre (1 ) Voyez Note sur la larve des Langouatcs, par M. Coste [Comptes rendus des séances de l'Académie, 22 mars ) 858, l. XLVI, p. 547), (2) .le suis porté à croire que les Alimes et les Ericlilhes sont des larves de Squdies ; cela expliquerait les variations quej'ai rencontrées dans l'état des bran- cliies encore rudimentaires de ces petits Stomapodes. .M. E. RELATIF AUX MÉTAMORPHOSES DES ANCÉES ET DES CALICES. 91 désigné il y a trenle ans par le lapporlcur sous le noin de Cuma, ne se composent que de larves de divers Crusiacés décapodes, dont les métamorphoses n'ont pas été constatées jusipi'ici. C'est un résultat analogue auquel M. Hesse, naturaliste à Brest, est arrivé en étudiant avec soin et persévérance certains petits Crustacés de l'ordre des Isopodes, découverts par .Monlagu vers le commencement du siècle actuel, et classés par Leacii dans dea\ genres séparés, sous les noms de Pranizes et d'Ancées (1 1. Jus- qu'ici aucun zoologiste n'avait eu l'occasion d'étudier ces animaux à l'étal vivant: on n'en avait recueilli qu'un petit nombre, et l'on ne coimaissait même que très imiiarfaitemenl leur structure exté- rieure. M. Hesse a proiité habilement des conditions favorables où il se trouve filacé, pom' combler en grande jiartie cette lacune dans l'iii.^toire naturelle des Crustacés de nos côtes. Ayant trouvé sur les nageoires des Trigles et de quelques autres Poissons un certain nombre de Pranizes, il conserva ces petits animaux à l'état vivant dans une quantité ('onvenable d'eau de mer, et lut ainsi témoin des métamorphoses (|u'ils subissent. Eiïectivement il les vit, après quelques jours de captivité, se transformer en Ancées. Enfin, dans une autre série d'expériences, M. Hesse a suivi le développement desœuts pondus par des Ancées, et en a vu éclorcdes Pranizes. Le fait de l'identité spécilique des Pranizes et des Ancées nous paraît donc [larrailemenl établi. Les Pranizes sont des Ancées à l'état de larves, tout comme le Têtard est le jeune de la Grenouille, et le Ver à soie le premier état du Boudjyx du mûrier. Or les Pra- nizes et les Ancées, quoique rangés dans une même famille naturelle par le rapjtorteur, ont des formes si dilférenles, que ce dernier avait cru devoir en former deux tribus distinctes. La découverte de .M. Hesse change donc complètement les idées généralement re(;ues touchant ce point de l'histoire des Crusiacés. On trouve également dans le Mémoire de M. Hesse d'autres observations intéressantes sur la physiologie des Ancées, et plus particulièrement sur les circonstances qui influent sur leur apti- tude à se mi'liiniorphoser et à se reproduire. L'auteurde ce travail (1 ) Pour les formes générales de ces pelits Crustacés, on peut consulter les figures que j'en ai données dans l'Atlas de la grande édition du Règne animal de Cuvier (Cicstacïs, pi. 6%, lig. i et 5). 92 MiMVi-: EDW«nn.s. — r.u'PortT, etc. inléressant ;i cliulié aussi avec beaucoup de soin les (■araetères exlérieurs de plusieurs espèces d'Aiicées taul à l'élal de larves f|irà l'élal adulte. Sou Mémoire esl accompagné de uombreux dessins bien exécutés, et la publication en serait fort désirable Dans un second Mémoire adressé à l'Académie le 31 mai der- nier, M. Hesse rend compte de ses observations sur le développe- ment et les métamorpboses de quelques autres Crustacés parasites appartenant à la laniille des (]aligiens et à celle des Lerni'es. [>es ré- sultats auxquels il est arrivé s'accordent très bien avec ceux obte- nus précédemment par M. Nordmann et M. Van Benedcn sur d'autres animaux du même groupe, et y ajoutent beaucoup. Il a suivi plus loin qu'on ne l'avait l'ait jusqu'ici le développement des larves, et il est arrivé ainsi à la connaissance de plusieurs faits importants. Par exemple, il a constaté que, dans lejcune âge, ces petits animaux se fixent aux corps étrangers à l'aide d'im prolon- gement frontal filiforme, organe qui a beaucoup d'analogie avec le pédoncule des jeunes Anatifes, et cette ressemblance vient à l'appui du rapprochement que tous les entomologistes actuels ont été con- duits à admettre entre les Cirripèdes et les Enlomosiracés. Nous n'entrerons pas dans plus de détails relatifs aux recher- ches de j\l. liesse, car les résultats (|uc nous venons d'exposer brièvement nous paraissent devoir suffir pour caractériser le tra- vail soumis à notre examen, et iiour en faire apprécier le mérite. Mais pour mieux constater toute l'importance (]ue nous y attachons, nous demanderons à l'Académie de vouloir bien accorder à M. Hesse un témoignage éclatant d'estime en ordonnant l'impres- sion de son travail dans le Recueil des Mémoires des savants étran- gers. Comme la publication complète du travail de M. Hesse dans le Recueil de VAcadémienv pourra avoir lieu (pi'à une t'[ioquc assez éloignée, nous croyons être agréable aux carciuologistes en joi- gnant au Ra|iport précédent quelijues extraits des deux Mémoires de ce naturaliste R- MKMOIRE SUR LES PRAMZES ET LES ANCÉES, Par m. E. HEStSE. (Exlrnil. ) Placé à deux pas de lu rade de Brest, ruue des plus belles du monde; exempte de l'agitation et des tempêtes de l'Océan, dont elle est séparée par un étroit passage; trop vaste pour être un lac salé, trop petite pour former une mer intérieure; alinienlée par de nombreux affluents qui, sans troubler la piueté remarquable de ses eaux, en modifient la salure et varient ses produelions, telles sont les conditions favorables dans lesquelles je me trouve pour donner suite aux observations que je poursuis depuis plu- sieurs années. Séduit par les avantages exceptionnels de celte position, et en- traîné jiar l'admiration quexeile la contemplation d'objets aussi nombreux et aussi variés, j'ai essayé d'en retracer l'image par des dessins exécutés avec le [iliis de fidélité possible; et j'ai cberché, à l'aide d'observations patientes et suivies avec soin, à compléter par des descriptions ce que n'avait pu rendre le pinceau. § I". — Observations préliminaires relatives à la constatation de l'identité des Pranizes et des Ancées. Le Mémoire que j'ai l'bonneur de soumeltre à l'Académie a pour obiet de démontrer, tiinsi que je le lui ai t'ait connaître par ma communication du '26 novembre 1855, que c'est à tort que, jus- qu'à ce jour, on a créé deux tribus pour les Crustacés désignés sous les noms de Pranizesci à' Ancées, les premières n'étant que des.Vncées à l'ctal de larves; en d'aulics leimes, des Jncéesqui n ont pas encore subi leur dernière transformation. Voici dans quelles circonstances j ai été à même de constater l'erreur que je signale : Le 29 août 1852, je recueillis sur ini Trijla iiirundo une Pra- 9ll K. HESSE. nize que, selon mon habitude, je m'empressai tle peindre, afin d'en conserver les formes et la eoloralion exactes ; el forcé de m'absentcr pour quelques jonrs de mon domicile, je la maintins dans de l'eau de mer, au lieu de la mettre dans de l'alcool, comme je le faisais toujours. Revenu chez moi, mon premier soin fui de visiter ma Pranize; mais quel ne lut pas mon clonnemcnt, lorsque je la trouvai rem- placée par un 7\ncée! Je crus, au premier moment, m'ctre trompé ; car, bien (pie je sache combien sont variables les formes que prennent les Ciiista- cés dans leurs métamorphoses, j'avais peine à croire que les Pra- nizes, qui sont précisément très remarquables par la petitesse de leur tête, pussent, par une transition aussi brusque (pi'inat- tendue, se clianger en Ancée, dont, par opposition, le caractère le plus saillant est d'avoir la tête démesurément grosse et d'un volume qui égale, s'il ne surpasse pas, celui du thorax tout en lier. Cependant le l'ait que je venais d'observer était trop jirécis pour que le doute lui possible; mon dessin, scrupuleusement exécuté, attestait (pi'il ne pouvait y avoir d'erreur. D'un antre côté, le vase, dans lequel je n'avaisplacé (|u'une Pranize, était (larfaitementclos ; aucun autre (j'ustacé n'avait donc pu y |)énétrer, et conséf|uem- ment aussi elle n'avait pu ni être remplacée, ni être dévorée par l'Aucéc qui s'y était substitué. Néanmoins, comme ce fait extraordinaire nK'rilait conlirmalion, je résolus de le vérifier avec le plus grand soin, et dans cette in- tention de conserver dorénavant toutes lesPranizes que je pourrais me procurer. J'eus bienlôt à m'applaudir de cette précaution, carde nouveaux faits, qui se produisirent dans les circonstances suivantes, ne tar- dèrent pas à confirmer la di'couverte (pie j'avais faite. Le '2'.) août 185">, je iccueillis sur un Triglc Perlon {Trigla hirundo) une Pranize, (|ui se transforma en Ancée le 1" septembre de la même anniV; je la conservai vivante jusqu'au IG jan- vier 185o. Le 20 juillet 1853, je trouvai sur les nageoires d une Plie ordi- MÉMOIRES SLR LES PRANI/.KS ET LES ANCÉES. 95 mire (Plalessavulyarisuun'Vrniw/.e qui so trnnsfdrnia en Ancée lo 5 novembiL- suivant. Le 19 août 1855, jo reciuMllis sur le corps (l'un Grondin rouge Trigla pini) trois Pranizes qui se translormèrenl en Ancées le \" seplemlire suivant, et nie donnèrent deux mâles et une femelle. Le 21 septembre 1856, je pris sur un Triple Perlon Trigla liirundo plusieurs Pranizes qui se transformèrent en Ancées le 8 octobre suivant. Le 10 juin 1857, j'ai trouvé sous les pierres, au bord de la mer, dans un endroit un peu vaseux, un grand nombre de Pranizes mêlées à des Ancées mâles et femelles. Toutes les Pranizes se clum- gèrent, au bout de quelques jours, en Ancées mâles et femelles, de sorte qu'il ne resta plus ([uedes Ancées. Enfin, le 29 août 1857, j'ai trouvé dans la bouche d'une gro.sse Vieille [Lahrus Bergylla) vingt et une Pranizes qui se sont transformées en Ancées mâles et femelles, â compter du (3 septembre suivant. Par suite de ce qui précède;, je crois les faits suffisamment établis pour que l'on puisse en conclure qu'il y a lieu de ne conserviM-, pour désigner- les Crustacés antérieurement décrits sous les noms de Pranizes et (\' Ancées, que cette dernière dénomination, d'au- tant que, dans cet état, ces Crustacés se multiplient; ce qui prouve qu'ils ont subi leur dernière transfoiinalion , attendu que les adultes jouis.sent seuls du privilège de reproduiie leur espèce. § II. — De certaines parlicularilés coDcerDaDt les Ancées. De tous les Crustacés qui peuplent nos côtes, il n'en est certai- nement pas qui soient plus dignes de fixer raticntion des nalura- lislcs que les Pranizes, ou mieux les Ancées, tant par l'éclat et la variété de leur coloration (|uc par la li'gcrelé et l'éli-gancede leur forme, et l'étrangeté ilc leur manière de vivre; pour le moment, je me bornerai â ne parbr ipiedcs transfoiniations (pi'ils subissent depuis leur sortie de l'ojufjusipiâ l'état d'adulte. Lorsque l'on examine superficiellement ces Crustacés encore à ré'talde Pranizes, on est frappé de la ressemblance qu'ils offient avec des insecles de l'ordre des (Coléoptères, et iiarticulièrement du genre (Carabe; mais cette analogie devient cncoie plus frap- % E. IIESiSE. jiiiiile quand, arrives à l'élat d'Aiicéc)^, ils oui subi li'iu' (ii'rnièrc mûlaniorpliose ; car alors le lliorax, divisé en deux portions dis- tincles par un étranglement très prononcé, simule à la partie anté- rieure, une sorte de corselet ; des mandibules très développées en manière de pinces rap(iellent celles des Scaiitcs et des Jlanticores, ou même des Lamellicornes; enfin, chose extrêmement curieuse, ces appendices, si e.xubéranis dans les mâles de ces insectes, comme dans les mâles de nos Crustacés, manquent aussi chez les femelles de ceux-ci, particularité qui n'est pas cependant aussi absolue chez les femelles de ces insectes, puisqu'elles ont des pinces comme les mâles ; mais elles les ont comparativement très petites; enfin certaines parties du thorax oITrcnt des apparences d'élytres comme dans les Méloés. Toutes ces ressemblances, je le sais, n'ont aucim caractère sé- rieux ; elles ne sont qu'un jeu de la nature, qui se plait souvent à produire des rapprochements inattendus et bizarres, auxquels on ne saurait attacher aucune importance, au point de vue surtout de l'organisation et de la classification : aussi ne les ai-je signalés qu'en raison de leur singularité, et sans y attacher d'autre intérêt que de faire remarquer ces curieuses particularités. Le nombre considérable de Pranizes que j'ifN'eu à ma disposition m'a permis de faire une étude très approfondie de leurs mo'urs, de leur organisation, et de les suivre dans toutes les phases de leui's transformations ; je vais donc les décrire s'iccessivemeiit dans toutes les modifications qu'elles subissent pour arriver à l'état complet d'Ancées. § m. — Métamorphoses que subissent les Pranizes a leur sortie de l'œuf. A [leine les femelles des Ancées sont-elles parvenues à leiu- dernière métamorphose, que déjà les œufs qu'elles portent se montrent nombreux et entassés dans une large poche mem- braneuse située en dessous du thorax dont ils occupent tonte l'étendue. L'apparition inmiédialc des ceufs, qui coïncide avec le change- ment des femelles en Ancées, présente celle eirconslance digne de remarque, qu'il paraîtrai; (|ue la fécondation aurait lieu lors- que les femelles sont encore à l'étal de Pranizes, et que même IIEMOIIIE Slll LES pramzes et ees wcées. 97 celle dernière translormalioii ne s'opérerait iiu'aprùs i'acconi[i!is- sement de cet acle. Les œvfs suni rclalivcineiU xoliimineiix; leur forme est splié- rique; ils sont reeonvcrls d'iuie peau Iraiisparenic, léi;("'reineiit rugueuse, qui laisse apercevoir un seul vilelliis. I.a dinéo de i'in- eubalion est de vin^f à vini;t-cini| jours cl (picli|nel'ois moins, suivant la saison et le degré tie la Icmpcratiu'c. Dans la première phase, ijui correspond aussi à la première période du développement de l'embryou, la masse de la matière contenue dans 1 o'ul' s'est déjà profondément modifiée ; elle se pré- sente sous forme ovalaire, aplatie, offrant à l'extrémité supérieure du côté de la lèlc un épalement divisé en trois lobes, dont le mé- dian est destiné à former la partie fronlale ; et les ileux latéraux sont les vestiges des yeux ou des antennes, ou peut-être de l'un el de l'autre. Le centre du corps, (jui est composé ilu blaslddcrme, renferme tous les éléments des organes principaux de la circulation, de la digestion et de la locomotion, (pii doivent se dé'vclopper succes- sivement. ÎMilin le prolongement postérieur es! le rudinicnt de l'abdomen qui commence déjà à s'ébaucher. Ces diverses parhes se perfectionnent et se com(ilètenl |H'nilanl la duiée de l'incubalion, et les jeunes Ancécs leslcnt tout ce temps fortement crani|)onnés à leui' mère, et protégés par des lames liioraeiques qui les recouvrent jusqu'au moment où, étant as.sez foris poiu' chercher leur nourriture, ils l'abandonnent. A cette époque, les jeunes Ancécs, connue tous les Crustacés naissants, ont la lêle et les membres lelativement très gros; celle-<'i est triangulaire, et fixée par la base au cou, qui présente une articulation bien caractérisée; elle est bombée en dessus et aplatie vu dessous; le rostre qui forme le souunet du iriangie est n.'courbi' eu dessous. Ce rostre prt'scnte, y com|iris un prolongement frontal Iriangu- laii'c (pii consdlidc et recouvre, lnut l'appareil, (piatre pièces doubles symélii(|ucsdont voici la description : 1° Deux grandes mandibules (ilates formant une pinci' dcnli- ciilée aux exliémités ; 4' série. Zool. T. IX. (Caliier n- 2.) '^ 7 98 E. iiEssi-:. 2° Deux a|i|ii'iidict'S slylifoniies, iiiissi (Iciiliciili's ;iif IkhiI ; o° Enfin deux palles-mâchoires operciihiircs ilnnl j';inr:ii occa- sion (le parler plus tard. L'ensenilile de cet appareil est, (?oninio je l'ai déjà dit, ineurvé, afin de donner an besoin la possiliililé an Crustacé de s'accrocher et de se fixer le |)lns solidement possible sur l'objet sur lequel il a inlérêtà seniaiiileuir. Les antennes sont placées sur le front, de chaque eàt('' du rostre. Les antennes internes seconiposenl iJe(|uatre articles pi'incipaux et d'un filet terminal divisé en trois articles : les deux i)rcmiers sont plus petits, et les deux suivants |ilus grands; elles n'attei- gnent généralement (|ue le troisième article des antennes externes. Celles-ci préscnlenl quatre articles, dont le premier est le plus petit et le (piatrième le plus grand; il est suivi d'un filet terminal qui est partagé en sept articles. Les yeux, qui, dans les adultes, sont bien circonscrits, petits, hémisphériques, réticulés et placés à la base des antennes, olïrent dans ces Crustacés naissants l'apparence d'une large tache diffuse, située sur le côté cs deux lames, qui pn'senlent uiuî petite échancrure dans la- quelle s'in.sère un appendice terminal, pal|.iforine, ovale et cilié, s'ouvrent à deux battants, comme celles de l'abdomen des Idotées qui renferment leur appareil respiraloire , avec celle différence toutefois i|ii'clles ne viennent |ias haUre l'une contre l'autre, et ne se rejoignent pas liermé'tiiiuement , mais qu'au coiilraire elles se superposent dans le milieu, eu laissant un intervalle assez grand à la base et au soiumel. 10/t E. hesse:. Ces deux ballants toiinienlsiirun axe ou sur une sorte de cliar- nièrc très apparente (|ui constitue deux saillies liilurquées au bord frontal, et descendent obliquement du sommet à la base de la tète, où elles s'arrondissent, et présentent aussi une lëf^èrc dentelure. Lei pattes-mâchoires de la seconde paire sont composées de trois ou quatre articles plats, arronflis ou squameux, qui diminuent de grandeur en allant de la base au sommet; elles sont dépourvues de palpe et de fouet, et varient selon les espèces. F.orsque les lames operculaires de la première paire des pattes màcboires sont entre- baillées, et que les trois lames membra- neuses dont je vais pai-ler sont abaissées, on aperçoit au fond de la bouche une sorte d'aiipareil dont je n'ai pu me rendre exactement compte ; il y a d'abord à la partie la plus élevée sur la ligne mé- diane, un orilice rond qui peut être un siiçoir, puis en dessous une sorte d'ouverture en croissant, puis un autre orilice rond accom- pagné de petites mâchoires aiguës, et enfin une ouverture verticale entourée de rebords formant une sorte de lèvre. Ces parties de la bouche sont extrêmement dilticiles à aperce- voir; car lorsque ces Crustacés sont morts, l'opacité des téguments empêche de les distinguer au travers, et lorsqu'ils sont vivants, l'agitation continuelle des lames ciliées et l'occlusion des fausses pattes operculaires les dérobent complètement à la vue. Enfin, pour compléter la description de toutes ces parties de la tête, il ne me reste plus qu'à parler des trois appendices lamelleux ciliés qui sont fixés à la base de l'appareil buccal, dont les deuxexiernes sont arrondis, et celui du milieu, ipii est le plus grand, et qui re- couvre les deux autres, a une forme triangulaire. Ces trois lames, (|ui ont des rapports avec les pattes-màchoires lamelleuses des Épicarides, ont pour fondions d'apporter à la bouche, avec l'eau iiu'elles mettent en mouvement par leur agitation continuelle de bas en haut (1 ), les petits objets qui peuvent servn- de nourriture à ces Crustacés, et qui s'introduisent par l'intervalle (1) M. Autloiiin, dans une note mise à un exirail des Recherches faiteXÉES. 105 qui pxisie à lu base des deux pattes-mfidioiros delà première paire, (l'esl 1111 bien eiirieiix speclacle de voir le jeu de ces [lièces lamel- leuses qui l'onetionnent régnlièrement à la manière de l'appareil brancliial, et lonl lelleineiil illusion, que l'on eroiraif, au premier aperçu, que l'on a sons les yeux l'abdomen, au lieu de la tête du Cnistacé. Avant de terminer la description de la tète, je dois appeler l'attention sur une sorte de cupule qui se trouve placée en des- sous, à la base des mandibules. Cette petite cavité, qui est formée par des bords relevés et denticulés, n'a pas de destination que je connaisse. Dans les Ancées, la tête ne se trouve pas, comme dans les Pra- nizes, séparée du thorax par un anneau intermédiaire et plus étroit, l'onuant un co» ; il n'y a pas conséqiiemment attachées à cette partie du corps les deux pattes plus cnurtes que les autres, et armées de fortes griffes, qui existent dans ces premiers Crustacés, et, par suite, ces derniers n'ont i\w dix paltes lh()racif|ues au lieu d'en avoir douze, fait extrêmement curieux. Les deux premiers anneaux du thorax semblent intimement re- liés et soudi'S à la Icte, qu'ils cndtoîtent hermétiquement et dont ils ont la largeur, de sorte (lu'ilsen forment une partie intégrale. Le cou, ou l'élranglemcnt qui sépare ces deux anneaux des autres, vient ensuite, et cette deuxième jjarlie du thorax est généralement plus étroite ipie la tête et que les deux anneaux qui loi sont adjoints. Les articulations dont elle se compose, à l'exception des deux premiers anneaux, sont peu distinctes; elles sont au nom- bre de ti'ois, et ne sont guère indiquées que par des plaques crustacées (\m servent de point d'attache aux pattes, et y garan- tissent le corps dans les endroits les plus saillants et les plus vul- nérables. Vue en dessous, cette partie du thorax (pii suit l'étranglement dont j'ai parlé semble ne former qu'une masse sans aucune divi- sion ap|iarciite. \.'org(me de ta génération est placé à l'extrémité du thorax, au- dessus de l'abdomen; il est très remarquable dans le mâle, en ce 106 K. HESSE. (jn'il au compose d'un pénis lirslony, réfiirvé, l'i Inissanl apiircc- voir un can:il qui le parcoiirl dans toulo sa longueur. Ce pénis est situé sur la ligue médiane du llinrax; il a puurliaso les premières fausses pattes Ijraiicliiales, ci est en nuire [irolésé en dessus par une sorte de cupule l'ormée [larun pli de la |ieau de celle partie du corps. (Jetic cupule parait doslinée à recevoir les lames des fausses pattes branchiales lorsi[u'elles sont relevées sur le lliorax, de sorte •pie, parcelle combinaison, les organes de la génération se tron- veid [larfaitemeut protégés el à l'abri de tout choc. Je n'ai constaté cette coid'ormation exceptionnelle que dans une espèce ; dans les autres, ces organes ne m'ont pas paru aussi apparents, ou du moins ils n'ont pas attiré mon altenlion: il est vrai de dire que c'était au moment de l'accouplement, et que celte circonslance devait naturellement avoir agi sur le développement de celte pai'lie du corps. § VI. — nescriplion des Ancées femelle.'^. Les femelles des Ancées, ipii jusqu'à (?e jour n'ont pas été dé- crites, s'éloignent d'une manière si sensible des foinies du m:\le, qu'il serait im[)Ossible, si l'on n'avait pas, comme cela m'est arrivé, pu suivre loules leurs transformations, de croire qu'elles apparlieiment à la même espèce. En effet, la tête des femelles, au lieu d'être d'une grosseur con- sidérable (>omuie dans les mâles, est au contraire très petite, et elle est en outre dé|iourvue de ces deux grandes lames mobiles qui eonsliluenl des mandibules si remanpiables; enlui le //loraa?, au lieu d'être cylindrique el allongi'', séparé en deux portions i)ar un étranglement, et formé d'ainieaux plus ou moins dislincls, est ovale, aplati sur les bords, luméliéau milieu, et en quelque sorte déformé \\nr la quantité considérable d'œufs qui le rem[)lit. Comme dans le mâle, les antennes, les pattes, ainsi que l'ab- domen, n'offrent aucime parlicularité digne de remarque; ils n'éprouveid aucune modiricaliou dans les diverses transforma- tions (pie subissent ces Crustacés. La tête, vue en dessus, est globuleuse au centre, aplatie sur les MÉMOIRE SLIl Li:S PRANIZES ET LES ANCKES. 107 bords, large A la hase, tron(|uéc au sommet; elle est prolondrTncnl eiicliàssée entre les deux prolongements du premier anneau tlio- ra(i(iue, et immédiatement appuyée sur celle parlie du corps, sans ipiaucunc ai'licidatitin iniciinédiaire simule un cou; des décou- pures sur les bords du Ihorax et des plis plus ou moins manpiés, généralement au nombre de trois, indiquent plutôl qu'ils ne sé- parent celle parlie du corps en Irois anneaux qui |iaraisscul soudés euseudjje. Enfin on aperçoil, au-dessous de ta qualrième paire de paltes tiioraciques, une li.mie |i]us ou moins apparente, (pii dénote la présence d'une autre articulalion, ce qui par conséquent porte- rait à cin(| le nombre de ces anneaux, nombre qui est aussi celui des pâlies. Tout autour du Ihorax règne une très large marge (|ui sert de point d'allache aux paltes, et encadre le milieu du corps ipii, comme je l'ai dit, est exlrcmemenl bombé dans le milieu. Les yeux soni relalivcmeiil assez gros, et placés à la naissance des antennes. La tèle, vue en dessous, présente d'abord deux pattes-màchoires de la première paire, lesquelles prennent naissance au-dessous des yeux, et sonI composées ih (jualre arliclcs 1res larges el d'égale longueur, mais allant en diminuaul de la hase au sommet. Le der- rner article, qui est arrondi au bout, n'est pas terminé par une griffe, mais seulement par des poils. Ces deux [latles, qui se réunis- sent sur la ligne médiane de la tèle, s'appliquent l'une contre l'autre, el s'élèvent verticalement jusqu'à son sommet, qu'elles dépassent légèrement. H!n dessons de ces pattes, on aperçoil la deuxième paire de palles-màclioiics formées également de quatre articles, dont le dernier est le plus élroil ; ces pattes, qui sont, comme les autres, dans une posiliou verticale, closent l'orifice buccal, el comme elles sont |)resqui' toujours rapprochées l'ime de l'aulre, elles m'ont empêché d'étendre mes investigations au delà. La lèle, diMis la iraiisforuialion des l'emelles en Ancées, est la •lernière partie qui subisse celle métamorphose; j'en ai vu dont tout le corps était déjà modifié, que la lèle éîait encore celle des l'ranizes. Le dessous ilu Ihorax est remaniuahle, en ce qu'il est recou- 108 E. iii!$«si':. verl, dans loiile son élendiic, par de larges lames ovalaires qui ]iai'leiitdiibordexlerne|iourveiiirse rejoindre sur la ligne médiane, ctlonner une grande poche incnbatoirc, dans laquelle leso-ul's, et plus lard les petits, sont contenus jusqu'au moment de leur dissé- mination, ainsi que cela a lieu dans plusieurs Crustacés parasites, et notamment ilans les Cymolhoadiens. g VII. — Des mœurs et des habitudes des Ancées. Ainsi que je l'ai déjà dit, la fécondation des Ancées femelles s'accomplit lorsqu'elles sont encore à l'état de Pranizes; aussitôt que cet acte est termine, la transformation en Ancées a lieu, et en même temps apparaissent les œufs. Et comme cela se remarque pour beaucoup d'autres Crustacés, les jeunes Ancées ne quittent pas immédiatement leui' mère: ils se fi.xent sur son thorax, afin d'y terminer leur incubation, et de se préparer à jirendre leur essor; peut-être aussi, et ceci parait jirobable, attendent-ils que la mère les transporte avec elle dans les lieux où ils seront plus à même de |)ourvoir à leur alimentation ; toutefois ils ne restent pas longtemps dans cette position, car, au bout de quchpies jours, on les voit se disperser en tous sens, cl nager avec une grande vé- locité. Après la ponte, les femelles restent pour ainsi diie complète- ment vidées et réduites à letu' involucre légumentaire, à travers lequel cependant , en y regardant avec attention, on aperçoit l'appareil digestif qui contient encore quelques aliments. Mais, dans cet état, elles paraissent dépourvues de toute vilalité; leurs mouvements sont extrêmement lents; enfin elles semblent avoir accompli leur tâche, et même avoir atteint le terme de leur existence: aussi celles que j'ai observées n'ont-elles pas tardé à succoml)er, et je doute que, placées dans un milieu plus conve- nable, et où elles seraient à même de se procurer les aliments né- cessaires, elles puissent reprendre assez de force pour redevenir encore aptes aux fondions de la généralion il). Cette supposition, (|ui n'est du reste appuyée que sur des faits (I) J'ai gardé cependant cinq ou six mois dans cet état des femelles vivantes. MÉMOlIlli Mil LES PRANIZES ET LES ANDÉES. 109 naliirellemeiil siihordoniiés aux circonstances clans lesquelles ils ont été oliservés, présenterait, si elle était exacte, une (lil'férence bien grande entre la cluri'e de l'existcnee des mâles et celle des t'emelles ; puisque j'ai conservé un de eeux-ei vivant deux ans, et encore était-il placé dans des conditions tout à fait défavorables, et (pii ont dû nécessaircnicnl inlluer d'une manière très notable sui- la durée de sa vie. I.a reproduction des Ancées parait avoir lieu toute l'année, sans qu'il y ait une grande interruption, puiscpie l'on rencontre tou- jours les jeunes, d'un âge plus ou moins avancé, mêlés aux adidtes. Ils vivent en famille, et soit qu'on les trouve sur les Poissons ou sur le livage, ils sont généralement réunis en assez grand nombre. (Icfiendant je crois que le moment de fécondation a lieu eu septendire, oclol)re et novembre ; et, cliose bien extraordinaire, c'est que je ne les ai jamais recueillis qu'à l'étatde Pranizes sur les Poissons; et j'ai remanpié (pie, peu de jours après, ils se trans- foi'uiaient eu Ancées, taudis que ceux que je me suis procurés à terre, et qui étaient mêlés à des Ancées, se métamorpliosaient diflicilement, et (piclquel'ois même ne se cbangeaicnt pas du tout : ce qui me c((nduisail à coneliu-e que ce séjour sur les Poissons est indispensable pour (ju'ils parviennent à ce dernier état d'adultes. J'examinerai, du reste, plus tard cette question. Les Pranizes qui vivent sur les Poissons s'y trouvent souvent mêlées à d'autres parasites, tels que des Galiges on des Cbondra- cantbes; et à l'exceplicn d'une seule espèce (pie j'ai trouvée dans la boucbe d'un Crabe , toutes les auli'cs étaienl sur la tête, le corps ou les nageoires des Poissons, et jamais sur les brancbies, bien que ce soit peut-être, comme cela a lieu pour beaueoiqi d'autres Crustacés siu-eurs, le .seul endroit ijui leur convieut pour |)ren(lre leur nourritiu'c, et être en même tcnq)S à l'abri des dangers aux- quels elles sont exposées. Dès que le Poisson sur le(piel elles se trouvent est pris, elles sont dans mie grande .igitalioii, et il faut apporter beaucoup de pri'caulions pour les saisir, car elles se caebeiit dans les rayons des nageoires et les [dis de la peau; elles se laissent tomber, et se dé- robent avec agilité, de soiie (pi'il est très facile de les perdre. 110 E. IIESSE. Les Prauizes que j'ai trouvées sur les Sijuales, fjiii ont, comme on le sait, le eorps lellement couvert de petites écailles serrées, qu'il en est comuic cuirassé, ne[)Ouvaiil probablement entamer un épiJerme aussi coriace, se tenaient près lie la boucbe et des bran- chies de ces Poissons, bien que je ne les y aie jamais rencontrées; mais je dois dire aussi que je ne m'en suis pas suffisamment assuré pour pouvoir l'affirmer (1). Il est à remarquer que ces Crustacés ne se fixent pas sur les Poissons qui nagent avec rapidité; ils cboisissonl de préférence ceux dont les allures sont lentes et les habitudes sédentaires, et qui se tiennent généralement sur les fonds sans s'écarter beaucoup de ces localités : de ce nombre senties Trigles, les Pleuronectes, les Squales, et enfin les Labres. C'est priufMpalemenldans les mois de juillet, août, septembre et octobre, (pi'on les rencoidre sur les Poissons; j'engage donc les personnes qui voudraicid vérifier mes observations à choisir ces époques, et à effectuer leurs recherches au nu ment même où ces Poissons sortent de l'eau, car ([uclques minutes après elles risque- raient de ne rien trouver. Les Pranizes et les Aneées que j'ai recueillis sur le rivage se cachent habituellement sous les plantes marines, et particulière- ment sur les Solenia (jui croissent contre les parois des quais dans les p(n'ts de mer; ou bien ils se réfugient dans les interstices de la maçonnerie ou sous les pierres, qui sont légèrement recouvertes d'un enduit vaseux. A l'état de Pranizes, ces Crustacés ne paraissent pas redouter beaucoup la chaleur, ni la lumière, ni même tro|i souffrir de l'ab- sence de l'élément dans le(|uct ils sont destinés à vivre; car je (1) Les Pranizes ne sont pas les seuls Crustacés qui vivent sur tes Squales, on y trouve un abondance (les l'aiulurus vuhjaris; il est vrai que ceux-ci ont une Irompe très mince et très forte qui pénètre la peau en passant entre les écailles. J'ai également remarqué que ces Crustacés se tenaient plus particuliè- rement lises sur les parties sesuelles de ces Poissons, où la peau est presque nue et bien moins épaisse. Je dois constater aussi que je ne connais pas l'Ancée produit par les Pranizes que j'ai recueillies sur le.s Squales, et qui probable- ment doit être une autre espèce MÉMOIRK Slli Li;S PRAMZES KT LES ANCÉES. 111 li'b ;u l[tHi\<'s, cîicliL's il est vi'iii, sons des i'iii'iis liiiniidcs, mais cxpusi'» ;'i r;ii'lioii (l'un soleil ardciil, cl f|iii inc sciiiblait siillisant |]uur les fairt" pi'rir ; ils attentlaicMit ainsi II- relonr ik' la marée, (jiii ]ionvail, eu t'j;ard à la hauteur où ils se trouvaient sur le rivage, se faire attendi'c trois à (|uatre heures. 11 est, en outre, à remarquer (|u'à l'état de Pranizes, ces Crus- tacés sont iufuiimciit agiles, et courent et nagent avec la plus grande l'acilité; il faut même veiller avec le plus grand soin, si l'on vent les conserver dans des vases , car ces vases i'ussent-ils de verre, les Pranizes trouvent le moyen de monter contre leurs parois et de s'échapper. La nalalion s'ojièi'c à l'aide des fausses i>alles lamelleuses de l'abdomen; elle est ra|iide, et pendant iprelle s'exécute, le Crus- lacé se tient liuiizimlalcment, les |i.illcs l'icndues, comme si! marchait, cl faisant de nombreux circuits, connue le font les (!a- liges, lors(|u'ils veulent saisir les Poissons au passage. A l'état d'Ancées, ces Crustacés sont tout dilïérenls ; ils sont loin d'avoir la même agilité ; ils paraissent redouter beaucoup l'éclat de la liuuière, et cherchent toujours à se cacher ; ils nagent et marchent [jeu, et avec dilliculté; enlîn tout dénote en eux des habitudes sédentaires, f|ui foirnent un contraste frappant avec celles de leur première manière de vivre. Os Crustacés vivent-ils alors constamment à terre, retirés dans des galeries ou de petits terriers qu'ils se sont creus(!S à la manière des Scarites dont ils ont l'apparence, et n'iMi sorlerd-ils que pour chercher leur nourriture ou vaipier à leur re|ir(iduclion ? C'est ce que j'e.vaininerai plus tard. LesAncées que j'ai rencontrés à terre étaient cachés assez profondément sous les pierres, mêlés à des femelles et à des Pranizes de diflerents âges. 11 me parait, du reste, bien diflicile, à i-aison de leui' conformation d(''lii'ate et de leur corps, qui n'est (|u'iuqiarfailement garanti par des rudiments de carapace, qu'ils puissent continuer à vivre sur les Poissons; car, dans ce ras, à quoi serviraient aux mâles leurs formidables man- dibules. Il est, en outre, bon de remanpier que les premières pattes tlioraci(pies, ipii sont aimt'csd'nn ongle fort cl crochu, et ipii se Iniuveul de chaque lôlé de la tète des Pranizes et Ici u' :1 1^ li. iiLSiti:. donnent le moyen de se fixer solidement sur les Poissons, dispa- raissent dansleur Iransfonnalion en Aneées; que, de[)lus, l'appa- reil buccal est devenu lainelleux et bordé de cils, constituant une sorte de système propre à saisir au passage les Infusoires les Mol- lusrpies et les petits Crustacés, comme le font d'autres espèces ravisseuses ; qu'enfin leurs mandibules, qui sont concaves en dessus et relevées par les bouts, et pouvant se croiser l'une sur l'autre à la manière de ciseaux courbes, paraissent avoir une destination spéciale qui peut être merveilleusement uti- lisée comme arme offensive et défensive. Si donc, comme cela paraît probable, ces Crustacés se retirent dans des trous, où leur corps se trouve à l'abri des chocs, ils ont la facilité, en laissant sortir leurs redoutables mandibules , de se défendre contre toute agression du dehors, et de saisir au passage les objets qui leur servent de nourriture (I). J'ai, du reste, pu apprécier l'usage qu'ils eu font, car j'ai vu souvent, parmi ceux que j'avais renfermés dans le même vase, des individus privés de certaines portions de leurs membres qui avaient été coupées net comme avec un instru- ment tranciiant, et j'ai la certitude que ces amputations étaient dues à l'emploi de ces mandibules. Enfin, connue toute cbosc a son importance lorsqu'elle peut conduire à la découvi'rte de la vérité, il n'est pas sans intérêt de constater les modifications remarquables que subissent les yeu.x des Pranizes dans leur transformation en. \ncées. .Vu lieu de rester gros et saillants, d'être placés obliquement des deux côtés de la tète, de manière à embrasser un angle considérable, et de voir en dessus et en dessous, en même temps que de côté, l'œil, dans les .Vncées, devient au contraire extrêmement jictit, et est enfoncé à la base des mandibules, de manière à ne pouvoir apercevoir les (1) M. Destiayes a trouvé, dans la rade de Bone, des Ancées mâles qui vivaient dans des trous pratiqués par des Tarels, dans des bùclies qui avaient séjourné longtemps en mer. ,I'ai remarqué aussi que des .-incécs auxquels j'avais donné des morceaux d'Alcyons et des polypiers pour voir s'ils s'en nourrissaient, s'étaient logés dans ces substances. Enfin, M. Risso dit que ces Crustacés se tiennent constamment dans les régions coralligènes, où ils se cachent dans les interstices des madrépores, qu'ils parcourent avec vélocité. MÉMOIRE SLR LES PRANIZES ET LES AXXÉES. 113 objets que de côlé seulement. Cette modification me semble signi- ficative; et comme il n'y a pas d'effets sans cause, ce changement me paraît approprié à une autre manière de vivre de ces Crustacés, qui serait celle que j'ai indiquée. § VllI. — De la nourriture des Ancées. De quoi vivent les Pranizes !* Quelle est la nourriture des An- cées? Sont-ils sanguivores ou phytophages? Se nourrissent-ils alternativement ou indifféremment de substances animales ou vé- gétales, ou exclusivement des unes ou des autres ? Enfin l'alimen- tation des Pranizes est-elle la même que celle des Ancées ? Telles sont les questions qu'il importe de résoudre, et dont la solution donnerait peut-être aussi l'explication des habitudes extraordinaires de ces Crustacés. Commençons d'abord par les Ancées à l'état de Pranizes. J'ai déjà fait connaître que les Pranizes vivaient à terre dès la sortie de l'reuf, et qu'on les trouvaient cachées ou sous les pierres, ou sous les fucus qui garnissent les parois des quais baignés par la mer ; j'ai cherché avec soin dans ces localités ce qui pouvait servir à leur nourriture, et je n'y ai rencontré que des objets f|uc les égouts de la ville, les apports de la marée, fixent contre ces fucus : des débris de substances animales ou végétales, de très petits in- sectes du genre des Âcarus, des Cœcules, de petits Crustacés, des 3Iollusques et des a:'ufs de l'un et de l'autre. iMais dans toutes ces substiinces y en a-l-il qui leur servent de nourriture? Dans le bul de m'en assurer, j'ai essayé de leur donner les objets quej'ai rencontrésdansles endroits oîijeles avais recueillies; mais je n'ai pas tardé à m'apercevoir que je n'avais trouvé seule- ment, pour quelques-unes, que le moyen de prolonger pendant un certain temps leur existence, sans réussir à obtenir leur transfor- mation. Eu effet, toutes cellesipie j'ai obtenues d'cclosion, et j'en ai eu des quantités considérables, sont mortes un mois, un mois et demi après leur naissance ; les autres que j'ai trouvées à la côte, avant le mois de juillet, août et septembre, ont vécu beaucoup plus longtemps, et j'en ai encore que je conserve depuis un an, sans fjuc j'aie pu obtenir leur transformation, bien qu'elles soient par- l" série. Zooi. T. IX. (Caliier n" 2.) * 8 illl E. UESSE. venues ù tout leur iieeroisseniciit, lanclis i|ue toutes celles que j'ai recueillies sur les Poissons se sont transformées en Ancées peu de jours après leur capture. A quoi peut-on attribuer ccHc singulière exception ? Est-ce au manque de nourriture convenable ou à l'inHucnee de la captivité? ou bien encore ne serait-ce pas l'effet du hasard qui, en ne réunissant que des femelles, lesquelles ne se transforment qu'après leur fécondation, se trouvent dans rim[)OSiibilité de subir cette dernière métamorphose, faute d'avoir pu recevoir le contact du mâle ? D'après ce qui précède, on serait porté à penser qu'une nourri- turc animalisée est indispensable à la transformation des Pranizes, et que c'est par ce motif qu'on les trouve, pendant une certaine partie de leur existence, llxées sur les Poissons; j'ai d'ailleurs remarqué qu'elles donnaient la préférence à ceux qui, par leur nature, sont très visqueux, tels que les Plies, les Trigles et les Labres (les Squales seuls font exception à cette généralité), et il est à croire qu'elles absorbent ce mucilage ; en outre, il est facile de constater l'existence du sang dans leur estomac : et d'ailleurs comment expliquerait-on leur présence sur les Poissons sans ce motif? Ici vient naturellement se placer la question de savoir si ces Crustacés peuvent être rangés parmi les Suceurs, et si la confor- mation de leur bouche peut se prêter à ces fonctions. Voici les observations que j'ai été à même de faire, et qui ne me semblent laisser aucun doute à cet égard. J'ai remarqué que des Pranizes renfermées dans un vase dont j'agitais fortement l'eau s'appliiiuaient très herméti(]uemcnt, afin de ne pas être entraînées, sur un morceau de zoslère, sans que ce- pendant elles se servissent do leurs pattes thoraciques. Lesayantexaminées à l'aide d'une forte loupe et ayant retourne avec précaution la plante sur laquelle elles étaient fixées, et qui est, comme on le sait, rubanée et très mince, il me fut facile d'aperce- voir, au travers de son tissu, que les Pranizes avaient la bouche collée sur cette plante, etqu'elle formait un disque qui exerçait une assez forte succion pour qu'elles y fussent fixées solidement. Or MÉMOIRE SUR LES PRANIZES ET LES .VNCÉES. 115 ce qu'elles praliquaient sur cette plante, elles peuvent le fiiire éga- lement sur les Poissons ; et pour cela voici comme elles opèrent. Après s'être fortement crampoimées au Poisson à l'aide des deux pattes thoraciqucs qui sont des deux côlés de la tctc, et aussi avec l'exlrémilé oncineusedu rostre, elles ouvrent, comme une porte à deux ballants, les deux fausses pattes-mâchoires operculaires qui recouvrent la bouclie; elles appliquent lierméliqueineni la lêle à la partie sur laquelle elles agissent ; ensuite, à l'aide d'oriliccs circu- laires dont j'ai parlé, elles exécutent une forte aspiration, et, au moyen d'appareils masticateurs infimes, elles incisent la peau, et pompent les lluidcs qui sont nécessaires;! leur aliuicntalion. Examinons maintenant si les observations que j'ai faites sur les Pranizes peuvent s'appliquer à ces Crustacés lorsqu'ils sont trans- formés en Ancées. Je commence d'abord par rappeler que je n'ai jamais rencon- tré d'Ancées sur les Poissons; mais que ceux que j'ai obte- nus de Pranizes avaient tous cette origine, à une seule exception près. Je dirai ensuite que les modifications survenues dans l'appa- reil buccal et dans les autres parties du corps, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, excluaient toute probabilité à cet égard, et que les Pranizes que je conservais un certain temps finissaient par périr, tandis qu'un Ancée, auquel je n'ai donné pour toute nourri- ture que des œufs de Doris et un fragment de Spnngodium dicho- tomum a vécu deux ans, se nourrissant probablement de débris de ces subtances, d'Inl'usoires, de petits Mollusques et de petits Crustacés que pouvait contenir l'eau de mer, que je renouvelais de temps en temps dans le vase où je le tenais renfermé; circon- stances (pii tendraient à prouver que, si les Ancées se nourrissent du sang des Poissons, comme les Pranizes, cette alimentation ne leur est pas du moins indispensable comme à celles-ci. § IX. — Classification des Ancées. La place qu'il convient d'assigner aux Ancées dans la classi- fication des (Crustacés a été pour les carciiiologisles l'objet de nombreuses lié.^ n. JACQUART, Ai(le-naluriilisl{> au Muscuin. Si, pour mener n liieii une préparation de névrologic, un scalpel habile suffit, il n'en est pas de nièmelors(|u'il s'agit de l'élude des vaisseaux; il faut, avant de les disséquer, les remplir d'une injec- tion solide (1). .Mais une fois la pièce terminée, la connaissance de leur disposition, comme de tout autre point de l'organisme, doit L'Ire complétée par un dessin. Heureux alors l'analomiste qui sait manier le ci'ayon ! Sniiéiieur au sim[ilc dessinalcui', il glissera sur les accessoires, et mcllra en relief le fait principal. Il n'y a pas de description qui puisse remplacer l'iccMiograpIiie : c'est dans les sciences naturelles la langue la plus élo(iucnle. Quand on se borne à décrire les organes sans les figurer, on est facile à contenter ; la démonsli'ation manque de celle rigueur et de celle ncllclé que lui donne l'image de l'objet décrit. Plus d'une erreur ou d'une inexac- litude eût été évitée en analomie comparée, où les recherches ont presque toujours uii cachet d'originalité, si, pour le système vascu- laire par exemple, on eût d'abord injecté les vaisseaux de l'animal étudié, et si, dans une ligure fidèlement Iracée, on eût consigné les résultats de la dissection. Nous gardions depuis plusieurs années dans de l'eau alcoolisée un jemie Caïmcm à museau de Brochet dont nous avions injecté les (1) Il eslcprtain qu'une injection solide, assez fine, poussée diins les vaisseaux sanguins, csl hiun ulile pour la dissection des nerfs, suitout lorsqu'il s'agit du grand sympathique; mais elle est indispensable pour la dissection des veines et des artères. i' série, ZooL. T. IX. (Cahier n :î.) ' 9 130 U. JACQUART. SYSTÈME VEINEUX vaisseaux sanguins, lorsque nous étions encore dans le laboratoire de M. le professeur Serres, el que nous devions à la bienveillance de M. le docleur Auguste Duméril, alors aide-naturaliste de la cliaire dont il est aujourd'liui titulaire. Dans ces derniers temps, nous fîmes, sur l'invitation de M. le professeur ^lilne Edwards, des recherches sur la distribution des veines rénales de ce reptile, et nous représentâmes leur disposition sur des dessins exécutés à l'aquarelle, et de grandeur naturelle. Nous fûmes assez étonné de trouver des particularités omises ou vaguement indiquées dans les traités généraux d'analomie comparée, et enfin probablement une erreur dans la notice spéciale de Nicolaï ylsis, 1826, p. 408) sur les veines abdominales et rénales du Crocodile (1). Circulalion du sang cliez les Mammifères dans les deux veines caves. Chez l'Homme et chez tous les Mammifères, les veines de la tête, du col, de la i>oitrine et des membres Ihoracifiues, soit direc- tement, soit par l'intermédiaire d'autres vaisseaux du même ordre, vont se rendre dans la veine cave supérieure, ou antérieure, qui va s'ouvrir dans l'oreillette droite. Le sang revient des membres pelviens par la veine iliaque externe et l'interne de chaque côté, qui en se réunissant forment les deux iliacpies primitives, racines principales de la veine cave intérieure. Cette dernière reçoit les veines des reins, des testicules ou des ovaires, des parois de l'abdo- men et du foie, et se termine dans l'oreillette droite. Circulation dans la veine porte. Les vaisseaux sanguins efférentsdu gros intestin et de l'intestin grêle, del'estomac, du pancréas et de la rate, constituent le système particulier de la veine porte. Par uneexception remarquable, lors(]ue les différents rameaux qui constituent ce système se sont réunis en un seul tronc, celui-ci se ramiiic dans le foie à la manière des ar- (!) A la vérité, nous ne les avons pas étudiées sur un individu de même genre que celui de Nicolaï, c'est-à-dire sur le Crocodile proprement dit; mais l'analogie nous porte à penser qu'elles ne diffèrent pas notablement de celles du Caïman à museau de Brochet que nous avons disséqué. rnj CAÏMAN A MVSEAU DE DROCHET. 131 tèrcs, cl se (ci'iiiiiic dans les grarnihitions tle celle glande. Tous les capillaires iilliines de la veine porle se conliniieiil avec les raardcux ouvertures papillaires, sur la paroi supérieure de l'intestin, c'est-à-dire dans un point opposé à celui où existe l'orilice cloaeal de la vessie. Mais des recherches plus récentes, en constatant chimiquement la présence de l'urée dans le liquide contenu dans ce réservoir, ont mis Iiors de doute que c'est bien une vessie ou un organe de dépôt |)our l'urine (1). Nous ne saurions nous empêcher de faire remarquer ici que cette vessie a d'ailleurs la forme et la disposition de l'allanloïde, et ses connexions avec le cloaque. Evidemment le docteur Jacobson, préoccupé du besoin de don- ner à son système vasculaire un appareil spi'cia), s'est mépris sur les fondions de cette ain|ioule membraneuse, qui, pour nous et pour tout le monde, déiiouillée désormais de toute attribution ori- ginale, redevient Iniil simplement une vessie uriiiiiirc. (<) Voye^ John Uavy , Hm- les anjanes urinaires des Grenouilles et des Cni- paudl [Ueseaich. phijsioluyical and aiwlomicul, l. I, p. 100). lâll ~ U. J4CQIJAUT. SYSTÈME VEINEl'X Veines de .lacobson chez les Ophidiens. Dans notre mémoire déjà cité sur la circulation sanguine du Python, nous avons montré que, sur un Serpent de cette es|)ècc, long de 2 mètres 33 cenlimètrcs, les veines de Jacobson, remplies d'une injection solide, n'avaient pas un calibre inférieur à celui de l'artère radiale d'un bommo adulle. C'est un fait que nous avons pu vérifier trois ou qualro lois depuis, sur des Boas ou desPylbons, dont quelques-uns étaient d'une plus grande taille, et les autres n'avaient pas des dimensions inférieures à celles du premier. Les veines de Jacobson naissent de la veine caudale; celle-ci commence sous la queue, grossit dans son trajet par l'addition de chaque coté de branches latérales, pénètre dans la cavité abdomi- nale, se place au-dessous du cloa(iuc, reçoit les veines intercostales réunies en plusieurs veines disposées en manière d'azygos, et se divise en deux branches, qui senties deux veines alTérenfes rénales ou de Jacobson. Ces dernières grossissent parTaddilion successive de rameaux perpendiculaires à leur direction, c'est-à-dire trans- versaux, et qui sont formés de la manière suivante (voy. notre mémoire déjà cité). Do chaque espace intercostal nait une veine, celle de droite, et celle de gauche, qui se jellcnl dans un rameau impair situé sur le rachis cl qui accompagne l'artère correspon- dante. Ce rameau veineux unique, en s'anaslomosant avec ceux qui l'avoisiuent, iiuit par constiluer un tronc qui se détache du mdieu de l'étendue des espaces intercostaux desservis, c'est- à-dire de six à douze espa(^cs et plus. Ces veines azygos,au nombre de dix à douze, dans lesquelles viennent se perdre les veines de la peau, et qui sont les principales racines des veines de Jacobson, naissent allernalivcment sur le côté droit et sur le côté gauche du rachis, et vont aussi tour à tour se rendre dans la veine al'fércnle rénale droite et dans la gauche. Fusion entre le systèmede la veine porto hépatique ot les veines de Jacobson chez les Ophidiens. Hopkinson et PankoasI, dans leur Monographie du Pijthon, lue à la Société philosophi([ue américaine le 2 novembre 1832, ont VV CAÏMAN A MISEAU DE CROCHET . 135 décrit les veines de Jacobson coniinc l'uviiil lait S\v;iminerd;iiii , c'est-à-dire à contresens. Nuiis iivuns sij;n;ilc l'anastomose con- sidérajjlc et à plein calibre de la veine ivnale alTércnle droite avec une des brandies de la veine porte, non loin de l'endroit où la première émerge de la veine caudale. Jlais, outre cette anastomose entre la veine porte et les veines de Jacobson, il on existe tant, dont (iui'!qucs-unes sont de fort calibre et les autres sont plus petites, qu'il est étonnant (pie le docteur Jacobson, et après lui les auteurs cités et le docteur Frédéric Sclilem (1), n'en aient pas indique un plus grand nombre. Peut-être le docteur Jacobson n'a-t-il eu à sa disposition ([uc des Serpents de petite taille; mais les mêmes conditions défavorables n'ont pas existé pour les doc- teurs Hiipkiiisoii et Pankoast, piiistpie le sujet qui a été soumis à leur étude était rcinanpiable jiar sa taille. Pour nous, nous avons constaté, sur plusieurs Pytlioiis longs de plus de 2 mètres 1/2, des anastomoses si nombreuses et si l'ré(juenles entre la veine porte hépatique et les veines portes rénales, que nous n'hésitons pas à al'lirmer (pie, chez les Ophidiens, il n'y a pas seulement union, mais bien fusion entre ces deux systèmes vasculaires. Couséquences |iliysiologiqnes qui en décoident. Il est donc permis de [leiiser que les couianis (pii sont produits chez l'iui d'eux à de certains niomenls, suixant (piel'aclion du foie ou des reins prédomine, doivent exercer un etïet dérivatif sur le cours du sang dans les vaisseaux (|ui se rendent à la glande inaclive, et en diminuer la ra[)idilé. De ces larges communications établies entre ces deux ordres de veines, il résulte que, lorsque l'organe hépatique est en rejios, et que les glandes urinaires fonctionnent avec aciivilé, une partie du sang de la veine porte doit refluer dans les veines de Jacobson, et, par contre, lorsque les fonctions glycog('niques s'exercent avec |ilus d'énergie, et (p:e l'élaboiation (I) Voy(îz dans le Journal du plujaiologii) de Tiodomann al Troviranus, t. II, 4"ca!iicr, la description analoniiquu du syslèmo vasculaico sanguin des Ser- pents, avec une plaiii'lio représentant lo ca'ur du Jlon consli-iclur, du CuUibcr nalrix el du ïii(jonucei>lmSus tnalus, par lo docteur Frédéric Sclilein. 136 13. JtC'QU,tRT. — SYSTÈME VKIMi'JX de l'acide iirii|nc csl Innsiiissanlo, iiiie. pnrtio du siin;.; des veines de Jacobson doit se dirigi^r alors vers les racines de la vciiic porte, et la circulation se ralentir dans les premières. C'est là un point de vue nouveau sur lequel nous a[>pelons l'attention des [tliysio- logisles. Peut-êlre poin'rail-on , par des expériences directes, arriver à constater que, dans les arbres vascidaires formés par la veine porte d'une part, et les veines aftcrentes rénales de l'autre, si largement unis, et presque confondus par les anastomoses, le cours du sang est en quelque sorte solidaire, et qu'il ne saurait s'accélérer dans l'un, sans se ralentir dans l'autre. Du reste, cette fusion du système de la veine porte avec celui des veines afférentes rénales, à l'aide d'anastomoses nombreuses, et quel- ques-unes de fort calibre, prépare cl sert de passage ou de tran- sition naturelle à cette antre distribution simultanée des veines de Jacobson au foie et aux reins. Les différents points que nous venons de traiter relativement aux veines de Jacobson ne concernent que les Ophidiens ; néan- moins ce sont des considérations qui nous ont paru assez intéres- santes pour être présentées ici. Nous croyons devoir également insister sur la terminaison des veines de Jacobson dans les reins des Serpents, parce qu'elle offre beaucoup d'analogie avec celle des veines rénales afférentes du Caïman à museaiu de Brochet (pu doit nous occuper plus loin. Terminaison des veines de Jacobson dans la substance rénale chez les Serpents. Nous avons indiqué, dans notre mémoire déjà cité, que chez le Python chacune des veines |)ortcs rénales marche du côté cor- respondant de la face supi-ricure du rectum, parallèlement à l'ure- tère, en dehors duquel elle est située et dont elle reçoit (jnelques veinules, et ainpiel elle est imie par du tissu ccllnicux ; atteint l'extrémité postérieure du rein cl suit son côte externe et infé- rieur ; l'in-elère la sépare de la veine rénale efférente. Elle donne, dans son trajet dans le rein, des rameaux à chacun des lobules, et diminue ainsi graduellement de volume jusqu'à l'extrémité anté- rieure de celle glande, dans la substance de laquelle elle se perd. DU CAÏMAN A MtlSEAL' DK BROCHET. 137 Il n'y a pas do conduits de communication entre l'uretère et le canal déférent correspondant ; ce sont des veinules et des arlérioles qu'on a prises pour tels. Los nombreuses veinules et arlérioles qui se rendent du rein au canal déférent correspondant, et sont situées dans le repli du péritoine ()ui retient celui-ci contre la l'ace inférieure de la glande et contre l'uretère, ont été prises bien à tort par quelques auteurs pour des conduits particuliers qui, selon eux, feraient communi- quer riu'etère avec le canal déférent du même côté. Une promiscuité si choquante renverse toutes les lois de la phy- siologie, et se trouve démentie par l'examen direct et attentif des vaisseatix rénaux injectés. Mais c'est surtout la terminaison des veines de Jacobson dans les lobules rénaux chez les Ophidiens qui nous parait importante à ('ludier. Les ramiisculcs qu'elles y en- voient sont capillaires, et vont en rayonnant se terminer dans la substance corticale de chaquelobule. Nous nous en sommes assuré par une injection très fine, qui a passé de là dans la veine cave postérieure et dans la veine porte, mais sans pénétrer dans les ar- tères; celles-ci, avec quelcptes veinules qui vont se jeter dans la veine cave postérieure, constituent les vasa vasnrum des reins. Ces glandes fonctionnent aux dépens du sang apporté par les veines de Jacobson, et non de celui des artères. C'est donc un fait avéré que, chez les Ophidiens, les veines afférentes commimi- queiit dans les reins, par leiu's capillaires terminaux, avec les radi- cules des veines elTérentes ou veines émulgentes, veines rénales proprement dites, qui constituent les racines les plus considérables de la veine cave postérieiu'c. Mais il n'y a pas d'autre anastomose entre les veines de Jacobson et cette dernière chez les Serpents. Nous avons trouvé une disposition identique sur le Caïman à mu- seau de Brochet; cependant Nicolaï (ouvrage cité) avance le con- traire, à l'égard du Crocodile proprement dit qu'il a disséqué. Comme nous le verrons plus loin, il affirme qu'il existe chez ce dernier, entre les veines de Jacobson et la veine cave postérieure, une grosse branche anaslomotifpie. Il nous reste encore à |irésenter une observation au sujet de 138 H. JACQUART. — SYSTÈME VEINEUX l'appareil spécial que le docleiir Jacobson assigne chez les Ophi- diens aux veines qui portent son nom : « Parmi les Amphiiiies, dit-il, l'organe particulier consiste dans deux sacs membraneux remplis de graisse » (traduction lilléralc d'un |)assagc de son ouvrage cité). L'organe qu'il regarde comme spécial aux vais- seaux qu'il a découverts n'est autre chose qu'une porlion du péritoine chargée de tissu adi[)eux, et qui, selon nous, est l'ana- logue du grand épipioon; d'ailleurs le ciioix n'en est pas heureux, puisipie la plupart des veines qui y prennent racine vont se jeter dans la veine [jorle, tandis que deux ou trois seulement vont se rendre dans les veines de Jacobson ; en sorte qu'il appartien- drait plutôt à la veine porte qu'à celles-ci. C'est donc une attribu- tion accordée un peu à la légère, et (pi'un examen plus calme et plus attentif eût certainement fait disparaître. Veine caudale cliez le Caïman à museau de Broctiel. (Voy. pi. III, fig. 1 .) Étudions maintenant le même système de veines chez les Sau- riens. Chez le Caïman à museau de Brochet que nous avons dissé- qué et figuré, ia veine caudale, considérable, est contenue avec l'artère du même nom, sous laquelle elle est couchée, dans un ca- nal qui s'ouvre dans le bassin, un peu en avant de l'anus (voy. pi. m, iig. 1, n" 9 et S); elle continue son trajet en conservant ses rapports avec l'artère et accolée au cloaque. Un peu au delà de l'arcade pubienne, elle se divise en deux branches, les veines hypogastriqucs (voy. pi. III, Iig. 1 , n" 10, 11 et 12), qui longent les côtés du rectum, situées entre lui et la paroi supérieure du bassin; entre elles se voit la continuation de l'aorte abdominale avec l'artère caudale. Un peu en avant du bord antérieur du pubis, ces deux vaisseaux sont réunis par une veine transversale plus forte que cliacun d'eux. C'est le rcunus anaslomoticus de Nicolaï qui reçoit les veines du reelum et les olituralrices (voy. les n°' H' cl /|5 delà même ligure i. Ces deux vaisseaux ligurent à leur bifurcation les deux branches d'une lyre dont les extrémités sont réunies par l'aiiaslomose transversale. DU CAÏMAN A MUSEAU DE BROCHET. Iâ9 Naissance des veines de Jacobson. (Voy. pi. III, fig. 1.) Au milieu de ce cadre vasculaire, on voit la terminaison de l'aorle qui en forme la corde médiane, et coupe perpendiculaire- ment le rameau cilc par Nicolaï (voy. le n" 8 de la même figure). De l'union de chacun de ces vaisseaux liy[ioyaslri(iues de chaque côté avec le rameau auastomotique naissent deux branches ; l'in- lerne, plus petite, accompagne l'uretère corresfiondant jusqu'au rein (voy. n"* 18 et 18', même figure), et, arrivée à son côté pos- térieur et externe, se subdivise, dans les sillons qui séparent les lobes, en trois ou quatre rameaux qui se distribuent eu rayon- nant Jusque dans la substance corticale de chaque lobule : c'est la veine de Jacobson, ou veine afférente du rein, dont nous avons suivi les ramuscules ju.squ'à la surface de la glande (voy. les n" 18', 52, 22', et les lettres U et / de la même figure). L'ar- bre vasculaire qui en résulte dans le rein rappelle la dispo- sition de la veine porte dans l'intérieur du foie. Une gaine, ana- logue à la capsule de Glisson, en accompagne loulcs les divisions. Quand on a enlevé la matière à injection qui remplit l'im de ses embrancbenienis, sans détruire les parois du vaisseau, et qu'on di- vi.se celui-ci par une coupe, il ne reste pas béant, mais s'affaisse sur lui-même; ce qui permet de le distinguer d'une des racines de la veine rénale proprement dite, ou veine émulgenfe(vena revelwns), qui , vidée de la cire qui la remplit, reste ouverte, et ressemble à une espèce de sinus veineux dont les parois adhèrent à la sub- stance rénale. En outre, les radicules de la veine afférente occu- pent le côté interne et antérieur de clia(|ue rein, tandis que, comme nous l'avons vu, les veines de Jacobson pénètrent dans la partie posli-rienre et externe de ces glandes, lue autre branche veineuse, double de celle-ci, se dirige en dehors et en haut vers la grande échanernre sciatiquof'voy. les n°' 13, 14, 15, 16 et 17, même ligure) : (î'e.st lacoiilinnation delà veine hypogasiriipie dont nous avons indiqué l'origine à la veine caudale, qui se bifurque pour donner naissance à ces deux veines hypogastriqiies ; chacune d'elles rcioit la veine isebialique, aussi volumineuse qu'elle, et 140 U. JACQUART. — SYSTÈME VEINEUX reinoiilc de cliaqiie côté du bassin vers l'arcade crurale, et là elle se leiifle par l'addition de la veine du même num. Nous repreu- drons tout à l'heure la descriplion à partir de ce point. Il n'y a entre les veines de Jacobson et la veine cave postérieure que des anastomoses capillaires. Quelque soin que nous ayons apporté dans la traduclion du passage de Nicolaï déjà cité, où il traite de la distribution de ces veines ; quelque attention que nous ayons mise pour tâcher de le comprendre, il nous a été impossible de le suivre dans sa des- cription. Tout ce que nous avons pu saisir, c'est qu'il admet un rameau assez volumineu.\ partant de la veine afférente, et la fai- sant communiquer avec une des racines de la veine émulgente. Nous avons déjà décrit plus haut la veine de Jacobson, et en partie la veine rénale proprement dite, et nous pouvons affirmer qu'il n'y a pas d'anastomose d'un volume appréciable entre ces deux ordres de vaisseaux ; ils ne communiquent que par les ca- pillaires. C'est en injectant les veines de Jacobson que nous sommes [lar- venu à emplir les veines émulgentes; mais la dissection la plus attentive ne nous a montré aucun rameau qui puisse recevoir le nom de ramus communicans venœ rcnalis revelwilis, donné par Nicolaï. Veines épigasiriques paraissant être les analogues de la veine ombilicale, qui ici serait double, comme chez les Mammifères. Nous avons vu qu'outre la veine de Jacobson, le ramus anaslo- molicus, indi(|ué d'abord par l'auleur précédent, donne de cha(iuc côté un vaisseau qui semble le continuer (voy. n°' 15, 16, fig. 1, pi. III), reçoit les veines olitm'alrices et ischialiques, et près de l'arcade crurale la veine crurale. Beaucoup plus considérable que le vaisseau qui est destiné au rein, et que nous avons décrit, ce dernier se dirige d'arrière en avant sur la paroi inférieure du bassin, entre le péritoine et la partie verticale du diaphragme, qui représente les muscles droits de DU CAÏMAN A MISKAL DE BROCHET. Iftl rnbdonipn. Il reçoit dans son trajet en dedans et en deliors un grand nombre déveines transversales assez volumineuses, venant soit des couches cutanées abdominales, ou de la partie du dia- phragme qui représente les muscles droits de l'abdomen, soit de la couche extra-pcritonéale ; il augmente progressivement de cali- bre jus(|u'au bord tranchant de ce viscère, où il se courbe derrière sa face concave, pour s'y distribuer, comme nous l'indiquerons plus loin, ('elle diviiion existe à droite et à gauche. Veine épigastrique gauche ou musculo-cutanée gauclie. La gauche est la plus volumineuse; couchée sur la face infé- rieure de l'estomac dont la sépare le péritoine, elle reçoit par son coté externe, au niveau de la petite courbure de l'estomac, les veines coronaires stomachiques, qui se distribuent sur la région hépatique de ce viscère (voy. n" 28, et les u" 39, 40, même figurej; puis elle se subdivise en deux rameaux : l'un, externe, se ramifie dans le lobe gauche du foie (voy. n°' 29, 36; voy. aussi lesn°'2, h, 8, 10, 11, 12, 13, fig. 2, pi, IV); l'autre, interne (voy.n°30, fig. l,pl. III), se dirige vers la scissure transversale de celui-ci, et se partage en deux embranchements. Un très court se dirige d'arrière en avant dans le sillon interlobaire, à l'extrémité inférieure duquel il se termine par un cul-dc-sac (voy. n" 31 , id.; voy. aussi le n" /i, fig. 2, pi. IV), et parait être le vestige d'une veine oblitérée, et dont nous ne saurions pour le moment donner la signification ; l'autre (voy. n° 33, fig. 1, pi. III ; voy. aussi les n" 2, û. 5, 7, fig. 2, pi. IV) s'abouche à plein calibie avec la division gauche de la veine porte, et représente tout à fait la veine ombilicale, si ce n'est qu'il n'y a pas ici le canal veineux. Les di- visions (voy. n» 6, fig. 2, pi. IV) qui partent du rameau anasto- motique se distribuent dans le lobe droit du foie, et n'arrivent pas jusqu'à l'oreillette droite (voy. n°' 2 à 13, fig. 2, pi. IV). Veine épigaslrique droite. (Voy. n" 3S, 37, 38, -42, fig. 1, pi. III.) Le vaisseau congénère droit, plus petit que le gauche (voy. n° 3, fig. 2, pi. IV), reçoit quelques veines duodénales, puis une petite 1/|2 II. JACQIIART. — SVSTKME VEl^El'\ veine qui eonUiurne le ixinl Inineliant du iolic droit du t'oie i voy. 11° 20,/'//, llg. 1, [il, 111); arrivé à la face coneavede celui-ci, il se sépare en deux rameaux : le plus volumineux est interne (voy. n"' 20, 21, 22, fig. 2, j)l. IVj, et va s'unir par inosculalion avec la division droite de la veine porte (voy. n° 7, ici.); l'autre, plus petit, se ramilie dans la partie externe du lobe droit (voy. n" 3, lû, 15, 16, 17, 18, 19, ici.). La division droite de la veine porte se distribue comme à l'ordinaire dans ce viscère. Veines épigastriques ou musculo-culanées dans le foie sur un autre Caïman. Sur un autre Caïman à museau de Brochet, huit ou dix fois plus gros que celui dont nous avons représenté ici le foie, nous avons dessiné aussi cette glande; mais, faute d'espace, la figure n'a pu faire partie des planches annexées à ce travail. La veine épigas- trique droite était deux fois moins volumineuse que la gauche, et avait o millimèlres de diamètre. Dans tout le reste de leur trajet, les deux veines épigastriques se comportaient, pour la disposition et le mode de forniation, comme cellesdu sujet précédent. .Mais à 3 centimètres de la surface concave du foie, la droite se divisait en deux veines, puis chacune de ces divisions se séparait de nou- veau en deux branches très courtes, qui s'enfon(,'aient immédiate- ment dans la glande. La veine épigastrique gauche avait, à 2 cen- timètres du foie, un diamètre de 1 centimètre, et se divisait eu trois branches; deux externes s'enfonçaient dans sa substance; une autre, plus interne, s'abouchait avec une furie division de la veine porte, et de celte réunion |iarlaienl Irois ou quatre veines, qui se rendaient à l'étroite languette de substance hépatique qui unissait le lolie gauche au droit. De celle même branche naissait un rameau terminé en cul-de-sac, après 3 ccnlimètres de trajet, comme celui indiqué sur le sujet iirécédcnt, et à peu près du même calibre que la veine épigastrique droite. Le tronc de la veine porte atteignait en diamètre près de 2 centimètres, pénétrait dans le foie par quatre divisions, après s'être abouché auparavant par une branche considérable et à plein calibre avec la veine épigastri- que gauche, comme nous l'avons indique plus haut. Cette grosse Dl' C*ÏMAN A MUSEAU DE BHOCIIET. 1/^3 anasloniose, aussi tbrlc que la veine c'iiiyasli'iiiue gauelie, donnait trois ou quatre veines à la languette lu'iiatique. La pièce ne nous niipartenanf pas, nous n'avons pu suivre ces vaisseaux dans-la stii)stance glandulaire. Ces deux veines des parois abdominales sont bien les analogues des veines épigastriqucs jusqu'au foie, si ce n'est que le sang s'y meut en sens inverse ; mais au niveau de celte glande, ce sont des veines artérieuscs, et elles se compor- tent tout à fait comme les veines oiiihilicales. Absence du canal veineux cliez le Caïman à museau de Brochet Si l'on ne trouve pas ici de canal veineux, c'est que les Rep- tiles n'ont pas tuie vie placentaire ; et l'on doit rechercher les ana- logues de leurs organes embryonnaires, non plus chez les Mam- mifères, maiscliez les Oiseaux; car ils se développent comme eux dans un leuf ; et dans les dernières pliases de leur existence, c'est l'ailanloïde qui représente le placenta, et la veine allanto'idienne la veine ombilicale. Elle serait ici double connue clicz les ;\Iam- niilères. (Vuy. 3Iartin Saint-Ange et Baudrimont, Développemenl du l'oulet, p. /|69, il' vohime des, Mémoires des savants étran- gers.) Le canal veineux n'existe pas non plus, à proprement parler, chez les Oiseaux. Chez les Mammifères, le canal veineux est formé parcelle partie delà veine ombilicale comprise entre l'abouchement de ce vaisseau avec la veine porte et la veine cave inférieure, un peu en arrière de roreilletlc droite. Chez les Oiseaux, ce canal n'existe pas dans ces conditions : c'est la veine allanto'idienne qui est l'analogue de la veine ombilicale; elle ne s'anastomose pas avec la veine porle, et se rend directement de l'allanlo'ide à l'oreillette droite, sans donner aucun rameau au foie. La veine porte, dans laquelle vien- nent se jeter les vaisseaux omphalo-mésenlériques, communique près du bassin [lar une branche considérable anastomosée à plein calibre avec la veine cave inféi'ieure. Ainsi on pculdirc (pic, chez les Oiseaux, le canal veineux est représenté par toute la veine ombilicale qui va dircclenicnl de l'ailanloïde au caiu". 1Û4 H. JACQUART. - SYSTÈME VEINEUX Veine cave poslérieure. (Voy. les letlrcs V , V, r, r, r, ss, v, fig. 1 , pi. III.) Sur le Caïman que nous avons ciisscqué, la veine cave posté- rieure est formée par la réunion des veines rénales : deux prove- nant du rein gauche et trois du rein droit. Cliacune d'elles naît d'un lobe rénal, par une branche assez volumineuse en forme de sinus, dans laquelle viennent s'ouvrir directement des ram uscules qu'on peut suivre jusque dans la couche extérieure de la substance corti- cale. Nous avons déjà indiqué plus haut, l'absence de gaines pour ces vaisseaux qui adhèrent à la substance de la glande, et dont la coupe reste béante. (Voy. s, s, 25, 26, 27.) Nous avons aussi noté la possibilité de les injecter par la veine de Jacobson, uniquement à cause des anastomoses capillaires qui existent entre ces deux ordres de vaisseaux. Ces cinq veines émulgentes, en se réunissant, constilucnt le tronc d'origine de la veine cave postérieure ; celle-ci en avant des reins reçoit les veines des testicules, et se rend sur le côté droit de la co- lonne vertébrale jusqu'au lobe droit du foie, dans la substance du- quel elle s'enfonce (voy. n"" 31, 32, 33, 3/i, 35, fig. 2, pi. IV) ; elle le parcourt d'arrière en avant jusqu'au sinus veineux de l'oreillette droite du cœur où elle se termine. Dans son trajet, elle reçoit les veines hépatiques de cette moitié du foie, unie à l'autre seulement par un pont étroit de substance glanduleuse. Les veines du lobe gauche viennent s'ouvrir dans un vaisseau creusé en forme de sinus dans son bord supérieiu'(voy.n°37, îrf.), et qui se jette dans la veine cave postérieure, un peu en arrière de son embouchure dans le C(cur. La veine cave postérieure reçoit aussi le tronc des veines coronaires du cœur. Au niveau du foie, elle est en rapport avec la veine porte et ses divisions, et les ramifi- cations hépatiques des veines épigastriques. Curieuse disposition de la veine porle hépatique non encore indiquée par les auteurs. (Voy. lig. 3, pi. IV.) Pour terminer l'étude des veines de l'abdomen, il nous reste à décrire la veine porte. Celle-ci prend son origine dans les veines DU CAÏMAN A MLSI;aI llH RKOCIIET. 1/|5 ilii l'crlimi, dont plLisieiirs s'oiivrriil, rninine nous l'uvoiis vu, dnns le ramas anastomolicus ; mais plus en avant, celles de la partie puslérieure du j^tos intestin, en se réiniissant, l'ornient bientôt nnc veine d'un fort calibre, ou pliilùl un sinus veineux aeeo!é au bord concave ou adhérent do cette portion du tube digestif, entre les deux replis péritonéaux qui en partent (1) (voy. les n" 1, 2, 3, i, 5, fig. S, pi. IV). Les vaisseaux veineux intestinaux se rendent direclenieni dans ce canal (jui longe le gros intestin et la moitié postérieure de l'iiilestin grêle ; puis il se sépare en deux veines qui, après avoir embrassé dans leur bifurcation ce dernier comme dans un anneau, se réunissent en un seul tronc (voy. n° 6, id.)qiii est une des racines de la veine porte. De ces deux veines, la posté- rieure (voy. n° h, id-) se continue avec le sinus indiipié; l'autre (voy. n° 5, id.) se recourbe en anse, et va s'anastomoser avec l'exlrt'niité des racines de l'autre partie de la veine porte. Ainsi un seul vaisseau accolé au gros intestin et à la moitié postérieure de l'intestin grêle dessert directement la circulation efférente de cette portion du canal intestinal, et ne fournit aucune arcade : disposition qui contraste singulièrement avec la série des anses artérielles, qui s'étendent depuis le rei!tum jusqu'à l'estomac. Mais, au milieu du petit intestin , on voit reparaître l'arrangement ordi- naire, constitué [lar une série d'arcades vasculaires, dont la pre- mière communique à plein calibre avec la terminaison du sinus veineux (voy. n" 7, 8, 9, 10, Il , 12, 13, id.). Pourquoi cette exception curieuse dans la distribution de la veine porte? N'y a-t-il pas lieu d'admirer la simplicité des moyens employés par la nature? N'est-ce pas une des plus jolies applica- tions de la loi d'économie de M. le professeur Milne Edwards, dont nous avons donné de si nombreux ei de si curieux exemples dans notre mémoire déjà cité sur la circulation du sang chez le Pyllion. En elïet, au lieu de celte formation si compliquée de la veine porte en séries d'arcades vasculaires que nous voyons cliez [\) Cel accolemenl à l'intestin et ses connexions avec les deux feuillets du périloine, qui-, après avoir embrassé cette partie du tube digestif, sont en rapport intime avec ce vaisseau veineux, en font une espèce de sinus a parois peu mo- biles. i' série Zool T. IX. (Caliier n" 3.) - tO 1/lG II. JAtQUART. SYSÏÈMK VEINEUX les Mammifères, nous Irciuvoiis ici un seul vaissr'eau longeaiil l'in- leslin, et dans lequel se dégorgent directement toutes les veinules intestinales. N'est-ce pas l'arrangement le plus simple et le plus économique ? Nous ne croyons pas que personne avant nous ait indiqué cette remarquable disposition. La veine porte a donc d'abord pour racines le vaisseau allongé en forme de sinus (voy. n" 1, 2, 3, 4, lig. 3, pi. IV), puis un tronc constitué par la réunion des cinq ou six veines anastomosées entre elles en arcades (voy. n" 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, lu, id.). Ainsi constituée, elle reçoit encore trois ou quatre bran- ches réunies enirc elles et avec les rameaux précédents, et venant de la partie antérieure de l'intestin grêle ou du duodénum, puis aussi le tronc des veines de la face postérieure de l'estomac ou gastro-épiploïques droites (voy. n" 17. 18, 19, 20, 27, id.); elle gagne alors le foie (voy. n»' 23, 2&, 27, 30, fig. 2, pi. IV), en croisant obliquement la voinc cave postérieure, et se divise en deux rameaux qui vont, l'un au lobe liépatiipie gauche (voy. n" 7, id.), l'autre au droit (voy. n" 27, 28, 30, id.), et se continuent à plein calibre avec la division inicrnc de chaque veine épigastrique. La veine porte, avant de se bilurquer, donne en outre à la moitié droite du foie des ramifications directes (voy. n" 25, 26, id.) ; d'autres subdivisions vont au.x deux lobes, et sont fournies par les branches anastomosées avec les veines épigasiriqucs (voy. n" 30 et G). Chez la Grenouille et le Crapaud (voyez le mémoire déjà cité de M. Gruby), on trouve déjà deux veines épigasiriipies dites mus- culo-cutanées, qui naissent connue les veines dont il est question ici. Mais avant d'atteindre le foie, elles se réunissent en un tronc uni(iue qui se subdivise, et va s'aboucher dans la glande avec une des divisions de la veine porte. Résumé. Chez le Caïman à museau de Brochet on voit que : i" Les veines de Jacobson n'ont, avec les veines rénales pi'o- prement dites ou émulgentes, nées sous forme de sinus, ipie des anaslomoses ca]iillaircs, cl aucune d'un calibre un peu Ibrl. Uf CAÏMAX A MISEAL DE BItOCHËT. Mil 2" La veine poiie présonle deux iiindes île dislribulion. Pour le gros inleslin et la moitié postérieure du petit, il y a absence d'ar- cades veineuses réunies entre elles, et une veine longe leur bord adbérenl, et reçoit directement les veinules intestinales. Puis, à partir du milieu de l'intestin grêle jusfpi'à l'estomac, il existe une série d'arcades qui viennent se jeter dan's le tronc principal de la veine porte ; en un mol, on voit reparaître ici le mode de dislri- bulion ordinaire de ce système vasculaire. o° N'ayant pas eu occasion do disséquer des œufs de Crocodile en voie de développement, nous n'osons l'aflirnier, mais nous sommes porté à regarder comme deux veines ombilicales persis- tantes les veines éjiigaslriques (Ij. En effet, on [leul les consi- dérer comme se continuant avec les hypogastriques, et par consé- quent comme partant du cloaque, analogue de l'allantoïde ; elles viennent ensuite se terminer dans le l'oie, et s'y anastomosent toutes deux avec la veine porte à plein calibre. Dans le mémoire du docteur Jacobson déjà cité, et traduit textuel - lement, on Irouvc le passage suivant : » Le système veineux chez » tous les Amphibies suit le troisième mode, diversement con- » slitué, suivant que la partie postérieure de la queue de chaque » animal est plus longue ("2). Il y a en outre un organe propre à » la classe des Anqibibies qui donne quebjues veines au système (1) Nous avons rappelé que l'on trouve chez les Batraciens deux veines musculo-culanées dont la naissance el la terminaison sont celles des veines épigastriques, que nous avons décrites chez le Caïman à museau de Brochet. A la vérité, les veines nlU^culo-cutanées des Batraciens se réunissent en une seule veine avant d'arriver au foie; mais c'est là une différence peu importante, et nous ne saurions méconnaître ici une .analogie frappante entre les Batraciens et les Sauriens, entre des Vertébrés anullantutdicns et des allaïUoidiens. Est-ce que par hasard la présence ou l'absence de l'allantoide, regardée comme un caractère si fondamental de dassifiration entre les \'ertébrés, devrai! perdre l)e3ucoup de son importance? Ne pouri ait-il se faire que toute la dilîcrence con- sislàl en ce que, chez les (((luf/miloiditiis,' allantoide reste toujours dans le corps de I animal sous forme de vessie, tandis que chez les altanloïJiens elle est d'alMrd située en dehors de l'abdomen, pour y rentrer ensuite. (2j Ce troisième mode consiste dans la dirposilion suivante ; les veines qui rtvieanenl de la partie postérieure du corps donnent naissance a la veine eau- 118 H. J.%tQU,tRr. — SYSTiiMK, NElNtUX » des veines de J;icol>soii. Il cuiisisic dans un sac iiniijiie, ou double » suc inenibriuieux, eoiilciiaiit souvent un liquide incolore et eom- » inuiiii|uanl avec le cloaque, ou un sac membraneux allongé, » l'uMJipli de graisse et non uni an cloa(jMe. » Sin' le Caïman que nous décrivons ici, il exislail efleclivement une poche, de la gros- seur d'un œuf de poule, ricbemenl pourvue de vaisseaux veineux se rendanl à la veine porte. Mais une ruplure des veines ayant amené un é[ianchementdela matière injectée, nous n'avons pu en faire ranatomie, et en déterminer la signilication. (^ette lacune in- volontaire dans notre travail est d'autant plus regrettable, qu'ayant profité de nouvelles rccliercbcs faites par nous, sur trois ou quatre Serpents de deux à trois mètres, au sujet des veines de Jacobson., nous avons complété dans ce dernier mémoire leur description, déjà en grande [larlie é'l)aucbiie dans notre travail déjà cité, et indi- qué un point de leur bistoire qui nous a paru surtout offrir de l'intérêt : c'est-à-dire la fusion de ce système veineux avec celui de la veine porte liépatiijuc, ])ar des anastomoses nombreuses, et quelques-unes de très gros calibre. Sans savoir si, comme le docteur .Tac.obson l'affirme dans son mémoire, les veines portes rénales s'anastomosent autrement avec la veine porte bépatique, ce qui serait une nouvelle conquête im- jjorlante pour la loi d'unité de plan, comme les veines de .lacobson ont avec les veines musculo-cutanées ou épigastriques luie ori- gine commune, puis(pi'elles proviennent loidcs ileux des veines bypogastriqucs, tout ce que nous avons dit sur la fusion des sys- tèmes de la veine porte bépaticpie et des veines portes rénales peut s'y appliquer. De plus, la large anastomose transversale qui unit les deux veines liypogastriques, avant i|u'ellcs donnent naissance aux veines musculo-cutanées et aux veines de Jacobson, élaldit cbez le Caïman à museau de Brocbet une sorte de solidarité, dans le cours du sang, entre le double arbre vasculaire droit et le gaucbe. En même temps il découle de celle disposition analo- (lale, qui rapporte aussi le sang de la peau, et se divise en deux rameaux, etc., comme nous le voyons ici sur le Caïman à museau de Brochet. Mais outre les veines fournies aux reins, il y a une brancbe considérable qui l'unit à la veine porte hépatique, et non à la veine cave postérieure, comme l'avance Nicolaï. DU CAÏMAN A MUSKAC DlC nilCK'lir.T. 149 ii)ii|ue (les conséquences pliysiolosi(|ucs donl nous avons fiiii sentir l'importance chez les Opiiidiens. Ne pouvant nous appuyer sur roljsci'vnlinn directe de l'état embryonnaire du Crocodile, nous invoquons l'analogie. Les Rep- tiles se dévelop|)ent, on clïet, comme les Oiseaux , dans un œuf. Nous trouvons d'ailleurs la confirmation de ces vues dans une note du traducteur de VAnatomie comparée de Alekel, M. Th. Scluisler (p. 334, vol. IX) : « (]hez les Batraciens, dit-il, la veine épigastrique va se dégor- » ger dans la veine ombilicale, qui demeure perméable ici pendant » toute la vie. (]clle dernière reçoit en même tcin|)s les veines de » la grande [loclie allantoïdienne , connnunément appelée uess/e » iirinaire. On ne jiarvient à compr(^iiilr(' celle organisation qu'en » se rap[iclant que les animaux cliczfpii clli' a lieu se di.'vcloppent » .-^ans cordon ombilical ni iilaccnla. iillk' pi'onve que, chez eux, » la surface de la peau elle-même joue primitivement le rôle de » membrane res|iiratoire du fœtus; d'où il suit (pie la veine om- » bilicale doit naître de cette surface cutanée de l'allanloïde, qui ici » ne (juitte jamais l'intérieur du corps. » En publiant cet opuscule avec les planches que nous avons exécutées d'après nos dissections, et nous pouvons dire sous les yeu.x de M. le professeur .Milne Edwards, remplaçant iM. le pro- fesseur de Quatrcfages dans la surveillance de son laboratoire, nous n'avons (las la [irétenlion de donner un travail coiniilet et achevé; nous aurions eu besoin, pour élucider certains points restés obscurs, de répéter notre examen au moins sur un autre Reptile semblable. Nous avons seulement cherché à faire ressortir toute l'impor- tance des applications de l'embryogénie à l'étude de l'anatomie comparée. Si l'on conteste la légitimité des prétentions de la première, quand elle professe (pic les différentes phases de l'évo- lution des êtres sui)érieurs représentent, d'une manière transitoire, certaines dispositions anatoini(pics permanentes , chez d'autres êtres plus abaissés, certes, on ne niera pas (pie l'embryogénie n'éclaire des plus vives lumières certaines modifications orga- niques qui paraissent au premier abord inexplicables. 150 II. JtCQUART. — SYSTÈME VEI.MilX Qu'on dispute, si l'on veut, iiuelques parcelles de territoire nux iuimensesÉtats conquis par ce grand génie qui avait nom Geofiroy Saint-Ililairc , il lui restera encore un assez vaste empire, qu'ont su agrandir et que sauront dcl'cnilre ses digues et illustres colla- borateurs, 31. le [jrol'csscur Serres et },l. le professeur Isidore Cicoffroy Saint-Ililaire Pour nous, leur disciple modeste et dévoue, que dans les champs qui leur ont donne de si riclies moissons il nous soit permis de glaner çà et là quelques-uns des épis oubliés ou dédaignés par ces maîtres de la science! EXPLICATION DES PLANCHES. PLANCHE 3. Expliealton do la figure i . Celte planche représente d'après nature, avec une rérluclion d'un quart , les veines de l'abdomen d'un Ca'fman 5 museau de Brochet qui, d'une extrémité à l'autre, mesure environ un mètre. r.e diaphragme a été enlevé, la paroi abdominale incisée largement jusqu'en arrière de l'anus, et les deux moitiés rejetées et rabattues de chaque côté. Le gros intestin est fortement porté ii droite. Le cœur, le foie et l'estomac sont intacts et en place. La substance des deux reins a été divisée, dans le rein droit pour y suivre la distribution des veines de Jacobson , dans le gauche pour y montrer les racines des veines émulgentes et leur disposition en forme de sinus. Presque tout l'in- testin grêle a été enlevé, à l'exception du commencement du duodénum et de la partie du gros intestin la plus voisine de celui-ci. Les vais.seaux ont été remplis d'une injection solide bleue dans les veines, rouge dans les artères. Sur cette planche , les artères sont distinguées des veines par leur teinte rouge et de petites hachures transversales. 1. Anus. 2. Racine du membre pelvien gauche. 3. Section du pubis. 4. 4. Base de la queue. 5. Moitié droite de la paroi abdominale rabattue. 6. Cloaque presque entièrement caché par la paroi abdominale. 7. Gros intestin. 8. 8, 8, 8, 8. Aorte abdominale. DU CAÏMAN A JILSEAU DE BROCHET. 151 9. Veine caudale couvrant en partie la terminaison de l'aorte. 10. Veine liypogastrique gauche. 1 1 . Veine hypogastrique droite. 12. Réunion de ces deux veines avec la veine caudale. 13. Tronc veineux recevant la veine suivante. li. Veine ischiatique gauche. 14. Tronc d'anastomose entre les deux veines hypogastriques : ramiis anasto- moticus de Nicolaï . 15. 15, 13. Veine épigastrique droite. 16. 16, 16. Veine épigaslrique gauche. 17. Veine crurale gauche s'enfoiiçant sous l'arcade crurale. 18. Veine de Jacobson droite hors du rein. 1 8'. Veine de Jacobson gauche hors du rein. 4 9. Veine crurale droite s'enfonçant sous l'arcade'crurale. 20. Une des divisions de la veine épigastrique droite au niveau du bord tran- chant du foie; d, premier rameau fourni par cette veine; f, deuxième rameau fourni par elle; 7, r/, q'', divisions de la veine épigaslrique droite ' dans le foie. 21. -Artère mésentérique. 22. Rameau externe de l'arbre vasculaire formé par la veine de Jacobson droite dans le rein correspondant. 22'. Rameau interne ; ;, tronc de la veine de Jacobson droite dans le rein donnant de nombreux rameaux en dedans et en dehors; a, a, a, artères rénales droites ; n', une des artères rénales gauches ; r, r, r, veines émul- gentes droites ; s, s, veines émulgenles gauches. 23. Uretère droit. 24. Uretère gauche. 2-5. Arbre vasculaire formé par les racines d'une veine émulgente du rein gauche. 26, 27. Espèces de sinus que semblent former les racines des veines émul- genles, quand on les a vidées d'injection, 28. 2.S. Veines stomacales. 29. Une division de la veine épigaslrique gauchedans le foie. 30. Une autre division donnant les trois veines suivantes : 31 . 1° Une veine terminée en cul-de-sac en bas ; 32. 2' Une autre s'enfonçant dans le foie: 33. 3° Enfin une division anastomosée par inosculation avec la veine porte. 34. Veine allant à la face postérieure de l'estomac, ou veine gaslro-épiploïque droite. 3.Ï. Veine pylorique. 36, 30, Deux autres divisions de la veine épigastrique gauche dans le foie. 37, 38. Veines duodénales ; P, tronc de la veine porte. 152 H. JAÉES. 159 caisse de l'apopliyse inastoïile, enirc le (rou déeliii'é cl le nical aii- dilif externe. 10. La scissure de Glaser est à peine indii|iiéc. Le canal vei- neux, Ibrl petit, est placé à la base de l'apophyse zygoniatique, mais au-dessous du méat auditif et non en avant. 11. Le conduit auriculaire externe est moins largemcid ouvert; il est protégé en liant par la forte saillie que forme la racine posté- rieure de l'apopliyse zygoniatique. Une lame en forme de gouttière, qui part du rocher, prolonge en dehors le iiord inférieur pour donner attaclie aux ligaments de la conque. MACHOIRE INFÉRIEURE. Il est surprenant que Cuvier n'ait pas décrit cette partie du squelette dans son Ostcologie des Carnassiers. Il a pensé, sans doute, i|ue les dents étaient |}lus (pie suftlsantes pour caractériser les genres et même les espè(;es, et que, dès lors, les caractères tirés des os qui les supportent n'offraient qu'un intérêt secondaire, et |iou\ aient être passés sous silence. .Mais indéjieiidamment de ces dents, sur lesquelles il n'y a rien à ajouter aux descii[»tions si complètes et si claires de Cuvier, j'ai pensé que les mâchoires in- lérieures pouvaient fournir des renseignements utiles, et c'est ce qui m'a décidé à décrire celle de l'Ours avec (jueliiue détail. Forme yénérale. — 1 . Dans l'Ours brun des Pyrénées, les deux branches se réunissent sous un angle de 55 à 60 degrés, mesuré cil dessons. 2. La branche de chaiiuc maxillaire, mesurée du bord alvéolaire antérieur jusf|u'à la partie postérieure de la dernière molaire, forme les deux tiers de la longueur totale, mesurée du même bord jus(iu'au milieu du coinKle. (^es proportions doivent èti'c tl'ailleurs sujettes à variation dans les espèces à court ou à long museau. Face externe. — 1. Près de la .;yinphyse, elle est criblée de nondjreux i)ertiiis destinés à livrer passage à des artérioles. A une petite distance de la symphyse, vers son tiers supérieur, il y a un Iroii plus gros de chaque côté, mais dont l'existence ne paraît pas constante. 160 J. DELBOS. RKCIIEnCIlES SliR l'oSTÉOLOGIK 2. La branche du maxillaire se déprime derrière la canine, sous l'espace vide qui la sépare de la preuiière molaire. 3. Il y a trois trous nientomiiers. Les deux premiers, rapprochés, sont placés au-dessous de cet espace vide : l'antérieur vers le tiers inférieur; le moyen, plus grand, vers le milieu delà hauteur du corps du maxillaire. Le tioisicme, plus écarté, beaucou[) plus pe- tit, est sur la même ligne que le moyen, au-dessous de l'intervalle (|ui sépare la première molaire de la deuxième. Tous trois s'en- foncent en arrière dans l'épaisseur de l'os. 4. La face d'insertion du masséter, peu profonde, a la forme d'un triangle à sommet arrondi, dont la hase s'appuie sur le bord postérieur du maxillaire. Les deux côtés de ce triangle sont limités en haut par la crête peu saillante qui va former le bord antérieur de l'apophyse coronoïde, en bas par un bourrelet, moins marqué encore, qui se rend à l'apophyse angulaire. Face inlerne. — 1. Le canal dentaire, très développé, est situé au-dessous du bord antérieur de l'apophyse coronoïde, en arrière de la verticale abaissée du bord postérieur de la dernière molaire, et au milieu de la liauteui" du corps. 2. La surface d'insertion du crotaphile est un peu convexe, et occupe toute la face inlerne de l'apophyse coronoïde. Bord supérieur. — La partie alvéolaire est conqjlétemeut connue par les descriptions de Cuvier. L'apophyse coronoïde a dans son ensemble la forme d'un triangle rectangle, dont le bord antérieur, convexe, représente l'hypoténuse, el dont le bord postérieur, concave, concourt à former la grantlc écliancrnre sigmoïde. Bord postérieur. — 1 . Au-dessous de cette échancrure, sur le prolongement de la ligne des molaires, se trouve le condyle, élargi en portion de cylindre, à col très court. La surface articulaire, arrondie, s'élargit de dedans en dehors, et s'incline dans le même sens et d'avant en arrière. Elle est limitée postérieurement par des rugosités servant à l'in.-îcrtion du ligament articulaire. 2. Au-dessous du condyle, il y a une échancrure dont la forme est celle d'une demi circonférence presque parfaite. Celle petite échancrure sigmoïde sépare le condyle de l'apophyse angulaire ou crochue, crocliet aigu et saillant qui forme l'angle de la niklioire, DE t'oins BRIN DES PYliÉNÉEP. Ilil Cl dont la pointe se jiorle un pou en dedans. Par son bord iide- lieur qui se continue sur la face externe du maxillaire, cette apo- physe circonscrit inférieuroinent la fosse massélérienne. 3. Kn dedans, l'apophyse angulaire présente une surface l'ugucuse elliptique qui se prolonge sur son bord inférieur, et qui servait sans doute d'insertion au nuisclc ptérygimlien ia- teine. Bord m fé rieur. — 1. L'écliancrure qui séiiare l'apopliyse cro- chue de ce bord se termine en avant par une petite saillie jiyramidale aiguë, quelquefois bituherculeusc, située verticalement au-dessous de l'orilice du canal dentaire. La pointe de cette apophyse, dirigée en arrière, limite une gouttière qui se porte en dedans, et qui servait peut-être à loger l'artère faciale. 2. En avant de cette apopliyse commence une surface d'inser- tion longue et étroite qui s'étend sur le côté externe du bord infé- rieur, et va en s'évanouissant au niveau delà pénultième molaire. Cette impression devait recevoir l'attache d'un muscle abaisseur, probablement du mylo-byoïdien. 3. A partir de rapo|ihyse inférieure dont il vient d'être question, le boid inférieur est un peu convexe jusqu'à l'extrémité delà face d'insertion du mylo-byoïdien , puis il se porte en ligne droite jus- qu'à la symphyse, où il se recourbe fortement pour former le menton. Dans la tête de Chien (jue j'ai sous les yeux, la mâchoire infé- rieure ]irésente la même conformation générale, sauf les dents que je n'ai pas à examiner après Cuvier, et les parlicidarités sui- vantes : 1. Les deux branches se réunissent sous un angle de 30 degrés seulement. 2. La branche dentaire forme presque les trois quarts de chaque maxillaire. 3. Il n'y a que deux trous menloiiniers, placés l'un et l'autre un peu au-dessous de la demi-liauteur du corps. L'antérieur, plus grand, est sous la première fausse molaire, le postérieur sous la troisième. 4' série. ZijOL. T. IX. (Caliier n° 3.) "' M 16"2 J. ItELUOS. UECIIERCIIES SLR l'oSTÉOLOGIE ^. La fosse massétérienne csl liien plus profonde, bien mieux circonsci'ite en avant par la crête qui va former le Ijord antérieur de l'apopliyse coronoïdc, en bas par une crêie qui se rend à l'apo- physe croc.bue. Il y a, en outre, luic troisième crête 1res marquée qui pari du point de réunion des deux premières pour se rendre au bord externe du condyle,et qui n'existe pas chez l'Ours; elle limite supérieurement une surface lriani;ulaire rugueuse située au-des- sous de la grande fosse, et qui devait recevoir une partie du masséler. 5. L'orifice du canal dentaire csl plus rapproché du condyle, au-dessous de la moitié delà hauteur du corps. 6. L'apophyse coronoïdc est un peu plus penchée en arrière, et Icnd à prendre la forme d'un triangle obtusangle. 7. La petite échancrure sigmoide est inoins courte; son con- tour figure une demi-ellipse partagée suivant son grand axe. 8. L'apophyse angulaire est presque dans le plan du maxillaire; chez l'Ours, elle csl plus en dehors de la ligne du bord infé- rieur. 9. Il n'existe pas de tubercule sur le bord inférieur, à l'origine de reniprcinle du mylo-hyoïdicn, de sorte que ce bord est continu depuis l'apophyse crochue jusqu'au menton. COLONNE VERTÉBRALE. Elle se compose de quarante vertèbres, savoir : sept cervicales, quatorze dorsales, six lombaires, sept sacrées et six coccygien- nes. J'examinerai successivement les caractères communs aux vertèbres de ces cinq régions, puis les différences qui peuvent servir à les distinguer les unes des autres. Région cervicale. Les deux premières vertèbres sont bien connues, et je n'aurai que peu de cliose à en dire ; mais il n'en est pas de même des cinq dernières qui n'ont pas été, que je sache, l'objet de descriptions spéciales. DE LutUS BRI?* DrS PVRKNÉES. 1 6o Allas. — 1. L';u'L' siipûrieur [iR'SL'iile en .ivant un lubercule, vestige des npopliyses épineuses des vertèbres suivantes. 2. Les ;ipoplnses transverses ou grandes ailes s'étalent horizon- talenicnf. mais un [leu eu arrière et légèrement en bas. Jxis. — 1 . Corps assez long, mais très plat; sa face inférieure a la forme d'un trapèze, dont la base égale à peu près la bauteur, avec deux saillies antérieures formées par les apopbyses articu- laires; ellet'sl bordi'e par deux crêtes qui vont former les apophyses transverses; le milieu de cette face est marqué d'une crête, et il y en a, en outre, deux autres moins distinctes, cl divergentes d'avant en arrière de chaque côté. 2. Apophyse épineuse énorme, en forme de faux, élargie posté- rieurement en une base triangulaire, qui s'élève |)erpendiculaire- ment au-dessus de la troisième cervicale; pédicules plus étroits que chez le Chien. 3. Apopbyses transverses pointues, dirigées en arrière et en dehors. 4. Apophyses articulaires antérieures situées sur le corps de cliaque côté de l'apophyse odontoïde, arrondies, et regardant en arrière et en dehors. 5. A|iophyses articulaires postérieures placées à la base de l'apo- physe épineuse, regardant obli(juenient en arrière, en bas et un peu en dehors. Vertèbres cervicales postérieures. Caractères communs aux cinq dernières cervicales. — 1 . Corps peu développé, élargi en travers, à face inférieure peu convexe. Face antérieure légèrement convexe ; la postérieure un peu con- cave; toutes deux un peu obliques sur l'axe du corps ; l'antérieure regardant un peu en bas, la postérieure un peu en iiaut. 2. Apophyses épineuses courtes et grêles, amincies de la base au somme!, se terniinanl presque en pointe. 3. Apophyses transverses très dilatées à leurs extrémités, se diiigeant eu dehois et se courbant en bas. 4. Apophyses articulaires à surlaces planes; les antérieures 104 J. i»i;lbos. — UKCHEHciiiîs si;u l'osikologik obliques, convergeant vers le canal sous un angle de /|5 degrés; les postérieures regardant obliqiienienl en dehors. 5. Anneau élargi supérieurement par les apophyses arhculaires en nue surface quadrilatère presque ]ilaue, échancrée Ibrlement en avant et un peu moins en arrière, cl au milieu de laqui'lle s'élève presque verhealement l'aijophyse épineuse. Ces caractères peuvent servir à distinguer une verlèhre cervi- cale quelcou(pie de celles de toute autre région. Caractères particuliers. — 1. L'anneau supérieur aplati, et de l'orme presque carrée en dessus dans la troisième cervicale, s'échancre de plus en plus en avant dans les suivantes, et devient en même temps de plus en plus étroit dans le sens antéro-pos- térieur. 2. L'apophyse épineuse n'est qu'un petit tubercule dans la troi- sième. Dans les trois suivantes, c'est une lame atténuée au som- met, Iranclianle en avant, (.'analiculée à sa base postérieurement, à peu près verticale. Dans la dernière, ou septième cervicale, elle devient un peu plus |iroéminente, l)eaucoup moins toutefois que dans la première doi'sale, et s'incline un peu en arrière. 3. Les apophyses transverses se dilatent à leur extrémité dans la troisième en une lame dirigée d'avant en arrière et de dedans en dehors, dégénérant postérieurement en un tubercule. Dans les trois suivantes, cette lame devient graduellement plus étroite, mais |ilus saillante, et se porle de plus en plus en bas; en même temps, le tubercule tend à s'en séparer par un rétrécissement de plus en plus mar(|ué et en se relevant, de façon que la lame tranchante l'ait saillie au-dessous de lui, et que l'extrémité de l'apophyse devient bihn'(]uée. Dans la sixième, le tubercule est réellement pédicule, et la lame, très développée, dirigée tout à fait en bas. Dans la sc[ttième, la lame manque, cl les apophyses sont terminées seulcineni |iar un gros lubcrculi'. Outre ces caractères, il eu esl de spéciaux qui pcrmellcnt de l'ccoiuKiitrc avec une giandc facilité la septième ou dernière cer- vicale. 1° La base des apophyses Iransvcrses n'est point percée eonnne dans les autres d'un canal destiné à loger l'artère verté- brale. Cette artère se comporte donc chez l'Ours comme chez DK LOLIIS BUIN llliS l'MlKMCICS. 165 l'IIdiniiic, (III i'll(^ s'eiigiigc oitliiinirL'iiiciil (hms les vertèbres, à partir de la sixième cervicale et très rareineiil île la septièinc. 2° Il existe de chaque côté de la lace postérieure du corps une deaii-facetle pour la tète de la première côte. négion dorsale. Elle comprend (juatorze vertèbres, et peut être subdivisée en trois régions : une antérieure formée de deux vertèbres, une moyenne de huit, et une postérieure de ipiatre. Toutes leurs parties se modillent graduellement d'une extrémité à l'autre de la région, de telle sorte qu'il n'existe guère qu'un caractère qui leur soit commun : c'est rcxislence de facettes arti- culaires, au nombre de deux ou de quatre, sur cliafjue corps ver- tébral, pour la réceplion des tètes des côtes correspondantes. Mais si, au lieu de considérer la région dorsale Jans son ensemble, on la divise comme je l'ai indique, on trouve que les vertèbres des trois régions secondaires possèdent des caractères très marqués qui peuvent servir à les distinguer Région antérieure. Caractères communs aux deux vertèbres. — 1. Corps raccourci, élargi transversalement, surtout en arrière, à faces antérieure et postérieure per|iendiculaires à l'axe, portant (jualre facettes articu- laires, savoir : deux antérieures situées de cliaipie côté du corps sur sa face inférieure, inclinées de 50 à 60 degrés sur l'a.xe ; deux postérieures sur la face postérieure du corps, à laquelle elles sont parallèles. 2. Apophyses épineuses longues et saillantes, un peu inclinées en arrière. 3. Apophyses transverses étalées, dilatées à leur extrémité. /l. Apophyses articulaires antérieures écartées, situées à la base des apophyses transverses, à surfaces regardant en haut, mais convergentes vers le grand canal. Les posié'riem'cs, situées au- dessous de l'arc supérieur de l'anneau, à surfaces ju-esque iiori- 166 J. DIvLBOS. — RECHERCHES SUR l/oSTÉOLOGIE zontales, regardant en bas, mais un peu convergentes vers le grand canal. Caractères particuliers. — 1 . La première dorsale ressemble beaucoup à la dernière cervicale; ses apophyses sont encore très développées, élargies ; les facettes articulaires postérieures, très écartées, regardent en bas et en dehors. 2. Dans la deuxième, les apophyses transverses deviennent plus faibles; les facettes articulaires antérieures sont disposées comme dans la première, c'est-à-dire écartées, et regardant en haut et un peu en dedans ; mais les postérieures sont rapprochées, confon- dues à la base de rapo])hyse épineuse comme dans les vertèbres de la région moyenne auxquelles elle forme passage. Région Dioyenne. Caractères communs aux liuit vertèbres. — 1. Corps cylindri- que en dessous, arrondi en avant, élargi en arrière par les deux facettes arliculaircs des côtes, portant quatre iaeelles : deux anté- rieures sur le corps même, inclinées de 50 à 60 degrés sur son axe ; deux postérieures sur la face postérieure, et parallèles à son plan. 2. Apophyses épineuses longues et étroites. o. Apophyses transverses divergentes, un peu redressées, ter- minées chacune par un gros tubercule muni en dessous d'une facette, pour l'arliculalion de la tubérosité de la côte correspon- dante. li. Apophyses articulaires se confondant avec la hase des apo- physes épineuses : les antérieures, à surfaces comprises l'une et l'autre dans le même plan, rapprochées, formant une aire carrée ou demi-circulaire, échancréc en son milieu par le grand canal vertébral, regardant en haut et un peu en avant; les postérieures, rapprochées au-dessous de l'apophyse épineuse, regardant en bas et un peu en arrière, planes, faiblement convergentes vers le grand canal. Caractères particuliers, — Les huit vertèbres de la région dorsale moyenne ne sont pas faciles à distinguer les unes des autres; voici cependant quelques caractères généraux : DE l'olUS BRl'N UES l'YItÉNÉES. 167 1. Le corps devient de filus en [iliis long et volumineux, à mesure que les vertèbres se rapprochent de la région posté- rieure. 2. Les apophyses épineuses s'inclinent de plus en plus en arrière. 3. La partie supérieure de l'anneau, vue en dessus, présente à la base de l'apophyse épineuse une dilatation fiu'mée par les faces des apophyses articulaires antérieures qui sont presque horizon- tales, et se rapprochent de manière à former une aire qui se des- sine de plus en plus ; celte dilatation est franchement tiiangulairc dans la première vertèbre de la région moyenne ou troisième dor- sale; une petite saillie, produite sur les deux côtés du triangle par les apophyses postérieures, se prononce graduellement dans les trois suivantes, devient plus forte dans les trois autres, et finit par transformer le triangle en ipiadrilatère dans la dernière. II. Les faces des apophyses postérieures remontent progressive- ment sous la base de l'apophyse épineuse ; elles se rapprochent en même temps, et tendent à devenir horizontales. 5. Le tubercule qui termine les apophyses transverses se pro- nonce de |)lus en plus; d'abord arrondi, il s'élargit d'avant en arrière à partir de la huitième dorsale, et atteint son maximum de largeur dans la dixième. Région postérieure. Caractères communs aux quatre vertèbres. — 1. Corps arrondi, cchancré en cœur par le grand canal, sans facettes costales posté- rieures, |)orlant en avant et sur les côtés deux facettes articulaires presque parallèles à son axe et sans facettes postérieures. 2. Apii|iliyscs épineuses devenant de plus en plus courtes, et pas.sant à la furnicd'ime lame (piadrilalcre. 3. .Vpopîiy.ses transveiscs nulles. Dans la dernière dorsale seu- leinenl, elles sont représentées par un petit lubciculc situé au- dessus de la facette articulaire costale. h. Apophyses articulaires se séparant de la base de l'apophyse épineuse pour devenir distinctes; elles ne «'ml qu'une modifica- 168 J ni;i.Bos. — r.u:cHi;nf,nES siit l'ostéologie tion des npopliyses traiisvorscs de la région préeédeiite, sur les- quelles deseeiidenl les faees arlieulaires anlérieiires, en même leni|)S qu'elles eesseiil île s'imir aux cùles, doiil les lètes s'arli- cuicnt de |)lus en plus inl'érieurenient sur les eorps vertébraux. Ces apoiiliyses, ([ui ne sonl dans la [iremière doi'sale postérieure qu'un firos tubercule, s'allongent d'avant en arrière dans les autres en une apophyse surnuméraire qui fortifie l'articulation vertébrale, en formant avec les apophyses articulaires i)Oslérieures une coche, dans laquelle vient s'emboîter l'apophyse articulaire antérieure de la vertèbre suivante. . 5. Les surfaces articulaires des apophyses antérieures, con- caves, se relèvent de plus en plus pour devenir presque parallèles au-dessus du grand canal, regardant ainsi en dedans et un peu en haut. Les surfaces postérieures, situées à la base et de chaque côté de rai)ophysc épineuse, vers la(|uelle elles se relèvent progressive- ment, deviennent presque parallèles, regai'danten dehors, et con- vergeant un peu vers le grand canaL Caractères particuliers. — La première vertèbre de la région postérieure, ou onzième dorsale, établit le passage à la région moyenne; elle a des caractères très manjués : — l. Le corps, circulaire en avant, devient elliptique transversalement en arrière. — 2. L'apo|)hyse épineuse, très couchée en arrière, est encore assez longue. — 3. Les apophyses articulaires antérieures se ter- minent par un tubercule élargi d'avant en arrière. — û. Les sur- faces articulaires des apophyses antérieures forment encore une aire presque plane comme dans la région moyenne ; mais les posté- rieures se relèvent, de manière à regarder en dehors et à devenir presque parallèles comme dans les dernières dorsales. Les trois dernières dorsales se distinguent moins facilement les unes des autres. Voici leurs caractères spécifiques : — ■ 1. Les faces antérieure et postérieure du corps sont l'une et l'autre eir- culaires-cordiformes. — 2. L'apopliyse épineuse devient de plus en plus courte, épaisse et quadrilatère, en passant de la première à la dernière. — 3. Les apopliyses articulaires antérieures, tuber- culeuses en avant et en dehors, se terminent en arrière par une apophyse surnuméraire qui s'ap[ilique sur la face externe de l'apo- DK L'oims BRIN DES PYRÉNÉES. 160 pliyseai'lic'iilaii'e antérieure de la vertèbre qui suit iinmédialement. Il en résulte que les tubercules des apojiliyscs articulaires anté- rieures des onzième et douzième dorsales sont libres, et que ceux de la treizième et de la (|natnrzièuie s'emboitent dans une sorte d'enlailie formée par l'apopbysc articulaire postérieure et l'apo- physe suruuméraire des vertèbres précédentes. Région lombaire. Les six vertèbres (jui la composent olTrent des caractères qui permettent de la subdiviser en deux autres régions : une anté- rieure, comprenant quatre vertèbres; une postérieure, qui n'en comprend que deux. Caractères communs a toutes les vertèbres lombaires. 1 . Corps volumineux, cylindriijne-cordit'orme, dépourvu de facettes articulaires, s'élargissant en travers dans les dernières vertèbres. 2. Canal vertébral circulaire, devenant elliptique transversale- ment dans les vertèbres de la légion postérieure. 3. Apophyses é|)ineuses presque verticales, en forme de lame carrée dans les trois premières, plus étroites dans les trois der- nières. II. Apophyses transverses en forme de lames minces étalées latéralement, à angle droit, par rapport aux apophyses épineuses, devenant plus proéminentes d'avant en arrière. 5. .\pophyses articMdaires antérieures rapprochées, à surfaces articulaires concaves regardant en dedans, et convergeant vers le grand canal. Elles se prolongent en arrière en une apophyse sur- numéraire dans les trois [)remières vertèbres, comme dans les vert(^bres dorsales postérieures; maiscette apophyse se réduit dans la troisième à un tubercule, et manque dans les trois dernières. 6. Apophyses articulaires postérieures à surfaces regardant oblitiuement en dehors, et convergeant vers le canal rachidien. 170 J. DELBOS. — RECHERCHES SUR LOSTÉOLOGIE Région antérieure, Les quatre vertèbres qui la composent ont les caractères sui- vants : 1. Corjjs arrondi cordilornie, un [leu plus large en arrière. 2. Canal presque cylindrique. 3. Apophyse épineuse en torme de lame quadrilatère. k- Apophyses transverses devenant de plus en plus longues. 5. Apophyses surnuméraires très prononcées dans la jiremière, moins saillantes dans la fleuxième, moins encore dans la Iroisiènie, se réduisant dans la quatrième à de très petits tubercules. Région postérieure. Ses deux vertèbres se reconnaissent aux parlicularités suivantes: 1. Corps élargi transversalement. 2. Canal vertébral plus large que haut. 3. Apopliyses é|jineuses [dus grêles, surtout dans la dernière. II. Absence d'apophyses surnuméraires. 5. Apophyses articulaires plus écartées que dans la région pré- cédente. 6. Dans la dernière lombaire, les apophyses transverses s'élar- gissent quelquefois énorniément pour s'arlicider avec les os iliaques. Particularités individuelles . — Les vertèbres lombaires m'ont offert dans le squelette d'Ours des Pyrénées deux exemples assez remaripiables de parlicularités ou de difformités individuelles : 1. Le corps de la deuxième lombaire offre sur sa iiicc inférieure une forte callosité qui se recourbe en avant pour s'articuler en ar- throdie avec un talon convexe que porte inférieuremcnt le corps de la première loml)aire. Cette callosité, sur lacpiclle se lixaient (|uel- ques-uns des faisceaux du muscle psoas, n'eaj. assurément qu'ime singularité individuelle, car les vertèbres fossiles correspoudanics ne m'en ont point offert d'indices. 2. La dernière lombaire présente une anomalie singulière : sur le côté gauche, elle est pourvue d'une apophyse Iransverse sem- blable à celles des autres lombaires, seulement amincie à son DE l'ours brun des PYRÉNÉES. 171 extrémité, et lui peu inlléeliie en avant. Mais rapo[)hyse trans- verse droite se dilate en une aile extrêmement large, qui s'articule solidement avec l'os iliaque. Région sacrée. Je décrirai successivement le sacrum en général, puis les ver- tèbres qui le composent en particulier. Sacrum. Cet os, formé par la réunion de sept vertèbres, a dans son en- semble la forme d'un triangle, dont la hauteur égale deux fois la base. 1. La face inférieure ou pelvienne, concave d'avant en arrière, montre les lignes de soudure des sept vertèbres sacrées, et les trous sacrés inférieurs qui ne sont (ju'au nombre de (jualre de chaque côté. 2. La face supérieure ou spinale, convexe, jiorle sur sa ligne médiane une crête tuberculeuse de distance en distance, formée parla réunion des apopliyses épineuses devenues rudimcnlaires. Cette crête est remplacée dans la septième vertèbre par la gouttière de terminaison du canal sacré. Sur les côtés, on voit les trous sa- crés supérieurs au nombre de six paires, les derniers très petits. En dedans de chacune des séries de trous, il y a (|uelques tubercules alignés qui représentent les vestiges des apophyses articulaires des vertèbres lombaires. 3. Les faces iliaques sont coupées carrément en avant par les faces auriculaires ijui égalent environ le tiers de la longueur totale du sacrum. k. La base porte, de chaque côté delà face elliplique qui s'arti- cule avec la dernière lombaire, une échancriux; qui concourt à former le diTuier trou de conjugaison, puis en dessus les deux facettes qui s'unissent aux apophyses arlicidaircs de la dernière lombaire. 5. Le sommet est une facette ovale, déprimée en haut, qui s'ar- ticule avec la première caudale. 17*2 J. DF.I.BOS. RECIIEIICHES SIR l'oSTF.OLOGIF. Particularités individuelles. — L'anomalie déjà signalée, rela- tivement à la dernière lombaire de l'Ours des Pyrénées, devait en(raîner certaines parlienlarités dans la conformation dn sacrum ; en effet, tandis que la disposilion des parties est normale du côté gauche, la grande dilatation de l'apophyse transversc du coté droit et sa réunion à l'os iliaque ont amené les cliangements suivants : 1. La base du sacrum offre sur son côté gauche une face qui s'articule avec cette apophyse. 2. Le trou de conjugaison du même côté s'ouvre tout à fait in- férieurement sur la ligne de séparation de la dernière lombaire et de la première sacrée. Vertèbres sacrées. 1. La première est très large, pourvue de deux grandes ailes articulées avec les os iliaques; elle porte une petite apoi>hyse épi- neuse, et s'échancre en avant au-dessus du canal vertébral, pour laisser un trou assez volumineux en arrière de l'apophyse épineuse de la dernière lombaire. Elle est moins solidement soudée avec la suivante que toutes les autres ne le sont entre elles. 2. La deuxième, également très large, s'articule aussi par ses ailes avec les os des iles. 3. La troisième, la quatrième et la cinquième, très fortement unies, vont en diminuant rapidement de largeur. La cinquième porte une tubérosité, de cliaque côté, sur ses faces latérales ; elle a eu dessus un sillon qui se continue sur la sixième. h. La sixième, séparéede la cinquième par un étranglement de chaque côté, est aussi bitubcrculeuse. 5. La septième enfin, également séparée et pourvue de tuber- cules latéraux, offre sur sa face supérieure la gouttière par laquelle se termine le canal sacre, comprise entre deux tubercules mousses et saillants. C'est la plus petite de toutes. Réyion caudale ou coccijgienne. Elle se compose, chez l'Ours des Pyrénées, de six vertèbres, qui vont endiminuani de volume de la baseàl'exlrémitédu coccyx. DE l'ours BKIN DES PYRÉNÉES, 173 l>a première est renllée au milieu ; loules les antres sont au con- traire étranglées. 1. La première, la deuxième et la troisième, présentent en avant, sur le prolongonient île la gouttière ipii termine le canal vertébral, un léger sillon compris entre deux petits tubercules qui se réunissent en arrière pour former une crête sur la ligne mé- diane. 2. Dans les trois dernières, les deux tubercules se confondent, et produisent une crêle simple. La face inférieure présente seule- mont qucliiues stries longitudinales. 3. La dernière est 1res petite, et terminée par un tubercule arrondi. De la colonne vertébrale en générale. Après les détails qui précèdent, il ne sera pas inutile de jeter un coup d'œil d'ensemble sur la colonne vertébrale, afin défaire voir comment les |iièces dont elle se compose se modifient graduelle- ment, pour |)rendre des caractères spéciaux si tranchés et si diffé- rents en apparence, lorsqu'on les compare sur des points un peu écartés de l'axe racliidien. Une vertèbre complète se compose de quatre parties principales : 1° le corps, 2° la portion annulaire, 3° les apophyses, /i" l'appareil articulaire. Mais quoicpi'on puisse dire que toutes les vertèbres sont construites sur le même plan, ces quatre parties sont loin de se présenter partout avec une égale constance ; toutes varient pro- fondément dans les diverses régions, auxquelles elles donnent leurs caractères s|»cciaux. Ces variations se traduisent : \" par des changemenls dans le volume relatif et dans la configuration des parties; 2° par des réductions qui peuvent aller jusqu'à la sup- pression d'une ou de [ilusieurs d'entre elles; 3° par des modifica- tions dans leur direction et dans leur situation. Je passerai successivement en revue chacune des quatre parties fondamentales des vertèbres en procédant d'avant en arrière. 171!| J. DELBOS. nECIlERCHES SliR LOSTICOLOGIK Corps. 1. C'est la partie la plus constante. Dans l'atlas, il se réduit extrêmement, et prend la forme d'un arc qui constitue la partie inférieure de l'anneau ; sesusagcs se bornent presque à fournir les larges facettes articulaires occipitales et axoïdiennes. 2. Dans l'axis, il s'épaissit un peu, mais il est encore extrême- ment déprimé, et sa face inférieure s'aplatit en un trapèze pourvu de cannelures divergentes. o. Dans les cinq dernières cervicales, il est plus large que long, déprimé, peu convexe en dessous, et ses faces terminales sont obliques sur son axe, l'antérieure convexe, la postérieure con- cave. 4. Dans la région dorsale, il devient de plus en plus volumi- neux, et s'allonge graduellement ; sa face inférieure prend la forme cylindrique ; sa face aniérieure, d'abord un peu élargie, [lasse à la foi me circulaire ; mais la postérieure est élargie en ellipse parles facettes articulaires costales postérieures, qui sont parallèles à son plan dans les régions aniérieure et moyenne, et ne recouvre la forme circulaire (juc dans les trois dernières dorsales où ces facettes n'existent plus. En même temps, le corps est échancré en cœur, dans la région dorsale postérieure, par le grand canal vertébral. 5. Dans la région lombaire, son volume devient encore plus considérable ; il est échancré en cœur par le grand canal, et sa face inférieure est carénée sur la ligne médiane. Il est arrondi-cordi- forme, dans les quatre premières lombaires ; mais dans les deux dernières, il s'élargit de nouveau transversalement. 6. Dans la région sacrée, il se réduit rapidement en largeur, et en se déprimant de haut en bas. 7. Enfin, dans la région coccygienne, il constitue à lui seul les vertèbres, en diminuant de volume jusqu'à la dernière caudale, mais en offrant dans toutes une longueur supérieure aux auti'es dimensions. DE l'ouks bucn niîs l'YnÉNÉES. 175 Portion annulaire. 1 Très ample dans l'allas et l'axis, où elle sii|)|)orle d'énormes apoi)iiyses, elle est élargie, dans les ein(| deniièi'es cervicales, en une siirlace quadrilatère et horizontale, par les apophyses articu- laires; mais celte surface, presque carrée dans la troisième cervi- cale, se raccourcit progressivement d'avant en arrière dans les suivantes et dans la première dorsale. 2. Dans la région dorsale antérieure et moyenne, elle devient oblique et triangulaiic ; mais dans la postérieure, elle retrouve sa forme quadrilatère et son liorizontalilé, par suite du développement des apophyses articulaires; seulement, ce quadrilatère se rétrécit de plus en plus en s'allongeant dans son diamètre antéro-posté- rieur. 3. Cet allongement se continue dans la région lombaire jusqu'à la dernière vertèbre, où la face su|iérieure de l'anneau redevient carrée. II. Dans le sacrum, la partie annulaire se réduit rapidement en se déprimant, et enfin, dans la derm'ère sacrée, elle disparaît, et n'est plus représentée ([ue par une gouttière comprise entre deux bourrelets tuberculeux. Appareil articulaire. 11 comprend : 1° les faces des corps vertébraux qui s'articulent par ampliiarthrose ; 2° dans la région dorsale, les Tacettes costo- vertébralcs et costo-lransversaires ; 3° les apo|ihyses articulaires. Faces des corps vertébraux. — J'ai inili(itié leurs caractères en parlant des corps vertébraux. Facéties coslo-verlébrales et coslo-transversaires. — Les facettes costo-vertébralcs sont au nombre de quatre dans les dix dorsales antérieures, et de deux seulement dans les quatre dernières. -J- 1 . Les facettes antérieures, situées de chaque côté des corps vertébraux, sont, dans les régions dorsales antérieure cl moyenne, en forme de fossettes demi-circulaires, et inclinées de 50 à GO de- grés sur i'a.xe du corps. Dans la région postérieure, elles sont cir- culaires et presque parallèles à l'axe. 176 J. DELBOS. RECHERCHES SLR l'oSIÉOLOUIE 2. Los facéties postérieures sont des impressions planes situées (les deux côtés de la l'ace iKistérieure de chaque verlèlire, et sur le même plan ; elles manquent dans les quatre dernières. ■ff . Les facettes costo-lransversaires sont des surfaces planes situées au -dessous des lubérosités des apophyses transverses ; elles manquent dans les deux dernières dorsales. Apophyses articulaires. — Elles varient beaucoup de forme et de position dans les diverses régions, et impriment aux vertèbres des caractères fort importants. ■j- Apophyses articulaires antérieures. — ] . Dans l'atlas, elles se réduisent à deux larges faces concaves situées sur l'arc inférieur, c'est-à-dire à l'extrémité antérieure de la partie qui représente le corps. 2. Dans l'axis, elles forment deux éminences convexes qui tronquent obliquement le corps en avant, de chaque côté de l'apo- physe odontoïdc. 3. Dans les cinq dernières cervicales et les deux premières dor- sales, elles remontent sur l'anneau, (|u'elles élargissent en formant ses deux angles antérieurs, offrant la forme de facettes aplaties regardant en haut et un peu en dedans et en avant. II. A partir de la troisième dorsale jusqu'à la onzième inclusive- ment, les apophyses antérieures manquent, mais leurs faces arti- culaires se rapprochent sur la base antérieure de l'apophyse épi- neuse, se disposent sur un même plan qui regarde obliquement en haut et en avant, et forment une aire plane qui, d'abord trian- gulaire, s'élargit pour devenir (piadrilalère dans la dixième et la onzième. 5. Un changement très marqué s'opère dans la douzième dor- sale : les faces articulaires abandonnent tout à coup la base de l'apophyse épineuse, en s'écarlant pour venir se placer sur le côlé interne des apophyses articulaires, qui prennent subitement un grand développement, et qui semblent n'être qu'une transforma- tion des apophyses transverses des vertèbres précédentes ; elles y forment deux facéties concaves, regardant l'une et l'anhe en de- dans comme dans les cinq dernières cervicales et les deux pre- mières dorsales, avec celte diilérence que les facettes, au lieu de DE l'ours brun DF.S rYRÉ.NÉES. 1/7 converger vers le eniuil, deviennent à peu près parallèles et se rapprochent beaucoup plus. En même temps, les apophyses arti- culaires se piolongenlen arrière en apo])hyses sin'uuméraires, qui fortitient les articulations vertébrales en pcrmcdant les mouve- ments de flexion de la colonne dans le plan médian vertical, mais en s'opposant aux flexions latérales. Ces dispositions s'accusent de plus en plus dans les treizième et quatorzième dorsales. 6. On les retrouve encore dans les trois premières lombaires ; mais l'apophyse surnuméraire s'y réduit f.n'aduellemenl, et ne forme plus dans la quatrième qu'iui très petit tubercule, qui manque absolument dans les deux dernières. 7. La première vertèbre sacrée porte des facettes antérieures en tout semblables à celles de la dernière lombaire. Dans le sa- crum, on retrouve la trace des apophyses articulaires dans une série de tubercules qui s'alignent en dedans de la file des trous sacrés supérieurs. 8. Elles forment dans la dernière sacrée les deux bourrelets qui bordent la gouttière terminale du canal sacré. 9. Dans les trois premières caudales, on retrouve ces deux bourrelets qui se rapprochent de plus en plus pour se confondre dans la quatrième, où il n'existe |)lus qu'un petit tubercule prolonge en carène. Cette carène s'amoindrit dans la cinquième, et dispa- rait dans la dernière. f-f-Jpophyses articulaires postérieures. — 1. Elles se confondent dans l'atlas en une large surface concave qui occupe foute la partie postérieure du corps, c'est-à-dire de l'arc inférieur de l'anneau. 2. Dans l'axis, elles quittent le corjis pour venir se placer sous les racines postérieures de la grande apophyse épmeuse, où elles forment deux facettes dirigées en bas et en dehors. 3, Dans les cinq dernières cervicales et la première dorsale, elles élargissent l'anneau en formant les deux angles postérieurs de sa face sufiérieure ; leurs facettes, situées au-dessous de ces angles, sont très légèrement convexes, et regardent en bas et en dehors. ft. A partir de la deuxième dorsale, les apophyses manquent tout à coup, mais les facettes articulaires viennent s'appliquer sous 4- série Zool. T. IX. (Caliier n° 3.) * 12 178 J. IIF.LBOS. — nKCllERCHKS SIR L'oSTltOLOGIE la racine poslciieure de l'apophyse épineuse; elles se rapprochent, regardant en arrière, en has et un peu en dehors ; elles s'inclinent de plus en plus en arrière , et remontent en même temps sous l'épine. 5. Dans la onzième dorsale, les apophyses reparaissent sous la forme de deux tubercules, situés à la hase et de ciia(|ue côté de la racine du bord postérieur de rapo]>liyse {'pineuse ; elles sont ter- minées par des faces articulaires regardant en dehors, presque parallèles l'une à l'autre, avec une faible convergence vers le grand canal. 6. Cette conformation se retrouve dans les trois dernières dor- sales et dans toutes les vertèbres lombaires, avec celte particularité que les apophyses se prononçant de plus en plus, leurs facettes s'écartent progressivement l'une de l'autre. 7. Dans les régions sacrée et coccygienne, les traces des apo- physes articulaires postérieures se confondent avec celles des an- térieures. Apopliyses épineuses et transverses. Apophyses épineuses. — 1. L'apophyse épineuse n'est repré- sentée dans l'atlas que par un faible mamelon. 2. Dans l'axis, elle prend un énorme développement, et fait une saillie considérable au-dessus des vertèbres voisines ; c'est une forte éminence pyramidale en arrière, qui s'amincit et se termine par une sorte de bec falciforme en avant. 3. Dans la première cervicale, ce n'est plus qu'un faible tuber- cule qui s'élève au milieu de la partie supérieure aplatie de l'an- neau; mais dans les suivantes, ce tubercule se développe en une lame tranchante, pointue, verticale. II. Dès la première dorsale, l'apophyse épineuse devient une forte et longue lame qui atteint son maximum de longueur dans la deuxième vertèbre de celte région ; elle conserve presque les mêmes dimensions dans toute la région antérieure et moyenne, mais se renverse de plus en plus en arrière. 5. Dans la onzième dorsale, cette lame commence à se tronquer carrément au sommet, et passe à une lame quadrilatère dans les DE l'olrs brln des I'vrénëes. 179 suivanles jiis(|ii'à la deuxième lunil aire, où elle oflVesa plus grande largeur. A parlir de ce point, elle se rétrécit et se redresse pour atteindre sa piusiietite largeur dans la dernière lombaire, en même temps quelle tend à s'incliner un peu en avant. 6. Dans la région sacrée, les apophyses épineuses sont rempla- cées par une crête continue ou par une série de tubercules, aux- quels succède une rainure dans la dernière vertèbre de la région. Apophyses Iransierses. — 1. En comparant les apo[)byses transverses dans toute l'étendue de la colonne vertébrale, on les voit subir des modifications profondes, mais graduelles, dans les dillércnles légions. Après avoir formé les vastes ailes de l'atlas, elles se réduisent dans l'iLxis à deux espèces de cornes, qui termi- nent iioslérieurcment les crêtes latérales de la face inférieure. 2. Dans la liui.sième cervicale, ces cornes sétciiclent en lames tuberculeuses à leurs exircmilés. Dans les trois suivantes, elles se bifurquent, iiarcequele tubercule seilétaclie deiiluscn plus de la lame; celle-ci, (jui Ibrnic la brandie interne de la foiirclie, s'in- cline de plus en plus en bas. 3. Dans la dernière cervicale, cette lame disparaît, et les apo- physes sont simplement tuberculeuses à leur pointe; en même temps, le canal artériel ijui pei iorait leur base cesse d'existei'. 4. Dans la région dorsale, les transformations se font rapide- ment et de la manière suivante : dans la région cervicale déjà, le tubercule se rapproche de plus en plus de lapophyse articulaire antérieure, par suite du laceourcissement de son pédicule. Dans la première dorsale, 1 intervalle se raccourcit beaucoup; dai's la deuxième, plus encore, de manière que l'apophyse articulaire an- térieure et l'apophyse transverse réunies ne forment plus qu'un gros tubercule obliquement dirigé de dedans en deliors et d'avant en arrière. 5. Dans la troisième doisale, l'apopliyse articulaire disparaît tout à coup, et le tuheicule de l'aiiopliyse transverse reste seul. A partir de ce point, ce tubercule, petit et triangulaire d'abord, est toujours porté par un col assez long. Il commence à s'allonger d'avant en arrière dans la huitième, et cet allongement se conti- nue dans la neuvième, la dixième et la onzième. 11 est à remarquer 180 J. «Ei.Bos. — lirxHEnciiES sru l'ostiUilogie que jusqu'ici les a[)opliyses Iransverses de la région dorsale, au lieu de s'incliner en bas comme dans la cervicale, s'étalent en de- hors, et se relèvent même progressivement, et que toutes s'arti- culent avec les lubérositcs des côtes. 6. Dans les trois dernières dorsales, les tubercules se relevant de plus en plus, cessent de s'articuler avec les côtes, et se trans- forment en apophyses articulaires antérieures et en apophyses supplémentaires. 7. Cependant, dans la dernière dorsale, au-dessus de la tète de la dernière côte, au-dessous de l'inlervalle qui sépare l'apophyse articulaire antérieure de l'apophyse surnuméraire, on voit poindre un tubercule qui se développe en une lame étalée horizontalement dans la région lombaire, véritable apophyse transverse de plus en plus saillante. 8. Dans les deux premières vertèbres sacrées, les apophyses transverscs se dilatent extrêmement pour s'arliculer avec les os des ilcs ; mais dans les suivantes elles se réduisent à des tuber- cules d'abord soudés entre eux, et qui deviennent un peu plus saillants dans les trois dernières. 9. On en trouve encore lui indice dans la première caudale, mais plus aucune trace dans les trois dernières. [1 résulte de ces passages ménagés, qui se font d'une vertèbre à l'autre, que, lorsqu'on suit de l'œil la série des aiiophyses articu- laires et transverses, il semble que les unes et les autres, se rap- prochant de plus en plus dans la région cervicale, Unissent par se confondre dans la région dorsale antérieure et moyenne en une série d'apophyses transverses simples; que celle contraction cesse dans la région dorsale postérieure et dans la région lombaire, où les deux sortes d'apophyses redeviennent distinctes. THOUAX. Sternum. — 11 se compose de sejjt pièces osseuses et de deux pièces cartilagineuses (pii le Icrmiiient postérieurement, et for- ment l'appendice xiphoïde. Les pièces osseuses sont celluleuses, peu solides, à peine recou- DE l'oi'rs brin des rVRÉ>ÉES. 181 vertes sur loiii's laees arlieulaires d'une niiiieo eoiiclic de tissu osseux compaete. La preuiière est la plus longue et la plus luinee ; toutes les autres vont en décroissant de longueur jusqu'à la der- nière, qui est la plus coiule. Elles sont élargies aux extrémités, et le corps, dé|iriiné et comme évidé sur les côtés, est arrondi sur sa face cutanée, plan sur la l'ace interne. L'appendice xi[)lioïde, atténué d'avant en arrière, reste cartila- gineux dans l'âge adulte. Côtes. — Elles sont au nombre de quatorze de cluKpic côté, savoir : liuit côtes slernales qui se réunissent directement au ster- num parleurs cartilages, et six fausses côtes, dont les cartilages se réunissent entre eux et avec ceux de la dernière côte sternale. Elles augmentent de longueur jusipi'à la liuitième, qui est la plus grande, et, à [lartir de ce point, elles vont en diminuant jusqu'à la dernière. 11 est bien dilTicile de tirer des côtes des caractères propres à distinguer lesdiftérents genres de Carnassiers; le plus souvent, on ne tient guère compte ipicdc leurs dimensions. Mais quoiqu'il ne soit pas impossible (pic l'on arrive, par une comparaison minu- tieuse, à reconnaître des particularités généritpjcs de conformation, l'insuffisance des matériaux ne m'a pas permis d'entreprendre ce travail. Les côtes d'ailleurs sont rarement conservées entières à l'état fossile, en raison de leur fragilité. Je me bornerai donc à indiquer les signes qui permettent de reconnaître, avec plus ou moins de précision, leurs numéros d'ordre dans les Om's. 1 . La première côte se reconnaît assez aisément : — a.) sa cour- bure est plus forte que dans les autres côtes, et de toutes aussi c'est la moins longue ; — b.) le corps est très aplati, élargi en bas, fortement tordu de dedans en dehors; —c.) la tête et la tubércsilé, séparées par ime ('■diancrure, sont presque aussi saillantes l'une que l'autre , toutes deux pourvues de facettes articulaires très dé- veloppées ; — cl.) la facette de la tubérosité est séparée du corps par une sorte de col. 2. La deuxième et la troisième se distinguent : — a.) de la pre- mière par l'écartement de la tcte et de la lub(''rosité, et par leur plus grande longueur; la troisième est bien pluslongnequela deuxième; 182 J. «ELBOS. RECIIRRCIIES SUR LOSTÉOI.OGIE — b.) des suivantes i)ar leur lorge-ur et leur aplalisscmcnt considé- rable ; le corps est tranchant en avant et en arrière dans presque toute son étendue. 3. La quatrième et la cinquième sont plus longues; leur l'ace externe, tout en restant aplatie, devient plus convexe. 4. Les sixième, septième, huitième, neuvième et dixième, ont le corps encore aplati près de l'articulation, déprimé en gouttière en arrière, avec une carène ([ui sépare la lace cutanée de la posté- rieure; il devient graduellement plus mince, plus étroit, plus épais, et presque triangulaire dans la majeure [)artie de sa longueur; sa l'ace externe est convexe. La huitième est la plus longue du squelette, mais la neuvième l'égale presque. Un carac- tère qui permet le plus souvent de les reconnaître, c'est une petite échancrurc située sur le bord postérieur, à "2 ou o centimètres au- dessous de la tubérosité ; cependant, celte (rhancrurc qui est bien marquée sur la sixième et la septième, le devient moins dans la huilième, et n'est quelquefois que très faiblement indiriuéc s(U' la neuvième et la dixième. 5. La onzième cl la douzième ont les mêmes caractères, les mêmes échancrures seulement plus indistinctes ; mais leur lon- gueur est moindre, et les liili(''rosilés IcudenI à s'effacer en se con- fondant avec le corps. Le corps a ses faces anU-rieure et posté- rieure excavéesversl'arliculalion; vers le milieu, il est triangulaire, mais s'aplatit vers l'exlri'milé. G. La treizième cl la rpiatorzième sont rncore plus petites, peu arquées, aplaties à leur extrémité inférieure, triangulaires au milieu, à face postérieure non déprimée vers le haut. La tubéro- sité est très peu marquée ou nulle. Grands os des membres antérieurs ou Ihoraciqucs. Omoplale. Ses principaux caractères sont connus. Sa forme est presque carrée, avec une écliancrure en arrière. L'apophyse coraco'idc manque absolument. Faces. — 1. L'épine divise la face exierne en deux moitiés DE l'ours brun des I'YRÉNÉES. 183 presque égaies. La fosse sus-épiiicusc est donc 1res développée, el par conséquent le muscle élévalenr du liras très puissant. La fosse soMS-épincuse, profonde, est terminée en arrière par une crête qui part de la cavité glénoïde, poin* former le bord postérieur de l'omoplate sur la moitié de sa longueur; mai.s l'angle postérieur présente au delà de celle épine une expansion qui donne à l'en- semble de l'os sa forme échancrée en arrière, el qui parait desti- née à recevoir des muscles analogues au grand rond et au petit rond. '2. L'(''pine se termine par un acromion d(''veloppé, sans facette pour une clavicule 1), obscurément bilobé, à crctc plaie et ru- gueuse pour l'insertion d'une [larlie du trapèze et du deltoïde. 3. La fosse sous-scapulaire est prcsi(ue |ilane et lisse. Bords. — 1. L'antérieur est presque droit, el fait une grande saillie en avant el au-dessus de la cavité glénoïde. 2. Le bord supérieur ou spinal est épaissi et rugueux, surtout vers l'angle supérieur, pour l'insertion du grand dentelé et du deltoïde. 3. Le postérieur est concave en liant, oii il est formé par la lame de l'angle postérieur; droit en bas, où il est formé par la crête postérieure de la face externe. /j. L'inférieur se confond avec l'angle inférieur qui constitue la cavité glénoïde. Angles. — 1. L'antérieur est formé par la saillie du bord, au- dessus de la cavité glénoïde ; le supérieur, ou spinal, est arrondi, et corres|iond à l'exlrémilé de ré[iine. Le postérieur est saillani, et formé par la lame qui dépasse la crête postérieure; l'inférieur comprend la fosse glénoïde. 2. La cavité glénoïde est étroite et atténuée en avant. Le col qui la porte est rugueux et épaissi en avant, [lour l'allache du ligament ca|i.sulaire et d'une porlion du biceps bracliial. L'union de l'bumé- rus avec l'omoplate ne se fait que par ce ligament et par les ten- dons des muscles sous-scapulaire, sus-épineux et sous-épineux. (l) C'est à tort que Sclimerling attribue une clavicule ;i l'Ours { Rechenlies tur leio$temenls fostilcs découverls dans les environs de Luuje, 183:i, t. I,p, 152). 184 J. DIJLBOS. — RECHKRCIIES SUd l'OSTÉOLOGIE Humérus. Corps. — l. CyliiKln(iiic on liaut, il ileviciU prcs(iuo f|iia(]i'an- gulaire au milieu, surtout dans les vieux individus, et s'élargit beaucoup vers l'extrémité inférieure. Je ne vois pas de conduit nourricier. Faces. — 2. La face interne, plane, commence en haut à la coulisse bicipilale, et présente vers son quart supérieur, et près du bord antérieur, une cuiprcinte musculaire elliptique, (|ui paraît analogue à l'insertion du coraco-liuméral chez l'homme. 3. Sur la face antérieure, on observe une forte dépression ru- gueuse qui occupe les deux tiers de sa longueur et se termine an- gulairement : c'est l'empreinle du deltoïde. Au-dessous, la face antérieure s'épanouit pour former rextrémité tibiale. h. La face postérieure est lisse. Bords. — 5. L'antérieur est bien marqué et même tranchant, le postérieur mousse, l'externe presque effacé. Extrémité supérieure. — 1 . La tête est convexe et allongée d'avant en arrière, plus étroite postérieurement. 2. La petite tubérosité, ou tubcrosité interne, est rugueuse pour l'insertion du sous-scapulaire. 3. La grosse tubérosité, ou tubérosité externe, offre sur sa partie externe et d'avant en arrière : — a.) une surface plane, rugueuse, large pour l'attache du sus-épineux; — 6.) une dépression desti- née au sous-épineux; — c.)une face convexe, étroite, pour le petit rond. !i. La coulisse bicipitale, comprise entre ces deux tubérosités, est large et profonde, mais courte. 5. Toute l'extrémité supérieure est cernée inférieurement par une ligne qui limite les rugosités qui servent à fixer le ligament capsulaire. Extrémité inférieure ou tibiale. — 1. Elle est très élargie, et montre de dehors en dedans : — a.)répieondyle,, aplati et ru- gueux, pour l'insertion du ligament latéral externe et des muscles du bras, tels que les extenseurs de la main et des doigts ; de cette tubérosité part une lame extrêmement saillante, caractéristique du DC Lorns BRIN t)ES PYRÉNÉi;?. 185 genre, qui se porte en dehors e( un peu en arrière pour aller se confondre avec la face postérieure du corps, au quart inférieur de sa longueur; — b.]]a poulie arliculaire, de forme demi-cylindrique, dans lacjuelle le condyle et la Irocidée sont confondus ; — c.) l'cpi- trociilée, très forte lubérosité irrégulière, qui donne attache au li- gament laléral interne et à des muscles nombreux (fléchisseurs des doigts, etc.). 2. La face antérieure de l'extrémité tihiale de l'humérus est simplement déprimée et marquée de deux impressions pour le brachial antérieur; la fosse de réception de l'apophyse coronoïde du cubitus est très faiblement indiquée. Une ligne qui limite anté- rieurement la poulie articulaire donne in.sertion au ligament an- térieur. .S. La face postérieure présente une fosse très profonde, qui re- çoit le bec del'olécràne pendant l'extension forcée de l'avant-bras, et qui est recouverte par une lame très saillante qui part de l'épi- condyle. Entre celui-ci et celte lame, il y a une coulisse peu pro- fonde, destinée sans doute au passage d'un tendon. Radius. Dans les descriptions qui vont suivre , je supposerai la main dans l'état de pronation, c'est-à-dire le radius croisant le cubitus, comme cela a lieu lorsque l'animal repose sur ses quatre membres. Corps. — 1. Il est courbé suivant son axe, tordu de dehors en dedans, déprimé, plus large inférieurement que supérieurement. Pas de canal nourricier. Faces. — 2. La face antérieure (pronation) est convexe, la postérieure plane. Bords. — 3. L'interne offre dans sa moitié inférieure une sur- face rugueuse d'insertion pour le grand pronateur. Le bord externe est tranchant, raboteux, pourvu surtout en haut de fortes callosités pour le ligament interosseux, et probablement aussi pour le ten- don du court supinateur. Extrémilé supérieure. — 1. La face qui s'articule avec l'humé- rus est presque plane, élargie en travers, inclinée en dedans, pourvue près du bord antérieur d'une éminence pyramidale carac- 186 J. DCILROS. liECHKRCHES SUR l'oSTÉOLOGIK léristiqiie de l'ordre des Carnassiers. Le bord de la lêle articulaire a la forme d'un bourrelet saillant. 2. Au-dessous et postérieurement, il y a deux tubérosifés ([ui tendent à se confondre, et plus infériouremcnt une Iroisième très marquée qui se réunit parfois aux deux premières. Sur le bord externe lui-même et au-dessousde ces tubérosilés, il en existe une quatrième 1res marquée, qui est avec les précédentes l'analogue de la tubérosité bicipitale. Enfin il y a quelquefois une cinquième lubc- rosilé moins forle sur la face antéi'ieure, au-dessous du crochet de la face articulaire. Extrémité inférieure ou carpienne. — 1 . La face articulaire est concave, élargie, rétrécie en son milieu, atténuée vers l'apophyse styloïde. 2. Celle-ci, pyramidale et saillante, donne attache au ligament latéral externe du poignet et au long supinatcur. 3. Sur le côté opjtosé se trouve la facelfe à peu près circulaire, concave, articulée avec le cubitus. [[. Postérieurement, il y a des rugosités pour les ligaments. 5. Antérieurement, il y a les attaches du ligament antérieur, et deux coulisses, ou gouttières lendineuses, séparées par une tu- bérosité située au milieu de la largeur de l'os, et destinées aux ten- dons des extenseurs des doigts. Cubitus. Corps. — 1 . Il est déprimé latéralement eu haut, se rétrécit gra- duellement, et devient triangulaire dans le reste de sa longueur, l'exlrémité inférieure étant ainsi beaucoup plus petite que la supé- rieure. Faces. — 2. L'antérieure ou externe est carénée au milieu, un peu convexe vers lesexlrémilés. A partir du (pmrt supérieur jus- qu'au quart inférieur, une surface d'insertion musculaire (llécliis- seurs des doigts, etc.), aplatie et rugueuse, est limitée en avant par le bord inlcrnc, et se sépare en dehors par une sorte de carène du reste de la face antérieure. 3. La face interne ou postérieure, lisse et presque plane vers le haut, devient anguleuse par le développement d'une carène dans DE l'ours BRl'N DES PYRÉNÉES. 187 son (juiirt inréi'ieur; de sorte que le corps est rendu trianguUiirc en son milieu par une carène antérieure, en bas par une carène postérieure. Bords. —II. L'interne est tranchant, et .sert à fixer les ligaments interosseux: il descend de l'aiiophyse coronoïde. L'externe est mousse; il descend de la tubérosité de l'olécràne vers l'apophyse slyloïde. Extrémité supérieure ou humérale. — 1. L'olécràne est com- primé, coupé carrément. Son bec est taillé en biseau, très proémi- nent, lisse en dehors, pour glisser sur la laine rpii recouvre en dehors la Ibsse de réception de l'iiuniérus. Il se termine en arrière par une grosse tubérosité arrondie, rugueuse, pour l'inscrlion du triceps. 2. La grande échancrurc sigmoïde, très oijli(pie de dehors en dedans, très concave, n'offre aucun indice de la crête qui la divise chez l'homme en deux jiarlies. L'apophyse coronoïde est très peu marquée. 3. La petite éeliancrure sigmoïde est placée au-dessous du bord externe de la grande, allongée et élargie d'avant en ai'rière ; elle se termine poslérieurcmenl par une sorle de bec qui fait saillie sur la face exicrne de l'os. h. Il y a diverses impressions musculaires : — a.) une surface rugueuse pour le brachial anlé-rieur, au-dessous de rapopiiy.se coronoïde; — 6.) une autre au-dessous de la petite échancrure sigmoïde, peut-être pour le court siqiinateur ; — c.) il y a, en outre, des inégalités pour les ligaments arlicidaires. Extrémité inférieure ou tarsienne. — 1. Un peu élargie, con- vexe en avant et en arrière, elle offre des aspérités pour les liga- ments du poignet. ' 2. Sur sa circonférence, on voit en dedans la surface arliculaire lisse et demi-cyliuilrique, s\u' laipicllc diuriK» l'cNtrémilé du radius. 3. L',i|iophyse styloïde, tressaillante, se termine par un tuber- cule lisse el hé'niisphi'rique ipii s'iuiil à la f(Ms au pyramidal et au l)isilbrme,el qui remplit le rôle d'im pivot, lorsque la main accom- plit le mouvement qui la porte dans la supination. Une dépression, qui forme le col de cette a[)ophyse en dehors, loge le ligament 188 J. UELBOS. RECHERCHES SLR L'oSTÉOLOr.lE interarticulaire. Sa face externe est rugueuse pour riuiplantalion du ligament latéral. Grands os des ntembres postérieurs ou abdominaux. Os iliaques. Faces. — - 1 . Face externe. La fosse iliaque est profonde, régu- lièrement concave, en forme de Iriangie rectangle, dont l'angle droit correspond à l'angle spinal antérieur de l'os. 2. L'arrière-fond de la cavité cotyloïde a la forme d'un U, dont l'ouverture, dirigée vers le trou sous-pubien, se continue sur l'ischion par un canal destiné à loger les vaisseaux nourriciers de l'articulation. 3. Le trou sous-pubien s'atténue en avant; son bord est Iran- chant, excepté tout à fait en avant, sur une petite étendue comprise entre deux légers tubercules, où il se déprime et devient mousse. /j. .Autour de la cavité cotyloïde, surtout en avant, il y a des rugosités pour le ligament capsulaire. 5. Face inlerne ou pelvienne. La fosse iliaque est une surface plane, convexe. La facette auriculaire est ovalaire; sa partie posté- rieure, un peu concave, est largement ouverte par le grand trou obturateur. Bords. — 1. Le supérieur, ou crête iliaque, est presque droit, très épaissi, très rugueux, pour l'insertion des muscles abdo- minaux. 2. L'inférieur, ou pubien, en forme de toit renversé, corres- pond à toute la symphyse pubienne. S. L'antérieur, concave, montre d'avanten arrière: — a.) l'épine iliaque antérieure, partie la plus saillante de l'ilion; — 6.) une grande échancrure : l'épine iliaque antérieure et inférieure paraît remplacée par une surface rugueuse peu marciuée pour le tendon du muscle droit antérieur de la cuisse ; au-dessous il y a une faible échancrure pour les tendons des muscles psoas et iliaque ; — c.) une surface rugueuse allongée ; — d.)h branche descendante du pubis portant à la base de son bord antérieur une surface rabo- teuse (crête pectinéale). DE l'ours brin des PYRÉNÉES. 189 /l. — a.) Le bord iiiterno ou spinal L'ouiiiieiice à l'angle inlerne et antérieur de l'ilion ; il est li'ès épais, droit, rude, pour l'inser- lion de loris ligaments ; — b.i il est entamé plus loin par la face auriculaire jusqu'à l'épine iliaque mférieurc et postérieure, peu saillanle, au-dessous de laquelle comnience la grande échancrure scialique ; — c.) l'épine sciatique est à peine indiquée par un léger ressaut du bord, au delà duquel commence la pelile éciiancrure sciatique ou poulie de réflexion de l'obturateur inlerne, terminée par une jielile éminence à la base de l'iscliion. 5. Le bord postérieur est formé en haut par la grosse tubérosilé de l'iscliion, plate et rugueuse, et par le bord postérieur de la branche descendante de l'ischion ; il donne attache aux muscles postérieurs de la cuisse. Fémur. Corps. — 1. Il est convexe en avant, un peu déprimé en arrière, en forme de cylindre un peu aplati. On n'y peut distinguer que deux faces mal séparées, une antérieure et une postérieure. 2. La face antérieure, sur laquelle glisse le triceps, est lisse. 3. La face postérieure présente différentes lignes d'insertions musculaires : — a.) une ligne peu saillante, qui doit servir d'in- sertion à des muscles analogues au grand fessier vers le haut, et à la portion fémorale du biceps vers le bas ; elle part d'une éminence située sur le côté externe au dessous du grand troclianter, se porte en dedans sur la face postérieure, et va se terminer à la tubérosilé du condyle externe; — b.) en dedans de cette ligne une aulre ligne âpre, insertion du grand adihicteur, se porte sur le bord in- terne au tiers inférieur de l'os; — c.) une ligne qui part du bord interne du petit trochanicr sert sans doute d'insertion au court adducteur; — d.) sur le bord ou la face interne, quelques lignes, assez mal définies, pourraient indiquer les insertions du pectine en avant du petit troclianter, et du long adducteur vers le milieu de l'os. Exlrémité supérieure ou pelvienne. — 1 . La tête est hémisphé- rique, bordée à sa base de rugosités pour le ligament capsulaire ; elleoffre sur sa convexité, un peu en bas et en arrière, une fossette 190 J. WIÎLBOS. RECHERCHES SUR l'oSTKOI.(i(;|I'; arrondie el en l'orme d'enloinioir, servant à l'allaelie du litsamenl, rond(l). Le col est long, oMiiiue siu- l'axe du l'éinur, earaelère jiartieulier au genre itariiii les Carnassiers. 2. Le grand Irocliauter est convexe et rugueux en dehors pour l'insertion du moyen fessier, anguleux en liant pour l'atlaelie du pyramidal. Il se termine en dehors et au-dessous du niveau du petit troehanter par une saillie rugueuse (insertion du carré crural ?'). 3. La cavité digitale, dans laquelle se fixe le tendon de l'oblu- rateur interne, est profonde, ellipliqne, allongée de dehors en de- dans. Le bord saillant, ipii la recouvre en dehors et en bas, va en s'effaeant \ers le petit trochanler. Le bord supérieui', (jui s'étend du grand trochanler à la liase y\n col, donne allache à inie partie du ligament capsulaire, aux deux jumeaux, etc. II. Le petit Irochanler, peu saillant, est siluc au-dessous et en arrière de la tète, à l'exlréinité du bord inférieur de la fosse digi- tale, et reçoit l'implantalion des tendons du psoas et de l'ilia- que. Extrémité inférieure ou libiale. — i . Elle offre en arrière, au- dessus de ses condyles, des inégalités pour le ligament postérieur et pour des insertions musculaires. 2. Les deux condyles, 1res séparés en' bas cl eu arrière, sont d'égale longueur. 3. L'échancrure inlercondylienne est une l'oi'le dépression ru- gueuse et allénuée en avani, ipii reçoit les ligamcnls croisés. I\. La tubérosilé externe est convexe, irrégulière; elle est le point de départ du ligament latéral externe. Une facette plus sail- lante, qui en occupe le milieu, sc'pare une sorte de gouttière située en avant d'une fossette placée au-dessous et en arrière; ce sont sans doute les impressions du jumeau externe et du iioplilé. 5. La tubérosilé interne est une large surface rugueuse et apla- lie, cernée en bas par une gouttière cpii reçoit l'insertion d'une partie du ligament laléral interne, et qui se réiléchit en remontant (1) Cuvier (Ossci)ifii(s fossiles, t. Vil , p. 121) dit qu'il n'y a pa.e. 3. L'externe, concave su[iérieurement, devient convexe et an- térieure en bas; elle offre vers le haut des rugosités pour l'attache du jambicr antérieur. II. La postérieure, concave en haut, plane-convexc en bas, est limitée par deux crêtes, et parcourue |iar une saillie longitudinale et oblique qui reçoit les insertions du poplité, du soléaire, du jam- bier [lostérieur et du long (léchisseur commun des orteils, c'est- à-dire des muscles llécliisseurs de la jambe, extenseurs du pied et fléchisseurs des phalanges. Bords. — 5. L'antérieur, ou crête du tibia, effacé en bas, est tranchant en haut, où il forme la lubérosilé antérieure du tibia, .sur laquelle s'insèrent le ligament rotulien et divers ninscles. 6. Le bord interne est mousse; rexierne, plus .saillant, donne attache au ligament interosseux. 192 J. DELBOS. — RECHERCHES SUR l'oSTÉOLOGIE Eœlrémité supérieure ou fémorale. — Elle esl rugueuse sur son pourtour pour l'allache du ligament du genou, et olïréT 1. En avant, au-dessus de la lubérosilé antérieure, une surface irrégulière pour le ligament rotulien. 2. En arrière, une échancrure qui sépare les deux lubérosilés. 3. En dedans, des surfaces raboteuses pour des implantations musculaires. /i. En debors, une facette allongée d'avant en arrière pour la tête du péroné. 5. En haut, deux larges surfaces articulaires lisses : l'interne, plus petite, convexe; l'externe, plus étendue, concave, séparées par l'épine du tibia, qui est bilubercuieuse. En avant et en arrière de l'épine, il y a deux dépressions pour les ligaments croisés. Extrémité inférieure ou tarsienne. — 1. En bas, la surface ar- ticulaire est allongée, atténuée en dedans, et offre deux dépres- sions, dont l'externe, plus profonde, s'articule avec la poulie de ras(ragale, et l'interne avec le calcanéum. ^ 2. En avant, on observe une surface rugueuse, sur laquelle passent les tendons des exienseurs du pied. 3. En arrière, une surface plane. 4. En dehors, une rainure dirigée de bas en haut pour le pé- roné. 5. En dedans, la malléole interne, inégale en avant et en haut pourlesinsertions ligamenteuses, creusée en arrière d'une gouttière pour la réflexion des tendons des extenseurs du pied et des orteils. Péroné. Corps. — 1 . Il est grêle, triangulaire, aplati en bas. 2. La face interne est plane, élargie en bas; l'externe est caré- née dans sa moitié supérieure, convexe dans le reste de son étendue. 3. Les deux bords, l'antérieur et le postérieur, sont tranchants aux extrémités, surtout en bas, mousses vers le milieu de l'os. û.On voit des impressions musculaires sur les faces et sur les bords : celles qui sont situées sur le côté inlernc sont desti- nées aux extenseurs du pied et des orteils; celles du côté externe DE l'oLRS BHLX DLS l'YllÉNÉES. 193 sont destinées aux lléchisseurs et élévateurs du bord externe du pied. Exlrémité supérieure. — C'est une assez grosse tubérosité rugueuse en dehors pour des insertions ligamenteuses , coupée obliquement par une surfine lisse qui s'articule avec la tubérosité externe du tibia. Extrémité inférieure ou nialléole externe. — 1 . Elle est longue et aplatie ; sa l'ace interne est [lourvuc de deux l'acetlcs : la supé- rieure est allongée, et s'articule avec le tibia ; rinférieurc est plus large, et s'articule avec l'astragale. 2. La face externe est convexe, rugueuse, pour l'insertion des ligaments, et offre une gouttière [lour la rcllexiou des péroniers latéraux ; elle se terujine |iar un gros tubercule saillant en dehors, rugueux, recouvert par le ligament péronéo-calcanéen. 3. Le bord antérieur est rugueux pour l'insertion du ligament latéral externe, le postérieur pour le ligament péronéo-astragalien postérieur. Je ne vois pas de ligament péronéo-astragalien an- térieur. os DU CARI-E. Le carpe se com|)ose de sept os disposés sur deux rangs ; ce sont, en procédant du pouce au doigt externe, c'est-à-dire de de- dans en dehors dans la pronation : — 1" rangée : le scaphoïdo- semi-lunaire, le pyramidal, Icpisiiurme; — '2° rangée : le trapèze, le trapézoïde, le grand os, l'unciforme. Ces os, classés d'après leur \olume, se succèdent dans l'ordre suivant, en |irocédant des plus grandsaux plus petits : 1° scaphoïdo- semi-luuaiie; 2°pisiforme; 3° unciforme; li° pyramidal; 5° grand os; 6° trapèze; 7° trapézoïde. Ils forment en dessus une surface un peu convexe, plus large que longue, et sont principalement maintenus par les ligaments dorsaux. En dessous, l'os pisiforme et la tubérosité du scaplioïdo- seini -lunaire forment deux saillies très considérables, qui donnent au car|ic la l'orme d'une voûte très (U'ononcée qui protège les vais- seaux, les nerfs et les muscles de la face palmaire, i^es ligaments palmaires et interosseux sont très puissants. i' série ZooL. T. IX (Caliic-r n' 4.) ' 43 194 ••• nEI-BOS. — RECHERCHES SUR l'oSTÉOLOGIE Dans les dcscrii»lions f|ui vont suivre, je supposerai la main appliquée sur le sol par (ou(e sa face palmaire, depuis l'eNlré- mité des doigts jusqu'à l'os pisiforme et à l'apophyse du scaphoïdo- semi-lunaire, comme cela a lieu chez l'Ours dans la station sur les fjuaire pieds et dans la marche ; l'os pisiforme joue alors pour la main à peu près le même rôle que le calcanéum pour le pied. Dès lors le côté postérieur correspondra au supérieur de l'homme, l'antérieur à l'inférieur, etc., et nous aurons une nomenclature uniforme pour la main et pour le pied. Scaphoïdo-semi-lunaire. C'est l'os le plus volumineux du carpe; il porte, sur le bord in- terne de sa face inférieure, une très forte apophyse qui lui donne presque la forme d'une équerre. 1. Face postérieure lisse, convexe, quadrilatère, articulée avec le radius. 2. Face supérieure triangulaire, échancrée sur son sommet an- térieur, un peu rugueuse. 3. Face inférieure rugueuse, offrant sur son côté interne une très grosse apophyse dirigée en bas, irrégulière, servant d'attache à des ligaments très solides. Il- Face interne obli(]ue, offrant en dedans une dépression ru- gueuse pour des ligaments ; en dessous une facette circulaire, et en dessus une facette plus développée, oblique et élargie, convexe de haut en bas, concave dans l'autre sens, toutes deux articulées avecle trapèze elle trapézoïde. 5. Face antérieure étroite, en forme de canal profond, articulée avec le grand os. 6. Face externe oblique, articulée antérieurement avec l'os cro- chu par une surface allongée et concave , creusée en arrière de rugosités pour les ligaments qui les relient au jiyramidal. Pyramidal. Il a la forme d'un coin irrégulier. 1 . Face postérieure étroite, allongée de haut en bas, convexe. 2. Face supérieure presque carrée. nr l'dius nniN des I'Yiiknkks. ^97^ 3. Fiice infciieurc taillée pu l)iscau, articulée avec le pisilltrmc. II. Face externe Iriaiigiilaire, presi|iie plane, articulée avec le pisitbrme en avant, en arrière avec ra[tophyse slyloïtle ilu cubitus par une lacelte plus développée. 5. Face antérieure étroite et quadrilatère. 6. Face interne concave unie à l'uneiforme. Pisiforme. 11 est évidé au milieu, teruiim' en dessous par une luluM'osité ; sa t'orme ra[ipelle un peu et en petit celle du calcanéinii. 1. Face postérieure offrant en haut une facette serni -lunaire un peu concave, articulée avec l'apopliyse slyloïde du cidjilus, dé- primée iatéralenieul l'w bas. 2. Face supéiieiire étroite, élargie, concave, articulée avec le pyramidal. 3. Face inférieure formant un tubercule elliptique, déprime en dessous, partagé en deux moitiés par un sillon superficiel destine au passage d"un tendon, et dirigé oblii}uemenl de dehors en dedans et d'arrière en avant. ù. Face interne irrégulière, donnant attache à des libres liga- menteuses en haut. 5. Face antérieure anguleuse eu haut, où elle donne atlaclie à un fort ligament qui va s'implanter à la pointe du pyramidal, dé- primée en bas. 6. Face cxteine rugueuse, surtout en bas. Trapèze. 1. Face postérieure convexe en bas, un peu déprimée au milieu, presque plane et plus étroite en haut, articulée avec le scaphoïdo- scnii-luuaire. 2. Face supérieure traiiézoïdale. 3. Face inférieure étroite, convexe et un peu sinueuse, articulée avec le seaphoïdo-semi-lnnaire. 4. Face interne en biseau, recevant des ligaments. 5. Face antérieure rbomboïdale, concave de liant en bas, con- vexe dans l'autre sens, articulée avec le prcmii'r métacarpien. 196 j, ni:LBOs. — r.icciiiciir.iiiis suii l'osïkoi.ocie ('). Fnce exicriic oflrniil en nrrièrp el en liant une bandelelle lisse articulée avec le trapézoïde, et (jui entoure une dépression destinée à loger un fort ligament iiiterosseux qui va se fixer au trapézoïde. Trapézoïde. 1. Face postérieure, presque triangulaire, concave de liaut en bas, convexe dans l'autre sens, articulée avec la lace interne du scaphoïdo -semi -lunaire. 2. Face supérieure trapézoïdale. 3. Face inférieure en forme de coin. 4. Face interne unie au trapèze par une large bande, en avant de laquelle on voit une rainure assez étroite pour un ligament interosseux. 5. Face antérieure quadrilatère, atténuée inférieurement, con- cave de liaut en bas, convexe tran.svei'salemenl, articulée avec le deuxième métacarpien. 6. Face externe articulée avec le grand os par une ligne très étroite, en avant de laquelle il y a une dé[)ression pour un liga- ment. Grand os. 1. Face postérieure allongée de baut en bas, à bords parallèles, mais un peu échancrée en dedans, convexe dans tous les sens, mais surtout en bas, unie à la face antérieure du sca|iboïdo-semi- luuaire. '2. Face supérieure irrégulicrc, donnant atlacbe aux ligamenls dorsaux qui se fixent aux os voisins de la même rangée. 3. Face inférieure petite, quadrilatère, unie par une courbe in- sensible à la postérieure. !i. Face inicrnc un peu excavée en arrière poiu' loger un liga- ment interosscux, articulée par une facette linéaire avec le trapé- zoïde, unie par une face allongée et concave de baut en bas avec le deuxième métacarpien. 5. F'acc aniérieurc en forme de (juadrilalère, allongée de baut en bas et rélrécie au milieu, concave dans le sens inféro-supéiieur, articulée avec le troisième métacarpien. bE l'oIKS BUL.N DKS l'VItÉM'lES. 197 0. Face cxicriic concave, presque triangulaire, unie à l'iinci- forme. Os crochu ou unciforme. 1 . Face postérieure très petite. 2. Face supérieure irrégulière et rugueuse. *'6. Face inférieure concave, étroite en arrière, articulée avec le scaphoïdo-semi-lunaire, un [leu convexe en dehors pour s'articuler avec une petite partie du pyramidal. /l. Face interne convexe, terminée angulairement en arrière, articulée avec le scaphoïdo-semi-lunaire en arrière, avec le grand os en avant. 15. Face antérieure carrée, convexe dans le sens transversal, concave dans le sens supéro-inlerieur, unie au rpiatrième et au cinquième métacarpien . 6. Face externe irrégulièrement convexe pour s'unir au pyra- midal . os DU TARSE. Le tarse est formé par sept os disposés sur deux rangs : — 1" rangée, ou libiale, comprenant : l'astragale en dessus, lecalca- néum en dessous; — 2' rangée, ou métacarpienne, comprenant : le scaphoïde en dedans, le cuboïde en dehors, et les trois cunéi- formes situés au-dessous du scaphoïde. Les os de la deuxième rangée, réunis par des ligaments très forts, forment une sorte de voûte peu arquée. Les sept os du tarse se rangent, d'après leurs dimensions, dans l'ordre suivant, en commençant par le plus volumineux : 1° calca- néum ; 2° astragale ; 3° cuboïde ; 4° scaphoïde ; 5" troisième cunéi- forme ; G» premier cunéiforme ; 7° deuxième cunéiforme. Astragale. 1. Face postérieure 1res petite, en forme de gouttière oblique. 2. Face antérieure, en lète convexe, alténuér en dedans (tclc de 198 J. WEI.BOS. — KKCHERCHES SUR l'oSTÉOLOGIE l'aslragale), élraiiglée en arrière (col de l'astragale), arliculcc avec le scaphoïde. 3. Face supérieure en poulie pour l'articulation libiale. 4. Face inférieure : une rainure profonde cl oblique , insertion d'un ligament inlerosseux, la divise en deux parties : une anté- rieure, plus petite; une postérieure, un [leu convexe et plus grande, s'unissant toutes deux au calcanéum. 5. Face externe plane, un peu concave en avant, échancréeen arrière par une dépression qui lui donne un contour triangulaire, conliguc avec la malléole externe ou [léronéale. G. Face interne rugueuse, irrégulièrement concave, implanta- lion du ligament latéral externe de l'articulation tibio-tarsienne. Calcanéum. 1. Face postérieure très proéminente, rugueuse à l'extrémité pour l'attache du tendon d'Achille qui s'insère sur sa partie posté- rieure. 2. Face antérieure concave, elliptique, atténuée en dedans, arti- culée avec le cuboïde. 3. Face supérieure inégale en avant, prolongée en dehors par une crête (insertion du muscle pédieux?), offrant en arrière deux facettes séparées par une rainure oblique qui se porte en arrière et eu dedans; la facette antérieure plus petite, i)lane-convexc ; la postérieure plus grande, convexe, toutes deux articulées avec l'astragale. II. Face inférieure tubéreuse en avant (insertion du court flé- chisseur conuiiuu?), carénée au milieu, terminée en arrière parla grande tubérosilé du calcanéum. 5. Face externe concave, i)lane, offrant en bas une gouttière pour les tendons des péroniers latéraux, terminée en haut par une crête très prononcée, dirigée en dehors. 6. Face interne concave, creusée en gouttière large près du bord inférieur, pourvue antérieurement d'une forte éminence (petite apophyse du calcanéum), qui porte en dessus la facette an- térieure de la face articulaire supérieure. DE L OURS BRIN DES PYRÉNÉES. 199 Scaplioïde. Os très déprimé d'avant en arrière. l.Face postérieure irrégulièrement eilipliqiie, concave, rece- vant la (oie de l'astragale. 2. Fai^o anlcricurc portant trois facettes destinées aux trois cunéiformes, et des cavités destinées à des ligaments interosseux. 3. Face supérieure mince et large, inégale pour des insertions ligamenteuses. h. Face inférieure tuberculeuse pour l'attache de ligaments. 5. Face externe lisse, concave de haut en bas, pour s'articuler avec le cuboïdo. 6. l-acc interne terminée par une lubérosité, sur laquelle se fixe un fort ligament. Cuboïde. 11 a à peu près la forme d'im coin. 1. Face postérieure rpiadrilatère, convexe, un peu déprimée près du bord externe, articulée avec le calcanéum. 2. Face antérieure triangulaire, divisée en deux facettes : une interne, quadrilalèrc, articulée avec le quatrième métatarsien ; une externe, triangulaire, étroite, articulée avec le cinquième mé- talarsieii. 3. Face supérieure triangulaire, rugueuse, à insertions liga- menleuses. i. Face inférieure rugueuse en arrière, portant au milieu une forte lubérosité pour un ligament. Entre cette tubérosité et la face antérieure, il y a une coulisse profonde, dirigée de dehors en de- dans, pour le tendon du long péronier latéral. 5. Face externe échancrée à l'origine de cette coulisse, au-des- sus de laquelle il y a un bourrelet qui siqiporle des libres liga- niciileuses. 0. Face interne articulée eu arrière par une facelle élroile et convexe avec le seaphoïdc, en avant avec le troisième cunéiforme par une facelle plus large, (pi'iuteirouipl une l'ossclle dans la- quelle se lixc im ligauienl iulcrosseux. 200 j. ni:i.RO.s. — hixiiichciuîs sur l'ostéoi.ogiiî Tremier cuiiéiloniie, 1. Pres(|ue cubique. Face postérieiircî quadfilnln'c, presque plane, arliculéc avec le scajtlioïde. 2. Face antérieure convexe en avant et en arrière, concave au milieu, articulée avec le premier métatarsien. 3. Face supérieure rugueuse, en forme de parallélogramme obliquangle. II. Face inféi'ieure inégale, quadrilatère. 5. Face externe : une facette unie au deuxième cunéiforme, et au-devant une rainure qui sert à fixer des ligaments. 6. Face interne peu étendue, plane, en rapport avec un os sésamoïde très solidement engagé dans les ligaments. Deuxième cunéiforme. 1. En forme de coin. Face postérieure unie, triangulaire, î 2. Face antérieure quadrilatère, atténuée en bas, déprimée au milieu, convexe aux deux extrémités, articulée avec le deuxième métatarsien. 3. Face supérieure quadrilatère, irrégulière. k. Face postérieure très étroite, rugueuse. 5. Face externe plane, formant un angle au milieu, unie au troisième cunéiforme. 6. Face interne presque [ilane, articulée avec le premier cunéi- forme, et offrant en outre quelques traces d'insertions ligamen- teuses en avant. Troisième cunéiforme. 1. En forme de coin. Face postérieure trapézoïdale. 2. Face antérieure trapézoïdale, mais à bord externe échancré fortement au milieu pour loger un ligament, concave de haut en bas, unie au troisième métatarsien. 3. Face supérieure quadrilatère, rugueuse. Ix- Face intérieure très irrégulière. 5. Face externe articulée avec lecuboïJe, échancrée au milieu par un ligament. ► 1)K l'ours BRLN des PYRÉNÉES. 201 6. Furc iiiU'ino ailiLiilée en arrière avec le deuxième cunéi- forme, en avan( avec le bord externe de latèlc du deuxième mé(a- tarsieii, cl [lourviie en oiilrc d'une dépression ligamenteuse. os DU MÉTACARPE. Caractères communs aux cinq métacarpiens. — 1 . Leurs dimen- sions vont en croissant du dedans au dciiors, c'esl-à-dire du pouce, qui est le plus petit, au doigt externe qui est le plus développé. 2. Ils se distinguent principalement entre eux par la forme et la disposition des facéties articulaires des extrémités postérieures ou carpiennes. Aucun ne présente d'échancrures latérales sur la fîicelle articulaire postérieure, ce qui les distingue de quelques métatarsiens. 3. Leurs extrémités antérieures ou plialangiennes offrent dans tous la même conformation : c'est une tète ou sphère régulière en dessus, carénée en dessous par une crête antéro-postérieure. Celle tête est séparée nettement de la face supérieure du corps par un sillon [iiononeé, de la face inférieure par des dépressions ru- gueuses. Premier métacarpien. Corps. — Large vers la base, il va en s'amincissant jusqu'à l'exlrémilé plialangienne qui n'a lien de particulier. Sa courbure moindre le distingue du premier métatarsien. Extrémité postérieure. — 1. Sa largeur est plus grande que son diamètre antéro-postérieur. 2. Face postérieure articulée avec le trapèze par une facette semi-lunaire, atténuée eu haut et en dehors, déprimée au milieu, faiblement inclinée en dedans. 3. Face supérieure rugueuse, continue avec le corps. II. Face inférieure déprimée au milieu. 5. Face interne pourvue d'une tubérosité rugueuse et d'une surface obli(|uc en arrière, raboteuse pour l'insertion de ligaments. 6. Face externe creusée d'une fossette irrégulière, avec bande articulaire mal délimilée et peu étendue. 202 J. DELBOSi. IlliCHEHCHES SUR l'0STÉ0L0G)13 Deuxième métacarpien. Corps. — Droit, à bords parallèles, plan en dessus, pourvu en dessous de quelques callosités. Extrémité postérieure. — 1. Face articulaire postérieure unie au trapézoïde, à bords latéraux presque parallèles, arrondie en dessous, peu convexe de Iinuf eu bas, creusée dans ce sens en gouttière, oblique et inclinée en dedans. 2. Face supérieure portant deux callosités pour l'insertion de ligaments. 3. Face inférieure étroite, rugueuse, pour de fortes insertions. û. Face interne concave, irrégulière, sans bande articulaire bien nette. 5. Face externe, articulée avec le troisième métacarpien, ru- gueuse, bordée postérieurement par une bande articulaire élargie en dessus. Extrémité plialangienne. — Elle tend à se délaclier du corps de l'os, et olfre en arrière de fortes impressions. Troisième métacarpien. Corps. — Sans callosités élargi d'arrière en avant, aplati en dessus, offrant sur sa face supérieure et en avant de la facette arti- culaire une ou deux fossettes superficielles poiu' fies ligaments. Extré7nité postérieure. — i. Face articulaire postérieure unie avec le grand os, trapézoïdale, élargie en dessus, déprimée au mi- lieu de haut en bas, à convexité su])éro-inférieurc (ilus forte que dans les os voisins, et dirigée en bas et en dedans, oblique et in- clinée en dedans. 2. Face supérieure creusée, en avant de la facette articulaire, d'une fossette rugueuse près du bord interne. 3. Face infériein-e étroite, rugueuse. k. Face interne bordée postérieurement par une bande articu- laire convexe en linul, lerminaut une fosse rugueu.se. 5. Face externe circonscrite eu arrière pariuie bande articulaire plus large, plane, en avant de laquelle se trouve une siufacc ru- gueuse, divisée en deux moitiés, dont la supérieure est la plus DE l'ours brun des PYRÉNÉES. 203 [tctile, par une pelite crùle parallèle à l'axe de l'os, et qui part de l'angle des deux brandies de la bande articulaire. La surface articulaire postérieure ^'atténuant en dessous, plus convexe ; les deux branches articulaires circonscrivant postérieu- rcincnl les deux faces latérales de la tête postérieure, toutes deux très nettement indiquées; l'absence de callosités sur le corps, tels sont les caractères qui disliuguent cet os du précédent. Qualrième métacarpien. Corps. — A bords presque parallèles, élargi en avant, offrant sur sa face inférieure des callosités, et près de l'arliculalion anlé- rieure une fosse d'insertion, quelquefois assez profonde. Exlrémilé postérieure. — 1. Facette articulaire, nnie à l'os crocliu, à ])cu près quadrilatère, aussi large en bas qu'en baut, convexe et canaliculée de haut en bas, faiblement inclinéeen dedans sur l'axe de l'os. 2. Face supérieure creusée d'une fossette rugueuse en avant de la facette arliculaire, et dans son milieu. 3. Face inférieure étroite, rugueuse, irrégulière. A. Face interne contournée en arrière par une bande plane, cir- conscrivant une dépression très nette pour le ligament inler- osseux. 5. Face externe circonscrite à peu près de même, mais la bande est plus plane et même concave, cl la fosse ligamenlaire est divisée par une côte en deux portions rugueuses, la supérieure plus petite. Cet os se distingue difficilement du troisième métacarpien. Ses |)rincipales différences paraissent être : 1° la moindre obliquité de la face arliculaire [losféricure ; 2° le développement plus grand des bandes articulaires latérales; 3° les dimensions plus fortes; 4° les callosités plus prononcées sur le corps. Cinquième métacarpien. Corps. — A bords presque parallèles, élargi en avant, calleux sur sa face inférieure, surtout près de la tête articulaire, où des dépressions profondes devaient recevoir des tendons. 20i J. UELHOS. — ItKCHliUCHES SVK l'oSTÉOLOGIK Extrémité postérieure. — 1. Facelte poslcrieure, unie à l'os crochu, senii-liinaire, alténuce eu dessus, où elle se termine en une pointe dirigée en dedans, inclinée vers le côte interne. 2. Face supérieure large, sans callosités ni tubercules bien marfiués. 3. Face inférieure assez large, tubéreuse, irrégulière. h- Face interne circonscrite en arrière par une bande articidaire plane, oblique; fosse ligamenlaire peu élendue. 5. Face externe tubéreuse, portant une facette ligamentaire et des tubérosités très prononcées qui se continuent sur la face infé- rieure. Résumé des caractères différentiels. Premier métacarpien. — Facette postérieure semi-lunaire ; une seule facette articulaire externe, mal circonscrite; corps à petites dimensions, atténué en avant, courbé, convexe en dessus, concave en dessous. Deuxième métacarpien. — Facette articulaire postérieure peu convexe, quadrilatère, arrondie en dessous; face articulaire in- terne concave, sans bande bien marquée; l'externe circonscrite par une bande large, convexe dans sa partie supérieure ; corp.s calleux en dessous. Troisième métacarpien. — Facette articulaire postérieure en trapèze, dont la grande base est en dessus, très convexe de haut en bas, surtout en bas et en dedans; deux bandes articulaires con- tinues de chaque côté, l'externe plus large; fosse ligamentaire interne irrégulièrement rugueuse ; l'externe divisée par une arête ; corps sans callosités. Quatrième métacarpien. — Facette postérieure quadrilatère, peu oblique, moins convexe ; deux bandes articulaires continues de chaque côté, l'externe un peu concave ; fossette ligamenlaire externe, divisée par une arête ; corps calleux en arrière. Cinquième métacarpien — Facétie postérieure seini-lunaire ; une seule face articulaire interne, bordée par une bande plane- concave; fossette ligamentaire ciroile ; corps grand, droit, élargi en avant. DE t'oi'ItS BRIN DES PYRÉNÉES. 205 OS DU METATARSE. Des cinq os qui le composent, le plus petit correspond au gros orteil (le l'homme, le plus gros à l'orteil externe. Ils ont la même configuration générale que les métacarpiens. Premier niétalarsien. Corps. — Aminci en avant, très courbé, convexe en dessus, concave en dessous. Exlrémilé postérieure. — \. Face postérieure unie au premier cunéiforme, atténuée en dessus, un peu oblique et inclinée en debors, convexe de liant en bas et canaliculée dans le même sens. 2. Face supérieure arrondie, convexe, presque lisse. 3. Face inférieure assez étroite, offrant une crête sur le prolon- gement delà face postérieure. li. Face interne pourvue d'une tubérosité assez saillante, creu- sée, en avant du bord postérieur, d'une gouttière rugueuse, paral- lèle à ce bord, pour les ligaments internes. 5. Face externe bordée par une bande convexe peu distincte ; fossette étroite. Extrémité antérieure. — La tête articulaire est peu séparée du corps en dessus. C'est le plus petit de tous les métatarsiens. Sa courbure plus prononcée, le diamètre supéro-inférieur de l'extrémité postérieure plus considérable que le diamètre transversal, ne permettent pas de le confondre avec le premier métacarpien. Deuxième métatarsien. Corps. — Plan en dessus, pourvu d'une forte callo.5ité liga- mentaire en debors. Extrémité postérieure. — 1. Face postérieure articulée avec le deuxièiMc cunéiforme, inclinée assez fortement en dedans, presque plane, un peu |)lus étroite en bas oii elle se termine par un bord relevé, sans écbancrures latérales, si ce n'est tout près de l'extrémité inférieure et sur le bord externe. 206 J. niîi.BOs. — reciieuches sur l'osikolooif, 2. Face supérieure presque plane, creusée eu avaut d'une rai- nure pour le ligamenl. 3. Face inféi'ieure olTrant une facelle lisse, qui forme un angle droit avec la postérieure, rugueuse en avant. ^j. Face interne bordée en arrière [lar une bande articulaire étroite, convexe, qui entoure inférieurcment une fossette pour le ligament interosscux. 5. Face externe : bande articulaire plus large ; fosse ligamen- taire large, mais peu excavée, se prolongeant jusqu'au bord externe de la face postérieure par un canal qui ne l'enlame pas cependant. Extrémité antérieure. — La tête articulaire est bien séparée du corps. Troisième métalarsien. Corps. — Droit, aplati, pourvu extérieurement d'une callosilé sur le prolongement du canal de la face externe. Extrémité postérieure. — 1 . Face postérieure, articulée avec le troisième cunéiforme, un peu convexe, inclinée en dedans, peu déprimée de haut en bas, très caractérisée par les écbancrures qui entament ses bords latéraux pour le passage des ligaments, el dont l'externe est [ilus profonde. 2. Face supérieure plane, à impressions ligamoidaires presque nulles. 3. Face inférieure peu développée, en forme de tubercule un peu déprimé. k. Face interne bordée en arrière par une bande articulaire sinueuse, très convexe, très étroite, se dislinguantà peine delà face articulaire postérieure, et circonscrivant une fosse ligamentaire peu étendue, mais profonde, au milieu de laquelle se trouve une callosité qui se prolonge en avant. 5. Face externe [lourvue dedinix facettes articulaires concaves, séparées parle canal <)ui écbaucre le bord externe de la face posl(''- rieure; l'inférieure plus petite. Au milieu de ce canal il y a une arête un peu saillante qui le divise eu deux. DE l'oIUS brin des l'YP.ÉNÉES. '207 Quatrième mélalarsien. Corps. — Presque carré, poiuvii d'iiue callosité rugueuse sur son tiers postérieur, en avant du tubercule inférieur. Extrémilé postérieure. — 1. Face postérieure articulée avec le cuboïde, inclinée en dedans, peu convexe, à peine déprimée de haut en bas, très caractérisée par l'écliancrure unique du bord interne. 2. Face supérieure obliquement prolongée par une crête en arrière el en dehors pour s'articuler avec le cinquième métatarsien. 3. Face intérieure ayant la forme d'un tubercule irrégulier. II. Face interne offrant deux grandes facettes convexes, sépa- rées par im canal profond el rugueux qui loge un ligament, Iccpiel .se continue dans le taise sous forme d'un canal formé par des écliancrures que portent le troisième cunéiforme el le cuboïde. La facette supérieure est de beaucoup la plus développée. 5. Face externe très profondément excavée, pour recevoir une partie de la tète du cinquième métatarsien. La facette articulaire supérieure, concave, est 1res étendue ; l'inférieure l'est peu, et elles se rattachent l'une à l'autre par une bande étroite, non inter- rompue , de sorte que le bord exierne de la face postérieure n'est pas entamé. Cinquième métatarsien. Corps. — Assez mince, presque cylindrique, arqué, convexe en dessus, concave en dessous. En arrière de la Iclc antérieure, il offre inférieurement une tubérosilé maniuée. Les fossettes de la poulie phalangiennc sont assez maniuées. Extrémilé postérieure. — 1. Face postérieure semi-lunaire, ar- liculce avec le cuboïde, à convexité externe, entourée en bas et en dehors [lar une expansion irrcgulièrc, bordée inférieurement par une gouttière ligamentaire. 2. Face supérieure [lourvue sur son bord inteinc d'une facette assez large, recouverte par la crête du quatrième mélalarsien. 3. Face inférieure présentant en dedans une facette obliijue, parallélogrammati(iuc, inclinée en dedans, et séparée par une pro- 208 J. nEI.BOS. RECHliKCHES SL'U l-'oSTÉOLOGlt; fonde rainure du bord externe de l'expansion postérieure ; celte rainure loge un ligament, et la facette s'articule avec un os sésa- moïde. II. Face interne pourvue en bas d'une facette triangulaire, unie au quatrième métatarsien. Une surface rugueuse, pour l'attache d'un ligament interosseux, sépare cette facette de la facette supérieure. 5. Face externe dilatée, tubéreuse, pour l'insertion du ligament externe. Résumé des caractères différentiels. Premier métatarsien. — Facette postérieure atténuée en haut ; une seule bande externe très peu distincte ; fossette étroite ; corps très courbé, aminci en avant; tcle plus large de haut en bas que transversalement; dimensions petites. Deuxième métatarsien. — Face postérieure sans échancrures; bande interne convexe, étroite ; bande exierne plus large, com- posée de deux parties presque séparées par un canal qui n'échancre pas le bord ; une callosité externe sur le corps. Troisième métatarsien. — Face postérieure éi'hancrée de chaque côté ; bande interne convexe, sinueuse, mal délniie ; fossette cal- leuse au milieu ; bande externe divisée par un canal qui échancre le bord; facettes concaves; fossette pourvue d'une ou deux arêtes dans le canal; une callosité sur la face interne du corps. Quatrième métatarsien. — Face poslérieme écbancrée seule- ment sur son bord interne ; face interne pourvue de deux facettes convexes, la postérieure, plus grande, séparée de l'antérieure par un canal ; face externe très excavée, à deux facettes concaves, réunies par une bande étroite qui ferme le canal ; une callosité sur la face inférieure du corps. Cinquième métatarsien. — Facette postérieure semi-lunaire ; une seule facette sur la face interne ; face externe tubéreuse, élar- gie en aile; face inférieure portant une iiandc qui s'articule avec un os sésamoïde, et en avant de laquelle nait une fosse qui se pro- longe postérieurement en canal ; une facette sur la partie interne et postérieure de la face supérieure du corps : c'est le seul os qui offre ce dernier caractère. I DE LOinS BRLN DES PYRÉNÉES. 509 Parallèle des métalarsieiis et des métacarpiens. 1 . Le iircmier métatarsien difrère du [ireniier métacarpien par .son exlrémilé postérieure plus large de haut en bas, par sa cour- bure plus forle. Tous deux sont amincis d'arrière en avant. La tète articulaire antérieure est moins délaciiée du corps en dessus que dans les autres os. 2. Le cinquième mélalarsien diffère du cinquième métacarpien l)ar son exlrcmité posiérieurc, prolongée inférieurcmenl eu Ibi-me d'aile ; par la facelle arliculairc siluée sur le corps en haut et en dedans, [larallèle à l'axe de ce corps; [larune facétie unique. Jour- née en avant, sur la face interne; par sa foilc courbure; parla bandelette lisse, un peu convexe, siluée sur la partie inférieure de l'aile; [tarla fossette siluée en avant de celle bandelette, et termi- née postérieurement en un court canal qui cnloui'e l'aile; par son épaisseur bien moindre. 3. Le deuxième mélalarsien diffère du métacarpien correspon- dant par la bande arliculairc du cùlé exlcrne, divisée en deux fa- céties plus concaves par un canal qui part de la fossette, mais qui n'enlamc pas le bord de la facelle articulaire postérieure; [)ar sa face postérieure plus irrégulière, plus convexe. h. Le troisième mélalarsien diffère du troisième mélacarpien |iar la bande articulaire interne 1res convexe, se confondant avec la face postérieure, se conîouinanl jiour former le canal d'échan- criu'e; par les deux facelles concaves de la l'ace externe très sépa- rées |)ar le canal qui prolonge la fossette. 5. Le quatrième mélalarsien iliffère du (pialrième mélacarpien par l'échancrure uni(jue du bord interne de .sa face posléricure; par ses facettes articulaires latérales internes, très séparées par un canal ; par les deux facelles exlernes réunies par une bande élroile qui empêche le canal d'échancrer le bord. l'articuiarilés individuelles. \jes os du métacarpe et du métatarse peuvent offrir des particu- larités. ,\insi, dans le sqiiclcllcque j'ai sous les yeux, le cinquième »' .série ZooL. T IX (Caliier n" 4.) ^ <4 210 J. DEI.BOS. RECHEKCEIES SUR l'oSTÉOLOGIE métatarsien du pied gauche ofiVc, [irès de la tête articulaire plia- langienne et sur son bord externe, une très forte callosité qui s'étend sur la face supérieure de l'os, et qui n'existe pas dans le cinquième métatarsien du pied droit. Phalanges. Il n'est guère possible, je crois, de distinguer les phalanges des extrémités antérieures de celles des extrémités postérieures; mais on peut facilement reconnaître la rangée et même le côté aux- t|uels elles appartiennent. La main et le pied de l'Ours offrent une analogie avec ceux de l'homme, en ce que le doigt interne, ou le pouce, et le gros orteil ne sont composés que de deux phalanges. Tous les autres doigts, ainsi que les orteils, en offrent trois. Premières phalanges. 1. Ce sont les plus fortes, les plus longues, et elles se ressem- blent exactement dans les quatre extrémités, à l'exception de celles du pouce et de l'orteil interne, qui présentent dans leur extrémité antérieure un léger caractère qui permet de les reconnaître. 2. Le corps est convexe en dessus et lisse, plan et concave en dessous, avec de fortes lubérosités pour des insertions tendineuses près de l'extrémité antérieure. 3. L'extrémité postérieure présente une fosse glénoïde. Cette fosse, échancrant jilus profondément le bord supérieur et interne, permet de reconnaître le côté au(|uel la phalange appartient. Il y a, sur le bord externe de celte cavité, un léger tubercule, sur lequel elle vient mourir en s'atténuant. 4. L'extrémité intérieure est taillée en poulie dans toutes les phalanges de cette rangée, à l'exception du pouce et de l'orteil in- terne, où la gorge est à peine uidiquée ; de .sorte que la tête arti- culaire y prend la forme d'un demi-cylindre, ce qui la rapproche des phalanges de la deuxième rangée des autres doigts. Sur les faces latérales de la tête, il y a des fossettes situées sur des fiiceltes regardant de côté et un peu en haut, pour l'insertion des liga- ments lati'raux. DE LOUnS BRUN DES l'VHKNÉES. 211 5. Ouiin( à leurs dimensions, elles sont sensiblement égales d;nis les (|iiiili'e extrémités pour les iilmlanges eungénères; mais, [lom- eliaque exlrémilé en particulier, les trois phalanges moyennes sont un peu plus épaisses, celle du doigt médius surtout. Deuxièmes plialanges. Le pouce et les deux orteils internes en sont d('"pourvus; elles sont d'ailleurs très l'aeilesà reeonnaitre. 1. Le corps est plus court, plus mince ipie dans la première rangée, concave en dessus et en dessous, plus renllé proportion- nellement aux exL'éniités. "2. La face articulaire postérieure est divisée en deux fossettes concaves par une crélc longitudinale, qui entre dans la gorge de la poulie de la première phalange correspondante. Cette crête se prolonge en dessus en un bec qui glisse sur la partie supérieure de celte gorge, et qui est destiné à limiter l'extension. Il n'existe rien de semblable en dessous, ce qui favorise la llexion. 3. L'extrémité antérieure a la forme d'iui demi-cylindre à peine déprimé au milieu, sur lequel glisse la phalange unguéale, et qui est placé |ier|jendicnlairement à Taxe , de sorte que chaque pha- lange est symétri(pie , ce qui la distingue de celles des Chats qui sont obliquement coupées. Ce cylindre, peu prolongé en dessus, ne permet aux unguéales que de se relever à demi; mais son pro- longement en dessors leur donne la faculté de se fléchir forte- ment. Les deux faces latérales de l'extrémité inférieure sont pour- vues chacune d'une fossette pour le ligament latéral. 4. Quant aux dimensions, elles sont fort différentes entre les pieds de devant et ceux de derrière; ces derniers ont leurs deuxièmes phalanges moitié plus petites que les premières. Pour clu'Kpie extrémité en particulier, elles diffèrent peu : la deuxième et la troisième paraissent les plus fortes, la tioisième surtout. Troisièmes phalanges. Leur partie postérieure ou articulaire est très haute ; elle porte en arrière une échancrurc cpii glisse sur l'extrémité de la deuxième plialangc ; les bords sujiérieur et inférieur diî cette écliancrure, âi2 J. «ELBOS. — KECHKnCllliS SL'U LOSTÉOLOGIE peu saillants, montrent que les mouvements iicuvent être assez étendus, surtout ceux de llexion, tandis que la dis|)Osition de la deuxième phalange ne permet pas une rétraction complète. Au- dessous, il y a un tubercule rugueux qui reçoit un tendon. En avant, la partie postérieure se prolonge eu un bord lamelleux très saillant, qui l'orme une rainure profonde autour du crocliet qui supporte l'ongle. Ce crochet, triangulaire, canaliculé en dessous, est un peu courbé en bas. Sous le rapport des dimensions, les unguéales des pieds de de- devant sont presque du doidïle plus fortes. Pour chaque extrémité en particulier, leurs dimensions sont à peu près uniformes. os SÉSAMOÏOES. Ces os n'ayant que peu d'importance, je les décrirai sommaire- ment. On peut en distinguer de deux sortes : les uns approchent |ilus ou moins de la forme globulaire, et se trouvent isolés sur diffé- rents points du squelette; les autres forment |iar leur conjugaison de véritables gouttières pour le glissement des tendons, et sont particuliers aux extrémités. Parmi les premiers, j'en ai mentionné un sur l'extrémité infé- rieure du fénuir ; ils sont plus fi'équents sur le carpe et sur le tarse. Ainsi j'en trouve un sur la face interne du premier cunéi- forme, un autre articulé avec la face inférieure de l'exlrémilé postérieure du dernier métatarsien. Quelfpies autres métatarsiens offrent au même point des facettes aplaties et lisses, qui devaient être en rapport avec des os semblables. Ceux de la deuxième sorte se trouvent sur la partie inférieure de toutes les articulations métacar|io-phalangienncs et métatarso- phalangiennes ; ils stuit toujours géminés, de ntanièrc à former des gouttières profondes pour les tendons des fléchisseurs des plialauges. Chacun d'eux est cylindrique et arqué, de manière à rappeler la forme d'une graine de haricot; ils sont réunis deux à deux par un cartilage très solide. DE l'ours brin des I'VRÉNÉKS. 213 DIMENSIONS DES PARTIES DU SQUELETTE DE l'oURS DES PYRÉNÉES. Dans les tableiui\ (|ui suivent, je donnerai en détail les diineii- sions des diflërenles parlies du S(jiieletl(^ qui a été l'objet des descri|itions précédentes. Ces mesures m'ont été d'un grand se- cours dans l'examen des ossements fossiles , car elles permettent de déterminer approximativement la taille des individus dont on ne possède que des ossements isolés ou même des l'ragments, en supposant toutefois que les relations soient les mêmes entre les espèces fossiles et l'espèce vivante. Elles fournissent, en outre, le moyen de reconnaître si les diverses parties ont entre elles les mêmes rapports (juant à leurs dimensions, ce qui peut aider à distinguer les espèces, et à se faire une idée des proportions de leur corps. PREMIER TABLEAU. — Dimensions des dijfêvenles parlies du squelette en fjènéral. Longueur lotale, depuis le bord anlérieur du museau jusqu'à l'extrémité de la queue 1,300 Hauteur au garrot, de l'os pisiforme au sommet de l'apophyse épineuse de la cinquième dorsale 0,720 Hauteur du train de derrière, du calcanéum à l'angle spinal antérieur de l'os iliaque 0,680 TÈTE. Ligne basilaire, depuis le bord postérieur des incisives du milieu jus- qu'au bord anlérieur du trou occipital 0,2S0 Longueur du crâue, depuis le bord anlérieur des incisives du milieu jusqu'à la crête occipitale, en suivant la courbure 0,330 Longueur, depuis les incisives jusqu'au bord antérieur des os du nez. 0,060 Longueur, depuis les incisives jusqu'à la ligne qui va d'une apophyse postorbitaire du frontal à l'autre 0,160 Distance de cette ligne a la crête occipitale 0,200 Longueur de la crête temporale 0,100 Longueur de la crélo sagittale 0,111 211 J. MELBOS. KKCHERCHKS SUli l'oSTÉOLOGIK Largeur entre les alvéoles des dents incisives externes 0,050 Largeur entre les os intermaxillaires 0,055 Largeur au bord postérieur des canines 0,030 Largeur des deux apophyses postorbilaires du frontal 0,085 Plus grande largeur des arcades zygomatiques 0,4 80 Largeur du trou occipital 0,030 Longueur depuis le bord interne des canines jusqu'au bord postérieur de la dernière molaire 0,098 Espace qu'occupent les molaires (1 ) 0,075 Distance entre les canines 0,050 — entre les premières molaires 0,048 — entTe les bords postérieurs des dernières molaires .... 0,050 Hauteur du crâne, prise sur la ligne basilaire, au bord antérieur des os du nez 0,035 — de l'endroit le plus enfoncé de la racine du nez 0,070 — du point externe des apophyses postorbilaires du frontal. . 0,080 — ■ du point de réunion des crêtes temporales 0,14 — de l'endroit le plus bombé du crâne 0,410 — de l'épine occipitale. 0,070 MACHOIRE INFÉRIEURE. Longueur depuis le bord interne de l'incisive du milieu jusqu'au milieu de la face postérieure du condyle 0,200 — depuis le bord postérieur jusqu'au bord antérieur de la pre- mière molaire 0,035 — de l'espace qu occupent les molaires (2) 0,080 — depuis le bord postérieur de la dernière molaire jusqu'au milieu du condyle 0,065 Largeur de l'apophyse coronoïde à sa base 0,060 Hauteur depuis le bord postérieur de la dernière molaire jusqu'au som- met de l'apophyse coronoïde 0,070 — depuis l'apophyse crochue jusqu'il la partie la plus élevée de l'apophyse coronoïde 0,080 — de la crête mentale 0,060 — du corps devant la première molaire 0,048 • — derrière la dernière 0,050 Largeur du condyle 0,040 Dislance de la pointe de l'apophyse crochue à l'apophyse du bord infé- rieur 0,040 (1) Voyez le deuxième tatilcau pour la itiiucnston des dciits. (2) Voyez, pour les détails, le deuxième tîJbleau. Dli l'oUKS lillLN UliS l'VI'.É.MiliS. 215 COLONNE VERTÉBIIALE. 1. Allas. Largeur totale, d'une exlrémilé d'une aile à l'aulre 0,IH Longueur antéro-postérieure de l'anneau en dessus 0,030 Largeur du canal 0,029 Distance entre les deux tious internes de la face supérieure. . . . 0,040 2. Axis. Longueur de la face inférieure, de la base de l'apophyse odontoide au bord postérieur 0,040 — de l'apophyse odontoide 0,017 Distance entre les bords externes des apophyses articulaires antérieures. 0,0.52 — entrelesbordsexternes des apophyses articulaires postérieures. 0,015 — entre les pointes des apophyses transverses 0,090 Diamètre transversal du corps sur sa face articulaire postérieure. . . O.O.'ÎO Sa hauteur 0,020 Largeur de l'apophyse épineuses à sa base postérieure 0,040 Sa hauteur au-dessus du grand canal, en arrière 0,025 Sa longueur, de la base à la pointe 0,060 3. Régions. Longueur de la région cervicale (I ) 0,210 — de la région dorsale 0,360 — de la région lombaire 0,200 — delà région sacrée 0,140 — de la région caudale 0,111 Largeur du sacrum , du bord supérieur et antérieur d'une face auricu- laire à l'autre 0,075 — de la dernière vertèbre sacrée 0,030 THOKAX ^2). Longueur totale du sternum, de la pointe antérieure 'd rexlréniilé de l'appendice xiphoïde 0,270 — du premier os 0,053 — du quatrième 0,030 Sa largeur au milieu 0,616 Longueur du septième 0,02 (1) \oycz, pour lo JOlail des vcrlèbrcs, lo taljlcau n"* 3, {i) Voyci, pour les côtes, le laljlcau n° 4, 216 J uELitos. — nKr.HKilcHEs siiit l'ostéologik CKANDS os DES MEMBRES TdORACIQUES. i. Omoplate. Longueur, du bord de la fosse glénoïde à l'angle spinal 0,170 Plus grande largeur en haut 0,150 Largeur au niveau de la convexité du bord antérieur 0,095 Saillie de l'acromion 0,030 Grand diamètre de la cavité glénoïde 0,030 Petit diamètre 0,035 2. Humérus. Longueur 0,260 Diamètre antéro-postérieur de la tête supérieure 0,070 — transversal de la tète supérieure 0,050 Largeur de la tète inférieure 0,080 — de la poulie articulaire 0,060 Diamètre antéro-postérieur de la tête inférieure, dans son milieu. . . 0,045 Largeur de l'os, dans son milieu 0,030 3. Railius. Longueur ■. 0,230 Largeur de la tèlo supérieure 0,031 Son petit diamètre, vers le crochet 0,052 Largeur de la tête inférieure 0,025 — du corps, au milieu 0,028 i. Cubitus. Longueur, y compris l'apophyse stylo'ide 0,300 Hauteur de l'olécrSne 0,050 Longueur de son bord supérieur, avec le bec 0,055 Plus grande largeur au-dessous de l'articulation liuniérale 0,054 Corde de la grande cavité sigmoide 0,055 Largeur de la grande cavité sigmo'ide 0,020 Longueur de la petite cavité sigmoïde 0,030 Sa hauteur en dedans 0,01 S — en dehors 0,008 Grand diamètre de la télé inférieure 0,035 Largeur de la tête inférieure. 0,024 Épaisseur de l'os, au-dessus de la tète inférieure 0,023 DE l'ours brin dks pyhéxéks. 217 GRANDS OS DES MEMBRES ABDOMINAUX, i. Bassin. Distance de l'épine antérieure d'un OS des iles à l'autre 0,220 Diamètre antéro-postérieur du bassin 0,090 — Iransverse 0,080 Distance du bord antérieur de l'os des iles au postérieur de l'ischion . 0,200 Longueur de la symphyse pubienne 0,070 Dislance de l'extrémité inférieure de la symphyse à l'extrémité posté- rieure de la tubérosilé de l'ischion 0,111 Diamètre de la cavité cotyloide 0,012 Longueur de la crête iliaque 0,08.5 Largeur de l'os iliaque au niveau de la face auriculaire 0,0.50 — de l'os iliaque à la hauteur de la grande échancrure sciatique. 0,035 — de l'os iliaque à la hauteur delà cavité cotyloide 0,062 Plus grand diamètre du trou sous-pubien 0,055 Largeur de la branche horizontale du pubis 0,018 — de l'ischion au niveau de l'épine sciatique 0,026 Plus grande épaisseur de la tubérosité, en haut 0,035 2. Fémur. Longueur 0,310 Largeur de la léle supérieure 0,070 — de la léle inférieure 0,070 — au milieu 0,030 3. Rolule. Longueur 0,050 Largeur en haut 0,035 i. Tibia. Longueur 0,240 Largeur de la tête supérieure 0,065 — anléro-poslcrieure, au milieu 0,045 — de la tête inférieure 0,050 — de l'os à l'endroit le plus mince 0,025 5. Pci'oné. Longueur 0,220 Largeur de la tête inférieure 0,020 — de la tête supérieure 0,022 — de l'os au milieu 0,020 218 J. WEI.BOS. - i;ix;iiEiu;niîs sijk l'ostkologie CAnPE (1). Largeur en dessus 0,060 Longueur antéro-poslérieure 0,030 1. Scaplioïde semi-lunaire. Largeur à la face articulaire postérieure 0,040 Son diamètre en hauteur 0,028 Saillie de l'apophyse sur cette face 0,018 Diamètre anléro-postérieur rie la face supérieure 0,018 Largeur de la face antérieure 0,010 2. Pyramidal. Longueur de la face postérieure 0,020 Sa largeur 0,007 Plus grande longueur de la face externe 0,029 Largeur de la face antérieure au milieu 0,012 3. Pisiforme. Longueur 0,032 Largeur de la face supérieure 0,029 Plus grand diamètre (antéro-postérieur) de la face inférieure. . . . 0,020 Épaisseur de l'os au milieu. . 0,0<4 4. Trapèze. Longueur de la face postérieure 0,018 Sa largeur au milieu 0,007 Longueur de la face antérieure 0,014 Sa largeur 0,010 Longueur de la face supérieure 0,014 Sa plus grande largeur 0,014 5. Trapézoïde. Longueur de la face postérieure 0,015 Sa largeur en avant 0,012 Longueur de la face antérieure 0,019 Sa largeur au milieu 0,010 Plus grande largeur, en dedans, de la face supérieure 0,012 G Grand os. Longueur de la face postérieure 0,021 {l) Voyez, pour le métacarpe, le tableau n° 5. UE l'oi'rs brun des pvuénées. -19 Sa largeur "'007 Longueur de la face antérieure 0,021 Sa largeur au milieu • . • . . ■ . • C,OI I Largeur de la face supérieure 0,013 Longueur de la face externe 0,020 7. L'nciforme. Longueur de la face interne 0,023 Largeur de la face antérieure 0,020 Longueur en dedans 0,016 Longueur de la face supérieure . . 0,018 Sa largeur 0,023 TARSE (1). Largeur de la deuxième rangée 0,060 Sa longueur 0,027 1 . A&lraçak'. Grand diamètre de la face scaphoïdienne 0,028 Petit diamètre 0,018 Largeur de la poulie 0,037 Longueur antéro-postérieure de l'os 0,042 Longueur de la face calcanéenne 0,036 3. Calcancum. Longueur totale 0,060 Hauteur de la face cuboïdienne 0,014 Sa largeur 0,019 Plus grande largeur de l'os, de la petite apophyse à la crête externe. 0,044 Hauteur du tubercule postérieur 0,027 Longueur de la face astragalienne 0,036 — de la grande apophyse en arrière de cette face 0,033 3. Scaptioïde. Largeur de la face postérieure 0,032 Sa hauteur 0,025 Longueur de l'os en dessus 0,009 ^. CuboïJc. Largeur de la face postérieure 0,027 Sa hauteur 0,016 (i) Vojiez, pour l« méUtarte, le tableau uo 5. 220 J. DELBOS. — RECHERCHES SUR b'oSTÉOLOClE Longueur de la Tace supérieure 0,020 Hauteur de la face articulaire antérieure 0,022 Sa largeur 0,020 5. Premier cunéirorme. Hauteur de la face postérieure 0,020 Sa largeur 0,010 Hauteur de la face antérieure 0,019 Largeur de la face antérieure 0,013 — de la face supérieure 0,017 Sa largeur 0,0 H G. Deuxième cunéiforme. Hauteur de la face postérieure 0,021 Sa largeur 0,011 Largeur de la face supérieure 0,01 i Sa longueur 0,010 7. Troisième cunéiforme. Hauteur de la face postérieure 0,020 Sa largeur en avant 0,016 Hauteur de la face antérieure 0,020 Sa largeur en avant 0,016 Longueur de la face supérieure i .... 0,015 DEUXIÈME TABLEAU. — Dimensions des dents. MACHOIRE SUPÉRIEURE. Longueur de la partie émaillée de la canine 0,030 Largeur anléro-postérieure de sa base 0,019 Longueur anléro-postérieure de la première molaire 0,015 — antéro-postérieure de la pénultième 0,022 — antéro-postérieure de la dernière 0,038 MACHOIRE INFÉRIEURE. Longueur de la partie émaillée de la canine 0,033 Diamètre antéro-postérieure de sa base 0,020 Longueur antéro-postérieure de la première molaire 0,013 — antéro-postérieure de l'anté-pénultième 0,024 — antéro-postérieure de la pénultième 0,024 — anléro-postérieure de la dernière 0,018 IlE L Oins BUIN DES PYRÉNÉES. 221 I < pa H ■a en 5 (N 00 ao to eo " o ^ o o c> Oi .- _^^ ■51 „ aS ©î «* co r^ ^ O o o o " .. O o o o O »i QO (NO OO rî-î tO art î(5 t?l -^ CO -^ fO M -J 3 O O o o o O O O O o o o o o o O O ^ ^, .* a; ^^ oo «* >n -* oo M ffO «* pf n-1 eo 3 — o o o o o o o O o S o c c: c: o o o o o o oc -r dM lO îO •o to oc ;o sC) r^J •^ •^ c^ *!ï< S-1 rt- (- ^ es O c — o o <=> o o o O :; O == o ^ o O o <= o o r^ . c in e 00 ara oo f^^ -^ n- «^ c n\ (?( e> o O o o o o f- a o o O o o o o c o* )C LO o 00 t- ïO (?; «a f^ •M G^ r- = o o O ■O o o o = o o o o =^ o o o o o f>1 oo •<> Î-- «* o rt c c> "^ IT^ «> «^ G^ !0 «*■ se (N ^ S ■o O o o o ^ o " o o o o o I=> o o O o î^ o o -^ o o f?) o- îO iO 1 , ïï ^ _ç^ 3 .y c 5 1:1. g. co .5 «2 ?^ es "5 ~ a -o 03 T3 b c -0 — a; -o C 3 o .2 c . ta s en an il > "» en S ta >* s o > a 1 1 i ^ g- a. c M 3 en -e -ë S 1^ a c 1- s> OJ g s L. 0) 0^ a c C cj tn tÙ S = «i t« 5^ h } 1 eo 2 c c c 1 1" 1 ^ c c/- o ■X ft. çu 222 J. ItEI.BOS. RECHERCHES SUR L OSÏKOLOCIE S (5 3 OS H c: o o t^ 5C fo c; ^ «oooooo o o o o o o o O ^ Ci o Oï iJ:. (?1 O -^ o ^ o -c- -rr ro (M rOOOOOO ^ O O O O es O O Ocr;--? o C' o o o o « o o ^ o o o o -O O ~a) -a> ■« a o -^ ■3 "= 5^ s « - t^ 30 :0 -?? ro G-T *• o *r OS co '?! CI -»r Ë => O O o — ~ O O <= o O O e i.-5 o' e' — ' cT cT — ' =r cT o o cT o id ,g e a j o rO JO o ^■5 (?i «? '^^ ■«r O co os / ^ ro w» ri ©) ^ c; -o lû \ ^ ~ ~ a « ~ ~ — '^ ~ ~ » — ~ c f) J a ^ J ^■t. t- I-'î ?i CO Cï (?) o ? co (N -^ (H o_ * O o o — a o a O O o" o" c o O 3 o ] ^ ^-, OO -. b- O ^^ M «* ^ ^ -* sra o h o — - o ^ ô ^. ^ e b 1 f* cT o" cT cT o" :^ =" o" cT cT c: O' E^ Z >■ là CO OO ce o> -* yî «*■ «* îO ir; n-l rc ■^ ©1 t3 fc O O o o c o a o o ô o o O h — " o" —' -' =" -" =r — " o o" o" o" g 1 r - i X OO o TTl r) T- -^ ^* ^ -T- '?* z a o — £ — o a ^ M o o o o o ■■ CJ -?^ 9 1 ci) 1 1 bb 1 1 bL 1 bjo bX3 s 1 c 1 C 1 c: > C3 o co ca b. u t- t. K •> ^^ _© CJ — Œl -o -o -O 3 S s 3 3 Œ) a> Œ> m it te CD t. 3 o rt rï -J ^ Jj ^ n: Noie sur les relations zoologiques qui existent entre les Pratiizes et les Ancées, par M. Spence Bâte (extrait) (\). Depuis la publication des recherches de M. Hesse sur les rnétamorphoses des Pranizes en Ancées (2), M. S. Bâte a fait paraître quelques observations qui tendent à établir que ces transformations ne s'opèrent pas toujours, et ne s'effec- tueraient peut-être d'une manière constante que chez les mâles. En effet, M. Bâte a trouvé des Pranizes femelles adultes ; car chez quelques individus ayant tous les caractères des Crustacés ainsi nommés, il a conslalé l'existence non-seule- ment d'oeufs bien formés, mais d'embryons dans une période assez avancée de leur développement. Ce point si curieux de l'histoire de ces Édriophllialmes demande donc de nouvelles recherches. Observations sur la contractilité des Spongiaires, par M. Bowerbank (extrait) (3). Dans une première note, publiée dans le Rapport de la réunion de l'Associa- tion britannique tenue en 1856, M. Bovverbank a consigné une série intéres- sante d'observations qui confirment le fait de la contractilité des .Spongiaires du genre Téthys, annoncé en 1828, dans ce recueil, par MM. Audouin et Milne Edwards (i) M. Bovverbank a constaté la même propriété chez d'autres espèces de Spongiaires marines, et dans une seconde note, insérée dans le volume des Rapports de la même Société qui vient de paraître, il a élendu ses observations à la Spongille fluviatile. 11 a fait aussi des expériences intéressantes sur la sou- dure de ces zoophytes entre eux , quand des masses de la même espèce viennent à se rencontrer, et la séparation permanente qui dans les mêmes circonstances se remarque entre les masses appartenant à des espèces différentes. (!) On Pranha and Amevs, and Iheir A/linily lo E«(h Ollifr {Ann. and Mag. afNal. Ilislorn, séries 3, vol. II, p. 105, pi. 6 et 7). (2) Voyez ci-dessiis, page 93 el suivantes. (3J On Ihe Vilal l'oJirr of tiie Spong.dœ {r,ej-Ort uf Ihe Brit. Assoc. for 185G). — FuTiher lieporl on the Vitality of the Spmgidœ (Rep.of Ihe Brit. Assoc. /brl857, LonJon, 1858). (4J Bésumé de recherches sur les animaux sans vertèbres faites aux ites Chausey { Anu. des se, nul., l'-Férie, (. XV, p. 17). MRMOIRE L'APPAREIL AUDITIF DES INSECTES, Par M. th. LKSPÉS. Lu à l'AraiIt-mic Jcs scioncc^, tians la séance Jii 30 aoi'il 1858. L'existence du sons de l'aiidilioncliez les Insecles a ('k' admise par tous les rialiiralistes, mais toulet'ois sans (|iie personne ait dé- crit un organe qui puisse être celui de ce sens. Chaque t'ois (pi'un ojjservateur a découvert sur la tèle, le corps ou même les pattes d'un Insecte, ini organe plus ou moins extraor- dinaire, il s'est liàlé de le repri'senler comme un organe auditif, bien heureux (|uand, sup[iléant au nian(|ue d'organe, il n'en a pas inventé de toutes pièces lui des plus complets, avec toutes les par- lies qui constilut'ut celui des animaux supérieurs (1). A la suite de ces es.sais aussi peu heureux que multipliés, l'opi- nion générale des entomologistes est toujours la même : ce sont les antennes qui sont le siège de l'audition. Celte manière de voir a été soutenue en dernier lieu par M. L. Dulbur, avec l'autorité que doimeni de nombreuses et belles recherches anatoniiques, et l'habitude d'une longue observation (2). Quand il s'est agi de localiser exactement l'organe auditif, en admettant (|ue ce sont les antennes (pu le poi'teni, les opinions les plus coiili'adictoires ont été mises en avant. D'après les uns, la partie lenninale, (iidinairenient velue, des antennes représente (1) ComparcUi, 06s. anat. deuure inlenia. Padoiie, 1781. (2) Quelques mois iur l'unjiine île l'odorat et sur celui Ji- /ouïe ihiiis les Insectes {Act.Soc. liun. de liuriicuui, l. XVI, 18.!iO). i' féric, ZonL. T. IX. (Cahier ii" i ) ' 15 2'2G en. LESPÊs. bien un organe dosliné à percevoir les ondes sonores; M. L. Dufoiii' paraît incliner vers cette idée, à laquelle se range aussi Newport. Pour plusieurs autres, l'antenne tout entière jouerait le rôle d'une verge élaslifiue, qui |)eut, ainsi qu'on le sait, mettre un plateau en vibrations, eoinnie le l'ait une membrane tendue. Ces derniers oublient que les antennes sont loin d'être inflexijjles; <|ue le plus souvent elles sont composées d'un grand nombre d'articles 1res mobiles l'un sur l'autre, et qu'elles ne peuvent par conséquent remplir le rôle qu'on leur attribue. Enfin le plus grand nombre des analomisles a renoncé à cbercbcr l'appareil auditil'des Insectes, tout en admetlani l'exislcnce incontestable, cbez ces animaux, du sens de l'audition, et la localisation |)robable de ce sens dans les antennes. En étudiant l'appareil rcniar(iuable qui, cbez les Acridiles, accompagne le troisième sligniale Iboracique, J. IMiiller (1) avait cru trouver là un organe auditif. M. von Siebold (2) a repris cette élude, cl l'a poussée beaucoup plus loin ; puis il a trouvé dans la jambe antérieure des Locustides et des Grilloniens un organe, qu'il a aussi considéré comme pouvant servir à l'audition. J'ai étudié avec soin ces deux appareils remarquables. L'organe des Criquets consiste en une membrane, très mince, tendue sur une sorte de cadre corné, qui est percé par le troisième stigmate Iboracique ; l'aiipareil, |ilacé immédiatement à la base de l'abdo- men, appartient pourtant au mélalborax. Sur la membrane, on voit facilement, mcnic à l'u'il lui, cbez les grandes espèces, deux petites pièces cornées, dont une présente une apopbyse dirigée en dedans. C'est contre celle-ci ipTcsl placée une sorte de pelote molle, dans laquelle se termine un nerf assez gros, dont l'origine est au troisième ganglion tboracique, et (]ui m'a semblé ne four- nir aucune brandie dans .son trajet. J'avoue n'avoir étudié cet appareil que dans un petit nombre d'espèces; d'après M. von Siebold, il varierait assez peu. On doit reconnaître qu'il représente assezbienl'organe auditif; mais il devraiirésullcr de son existence (1) J. Mutlei-, in Nov. Acl. iiat curios., t. XIV. f2) Von Sietiotd , in ^i'icgman'x Arcli , 1844, t. I. MÉMOIUE stli l'aI'PAKEIL AtDlTll' DRR INSECTES. 227 tl;ins iiiio spiile fiimille, (|iic les Cririiicis seraiont Iieauooiip plus seiisilili's au biiiil (|uc les aulrcs Inseclos, el iidiirliiiil il n'en est rien : luin de là. Le nerf île cet aiipareil ne se lerniine pas dans une véritable eellide, mais ijien pkilùl dans une surle de pelote, dans laquelle j'ai à peine trouvé (luelques-uus de ees eorps allongés, comparés |)ar l'auteur aux terminaisons en bâtonnets du nerf audi- tif des Vertébrés. C'est à la base des jambes antérieures i|u'cst situé l'organe des Grilloniens et des Locustides, ipie M. von Siebold a considéré comme un organe auditif, .Mais, après de nombreuses disseelions chez bien des es|)èces différentes, je suis convaincu qu'il y a ici une erreur grave. La trachée principale de la |ialle, qui provient du premier stigmate Ihoraciquc, se rende brusquement an-des- sous du genou; elle est en ee point immédialem(>nt appliquée à une membrane fine, cpii ferme une ou deux ouverlures percées dans renvel(i|i|ie cornée de la jandie. Immédiatement au-dessous, on trouve nu nerf assez gros, el (|ui est le piineipal de la patle. Chez les Grilloniens, il fournit de nombieuses ramifications très fines à un muscle silué profond('menl, el sur lequel il s'aplalit en formant une sorle de ganglion fusiforme: e'esl là, je pense, ce que M. von Siebold a décrifconune un ganglion donnant des ramifi- calions lerminées en bàlonnels; c'est là au moins tout ce que j'ai Irouvé, el je ne vois pas en quoi ce pourrait être un organe au- dilif. Les Loeusiides ont un appareil constitué d'une manière ana- logue, et qui ne diffère qu'en im scid point essentiel de celui des (irilloniens : le ganglion fusiforme, au lieu de se trouver sur le nerf lui-même, esl la terminaison d'une branche disliucte destinée au mêuie muscle ; en un mol, je n'ai Irouvé dans cet appareil rien qui puisse faire penser qu'il sert à l'audilion. Le nerf ()ui est silué derrière la trachée n'est accompagne d'aucune cellidc, mais seule- ment d'un peloton de tissu adipeux, f(ue l'on peut reirouver par- tout ailleurs; et le renllcmenl (|u'il pn'îsenle ou qui termine son rameau, je l'ai vu dans plusieurs autres Insectes, dans les points où les nerfs vu avaiilageux. .l'aime mieux étudier cellesdu M. albida; elles sont loin d'avoir (ouïes la iiK'Miie forme; leur contour est même très souvent irrégulici'; (piaiil à leur dimension, elle varie de 0"'",()"2 à 0""",03; mais elles n'ont jias de cadre. Avec des formes analogues, celles du M. hippo- castani sont un peu plus [)etitcs. I.a membrane de l'antenne, (pioiipie mince, est d'une opacité assez martpiée, et d'une texture |iarfaitcment homogène; avec une lumière trop vive, les ouver- tures paraissent connno de simples perforations ; il est pourtant évident iprelles sont fermées par une membrane, .le me servirai dé.soruiais, pour les désigner, de rex|iression di^ li/mpamtle. Au ceiitrc de ce lympanulc, on dislingue im espace rond (pii, par un jeu de lumière facile à comprendre, semble en divers points 232 tu. LLSPËs. plus clair encore que la iiienibranc; puis, dans ce nouveau cercle, on voit encore un puiiil brillant (fig. 1), que l'on serait tenté de prendre aussi jiour une perforation. En un mot, elia(|ue or|;ane nous offre trois cercles l'un dans l'aulrc; il faut à présent déter- miner ce que sont ces trois cercles. Après avoir supprimé la liuuièi'c fournie par le miroir, éclairons la pièce en dessus comme un olijet opa(pie, mais en nous servant d'un rayon aussi oblique que possible. Elle nous présentera alors trois cercles brillauls : rexternc est le bord du tympanule; celui qui vient ensuite, avec des rcllets qui démontrent sa convexité, c'est le bord d'une petite poclie ; enfin l'interne, qui offre des jeux de lumière très variable, c'est un corps solide dans la poche, l'otolilhe. Les choses acquièrent la dernière évidence, si nous déchirons un lambeau de membrane et si nous examinons le bord (fig. 1). Ceux des tympantiles, dont il ne reste qu'une petite portion, nous offrent poui'Iant des lambeaux de meuibraue déchir('c; d'autres, dont il reste une portion plus considérable, présentent sur une par- tie de leur membrane la trace de la cellule ; enfin chez d'autres, et ce sont les plus imiiorlanls à bien examiner, la cellule ave(; son otolithe est encore adhérente à la membrane du tympanule. Il résulte donc de cet examen que chacun de ces organes se compose des [larlies suivantes : 1° un tympanule ou membrane tendue sur une ouverture; 2° une itoche, un peu convexe, iileine d'un liijuidc épais; 3° un cor|is solide, réfractant foi'lcment la lu- mière, renfermé dans celle cellule, mais mobile dans son intérieur, ainsi que le déuionireni les diverses positions qu'il peut occuper. La membrane du tym|ianule est d'une extrême ténuité, au moins chez la plupart des espèces; on la voit seulement sur le bord des pièces, et avec une lumière faible. Le volume et l'aspect de la poche varient très peu dans la même espèce : à un lyuipanule |tlus grand ne correspond pas une poche plus grande; elle parail formée d'une membrane relativement épaisse, et remplie d'un li(piide dense; souvent même sur des pièces tout récenuncnl préparées, il semble que ce liquide n'est pas homogène , on dirait qu'il s'épaissit du côté de l'otoljthe. Cette MÉMomt; sLii lVm>i>mîeil al'ditik ues insectk!». 2 \ô (lisposiliuii exceplioniiclledansrorgnne ilu iU. a/6i(/(( devient 1res cvidenle, si l'on examine eckii iiufulb, dans leqnel l'otolitlie n'est représenté que par un flocon plus dense en suspension dans le li(iuide. Le corps solide, l'otolitlie, qui apparaît comme le noyau de la cellule, est le plus souvent très visible; son volume est à peu près coMsIanI ; les jeux de lumière qu'il offre montrent qu'il est presque spliérique. Onelqnefois on arrive à se convaincre qu'il n'est pas parfailcinent homogène, mais bien composé de couches concen- triques de densité diffcrenle. Les acides, même com^entrés, sont sans action sur lui; la potasse le fait un peu aiigmenler de volume, mais seulement après une action longtemps prolongée. Le P. fullo fig. 7) offre, ainsi (pie je l'ai déjà fait observer, des exceptions nombreuses, et dont je n'ai pu me rendre un compte exact qu'après une élude complète des organes du M al- bida. La mendjrane de l'antenne n'est point parfaitement homo- gène : ainsi que je l'ai dit, chaque tympanule est entouré d'un cadre ; de celui-ci partent des lignes jikis transparentes, qui divi- sent la membrane en polygones irréguliers. Le cadre paraît être plus mince que la mcmlirane de l'anlenne; sur lui est attachée la meuihrane du lynqianule, qui est, au coniraire de ce que nous avons vu jusqu'ici, d'une (''|iaisseur très appréciable. En un mot, entre le bord du lympanulc cl la cellule, il y a un cercle qui repré- sente le point où la membrane s'attache sur le cadre; par consé- quent, un cercle de plus que dans le M. albida. La poche est grande, ordinairement ovalaire, et pleine d'un liquide non parfaitement transparent, comme nous l'avons trouvé jusqu'ici, mais dans le(|uel sont en suspension de nombreux gru- meaux. L'otolithe est fort peu distinct, et en réalité on peut dire que le centre de la cellide est simplement occupé par une ]iartie du liquide «l'une densité un peu plus grande. On voit d(jnc que les appareils lUi P. fullo diffèrent de ceux du Hanneton commun |iar l'cxislence du cadre, et la disparition presque conqilcti' de l'ololidic; c'est la modification la plus consi- dérable (pie j'aie pu trouver après un grand nombre de dissec- tions. SSi tu. I.I>PÉS. Un autre Laniclliconie, Ï/Jnoxiapilosa, dans lequel les tyiiipa- nules sont malheureusement bien petits, m'a offert aussi un fait remarquable : la eellule est très grande, tellement qu'elle dépasse le bord du tvnipanule. Dans VOryctes nasicornis, l'appareil est aussi bien facile à obser- ver ; le tympanule est entoin-é d'un épaississenient de la mem- brane cornée de l'anleune; les autres parties sont très distinctes, mais n'offrent aucun fait exceptionnel. Plus loin je montrerai que l'exislence des organes dont je m'occupe est do rci;le dans tous les Insectes, que leur nomlire et leur posilion varient seuls ; ici je dois seulement m'occuper de la cousiitulion de chacun de ces pe- tits appareils. C'est loin d'èlre une chose facile que de suivre les rameaux des nerfs antennaux, et c'est seulement à la fin de mes recherches que j'ai été assez heureux pour pouvoir dessiner leur terminaison. En examinant certaines préparations, on réussit pourtant, sans trop de peine, à voir les troncs principaux, si l'on peut se servir de l'expression de tronc pour des filets d'une ténuité bien plus que capillaire. Pour cela, il faut réussir à séparer les deux enveloppes d'un feuillet; jiuis, quand l'une d'elles a culraîné les parties molles, il faut encore les séparer de celte sorte de base. On s'assure alors (pic, dans le feuillet anlcnnal, il n'y a que du tissu cellulaire, des nerfs et des lracli('cs. Celles-ci offrent un tronc priuci|)al ipii dé- crit une courlie idiongéc, en fournissant ce nondjre énorme de branches rameuses que seuls peuvent se lif^urer les analomislcs qui ont l'habitude des dissections d'Inseulcs; mais la distribution de ces branches n'offre rien de particulier. Les rameaux nerveux m'oid |)aru être au nomlire de (piatre puiu' eha(pie feuillet ; ils par- tent à angle droit du nerf antennal. De ces (piatre branches, les deux latérales, plus courtes, s'épanouissent inunédiatement en ra- mnscules nombreux; les deux médianes, au contraire, marchent en droite ligne jusque vers le milieu du feuillel, en se divisant eu nombreux rameaux qui restent parallèles jusqu'en ce point; puis divergent , s'anastomosent entre eux poiu' se diviser d(! nouveau, et finissent par constituer une sorte de réseau inextricable ; en un mot, des quatre branches du nerf antennal (pii sont destinées à MÉMOIKE SUR l'aPPAHEIL AIDITIK DES INSECTES. '235 chaque fcuillel, les ileux médinnes sont |ilu(àl distribiices à la paiiie turiuiiKile, eî les ileiix lalérales à la base lUi leuilliU. Mais [lar le |iroeédé que je viens de décrire, on parvieni à voir seulement la disiribiition des nerfs, sans pouvoir les suivre jusqu'à leur lermi- naison. Sur un grand nombre de pièces, après de minutieuses re- clierclies, je suis parvenu à trouver dans le M. albùla quelques appareils, dans lesquels j'ai vu iiénélrcr un nerf 1res grêle. J'ai dessiné deux de ces appareils (fig. 2) à la chambre claire. Le court rdament qui vient ainsi pénétrer dans la cellide auditive est surtout visible, au point où il traverse sur la mendiranc du tympanule l'espace clair qui entoure la cellule. Pénèlre-t-il dans cette der- nière ? ou bien s'arrète-t-il à sa paroi ? C'est ce que je ne puis dire. Je l'ai vu arriver jusipi'à l'enveloppe de la cellule, avec laquelle il sendjlc se cord'ondre; mais je n'ai pu le suivre plus loin. J'ai seulemeni icnuirqui' iiu'il n'est jamais perpendiculaire à sa mince membrane. Peu d'heures après (jue la préparation avait été placé'o dans un mélange d'eau gommée et de glycérine, les nerfs étaient bien visibles sur un assez granti nombre d'organes; mais je n'ai pu conserver ces pièces d'une manière satisfaisante : petit à petit la transparence a l'ait des progrès, et les nerfs ont disparu. J'ai réussi depuis d'une manière bien plus complète à voir la distribution d'iui fdet nerveux dans un feuillet antennal du P. fullo (fig. 6). Cette pièce, que j'ai iimnédiatement dessinée à la chambre claire, m'a paru devoir vaincre tous les doutes. En prépai'ant, par la séparation des deux ujcnibranes qui le constituent, un feuillet aiilermal ipii avait été plongi' pentlant deux heures environ dans le chloroforme, j'ai vu les nerfs se répartir à peu près également sur les deux membranes ; puis en les examinant avec soin, j'ai vu un mince lih't fniunir siu' une partie de son trajet cinq branches destinées à autant di; poches auditives. La première de ces bran- ches l'tait relativement fort longue; Ic'S suivantes, au coidraire, très courtes, i'arveiuis à la cellule rpTils atteignaient presque tan- Kcntiellemcnt, les ramuscules n'étaient plus visibles, mais leur arrivée jus(|u'ii sa paroi ('lait |iarfaitement évidente. La portion ter- '236 eu. LESPÉii. iniiialo du iicri' i'l;iil décliircc , mais sa base pouvait ctrc suivie jusqu'à un fies lungs rameaux médians du feuillet. Des laits que je viens de rapporlcr, il résMlte d'une manière évidente que ehaenn des petits appareils plaeés derrière les pores antcnnaux reçoit un filet nerveux. Cet appareil ne [leut donc être qu'un organe sensitif; or il n'olTre aueun caractère qui puisse rappeler un organe d'olfaction, et au contraire nous représente, dans ce qu'il a d'essentiel, l'organe de l'ouïe des Crustacés déca- podes. Nous trouvons, en effet, dans l'un et dans l'autre une ou- verlure aux téguments cornés, ime membrane tendue sur celle ouverture, comme le tympan des animaux supérieurs, ou mieux comme la membrane de la fenêtre ronde ; derrière celle mem- brane, une poclie rem|)lie d'un li(|uide ('pais, et dans celte poche la terminaison d'un nerf. Le contenu de la cellule est chez les Crustacés d'une densitéd'aulant plus grande, que l'on se rapproche plus du centre. Pareille chose nous est offerte par le Hanneton foulon, et si, chez la jibipart des aulrcs Insectes, mais non chez tous, il existe un otolilhe , ce caractère peut être considéré sim- plement comme une exagération du précédent, et vient ajouter une nouvelle preuve à l'opinion que je soutiens. La principale dillé- rence, c'est que, dans les Crustacés, il n'y a qu'un appareil auditif pour chaque antenne, et qu'il y en aurait au coniraire un nombre énorme dans chacpie antenne du Hanneton; mais à mesure que nous pousserons ])lusloin l'élude de cet appareil, et que nous l'exa- minerons dans les divers Insectes, nous verrons s'effacer une dif fércnce qui nous paraît si grande, puisque, dans toute une famille, nous ne trouverons plus (pie (jualre organes à cha(pie antenne. Dans les Hannetons et dans la plupart des aulrcs Lamellicornes, les feuillets anlennaux sont parfaitement glabres; mais ceci est une exception: pres(pie toujours rantenne est plus ou moins velue dans les points où elle porte des appareils auditifs. Très souvent la base de ces poils peut induire en erreur; d'autant plus (pie le poil est mobile, et porté sur une ouverture nuuiie d'un anneau corné plus épais. Les poils des antennes d'Insectes me paraissent appartenir à trois formes principales. MÉMOIRE SLR l'appareil ALDl TIF DES I.NSKCTF.S. '237 Les poils gi'os, les cils, ont souvent une graiule longueur ; ordinairement l'ouverture clans laquelle ils sont insérés est plus grande qu'une ouvciiure auditive, mais son diamètre est très va- rialile, toujours elle est parfaitement ronde. Le poil lui-même est inanil'eslement creux; à sa base, il oiïrc une dilatation hémisphé- rique; puis, après un rétrécissement plus ou moins marqué, il se renfle légèrement, et se continue en un cône plus ou moins long. Ccriaiiis de ces poils sont si courts, qu'on ne les reconnaît qu'avec peine: sur raiileniie des Cigales, il y en a qui ont à peine autant de longueur que de diamètre. Les poils fuis, le duvet, si je [mis m'exprimer ainsi, rendent quelques observations difficiles. Ces poils, ordinairement très serrés, sont insérés dans des ouvertures très petites, et qui ne pré- sentent aucun caractère qui puisse les faire confondre avec des ou- vertures auditives. Enfin on trouve, ordinairement sur le dernier article, des or- ganes ipie je range avec doute au nombre des poils, et que l'on ne |teiil jamais confondre avec les tympanules. Ce sont des sortes de cônes coiiils très trans[)arenls, et qui semblent mous, des espèces de jiapilles probablement tactiles. Us sont très visibles sur le ilerniei' arlicle de ranlenne des 6'erco/j/5; j'en ai trouvé deux ou trois à la base du long lilet (|ui leriiiine celte antenne, et, à une l'aible dislance des organes auditifs, portés eux aussi sur cet article. in. J'ai examiné les antennes d'un très grand nombre d'Insectes, de trois cents espèces au muins, jamais je n'ai échoué dans la re- cbeichc des organes auditifs. Plusieurs des dispositions dont je vais parler sont connues parle ;\léinoired'Erichson ou les travaux (le divers enliiiiioliigistes ; il en est d'aulres (jiie j'ai trouvées. On sait que, chez les Coléoptères, les antennes affectent des fuîmes très variables; voici cjuelques-unes des principales iiiodi- licalions. Chez les Coléoptères à aniennes sélacées, à quelque famille 238 cil. LESPÉS. (lu'ils iipiiartioimenl, les articles basilaircs soiil lisses el brillanls; les terminaux, ordinairement plus grêles, sont velus; à leur sur- face, on trouve des tympanules plus ou moins nomlircux. Chez les Cm\v\è]es( Cicindela campestris)^ les Carabiques {Ca- rabus auralus et piirpurascens) et plusieurs autres, ce sont les fpiatrc ]}remiers articles (pii sont glabres, les sept suivants portent des ouvertures, el aussi des cils et du duvet. Chez le Carabus pvrpurascens , les tympanules ont 0""",()]5 de diamètre. Dans le Rhamnusium salicis, qui porte des tympanules sur le sommet du ciiiipuèuie article, ils ont 0"'"',003 de diamètre seulement. Dans (|uel(|ues autres espèces, c'est à partir du quatrième article que commencent les ouvertures [Malachius œneus), ou même le troi- sième en porte déjà {Helops carahoides, Lampyris nocliluca). D'autres fois, elles ne commencent que plus vers l'exlrémilc, au sixième article [Cassida viridis, Haltica fuscicornis, etc.), au septième [Chrysomela staphylea et autres), au liuitième {Sylpha sinuata), au neuvième {Dorcadion fuiiginator). Quand l'antenne est clavit'orme ou terminée par lui boulon, c'est à l'extrémité seulement que l'on peut trouver les organes auditifs : dans les Charançons, par exemple, el encore n'y en a-t-il (ju'aux trois derniers articles dans quelques-uns (7'fmi/?//ee/iws pallialiis); il en est de même dans les Clérides [Trieodes alvea- rnis); enlln, chez plusieurs espèces, ils sont uni(iuemenl placés sur le dernier {Coccinella, Claviyer leslaceus, Gyrinus nalator). L'antemic de YHydrophilus piceits a souvent clé décrite; on sait le rôle qu'elle joue dans la respiration : la massue qui la ter- mine se compose de quatre articles, mais le dernier seul porte des tympanules dans un espace un peu opaque placé sur sa face ter- minale. Les Coléoptères à antennes pectinécs portent ordinairement les organes dont je m'occupe sur tous les articles élargis, souvent sur la [lartic plauc seulement, dans une sorte de fossette (Lacon mu- rinus, Agrioles pilosus. Ancylocheira octogittfala), soit sur toute la surlace de ces articles. C'est sur la disposition des pores anlennanx que M. Lacordairc a basé la classification des Uu- prestides. MKMOIRE .Srn l'aIM'UIEIL AIDITIF DES INSECTES. 23J (Jlicz les Lucanes, el en parlieulier h Lvcanus cerviis, les lym- panules rcconvrcnl entièrement les i'euillels de l'antenne; la face exl(.'rne lUi dernier cxoeiilée. Je me suis déjà occupé de l'antenne de plusieurs Lamellicornes iPolyphylla fullo , Melulontha albida et luppocastani , Atio.via pilosa, Pentoilon punclatus. Orijctes nasicornis) ^ mais j'ai étudié celle de [ilusieurs autres. Les feuillets sont velus dans quelques- uns 'Copris liinaris), ce qui rend les observations diniciles; il y a en jiéuéral du duvet el des cils. Dans les Geotntpes slercorarius et sijlvaticus, le» tympanules sont remarquables par la différence de diamètre fpi"ils offrent : les uns sont deux fois grands conuiie les autres. Le G. Tijpliœus ne présente pas C(! caractère. La Cétoine dorée n'offre qu'un groupe d'organes auditifs à la surface externe du premier et du dei'iiier article de la massue ; l'article moyen en est entièrement couvert. Dans plusieiu's espèces, l'otolilhe est mal distinct [Rhizotrogits œstivus, Anomala Frischii). Dans une enfin (Anomala Frischii , j'ai trouvé un cadre analogue à celui du Hanneton foulon. Les petites L'upirca (Aphodius fimetarins, Onthopliagus nuchi- cornis, etc.) ont des tympanules fort petits. .l'ai trouvé une fois, en examinant l'antenne d'un Geotntpes, les lyni|ianulcs groupés par cinq ou six; je ne sais si c'est un cas particulier ou la règle iioiu' une des espèces voisines du sterco- rarins. liriclison avait déjà iudi(iué la plupart des dispositions dont je viens de parler. On observe aussi quelquefois, suivant sa re- marque, que les faces externes du premier el du dernier feuillet sont lisses, glabres, et dépourvues de tympanules; c'est le dernier feuillet seul (jui pi'ésente ce caractère dans le Lucanus cerviis, le premiei' et le dernier dans YOryctes nasicornis et le Pentodon punclatus. H doit r(''suller de cctt(; disposition i|u'eu Icrmanl la massue anleiui:ilc. rinsccte jirotégi! les fcuillels du centre, qui toujours sont |ilus délicats. Presque tous les OrMioplères ont les anieimes llliformes. Ordi- nairement ce sont les articles terminaux seuls qui portent des tym- panules, les quatre derniers seulement dans les Forlicules; tous, ûllO CB. I.ESPÉ9. excepté les trois ou quatre de la hase, dans les Acridites {OEdipoda cœrulescens, Calyptamus ilalicus). Cliez les Grilloniens (Grillus rf(TOjjes(m) et les Locustides (Ophipiger vilinm, Locusta viridis- sima, Pterolepis Cliabrieri,, ils sont bien dislinuls des bases de poils qui s'insèrent dans une ouverture plus petite. La poebe et son ololitbe sont très visibles; seuls les trois artieles basilaires sont lisses et sans tyni[)anules. Je n'ai trouvé dans leur l'orme qu'une seule exception remarquable ; dans un Teliix, ils étaient en ovale très allongé, et la cellule avait la même l'orme. Je n'ai pu retrouver cette espèce. Les Névroplères à antennes fdit'ormes (Panoryja, Friganea) ne présentent rien de remarquable ; mais les Libcllulides et les Four- milions m'ont offert des dispositions curieuses. CbezIesAgrions, dont raiitcnnecstpoiu'tant très courte (fig 5), sur le troisième article et en avant, on observe une ouverture qui rappelle enlièrenient celle des jambes antérieures des Grilloniens; elle varie du reste considérablement de volume, sui\ant les espèces et même les individus. La membrane qui la ferme est parfaitement blancbe, cl tranche bien sur la couleur foncée de l'antenne et de la tèle. Le i]ualrième article ne présente que c|uel(iucs poils; le cinquième est extrêmement grêle; se(d il porte destympanules, et il n'en offre jamais (pie quatre placés en ligne à la suite l'un de l'autre. Dans les Libellules [L. vidgala), les premiers articles n'offrent pas la forme remarquable de ceux des Agrions ; c'est le troisième qui porte les quatre aiipareils. Dans le Caleplenjx virgo, les tympanules ont 0""",016 de diamètre, et dans le Libelhda vuUjala de 0""",03 à 0"'"',()i. Néanmoins leur étude est diflicile, à cause de rcxlrême lincsse de l'arliclc réduit presque à l'état d'un [loil, et de la solidité de sa membrane d'enveloppe. Le lyuqjanule est entouré, siulout dans les Agrions, d'un cercle plus solide ; la cellule et son otolithe sont très évidents. Si l'on examine les tympanules en prolil, on voit très distinctement qu'ils sont convexes. vVvec un grossisse- ment faible et sans aucune dissection, ces organes rappellent l'aspect lies ocelles. MÉMoinE sin l'appareil auditif des insectes. 2/il Dans un Fourmilion [A canlhadisis occUanicà), l'antenne est assez courte, et son extrémité lenflée et aplatie rappelle le boulon antennal des Lépidoplèi'es diurnes. De nombreux articles la com- posent; tous portent nn grand nombre de cils courts et du duvet épais; dans la partie terminale du bouton et dirigé vers le bas, on ti'ouve un petit espace glabre. C'est là (pi'il faut cbercberles tynipanuies ; ils sont disposés régulièrement en quinconce; ils ont 0""",010 de diamètre; la |iocbe et son otulilbe sont très visibles. .Saut' un très petit nombre, les Hyménoptères ont les antennes simples, (juelquefois composées d'un grand nombre d'articles, et d'autres lois, au contraire, courtes et composées de trois ou (juatre seulement. Les organes auditifs sont portés sur les articles termi- nau.x ; sur f|uarante-neul" dans VEpInaltes manifeslalor ^, les deux de la base seuls n'en ont pas. Dans VUrocents giyas ^ , il n'y en a (ju'à la partie de ranteime(|ui regarde en bas, r|uaiid cet appen- dice est borizonlal. Le Tentreilo rosce en offre à partir du cinquième article; VEu- cera loiujicornis ^f en présente sur tous les articles, excepté les deux premiers; ilsont 0"'"',01 de diamètre, à cause de l'épaisseur de la membrane aniennale ; ils sont peu faciles à observer. Un assez grand numbre d'Hyménoptères ont le |iremier article de l'anlenne jilus giand i|iie les autres, de sorte (pi'elle est cou- dée. Seul, cet article ne présente pas de lympanules {Formica rufa, Antliiiphoni pilipes *). ou bien les deux ou trois suivants en sont aussi di'pourvus (Stizvs riifîcornis). Dans les Guêpes, il y a sur les articles terminaux une sorte de taclie jaime qui seule en porte. Le Coletes succiiicla oll're une curieuse disposition : à partir du (piatrième, les articles sont velus, et portent des lympanules; mais ceux-ci sont uniquement placés à l'extrémilé de cliaque article, aux points où ils peuvent être recouverts par le suivant, (piand rantenne est contractée. Dans tous les HymcMioptères, du reste, les l\in|ianules sont petits; la paroi de rantenne est épaisse, elles (luverlmcs loujouisplus ou moins obliques. (^bez les Hémiptères, l'antenne est pres(|ue toujours coiu'te, et composi'e d'un très petit nondjrc d'articles. Les lympanules sont ordiiiaiiemciit piiils; il y en a seulement sur le quatrième et der- 4' série, Zcoi. T. IX. [Ciiliii^r n" i.)* 16 i/Î2 CH. LESPÉS. nier arlic\e ( Ligens aplerus, Gerris lacustris), ou sur celui-ci et le troisième [Miris campeslris) chez les Géocorises. Chez les Hyilro- corises, l'anlenne est extrêmement courte; j'ai examiné celle du Nej>a cinerea, qui présente des tympanules, au nombre de sept ou huit, sur le troisième et avant-dernier article, el celle duA'ow- necles glaiica, qui en a sur le quatrième et dernier seul. Dans les Cercopis spvmaria,populi et sangitinolenta, l'antenne est formée de trois articles, dont le dernier, terminé par un long fdameni (lig. 3), porte deux ou trois de ces cônes transparents dont j'ai déjà parlé. Cet article seul présente des tympanules groupés au nombre de sept ou huit au côlé externe. Chez les Cigales [Cicada argenlea, nigra), l'antenne est sétacée, et composée de sept articles; seul le troisième porte des tympa- nules au nombre d'une soixantaine ; ils ont 0""",01 [C. ar- gentea). Les Lépidoptères diurnes ont semblé à Erichson présenter des faits exceptionnels, sur lesquels il voidait revenir. Le boulon an- lennal, ordinairement comprimé, conlient les organes 'auditifs, portés sur le dernier article on sur les deux derniers ; il existe toujours un petit nombre de tym|)anules {Satyrus Hyperanihus. Melitea I.ynxia, Vnnessa Cabum el vrlicœ, Papilio Podalyrus). Mais il faut bien se tenir en garde en les examinant, car la mem- brane (le l'antenne es! divisée en une infinité d'écaillés (]ui se re- couvrent comme les tuiles d'un toit, et qui diffèrent des véritables écailles analogues à celles des ailes; celles-ci, en ouh'c, s'insèi^^nl dans de petits corps calicilbrmos qui peuvent en imposer singu- lièrement. Dans les Lépidoptères noclurnes à antennes filiformes, les tym- panules recouvrent tous les articles, excepté ceux de la base [Umpteryx sambitcaria). Onand, au contraire, l'anlenne est pec- luiéc {Cossus ligniperda , Zeuzera œsculi, Arclia Caja), la face supérieure de chaque lame est couverte de poils; la face inférieure porte des tympanules toujours faciles à voir, quand la membi'anc n'est pas h'op épaisse. Dansi'y^j-rtîa Caja, ils ont 0""",01G de dia- mètre; les cornénles onl à peine cette dimension. En général, l'antenne des Diptères est très courte; souvent le MÉMOIRE SUR l'aPPaRKIL AUDITIF DES INSECTES. 2/|3 Iroisièiiio nrlicio est dcvclopin' cii une Iniiielle siirinoiilcecl'iiii fila- ment style ^{-['iformc ( II eloph ilus pendulus, Micropalpus loiir/ipes, Compos ferruginea, Callipliora cœrulea, clc, ete.j; c'est iilors seulement la lame qui |iorte des tyiii|ianiiles très visibles, et eu même temps (lu duvet et (|iielques rils. Dans quelques autres Diptères, l'antenne, tout en restant loinle, est formée d'un plus grand nombre d'arlieles ; elle en a eiiiq, diiiit les trois derniers percés de nombreux tynipanules ; dans les Bombyles, seiit, dont les quatre derniers en sont couverts chez les Tabaniens [Tabanus boviniis, etc.) Pour terminer cette longue énumération, il me reste à direun mot i\u Xenos vesparum : son antenne est formée de trois articles, dont les deux derniers, dilatés en lamelles, sont couverts de nom- breux orfranes auditifs, dans les(iiiels les diverses parties sont au un lins aussi évidentes que chez les i.aniellicornes. Ces organes ont ('ti'' dessinés plusieurs fois |iar les entonidloiiistes, mais tou- jours sans que l'on se soit préocciipi'' de leur n'ile. IV Je n'ai examiné qu'un petit nombre de larves au point de vue de leurs organes auditifs, de sorte que je ne puis donner ipie très peu de détails à ce sujet. Chez les Insectes à niélamor|ilioses incomplètes, l'appareil au- ditif ne diffère en rien dans les larves et les individus parfaits. J'ai inutilenienl clieiclié ces organes dans (picUiues Chenilles; mais je n'ai pas étudié un nombre sul'lisaiit d'individus : c'est une lacune que le manque de temps ne m'a |ias permis de remplir. Les fausses Cbenilles de Teiitrédines ont en avant de l'ieil une antenne composée d'un seul article, à peine aussi long que large; i-et uiiiipic article esf ]iercé d'uni' vingtaine de lympannles, der- rière lesquels on voit neltemenl une cellule et son otolitlie. Les larves de Coléojitères lamellicornes ont cinq articles anten- naux; le dernier, qui est ovaiaire, porte à l'extrémilc un certain nombre de ces cônes mous et lrans|iarents dont j'ai déjà parlé; en outre, il est percé d'une douzaine de tympanules lemarquables [lar leur volume et la netteté de leurs diverses parties, y compris 2^1 cil. i.r:$PËs. les nerfs. La membrane des tympanules esl couverte de petits points cornés appliqués à sa face interne. C'est surtout à la larve de VOryctes nasicornis que se rapportent ces observations. Les lai'ves de Longicornes ont des antennes |)rodigieusenient courtes; j'ai étudié celle du Criocephalus rmticus; au lieu de quatre articles, je n'en ai trouvé que trois à l'antenne; cela vient probablement de ce que la membrane, qui attache l'antenne par sa base, a été comptée pour un article par M. Perris qui nous a fait connaître cette larve (1). Le dernier de ces articles est fort étroit; à côté de lui est ime pièce cornée, de sorte que l'antenne paraît être bifide à l'cxlrémité. Sur aucun de ses articles, je n'ai trouvé de tympanule; mais au point d'attacbe tlu second sur le premier, j'ai cm voir une cellule ronde, comme celle que je dé- crirai dans l'antemie des Myriopodes. Je n'ai pas assez souvent examiné cet organe pour cire paii'aitement sûr de sa disposition. Les jeunes larves de Meloe, immédiatement après leur sortie de l'œuf, ont une anierme composée de quatre articles, et terminée par un long filament. Il existe à l'extrémité du troisième arficle un organe en tout semblable à celui des antennes de Longicornes. Les Jlyriopodes, dont l'organisation se rapprocbe tant de celle des ln.sectes, m'ont préseuté quebpies faits remarqualjles : malheu- reusement je n'ai pu disséquer d'une manière complète l'appareil auditif d'une espèce ; pour les autres, il me reste encore des doutes. L'antenne du Sctitigera coleoplrata est très longue et sétacée ; versle milieu, elle présente un petit renflement, décrit comme un nœud par plusieurs entouiologisles. C'est en ce point que se trouve un appareil des plus remarquables, et (jue j'ai pu étudier d'une manière complète. Les deux articles plus grands, qui constituent le nœud de l'anlcime, laissent entre eux (fig. 1), du côté infé- rieur, l'antenne étant siqiposée horizontale, un espace arrondi un peu enfoncé, défendu parle rebord de l'article inférieur, et corres- poudanl à une faible concavité de l'article supérieur. En ce point, (I) Ilist. dex Ins. du l'in niarilime, suile [Ann. Soc. eiilom. rfc Fronce, 3' série, t. IV, p. 450). MÉMOIUK sut l'a1>1>AUEIL AtUlïll'' DES INSECTES. 2^5 on aport,'oit, sous une membrane t.'xirèmomeni mince, une eellulo arrondie, Iransparenlc, et réfraelani fortement la lumière; elle a 0""",l de diamètre. Sur certaines pièces, un peut voir un nerf ijui pénètre dans cette cellule, et que l'on peut suivre, de manière à s'assurer qu'il est un rameau du nerf antennal, dont il se dé- tache à peu près à égale distance de la base de l'antenne et de son nœud. Le liquide renfermé dans la cellule paraît disposé par couches d'inégale densité. Cet appareil, sauf le volume, rappelle celui des Crustacés. Dans le luliis lerrestris, j'ai trouvé deux organes analogues, placés l'un à côté' de l'autre, entre le second et le troisième article. Dans le Polydesmus complanatus, il en existe aussi deux, mais séparés, l'un entre le (piatrième et le cin(|uième, l'antre entre ce dernier et le sixième ; mais, je le répète, je ne suis [las parfaite- ment sur de ces deux dernières observations que je n'ai pu renou- veler, faute de temps. Je n'ai pas réussi à voir d'organes analogues dans d'autres Myriopodes ; je me réserve de revenir avec soin sur ces dissec- tions. Je n'ai pas cherché l'appareil auditif dans les Arachnides, réservant cette étude pour plus lard. Les preuves physiologiques de l'existence de l'audition chez les Insectes sont extrêmement nombreuses. La facult('' qu'ont un grand nombre d'espèces de produire im .son plus ou moins fort est déjà une piésomption de l'existence d'un organe jiour apprécier ce son. La phrase musicale, s'il est permis «le s'ex|)rimer ainsi, est singulièrement variable; mais avec un peu d'iiabilude, on parvient à reconnaître les diverses espèces en écoutant leur chant : il est même très aisé de distinguer ainsi les espèces de Cigales qui habitent le midi de la France. En général, les Insectes donnent peu de signes de frayeur quand ils entendent un bruit, même très fort; mais il est facile de com- prendre pourquoi : la vue chez eux est très bonne, et c'est de ce sens surldut (pi'ils font usage. 2^|0 cil. I.ESPÉ!)*. J'ai élo assez litniroiix [tour faire, à cetic occasion, une observa- tion ciiriciise. En explorant les grottes de l'Ariége, j'ai découvert nn Iiisecle ap|iarlonanl au genre Leptodenis, \\v\\'é d'yeux comme SCS congénères, (jui iiabile dans les cavernes à une grande pro- fondeur. Quoii|ne aveugle, il n'en est pas moins 1res agile (1). Ce remarquable Colcoplèrc recbercbc pour sa nourriture les débris de substances orgauiiines ipii lombcnt en certains points par les fentes de la voûte. J'en voyais .souvent de petites troupes de cinq ou six occupés à manger uu de ces débris; si je m'approchais doucement, ils ne bougeaient pas; mais au moindre bruit, ils abanilonnaieul leur repas, et s'enfuyaient dans tous les sens en courant. Chez eux la vue man(|uant, c'est l'audition qui les im- pressionne plus vi\emenl. Quand on arrive dans une prairie mi de nombreux Grillons chantent à rouvcrluie de leurs terriers, tous se taisent; mais que l'un d'eux rccduuncnce, et biculùl lous les autres en l'ont autant. Une observation analogue est l';u'ilc à faire dans les jiays où les Cigales suul ronimnnes; j'ai souvent réussi à Icui' l'aire recom- mencer leur chaut en l'iniilanl moi-même. Tous ceux qui ont chassé des Insectes ont été lémoins de faits analogues; tous ont même pu ap|)récier les intonations très variées que quelques esjièces donnent à leur chant, suivant les passions du moment. Mais au point de vue pliysiologirpie, l'organe audilif est ju.s- qu'ici indéterminé ; plusieurs personnes ont même pensé (juc les Insectes, ou au moins les Arachnides, sentent simplement les vi- brations du sol, comme les sourils sentent sur le pavé de nos rues les vil)ratious d'une voilure lourdement chargée : ce qui paraît peu probable à priori. Enfin chez quelques Orthoptères, ainsi que je l'ai déjà dit, un a cru trouver dt^ organes auditifs sur les jambes ou sur le dos. J'ai tenté des expériences physiologi(jues, mais elles sont d'une (lil'licull('' telle, que je n'ai pu obtenir des résultats incontestables qu'avec un seul Insecte. J'avais d'abord songé an Grillon des champs, qu'il est si facile (1) Ann. des se. mit., 4* série, Zool., t. VII. I MÉMOIIIl': sut l.Al'I'.MttlL UlUrill l)l> l.NSKCIES. '2/|7 de faire vivre en caplivilc ; mais il n'a pas ré[ioii(ln à mou alleiilo, il s'apprivoise trop vite; iiieiitôt rien ne lui l'ail jiliis peur ; un limbre du plus fort numéro ne réussit à l'effrayer un peu (|uc lorsqu'on vient de le |)rendre : quand il s'est dceidé à chauler en eaplivilé, rien ne peut riuleri'ompre en fait île hruil. Pourtant je réussissais souvent en niellant l'Iuseele au fond d'un boeal de verre, sur de l'herbe ou des feuilles de laitue, de manière que les vibrations du verre ne pussent lui parvenir dircelemeni ; puis, quand il ebanlail,je louchais le bord supérieur du boeal a\ec un diapason en vibration. Ce bruit iiuiltendu lui faisait immédiatement fermer les élytres; mais après un pi'lil nombre d'expériences, habitué sans doute, il semblait ne plus l'ien entendre. (Certains de ces insectes étaient devenus d'une fauiiliarilé telle, (pi'ils \i'uai(,'iil boire la f^dullc d'eau ipie je leur donnais au boni de nmn doigl, et que, loin d'cli'e effrayés, ils arrivai(^ul anssih'il que je leui' mou- Irais le bout tlu doij;!. La grande Saulcrcllc verle [Locunta viridissimu) m'a fourni des l'ésullats incontestables; mais Ions les individus ne soûl p;is cya- lement sensibles, ou au moins ne donnent pas des résultais aussi éviiicnls. J'a\ais tuiC femelle qui.' j'ai nourrie [H'Uilanl un mois; elle faisait toujours un iiraïui saui, quand je louchais le verre de sa prison avec le diapa.sonen vibration; mais elle ne bougeait [)ms. si le diapason ne vibrait pas. Apiès quelques jours d'expériences ainsi faites, je lui ai coupé les antennes en laissant les deux ai'lides de la base. Elle a continué à manger, el a vécu encore pemlant |)lus de deux .semaines; mais que le dia[)ason fût ou ne l'ùl pas en vibration, elle ne bougeait plus, cl cela qu'elle fût sur riierbe, au fond du bocal, on sur le verre même. Elle ii'eulendait plus, mais elle voyait fort bien, car elle eherchail à fuir quand je voulais la prendre. Cette expérience est malheureusement isolée ; mais ceux qui leiileroiit de suivre la voie dans laquelle je suis enlrc verront à loinbieu de diflicnllés ils se heurteront. On en peut conclure tou- tefois : 1" que les auteimes renferuieut l'organe auditif; 2° que les organes jilacés dan:, les jambes aidérieures, el qiu étaient in- tacts, ne seivent pas à l'audition. 548 tu. l.KSPKS. Entin des eN|M''iioii('('s lïiilos sur les (iiilldiis, c( de celle-ci, on peut conclure que les insccles iierçoivent les sons par l'air et non par la vibration des cor|)s solides, puistprils ont donne les mêmes signes de frayeur, (pi'ils l'nssenl sur l'iierbe ou sur le verre lui- même. L'amputation des antennes est loin d'être une opération inolïcn- sivp. pour les Insectes; presque Ions en meurent, et c'est encore une nouvelle difficidté dans ces expériences. VI L'appareil que je viens do décrire, après de nombreuses et mi- nulieuses rediercbes, élail soupçonné depuis longtemps, .le sais bien que ce ne sera pas sans examen que les naturalistes partage- ront mes idées, et que les objections ne me man(pieront pas. (^et examen, ces objections, je les désire vivement ; mais encore une l'ois, je recommande à ceux qui voudront vérifier mes recherebes de se servir nnicpiemeiit d'iuiimaux vivimls. Je crois avoir prouve d'une manière conqtlètc et incontestable : l" Que, cbez tons les Insectes, il existe dans les antennes un appareil spécial ; 2° Que cet appareil se com[iosc d'une mendjrane tendue sin- une ouverlurc, et derrière celle membrane d'une poche conte- nant un corps solide en suspension dans un liquide épais; 3" Qu'un nerf pénètre dans ebacun de ces appareils; /i° Qu'au moins cbe/. (piebpics .Myrio[iodes, et [irobablement chez plusicm-s larves, cet appareil est remplacé par un organe d'une composition analogue, mais plus gros, en même tenqis qu'il est moins souvent rc[iél('' ; 5° Que cet ajiparcil, si développé chez les Insectes, est mi appareil auditif; (j° Que l'organe des Myriopodes forme le passage entre l'appa- reil auditif des Crustacés décapodes et celui des Insectes. Les faibles dimensions de chaque tympanule seront peut-être l'une des objections que l'on m'adressera; mais nous savons jus- qu'à quel point les cornéulcs des yeux composés sont petites, et MKMIPIIii; sut l'aI'I'AUKIL uni m UliS INSECTES. 249 |Hiiuliiiil personne, que je sache, ne sera leiil(' île nier la vision eiiez les Insectes. Il cxislerail donc cliez les Insecles un yiaiid nombre d'ajuiareils aiidilifs, connne il existe un graud nomlirc de petits yeux dans leur leil composé. Pour fpie l'analogie fût complète, il laudrail trouver chez eux (les organes analogues aux yeux simples ; s'il est permis de tirer ces conclusions du petit nouibre de faits que j'ai bien établis, ils existent en elVet. Ne pourrait-on pas comparer l'organe du Scittigera, celui de (pielijucs larves et même celui des Crustacés décapodes, à un ocelle? Ce serait une oreille simple, relativement volumineuse; connne l'ocelle est un œil sim[ile, relativement vohunineux. L'en- semble des organes auditifs d'un Insecte rappellerait son (uil com- posé, et cela d'autant plus que les lympanulcs sont plus groupés, comme chez cci'Iains Bu[ircstide3, et sui'Iout chez les Cercopis et les Libeilulides. Entin, si je ne me suis pas trompé daus l'examen du lulus Icrreslris, nous aurions mi groupe d'organes analogues aux ocelles, connne nous avons chez les Myriopodes des groupes d'ocelles. lien résulterait une sorte de parallélisme très remar- quable entre les organes de la vue et de l'audition dans le grand groupe des Articulés. EXPLICATION DES FIGURES. PLA>'CHE i A, 1 . Fragmcnl de h membrane d'nn feuillet de l'anlenne du Melolvnllm ulbida, vu par transparence avec un grossissemenl de 380 diamètres. 2. Deux appareils pris dans le même Insecte pour montrer la terminaison des fdcis nerveux dans la cellule. Grossissement de 800 diamètres. 3. .\ntenne du Cercojjis /io;)u//. 4. Nœud ' DES CRUSTACÉS, Par M. Spence BATE (1|. Tout le monde sait que beaucoufi d'animaux lerreslrcs construi- sent des nids, les uns pour un usage temporaire, les autres pour y demeurer; mais jusque dans ces derniers temps on ne suppo- sait [las que les liabilanis des mers en fissent autant , et je crois (|ue ce ncst que très récennnent qu'on a découvert des habitudes de ce genre chez quebiues espèces de (Crustacés. Le naturaliste américain Say découvrit le premier un Ampbi- pode (|ui \il dans un petit lube, et il crut que cet animal l'occupait seulement à litre de localairc, de la même manière que le Pagiirus Bernhardus ]ireud pcisscssion delà corpiille du Buccin. Il pensa (|uc ce tube (qui était cylindrique, membraneux, diaphane et ou- vert à chaque bout) avait été construit par un Annélide qui l'au- rait abandonné ou qui en aurait été chassé, et qu'aluis le petit Crustacé s'en était emparé. Say rangea cet Ampliipode dans legenre Cerapus, et il lui donna le nom spécifique de tubularis. Il décrit l'animal comme étant très actif, courant, quoique encombré par son tube, avec une grande facilité parmi les branches de Fucus, de Serlulairiens, etc., et, ce qui lui paraissait très extraordinaire, se .servant de ses quatre antennes comme de pieds, ses |ialtes étant toutes renfermées dans cette gaine, excepté les deux |iaircs antérieures (gnalhopodes), H) On llie Xidificatiun of Cnislacea [Aiu\. and Mag. of Aat. History, 1858, séries 3, t. 1, p. Hl). L'expression employée par M. Bâte pourrait donner une idée un peu inexacte du pliénoniène qu il décrit ; ce n'est pas un nid, c est-à-dire une espèce de ber- ceau pour leur progéniture que ces animaux construisent, mais un gîte pour s'y loger eux-mêmes, (Réd.) 250 SP. BATE. dont il se sert seuleniciil iiuur saisir sa proie et la ]ior(er à sa bouelie. « Le tube, dit ce naturaliste, est toujours proportionné à la gros- seur de l'animal et paraît le renfermer exactement; néanmoins, (juand on empêche celui-ci de continuer son chemin, il se retourne immédiatement, passe sa tète par rextrcmilé opposée, et fait ainsi usage indilïérennnent de l'un ou l'autre bout de son fourreau comme partie antérieure. Quand il nage, la moitié de son corjis sort du tube, et se replie souvent brus(]nement, ce (pii le fait avancer par saccades. » Nous voyons par ce passage que Say était sur la voie d'une découverte très intéressante relativement aux habitudes de ces petits Crustacés. Mais, s'en rejiosant sur l'analogie, il n'arriva pas à la connaissance de la vérité. M. Templeton, dans le premier volume des Transaclious de la Société entomologiqiie de Londres, décrit un Crusiacé du même genre ipii habile également dans un tube, et qu'il u(jn]mc Cerapus abdilus. Faisant allusion à une autre espèce de ce groupe généricpu', M. Stimpson dit dans son ouvrage sur les Animaux marins in- vertébrés du Grand Manan: » Le Cerapus rubricornis demeure dans des tubes flexibles d'une dimension correspondante à celle des individus, et formés de particules vaseuses très fines, aggluti- nées par un ciment de matière animale, (^cs tubes sont générale- ment adhérents dans la moitié environ de leur longueur et fermés en dessous. On les trouve ordinairement réunis les uns aux autres en groupes considérables et fixés à des objets sous-niarins. Ces animaux sont 1res actifs ; ilsallougent cl relirentla parlie antérieure de leur corps, et en même temps ils agilent continuellcmenl leurs antennes, alin de chercher (piehpie chose qui [luisse leur servir de nourrilure. 11 est très amusant de surveiller une colonie de ces pclils êtres et d'observer leurs gestes bizarres ijuand ils se disjiu- Icnl entre eux, et leur promptitude gauche en rentrant dans leiu' tube après leurs excursions temporaires. Je n'ai renconlré nulle part d'individus transporlaiil un tube libre, ainsi cpic M. Say ledit pour son ('. tubularis. Note sut i.v niiiifk;atiiin des ciirsTACÉS. 257 « On ne peut \k\> mrllic en doiUe (|iie tr Uilio ne soit fabriqué par l'aninia! Ini-niùnie, e( eoei n'est pas sans piécétlent parmi les Crus- tacés, ear j'ai vu souvent des Pagures (jui avaient élai-gi leur coquille d'emprunt par des additions à l'onverlnrc (IV D'après ce que j'ai observé sur les espèces de Corophiidœ que j'ai étudiées, je suis disposé à croire que la plupart des membres de cette famille constrniseni, en certaines circonstances, des tubes plus ou moins duraliles. VUticiola, (|uand il est en captivité, se retire souvent dans quelque coin et réunit le sable autour de lui au moyen d'une substance glulineuse, de manière à se former une cavité dans la- quelle il se réfugie pendant quelque temps, mais il l'abandonne aisément cl en fait une autre si la première se trouve détruite. Cependant d'autres individus renfermés dans le même vase nont l^as formé des tubes, et souvent à la marée basse, on voit ces (Crustacés nageant de cùlé et d'autre, parfailement libres. Il en est de même de quelques-unes des autres espèces de la famille déjà mentionnée et de plusieurs autres espèces dont j'ai eu occasion d'observer les babiUides dans le port dcCbarleston|iendant l'Iiiver de 1851 à 185-2. «Kroyer, dans son grand ouvrage sur la ^S'can- dinavie, elc, représente, sous le nom de Siphonocetus typicits, un Crusiacé du même ordre, qui jusque-là n'avait pas encore élé décrit, et qui habite de petits étuis (peu différents de ceux que construisent les larvesd'Epliéuièresj formés avec du sable, de petits caillou.x, etc. Ces faits sont les seuls dont j'aie eu connaissance comme ayant été publiés sur cette partie curieuse de riiislnire des Crustacés. Il y a quelques années, avant d'avoir accordé grande attention à ce sujet, j'avais mis dans un vase de verre rempli d'eau de mer pbisieius Aniphipudes avec (pielques Algues. Au bout de peu de leiiips, nue heure ou deux peut-èh'c, je fus étonné de voir (pi'un de ces jji'lils animaux était |)arveun à s'entourer d'une portion de feuille d'L'Ive verte (^t l'avait eiuieiitée de laçon à en former un ndic ilans lequel il vivait, ne sorlani ipie sa tête et ses (1) (a-s adililions «oui le ri'suUiil delà présence (l'une l'iunitrcvinr Ui fnr|uille, Il ne sont |iiis dues ii rindu-sUie du Ouslacé. l' relie Zoiji.. T. IN. (I jliiiT n" i).] ' <7 258 HP. BAiiî. aiilonnes seulemeiil ; ('.Uiiil (U'niiigé l'i l'iiiie des rNlirmilrs de son lube, l'animal se retournait proniptement dans sii demeure et pas- sait sa tèle du côté oppos'é. Je trouvai cela très curieux au moment, cependant je ne poussai pas plus loin mes observations, jusqu'à ce que des circonstances favorables plus récenles et plus étendues m'eurent prouvé que ces faits n'étaient nullement isolés dans l'his- loiredes (]nislac.és, maiscprun groupe nombreux et bien déterminé de ces animaux jouissait de ce pouvoir, et que ce groupe pouvait même être (livis(''en deux secliuns d'après le mode de conformation de leurs loges : dans l'une, (/e son! des tubes ouverts des deux côtés; dans l'autre, des demeures irrégulières, de forme ramassée, res- semblant davantage à des nids et ouvertes d'un seul côté. Les ani- maux qui construisent ces deux sortes de demeures diffèrent les uns des autres par leur structure extérieure et se distinguent aussi des Fouisserirs , c'est-à-dire de ceux cpii habitent des demeures iju'ils se font en creusant des cavités dans l'argile, la vase ou le bois. Ces trois groupes réunis forment, parmi les Airipbipodes, une famille particulière à laquelle on peut donner le nom de Domicola, mais cliacun d'eux constitue une sous-famille distincte dont la valeur dépend de la structure de ranimai. C'est sur une juste ap- préciation de celle structure que le genre Amphitoe a été changé de la position que les auteurs lui assignaient généralement près du genre Gammarus , cl [ilacé parmi le Podocericles. Pendant que je m'occupais de mon « Rapport sur les Ampbi- podes de la Crande-Tîrelagiie » pour l'Association britannique, je conservai dans un vase de verre (|uelques échantillons de VAm- philoe rubricaln que j'avais trouv(''s, eu draguant, à la pointe de la jet(''e de Plymoutb. Ils élaient d'âge 1res diff('rent, depuis les plus jeunes jusqu'aux adultes très avancés. Ils s'éparpillèrent bientôt dans la cuvette et demeurèrent au repos chacun à sa place. Je m'aperçus qu'ils se construisaient en peu de temps des nids qui jiarnissaient com[)osés partie de matériaux étrangers, partie d'une substance sécrétée par l'animal. Ihie petite surface aufourdc cha- que place était nelloy('c couune si l'animal employait à sa con- struction tout ce qu'il trouvait à sa portée, et il est bien probable que la ipiaulilé de niatièr(^ sécrétée est réglée suivant le plus ou NOTE sut L\ NIDIFICATION t)ES ChlSTACÉS. 259 moins (lo iiin(('riaii\ fni'il petit st- procurer. Nous voyons que raniigiiée, après avoir l'ail une (mi deux (oiles, conimerice à ê!re épuisée, il l'anl donc i|ireilc économise sa piiissaïKX' aillant que possible. I,esAmpliilo(''s cherehenl yént'ralement des ( rêvasses hieii abritées dans les racines d'une grande F.amiiiairc (pi. I, B, li^i. 9), .sous des pierres ou (pielqiic autre objet qui liriselefinx OTK SUIS L\ MDIFIC.VTION DliS CRUSTACÉS. 263 i'i ces iiniiiiaiix dans leurs excursions à travers les labyriiiliies de Z(iii|iliy(es et les forèls d'Algues (|iii pendent aulour des masses llotlanles où ils élahlissent d'ordinaire leur demeure. Je crois que l'on ne peni doulcr (pie les crochets placés aux extrémités postérieures de l'animal ne leur servent pour rentrer dans leurs gaines, et à s'y retourner, mana'uvres qu'ils exécutent avec uni^ \ivacité remarquable. Les .Unpliipoilcs qui habitent des cavités qu'ils tout en tarau- dant le bois ou l'argile, par exemple les Coropliies et les genres les jiliis [iroches, ont un caractère distinctif: ils s'avancent à l'aide de leurs membres antérieurs, et l'on voit alors lesanlennes inlcricures se développer en organes puissants, quelquefois monstrueux, (pii leur servent à labourer la vase où ils pénètrent, afin, à ce que l'on suppose, de se nourrir des Vers qui s'y rencontrent. La partie postérieure du corps paraît affaiblie en proportion du développe- ment et de la puissance de cette partie antérieure. Les pléupodes postérieurs perdent leur iui|)orlauce chez le Corophie, ainsi (|uc chez VUnciola et chez le Cyrtopliium ; ces appendices deviennent rudimentaircs. Les caractères dislinctifs que présente la sliiiclure de cette der- nière sous-famille iCoro/j/u'ù/w) ont une telle iiujiorlancc , qu'il est impossible de ranger ces animaux dans le même groupe que les /'o(/oceri(«,(iuoiipie ceitaineseonforiiiilés d'habitiales les aient fait placer très près les nus des auU'cs par div(M's auteurs. .Mais des liabitudes seulement ne suffisent pas pour définir la [losilioii (|u'un animal doit occuper relativenent aux autres aniuiaux de sa classe. Nous avons des exemples de cela dans le Chelura et le Plm- nima. Le premier, eouune le Corophium, fait nu trou dans la terre [pour eliereher sa nourriture; mais au lieu de pénétrer dans la vase, il se fraye ime route en mangeant le bois sous-uiarin ; ce- pendant sa structure est si anormale, f|uand ou la compare à celle d'autres animaux île la même classe, que tous les naliu'alistesjugent convenable de le |ilacci' dans une famille distincle. Quant aux Pbroiiimes, nous ne savons (pie peu de ihose rela- livcmeiitau siijri ipii nous occu|ie ; l'Ilrs ressemblent aux es|ièces i|ui habitent les cavités branchiales i\r (crlaiiies Méduses; mais 'iCili SP. BATH . dnns la colleflioii du Musée lirilaiiiiii|ue (jiii m'a ûlé conliée, j'ai remar(|iié une gaiuc Irrs fiuàcusc qui l'ut envoyée de Naples par S. -P. Pralt, comme élaiit celle dans laipielle ranimai avait été pris. Elle est d'une substance épaissi;, charnue, demi-transparente, et garnie à la surface et autour des deux orifices (dont l'un est plus petit que l'autre) de nombreuses excroissances blancljcs. L'examen microscopique montre rpic le lissu en est traversé par des faisceaux de tibres; chacun de ces jiaquets est tordu dans le milieu ; leur gran- deur varie, et elles abondent surtout là où se trouvent les excrois- sani;es blanchâtres. Je n'ose afiirmer (jue cette enveloppe ait été construite par le Crusiacé, et quelques auteurs ont pensé qu'elle pouvait être une Méduse; mais la structure microscopique ne con- firme pas celle dernière idée. Quoi qu'il en soit, il parait certain que c'est le gite dans lequel l'animal habile ; mais nous n'avons aucun renseignement relativement à la manière dont il le construit. Du reste, il n'est pas du tout improbable qu'il puisse y avoir chez les animaux inférieurs plusieurs modes de production de ces nids qui ne sont pas encore connus, et (piek |ues-uns de ces actes seront même plus surprenants ipie la faculté attribuée à certains animaux qui habitent ordinairement dans une demeure d'emprunt, et qui, lors- qu'ils viennent à eu être expulsi's par quelque accident, peuvent sécréter une substance propre à les protéger et à remplir jusqu'à un certain point les mêmes conditions que cette habitation. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 1 . Fig. 1 o à 1 c. Appendices caractériàtiques du genre Amphiloe. Fig. 2 a à 2 c. Du genre Sutiamphitoe. Fig. 3 a à 3 d. Du genre Podocère. Fig. 4 a à i d. Du genre Cérape. Fi". .5 tt à 5 c. Du genre Siplionocetus : a. pléopode postérieur; b, telson; c, antenne inférieure; d, antenne supérieure. Fig. 6 . Tubes du Siplionocetus crnssicornis fixés sur une Antennulaire (grossis). Fig. 7. Nids du Poiloarus pulchellun fixés sur une Lnomédée (grossis). Fig. 8. Portion d'IUve portant des nids du Podocenis fuiuila ? Fig. n. Pied d'une Laminaire recouvrant un nid d'.lmj)/ii(ot' iiitricala. NOUVELLES OBSERVATIONS L'HYPERMÉTAMORPHOSE ET LES MŒURS DES MÉLOÏDES, Par n. FABRE, Piufesieur iiu Lycée d'Avignon. L'ne course cnloinologiqiie faite, le Î23 mai de eetle année-ci, aii\ en\iions de Cariienlras, me [lermet de combler une légère hiciuie ()ue préseule mon mémoire sur les iléloïdes (1). Il s'agit de la Voie ijue suivenl les jeunes larves de Méloé pour passer sur le corps des Ilyménoplères dont ils convoitent les provisions. J'ai montré comment les jeunes Filaris, éelos à l'entrée même des couloirs des Antliopliores, peuvent aisément se glisser dans la toison de ces dernières ; mais je n'avais pu encore constater comment les jeunes Méloés, nés loin des demeures des Abeilles maçonnes, dans une cavité souterraine creusée par leur mère, par- viennent à exécuter une pareille invasion. Guidé par une exquise sagacité, autant que [lar le vague souvenir de l'observation incom- plète qu'il cite dans son travail sur les 3Iéloés, M . Newport croit que les jeunes larves de ces insectes vont, au sortir du terrier natal, .se canqxM' sur les fleurs, en parliculiei' sur celles des pissen- lits, et ijuclà elles attendent les Hyménoptères qui, pour butiner, y viendront tôt ou tard. Cette opinion est précisément l'exposé de ec queje viens d'observer avec tout le loisir désirable, et ma note pourrait se borner h ce peu de mots, si les merveilleuses migra- lions de ces animalcules ne faisaient désirer f|uclques détails. Un talus vertical encaissant la route de Carpcntras au mont Venlou.\ a été cette fois le théâtre de mes ob.servations. Ce talus, calciné par les feux d'un soleil méridional, est exploité par de nombreux essaims d'.Vntlioiibores, qui, plus industrieuses que leurs congénères, savent bâtir, à l'entrée de leurs couloirs, avec des filets vermiculaires de terre, un vestibule, un bastion défensif (I) Mémoire sur ( }i> the Bandelion. «Aussi mon allention sedirigea-t-elle loutd'aliord sur les piaules que je viens de mentionner. A ma grande satisl'ac- tion, presque toutes les fleurs de ces trois plantes, surtout celle de la Camomille, se trouvaient occupées par un nombre"plus ou moins grand de jeunes Méloés. Sur tel calalhide de Camomille, j'ai pu compter une f|uaranlaine de ces animalcules la|iis, immobiles, au milieu des fleurons. Par contre, il me lut im[iossible d'en décou- vrir sur les (leurs de Coquelicot et de Diplolaxis muralia poussant pêle-nièlc au milieu des [liantes précédentes. 11 me parait donc que c'est uniquement sur les fleurs composées que les lar\ es de Méloé allendcnt l'arrivée des llyméno[ilères. Outre cette population campée sur les calathides des composées, lîT MOEl'ltS DKS MKI.OÏnES. 267 et qui, |);ir son imiiiobililc, tlôiiolait que, pour le inouieiit, elle avait atteint son bnl, je ne lardai pas à eu découvrir une autre bien plus nombreuse, et traliissant ses reeherclies, sans résultat, par une anxieuse aclivité. A terre, sous le gazon, couraient ctlarées d'iniiouibrables petites larves, rappelant sur queUpies points le tumultueux désordre d'une i'oui'inilière bouleversée; d'aulres grimpaient, à la hà(e, au sonimel d"iui brin d'berbe, et en descen- daient avec la même précipilation ; d'autres encore plongeaient dans la bourre soyeuse des Gnapbales desséchés, y séjournaient un moment, cl reparaissaient bientôt après pour recommencer leurs actives recherches. Enfin, avec un peu d'aticnlion, je pus me convaincre ipje, dans l'étendue d'une dizaine de mètres carrés environ, il n'y avait ]ieut-clre pas un seul brin de gazon qui ne fût exploré par plusieius de ces larves. J'assistais évidemment à la sortie récente des jeunes Aléloés hors des terriers maternels ; une partie de ces jeunes s'étail déjà élablic sur les fleurs des Camo- milles, des Séneçons, etc., tandis que la majorité errait encore à la recherche de ce gilc provisoire. C'est par celle populalion errante que j'avais été envahi en me couchant au pied du talus habité par les Anthopliorcs. Toutes ces larves, dont je n'oserais évaluer le nombre; effrayant de milliers, formaient-elles une seule famille, reconnaissaient-elles une niènje mère? Malgré ce que 51. Newport nous a a[>prissur l'élonnantc fécondité des Méloés,je ne saurais le croire, tant leiH- mullilude était grande. Quoique le tapis de verdure se conlinuàl dans une longue étendue sur le bord de la route, il me fut impossible d'y découvrir une seule larve de Méioé aulre par! ipie dans les quelques mèlres carrés placés en face du talus habilt; par les Abeilles maçonnes. Ainsi ces larves ne devaient pas venir de loin ; pour se mettre à la portée des An- (hnphorcs, elles n'avaient pas eu de longues pérégrinations à exé- cuter, puis(iu'oii n'aiicrcevait nulle part les retardataires, les traî- nards inévilables dans une pareille caravane en voyage. Les terriers où s'élail faite l'cclosiou des larves se Irouvaienl donc dans ('C gazon en face me dislance de 25 milli- mètres de l'orifice supérieur du canal sphéno-palatin, et à une dislance de 35 millimètres, si l'on comprend dans la mesure la hauteur de la couronne qui dépasse l'alvéole. L'ensemble et le détail de ces différents mouvements démontrent bien l'influence du développement des os de la face sur l'évolution des dents. Je serais heureux si ces recherches, (pioique limi(ces aux mâ- choires et au.\ dents, pouvaieul égalcmenl servir à réhidc du développement des tissus. DES DENTS liT DKS MACHOlUliS. oOO En regardanl le périoste coininc l'oryane géïK-raloiir des os. les glandes comme des prolongemcnis nés de la peau on des mem- branes muqueuses, on a été conduit à considérer la membrane muqueuse de la bouche comme l'organe producteur de la dent et du sac qui doit l'envelopper. Les détails sur lesiiucls je me suis arrêté contredisent ces opi- nions, et m'ont conduit à regarder comme justes les propositions suivantes qui, je l'espère, peuvent supporter l'examen des obser- vateurs. i° La matière primordiale d'où sortent les différents tissus constitue, dans l'embryon, un ensemble de toutes les molécules d'abord semblables entre elles, changeant de forme eu s'accrois- sant. 2" Pendant la diuée de cet accroissement., un tissu n'est pas créé pour en engendrer un autre, il ne se fait pas une peau pour engendrer des jiojls, un périoste pourforuiermi os, une membrane niuquciisc pour produire une dent ou un sac dentaire. 3° La forme de chacune des molécules primordiales représente l'âge le moins avancé des molécules qui offriront ]ilus tard de nouvelles apparences temjjoraires ou durables. /i° Tons les détails des tissus du corps sortent de la même source, non simnitanémeni, mais successivement; uniformes au [)oint de départ, les caractères qui les font reconnaître varient à mesure que les phases du développement se succèdent jusqu'à ce que l'on ilécouvre le galbe précis que chacune des molécules des organes doit revêtir avec les progrès de la vie. 5° Les différents points de cette matière primordiale représen- tent des espèces de foyers de création : dans les uns naissent les os, dans les autres naissent les tissus complexes de la peau ou de la membrane mmpicuse. J'ai désigné sous le nom de partie géné- ratrice des dents ou d'odontogène l'ensemble de cette matière primoi'diale où les dents apparaissent. G° Olie partie génératrice subit une série de phases croissantes et décroissantes pendant la dm'ée de l'évolution des dents, les formes robab]ement plus anciennes encore, sur les bords des grands lacs de l'Amé- rique septentrionale. » C'est ainsi que, par un mouvement contraire, certaines formes organiques, regardées originairement comme propres aux ter- rains les plus anciens (Or//ioceraiîtes, Spirifer....), sont venues prendre plus tard une place incontestée dans les couches keupé- riennes de Saint-Cassian et dans le lias de diverses contrées. » Loin d'amoindrir la paléontologie, ces découvertes succes- sives ne font qu'élargir ses cadres établis d'abord sur un plan plus étroit et moins rationnel que celui auquel conduisent les progrès des observations. » MEMOIRE SDR LES IMÉTAMORPIIOSES DES VORTICELLIEISS, P:ir n, Jules D'L'UEKE.II |l). L'iiistoire du développemcnl des Infiisoires esl restée ruiio des qiieslions les plus obscures des sciences nalurellcs. Les iuileiirs anciens, qui n'avaient à leur disposition que des moyens d'observation très incomplets, s'en occupèrent fort peu, et seulement dans un seul but : la démonstration de la i^énéralion spontanée; on sait combien leurs clïorts restèrent int'ructu(!ux. Les naturalistes modernes observèrent les Infusoires plutôt sous le point de vue de la zoologie que de la physiologie, et ce n'est véritablement fiuc depuis ces dernières années que l'histoire du développement des Infusoires est devenue l'objet à l'ordre du jour, et que des observateurs du premier mérite y donnent tous leurs soins ; aussi est-il permis d'espérer que bientôt cette importante question aura fait d'éclalanis progrès. Mon but dans ce travail est d'examiner avec soin l'un des points les plus controversés de l'histoire du développement des Infusoires : la métamoriiliose des espèces de la famille des Voiticelliens en espèces correspondantes d'Acinètes. Avant de donner le résultat de mes observations, j'essayerai de tracer d'une manière concise l'historique du sujet que je me pro- pose de traiter. Je n'entrerai dans aucun détail relatif à la description des Vorli- celliens et des .\cinètcs, ce qui m'éloigncrait de mon sujet ; je renvoie mes lecteurs au grand ouvrage d'I'lln'cnhcri; et aux autres traités généraux sur les Infusoires; j'entamerai donc Ihislnire là seulement où il commence à être question des UM'lamorphoses. [i , Journal de lu Sociélii mcdicak' de liruxdles. i' série, ZooL. T. IX. (Caliier n" C.) ' 21 322 J. D'UDEKEin. Le docteur Pineau (1), dans un Iravail publié dans ha Annales des sciences naturelles, annonça avoir observé que les Infusoircs décrits par Ehrenberg sous le nom d'Acinètes se transformaient en Vorlicelles. Il n'est pas nécessaire de s'être occupé longtemps d'éludés mi- croscopi(iues pour s'assurer que les observations du docteur Pineau manquent essentiellement de ce degré d'exactitude qu'on est en droit d'exiger de tout naturaliste consciencieux ; aussi n'atta- cherais-je aucune imporlanceaux résultats qu'il croit avoirobtenus, s'il n'était le premier qui chercbàt à établir une parenté entre les Acinctes et les Vorlicelles. Quelques années plus tard, M. Stein publia, dans ïca Archives de ÏViegmann de 1849, ses recberchos sur les développemenis de la Vorlicella microstoma, la Vaginicola cristallina et VEpistylis nutans. Il chercha par ces trois exemples à prouver que ces Infu- soircs appartenant à la famille des Vorticclliens se transformaient en Acinctes. Cette opinion de M. SIcin fui assez généralement adoptée par les naluralistes allemands, malgré es adversaires importants qu'elle rencontra ; eu première ligne de ceux-ci, je dois citer le célèbre Ehrenberg. En 1854, JM. Stein [lublia de nouveau un travail très étendu sur le développement des Infusoircs, et il s'étend parliculièrcment sur la métamorphose des Vorticclliens. Il chercha à montrer qu'à chaque espèce de la famille des Vor- licclliens correspond une espèce d'Acincte; qu'à l'intérieur des Acinètes naissent des embryons ciliés ; que ces embryons ciliés, devenus libres, se transforment en Vorticclliens. M. Stein ne donne celle dernière partie de son opinion que comme une hypothèse qui! considère comme très probable, mais qu'il n'est pas parvenu à iirouver, n'ayant jamais pu suivre le dé- veloppement ultérieur de l'enibiyon cilié. Cet auteur croit démontrer la transformation des Vorticclliens (I) Auit. ikssc. iHil., 3« série, t. III, p. 182 j 189, l. IV, |). lOS à lui; t. IX, i>, 100 à ICI. MÉTAMORPHOSES DES VORTICELLIENS. 323 en Acinètes, d'abord par une observation directe faite sur la Vagi- nicola crislaUina; ensuite, par la présence simultanée, dans les mêmes infusions, de beaucoup d'espèces de Vorticelliens et d'es- pèces correspondantes d'Acinèles ; enfin. par l'alternance de l'appa- rition de Vorticelliens et d'Acinètes dans une même infusion. Il a paru, l'année dernière, un travail très remarquable de M. Lachman sur les Infusoires, dans lequel il altaciue vivement les opinions de M. Stein sur le dévelopf)ement des Vorticelliens, cl nie la niétamorpliose de ceux-ci en Acinètes ; il pense que ces deux familles doivent rester séparées, et qu'il n'existe entre elles aucun lien de parenté. Il attaque l'opinion de M. Stein par des objections fondées et sérieuses, et considère comme étant inexacte et peu concluante l'observation par laquelle M. Stein croit avoir montré la métamor- pbose de la Faginicola cristallina en Acineta myslicina. Quant aux ai'guments invoqués par M. Stein et tirés de la simul- tanéité d'apparition des Vorticelles et desAcinètes, et de l'alternance d'apparition de ces deux Infusoires dans une même infusion, M. Lacbman les attaque comme ne prouvant rien. J'aurai l'occasion de revenir, dans le courant de ce travail, sur ces dilïérenles objections; pour le moment, je me bornerai aies mentionner. M. Lachman renverse ensuite complètement l'hypothèse émise par M. Stein sur la transformation de l'embryon cilié des Acinètes en Vorticelle; il montre [lardo nombreux exemples que cet em- bryon se transforme en Acinète, et rapporte la première découverte de ce fait important à J. Miiller. Le travail de "SI. Lachman n'avait pas encore paru en Belgique l'année dernière, ipiand je présentai à l'Académie royale des sciences le résultat de mes recherches sur le développement de YEpistylisplicatilis. Voici de quelle manière je fis le ré.'^umé de mes obscivations dans ce travail : 'iVEpist>jlisidicatilis,(\n'e\\e ait ou qu'elle n'ait pas atteint toute " sa croissance, s'entoure il'un kyste, soit en restant siu- son style, » soitcnrabandonnant,soit en se reunissant dans un même kyste. » Entièrement enfermé dans ce kystCj l'animal y subit une trans- 32/l J. D'UltEKEM. « Ibnnalioii tolalc. Sa bouche, son périsloivu!, se:^ Icyiiiiieiiis, dis- » paraissent pour se conl'ondi'u en un liquide sarcodiquc où nagent » des globules de différenlcs grosseurs ; le iiueléus de VEpistylis » paraît seul résister à cette dissolution. A la surface du liquide » sarcodique paraît un nouveau tégument contractile, résistant, » couvert d'une infinité de cils vibratiles et clos de toutes parts. » VEpistylis est alors métamorphosée en un nouvel Infusoire qui » a beaucoup d'analogie avec les Opalines «juc l'on rcnconire chez » les grenouilles. » L'Opaline (nous appellerons ainsi momentanément le nouvel )> lurusoirenédc la métamorphose de VEpistylis ^ tournoie sur cUe- « même et prend des dimensions telles que le kyste, n'étant pas » élastique , éclate et livre passage à l'animal qu'il contenait >^ jusqu'alors. Une fois libre, celui-ci nage et cherche un endroit » convenable pour se fixer. L'ayant trouvé, il va subir une nouvelle » métamorphose (jui peut produire deux formes différentes. Quel- » quefois l'Opaline, qui est sphérique ou jilus ou moins ovale, se » fixe par l'une de ses extrémités, où il lui naît un style dont la » croissance est rapide ; à l'autre extrémité ajiparaissent quatre » faisceaux de tentacules rétractiles. » Dans le second cas, l'Opaline ne se fixe point par une de ses » extrémités, mais semble s'a|ilatir sur le corps étranger; elle » reste sessile, et un noudjre plus ou moins grand de faisceaux de » tentacules naissent à son pourtour. Dans les deux cas précédents, M du moment que l'Opaline est lixéc, les cils vibratiles qui cou vraiiiit » ses téguments dis|iarai.ssent. » Ces deux formesque je viens de décrire sont des Acinèles. La » première est identique avec celle qui est représentée par AI. Stein, » pi. I, fig. J.-D. de son ouvrage; la seconde est une Acinèle non » encore décrile jusqu'à présent. Là s'arrêtent les mélamorphoses » de VEpistylis plicatilis. Les Aciuètcs croissent et se dévelo|ipcut «de plus en plus. Dans leur intérieur se trouve un noyau qui » grandit et chemine vers la surface interne des légumenls. Par » les contractions de l'animal, ceux-ci se rompent, et le nucléus » devient libre. Ce nucléus, qui n'est autre ipi'uii bourgeon de " forme discoïdalc, se meut avec une extrême vivacilc à l'aide de I MÉTAMORPHOSES DES VORTICELLIENS. 325 « long cils vibraliles qui garnissent son pourtour. Les Acinèles » donnent successivement naissance à plusieurs bourgeons ciliés, cl » terminent leur existence sans subir de nouvelles mélamorplioses. » Les bourgeons ciliés, après leur sortie i\o FAcinète, se méta- » niorphosent en jeunes Acinèles : pour cela, ils se fixent sur un » corps étranger, restent sessiles ou s'élèvent sur un style; Iciu's » cils vibratiles dis|)araissenl et sont remplacés par (piatie faisceaux » de tentacules. » De nouveaux nucléus re|iro(luisent dans leur intérieur de nou- veaux bourgeons ciliés. » D'après cela, on voit que je crus être le premier à découvrir la transl'ormation des eiidiryons ciliés en jeunes Acinètes ; je me bâte de reslituer la propriété de celle découverte à qui de droit, c'est-à-dire, à l'illustre physiologiste J. Miiller. Maintenant que j'ai exposé l'historique de la question, j'es- sayerai, en m'appuyani sur les observations de mes devanciers et sur les miennes, de montrer que ce (|ue j'ai décrit de VEpislylis pliccuilis s'ajiplique à beaucoup d'espèces de VorticcUiens, et pcut- êlrc à lous. J'examinerai donc : 1" l'enkyslemenl ; 2° la transl'ormation du Vorlicellien dans l'intérieur du kyste en un Infusoire cilié sur toute sa surface et ne présentant pas d'ouverture à ses téguments (Opaline ou Bursaire); 3° la transformation de l'Opaline en Acinèle; 4° l'apparition d'endiryons ciliés dans l'intérieur des Acinètes; 5° la transformation des embryons cillés en jeunes Acinètes. • I De l'enliyslement . L'enkystement, oLservé d'abord par M. Stcin chez diflérenles espèces de Vorticeliiens, et ensuite par plusieurs naturalistes chez beaucoup d'autres Infu.soires, paraît maintenant exister chez tous les animaux de celte classe. Je ne m'occuperai ici (pie des VorticeHiens; j'indiquerai d'abord chez quelles espèces on a observé l'enkystement, ensuite com- ment il .s'opère; je discuterai en troisième lieu de quelle manière 326 J. D'UDEKEIH. on dbil considérer ce phénomène, et quel est son but probable. J'ai observé l'enkystement chez quatre espèces de Vorticellcs. Premièrement chez la Forlicella microsloma : c'est chez elle qu'on remarque le plus facilement ce phénomène, car, dans presque tous les liquides où on la rencontre, on trouve en même temps des kystes, ce qui n'arrive pas toujours pour les autres espèces, comme nous le verrons plus loin. Quand on concentre, par l'évapora- tion au grand air, une infusion qui contient des Forticella micro- stoma, les kystes deviennent très nombreux. L'épaisseur du kyste diffère selon les individus ; tantôt il est fragile et mince, tantôt dur et épais, quelipiefois il présente des aspérités pointues. Ce fut M. Stein qui décrivit le premier le phénomène de l'enkystement chez \a Forticella microsloma. J'ob-servai l'enkystemenl chez une espèce de Vorticelle qui n'est pas encore décrite, et que j'appellerai Vorticella microstyla, à cause du peu de longueur du style, qui ne forme jamais, quand l'animal est contracté, un tour de spire complet. Je n'ai encore rencontré cette espèce qu'à un seul endroit aux environs de Bru.Kclles. J'espère en donner, dans une autre occasion, une des- cription plus complète. Les kystes, chez cette espèce, ressemblant extrêmement aux kystes de la Forticella i7iicrostoma, ne méritent pas une description particulière. J'ai rencontré plusieurs fois des kystes de /^o?t«ce//aconvaWana; cependant ils sont plus difficiles à observer, parce que cette espèce étant plus délicate que celles dont je viens de )iarler, les individus meurent le plus souvent sans s'enkvster. Enfin, j'observai le piiénomène de l'enkystement chez uhequa- trième espèce de Vorticelle. Celte espèce que je rencontrai sur nos côtes, à Ostende, n'est pas encore décrite ; elle est extrêmement remarquable, à cause d'un prolongement memhraneux qui entoure le péristomc, cequi lui donne, quand elle est étalée, la forme d'un parasol ; quand elle est contractée, cette membrane se plisse et se replie à l'intérieur du corps. M. Stein a observé l'enkystement de \a Forlicella nebiilifera. Dans le genre Carchesium, j'observai des kystes de trois espèces : ceux du Carchesium polypinum., du Carchesium ramosissimum MÉTAMORPHOSES DES VORTICELLIENS. 327 et (lu Carchesium prjfjmeum; ils ne diffèrent guère entré eux, et son! entièrement semblables aux kystes des Vorticelles. Dans le genre Epistylis, je ne pus observer Fenkysfcment que chez deux espèces : VEpistijlis plicalitis et une Jipisti/lis (\ne\e crois nouvelle, et que je rencontrai souvent, vivant en parasite, sur l'extrémité iiostéiieuro des Tubifex et des /Vam.'î. M. Slein a cgitlenienl observé l'enkystemenl de ï Epistylis plicntilis. 3 'ai inu- tilement cbercbédes kystes A' Epistylis grandis et A' Epistylis fla- vicans, deux espèces très communes dans nos environs ; je l'attri- bue à la difficulté de conserver ces animaux en vie dans des vases de laboratoire. Dans le genre Opercularia, mes observations ont porté sur VOpercidaria milans et V Opercuhria Lichlensteinii fSlcin) et l'O- percularia microstoma. Je n'ai vu l'enkystement que chez la pre- mière de ces trois espèces ; les deux autres étant beaucoup plus rares, il n'est pas étonnant que ce phénomène me soit échappé. Enfin M. Stein a observé et décrit l'enkystement de la Far/ini- cola cristaUina ; j'ai fait une observation semblable. Résumant toutes ces observations, je conclurai , que l'on ren- contre dans tous les genres de la famille des Vortieelliens des espèces susceptibles de s'enkyster, et qu'il est 1res probable que ce phénomène se présente pour tous, quand il est sollicité par des circonslanees favorables. Les Vortieelliens peuvent s'enkyster à toutes les périodes de leur existence; ils s'enkystent en restant unis au style, soit après l'avoir abandonné par suite de l'apparition d'une couronne liasi- laire de cils. Enfin, pendant que les Vortieelliens se reproduisent |)ar scission, ils peuvent encore s'enkyster, et j'ai observé chez eux tous les intermédiaires dep\iis le comnieiicemenl de la division jusqu'à la division complète, simultanément avec l'appariliou de kystes. L'enkystement a lieu de la même manière chez tous les Vortieel- liens chez lesquels je l'ai observé. L'individu qui va j^nlscnler ec phénomène se contracte légère- ment, ferme son péristomc ; autour de lui apparaît un nuage formé par un liquide visqueux, qui est probablement le résultai d'une 328 j. nicléus se transformer en totalité en embryon, et, après l'expulsion de ce dernier, il se formait un nouveau nucléus qui, à son tour, se transformait en embryon, et ainsi de suite. Transformation des embryons ciliés en jeunes Acinètes. M. Stein, après avoir découvert la production des embryons ciliés dans l'intérieur des Acinètes donna, comme une by|>olbèsc des plus probables, que ces embryons, une l'ois devenus libres, se transformaient en Vorticelles ; cependant il ne parvint jamais à suivre le développement ultérieur des embryons. Ces derniers lui écbappaient toujours. Plus bcureux que lui, M. J. Millier parvint à suivre ces embryons, et vit (ju'ils se fixaient et se transformaient en jeunes Acinètes ; M. Lacbman arriva au même résultat. Ces observations de MM. Millier et Lacbman n'étaient pas encore, comme je l'ai déjà dit, connues en Belgique (juand je présentai à l'Académie des sciences mon travail sur le développement de VEpislylis plicatilis; je décrivis dans ce travail celte curieuse transformation de l'embryon cilié en jeune Acinèle, croyant être le premier qui l'eût observée. Depuis lors je parvins à saisir cette métamorpliose cbez presque tous les embryons. Cette transformation de l'embryon cilié en jeune Acinète a-t-elle toujours lieu? Il est permisd'en douter ; deux fois j'ai vu des em- bryons ciliés, au lieu de se changer en jeunes Acinètes, s'entourer d'un kyste. 11 me fut im[iossible de pousser plus loin l'observation, et de m'assurer si, dans l'Intérieur du kyste, l'infusoire subissait ou ne subissait pas de nouvelles métamorphoses. De nouvelles recherches devront nécessairement venir éclairer cette (|ueslion obscure. I DE LA DETERMINATION EÏPEBIMESTALE DE LA FORCE DU CŒUR, Par M. Ci. COLi;«i. Le problème de la déterminntion de la force du cœur est, depuis longtemps, l'un de ceux qui ont le plus vivement préoccupé les physiologistes et les mathématiciens. Borelli, Keill, Haies, Ber- nouilli, Sauvages et d'autres plus modernes, en ont tour à tour tenté la solution. Les uns, considérant le cœur comme un organe simple, analogue à un muscle du squelette, se sont proposés d'évaluer la puissance absolue de sa contraction ; mais, faute de bases certaines pour mesurer l'intensité de la force que produit le raccourcissement d'un nombre infini de fdjres diversement contournées et enlacées, ils ont obtenu des résultats qui étonnent par leur divergence. Les autres, n'envisageant dans cet organe qu'une seule de ses parties, se sont bornés à chercher rinten.silé de l'impulsion par laquelle le sang est chassé du ventricule gauche dans le système artériel aortique. Ceux-ci, s'appuyant sur les données rigoureuses de l'hydrodynamique , ont été conduits à des appréciations assez rapprochées de la vérité. Pour arriver à des évaluations exactes, il est évident qu'il ne faut point, à l'exemple de Borelli, regarder le cœur comme un organe simple, une sorte de machine hydraulique qui élève le sang à une certaine hauteur ou qui le lance à une certaine dis- lance. Le cœur, au point de vue mécanique comme sous tous les autres rapports, est un organe double. Il est formé de deux cœurs distincts, d'inégale force et d'inégale capacité, mais accolés l'un à l'autre et fonctionnant simultanément : le gauche est plus éner- gique pour projeter le sang dans l'aorte, jusqu'aux extrémités du corps; le droit est plus faible, n'ayant à pousser ce liquide que dans les vaisseaux pulmonaires. Nous considérerons donc à pari chacun de ces deux cœurs comme s'ils étaientisolés, d'autant que leur force respective, tout 33l"l «. COLIN. — UliTiLllMINATIO.N KXPÉRlMEMALli en se eiileulaiil d'niirès les inèiiics lu-iiieipe», exige, pour êlrc mesurée, des variantes fort notniilcs dans les moyens d'expéri- mentation; [luis nous comparerons la Ibree de l'un à celle de l'autre dans quelques animaux; enfin nous examinerons les modi- fications (]ue cette force peut é|)rouver dans les principales condi- tions physiologiques et anormales de l'économie. 1. — De la force du cœur gaiiclie et de la pression du sang dans le système aorlique. Le physicien Haies est, parmi les expérimentateurs qui ont cherché à déterminer la puissance du cœur, celui qui a le mieux compris ce problème délicat; il est le premier, et peut-être le seul, jusqu'à ce jour, (pii ail donné la Hinnide à l'aide de laquelle on peut le résoudre. Sa manière de procéder est si claire, si lo- gique, si conforme aux lois de la mécanique des liquides, qu'on s'ét»nne de la voir ou méconnue ou mise de côté par beaucoup de physiologistes de notre époque. Pour cet ingénieux expérimenta- teur, la force du cœur aorlique se calcule : 1° par la hauteur à laquelle le sang s'élève dans un tube vertical adapté à une artère; 2° par rétendue de la surface interne du ventricule gauche. La force effective imprimée au sang qui sort du cœur par l'aorte est égale au poids d'une colonne sanguine ayant pour hauteur celle (|ue le sang atteint dans le tube et pour base la surface interne du ventricule gauche. Avant d'a|ipliquer cette formule, il importe de démontrer qu'elle est rationnelle et d'une rigoureuse exactitude. Or, que se passe-l-il au moment où le cœur plein de sang se contracte , pour lancer son contenu dans le système artériel? Aussitôt que la systole des ventricules commence, son premier effet est de soulever les valvules sigmoïdes, de manière à établir entre eux et le système artériel une libre communication. A peine ces valvules sont-elles soulevées, que le sang des cavités ventrieu- laires ne forme plus avec celui des artères qu'une seule et même masse dont toutes les parties deviemienl solidaires les unes des autres, comme le sont les molécules du liquide qui rem[)litdes vases communiquant ensemble. Les particules de cette niasse iluide sup[iortcnt alors une près- DE LA FORCE DU CœUR. 337 sion considérable qui dérive tout à la fois de la contraclioii du cceur et de la réaction élastique des parois artérielles fortement distendues. Cette double pression tend à devenir uniforme, ou, en d'autres termes, ses deux cléments cherchent à s'équilibrer, en vertu du principe d'après lequel la pression exercée sur un point quelconque d'un liquide se transmet immédiatement dans tout le reste de la masse. Suivons bien notre raisonnement. Voilà les valvules sigmoïdes relevées ; les écluses qui séparaient le cœur du système artériel sont ouvertes, le conleim du veniricule gauche est en continuité avec celui de l'aorte; il n'y a plus qu'une seule colonne sanguine également pressée dans tousses points. Pour rendre la démonstra- tion plus saisissante, prolongeons, par la pensée, cet état de choses : au lieu de lui laisser la durée d'une fraction de seconde, su[iposons qu'il persiste pendant nne ou deux minutes. Si, à ce moment, on adapte à la carotide, ou à toute autre ar- tère d'un certain calibre, un tube vertical, le sang s'y élèvera rapidement jusqu'à la hauteur d'environ 2 mètres, un peu plus ou un peu moins, suivant diverses circonstances qui seront exa- minées ultérieurement. Le niveau demeurera stationnaire, une fois que le poids de la colonne du lubc sera en équilibre avec la pres- sion supportée par le sang artériel. D'après les lois de l'hydrostatique, il est de toute évidence que, dans ces conditions, le sang exerce sur le ventricule gauche et sur les artères une pression dont la somme totale est représentée par le poids d'une colonne sanguine cylindrique ayant pour hau- teur 2 mètres et jiour base l'étendue même des parois internes du ventricule et du système artériel aorlique; comme la pression se répartit proportionnellement à la surface qui la supporte, il nous est facile de déterminer la part afférente au ventricule gauche, la seule du reste qu'il nous importe de connaître. La surface interne ilu ventricule gauche peut être mesurée exactement en di'iachaiit le cœur d'un animal (jui expire et en le j'cmplissant très rajmlemcnt de plâtre délayé, alors que l'organe se trouve dans un relâchement complet. Le plâtre, étant solidifié, donne un beau relief de la cavité ventriculairc que l'on divise 4» série. Zool, T. IX. (Caliicr n» 6.) ^ H 338 H. tOl.lîM. UliTlillMIiNAllOiN liXl'ÉRlSlEiNTALfc ciisiiilc L'u |icli(L'.s ligures gcoiiiétriques, la plupart carrées ou li iau- gulaircs. (Jn voil aiusi que, sur un clieval de taille iiioyenue, la surl'acc interne du ventricule aortiijue a une étendue de 565 cen- timètres carrés. Il importe beaucoup d'opérer de cette manière, car le resserrement du cœur est si promjit et si considérable, après la mort par elTusion de sang, (jue les cavités de cet organe, no- tamment les gaucbes, se ti'ouvent bientôt presque elïacées. Haies n'est arrivé à un chiffre très inlerieur à la vérité, (pie pour avoir négligé ces précautions tout à l'ait indispensables. Les deux éléments (pii doivent donner la pression supportée par le cœur sont doid trouvés : la colonne sanguine qui presse le ventricule gauche a 2 mèircs de hauteur et 565 ceulimèlres de base; son [luidscstde 118 kilogrammes 650 grammes. C'est contre cette résistance a doue Irouvé la formule à suivre pour aniver à la con- naissance de la force du cœur; s'il n'a pas ohlenu lui-même, en la suivant, des rcsuHats exacts, c'est (|ue l'une des données néces- saires à la solulion du problème était fautive. Les moyens très défectueux ipril employait jiour n)esurer la surface interne du ventricule aorliqne le conduisaient à des chiffres très éloignés de la vérité ; il déterminait bien la hauteur de la colonne sanguine qui presse le cœur, mais il n'obtenait qu'une fraction de la base de cette colonne. il. Poiseuille, qui, il y a plus d'un quart de siècle, a critiqué Haies et rejeté sa méthode, en a indiqué une autre tout à fait vicieuse. Il a bien mesuré exactement la hauteur à laquelle le .sang |ieut s'élever dans un tube qui serait adapté à une artère, on noiani à iiucl niveau le sang artériel fait monter le mercure d'un lube l'ecoui'bé ; mais il a |)ris l'élciiduc de l'aire Irans- verse tie l'aorlc à son origine pour base de la colonne fluide qui pivsse le conu'; il n'a eulin trouvé ipic la pression exercée |iar le sang sur les valvules sigmo'ides de l'orifice aorliqne, et c'est celle iin'ssion qu'il a considérée comme représentant la force staliijue du cojur gauche. Chose étonnanle, depuis si long- temps que celle détermination est reproduite dans tous les traités, dans tous les cours de physiiiue et de physiologie, ni M. Poi- >euillc, ni i)Crsonue n'a semblé s'apercevoir (pi'clle élait radica- lement fausse. Passons maintenant à ra|)plication de la méthodequi vient d'être exposée; vdyons ;'i(p:cls lésullals elle conduit, et cherchons à re- cueillir les cnsrignemculs qui eu dr'coulent. i'din- nic.-urci' la jircssiou du sang arl('ricl cl la force impulsive ilu cu;iu', je me suis si'rvi d'un iustruuicut analogue à celui de 340 e. COMK. DÉTERMINATION EXPÉRIMENTALE Haies. Il consiste en un tube de verre de 3 mètres de hauteur et de 1 cenlimèlre 1/2 de diamètre, fixé sur une règle graduée; son extrémité inférieure est unie par un anneau de caoutchouc à un robinet de cuivre légèrement aminci et recourbé de manière à jiouvoir s'adapter à des artères de différents calibres. Lorsqu'on veut en faire usage, on engage le robinet dans le vaisseau préala- blement isolé sur une certaine étendue, et on l'y maintient à l'aide d'une ligature. A peine l'appareil est-il placé, que le sang s'y élève avec rapidité, cl arrive bientôt à un niveau (ju'il ne dépasse plus. L'ascension du liquide est tellement prompte, qu'on a tout le tem[is nécessaire pour prendre les hauteurs , car il ne commence à se coaguler qu'à partir de la cinquième à la huitième minule, et il ne faut pas la moitié, ni même le tiers de celte période pour noter le niveau de la colonne sanguine, et juger de ses variations. Ce niveau du sang qui a pénétré dans l'hémodynamomètre éprouve une agitation presque coniinuelle ; il s'élève et s'abaisse alternativement. Un examen attentif de ses oscillation» fait voir qu'elles sont doubles, que les unes correspondent aux battements du cœur, et que les autres sont en relation avec les mouvements respiratoires. Les premières sont peu élendues et h'ès fréquentes ; les secondes sont moins nombreuses et d'une amplitude très va- riable, suivant (jue la respiration est plus ou moins profonde. Ces dernières, sur lcsf[uelles nous aurons encore à revenir, princijja- lement au sujet du cœur droit et de la circulation iiulmonaire, de- viennent très considérables dès que l'animal s'agite, ou lorsqu'il se livre à des efforts musculaires un peu énergiques. Ces oscillations observées par le physicien Haies, et mieux étu- diées par M. Poiseuillc, peuvent être facilement mesurées. Celles qui dépendent des contraclions du C(T'ur n'ont (pie de 4 à 5 centi- mètres d'étendue; celles qui se lient aux mouvements respiratoires ont au moins 1 décimètre, à l'état normal, pendant le calme le plus parfait, c'est-à-dire à peu pires le vingtième de la hauteur totale de la colonne sanguine ; mais elles arrivent au double, au triple et au quadruple de celte amplitude, sous l'influence de l'agi- tation et des grands efforts musculaires. Dans ce dernier cas, elles indiquent (|ue la pression du sang artériel et la force impulsive du DE LA FORCE IW COEUn . 351 crour s'élèvpnt à un ciiiqui('>iiio au-dessus ()u chiffre qui reprcsenio Icin- inlensilé iiabiluclle. Lo mécanisme des oscillations se comprend sans difficullés. En ce qui concerne colles qui dérivent de l'aclinn du co'ur, on voit clairement que la pression du sang artériel doit augmenter an moment on le contenu du ventricule gauche est poussé dans le système a(uti(pie déjà plein, et (]n'an contraire elle doit dimi- nuer immédiatement après, par suite du passage d'une notable quantité de liquide dans les vaisseaux capillaires. D'autre part, il paraît conforme aux lois de la physique d'admettre que, sous l'in- llucnce de l'inspiration, le sang est moins comprimé dans l'aorte, et plus fortement attiré vers les oreillettes, tandis (|ne pendant l'expiration il est à la fois plus comprimé dans les gros vaisseaux et dans les diverses cavités du cœur. f.a pression du sang arté'riel et la force du cieur se montrent avec les degrés divers d'intensité, suivant les espèces animales, l'âge, la vigueur des sujets et une foule d'autres circonstances; mais c'est surtout l'énergie des individus et l'état de réplétion des vaisseaux qui leiu' impriment les modifications les plus sensibles. Eu opérant sur des chevaux dont les uns étaient pleins de force et les autres usés par l'âge, les fatigues et les privations, j'ai noté des différences de pression très étendues. Ainsi le sang artériel s'élevait dans Ihémodynamomètre, tenu verticalement, à la hau- teur (le : 2"', 70 sur un clieval très vigoureux. 2"',27 sur un auire, encore très fort. 2", 02 sur un troiaième, de moyenne énergie. 1"',9I sur un r|ualriéme, déjà vieux. 'I"',8.5 sur un cinquième, très maigre. 1"',78 sur un sixième, presque usé. 1"',70 sur un septième, assez faible. I"',C2 sur un tiuitième, dans le même état. 1"',60 sur un neuvième, exlrêmemeut affaibli. Chez les animaux auxquels on fait éprouver des perles sanguines successives, on voit la jiression du sang artériel et, partant, la force du cieur décroître avec ime assez grande ra])idilé. Haies a ilc'jà donni' deux tableaux où celle diminution est produite par des saignées très rapprochées les unes des autres. J'y ajouterai les 3^2 C. COMIV. — niiTRIiSlINATION expérimentalf, suivants, qui rôsiunoiU une série (J'expériences dont les premières seules s';ippli(|ueiil A des siijels d'une moyenne énergie. Dans toutes, l'iiémodynamoinèlre a été fixé à la earotide. On a, en eommeneanl, pris la hauteur de la eolonne sanguine, puis retiré une certaine quantité de sang , replacé l'instrument pour avoir une seconde indication, et ainsi de suite jusqu'à la mort Première expérience. Elle est faite sur un clieval très vigoureux, de grande taille et maintenu couché sur le côtédroit. Avant que l'animal eut éprouvé aucune perte, le sang s'élevait à la hauteur de 2 mètres 27 centi- mètres. A la suite de 17 émissions successives, d'un total de 25 kilogrammes, le liquide ne parvenait plus qu'à 42 centimètres. Numéros Qii.iiilitc* Quantité totale Hauteur , ilesang;exlr.iilc île sanç extraite ilu sang lians avant cliaque avant chaque l'tiéinodynanio- mensiiralions. mensuration. mensuration. mètre. 1 . » 2,270 2 2,000 2,000 2,140 3 2,000 4,000 2,C95 4 2,000 6,000 2,0-20 5 2,000 8,000 1,850 6 2,000 10,000 1,84.') 7 2,000 12,000 1,420 8 2,000 14,000 0,970 9 2,000 16,000 0,770 10 1,000 17,000 0,700 11 1,000 18,000 0,800 12 1,000 19,000 0,72.5 13 1,000 20,000 0,660 14 1,000 21,000 0,540 15 1,000 22,000 0,523 16 1,000 23,000 0,515 17 1,000 24,000 0,430 18 1,000 25,000 0,420 On voit, par cette expérience, que la pression du sang artériel décroît à mesure que le système vaseulaire se désemplit, sans que, toutefois, sa diminution .soit rigoureusement proportionnelle à la somme des évacuations, comme le physicien Haies l'avait, du reste, très bien observé. Deuxième expérience. Celle-ci a trait à un cheval entier, de vigueur moyenne, âgé de DE I.i FORCE nr COEUR. o'io (|nnlor7.o nns ol du poids i)o aOO kilogrnmmos. I.îi colomin snngiiinc i\o riii'modynaniomèlre, (|iii sVk'v:i (l';ilioi'il à 'i"',02, iio piirvirit r|ir;iMcenlimèlres.iprès(|irim(Mitrcliri' ;'ir;inirii;il"22kilogi'niiimi\s (le sang on 12 émissions sui-cessives. Ici se Iroiivonl iiidiiiiK'os.oii- tre les bailleurs régulières du sang pendant le ealnie, les liauleiirs plus eonsidérables observées nu nionient des elïoris musculaires. Niini^ro< Quanlilé Qtiaiililc Ilaiileiir ilti ^anj: lie lolalfï lians riiciiiodynanionirlrr. He« saii;rexlrail6 de sani,' c\lraîto ^ ^i ' m -^ avant clia([ue avant cliaqnc Pi>nilanl An m-imcnt niensuralions. inonsuraliim. nujnsHration. ).■ ralnn*. -Ips etTorts. 4 » » 2,020 > 2 2,000 2,000 1,923 H 2,000 4,000 4,SoO i 2,000 B,000 1,673 5 2,000 8,000 1,Sio fi 2,000 10,000 1,330 7 2,0011 12,000 1,200 1,69;; 8 2,000 11,000 0,G90 11,920 9 2,000 16,000 0,660 0,820 10 2,000 18,000 0,340 0,630 M 2,000 20,000 0,530 » 12 1,000 21,000 0,300 n 13 1,000 22,000 0,440 < Le lableau |)ri'cé(lent iiionlre que b.'S elTorls oui une double inlluence taiil sur la |iression du sangailériel ipie sur la force ilu co'ur, l'une immédiale, l'autre eonséeulive : ils augmenlent sur- le-champ, dans une proportion considérable, cette pression et celle force, mais ils les diminuent beaucoup, une fois (pi'ils viennent à cesser, comme si les efforts, en exagérant la puissance coniractive du cœur poui' un instant, l'épuisaient ensuite brusquemenl. D'après cela , on pressent combien les efforts doivent être dangereux cbez les sujets affectés de maladies du cœur ou d'ané- vrysmes des gros vaisseaux, et l'on se reiiil bien compte de la pos- sibilité des ruptures du crcur et des artères dans de semblables conditions. Troisième expérience. Il s'agit ici d'une jument de gros trait, âgée de treize ans, de vigueur moyenne, pesant /iS6 kilogrammes. Les hauteurs du sang sont prises, comme dans la précédenle, au moment du calme et fiendaril les efforis. Celle ilu ili'liiil ne di'passe pas 1 mèlre 344 G. COLIN. — DÉTERMINATION EXPÉRIMENTALE 91 centimètres. La dernière, mesurée ù la suite d'une perte totale de 29 kilogrammes en 17 émissions, n'est que de 41 centimètres. Numéros Qiiaiilitc Quanlilù Hauteur de la colonne de totale de sang siinguine. des sang; extrailc extrailc ^ — ^ ^~ -^ avant chaque avant cliaque Pendant Au niouienl meneurations. innnsiiratioii. tncnsuralion. le calme. des cdorls. 1 „ 1,910 > 2 2,000 2,000 1,755 B 3 2,000 4,000 1,715 4 2,000 6,000 1,795 » 5 2,000 8,000 1,533 6 2,000 10,000 1,520 » 7 2,000 12,000 1,290 1,585 8 2,000 14,000 1,120 > 9 2,000 16,000 0,915 10 2,000 18,000 0,825 » 11 2,000 20,000 0,765 » 12 2,000 22,000 0,745 » 13 2,000 24,080 0,723 » 14 1,000 23,000 0,630 15 1,000 26,000 0,365 » 16 1,000 27,000 0,480 17 1,000 28,000 0,440 0,625 18 1,000 29,000 0,410 Quatrième expérience. Elle a pour sujet un cheval hongre, âgé de seize ans, maigre et faible, de stature moyenne. La colonne sanguine, dont la hauteur initiale est de 1"', SI, se réduit à 5G ccnlimèlres après 10 émissions successives, qui, réunies, représentent 17 kilogrammes de sang. Numéros Quant ili? lie Quantité totale de sang Hauteni' lies snn^ extraite nvuiU chaque extraite avant chaque de la colonno mensuraliiiii':. mensuration. niensiiralion. sanguine. 1 ~ „ » 1,81 2 2,000 2,000 1.90 3 2,000 4,000 1,72 4 2,000 6,000 1,34 5 2,000 8,000 1,30 6 2,000 10,000 0,63 7 2,000 12,000 0,66 8 1,000 13,000 0,67 9 1,000 14,000 0,63 10 1,000 15,000 0,53 11 1,0(10 16,000 0,56 12 1,000 17,000 s b DE LA FORCE DU C(œUR. 3/(5 Cinquième expérience. Celte dernière, qui |)orte sur un clicval do faille moyenne, âgé de quinze ans, tait vdir que la pression, au lieu d'être absolument eu l'apport avec la masse totale du sang qui existe dans rensemble du système vasculaire, est proportionnée à la purliou de celte masse contenue dans les artères. En effet, les hauteurs, observées (!in(| minutes après une saignée artérielle, sont |)lus considérables que celles qui sont prises immédiatement après l'évacuation, sans doute parce que le système artériel a pu, dans ce court délai, ré- parer une partie de ses pertes aux dépens des veines et des capil- laires. Nuniéms Quantité Quantité Hauteur Hauteur de totale de san^ de la colonne do la colonne des ?an^ extraite extraite .<:anj?uine immé- sanguine avant chaque avant cliaqiie diateincnt !> minutes après mensurations. mensuration. inensiu'ation. après la saigne'e. la saigni^e. 1 » 1,87 r, 2 2,000 2,000 1,84 » 3 2,000 i.OOO 1,74 » 4 2,000 6,000 1,73 » 5 2,000 8,000 1,60 fi 2,000 10.000 1,4i » 7 2,000 12,000 0,90 1,48 8 2,000 14,000 0,80 1,1S 9 2,000 16,000 0,59 p 10 2.000 18,000 0,.55 0,78 11 2,000 20,000 0,64 0,66 12 2,000 22,000 ■> » Les cinq e.xiiériciices relatées ci-dessus suffisent pour montrer les cliangements apportés par les émissions sanguines dans la jiressiondu sang artériel. Avant de passer au cteur droit, formulons en quelques pro- positions ce (|ue nous venons d'établir à l'égard du cicur gauche et de la circulation générale : I. La iire.ssiou du sang artériel, dans le système aortique, se mesure par la hauteur à laquelle s'élève ec fluide dans un tube vertical ailaplé à une artère. II. Cette pression s'exen;ant, d'après les lois de l'hydrostatique, sur le ventricule gauche, cl pinpoiliiiniiellemciit à sa surface, dès 3/|6 C. COIJN. DÉTERMINATION lîXPIînlMRN TALF, , ETC. que los valvules sigmoïiles sont soulevées, f;iit supporler au crrur lin poids consiiiérable. m. Pour la déterminer dans chaque espèce et dans chaque in- dividu, il suffit de trouver, d'une part, la hauteur que le san^; atteint dans un tube llxc à une artère queIcon(iue, et, d'autre pari, l'étendue de la surface interne du ventricule gauche. IV. Comme, chez le cheval, la colonne sanguine qui presse sur le cœur aortique a une élévation moyenne de 2 mètres, et une base de 565 centimètres carrés représentant la surface interne du ventricule gauche, celui-ci supporte, dès le début de la systole, une pression de 118 kilogrammes. V. La contraction du même ventricule doit nécessairement dé- ployer, chez cet animal, une force capable de soulever un poids de 118 Ivilogrammes, et sans laquelle le sang ne pourrait être lance dans l'aorte. VI. La force du cœur gauche, toujours en rapport avec In pression du sang artériel, varie suivant l'âge, la taille et la vigueur des animaux. VIL Les circonstances qui modifient le plus l'intensité de cette pression sont les mouvements respiratoires, les grands efforts musculaires, et surtout les divers degrés de j)lénitude des vais- seaux. VIII. Les émissions sanguines la font diminuer de beaucoup, et dans une relation directe avec leur abondance. IX. Elle cesse d'être compatible avec la vie, dèsiiu'clle est ré- duite à peu près au cinquièmede son chiffre normal. X. Ce que M. Poiseuille a considéré, dans ses recherches, comme la force statique du ventricule gauche, n'est tout simple- ment que la pression exercée par le sang artériel sur les valvules sigmoïdes de l'orifice aortique. NOTE SUR DES proto-()R(;anismes végétaux et animaux NtS SPONTANÉMENT DANS L'AIR ARTIFICIEL ET DANS LE GAZ OXYGÈNE, Par M. F. POVCIIET. Pri'senlé ;"i l'Acatlnuie îles seîpncps, le 20 Jéccmbro 1858. An inomonf où, secondi's [larle profiirs (losspiVncos, pliisioiirs iialuralistes sel't'oreeiil do reslreindre le domaine des yénéralions s|ionlanéesoii d'en eonlester absolnment l'existence, j'ai entrepris une série de travaux dans le Iml d'élucider cette question tant con- troversée. Après avoir répété toutes les expériences sérieuses faites sur ce sujet, j'en suis enfin arrivé à celles de jMM. Schiiltze et Schwann, que, d'un commun accord, tous les adversaires de l'hétérogénie ont considérées comme lui ayant porté le coup su- prême. Dès à présent je puis assurer qu'en suivant exactemetU les mêmes procédés que ces deux savants, et même en les variant et en donnant encore un bien plus haut degré de précision à leurs expériences, j'obtiens conslamment un résultat [losilif. On voit se produire des animalcules et des Cryptogames divers dans des matras où tout germe organique a été préalablement détruit, et où l'air ne parvient qu'après avoir été amplement lavé dans de l'acide siill'urique concentré, ou avoir (raversc un labyrintlie de fragments de |iorcelaiiie ou d'amiante portés à la température de la cbaleur rouge. Il ne s'agit que de conduire rationnellement ces opérations, d'en faire l'examen en temps opportun et avec toute l'attention nécessaire. Quoirpie mes nombreuses expériences démontrent jusqu'à l'évi- dence f|ue l'air alinospbéri(iue ne peut être et n'est pas le véiiicule des germes des in'oto-organismes, j'ai pensé que ce serait en F. POUCBET, — GÉNÉRATION SPONTANÉE couronner heureusement la série, et en même temps ne laisser aucune prise à la critique, si je parvenais à déterminer 1 evolulion de quelque être organisé, en substituant de l'air artificiel à celui do l'atmosplière. Les belles expériences de MM. Regnault etReisetme semblaient à l'avance indiquer que des animaux inférieurs pouvaient se déve- lopper dans cet air, puisque des animaux vertébrés y vivent bien. Mes essais furent couronnés de succès, et, à diverses reprises, j'ai vu des Mierozoaires et une végétation cryptogamique apparaître dans de l'eau absolument privée d'air atmosphérique, et (|ui n'était en contact qu'avec un mélange de 21 parties d'oxygène et de 79 parties d'azote, ou même seulement avec de l'oxygène pur. L'expérience dans laquelle j'ai employé l'air artificiel a été exécutée en commun avec un jeune et savant professeur de chimie, M. Houzeau ; elle fera l'objet d'une autre communication. Je ne parlerai ici que de mon expérience sur l'oxygène. Dans l'oxygène pur, malgré mes appréhensions, j'ai été plus heureux. Expérience avec l'oxygène. — Un flacon d'iui litre de capacité fut rempli d'eau bouillante, et, ayant été bouclié hermétiquement, avec la plus giande précaution, immédialemeni on le renversa sur une cuve à mercure; lorsque l'eau fui totalement refroidie, on le déboucha sousle métal, et l'on y introduisit un demi-litre de gaz oxygène pur. Aussitôt après on y mit, sous le mercure, une pe- tite botte de foin, pesant 10 grammes, qui venait d'être enlevée dans im flacon bouché, à une étuve chauffée à 100 degrés, et où elle était restée trente minutes. Le llacon fut enfin fermé hermé- tiquement à l'aide de son bouchon rodé à l'émeri, et, pour sur- croît de précaution, lorsqu'on l'eut enlevé de la cuve, on mit une couche de vernis gras et de vermillon tout autour de son ou- vertiu'e. Huit jours après, la macération était d'une couleur fauve, sans ]iellicule aiiparenle à sa surface, au moins à l'oeil nu. mais le foin submergé offrait sur quelques-uns des brins qui hérissaient sa petite boite, des globules d'un blanc jaunâtre, de la grosseur d'un gniiu de groseille blanche, auquel de loin ils rcsscuihlaient par- DES PROTO-ORCAMSMES VÉCÉTAIX ET ANIMAUX. okO l'nilomciil. Ces globules, au nombre de huit ù dix, mais dont ([uel- ques-iins étaient très petits et flottants dans la liqueur, paraissaient évidemment formés de tllaments d'une Mucorinée implantés à un même endroit, et de là s'irradiant en touffes serrées. Le microscope le démontra. Le dixième jour, le flacon ayant été ouvert, on exa- mina son contenu ; il n'y avait eu entre l'intérieur et l'atmosphère aucun échange. Le gaz oxygène qu'il conlenait paraissait encore absolument pur, et les corps en igiiilion qu'on y plongeait acti- vaient immédiatement leur combustion. On reconnut alors que les gros globules ou flocons blancliàires qu'on discernait à travers les parois du vase, et qui élaient immergés dans l'eau, étaient évi- demment formés par une espèce de Champignon à mycélium très touffu et tassé. Cette planle, que je pris pour un Aspergillus, ne me parais- sant point avoir été décrite, afin de m'éclairer à ce sujet, je me suis adressé à M. Montagne, dont l'autorité en semblable matière a une haute valeur. 11 a pensé aussi que c'était une espèce nou- velle, el il lui a \)\\i de lui imposer le nom A' Aspergillus Pouchelii. J'ai respecté .sa décision. Comme durant ces derniers temps plusieurs savants ont pré- tendu que les spores de quel(|ues Cryiitogames ne perdaient leur faculté de germer qu'à une température au-dessus de 100 degrés, j"ai dû, pour donner à rcxpérience dont il vient d'être question toute l'auliienticité possible, m'assin-er s'il n'en serait pas ainsi à l'égard de végétaax qui s'étaient produits durant celle-ci. Ayant pris des spores du Pénicillium ylaucum de Link, je reconnus qu'elles étaient parfaitement sphériques, et offraient un diamètre de 0,0028 à 0,0042 de millimètre. Je les plaçai dans un petit tube avec environ 2 centimètres cubes d'eau, et celle-ci, à l'aide d'ime lampe à esprit-dc-vin,fut entretenue en ébidlition pen- dant un ipiarl d'heure. Au hout de ce tenqis, on jiut constater, à l'aide du microscope, <]ue les spores de ce Pénicillium étaient déformées ; elles avaient perdu un peu de leur s[iliéricité, et leur volume était presque dmiblé; elles oITraient alors un diiuriètrc variant de 0,0050 à 0,0055 de millimètre. On rencontrait aussi dans la liqueur des esiicces de granules aplatis, du diamètre de 350 F. POtCUlilI' El IIOUZEAIJ. — EXPÉRIENCES 0,0028 à 0,0030, qui semblent n'être iiiic clos débris du test de ijueiques séiniiuiles de ce Pénicillium, dont Ui substance intérieure avait été enlevée par le l'ait de l'ébullition. L'action de l'eau en ébullilion parut affecter encore bien plus profondément les spores d'un Aspergillus. Ces expériences prouvent donc que ce n'est pas l'air ([ui est le dépositaire des germes organiques, puisijue nous voyons un végé- tal naître dans un milieu dont l'air, absolument banni, a été rem- placé par de l'oxygène. Dans cette expérience, le liquide, examiné très attcntivcmeni, ne nous a paru receler aucun animalcule. EXPÉRIENCES SUR LES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES. DEUXIÈME PARTIE : DÉVELOPPEMENT DE CERTAINS PROTO -ORGANISMES DANS DE L'AIR ARTIFICIEL, Par IMM. POUCHGI el IIOUZEAtJ. Nous avons pris un grand llacon de 5 litres de capacité, bou- clianl à l'énieri. Ce llacon a été rempli d'eau bouillante et immé- diatement on l'a hermétiquement fermé et renversé sur une cuve à mercure. Lors(pic l'eau l'ut refroidie , on introduisit dans ce flacon un mélange de gaz oxygène et d'azote, dans les proportions voulues pour constituer de l'air artificiel ; celui-ci occupa les trois quarts de la capacité du vase. Erdin, en prenant les plus grandes précautions, on a aussi introduit dans ce flacon 10 grammes de foin qui venait d'ctrc exposé durant vingt minutes dans une éluve à la température de 100 degrés. Ce foin ayant été enlevé de l'étuve dans un flacon à large ouverture, bouché lui-même dans l'étuve et débouché seulement sous la cuve, on lintroduisildans le llacon. Ainsi on était certain (pic si (pielfiues parcelles d'air étaient restées dans les iulcrsliccs de ce foin, chauffées à 100 degrés, elles oc iiouvaieiil receler aucun germe de Microzoairc suscciilible dcsor- sut LLb GÉNÉllATlONS Sl'OMAÎiÉliS. 351 in;iKs tic se ilcveloppcr. Eiiliii, le llacoii, ayant clé bouclic sous le nicrciu'c, fut reini.s dans sa sitnatiuii ordinaire, et tout le conituir lie Itiuvcrture, pour plus de précision, fui rcvcln d'une couche de vernis au copal épaissi avec du vermillon. Le vase l'ut ensuite placé dans notre laboratoire, près d'une l'cnèlre et observé charpie jour à l'extérieur. Durant les six premiers jours la température ayant été en moyenne de 18 degrés, la lifpieur resta jaune et limpide. Le huitième, l'eau commence à devenir nébuleuse; on aperçoit jirès de .ses bords un ilôt llottant d'un vert ghuKiue, ayant environ 3 millimètres de diamètre, et formé, sans nul doute, d'une végé- tation cryptogamique due à une agglomération de Pénicillium. Le douzième jour, la lii|ueur continue à être trouble, sans bulles à sa surface, et l'on y découvre, vers le fond du vase, un globule spliériijue de 5 millimètres de diamètre, constitué très probable- ment par un amas d'yispergillus. Le dix-huitième jour, l'eau est encore plus trouble que précé- demment, et il apparaît vers sou milieu un ilôt flattant, formé évi- dcnnnenl de Pénicillium enfructilication. Le viiigt-ipiatrième jour, le liquide présente à peu près le même aspect que précédemment, seulement il est plus trouble vers le fond. Entin, un mois après le comuiencenicnt de celte expérience, le llacou fut débouché. Le gaz contenu dans son intérieur n'avait contracté aucune mauvaise odeiu' ; la superficie de l'eau n'offrait aucune [iclliculc; et l'on y voyait llotler quatre petits ilôts de y'eni- C(//ù/jh; et dans ce li(piide, qui était jaune et trouble, nageaient |)lusicurslloconsd'.ls;;e;'3î7/ws. de grosseiu'stli verses, et dont deux, compo.sé,sde touffes serrées de ce Champignon, offraient le volume cl l'aspect de grains de groseille blanche. L'un (les ilôts, extrait et examiné au microscope, est formé d'un Cryiilogaine très touffu, très ramcux,à ramifications éjjarses, appartenant an genre Pénicillium : c'Cbl évidenuiient le Péni- cillium glaucum de Link. Les llocons (pii se rencoulrenl immerges dans la macération, par l'aspc' idc leurs touffes cl par la structure de leurs mycéliums, 352 POUCUET ET UOUZEAV. — EXPÉRIENCES, ETC. ressemblent absolument à VAspergillus que nous avons observé dans l'oxygène ; mais comme ces flocons sont restés sous l'eau et n'ont pas fructifié, il a été impossible Je déterminer exacte- ment à quelle espèce appartenait la Mucorinée qui les compose. On rencontre çà et là, nageant à la surface de l'eau, des grains de matière verte, sphériqucs, remplis de granules et offrante, 0112 de millimètre de diamètre. Malgré la température qui avait toujours été assez basse pendant la durée de celte expérience, et en moyenne de 15 degrés, et mal- gré l'influence défavorable que présentent toutes les expériences exécutées à vai.sseaux clos, nous découvrîmes un assez grand nombre à! animalcules dans notre macération. Sa surface était remplie de Protées diffluents {Proteus diffluens, Miill.; Amiha diffluens, Dujardin). On y voyait aussi un grand nombre de Tra- cltelius absolument analogues au Trachelius triclwphorus d'Ehren- berg, jeunes, et n'ayant que 0,065 de millimètre de longueur; ils étaient exirèmcment agiles, se contournant en tous sens et dar- dant leur longue trompe de tous côtés. On y voyait en outre qucl- fjues Trachelius globifer, Ehr., puis ([uelques Monas elongata, Duj.; et un grand nombre de Vibrions excessivement fins, parmi lesquels on remarquait surtout le Vibrio lineola, Miill., et le Vibrio rugula, Miill. Ainsi donc il résulte évidemment de cette expérience, que des animalcules et des plantes se sont développés dans un milieu ab- solument privé d'air almospbcrique, et dans lequel , par consé- quent, celui-ci n'a pu apporter les germes des cires organisés qu'on y a découverts. Et si même on pouvait supposer que quel- ques parcelles de cet air aient pu s'introduire dans l'appareil , il est certain que celles-ci, avant d'y pénétrer, avaient subi une tem- pérature à laquelle n'auraient pu résister les germes des prolo- organismes qui se sont engendrés dans cette circonstance. Les germes des Infusoircs ne résistent point à une température de 100 degrés, et les expériences de l'un de nous ont prouvé que les spores des Mucorinées, analogues à celles dont il est question dans cette ex[iéricnce5 sont désorganisées par cette température. REMARQUES SUR LA VALEUR DES KAITS QUI SONT CONSIDÉRÉS PAR QUELQUES NATURALISTES COMME ÉTANT PROPRES A PROUVER L'EXISTENCE DE LA GÉNÉRATION SPONTANÉE DES ANIMAUX. Par m. niLKE EUWARDS Les pliysiologisles sont depuis longtemps [larlagcs d'opinion an sujet de l'origine de la vie dans les êtres organisés. La plupart d'entre eu.\ admellenl que celte l'oree n'existe que là où elle a été transmise; (pie depuis la création jusqu'au moment actuel, une chaîne non interrompue de possesseurs de cette puissance se la sont communiquée successivement, et (|ue la matière brute ne saurait s'organiser de façon à constituer un animal ou une plante, si elle n'est soumise à rintlueiice d'un être vivant ou d'un geriur orli d'un corps de cel ordre. D'autres, au couli-aire, ont soutenu (pie la matière inei'le, pla- cée dans certaines conditions physiques et chimiques, était apte à prendre vie sans le concours d'un être géncraleur; que les ani- niau.x et les plantes pouvaient se constituer de toutes pièces, sans avoir puisé dans un autre corps vivant le principe de leur exis- tencc, et ipie par conséquent la vie elle-même devait être consi- dérée non comme laconsé(|ucnce d'une force (pii aurait été don- née en propre aux corps organisés, mais comme une propriété générale de la matière organisahle, qui se manifc'sterait dès que les circonstances extérieures deviendraienl favorables à .son appa- rition. Dans mon enseignement et dans mes écrits, j'ai souvent com- battu cetle dernière doctrine, et l'Ii) pollicse de la (jénéralion spon- tanée des animaux me semblait compter aujourd'hui si peu de partisans |iarmi les zoologistes, que j'aurais craint d'abuser des inoiuenis de l'Académie en venant la discuter devant elle, si je n'a- vais vu par le Compte rendude l'une de nos dernières séances, ipj'un de nos .savants correspondants, .M. Poucliet, en avait faitl'ob- jet d'études nouvelles, dont ressortirait, si ses conclusions étaient i série ZooL. T. IX. (Cahier n° 6.) ' 23 354 MILKE KDWAUnS. REMARQUES exactes, la preuve du fait si souvent annoncé, maisjamais démon- tré, de la naissance d'animaux cl de plantes qui ne seraient pas engendrés par des êtres vivants, et qui seraient produits unique- ment jiar l'action des forces générales dont dépendent les combi- naisons chimiques dans le règne inorganique (1). Mais en lisant ce mémoire, j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de soumettre au jugement de mes collègues les motifs qui me portent à repousser ces conclusions, car il me paraissait désirable de connaîlre l'opi- nion des autres physiologistes sur un sujet si important; et d'ail- leurs les questions que cette discussion soulève ne sont pas seu- lement du domaine des sciences naturelles, et pour les résoudre il faut avoir recours aussi aux lumières des chimistes. Longtemps avant que l'invention du microscope eût permis aux zoologistes de découvrir les animalcules d'une petitesse extrême qui naissent par myriades dans les eaux où infusent des débris or- ganiques, on avait remarqué que souvent les cadavres abandonnés à la putréfaction se peuplent pour ainsi dire d'une foule de corps vivants, et n'apercevant dans ce phénomène l'intervention d'aucun être animé par lequel ees corps auraient pu être procréés, les an- ciens naturalistes supposaient qu'ils étaient un produit de la putré- faction des matières animales ; que ces matières, après avoir cessé d'appartenir à un être vivant, pouvaient s'organiser spontanément sous une forme nouvelle, et constituer ainsi des animaux qui n'auraient pas de parents ; enfin que la vie n'est |)as la cause, mais la conséquence d'un certain mode d'arrangement des molécules dont CCS substances se composent, et que ce genre de grou|)emcnt moléculaire pouvait être déterminé par le jeu des forces générales delà nature. C'est de la sorte que pendant fort longtemps on crut pouvoir se rendre compte de l'apparition des larves vermiformes qui four- millent dans les charognes. Mais dès que la question de l'origine de ces animaux fut étudiée par l'Académie florentine, si heureu- sement nommée del Cimenlo, et soumise à lui examen sévère par un des membres de cette compagnie, François Redi, on vit claire- (1) Voyez ci-dessus, page 347 et suivantes. SIR LES PnÉTENDUES GÉNÉIUTIONS SPONTA?iÉES. 355 inciil ijiic les larves nées clans les cadavres, loin d'èlrc le produit d'iiiic généralion spontanée, sont la progéniture d'Insectes bien connus, et que si on ne les rencontre qu'an milieu des matières animales en putréfaction, c'est parce que là seulement elles trou- vent réunies toutes les conditions nécessaires à leur développe- ment, et parce (|ue leur mère, guidée par un instinct merveilleux, les y dépose à l'état de germe. Les expériences de Hedi, qui datent du milieu du xvn'' siècle, ne laissèrent subsister aucune incerlilude au sujet de l'origine des larves dont je viens de parler; mais ce qui était facile à conslaler ijuand il s'agissait d'animaux aussi gros que le sont les jMouches de la viande, l'est beaucoup moins quand il est question d'une .Monade ou de tout autre animalcule infusoire dont noire œil no dislingue l'existence qu'à l'aide du microscope, et dont les germes, à raison de leiu- extrême petitesse, échappent le plus souvent à tous les moyens d'observation que l'optique nous fournit. Aussi, lorsque Leuwenlioek et ses successeurs nous eurent révélé la pré- sence des animalcules dont les infusions de matières végétales et animales fourmillent, vit-on l'hypothèse des générations sponta- nées reprendre faveiu', et les physiologistes se diviser d'opinion au sujet (le l'origine de ces petits cires. Suivant les uns, ils ne se- raient autre eho.se que le produit du développement de germes comparables aux œufs dcsMouches de la viande dont il vient d'être rpiestion, mais d'une petitesse en rapport avec l'exiguïté de la taille des Infusoires dont ils proviennent : germes qui seraient répandus en nombre immense dans la nature, flotteraient dans l'atmosphère connue le font les poussières les plus fines, et se dé- po.seraient à la surface de tous les corps en contact avec l'air, mais ne se (lévclopperaiciit que là où ils rencontreraient de l'eau et des matières organiques en voie de désagrégation qui leur .vcrviraient d'aliments. Suivant les autres, ces Infusoires ne proviendraient d'aucun germe de ce genre, et seraient des portions de la substance organiqiii' m(U"lc, ipii, deveiuies indépendantes par suite de l'ac- tion dissolvante de l'eau, prendraient vie, et conslitucraicnt autant d'êtres nouveaux. L'analogie fournit de puissants arguments en faveiu" de la iirc- o5G MII,WK UUIVAUU^. Kli.M.UUJUIlb iiiièru lie ces deux liy[io(lièses. Pour soutenir la seconde, un u sou- vent invoqué les résultais d'expérienees dans lesquelles on avait vu des animalcules se déveJopiJer dans des infusions que l'on pensait avoir placées dans des conditions telles, que tous les germes préexistants dans la matière organique soumise à l'action désagré- geante de l'eau devaient avoir perdu leur vitalité, et que ni ce li- (luide ni l'air ambiant ne pouvaient y avoir introduit d'autres cor- puscules du même ordre. Frey et plusieurs autres observateurs ont cru avoir réalisé ces conditions, et ont néanmoins vu leurs infusions se peupler de végétaux et d'animalcules microscopiques. Aussi en ont-ils conclu (pie ces êtres vivants pouvaient naître par voie de génération spontanée. Il ne m'appartient pas de me prononcer sur le mode d'origine des végétaux microscopiques , car on doit laisser aux botanistes cette tàcbe diftieile ; mais en ce qui concerne les animaux, je ne crains pas de dire que les conditions qui doivent nécessairement être remplies pour que les expériences dont je viens de parler aient (juclque valeur dans la discussion de la question de la transmission de la vie ou de la formation spontanée des êtres vivants n'avaient été réalisées par aucun des [irédécesseurs de M. Poucbet. Ce naturaliste, dont les recherches ont été comniuniquccs à l'Académie dans une de nos dernières séances, a-t-il écarté les objections que l'on était en droit de faire aux expériences de ses devanciers? .le ne le crois pas, et avant de rendre compte de (pielques observations que j'ai eu l'occasion de faire sur le même sujet, je crois devoir exposer brièvement les raisons t|ui me por- tent à en juger ainsi. Je n'élève aucun doute sur l'exactitude des faits annoncés par M. l'ouehet; mais ces faits ont-ils la signilication que ce natura- liste semble leur attribuer? Je ne le crois pas. Effectivement, voici en peu de mots l'expérience de ce zooio gistc. Après avoir fait bouillir de l'eau et avoir soustrait ce liquide du contact de l'air, il le met eu raiipiorl avec de l'oxygène pur, et y introduit une certaine quantité de foin, (|ui avait été préalable- ment renfermé dans un llacun, et chauffé pendant une demi-heure dans ime étuve dont la température avait été portée à 100 degrés. SUR LES PRKTENnilF.S fifo'ÉRATlOXS SPONTANÉES. 307 l.'iiiriision ainsi préparée fui ponvoiiiiblement S('i|iipslicn, ol ;iii lioiil (le (|iielqiics jours .M. Poiu'lie( vit des Inliisoiros s'y déve- lii|i|ier. Pniir (Oiii'iiire de ces fuils ijiie les nnimalciiles dont je viens de parler ne provenaient [las de germes ijui se seraient trouvés dans le loin mis en infusion, il lanl supposer (p:e la vilalilé a (^lé néees- sairement délruite dans tous ces pennes par l'élévalion de leinpé- ralure déterminée dans ces corpuscules pendant leur séjour dans I etuvc. JI. Pouchel présume i|u'il devait en être ainsi, parce qu'en faisant liouillir dans de l'eau des spores d'un Pcnecil- Ihnn, il a vu celles-ci se décomposer. Mais celle i-aison ne me sa- tisfait pas. Et d'abord le foin rcnferna'' dans im llacon qui, pendant Irenle minutes, avait séjourné' dans uik^ é'Iuve à 100 dcijrés, avait-il l'Ié l'éellemeid poi'l('' à la lem|)ératiirc de l'eau bouillante? M. Poucliet semble le croire ; mais je suis [jorsuadé du contraire, et je pense que les ebimistes, ainsi que les [ibysiciens, en jugeront de nièni(\ (^c n'est pas dans de pareilles conditions qu'on voit l'équilibre de température s'établir si promplemeni, et il me paraît fort probable que le foin renfermé dans un vase de verre et entouré par de l'air en repos, substances qui conduisent fort mal la chaleur, n'avait clé en réalité cpie fort peu cliauffé par l'action de l'étuvc où ce tla- con a été placé pendant un espace de temps si court. Mais en admetlant, par hypothèse, que l'expérience eùl été pro- longée suffisamment pour rpie les substances organiques nièbics an foin, ou con>liluanl celle malière sèche, se fussent mises presque en équilibre de tenqiératurc avec l'air de ['('luve, poiu'i'ait- on en conclure b'gitimement que les germes d'Infusoircs conlenus dansées matières végétales ont dû perdre leur viabililé', ctèli'e rendus inaptes à se développer? Non ; car il y a ici nnedistinclion essenlielle à établir entre l'action de la chaleur sur les corps orga- nisés qui renferment de l'eau et siu" ceux qui se trouvent à l'état .sec. Cela ressort nettement des recherches déjà anciennes de notre savant collègue M. (^bevreul, et bien que, dans les circonstances ordinaires, nous voyions toujours la mort survenir chez les ani- maux dont le corps a ('■proovi' lUic ('l('\'alion de leio|M'ralure sulfi- 358 MILNE EDWARrtS. — RKMARQi:ES sanle pour dolonniner la coagulation de l'aUjnmiiie hydratée eon- tcnue dans leurs tissus, nous savons qu'il n'en est pas toujours de même chez ceux (|ui ont été préalablement desséchés. Kn effet, JM. Uoyère a fait voir, il y a quinze ans, (|ue certains animalcules, tels que les Tardigrades, quand ils sont sufiisamment desséchés, peuvent conserver la faculté de vivre, après un séjour de plu- sieurs heures dans une étuve dont la température est de beaucoup supérieure à celle du milieu où M. Pouchet a placé le flacon con- tenant le foin employé dans ses expériences. J'ai vu des animal- cules résister de la sorte à l'action très prolongée de l'air d'une éluvc dont la température niarcpiait 120 degrés centigrades; et dans les recherches de .M. Doyère, la chaleur du milieu ambiant a été portée jusqu'à 140 degrés, sans que la mort des animal- cules, préalablement desséchés, ait résulté de cette grande éléva- tion de température. Ce qui est vrai pour les Tardigrades, animaux d'une structure très complexe, i)eut être vrai aussi pour les germes des Infusoires en général, et j'en conclus que rien dans l'expérience de M. Pou- chet ne nous autorise à penser que les germes des animalcules observés par ce naturaliste ne préexistaient pas dans le paquet de foin dont il faisait usage, ou avaient dû être tués par le degré de chaleur auquel ce foin avait été exposé. Je dirai même (pic les expériences de notre, savant correspondant ne me semblent ajouter aucune probabilité nouvelle en laveur de riiypothèse des généra- tions spontanées. J'ai souvent fait des expériences analogues, et toujours j'ai vu que l'apparition d'animalcules vivants dans l'eau où des matières organiques mortes avaient été mises en infusion devenait d'autant plus rare que je prenais plus de précautions pour préserver ces liquides de toute introduction de germes viables. Dans plus d'un essai de ce genre, j'aurais pu croire ([ucdes générations sponta- nées s'étaient produites sous mes yeux, si, en réfléchissant aux conditions dans lesquelles j'avais opéré, je n'avais aperçu des sources d'erreur, et si, en écartant les causes auxquelles je iwu- vaisallribuerla préexistence de germes viables dans mes infusions, je n'avais vu les résulials négatifs se multiplier. SIR LES PRÉTENDUES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES. 35'J Je ii'i'ilIrctiLMulrai |ias ilavniilagc l'Acadéiiiie de la plupart de ces ossaif!, mais je demanderai la permission de rendre brièvement compte d'une série d'expériences dans lesriuelles des inCusions qui, exposées au contact de l'atmosphère, auraient, suivant toute probabilité, doiuic naissance à des animalcules, ne m'en ont pas offert, quand les matières emprisonnées dans des vases hernié- tiipiemcnl l'ernK's avaient été soumises à une température assez élevée pour déterininer la coagulation des matières albuminoïdes contenues dans leur intérieur. Pour arriver à ce dernier résultat, je plaçais dans deux tubes en forme d'é[>roavcltc l'eau et les matières organiques dont je voulais faire usage. L'un de ces tubes, dont les deux tiers étaient occupés par de l'air, fut alors fermé à la lampe, cl, ainsi que l'autre tube, plong('' ensuite dans un bain d'eau bouillante. Le bain fut niaintcmi en ébullition pendant le temps nécessaire ])0ur que l'équi- libre de température ait du s'établir à peu de chose près entre les deux infusions et le liquide extérieur, puis on laissa refroidir les tubes, et ou les abandonna à eux- uièmcs, en ayant soin d'exami- ner de temps en Icnqis leur conicnii à lra\crs leurs parois frans- parenles. An bout de ipiehpies joiu's, je vis des Infusoires se mettre en mouvement dans celui ties deux tubes qui était lesté en communication avec l'atmosphère, tandis que dans l'autre tube, dont la clôture hermétique avait précédé l'action présumée mor- telle de la chaleui, je ne vis jamais apparaître un seul animalcule vivant. Jus(|u'ici je m'étais borné àcitercesexpériencesdans mes leçons linbliqnes, et je n'avais pas cru devoir en entretenir l'Académie, parce que des résultats négatifs n'acquièrent de l'importance que lorsqu'on les a obleinis d'une manière constante un grand nombre de foi.s, et parce (pie la génération spontanée des animaux me pa- i'ais.->uit si peu probable, que je ne voulais pas consacrer beaucoup de temps .'i répéter des recbercbes au sujet d'ime question qui me .semblait résolue. .Mais aujourd'hui qu'un naturaliste distingué est venu comniimifpier à l'Académie de nouvelles observations à l'appui de cette hypothèse, et que quelques-uns de nos jeunes physiolngisles voudront peut-être se livrer à des recherches iillt-- o6l) itlM. PAYlilM. QUATREFACiES, CL. RERNAKD ET ni)inA!>i. rieiiros sur le mode d'origine des aiiiniuleiiles mieroseo|iii|ties, il m'a semble (ju'il pourrait y avoir iiiiel(|ue utilité à exposer dans eette eneeinte les raisons qui me portent à persister dans mon opi- nion toueliant l'inutililé de l'iiypollièsede la génération spontanée des êtres vivants pour l'explication de tous les faits connus relatifs à la multiplication des animalcules. Or une hypothèse cpii n'est pas nécessaire pour l'intelligence des phénomènes constatés par l'observation, et qui est en désac- cord tlagrant avec toutce que l'analogie nous conduirait à admettre, ne me semble pas devoir prendre place dans la science. 11 me parait probable que la chimie parviendra à créci' de toutes pièces les sub- stances qui servent comme matériaux pour la constitution des corps vivants; mais, quant à la genèse des organismes animés, sans le concours de la puissance vitale, je ne vois aucun motif pour y croire. Jusqu'à plus ample informé, je continuerai donc à penser que, dans le règne animal, il n'y a point de génération spontanée; que tous les animaux, les petits comme les grands, sont soumis à la même loi, et qu'ils ne peuvent exister que lors- qu'ils ont été procréés par des êtres vivants. OBSERVATIONS SDR LA QUESTION DES GÉNÉR.ATIONS SPONTANÉES, Par !MIH. PAVEK, DE QUATREFAtiES, CL. RGR\AHD et DUntS. A la suite de la lecture de la note précédente devant l'AcadéiTiie des sciences, plusieurs membres ont pris la parole pour apporter de nouveaux arguments à l'appui de l'opinion soutenue par M. Milne Edwards. §Ier_ — 51. Payen dit : « Lorsqu'en 18i!î survint un phénomène d'altéra- tion du pain par une rapide végétation cryplogamique, après avoirdéterniiné avec M. de Mirbel la cause de ce pliénomène qui inquiétait la population, M. Payen voulut constater la température à laquelle les sporules de l'Oïdium atiranliactim perdraient leur faculté germinalive. Ces sporules furent cliaulTées d'abord pendant une lieure à 100 degrés dans un tube au bain d'Iiuile. Une partie fut alois retirée du tube, et mise dans les circonstances où leur germination pût avoir lieu, et elle se réalisa en effet. SLR LES PKÉTENDL'ES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES. Sfi l 9 Les portions des sporules, cliaulïées ensuite jusqu'à 120 degrés, ne manileslèrenl :iucun chaiigemenl dans leur aspect, ni dans leur colora- lion, et avaient conservé leur propriété de développement. » Enfin ce qui restait des sporules l'ut chauffé une heure à+ J 40 degrés. s Dès lors, l'aspect était changé, la coloration avait passé du rouge orangé au jaune fauve, et la faculté germinative était anéantie. )i Ces résultats viennent, pour les végétaux rudimentaires, à l'appui de l'opinion de M. Milne Edwards sur les animalcules. » § II. Obsercations de M . de Quatrefages. — « J'ai bien souvent ex- primé sur la génération spontanée des opinions semblables à celles que vient d'exposer M. Milne Edwards. Je ne puis donc que donner une adhé- sion entière au travail de mon savant confrère. Si je prends la parole, c'est seulement pour communiquer à l'Académie une observation qui, tout incomplète qu'elle est, coiilirnie des idées aujourd'hui d'ailleurs généralement admises. » Pour expliquer la^ilupart des faits sur lesquels s'appuient les parti- sans de la génération spontanée, tout en restant fidèle à la doctrine de la génération par voie de parenté, il est nécessaire d'admettre l'existence d'un nombre très considérable de germes végétaux e' animaux constam- ment répandus dans l'atmosphère, et prêts à se développer aussitôt qu'ils se trouvent placés dans des conditions favorables. Or les partisans de l'hétérogénie, ou bien nient d'une manière presque absolue l'existence de ces germes, ou bien assurent qu'ils doivent être en nombre insuffisant pour expliquer l'apparition, dans les infusions, de ces myriades d'animaux el de végétaux microscopiques qui se montrent au bout d'un temps parfois très court. C'est ce point de fait que j'ai cherché à éclaircir par des ob- servations directes. B Dans ce but, j'ai profité de l'obligeance de notre savant confrère H. Boussingault. Grâce à lui, j'ai pu examiner les poussières restées sur le filtre à la suite de ses curieuses études sur les pluies d'orage. A l'état sec, celles de ces poussières qui avaient une origine organique ne présen- taient guère qu'un assemblage confus de corpuscules indéterminables. Il en était encore à peu près de même dans les premiers moments de l'im- mersion. Mais après quelques heures de séjour dans l'eau, je reconnus aisément sur le porte-objet des spores en très grand nombre, des Infusoires enkystés, et plusieurs de ces petits corps sphériques ou ovoïdes que con- naissent bien tous les micrograpbes, et qui font naître involontairement l'idée d'un œuf d'une excessive petitesse. Je trouvai encore dans ces mêmes poussières un ou deux isolateurs de petite taille qui avaient déjà 36'2 MM. PAYEN, QUATBEFAnES.CL. BERIVARII ET nUMUS. repris à peu près leurs formes, mais ne donnaient aucun signe de vie, soit qu'ils fussent réellement morts, soit que l'immersion dans le liquide n'eût pas encore duré assez longtemps pour les sortir de la torpeur, si semblable à la mort, que produit chez eux la dessiccation. Quelques poussières recueillies sur des plaques de verre, dans des caves et dans un appartement élevé, me montrèrent des faits analogues. J'ai vu plusieurs fois certaines Monades se mettre en mouvement au bout de trois à quatre lienres d'immersion. J'avais alors l'intention de poursuivre ces rechercbes d'une manière comparative, mais des occupations plus pressantes me for- cèrent d'abandonner te travail à peine commencé. î Si l'on rapproche des faits précédents ceux que M. Elirenberg a fait connaître depuis longtemps sur l'excessive rapidité de nuilliplicalion des Infusoires, on se rendra compte, je crois, de tous ceux que présente l'apparition de ces petits êtres dans nos infusions, cl l'on comprendra surtout combien doivent être minutieuses les précautions destinées à écar- ter ces germes presque invisibles des liquides mis en expérience. » Qu'il me soit permis d'ajouter quelques réllexions très courtes à ce qui précède. » Il y a bien peu de temps encore, les partisans delà génération spon- tanée appuyaient leurs doctrines sur les faits alors connus, présentés par deux groupes animaux dont l'étude est presque également difficile, quoi- que par des raisons très différentes, les Vers intestinaux et les Infusoires. Les belles recherches de MM. Van Beneden et Kûchenmeister, couronnées par l'Académie, celles de divers helminthologistes qui ont répété et étendu leurs expériences et leurs observations, ne peuvent guère laisser de doute sur le mode de propagation des animaux appartenant au premier de ces groupes. Il ne peut plus être question d'espèces aganies naissant sponta- nément dans les êtres vivants, et se propageant d'une manière mystérieuse. Tous les faits qui ont pendant si longtemps arrêté les naturalistes, et fourni un point d'appui apparent aux doctrines de l'hélérogénie, trouvent aujour- d'hui une place toute naturelle dans cet ensemble de phénomènes que j'ai proposé de désigner par le nom t\e ijénéiigénèse. Chez les Helminthes, tout aussi bien que chez les animaux bien plus anciennement connus, la reproduction s'opère par l'intervention de deux éléments , l'un mâle, l'autre femelle, par un oeuf féconde (1). Seulement celui-ci donne nais- (1) Voir clans la Revtu: des Deux-Mondes une série d'articles sur les méta- morphoses, commençant au 1" avril I8îi.j. J'ai eu soin dans CB travail de dis- tinguer nettement les phénomènes de farthénogènèsc do ceux de la généa- SUR LRS PRÉTRNDI'ES GKNÉRXTIONS SPONTANÉES. 303 sance à un être qui ouvre un cycle de générations parfois fort nombreuses et toutes agames, cycle ijui se clôt par la réapparition des attributs sexuels. Tonl donc se passe ici comme cliez les Méduses et les autres animaux ma- rins, dont le mode de reproduction a modifié d'une manière si icmarfiuable les idées reçues par nos devanciers sur celle partie importante de la phy- siologie générale. ï La classe des Helminthes une fois r.tpprochée des autres animaux sous le rapport dont il s'agit, les partisans de l'hétérogénie ne pouvaient plus s'appuyer que sur des faits empruntés à celle des Infusoires. Voilà pourquoi l'Académie crut devoir mettre au concours pour 1S57 la ques- tion de la reproduction des animaux de ce groupe. On sait quel fut le ré- sultat de cet appel. Des travaux fort importants furent adressés à l'Acadé- mie, qui, tenant compte de la difficulté du sujet, décerna le prix, tout en signalant d'importantes lacunes. Parmi ces dernières se trou\ait surtout l'absence de notions positives sur la génération sexiieUe. » Celle lacune si grave semble être aujourd'hui comblée, grâce à un travail de M. Balhiani, travail présenté à l'Académie, mais que je ne puis que rappeler ici, parce qu'il doit être l'objet d'un rapport. Si les faits annoncés par ce jeune observateur sont reconnus exacts, les Infusoires iront se placer à coté des Vers intestinaux, et parmi les groupes dont la génération présente des phénomènes de généagénèse, tout en restant fou- damenlalemenl sexuelle. » S'il en est ainsi, que devient la doctrine de l'hétérogénie? j> N'en fût-il pas ainsi, l'analogie nous permettrait-elle d'admettre, à moins de preuves parfaitement décisives et de nombreuses confirmations, que la génération spontanée, exclue de tout le règne animal, existe en réalité dans la seule classe des Infusoires? Evidemment non. » Les faits et les réflexions que viennent de nous communiquer MM. Milne Edwards et Payen me semblent établir que les preuves irrécu- sables, nécessaires ici pour forcer les convictions de tout naturaliste, n'ont pas encore été fournies. Je ne vois donc aucune raison pour modi- fier sur ces divers points les opinions que j'ai puisées, soit dans les travaux de mes confrères, soit dans mes études personnelles sur les organismes les plus inférieurs. » genèse. Les premiers n'avaient pas encore élé l'objet des curieuses recherches qui s'accumulent chaque jour. Cependant je crois que les quelques réilexions que je faisais alors sur le petit nombre de faits connus conservent encore leur valeur, au moins en grande partie. Jo ne crois pas que la parthénogenèse soit un phé- nomène aussi simple qu'on parait le croire généralement. 3G4 MM. PATIiK, aiJATREFAfiES. CI,. RERIV4RD ET DI;m,\S. § III. Observations de M. Claude Bernard. — « Parmi un grand nombre d'expériences que j'ui faites autrefois pour connaître l'inlluence de la matière sucrée dans les liquides où se développent des végétaux microscopiques, dit cet académicien, j'en ai fait une que je vais citer, parce qu'elle peut se rapporter au sujet de la génération spontanée actuel- lement en discussion. » Le 1" septembre 1857, dans deux ballons de verre ayant chacun un demi-litre de capacité environ, j'ai introduit à peu près 50 centimètres cubes d'une même dissolution très légère de gélatine dans l'eau, à laquelle on avait ajouté quelques millièmes de sucre de canne. Ensuite le liquide fut porté et maintenu à l'èbullilion pendant un quart d'heure dans les deux ballons, dont on avait préalablement étiré une partie du col à la lampe, afin de pouvoir plus lard les sceller plus facilement. » Jusqu'alors il n'y avait aucune différence entre les deux ballons. C'est à ce moment seulement, lorsque les liquides des ballons étaient depuis un quart d'heure en pleine ébullilion, et que par conséquent la vapeur d'eau remplissant toute leur capacité en avait chassé l'air, qu'on différencia les deux ballons en laissant rentrer dans l'un de l'air ordinaire, et dans l'autre de l'air surchauffé. Pour cela, pendant que l'ébullition continuait, on adapta le col d'un des ballons à une des extrémités d'un tube de porce- laine rempli de fragments de porcelaine, et porté au rouge sur un four- neau ; à son autre bout, le tube de porcelaine était muni d'un tube de verre effdé, a(in que l'air ne pût entrer qu'en petite quantité à la fois, et passât lentement sur les fragments de porcelaine portés au rouge. Tout étant ainsi disposé, la vapeur d'eau du liquide en ébullition se rendait dans le tube de porcelaine, et chassait l'air qu'il contenait. On vit bientôt, en effet, la vapeur d'eau sortir par le tube effilé qui était placé sur l'extré- mité opposée à celle où était fixé le ballon. C'est alors qu'on enleva la lampe placée au-dessous du ballon pour arrêter l'ébullition. Peu à peu, par le refroidissement, la vapeur d'eau se condensa, et l'air rentra dans le ballon ; mais on conçoit qu'il ne pouvait y rentrer qu'après avoir passé parle tube de porcelaine porté au rouge dont il a été parlé précédemment. Après le refroidissement du liquide, on scella à la lampe le ballon dans le point de son col qu'on avait préalablement étiré. » Quant à l'autre ballon, on ne l'adapta pas au tube de porcelaine, de sorte que lorsque l'èbullilion cessa, l'air qui rentra dans son intérieur était l'air ordinaire, c'est-à-dire l'air du laboratoire qui n'avait pas été surchauffé comme dans le cas précédent. Lorsque le ballon fut refroidi, il fut scellé à la lampe comme le précédent. SUK LliS l'HÉTtMJLES (;ÉNÉKAT1U.NS Sl■O^^TA^ÉliS, 365 » Les deux ballons furent ensuite placés dans les mêmes conditions, dans «ne chambre au midi, à la température ambiante et exposés à la lu- mière. » Après dix à douze jours, on voyait à la surface du liquide, dans le ballon avec l'air ordinaire, des végétations, c'est-à-dire des moisissures très caractérisées, tandis que, dans le ballon avec l'air chaull'é, le liquide était resté parfaitement limpide, et l'on n'apercevait rien à sa surface. Après un mois, les moisissures avaient considérablement augmenté dans le bal- lon à air ordinaire, et rien n'était apparu dans le ballon avec l'air chauffé ; seulement le liquide s'était légèrement troublé. » Après six mois li mars 1858), les moisissures étaient restées stationnaires dans le ballon avec l'air ordinaire. Le liquide du ballon avec l'air chaulVc avait toujours le même aspect; on n'y voyait aucune moi- sissure. » A celte époque, on cassa l'extrémité des deux ballons sous le mer- cure. Dans celui à l'air chauffé, il y eut une absorption assez con- sidérable de mercure, qu'on ne remarqua pas dans le ballon à air or- dinaire. » L'air des ballons étant analysé, on ne constata pas d'oxygène d'une manière appréciable ni dans l'un ni dans l'autre. L'air renfermait en volume 13,48 pour 100 d'acide carbonique dans le ballon à air ordinaire où les moisissures s'étaient développées, et 12,43 pour 100 dans le bal- lon à air chauffé où il n'y avait pas de moisissures. » Le liquide du ballon à air ordinaire avait une odeur putride très désagréable, ce qui n'avait pas lieu pour le liquide du ballon à air chaullé. » Les deux liquides ont été examinés par M. .Montagne. Notre con- frère a constaté que les moisissures développées dans le ballon à air or- dinaire étaient constituées par le l'enicilUum glaucum qui y était en pleine fructification. Dans le liquide du ballon à air chauffé, M. Mon- tagne n'a pu constater aucun végétal , ni aucun animalcule microsco- pique. » On voit que cette expérience, comme celles qui ont été précédem- ment citées, n'est pas favorable à la théorie des générations spontanées. » S IV. Observations de M. Dumas. — Cet académicien ajoute : « Qu'il se trouve dans le même cas que ses honorables confrères. Il y a trente ans environ, il a examiné avec soin la question dont M. Milne Edwards vient d'entretenir l'Académie avec une si haute autorité, et il est arrivé exactement aux mêmes conclusions. 366 MM. PAYEN. QUATREFAGES. CL. BERNARD ET DUMAS. » Il fut provoqué à entreprendre quelques expériences à ce sujet par une publication de M. Fray, qui avait annoncé des résultats analogues à ceu.\ que M. Pouchet a communiqués à l'Académie. » M. Dumas s'assura que des matières organisées chauffées à 120 ou 130 degrés, de l'eau artificielle produite par l'hydrogène et l'oxyde de cuivre, enlln de l'air artificiel enfermés dans des tubes dont le verre avait été récemment chauffé au rouge, ne produisaient ni végétations, ni animalcules. En ouvrant ces tubes et y laissant rentrer de l'air ordi- naire, on ne tardait pas à y voir apparaître des végétations ou des ani- malcules. Ces résultats surprirent M. Dumas, qui était disposé à penser que les germes de ces végétations ou de ces animalcules pouvaient se trouver déposés dans les matières organisées, aussi bien que dans l'air lui-même, et que certains de ces germes pouvaient bien être organisés pour résister à la température de 100 degrés ou même à des températures un peu supérieures. » Comme les Tardigrades absolument secs résistent à l/iO degrés, et que les sporules deVOïilium aurantiacum résistent même à 100 degrés dans un milieu humide, il ne suffirait certainement pas, pour établir le principe de la génération spontanée, qu'on eût vu apparaître dans quel- ques cas particuliers des êtres vivants dans l'eau bouillie, au milieu d'un air artificiel, avec le concours de matières organiques préalablement chauffées, surtout si ces matières avaient été chautfées à sec. » Ainsi , pour certains animaux inférieurs et pour les plantes peu développées encore, la vie peut être suspendue par une dessiccation absolue, et elle se ranime avec le retour de l'humidité; comme si tout être capable d'être desséché sans périr pouvait rester ensuite très long- temps vivant de cette vie latente qui semble le privilège des germes. Il y a donc lieu de s'étonner qu'en mettant des matières organiques chauffées, en rapport avec l'oxygène et l'eau artificielle, on n'ait pas vu quelquefois se manifester des êtres vivants. Cela n'eût certainement pas suffi pour éta- blir que la génération spontanée doit être admise, et que les germes de ces êtres n'eussent pas été déposés antérieurement dans les matières orga- niques employées. 9 Mais en fait, tandis qu'avec le contact de l'air des êtres vivants appa- raissent, sans ce contact ils n'apparaissent pas lorsque les précautions in- diquées plus haut sont prises. » LETTRE SDR LA OUESTION DES GÉNÉRATIONS SPONTANÉES, ADRESSÉE A M. MILNE EDWARDS Par M. LACAZE-UI. THIEII8. Je viens réclamer une part dans la protestation énergique qui a eu lieu, clans la dernière séance de l'Académie, contre les jiénc- rations spontanées. Ce n'est pas pour moi, mais pour un zélé tra- vailleur, ami sincère de la science , qui a été enlevé prématu- rément à la zoologie, qu'il cultivait avec autant d'ardeur que de succès. Jules Haime, dont le nom est bien connu de l'Académie, avait, lui au.ssi, voulu répéter les expériences célèbres sur la génération spontanée. En étudiant les Infusoires, il avait trouvé, fait curieux, que ces .Microzoaires se niélaniorpliosent comme tant d'antres animaux, et il avait été conduit par là à rechercher si réellement ces êtres piennent naissance, oui ou non, spontanément. (Jar le fait qu'il découvrait lui montrait une origine, jusque-là inconnue, d'une forme d'un même individu ipiel'on aurait pu croire issu d'un dévelo(ipement spontané. J'ai été non-seulement témoin des expériences de Jules Haime, mais encore je l'ai souvent aidé en qualité d'ami dans la disposi- tion de ses appareils ; dans les conversations qu'une liaison intime cl la réunion journalière dans votre laboratoire de la Sorbonnc nie faisaient avoir à cha(|ue instant avec lui, j'ai pu connaître loiiles .ses exitériences et toutes ses pensées. Aussi je crois devoir à la mémoire de mon pauvre et bien regrettable ami ces quelques observations. Voici les expériences : o68 LACAZK-UlITlklEkii. — LtTlIlE SUK LA QUESTION Il avait rempli d'eau, à rnoilié à peu près, un 1res grand ballon, dans lequel il avait placé de la viande et des légumes ordinaires et variés, toutes substances résistent dans certaines coudilious à la cbalcur sèche jiour ne pas employer un antre moyen : aussi s'était-il adressé à la chaleur humide qui éloignait les chances d'erreiu', cl lui permeilail d'ail - leurs d'avoir tous ses tubes longtemps balayes par la vapeur à 100 degrés, et de les supposer débarrassés des gei'mes orga- nisés. Les résultats qu'il obliul élaicnl plus concluauls que ceux de Schultze, car ils étaient la conséquence de trois épreuves parfai- tement comparatives, qui ne pouvaient laisser attribuer une in- lluence fàrbciise aux conditions mêmes de rcxpérience. Ou'nn le remaripie, ce n'-sullat négatif vicul à l'appui de celle observation bien simple, que chacun a [lu l'aire eu éludiaut les pro- grès de la science : à mcsiu-e cpie les moyens d'iuvesligalion de- viennent plus parfaits, et que nousconnai.ssoiis mieux les animaux, la g(''nération spontanée perd du terrain. N';iguère encore on la i« icriu. 7jy,L. T. IX. (Oïliicr n" G.) ' ii 370 POVCHET. — ■ PROTO-ORGANISMES REMCONTRÉS soutenait on présentant le développement des Helminthes eomme une preuve : aujourd'hui qui songerait à aller chercher cet argu- ment dans cette partie du règne animal ? Et ce n'est plus (jue poiu- les Inl'usoircs,ces êtres encore si problématiques à bien des égards, malgré les nombreux et magnifiques travaux auxquels ils ont donné lieu, que nous voyons la génération spontanée reparaître avec quelque apparence de vérité ; mais cette apparence, qui i)erddéjà sa valeur quand elle est en face d'expériences précises, disjiaraîtra sans doute tout à fait, quand les Microzoaires seront mieux connus, conune cela est arrivé pour les Helminthes. REMARQUES SUR LES OBJECTIONS RELATIVES AUX PROTO-ORGANISMES RENCONTRÉS DANS L'OXYGÈNE ET LAIR ARTIFICIEL, Par M. POUCHET (1). Les deux expériences que j'ai eu l'honneur d'adresser à l'Aca- déniie ayant éti'^ l'objet de (|uelques rcmaniucs criliipies, comme j'ai la conviction de pouvoir les mettre à l'abri de tout reproche, je répondrai laconiquement à celles-ci. Je n'ai exposé aucune doctrine sur l'iiétérogénie. J'ai seule- ment raconté deux faits, et, avant de le faire, j'y ai profondément réfléchi. J'ai dit avec bonne foi que ces deux exp(''riences étaient uniques ; et j'avoue que je ne me serais pas permis de les livrer au monde savant, si d'autres cx[iéri(Mices. d'un même ordre, ne venaient se grouper tout autoiu' d'elles, et leur donner une irré- cusable autorité. La discussion, je l'espère, va même prouver ipic je n'ai pu me lioinpcr. J'aurai d'abord riionueur (le ré|iOMdreà .M. .Milnc Edwards. Je (1) Afin de meltre les lecteurs des Annales a même de juger les arguments apportés en faveur ou contre l'hypotlièse des générations spontanées, nous re- produisons ici une nouvelle note de M. Pouchet à ce sujet. (R.) DA>S l'oxygène et l'air ARTIFICIEL. o7l sais ijuclle est l'aiilorilé de sa |iarolc, mais jo sais aussi coiiibicn les laits parlent cloqiiemment. Et d'aborJ, s'il relit atteiilivement mes expérieuees, l'illustre zoologiste se convaincra que, comme le foin est formé de liges très fines, à n'en pas douter, toute sa masse a été pénétrée par une température de 100 degrés (1). Mais ceci ne doit nullement nous préoccuper, car bienlôt je lci\ii coiuiaîlre uik^ série d'expériences dans lesipielles le corps puirescible n'est employé ipi'après avoir subi une Icinpérabiie de 200 à •27iO degrés et plus, et même après avoir élé pailicllenicnt ou même (olaicment cliarlionué, (>e (|iii n'empcclie pas les animalcules d'a|i[iarailic dans les iiilusiuns. J'espère qu'alors on conviendra (\\\c les germes n'i'cliappcnt pas à la désorganisation. Pas un mol dans mon mémoire, je le pense, ne peut l'aire sup- jioser i|ue des animaux et des iilantes seraient produits unique- ment par l'action des forces générales dont dépendent les combi- naisons cbimiipies dans le i-ègne organique. Je suis sans doute sujet à beaucoup d'erreurs, mais je demande en grâce de ne sup- porter que celles dont je suis réellement passible. Le point culminant île cette discussion est de savoir si de l'air exlérieura [léui'lri' ou non dans mon a|>parcil (:2). C'est toujciiu's le rcproclie (pi'oii adresse à Ions les expcrinicnlateiu-s qui assurent avoir l'cncoiitic' ipieli[ues cires organisés dans les ojicralinns à vaisseaux berméliqnemeul clos. Si c'était l'air qui, en s'insinuant dans nus appareils, y iiitro- diiisil des gci'ines d'animalcules, (in rencontrerait constamment (I) M, Hoiizeau.qui a fail de concerl avec inoi l'expérience sur l'air arlificiel, s'esl assuré, â laide du Ihermomèlre, que celle tompéralure de I 00 degrés avait élé alleinte. (P.) [îj M. Alilne Edwards a fail remarquer que le point rulniinanl de celle discus- sion n'est pas de savoir seulement si des j;ernie.-i viables ont été inlroduits dans lappareil pendant la durée de l'expérience, mais si ces ^'erines n'exislaient pas soit dans le paquet de foin dont ce naturaliste a fait usage, soit sur la paroi in- Icrieiire de ses vases, soit enfin dans l'air employé. Dans l'hypothèse de la iion- exislcncc dos générations spontanées, il suflit de la possibilité de l'inlrodiiilion des germes par lune de ces diverses sources pour explii|ucr les |iliénoniéncs observés par .M Pouchct. (Non: du lliinACTKni ui;s A mu îles.) 372 poixnuT. — i-noro-OROANissiES rkntoxtrés diins nos flucons des spécimens de luiile la l'aiinc qui, selon iespar- tisans de l;i dissiMiiinulioii aérienne, encombre nécessairemeni ratmosplière. Et, au coniraire, j(/mnw dans les expériences ijiie l'on conduit avec soin, et dans lestiuelies les appareils, paii'aile- ment clos, se remplissent d'animalcules; jamais les espèces (|uc l'on trouve à l'intérieur ne sont les mêmes que celles (jui l'our- millent au dehors. Pourquoi ? La raison en est fort siuiple : c'est que dans nos vases fermés les conditions de jH'ession el de composition atmos- phérique sont dil'lérentes ; c'est de là que provient la dillérence de la l'aune. Si une atmosphère peut être remplie d'(eufs d'animalcules, car je veux lein- donner ce nom, c'est bien c(;llc démon laboratoire où de tons côtés des bocaux découverts sont reirjplis d'Inl'usoiics. Fournie scivir d'une Idrmule plus rapide ijue des noms zoolo- giques, je dirai ipie j'y élève des séri(>s d'animalcules représentées [lar .MV + KP. l'^li bien, lorsque l'on opère à vaisseaux liermé- tiquement l'ermés. jamais on ne rencontre dans ceux-ci IuuI(î celle combinaison (pii y iK'nétrerail en même temps, n'est-il pas vrai ? si l'appareil as|iirait quelques parcelles de l'aii' extérieur, dans l'hypothèse où les germes y seraient en suspension. Dans des vases bouchés, vous ne rencontrerez que h combinaison MV et jamais la combinaison KP, tandis que dans les infusions à l'air libre on couvertes de cloches, vous trouvez en même temps la combinai- son MV-hKP. Or, si les germes des animalcules ou des crypto- games rencontrés dans nos deux expériences avaient été introduits avec l'air du laboratoire, on aurait dû y trouver aussi les diffé- rentes espèces qu'on y multijjliait alors, et il n'en fut nullement ainsi. Voici ce qui s'observa : Laboratoire MV-fKP. Flacon d'air artificiel MV-f-X. Flacon d'oxygène 0-|-X. Mais, en otitre, on découvrait dans ces vases des témoins irré- cusables d'un phénomène inhérent à leur contenu. Dans l'air arti- ticiel, il n'existait que des animalcidcs d'un ordre iiifi'riem' el pas I DANS lViXYGKM: CT l'aIK ARTIFICIKI,. 373 un seul de ceux d'iiii ordre élevé, (]iii auraient dû cependant y pénétrer avec les autres, si quelipies parcelles d'air se lussent réellenicnt introduites dans l'apiiareil. lin onire, !e bocal était rempli d'une iiuuienso (pianlité de Protées, aninialcides doni il ne se trouvait pas alors le moindre représeulani dans le lalioraloire. linlln j'y ai trouvé un Trachelius (pie je n'ai jamais vu de ma vie, et qui se présentait là pour la première l'ois, quand pour la première fois aussi j'employais de l'ail- artiliciel ! L'appareil à l'oxyjiène qui s'est trouvé dans les mêmes circon- stances, et qui aurait dû aspirer la même série de germes MV ipie le préj^édenl, n'en a jias absorbé un seul; il ne contient (pi'uii vé- gétal, (pie, diiiaiil trois années d'expériences, je n'ai jamais vu une seule t'ois dans mon laboratoire, et qui aussi, pour se montrer, allendait une coudiiiiaison (ont aussi l'orluile (pie la précédente. J'invoquerai, à ce siijçl , le témoignage de la simple raison. Est-il admissible fpi'à deux reprises les spores d'une plante in- eoiinue cl les œnh d'un animalcule inconnu, (pii ne se sont jamais naiiilii's dans iiiillc bocaiiv ipii liMir ('laieiil largement ou- verts, vieuneni loiil justement s'insinuer dans les deux (|ui leur ont ('té berniélitpicinent défendus, cl lorsqu'on y faisait une expé- rience irmsitée'.' Sans doiilc (jue ces germes, inbabiles à se développer ]iarlout ailleurs, n'allcndaienl pas, de siècle en si(''cle, pour leur évolution, la coinbiiiaisoii l'orhiile que la seieiiee aciuelle devait produire! Dans loules les expériences en (|ncslion, en voyant les vases liermélifpiemenl fermés ne prcsenler aucune ]iO(iulation zoolo- gique pailieiilière, il faul se prononcer sur celle reniar(iuable |iailieiil:iril(''. lu ininiue ou ne peiU sup|ioser ipie les fissures des appareils clioisisseiil h: faiiiK^ (pTelles inlroduisenl dans leur inté- rieur, il est ralioniK I (!e |ienser ipie celle-ci s'y d(''Vcloppe par l'une de ces myslérieiises voies que nous ne pouvons con- nailre. Sans cela se pmn-rail-il que, de deux \ascs pldiigi'S dans la irièine almosplièi-e, 1 i;:i y aspirai seideiui'ii! luii' iKU'Iioii des germes qui \ Vdlhgiiil, el plusieui's csp'''ees ipiaueiui \asc ouvert 37i POUtlIIÎT. — l'K()TO-OUr..\NISllKS RKNCONTlilîS ne peuL rucollci-; ([ue l';iiilre, lui, ii'nspirâl rien de tout ceUi, nu milieu de celle abondance, cl se conlenlàl d'une simple pkinle? M. Milnc Edwards a rappelé ses expériences sur la géiuiralion sponlance, el je lui en sais sincèrement gré, car un iiliysiologisle, en les raconlant, les avait tout à fait dénalurées. 11 prélendaitque dans celles-ci l'eau avait subi l'ébuUition dans le lube elTdé à la lampe, et que ce tube avait été bouché durant cette ébullition. Cela metlait l'intérieur de l'appareil dans les conditions du vide d'un marleau d'eau, c'est-à-dire dans une condition où toute vitalité est impossible. Mais en reconnaissant aujourd'hui que l'expérience de l'illuslrc zoologiste est po>cedans des conditions irréprochables, j'ajouterai seulement en terminant (jue, s'il est de doctrine (juc les germes des animalcules ne périssent pas à la température de 100 degrés, on ne voit réellement pas pourquoi, à l'ouverture de son appareil, il ne l'a pas trouvé rempli d'int'usoircs. iM. lAIilne Edwards nous a rappelé heureusement le nom de Redi. Mais, malgré la voie nouvelle tracée par ses découvertes, l'illustre membre de l'Académie delCimenlo, il ne laul point l'ou- blier, ne l'ut pas un adversaire absolu de la génération spontanée, el de place en place l'aveu lui en échappe dans son œuvre. Il y croit pour les Vers intestinaux et pour certaines larves qui vivent dans l'intérieur des plantes. C'est son continuateur, Vallisneri, qui comble à ce sujet quelques-unes des lacunes laissées par lui. Le nom de Fray, que nous n'environnons pas de tels hommages, a plusieurs fois été prononcé. Les prétentions de ce novateur dé- passent le domaine des choses sérieuses, et je récuse bien vive- ment toute solidarité avec ses doctrines. Lorsqu'il faudra élever le débat à sa vérilable hauteur, nous invoquerons non l'autorité de M. Fray, mais les noms de BulTon, de Cabanis, delreviranus, de Ticdemann, del5urdacij,de J. Muller, de Valentin, dcBérard, (pii sont devenus la gloire de la science el de la philosophie modernes. J'ai simplement eu l'honneur de présenter deux expériences à l'Académie, el aujourd'hui je me bornerai à les défendre, ne vou- lant nullement aborder dans son sein rien qui touclie aux hypo- thèses scientilKpies. Je répondrai aulie part à quelques-unes des lignes oii il e.-.t (piestion de cette loice (|ui n'existe cpie lii où elle a DANS L'dXYGÈNE ET LAIR ARTII'ICIEL. 375 été transmise, tiepiiis la (U'éalion jusqu'au monioni aclucl, par une cliauie iiuu iiilenuiiiiiuu ilc possesseurs. Alors j'examinerai si la géologie est toujours en harmonie avec celte pensée, et si sur eluupie IVa^nienl du globe elle ne s'élève pas majestueusement contre elle! A l'appui de la tlisséminalioaalmosphériijue des germes, M. de yualrel'ages rapjiorle cpi'il a vu des corpuscules pulvérulents char- riés par l'air, et (jui, déposés dans l'eau, y apparaissaient bientôt sous la l'orme d'œufs ou d'animalcules. M. de Quatrefagcs est comiu pour un observateur trop rigou- reux pour que jélèvc le moindre doute sur ses observations, et je les admets même avec une vive satisfaction, car elles l'orment le plus magnifique argument que l'on puisse invoijucr contre celle panspertnie aérienne que je combats de toutes mes i'orces. Je répèle souvent, dans le travail qui m'occupe, cpie si les œul's des animalcules étaient réellemenl en niasse dans l'air atmosphé- rique, ils londieraient en même alwndance dans l'eau pure cldans les ma(éiati(uis. Ur cela n'est pas. J'ai répété plusieurs l'ois l'expérience (pii siiil. Sur un(î des tables de mon laboraloire, encombré d'aniuialcules, on a rempli d'eau distillée, d'eau tiltiée ou d'eau bouillie, de grar des cuvettes de cristal de 30 centimètres de diamètre, et jamais je n'ai vu au- cun animalcule en envahir la surface. Si les œufs de ceux-c étaient suspendus dans l'atmosphère, une conséquence des obser- vations de -M. de Quairefages est qu'en tombant dans l'eau, ils y décèleraient bien rapidement leur présence. Ur, je le r(''pète, on n'y en a[)erçoit pas le moindre vestige. Mais lorsque, après ipiinze jouis d'attente inutile, on niellait dans l'eau un corps organisé fermcntescible, vingt (piatre heures après la sui'Iace de l'eau était ronstaninient peu|ilée pai' tme immense population d'animaux microscopiiiues. Personne n'oserait avancer, je l'espère, que la [uésenre du corps fermcntescible a déterminé une pluie de germes dans nos cuvettes, et l'ob.scrvalion de Jf. Je Quatrefages constate que, sans celui-ci, les o-ufs subissent parfaitement leur évolution. L'cxpé- rieiu'i' bii'u simple que nous venons de l'aconter sulTuail dune 376 POIC'IIET. — PHOTO- ORGANISMIÎS RENCONTUÉS pour (Ic'iiioiilrei' que l'itir n'a nnllenicnt le rôle qu'on lui prête commiinémenl. Si, lorsi|n'on ajoiile le eorps fermenleseilile, les animaleiiles apparaissent, ce n'est ni lui, ni l'air, ni l'eau qui les contenaient, car eelte expérience r(''nssil 1res bien avec fin loin elianflé à 200 degrés et dans de l'eau distillée. On n'dlijecleia |ias sans donte, à celle simple expérience, (ju'il faiil un élément nnliilif Il n'en l'aiil pas aux o^ufs, et les jeunes s'en passent l'orl liicn. Ehreuberg, dont l'opinion en semblable matière a tant d'auto- rité', vient lui -même corroliorer nos assertions. En eliet, dans son premier écrit sur la distribution des Microzoaires, il combat vive- ment ceux qui prélendent (|ue l'air est le véhicule des germes de nos infusions. Ce savant rapporte, à l'appui de son opinion, qu'il n'a jamais |)u trouver un seul animalcule dans leau de la rosée, immédiatement après qu'elle avait été l'ccueillie. Pour moi, j'ai cliercbé vainement dans la poussière de mon laltoraloire si je pouriais y rencontrer des n'uTs tranimalcules, et jamais je n'y en ai observé un seul M). L'imagination est cITrayée du nombre d'fcul's cl de spores dont il fauiirail cncnudircr l'air pour (pi'il sullisc à l'universelle dissé- minalion (pi'dii lui prêle et que l'cxpi'i ii'uce récuse de foules parts. Parloul où vous placiez une inliision, (^lle se remplira de Monades crépuscidaires, cl celles-ci soûl tellement pelilcs et tellement lassées, que l'un des plus illuslres zoologistes de notre époque compte qu'il n'en entre pas moins de cinq cents millions dans une goutte d'eau, .\joulez à cela toutes les autres espèces dont les œufs devraient y être aussi en égale abondance, puis les spores de la végétation rnicrosc.opi(|ue, et vous trouverez que l'almosplière ne pourrait receler cet incommensurable nombre de germes sans ■qu'ils y fusscnl facilement visibles, palpables. Plus on ('liidie ce sujet, plus ses proportions acipiièrent de grandiose. Pinunceilcr (pi'un fail. tel coléoplère, telle araignée, (1) Je n y ai renconlré que des corpuscules e.\Uêiiicnienl fins, des grains de pollen, des brins de laine provenanl de mes liabils, des fiagmenlsde lissiis de végétaux, des crains de fécule el des (ilonienls de papiers colorés employés dans mes expériences, etc.; pas un œufde Kol|iode ou de Kéroue. DANS l'oxygèni; f.t i/aih autificikl. 377 tel It'pidoptèrp, ont limciiii, lors de loiir mort, une végétation rryploganiique iiarticiilière qui les envahit. De tels cxemiiles sont exeessivement niiilti[iliés. Faul-il ilone pour la réalisation d'un tel lait si microscopique dans l'harmonie de la nature, que toute notre atmosphère soit inulilemenl encomhrée de spores qui ne doivent s'arrêter que sur d'imperceptibles points de l'espace, fpiel(|ues cadavres d'insectes? Si l'expérience et l'observation ne pouvaient opfioser d'accablantes preuves au système que nous combattons, je dirai que ma raison se révolte autant, et plus même, contre la disséminalion des germes que contre leur emboîtement. L'oiijection de M. de Ouatrel'ases, reposant sur la découverte des sexes |)ar ^I. Balbiani, est plutôt aussi un argument en faveur de la spontanéité qu'une objection contre elle. Ainsi que M. Bal- biani, j'aperçois parfaitement des œufs à l'intérieur de quelques grosses espèces d'infusoires ; ce n'est pas douteux. Mais ce mode de reproduction est .si rare, que, lorsqu'on est adonné aux études microscopiques, on s'aperçoit immédiatement qu'il lui serait im- possible de sufllre à l'incalculable nombre d'animalcules qu'on voit surgir de toutes parts. Et tous les physiologistes illustres i|ui, dans CCS derniers temps, ont soutenu la cause de l'hétérogénie, n'ignoraient pas qu'il existai! des sexes chez beaucoup d'animaux, qu'ils considéraient comme lui devant leur primitive apparition. Je vais immédiatement répondre à l'objection que l'on pourrait tirer de la fécondité des Infusoires, peuplant instantanément les infusions à l'aide d'extraordinaires moyens de reproduction. Pour les observateurs, sa marche réelle est beaucoup plus lente. -M. Balbiani l'a [larfaitcment reconnu. Et l'on voit qu'il dit lui- même que le .seid accou|ilement de la Paramécie verte dure cinq à six jours (1). C'est ce! accouplement (|ui me paraît être égale- ment long dans les Kérnnes, que l'on a |iris pour un |ihénomène (1) L'accouplement de- la Paramécie verle n'a jamais été observé par moi; mais j'y crois, ayant vu souvent celui des Kérones. Mais sur tant de millions de Paramécies quej'ai élevées, je n'ai point vu un seul cas de scissiparité. Dans les Kolpodes, au contraire, on remontre parfois des individus accolés , qui pour- raient faire croire à l'existence de la génération scissipare. si l'on n'y regardait scrupuleuseni(j^l. 378 POUCIIET. — PitOTO-nRGANISMES RENCONTRKS de scissiparité lungiUiflinale. A l'égard des Vorlicidlcs, ([u'on re- présonlc dans tous les oiivi-ages se inultipliaiit ]iar celte même scissiparité, c'est, selon moi, un l'ait que l'on reproduit depuis Spallanzani, mais qui est absolument inexact. Des milliards de Yorlieelles ont passé sous mes yeux, dans toutes les saisons, et je n'ai vu que cinq on six l'ois en ma vie deux Vorticelles accolées. Celaient des cas tératologiqucs beaucoup plus rares chez elles que les doubles l'œlus de Mammifères ou d'Oiscïaux quii l'on m'apporte au muséum de Rouen. Je suis si convaincu de ce que j'avance, que je me déplacerai volontiers pour voir des Vorticelles en voie de division , et finissant par se diviser. J. Millier a beaucoup ébranlé la théorie de la scissiparité (l), et déjà Ellis etGleiehen l'avaient l'ait avant lui. Les deux objections de ;\I. deOuatrelages, loin de l'aire succom- ber l'hypothèse de rhélérogénic, viennent donc au contraire lui accorder une nouvelle autorité. Relativement à ce qu'il me l'ait l'honneur d'avancer concernant les Vers intestinaux, c'est une question trop compliquée pour y réiiondre ici. Je dirai seulement que d illustres zoologistes de notre [)ays et du dehors conservent encore quelques doutes à l'égard d'e\|i(''ricnces dont le monopole, par une singulière anomalie, est en quelque .sorte resté à l'élran- ger; et je partage leur conviction. Breniser cl Rudolplii connais- saient i)arlaitcment les sexes de beaucou[i d'Helminthes, et ils n'en furent pas moins partisans de leur génération spontancîe. Les deux seules expériences que la science oppose à l'hétéro- génie, celles de Schultz et de Schwann, ont été faites avec fori peu de précision, et je m'étonne qu'on ne s'en soit pas aperçu plus tôt. M. Claude Bernai'd est erdré tout à l'ail dans la boime voie à cet égard. On ne devait pas attendie moins du grand observateur. Mais qu'il me permette de taire quebjues objections au cas dont il a entretenu l'Académie. Un professeur de [ihysiologic possédant aussi une illustre re- (1) J. Millier semble porté à croire que ceUe scissiparité n'existe même pas chez les Naïades; d'après l'illustre physiologiste, il n'y aurait là qu'un bour- geonnement. Je n'ai rien observé à cet égard. • I DANS l'oxygène EÏ l'aIII AliTIFK'.IEL. 379 nomiiH'c (hiiis nos ('toIcs, yi. Béranl, (jui admoKait la géiKTation spoiilaïK'e. prétendait (jnVn soniino, si même les deux ex|iérienees de Selinltz et de Schwanii étaient [lusitive.s, cela sii^nifierait tdul sim|ilement (|iie des animalcules ne peuvent venir dans de l'air tournienlé par laeide suHiniqiie ou par la elialeur rouge. Quoiqu'il soit évident que plus vous tourmentez les éléments génésiquespar vos agents ehimi()ues, plus vous entravez la marelic naturelle de l'expérience, j'aborderai plus l'ianelienient la ques- tion. A i'é'gard de l'expérience deSeliultz, cliacunpeut la voir en ce moment en marelic dans mon laboratoire, où le ballon, pour la sixième fois et plus, se peuple encore de Pénicillium; si c'était ilans l'été, on y rencontrerait des animalcules. Je ne répondrai qu'en peu de mots, ne voulant nullement pro- longer ce débat, qui n'aura de réelle valeur qu'au moment où j'aurai l'ait coniiaitre une [jUis ample série tl'expériences. DcsTinstant ipie l'on proclamera que la température de 100 de- grés est insuffisante pour tuer les OMifs et les spores, les conclu- sions que l'on a tirées pendant vingt ans des expériences de Schwanii et de Schultz deviennent absolument nulles. Et si, par- tant de ce principe, on considère aussi comme non avenues les expériences que j'ai eu l'iionneur d'adresser à l'Académie, le même arrêt frappe également celles de MM. Milne Edwards et Claude Bernard ; et alors on a droit de s'étonner que, dans les appareils des ijuatre savants que je viens de citer, on n'ait rencontré ni aucun animalcule , ni aucune végétation cryptoga- mique. Ces! là, comme on le voit, une conséquence excessivement grave, car tout est à recommencer. Les expériences analogues à celles de M. Claude Bernard sont extrêmement (b'iicales. parce que l'ébullitioii de la substance, en Opérant de profondes altérations chimiques, entrave la production des proto-organismes. Citons un seul l'ait. Si l'on met une sub- stance doiuiée dans un vase, ajirès une journée les aniinalcules y fourmillent. Si vous soumettez la même substance à l'ébullilioii, les animalcules se montrent beaucoup plus lentement, et parfois un mois après vous n'en apercevez pas encore un seid. VA de 380 PAUCUET. PROTO -ORGANISMES RENCONTItKS iiiùrne dans nos appareils, on n'y suscile pas loujours à volonté l'élat qui seul devait produire un résultat positif. Une chose frappera tous ceux ijui liront le récit de l'expérience de notre illustre physiologiste, c'est que l'air de ses deux hallons offrait des propriétés ahsolument diflcrentes : dans l'un, il était d'une odeur putride très désagréahle, ce qui n'avait pas lieu dans l'autre. J'aurais été inoi-mèiue étonné de rencontrer des produits analogues dans les deux cas (1 j. En entreprenant mes recherches sur les spores des Mucorinées, j'avais seulement voulu mettre mes expériences à V;\hv\ de toute objection sérieuse. Je connaissais |>arl'aitcuieiit les expéi'icnces de M. Payen, et c'était pour (ju'elles ne me fussent pas objectées que j'y avais fait allusion sans introduire son nom dans le débat. Je traiterai la question des températures tians un autre l'crit. Ahiisje me contenterai de dire ici que M. Morreii a prétendu ([u'une cha- leur de 45 degrés suffisait pour tuer tous les Infusoires; (pie Dugès assure avoir anéanti sans retour les germes des Vibrions à l'aide d'une températun; de 60 à 80 degrés; et qu'enfin Spallanzani a sou- tenu, d'après ses nombreuses expériences, que iOO degrés suffisaient pour frapper de mort tous les germes des animaux et des plantes. Pour moi, dans toutes mes expériences, j'ai toujours vu les œufs et les semenc^es perdre leur faculté génési(|ue par une ébul- lition de moins d'ime heure de durée, lorsque la température de l'eau bouillante les avait absolument pciictivs. En répt)nse aux objections de M. Dimias, je me contenterai de dii'C(|uc, dans mon ouvi'age sur riict(''rog('nie, il existe des obser- vations dans les(piclles, en me servant de corjis putrescibles chauffés à 220 degrés, et en em|iloyaiil de l'eau arlilicielle, j'ai olttenu des animalcnic:-;. Sans doute fine là, à moins de piétendre que les germes sont presque incombustibles, on a\ouera (ju'ils ont dû succomber (2). (1) Je n'ai nuUoment connaissance des M icrozoaires observés dans rappareil à air renfermé de M. Cl. Bernant, maisje serais exce^^sivement. trompé si l'on n'y ren- contre autre ctiose que des Monades, des Vibrions et des Haclerium. Si sadocirine est vraie, pourquoi donc n'y aurait-il pas de Paramécies, de Kérones, etc.? (2) Hètéroijénie. p. 23-5 el 236, 1)A>S LUWGKNE KT I.Air, ■.11TIFU;I|;L. o8'l Dans d'autres expériences que je eonsigne égalemenl, et entre autres dans celle de Scliultz, j"ai soumis le corps luitreseible à une ébuliitioii d'une heure. J'esiièro qu'il y avait là assez de temps et de elialeur [lour eoiigiiler l'albuinine liydratée. Depuis longtemps, les livres parlent des expériences siu' les Tardigrades, comme depuis longtemps aussi ils parlent de la scissi- parité des Vorticelles. Je ne mets nullement en doute la bonne loi des observateurs , mais je désirerais apprécier moi-même si quelque cause d'erreur ne s'est point glissée dans leurs observa- tions. Je suis tout prêt à m'aclieminer là où je saurai (ju'on peut me convaincre. A l'égard des Vorticelles, j'ai dit ma pensée. A une époque avancée de sa vie, Spallanzani, il est vrai, revint sur son opinion , et abandonna des convictions basées cependant sur ses longues années d'observation. 11 prétendit alors que la température de l'eau bouillaiile ne suffisait pas pour tuer les germes. Tout le monde sait ipi'ilse fonda pour cela sur d'étranges supputations à l'égard de la température de la (Jaroline, et sur quelques expériences dans lesquelles des semences contenues dans des vases, après avoir été plongées deux minutes dans l'eau bouillante, n'en avaient pas moins germé. y\. Dumas lui-même combattit vivement alors les tardives assertions du savant italien. L'illustre chimiste, qui jette un si grand éclat sur la science moderne, était à celle époque l'un des plus ardents partisans de l'hétérogénie ; mais si le temps et l'expé- rience ont modifié son opinion sur ce sujet, chez moi ils n'ont l'ait qT^augmenterdes convictions dont j'avais peut-être puisé le germe dans ses premiers écrits. Il me pardoimera, je l'espère, si je pro- fesse encore pour eux la [iliis grande admiration, et si parfois même je les cite avec éloge. FIX Df .NEUVIEME VOLUME. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. AKIMitUX VRRTËBRÉS. Mémoire sur la contraclilité vasculaire, par M, Mareï S3 De la détermination expérimentale de la force du cœur, par M. Colin. . 335 Noie sur des prolo-organisnies végétaux et animaux nés spontanément dans l'air artificiel et dans le gaz oxygène, par M F. Pouchet. . . 347 Remarques sur la valeur des faits qui sont considérés par quelques natu- ralistes comme étant propres à prouver l'existence de la génértilion sponUmée des animaux, par M Milne Edwards 353 Observations sur la question des générntions spontanées, par MM. Païen, de QoATREFAGEs, Ci.. Bernard et Dumas 360 Letiresurla question des généraiions spontanées, par M. Lacaze-Duthiers. 367 Remarques sur les objections relatives aux jiroto-onjanismes rencontrés dans l'oxvgene et l'air artificiel, par M. Pouchet 360 Sur la «'cneseet Vèrolution des dents et des mâchoires, par M. N. Guillot. 276 Recherches sur les ossements fossiles des cavernes de Sentheim (Haut- Rhin), précédées d'observations sur Vosléolotjie de l'Ours brun des Pvrénées, par M. Joseph Delros 19o Observations sur deux nouvelles espèces de Mammifères fossiles trouvées dans l'oolite de Purbeck, et appartenant au genre Plagiaulax (extrait), par M. Falconër 317 Remarques sur un nouveau gisement de fossiles découvert dernièrement - en Angleterre, par M. Èlie de Beaumont 318 Mémoire sur plusieurs points du système veineux abdominal du Caïman à museau de Brochet, par M le docteur Jacquart 129 Notesur l'existence do la Tn/ik' en Algérie, par M. ZiLL 1-26 ANIMAUX INVERTÉBRÉS. Fraonients anatomiques sur quelques Coléoptères, par M. Léon Duroun 3 Études sur la physiologie des nerfs crâniens chez le Dystique. par M . Faivre. 23 Mémoire sur l'up/J'ii'"'' "«d"'/' des Insectes, par M. Ch. Lespès. . . . 225 Rapport sur ce mémoire par M. Duméril 258 Nouvelles observations sur l'hypermétamorphose et les mœurs des Mé- Idides, par M. Farre 263 Mémoire sur les /'ran/;fs et les /4iicfe.'!, par M. Hesse 93 Sur les moyens à l'aide desquels certains Crusiacés parasites assurent la conservation de leur espèce , par M. Hesse . . 120 Rapport sur un travail de M. Hesse, relatif aux métamorphoses des Ancées cl des Caliges , par M. Milne Edwards 83 Note sur les relations zoologiques qui existent entre les Pranizes et les Ancées , par M. Spence Bâte . . .224 Note sur la ;iirfi/icti(ioiMles Crustacés, par M. Spence Bâte 2.55 Mémoire sur les ini"((imor/)/iosc'; des Vorlicelhens, par M d'IIoEKEM. . . 321 Observations sur la coii(rcic(i/i(c des Spongiaires, par M. Bowerdank (extrait) '2^'» Publications nouvelles 316 TABLE DES MATIERES PAR NOMS d'auteurs. Baie (Spence'. — ■ Note sur la iiidificaliun des Crustacéri. — Noie sur les relations zoologi- ques qui existent entre les Pra- ïi/^cs et les .lucet's , extrait), . BEAl)MO^T (Élie de!. — Remarques sur un nouci'au gisement de fossiles découvert dernièrement en Angleterre Bernard (Claude). — Observa- tions sur la question des gé- ju'rations spontunces. . BowEBB*SK. — Observations sur la coniractililé des Spongiaires (extrait) Colin. — De la détermination ex- périmentale de la (orce rfu cœur Delbos. — liecherches sur les ossements des cavernes de Sen- Iheim (Haut-Rhin), précédées d'observations sur Vostéologie lie l'Ours brun des Pyrénées. . DiiFoiR (Léon). — - Fragments analomique.» sur quelques Co- léoptères. Sur ra()pareil géni- tal femelle dus Ilopliafurinosa. ■ — Sur le Lngria Inlii .... — Sur le Trllus Iransversalis. — Sur\c Mesolampiis puncticollis. — Sur le Sponilijles bupresloides . — Sur le Nephoiles vitliger. . Dlmas. — Observations sur la question des géttértiUonA spou- tdîll'CS DiMÉRiL. — Rapport sur un mé- moire de M. Lespès relatif â l appareil audilif (\es Insectes. Edwards ;.Mdne;. — Rapport sur un travail de M. lle.~se relatif aux mMtimorphosvs des Ancées et des Caliges — Remarques sur la valeur des faits qui sont considérés par quelques naturalistes comme 25a 234 318 364 224 335 195 3 6 11 13 17 20 365 83 étant propres à prouver l'exis- tence de la gi-nération sponta- ni-e des animaux 353 — Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'hom- me et des animaux. Tome IV (Annonce) 316 Fabre. — Nouvelles observations sur l'hypermétamorphose et les mœurs des iléloides. . . . 265 Faivre. — Études sur la physio- logie des nerfs crâniens chez le Dytisque 23 Falconeb. — Observations sur deux nouvelles espèces de Mam- mifères fossiles trouvées dans l'oolite de Purberk, et apparte- nant au genre P/ngidu/nx. . 317 Godard. — Études sur l'absence congénitale du testicule [An- nonce] 316 GuiLLoT (Natalis). — Sur la genèse et {évolution des dents et des mâchoires 276 Hesse. — Mémoire sur les Pra- nizes et les Ancées. ... 93 — Sur les moyens à l'aide des- quels certains Crustacés para- sites assurent la conservation à leur espèce 120 HonzEAD. — Voyez Pocchei. Jacquabt. — Mémoire sur plu- sieurs points du système vei- neux abdominal du Caïman à museau de Brochet. . . . 129 Jobebt (de Lamballe). — Des ap- pareils électriques des poissons [Annonce) 316 Laca/,e-Dotbiebs. — Lettre sur la question des générations spon- tanées 367 Lespès. — Mémoire sur Vappareil «ui/i(//' des Insectes. . . . 258 Mabeï. — Mémoire sur la coii- Iraciilité vascuiaire. ... 53 384 OwEN. — Analomie du Fourmi- lier (/(mionce) 3)6 Païen. — Observations sur la question des générations spon- tanées 360 PoucHET. — Note sur des prolo- organismes végétaux et ani- maux 347 — Remarques sur les objections relatives aux prolo-organismes TABLK DES MATlÉRIiS. rencontrés dans l'oxvfjène et l'air artificiel 372 QuATREFAGEs. — Observatious sur la question des générations spontanées 36| Udekem (J. d'). — Mémoire sur les métamorplioses des Vorti- celliens 321 ZiLL. — Note sur l'existence de la Truite en Algérie. . . 126 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MÉMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planches 1. A. Organes auditifs des Insectes, — B. Crustacés nidifiants ■ — 2. Appareil génital de divers Coléoplères. — 3 et 4. Système veineux du Caïman. — 5 à 9. Développement des dents FIN DE LA TABLE. --fnn des Sctivic. /lai- 4'^Sêrie. Zool. Tûm&ç PC 1. A. 0rf70/ir,? /}/Wf/me/AyA-m-. r /lfm^.1 iinp ' f'r»i//e£^f'«/^'^' if^'>" jjnn . lies Jc^a/ic . /ut/ . ^ ' S^ie. ffi-c/itif^ ■f>"yii'"^f /• .\W.rA'///r oc//iff^^f ^//r ^a/Wt^r^f V /Irm^n,! "-/■ ' l'inffr-Ji.'/n^hff iS /U/->J ^nn lùv .tr/tyw na/ . ^'St'rie , Zi'ii/. Tome Q /'/ ■ /r,,y.1. //,>,-/eaf J/ .far^iiarf /tr/u- S//.\/f'///t' f?e/he//.i^ '/^/ (mp f firt/Zf Xi^/f-V^' '■'• '*'» ^ Fit/ / //./ %-f /•ï^ 3. ^-f'i'i Tome ç /'/ S. /^f'/'f/i #à /JJi?c'Ayf/^cme/f/ ^/'".•' '•/^v/Zr .y/lfm.-».f ir^r ' '"''^^^ rjtntf-JiU /5 f.^nj i^cf .ftuivtr /frt/. ^ ' Jlv vir . /fim/ '/îmif t} /'/ m-^ ~~"- /}f'/i>/*/'t v/ii'/i / i/cs f/t'/f ''•'■ /n/h t/f.r S,\;-/tt- /ut/ . J'J'c>/t V /.,<,"=ij)-.^:r7. jujLiiVv: ^ vZ-i/ï. des Sctciu- ftiU 4 ^Scy'i' Xûot fi'mf tf . >'''' j^ ■ Ftç I ■ l I l ■ /■■(y.S.j Fif4 />,